,\T Y Of>
W
&
%
Ui\
h K
%%
S s
7*
Digitized by
Google
Original Trom p
UNtVERStTY O F MICHIGAN
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
LE ROMAN
RENART
I) E
LE CONTREFAIT
TOM K II
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
LE ROMAN
n e
RENART LE CONTREFAIT
l»l'HI.IK PAR
Gaston R A Y N A lî D
Hi:nki LEMAITRE
TOME II
PARIS
LIBRAIRIE ANCIENNE HONORÉ CHAMPION. EDITECR
b, liUAI MAI.AQUAIS. 5
i«M4
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
^3?C
v • à.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
RENART LE CONTREFAIT
RÉDACTION REMANIÉE
TROISIÈME BRANCHE
22415 Nul n’est qui puisse tant sçavoir (B /. 1 a)
Ne qui puisse trestout avoir,
Sçachans les cogitacions
De toutes les intencions;
Car s’aucun feust qui le sceüst,
22420 Garder de eulx on ne se peust.
Faulx samblant, constrainte, abstinence
Faulssissent bien a leur science.
Tel fait semblant estre joieux
Qui est et tristre et annuieux.
22425 Et pour ce, sont fort a congnoistre
Gens seculers et gens de cloistre;
Car tel me fait joyeuze feste
Et met entre ses bras ma teste,
Ryanment m’acole et fait joye,
22430 Qui vouldroitquejefusseaTroye,(/ b)
En Rommenie ou au Grant Caire.
Pour ce ne doit nul joye faire
De feste de bras quon lui face,
Tant lui face on a plaine face,
22435 S’il ne congnoist naturelment
Se cellui lui fait loialment.
Mais c’est monlttrefTort a congnoistre,
Soit de séculier ou de cloistre,
Ou voisins, parens et compere,
22440 Car souvent fault le filz au pere ;
Pour ce est il bon de trestout taire.
Encore lo a ainsi faire :
Nul ne se tiengne trop joieux
N’en nulle place trop ireux;
22445 Face moyen contencment
En trestout son demenement
De trop festïer, de trop rire
Et de trop grant promesse dire.
Le clerc qui cestui livre fist,
22420 11 ne fist mie ainsi, ce dist,
Car trestout son volloir ouvry
Et a aucuns se descouvry
Qui faignoient ses amis estre,
Mais depuis, si fu mué Tcstre,
22455 Qui le mirent en bas degré,
Quant ilz eulrent sceu son secré.
Le clerc pour ce cas a affaire;
Pour ce, en voeut ung livre faire.
Iriez estoit sans goûte d’aise,
224O0 Mais Raison voeult que il s’en taise.
Tel l’honnoure, qui l’abayeroit,
Et lui ayde, qui lui nuiroit;
Car par ung ung millier sçaroient
Ce de quoy moins le priseroient,
22463 Et une laide renommée
Ne s’en est pas si tost allée,
Car elle dure aprez la mort ; ( 1 c)
Donc a qui se descoeuvre tort.
22415 Ici commence la seconde partie de la rédaction B, contenue dans le ms. B1 (Paris, Bibl. nat. fr.
370), dont le texte est parfois corrigé par la première rédaction A (Paris, Bibl. nat. fr. i36o) — 22424
est tristre.
Tome II. *
Digitized by
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
1
ftËNART LE CONTREFAIT
Mais trop convient estre scient
22470 Qui contre mal est passïent
Et qui a grant dollour ne plaint.
Sages est qui par souffrir vaint,
Qui ne le fait ne le lait dire.
Scneques dit que hons plain d'ire,
22475 II ne voit rien se crisme non;
Et se dit le sage Cathon
Que ire empesche le coragc
Et le tient en si grant servage
Qu’il ne poeult dire vérité.
22480 Puis dit en une auctorité
Et tressagement le scet dire :
« La loy voit bien homme plain d'ire,
Mais il ne voit mie la loy. »
Thules qui tant ot sens et foy
2248? Dit : « Ire soit hors de nostre estre,
Qu’avec lui chose ne poeult estre
Bien ditte ne bien assouvve. »»
Or me gard Dieu toute ma vie
De moy bouter ou pechié d'ire,
22490 Que ne me face folie dire;
Car cil est de monlt grant science
Qui a en ire pascïence.
Cil n’a pooir de mal aller
Qui ire et couroux scet celler,
22495 Et qui sans haync scet vivre;
Dieu grant grâce et honneur lui livre.
Ung sage clerc si le dcscript,
Si corn le truisen son cscript :
« Adviscs soies bien du fait
2 2 5 00 A qui tu dis ton secret fait,
S'il n'est ou s’il est tes amis;
Car en cest siecle nul n’est fis
Nul amy véritable avoir.
Se tu voeulx vivre pour sçavoir, . / d
22?o? Ne dy conseil qui t’ahontoit.
Se ton dit revellé cstoit
De cellui qui est ton amy,
Si devenroit ton anemy. »
Ainsi le clerc pas ne le fist
22? 10 Qui cest livre fist et escript;
Car qui est amy a présent,
Puis est anemy aultrement.
Encores dit ung grant decret :
« Tant corn tu gardes ton secret,
225 1 5 Hz sont enta chartrc couvert;
Et si tost comme ilz sont ouvert
Par simplesse ou par mesproison,
Tu es mis dedens leur prison,
Et ou dangier de ceulx t es mis
22520 Cui tu aras tes secrés dis ;
Car devant riens ne les doubtoies.
Or es tu mis en telles voies
Que toudis d’eulx aras doubtance
Qu’ilz ne dient ta mescheance. »
22525 Jhesus Sirac si nous raconte,
Si corn je le truis en son compte :
« A ton amy point ne descoeuvre
Tout ton secret ne tout ton oeuvre;
Et pour ce je le te voeul dire :
2i53o Compter la chose ou il ait ire,
En son coeur moins t’en prisera,
Et contre toy s'avisera :
Or tendra ton secret en fait..
Monlt est cil sage qui se tait. »
2 2 535 De tous secretz je me tairay
Et passience en moy a ray,
Jusquez Fortune, ma contraire,
Qui me fait souvent meschief faire,
De moy se part et ailleurs voise.
22540 De ce qu'elle me suit me poise ;
Se je l’en peüsse chasser (a a)
Ne par escu, ne par archier,
Je le bâtisse et l’enchassesse
Et de moy le desseparesse :
22545 Chasser nel puis fors par souffrir ;
En ce point me convient tenir.
Et comment le porray je faire ?
Je ne l'ay point aprins a taire,
Mais ay aprins a dire tout
2i55o Quancqucs je pense tout au bout.
Je suis en ce tout ordonnés,
Par acoustumance menés :
Vaincre convient acoustumance.
Or voeultdonc Raison que g’y pense.
22555 Pensé ay. Je querray ung maistre
Qui m’apprendra passïent estre.
Et du tout en tout le creray,
Mais ne sçay ou le trouvera)'.
Qui m’aprendra a bien celler
225ôo Ce qu’ay aprins a reveller.
Acoustumance est monlt poissant;
Et si suis tresbien congnoissant.
Envis lairay m’acoustumance,
Meismes quant je le tiens d’enfïance ;
22565 II n’y a plus le « Me fault faire. »
Ou tost trouvera)' mon contraire?
Ou querray tel maistre ? Quel part?
Par foy, n’en sçay nul que Rcgnart.
32474 Doncqucs dy que homme corrigé d'après A — 22475 casmc corrigé d'après A — 22492 en iro
a — 225 1 1 Car tel est — 225 1 2 Qui puis.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
TROISIÈME BRANCHE
3
Mais Regnart est le souverain
22570 Qui de toute science est plain
Fors que de Raison seulement.
D’acord suis bien que je le mand
Ou que je voise a lui tout droit.
A lui m’en iray or endroit:
22375 Car de mon fait lui voeul touchier
Et lui a mon conseil huchier.
Par lui voeul mon fait recouvrer
Et du tout voeul par lui ouvrer; (2 b)
Car il voeult couvrir et celler,
22580 A point et a temps reveller.
Il scet toute riens mettre a point;
11 scet ce qui oingt et qui point ;
Il scet ce qui aide et qui nuit;
Il scet ce qui avme et qui cuit;
22585 II scet celler et racompter ;
Il scet avaller et monter ;
Il scet traire ; il scet lancliier ;
Oncques riens ne sceut detrenchier ;
Il scet rire quant il est heure,
22590 Et, quant il voit son point, il pleure ;
Quant il est temps, il lui anuye;
Quant il voeult vent, quant il voeultpluyc,
A tout son proflit se demaine.
Et si n’y met traveil ne paine ;
22595 Naturelment ce scet il faire,
Ccllui qui scet tout son fait taire
Et deviser et ordonner,
Et bien despendre et bien donner,
Et qui a tous voeult estre amis
22600 Et mettre aflin scsanemis,
Quant il voit et le temps et l’heure
Et toudis tout simple demeure;
Ne ja nul ne s’en perchevra
Quel volenté en lui ara.
22605 C’est Regnart qui tout ce scet faire.
Lequel voeul a mon maistre traire.
Dessoubz sa doctrine serav,
Et en celant de lui feray
Une matière que je pens.
22610 Endementiers ira ce temps,
Certes que trop enduré l’ay.
Or entendez que je diray
De Regnart, mon tresbon amy,
Que je voeul tirer près de my
2261 5 Pour moy couvrir de ma purté. (2 c
Des bons dit on auctorité
Et leurs oeuvres lire souvent ;
Assez de bien on y aprent,
En ramentevant les bons fais
22620 Que les sages vaillansont fais.
Bon fait le sens traire a sa part,
Especialment de Regnard.
Cil qui par Regnard voeut ouvrer
Et en lui Raison recouvrer,
22625 Se Regnart Raison voeut bien sivre,
Il poeult tresbien sceurement vivre.
Mais s’il est qui Raison suivra,
Et de Regnard noyent n’ara,
N’en nulle rien ne le voeut suivre,
2263o 11 porra bien faillir a vivre
Et porra estre decheUs.
Et pour ce suis je esmeiis
De dire de lui aucun bien.
Or y entendez donequez bien,
22635 Car mon sens mettray sur Regnart,
Et sur son oeuvre et sur son art,
Qui passé a maint mal trespas.
Oncqucz n en ala que le pas :
Mainte ryote a eschcvéc ;
22640 Oncques lanche n’en fut levée.
Et s’a soulïert mainte clamour,
Dont juge n’ot oncques dolour.
Regnard, qui bien son penser coeuvre,
Sans crÿcret sans monstrer s’oeuvre.
22643 En son hostel fu par loncg temps
Que point ne le fuit eslongnans.
Maladie l’ot envahy,
Qui forment le tist esbahv.
Pour ce se senti mats et vyculx ;
22630 Lors se prinst a plourcr des yeulx,
Et voit que morir le convient.
De scs mefFais bien lui souvient, 12 J)
Mais ne les poeult resconpenser;
S’estudie met en penser.
22655 De son hostel ist monlt pensant,
Son tempz, sa vye congnoissant ;
De joye en lui, sachiez, n’ot goûte.
En ung petit sentier se boute :
De ce point souvent lui souvient
22660 Que bien brief morir lui convient,
Et volentiers conseil eüst
Comment ce point passer peüst.
Mais de conseil ne troeuve point,
Ce est le rien qui plus le point.
22665 Lors choisi devant lui venant
Ung vilain monlt grant doeul menant;
Mal fu vestu, mal fu chaussiés
22595 il manque — 22608 en ccst an corrige d'aprcs A — 22619 bons — 22625 bien nuire —
2 2636 Et manque .
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
4
RENART LE CONTREFAIT
Et estoit monlt fort courouchiés :
« Villain», dist il, «Dieu te doint jove
22670 Et moy telle que aise soye !
Car je voy a ton contenir,
Jove ne scez par ou tenir. «
Lors le vilain sa teste dresse,
Si lui respondi par tristresse :
22G7 5 « Vilain suis je, nommé tu m’as,
Et par mon droit nom m'apelas.
Vilain suis je, c'est mon accord, (3 a)
Car vouldroie bien estre mort;
Car je suis jusques la sailli
22680 Que tous mes biens me sont failli,
Et toutes honneurs, et tous pris,
Que de long temps avoie apris.
Or suis je tout despourveü
Et de bien hault au bas cheü,
22685 En vilenie defenis;
Pour ce suis je avilenis.
Mais tu m’as trop bien congneü
Quant oncqucs mais ne m’os vëu ;
Donc je me doy bien apayer.
22690 — Bons homs, » dit Regnart, « esmaier
Ne courouchier ne te dois mie.
Ne le dy pas pour vilenie,
Pour mal, pour couroux ou par guile;
Mais quant on voit homme de ville,
22695 Vilain est appellé a plain,
Non mie pour ce qu’il soit plain
De vilenie ne de mal nom;
Mais de ville vilain a nom.
On ne dit pas homme vilain,
22700 Mais on dit a homme : « Vilain ! »
Car les villes amer debvons
Et pour ce les ramentevons.
Nul n’est vilain, se le voir dit.
S’il n’est faulx en fait et en dit.
22705 Ja pour les beaulx dorés estriers,
Ne pour faucon, ne pour lévriers,
Ne pour chiens mener ny oisiaux.
N’est gentilz homs ne damoisiaux,
Ne que pour l’abit clerc fera,
22710 Nul pour gentil tenu sera :
Qui le coeur a loial et fin,
11 est gentil, ce est la fin.
Des malvais gentilz sont les guerres
Et les dissencions es terres, [3 b)
22715 Les orphelins, les povretcs,
Toutes malvaiscs euretés,
Ly orgoeul et la symonie,
Trestous despis et toute envyc.
Se gentilz homs mais n'engcnroit,
22720 Ne jamais louve ne portoit,
Et grant cheval ne fust jamais,
Tout le monde vivroit en paix.
Et se tu voeulx estre ententifs
A sçavoir lesquelz sont gentilz,
22725 Pense a Nature propprement;
Lors ne diras pas que je ment.
Nature fait tout, sans mentir,
Naistre, vivre, croistre, sentir,
Mais morir ne fait elle point,
22730 Car lui desplait monlt fort ce point.
Or pense, se je bien t’avoye.
Au naistre et au morir les voye,
Et lors cherrcs en congnoissance
S’aultre mort ont n’aultre nuisance
22735 Que toy qu’ilz appellent vilain;
Tout y est ung, j’en suis certain.
Encor, se n’eussent maladie,
Ne de l'autrui avoir envye,
Ne deïssent que vérité,
22740 Tout temps eussent loyaulté,
Pour gentilz homs je les tenisse,
Et moy et toy vilain deïsse;
Aultres leurs vilains scroient
Et a bon droit le nom aroient.
22745 Et se différence y trouvez
En ces deux pointz que cv prouvez,
Vëoir et dire poeulx, en sommes,
Autant des femmes corn des hommes;
Nourreture et acoustümance
22750 N’y ont plus fait de différence.
De meilleurs coeurs a soubz bureaux
Et dessoubz fourrures daigneaux ( 3 c)
Qu’il n’a soubz vairs et soubz ermines ;
Autant eüsse je or de mines
22755 De petits parisis sans plus
Comme il en y a des ungs plus :
Preudoms, je te jure ma foy,
Bien paieroye ce que je doy.
Et croy que tout orgoeul chcrra
22760 Et longuement ne demourra.
Orgoeul poeult courre une estendee,
Mais il chiet a la longue alée,
Au jour du Jugement tout droit.
La sera sceu qui avra droit;
22765 La sera sceü de certain,
Qui sera gentilz ou vilain,
Car le Grant Juge la sera
22709 sera corrigé d'après A— 22723 tu manque — 22732 les supplie par A — 22734 eusses — 22767
y sera.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
TROISIÈME BRANCHE
5
Qui a chascun raison fera.
N’y vauldra orgoeul ne noblesse,
22770 Ne alléguer sa gentillesse;
Mais pour ce que tous vont par terre,
Que dessevrance n'y poeus querre,
Tous ont deux pietz, deux yeux, deux poingz,
Et tous sont forgiez en un coing,
22775 Et tous sur une enclume fait,
Et trestous de ung homme attrait.
Or veez lesquelz trouverez
Que vous pour drois vilains tenrez.
Tous ceulx qui mentent volentiers
22780 Et de bourdes sont coustumiers,
De toutes telz gens je dy fy !
Drois vilains sont, point ne m’y fy.
Trestous ces bourdeurs sont vilain^
Dieu les het et point ne les aim;
22785 Ceulx doit on dire sans doûbtance
Vilains de vile acoustumance.
Vilain, qu’ez plain de vilenie.
Fui toy de bonne compagnie! (.? d)
Ungs hons qui par bourde se maine
22790 Et a bourder toudis se paine,
Et bourde en aultrui décevant,
Droit vilain est, de ce me vant;
Et encor quant il est bourdeur
Et avecques ce est vanteur,
22795 Chascun le doit de lui priver
Et sa compagnie eschever.
Si me tenez pour excusé,
Se dit vous ay le mot usé.
Vilain t’ay dit; espoir, je ment.
22800 — Regnart, nennil certainement,
Mais de doleur ay plain le corps,
Sique je vouldroie estre mors.
Je ne voy mais arrier n’avant.
Tant ay a mon coeur doleur grant. »
22805 Regnart grant pitié en a pris,
Quant il a tous ces motz ouVs;
Si dit : « Amis, conforte toy,
Et entens confort et le croy,
Ne dessers pas la mort avoir.
22810 Quiconcques vient en desespoir.
Ou sa mort a escient haste,
Dedens le feu d’enfer s’enhaste
Sans issir ent heure ne jour.
Je en congnois maint et plusour,
22815 Quant maladie ou povreté
Vont demourer vers leur costé,
Ou que aucun despit rechoivent,
Ou aucunes grans debtes doibvent
22819 poeuent — 22863 plus te.
Dont a chief venir ilz ne poeulent,
22820 Tantost dient que la mort voeulent
Et tantost désirent mort estre,
Et sont de desconfort tout paistre,
Etpluseurs s’en livrent a honte.
Mais se sçavoient que ce monte
22825 Et le dangier ou sont tel mort, (4 a)
Point n’aroient de desconfort. »
Adont lui a Regnart enquis
Pour quel couroux est si mal mis :
« Or t’en advise justement,
2283o Et le me compte propprement ;
Et se riens aidier t’y porroye,
Volentier de coeur le feroye.
— Certes », dist le preudoms, « amis,
Puis qu’ainsi est que tu t’es mis
22835 A moy consseillier loialment,
Je le te diray vraiement.
Je souloye estre bien eureux
Et de trestous biens plentureux,
Riche de terriennetés
22840 Par dessus les moyennetés,
Et habondance en moy avoit
De tous les biens que on sçavoit,
Bien honnouré et chier tenu,
Dessus tous aultres bien venu,
22845 Et m’a duré bien soixante ans.
Or suis sur la fin de mon temps,
Que me deüsse reposer
Et ma vie en bien ordonner;
Or m a mon seigneur envahy,
22850 Et si durement enhay .
Que il a prins quanquez j’avoye,
Ne m’a laissié fors que la voye.
Ne sçay ou mon vivre soit pris;
Telle vie n’ay point apris.
22855 Ne sçay que die ou que je face :
Grant meschicf me trouble la face,
Ne sçay ou je voy ne repaire.
Or vous ay compté mon affaire.
— Mon chier amy, se tu te doeulx,
22860 Encor feras plus, se tu voeulx.
Tant t’esmaies que tu voulras,
Ja pechié n'en couroucheras : (4 b)
Plus t’esmaiera, te sieura,
Et plus prez de toy tirera.
22865 Ceste Nature a desconfort :
Pechié le sieut jusqu’à la mort.
Conforte toy, preng esperance,
Et Dieu t’aidera sans doûbtance.
David si commande et enseigne
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
RENART LE CONTREFAIT
6
22870 Que chascun com homme se tiengne,
C est a dire homme honmanment.
Non mie paoureusement.
Donc homme qui en Dieu est fort,
Maintiengné soy sans desconfort.
22875 En le Nocturne du lundi,
Tu trouveras ce que je di.
Encores David le raconte
En la Nocturne que je compte :
Maintes trihulacions viennent
22SSoAceulx qui bonne vie tiennent,
Percecucions et prieux;
Et de tout les delivre Dieux.
Encore illecq David tesmongne
Qui parle de ceste bezongne :
22885 C’est a dire Dieu aidera,
Confort et paix délivrera,
Et seront saulvés sans doubtance
Ceulx qui en lui ont esperance.
Et se de confort prengs ung doy,
22890 Dieu en mettra assez en toy.
Il n’est perte que homs rechoive
Pour que nul jour plourer en doive.
Se ne sont trois que te diray.
Et les trois je te nommeray :
22895 Ame, renommée et amy.
Et ce retiengnes tu de my,
Fors que de ces trois, ne devroit
Nulz homs plourer qui sens aroit;
Car qui pert deniers, prez, ahans, (4 c)
22900 S’il en pleure, est monlt mescheans,
Car recouvrier il poeult avoir,
S’il a en lui point de sçavoir,
Ou sans avoir grâce ou eilr
Encor en poeult il estre asseur.
22905 Mais or m’en dy la vérité,
Pour peu n’ez pas déshérité;
Que ce fait sans raison n’est point.
Tu l’as en aucun costé point,
Qu'il ne t’eüst mie tant nuit
22910 Sans grant cause; or ne t’en anuit ! »>
Dist cellui : « Cause n’y sçay point,
Fors tant que obev n'ay point ;
Ne ay fait aultre cruaultê.
Révérence n'av nul porté:
22915 Je n’ay obev nullement
Ne a voisin ny a parent ;
Humilité a nul ne fis.
Vccy tout quanequez je médis.
— Preudom, je voeul bien que tu m'oves.
22920 Envis plus mesprendre porroves ;
Fors traïson tant seulement,
Ne poeulx mesprendreplusgriefment.
Dieu qui est le vray droiturier,
Quant il fist Paradis premier,
22925 Voult qu’angles fussent, et fais furent.
11 sceut bien quel nombre estre deurent ;
Seul de son plain voloir les fist
Et dedens Paradis les mist.
Pour ce que haulx et beaux se virent,
22930 Maintenant en orgocul se mirent,
Et quant d’orgoeul furent touchiez.
Dès lors furent ilz trébuchiez;
Par désobéir ilz cheürent.
Or sont ilz deables, et artgles furent.
22935 Monlt avoient or plus avoir
Que nulz homs ne pouoit avoir, ( 4 d )
Toute grâce et toute beaulté
Et toute souveraineté
Pardurable, sans mal avoir,
22940 Ja sans enveillir ne douloir ;
Et en trestous lieux ilz estoient
Sans nul traveil ou ilz vouloient.
En hault furent, et or sont bas.
De ce ne me merveille pas;
22945 Trestoutes les âmes dampnées
Qui ont esté et qui sont nées
En cest siecle de corps de femme,
Ne le sont pour aultre diffame :
Par désobéir seulement
22950 Sont tous les dampnés proprement,
Car se tous bien obeïssoient,
Et leur souverain bien amoient
Et faisoient commandement,
Ja nul n yroit a dampnement.
22955 Mcismes Adam desobey,
Dont nous sommes tous esbahv.
*
Jamais dampnacion ne fust,
Ne ja esté dampné n’eüst,
Ne homs ne eust eu maladie,
22060 Tant eust esté longue sa vie.
Ainchois eust vescu liement ;
Meismes a son trespassement
Quant l’ame du corpz lui partist.
Nulle dollouril ne sentist.
22965 Et en Paradis tantost fust,
S’Adam desobeV n’eüst.
Et si tost qu’il desobëy,
Tous pechiés print et envahy.
Car toute désobéissance,
22970 A droit dire, est mescongnoissance,
Et si est orgoeul et despitz ;
22881 perieulx — 22-889 desconfort — 22S92 que manque — 22900 mcschans — 22g?? son comrn.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
TROISIÈME BRANCHE
7
Nul n’en porroit faire bons ditz.
Et quant ou siecle toutes guerres, (5 ci)
Toutes rebellions en terres,
229-5 Couroux, pertes, ochisions,
Et toutes males mocions,
Maladies, pechiez mortelz
Viennent par icestui costez,
Oncques nulz homs impacïent
22980 Ne pot bien servir loialment,
Ne bon service ne pot faire, •
N'a Dieu n’a nul preudomme plaire.
Mais toudis est plain de murmure,
Dont Dieu ne preudhommes n’ont cure,
22985 Ne grâce ne poeut il avoir,
Tant ait richesse ne sçavoir,
Ne nulle bonne compagnie
N’ara ja cure de sa vie.
Obéir Dieu trestout avant,
22990 Et puis au siecle a ton plus grant,
A ton moyen et a ton mcndre
Dois a obéissance tendre,
Je dis obéir deuement,
De bon coeur lyé et loialment.
22995 Honneure grant, petit, moyen;
Lors es lÿé de bon lÿen.
Homs qui vit en humilité
Ne poeult venir a povreté.
Obéissance seulement
23ooo Fait homme vivre saulvement.
Freudhoms, se ramenbré t’eUsses
Du joing marin, et bien sceüsses
Comment il se sceut maintenir,
En bon estât porroyes venir,
23oo5 Car le joing marin mieux se tint,
Quant le grant flos de Saine vint.
Qui le Grant Pont qui fu de pierre
Rompit, qui fu fait a esquerre.
Oncques le joing n’en fut meü,') 1
23oio Ne pour vent qui a Troye fu, J (5 b)
En l'an mil .11e . dis et uit,
Le jour de Saint Mathé, de nuit,
Qui jetta tout Saint Perre a terre.
Oncques ce vent ne pot tant querre
23oi5 Que le joing peust eslochier
Ne pour bouter ne pour hochier.
Le pont de Paris bien doubta,
Le flos d’eaue tout jus bouta.
Le joing marin bien s'i maintint
2 3o20 Pour ce que humilité tint.
Dont il advint en iceulx termes
Que sur la riviere fu fermes
Enrachiné et bien tenans
Ung grant chesne tresbien venans,
23o25 De rachines enrachinés,
De grans branches environnés.
Le vent sans chiez et sans séjour
Hurta au chesne nuit et jour,
Et souvent grans coups endurer,
23o3o Ad ce ne porroit fer durer.
Le vent hurta, l’arbre se tint;
Le vent de toutes pars lui vint,
Et monlt le print a débouter.
Le chesne ne le vault doubter;
23o35 Le vent tant bouta et /hurta '
Que le chesne a terre jetta/
Tant a a bouter entendu
Qu’a terre l’a tout estendu :
Tout en my la riviere aval,
23040 Le chesne s’en va contreval
Tout amaladi et vaincu;
Bien s’est de sa roideur sentu.
Tout ainsi comme il s’en aloit
Et l’eaue aval le menoit,
2?(»45 Dessus le joing marin monta,
Et le joing tantost se baissa,
Et se voult en l'eaue bouter. (5 c)
Le chesne oultrc laissa passer
Que nulle riens il ne lui griefvc.
i3o5o Quant fut oultré, si se relieve,
Et fut aussi droit que devant;
Riens n’y parut ne tant ne quant.
Quant le chesne l’a advisé,
Ung petit s’est la aresté.
23o33 Dist : « Joing marin, je te demand
Comment t’ez tu cy tenu tant?
J’estoie si grans, si fournis,
Si de rachines bien garnis,
Que trente cars ne me portassent,
i3oôo Ne mes rachines ne menacent;
Et tout quaneques avoie acquis,
Dontcuidoie bien estre fis.
Mes rachines avoie en terre
Grandes comme on les pooit querre ;
23o65 Ne ne prisoie par convent.
Gellée ne pluie ne vent.
Mais or m’a ce vent cy batu
Que tout envers m’a abatu,
Tout abatu sans relever,
23070 Combien qu’il m’en doie grever,
Combien tel coeur en mov avoie
•
Et tele force en moy sentoie
Qu’il me sembloit que tel cent vent
a3o3K Damis de rachines g. corrige d'après A — 23o63 estoient en — 23064 les manque — 23072 tel.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
8
RENART LE CONTREFAIT
Ne me meffeïssent noient.
23075 Tu, cui ungs homs aroit au dov,
Tu t’ez cy tenu trestout cby;
Encore es tu en ton estant,
Ainsi comme estoies devant.
N’as oncques tant le vent prisie
23o8o Que oncques t'ayt en riens brisic.
Treschetif de noyent venus,
Comment t’ez tu cy maintenus,
Que le vent ne t'a fait voiler
Plus loingz qu'on ne porroit aller? (5 d)
23o85 Les pontz de Paris tousmaty,
Saint Pierre de Trove abatv,
Pluseurs grans fors a abatu;
Et tu t’ez contre lui tenu !
— 11 y a bien cause pour quoy :
23090 Différence a de moy a toy.
Tu t'ez sentu roides et fors,
S’as volu monstrer tes effors
Contre fort, et fort voulsis estre.
Si t’en convient perdre ton estre,
23095 Car contre fort tu ne pouoies
Tenir, et tenir t’y vouloyes,
Sy com les Flamencz firent tuit.
En Pan mil .me. vint et uit,
Rébellion en eulx se mist
23roo Et assemblée d’eulx se fist.
Dirent qu’au roy n’obeïroient,
Ne a seigneur ne le tenroient;
« Ne nulle riens ne le prisons,
Et hault et cler nous le disons;
23io5 A lui n’acontons ung fuisel.
Sur nous venist Phlipe le Bel,
Qui devant nous grant piece sist
Et maint grant dommage nous fist
A Mons en Peule et a Carsel :
23 1 10 La y ot de mors maint moncel.
Il meismes y fu si sourprins (6* a)
Que a paine qu’il n’y fu prins.
Et si lui fut tresbien mesticr
Que il s’i sceüst bien aidier,
23 1 1 5 Car le bon conte de Juler
Lui eusist tollu son aller.
Si avoit il bien cincq cens mile
D’hommes avec lui de mainte ville,
Qui trestous le tenoient prez.
23 120 Roy fu, puis son filz vint aprez,
Qui tant fut fier et courageux;
Et tant nous fist de vilains jeux,
Qui l'an .111e. .xi., vint
Vers nous et mont tresprez nous tint,
23 125 Et nous pensa tollir le pas. »
Sans compagnie ne vint pas;
Mais illec demourer ne porent
Pour les grans pluies que ilz orent,
Et retourner il les convint.
%
23i3o Après cellui Philipe vint
Qui monlt grant mal leur pourchassa;
Tout print et ochist et chassa.
Monlt furent de ces vens hurtés
Et monlt souffrirent de durtés,
i3 1 35 Si com tu as pluseurs fois eus,
Dont tu n'as pas estécheUs.
Touttesvoiez te eslocherent
Et petit a petit grevèrent ;
Peu a peu as esté lochiés
23140 Qu'a la terre as esté couchiés.
Tant vous ont debatu li vent,
Peu a peu, menu et souvent,
Et plus fort vous a si bouté
Qu’a la terre vous a jetté.
23145 En l’an mil . iii<l .xxvui.,
Tant par le jour que par la nuit,
Le roy Philipe tant venta
Que trestous les Flamens mata, (0 b)
Qui d’orgoeul leur conduiseur firent ;
23 1 5o Or vint le jour que ilz cheïrent.
Tu meïsmes t’ez tant tenus :
Bien voy a quoy en es venus.
Qui maine orgoeul a son plus grant,
A tel fin com tu es se prant.
23 1 53 Soies certain qu’orgoeul cherra,
Et quicuncqucs le mainterra.
Or te diray je donc pour quoy
Je me suis cy tenu tout quoy.
Quant vois plus fort de moy venir
23 160 Vers qui je ne me puis tenir
Par dessus moy aller laissier,
N’ay pas honte de moy baissier;
Point de grevance ne m’en tient.
Ainsiques fay, s’un aultre vient :
23i63 Quant est oultre, je me relieve,
Ne nulle riens il ne me grieve,
Ne ilz n’emportent riens du mien.
Beaulx enclins ne me coustent rien:
Par gentillesse bien porroye
23170 Prouver cecy, se je vouloye.
Je suis en cestui cas d'eulx nez;
Pour ce me suis toudis penez
D’eulx ensuirre; oussi s’ont ilz moy.
Tant avons maintenu la loy,
23175 Que par deffault de beaulx enclins
23073 qui — 23îoG philipe — 23 109 a manque — 23 1 18 maintes ville — 23 139 a etc.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
TROISIÈME BRANCHE
9
Ne nous venra ja maise fins.
Et Jacopin et Cordelier
Trayent trestous a cest colier,
Et tel enclinons, par saint Sire,
23i8o Que voulriesmes qu’il fust de cire;
Trestout par tout les enclinons
Et de tout grant despit avons;
A tous faisons humilité,
Pappellardie et fausseté,
2 3 1 85 Pour flaterie, pour los avoir, [6 c)
Pour aucuneffois mieulx avoir.
Bien sçavoye cest psaultier lire;
Se une unde vient, je me vire.
Tel mile en l’an en humilie,
23 1 oo Que d’eulx ne douroie une aillie ;
Quant sont passés, si vont leur voye,
Et se contre euix je me drechoye,
Tost se porroient arrester
Et moy par cest arrest gaster.
23iq5S’un vent vient, au dessoux me tiens,
Et puis en mon estant reviens.
Se nel faisoye, despit aroit,
Et tost me dcsrachineroit,
Et me taulroit toute ma vye;
23200 Pour ce, dure qui s’humilye.
Mais bien sachiez en vérité
Que point ne fais humilité
A ceulx dont ne me puis doloir,
Ains dont j'espoire mieulx valoir,
23ao5 Mais a ceulx qui en nulle guise
Ne me poeuent faire servise,
Ou ne me poeuent porter los;
De tous ceulx ne douroie ung os,
Se ce n’est pour humilité
232io Ou pour avoir d’eux charité.
Adez humilité maintieng;
Pour ce mon estât adez tieng.
Par ainsi ay je paix partout,
Siques de riens je ne me doubt,
2321 5 Et que je ne vive maintz ans,
Quel vent que viengne ne que temps,
Et se roideur mener vouloye
Ou orgoeul, durer n’y poroye.
Humilité selon raison
23220 Est en trestout temps en saison.
Et aussi, se tous les Flamenc
Eussent vescu tout humblement, ( 6 d)
Tel fust a joye et a honneur
Qui esta doeul et a tristeur.
23225 Et aussi mesire Enguerans
En vie eust esté demourans;
Aulx fourches n’eust point esté mis.
Aussi ne fust Pierre Remis;
S’au roy eust eu humilité,
23*30 Et aultres, ne fust pas lié.
Tant se fioit en son argent
Que il ne prisoit nulle gent.
Jourdain de Lisle, qui estoit
Si grant, comme chascun sçavoit,
23235 Et fu nieps du pappe de Romme,
Tresfel et tresorguilleux homme,
Pensa doubter nul ne pellst
Ne nulle force vers lui n’eüst.
Par orgoeul a Paris en vint,
23240 Et la le gibet le retint.
Aussi Mainfroy et Coradin
Valurent pis que Sarasin,
Qui la loy de Romme volloient
Effacer et encontre alloient,
23245 Que orgoeul ot si envahis
Qu’au derrain furent esbahis,
Tout par deffault d’humilité.
Je ne t’aroye pas compté
En vingt ans, ne trente, ne cent,
232 5o Ce qu’orgoeul a mis a noient
Et ceulx cui orgoeul a maté,
Tout par deffault d’humilité,
Et par deffaulte d’obeïr
Se sont maint hault vell chôyr.
23255 Or vous ay dit cause pour quoy
Je suis cy demouré tout quoy
Et pour quoy vous estes chells. »
Atant si s’est le joing teüs.
Aussi vous dy je, beaulx amis, (7 a)
23260 Se eussiés vostre usage mis
A estre humble etpassïent,
Sanz orgueil etsanz trop scient,
Encores eussiez vostre honnour.
Et par adventure greignour,
23*65 Vouliez vous Fortune tenir,
Qu’elle ne vous puisse sieuir
Et départir de ses joyaulx,
Des bons, des malvais et des beaux ?
Encore ensayé ne l’as tu.
23270 Riches en ont esté batu.
Ecuba, qui tint grant honnour.
Qui Priant avoit a seignour,
Royne fut de la Grant Troye,
Qui tant ot d’honnour et de joye
23275 Et de puis tant povre veüe
23207 Ou que ne — 23226 Eust este en vie — 232DI qui — 23262 S. nul org. sans nul mal point
corrigé d’après A.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
10
R ENA RT LE CONTREFAIT
Et en chetiveté tenue ;
Puis ot elle le chief osté,
Par desconfort, par povreté
En la main de ses ennemis,
232S0 Quant ot perdu tous ses amis,
Son seigneur mort, sa gent ochisc
Et en la main des Gregois mise,
Comme povre, esgaréc et vile.
Si fu pareillement sa fille :
23285 Plus belle pucelle n'avoit;
En tous les paVs qu’on sçavoit
Helayne passoit de beaulté,
Ce racompte l'auctorité.
En une chanbre fu trouvée,
23290 Fuitifve et monlt desconfortée.
Sur le tinbre fut decolée
De Pirrus, c’est chose prouvée.
Ce fut pour la mort d’Achillès
Dont la pucelle ne pot mais.
2329.S Encores tant perdu tu n’as;
Si ne te desconfortez pas. (7 b)
Et si n'es mye de tel pris
Que refu de Philicanbris,
Merc le roy de Perse Dairc,
233oo Cuf Fortune fu tant contraire,
La plus grant qui or régné tint,
Qui sur sa fin povre devint,
Prisonnière, mise en prison ;
Ce fut une grant mesproison.
a33o5 Daires, le roy des royaultés,
Qui si treshault estoit montés,
Pareil au soleil s’apelloit;
Soulx lui trestoute terre avoit.
Puis fut il povre dechassiés
233 10 Et de cordes les pietz lÿés.
En my les champs batus et mats ;
Et ne se desconforta pas!
Si n’ez tu pas de tel honneur
Que Daires, ne si grant seigneur,
233 1 3 Envers lui n’ez pas ung festu,
Et si te desconfortes lu !
Rosane, la femme Alixandre,
Cui tout le monde ot en commande,
Aprez la mort de son seigneur
23320 Fu mise en prison sans honneur,
Son filz o lui ; ce furent deux
Dont devoit avoir monlt grant doeulx,
La dame des terriennetés
Mise en prison a povrctés;
23325 Elle meismes fu fille Daire.
Celle devoit monlt grant doeul faire,
Meismes son filz, qui homs estoit,
De tel lieu la ou le metoit.
Pour ce ne se désespéra,
2333o Mais passianment endura.
Pour ce te metz cecy devant :
Et trestous ceulx qui sont vivant
Ne prendent en eulz si grant tort (7 c)
Que d’eulx bouter en desconfort,
23335 Car Dieu et Raison s’i accorde :
Dampnés sont sans miséricorde,
S’en tel point meurent fermement.
Pour ce te loc bonnement
Que avecques moy tu t'en viengnes,
23340 Ou aultre compagnie tiengnes.
Seul ne demeure en nulle guise,
Car le pechié toudis atize
Quant ceulx qui sont en ire mis
Quant seulx les troeuve a faire pis,
23345 A eulx noyer ou a eulx pendre.
Ad ce les fait pechié entendre.
— Non feray; bien m’en garderay,
A dieu vous dy. Je m’en irav. *>
233 18 Qui — 23348 On lit à la suite de ce vers : Cv fine l’iiisfore du (sic) Regn'art f.t di Vilain.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
QUATRIÈME BRANCHE
Regnart en son hostel retourne
2335o Matz et confus, pensifz et mourne,
Et si se va monlt conplaignant.
Et a son estât va pensant.
Tout son affaire a regardé,
Comment a gaignié et gardé;
23355 Son eage, sa richesse prent,
De quoy il vit et ou le prent,
De quoy a vesqui, ou Ta prins,
Quel art, quel science a aprins,
De quoy a usé, de quoy use,
2336oQuel art maintient, de quoy abuse,
Desquelz viandes usé a,
Dont ilz viennent, ou prins les a,
Quel compagnie il a sieuie,
Comment il a mené sa vie,
23365 Quelz biens il a fait et pensé,
Comment il a recompensé
Les biens, les joyes qu'a eücs
A iceulx dont lui sont venues, (7 d)
Combien peult vivre a son penser.
23370 Son fait prent a recompenser,
Combien doit et ou le prenra,
Et de quel chaté ce sera,
Et ou le prendra bonnement;
<1 Car la mort vient certainement
23375 Qui mon ëage acomplira,
Et qui ja mot ne m'en dira,
Jusques par la gorge me tiengne.
Je ne garde l'heure que viengne,
Vers moy vient a gaigne cheval,
2338o N’y espargne ne mont ne val.
Tost sera cy huy ou demain.
N'en suis selir ne soir ne main ;
Car la mort vient certainement,
Passer je ne puis aultrement.
23385 Se ce point eschever pelisse,
Remede en mon fait bien eüsse,
233ç3 Alixandre.
Je y pensaisse volentiers,
Mais n’y puis vëoir les sentiers
A Ypocras n'a Galien,
233ooTant fussent bon phiscïeri.
Ruflin, Constantin, Tholomée,
Qui furent de grant renommée;
Alixandres et Avisaine,
Platon, Ancises et Jasaine,
233q5 Senecque, Galien, Constantin,
Ne sçariez vous trouver la fin
Comment morir je ne peiisse
Et en vie toudis feiisse,
Ou par acquérir des richesses,
23400 Ou par continuer noblesses,
Par force, par lettres, par ditz,
Ou par aulcuns beaulx escondis,
Par preschier, ou par sermonner,
Par beau parler, par don donner,
23405 Ou par quelconque autre maniéré (8 a)
Je pelisse la mort mettre arriéré,
Qu’elle devers moy ne venist
Et point ne lui en souvenist.
Se j’ay vesqui de aultrui bien,
23410 De ce me passaise tresbien;
Mais penser m’y convient, c'est fort.
Point ne truis remede en la mort;
Remede n'y voy qui detiengne
Par quoy la mort a moyne viengne,
23qi 5 Ne sçay quant ne de quelle mort,
N’a quel rive, ny a quel port. »»
Regnart ne scet le fait penser
Par ou il se puisse tenser.
Peu ot vivre, et si envyelly,
23420 Et sa viande lui failly.
Sa femme lui vient a la porte
Qui tous ses enfTans lui aportc ;
Dit : « Vois tu ces enffans mov plaine,
Qui par toute ceste sepmainc
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
12
RENART LE CONTREFAIT
23425 N’avons denrée de pain mengié?
Si sommes deplenté vuïdié,
Que de trestoutes garnisons
Que preudhoms ont en leurz maisons
En huche, en chambre ou en saulier,
23430 N’avons qui vaille ung seul denier;
Peu avons de biens assemblés. ( 8 b 1
Vous, aucunes gens ressamblés,
Qui aultrui bien conseillier scevent
Et au fort aidier ne se poeuent.
2?435 On vous sçavoit Regnart nommer
Qui sçavoit bons consaulx donner;
Mais qui que conseillié ayez,
Vous en estes le pis payez;
Mal garny en est vostre hosteulx,
23440 Que par tout n’a que terre ou peux.
Grant honte doit Regnart avoir
De amasser si grant avoir!
Faites bien fermer vos greniers
Et vos escrins, et vos cheliers,
23445 Que les larrons entrer n’y puissent
Et que vos grans avoirs n’y truisssent !
Se l’avoir nous peust donner vve,
De ce ne me deulsisse mie.
Mais il est toute vérité,
23450 Et le tesmongne auctorité,
Que mal gaaing petit demeure
Et a honte vient en peu d’heure;
Ne ja les hoirs n’en cheviront,
Ne ja ediffier n’en feront.
23455 De ce me doeul, par saint Remy!
Vous n’estes point Pierre Remv,
Qui adez malice sieuoit,
Et chascun avoir lui ruoit ;
Chascun a lui donner tendoit,
23460 Et chascun monlt grant joye avoit
Quant Pierres avoit du sien pris.
Tout est vray ce que je vous dis;
Cil fut droit Regnart, ne vous mie.
Par Regnart fist adez sa vie,
23465 Par Regnart sçavoit bien ouvrer,
Avoir terrien recouvrer.
Sa richesse aussi aparu
Jusques le roy Charles moru. c)
Quant le roy Charles fu failli,
23470 Lors fu de ses filz assailli;
Morir le convint, son jour fu,
Mais je croy bien qu’il fu pendu.
11 moru en l’an vint et uit,
Droit a Paris, si com je cuid.
23475 A celle fin venir devoit
Qui indeuement prins avoit.
Cil fu Regnart, non mie vous.
Vostre fol sens comparrons nous ?
En vous n’a gueres de science,
23480 Et fol est qui y a fiance.
Nous n’avons céans de quoy vivre,
Nous ne sçavons quel sentier sivre.
Nous n'avons tant ne quant d’avoir.
Grant honte vous devez avoir,
23483 Quant de Regnart portez le non,
Qu’en vous n’a se folie non.
En vous n’a aucune chevance
Et tout autant de pourveance. »
Quant Regnart ces mos entendi,
23490 Bien vit tout ce a quoy tendi,
Et pensa qu’elle disoit voir,
Qu’en lui avoit peu de sçavoir ;
Car se sçavoir en lui ellst,
Aultrement il y pourveüst.
23495 De ce fut il tout cler scient;
Lors dit: « Le monde ne vault nvent.
•
TouttefTois l'Acteur compte voir
Que femmes ont peu de sçavoir.
L’Acteur si nous voeult reveller
235ooQue envis poeult femme celler
Ce quelle scet certainement,
Et, par mon chiefl point il ne ment.
Mais, a dire la vérité,
Je ay vesqui de faulseté;
233o5 Oncques encor blé ne molv, (Æ d)
Se ne l’ay emblé ou toly.
Tant est venu de bon chaté,
Qu’il y pert bien a mon costé.
Scnecque dit, pour voir le taings,
235ioQue malvais gainz fuit comme dains,
Et si ne poeult longues attendre,
Et que mieulx vault le sien despendre
Que ne fait gaignier faussement.
Casidore dit, qui ne ment,
235 1 3 Que dessus trestoutes durtés
Et dessus toutes cruaultés
Est enrichir, estre angoisseux
De la chevance au besongneux.
Et, par ma foy , je le croy bien,
23520 Car il m’a fait trop pis que bien.
Et Thules dit meïsmement
Que peur de mort ne nul tourment
N’est si pesmenc si obscure
Ne si contraire a la nature
235î5 Comme tenir et rechevoir
Ce que le povre doit avoir.
23439 en estre — 23461 pierre — 23467 paru — 23486 Et na en vous se — 23324 1a manque.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
QUATRIÈME BRANCHE
Qui lachevance au povre prent
Au grant deable d’enfer se rent.
Cassidore, le docteur, compte,
2353oSi com je le truis en son compte
Qui est tresbon et véritable,
Se le gaing est deshonnourable,
Il pert la force de son nom.
Et Augustin, le bon preudom,
23535 Qui le dit, oyans tous, sans gloses :
« Malvais ont toutes belles choses,
Car povretéont enhaVe. *
Et si lisons en Isaÿe
Que en lieu de souefve oudour
23540 Vendra grandesime puour.
Je me suis malement mené,
Comme orguilleux et mal séné; (9 al
J'ay vesqui et ay ell grant pris,
Et si ne sçay ou je l*ay pris.
235q5 N’est bien de vivre, mais bien vivre,
Qui voeult a bonne fin ensuivre.
Hellas! je l’ay trop mal descript!
Senecque le poète dit:
« Plus pesant fais ne puis porter
2355o Que bien sçavoir et mal ouvrer. «
J’ay bien sceü et mal ouvré,
Tant qu’or ay tout mal recouvré. »
Regnartot monltocoeur meschiefs,
Car de coeur pense a ses pechiez,
23555 Ou ira, et de quoy il vint;
Grant temps a, mais ne l’en souvint,
Or ot sa conscience esmeu,
Car son fait ot ung peu vell.
Et dit certes que pour néant
235ôo Ne va point ainsi dechevant:
« Pechié ou j’ay long temps esté
Me a mené a povreté,
Ne poeut bonne chevance avoir
Qui nul temps ne fait son devoir.
23565 Certes je m’yray confesser
Prochainement et sans cesser.
Qui ne voeult a Dieu revenir,
Il a desservi a pugnir. »
Regnart, cuipoise monlt ses fais,
2357oSe printgarde de ses méfiais.
En ses plus haultaines fenestres
Monta pour regarder les estres.
Regarda amont et aval,
Choisi et maint mont et maint val :
235j5 Vit la praierie qui vert yere,
Les bois, les jardins, la riviere,
Et les oyseaulx au bois chanter
Et les bestes dessoubz hanter
Et pasturer et hors et ans, • (9 b)
2358o Les poissons es fleuves noans ;
Vit arbres fruis portans, vingnobles
Et les gaignages beaulx et nobles ;
D’autre part vit la mer salée
Qui tant par fu et longue et lée ;
23585 Le ciel, le soleil regarda
Qui monlt bien son ordre garda;
La lune estoit lez environ
Ou il n’ot nulle mesproison,
Le firmamment, les circonstances
23590 Et trestoutes leurs ordonnances,
Et les signes et les planettes
Qui tant sont belles, pures, nettes,
L’orbe, les signes et les poins
Qui sont es dis elemens joings,
23595 Comme chascune a sa puissance
Ou lieu ou elle a congnoissance
Par influence naturelle
Donnée a chose corporelle.
Quant tout ost regardé, si dist :
236oo « Bon ouvrier fu cil qui ce fist.
Tout est pour homme devisé ;
Bien doit estre donc advisé,
Quant si beaulx joiaulx sont pour lui,
Et bien doit on amer cellui,
236o5 Quant pour lui telz biens ordonna.
Encores meilleurs dons donna
A homme, s'il n’est faulx estranges,
Car sire est par dessus les angles.
Doit on bien faire son voloir
236io Sans lui plaindre, sans lui doloir.
Encor doura myeulx et meilleur
Qui trestout surmonte en valleur ;
C’est la grant joye ou il ira
Qui ja nul tempz ne finera.
236i5 Doit il bien cellui chier avoir
Qui lui garde si riche avoir. » (9 c).
Quant Regnart ot pensé assez,
Encor ne fut il pas lassez
Ne de véoir, ne d’esgarder
23620 Le ciel ne la terre et la mer,
Et dit : « Je sçay certainement
Que tout ce fit Dieu qui ne ment,
Et quant le sien plaisir sera,
Trestout anoyent revenra.
236*5 Quancques voult par advision
Tout venra a confusion.
23538 Isai. m, 23 — 2356g qui — 235g3 Lobbc — 23594 dis manque — 2?6o8 sires — 2 36 1 3 grant
manque.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
U
RENART LE CONTREFAIT
Quant toutes choses périront,
Mes maulx, mes pechiez que seront?
Car trestout mal et trestout bien
2363oNe fauldront ja, je le sçay bien.
Le bien sera tout temps en gloire
Devant Dieu mis, c'est chose voire,
En joye pardurablement;
Et le mal tout certainement
23635 Est,mis estenebres d’enfer
Tretoudis ardant sans cesser.
Se mes maulx peuïssent morir,
Et deffenir et anéantir,
Monlt y fust bonne l’atendue,
23640 Qui pensast que lui fust deüe.
Mais nennil pas, je le sçay bien,
Car tout mon mal et tout mon bien
Me suiront au chief de ma vie;
Sans eulx ne m’en iray je mie.
23645 Volentiers les maulx déguerpisse
Et de leur compagnie issise;
Mais, pour voir, ne m’y lairont point,
Ains me suiront de point en point,
Quancqucs j’ay erré ne mespris,
2365o Et trestousces poinsque j’ay pris
Se sainte Escripture ne ment,
Que trestous les quatre élément,
L’eaue, le feu, l’air et la terre, (9 d)
Chascun vouldra sur moy enquerre,
2.3655 Comment j’aray de eulx usé,
Et, se j'en ay point abusé,
Ou trop, ou peu, ou sans Raison,
Moy requerront mettre en prison.
Se Raison n’ay partout clie,
2366o M’ame demourra decheüc
Et engagie a celle fin
Que de estre dampné sans fin.
Donc, se Raison ne le tesmongne,
Laidement ira ma bezongne;
23665 Et aussi, selon que je sens
Avec moy seront les cincq sens
Que Dieu les premiers m’a donnés,
Dont nous en fusmes doctrines
Pour bien user, pour bien servir
23670 Cellui qui en croix voult morir.
Se par Raison n’es gouvernés.
Ce nous tesmongne, mar fus nés!
Aussi les Dix Commandemens
Si me feront maintz argumens.
2367? Se ne les ay tous maintenus,
.le suis a male fin venus;
Se Raison ne le me tesmongne,
Maisement ira ma bezongne.
Je doy bien estre en grant esmay
2368o Qu’oncquez Raison nul jour n’amay.
Avec ce mes maulx glatiront,
Mes pechiez entour moy iront.
L’Anemy pour voir parlera,
Qui voix et audience ara,
23685 Cil Anemv, qui a senestre
A veu ma vie lez moy estre.
C’est cil qui de moy ne party
Dès que du ventre je party;
Dès lors jusqu’à or m a sccü,
23690 Du tout en tout mon fait veü. I / o j)
Cil du tout tesmoing en sera,
Ne ja grâce ne m’en fera;
Bien sçara tous mes maulx ditier ;
Las! decel tesmoing n’ay mestier.
23695 Hz diront tous en vérité
Qu’oncquez je n’ay eu charité.
L’Anemy aussi parlera,
Qui la le hault parler ara.
Se Foy, Charité, Espérance
23700 Ne m’aident, je suis en balance;
L’Anemy n’ara nul contraire,
Car l’angle se devra bien taire
Et, pour voir, taire se devra,
Quant en moy nul bien ne sçara.
23yo5 Et cil tendra a moy avoir
Lequel ne desire aultre avoir. »
Quant Regnart sceut cestui avis,
L’eaue du coeur lui vint au vis,
Et si commence a larmoyer,
23710 Et dit : « Bien me doit anoyer :
Qui sont ceulx qui me secourront,
Quant tous ces bracquetz m’assauront?
Ne je ne les porray chasser,
Pour prier ne pour menacer,
23713 N’en nul lieu ne sçaray fuir,
Que ilz ne me voeullent sieuir. »
Ainsi comme il se dolousoit,
Se destourna, et puis si voit
Une vieille monlt treshideuse,
23720 Et mourme, tristre et anuieuse.
De lui ne list soûlas ne teste;
Mate se tint comme une beste,
Sans joye, sans soûlas, sans paix.
A terre regardoit adais;
23725 Par samblant tost morir devoit.
Une robe partie avoit,
La moitié de Désespérance, (tu b)
L'autre moitié de Pourveance.
23633 Ktcn — 2366o demoura — 23672 lu — 2 3 7 1 G il 11c me vocullc — 23720 Et manque.
Digitized by
Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
QUATRIÈME BRANCHE
I 5
« Monlt laide chiere elle me lïst,
2373o Et tout premièrement me dist :
« Tu n’en poeulx mais, se tu t’esmaves.
Car ce que tu acrois mal payes.
Dès lors que premier enflez fus,
A nul bien tu ne fus meus.
23/35 Dès que le sens te fu donné,
Tu t’es a mal faire pené;
Bien ne aumosne ne feïs,
Charité ne vous ne deis.
Jusques a viellesse es venus;
23740 De mal en pis tu t’es tenus.
Nature en toy se refroidist,
La demonstrance le te dist.
Tu vois que tes cheveulx blanchissent,
Les yeux te pleurent et umbrissent
23745 Le vis et la face et les mains,
Et si deviens parles et tains.
Et lyëssc et joliveté
Devient en toy fragilité;
Ton corps forment s’apesandist,
23y5oTa complexion t’aneantist,
Tes dens te faillent au besoing.
Tu n'as mais besoing d’aler loing.
Tu ne suis mais festes ne danses,
Ne des dames les acointances; (/oc)
i3y55 A bon vin, bon feu, bon repos.
Ce est ta joye et tes depors.
Par my le cuir les os te perent;
Les dames qui jadis t'amerent
Te fuient, aussi fais tu elles,
23760 Et n'a mais cure de leurs veilles.
Cote fourrée et garde corps
Te fault pour eschauffer ton corps.
Ce sont toutes monicions
Et toutes inhibicions
23765 Que la mort fait a toy sçavoir;
De toy prendre fait son devoir.
Doleurs de mort vers toy s’esmeuvent
Et les paours d’enfer te troeuvent.
Tu poeulx bien aus Matines dire
23770 Ce que ou Psaultier tu poeulx lire :
« Les dolleurs de la mort me tiennent
Et les perilz d’enfer me viennent :
Tribuiacions trouveray,
Et ad ce Dieu appellera)'. »
23775 Se tu avoies bien leü,
Et estudïé et sceu
De la tin du corps le bon livre
Qui de tous bons motz nous scout lire»
Quant le corps Candalu moru,
23780 Tantost a son corps aparu
Une légion d’Anemis,
Qui devant lui se sont tous mis,
Et dirent : « Fille de la mort,
Descendue es tu a mal port!
23783 Or ne parles tu pas des drois
Ne tu n’argues pas des loix,
Et si ne treppes pas des pietz.
Tu ne ris pas, ne es trop lyez.
Ou sont tes palefrois allez?
23790 Fais qu’ilz soient bien enssellez.
Tes belles chanbres, tes beaulx lit* ? (1 o d)
Ou sont allez tes grans deliz ?
Ou sont tes riches garnemens,
Tes hostelz et tes tenemens,
2379.S Tes beaulx mengiers délicieux,
Dont as este si curieux ?
Que sont tes bons vins devenus,
Que si prez de toy as tenus ?
Or es du tout du chemin hors.
238oo Vieng t’ent, et laisse cy ton corps,
Car jamais jour joye n’aras.
Toudis ou feu d’enfer seras,
Pour ce que d’aultrui n’os pitié
Et ne vaulx congnoistre amistie';
238o5 Ne loyaulté tu ne feïs,
Ne vérité tu ne deis.
— Cest chemin me convient tenir,
Toutes ces reproches oyr !
Qui est qui pour moy respondra
i38io Et a ces reproches souldra ?
Ou sont les biens qui la vendront
Et a Anemis respondront ?
Mes biens ne me deflendront point;
Nulle espérance n’y voy point.
2 38 1 5 Je truis escript en ung saint livre
Que David le Prophète livre,
Et en ung Nocturne en latin
Qu’on dit le mercredi matin :
Ulec tesmongne Dieu rendra,
23820 Quant il son Jugement tiendra,
A ungchascun son gueredon.
Hellas! et que feray je don ?
Je suis doneques perdu sans fin,
Car dès m’enflance jusqu’en fin,
23825 Je n’ay bien ny aumosne fait ;
Adez av ad ce chemin trait.
Bien dov donc estre asseüre
Comme le plus mal eiiré (/ / J)
— 23773 Et sc — 23784 tu
23745 Le vis la — 23747 Et manque — 23771-23774 Psal. exiv, 3
manque — 2 38 12 a mes — 23817 Ln ung.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
RENART LE CONTREFAIT
Qu’oncques en ce siecle nasqui,
2383o Ne qui oncques puis y vesqui.
Tellement je me suis nourris
Que je en suis trestous pourris,
Et si ay maintenu parolles
Couvertes, sophicques et folles,
23835 Samblables bonnes, mais cuisans,
Par faulx semblant aultrui nuisans.
Or truis par le Prophète escript
Qui en son livre le descript :
a Qui sophiquement parlera,
238qo Ja l’esgard de Dieu il n’ara. »
Encor dit, qui bien le voeult querre,
Que tous les pécheurs de la terre
Aulx Matines dechassera
Et de sa cité chassera ;
23845 Tous metra hors de sa cité,
Tous ouvrans en iniquité,
Ne jamais autre fin n'aront.
Paix, pardon ne Dieu ne verront;
L’Ennemy en leurs corpz sera
•i385oQui adez les tourmentera
Et demourra sans delayer,
Tousjours seront la sans cesser.
Encor aront en fin paour
En jugement ly pecheour,
23855 Car esperance leur fauldra.
Et sur chascun d'eulx plouvera
Car de feu et fouldre mortelz.
La sentence en est orez telz
Et en la Pseaulme dixisme
238ôo Du Psaultier est sans nul sophime.
Encor aront pécheurs autre estre,
Si com le tesmongne le Maistre,
Et a ceste fin ilz vendront;
Devant la face Dieu fondront
23865 Et deffineront en ce lieu, (// b)
. Comme la chire fait au feu;
Comme fumée fineront
Et en la face Dieu verront ;
Deffiniront sans defenir
238jo Et toudis morront sans morir.
Ou Nocturne du mercredi
Trouvera on ce que je di,
Derrain psaulme tout proprement
Qui par E fait commencement.
23875 Les saulvés pécheurs gaberont
Et pour eulx desprisier diront;
« Vecy ceulx qui leur Créateur
Ne porterrent onequez honneur;
2385 1 demoura — 23856-23857 Psal. x, 7 —
toute rien — 23920 et pour.
Vecy les povres doloureux
2388o Plains de pechiez et malheureux. »
Tout en riant diront cest oeuvre.
Qui au Psaultier lit, il le troeuve.
Anunciés me sont mes refuges,
Et que Dieu est tout le vray juges ;
23883 Anunchye m'est sa justice,
Ne couvient pas que je le dice,
Ne que je le face prouver,
Quant en escript le puis trouver.
Le ciel m anunche proprement
23890 Que Dieu est juge vraiement.
Ou Nocturne du mercredy
Trouveras tu ce que je dy.
Pourveance en moy n'ay je point,
Mais or vient le jour et le point
23893 Qu'ester me fault en jugement.
Hellasl Vecy l'heure qui vient,
Le grant jour et le périlleux,
Le pesant jour et merveilleux,
Le pesme en dissolucion,
23900 Le grant en tribulacion,
Le jour plain de chetiveté,
Et de trestoute povreté, (/ / c)
Jour ou toute joye est faillie,
Toute confusion de vie,
23905 La fin de toutes clairetés,
Le commencement de durtés,
Le jour de dillinicion,
Le jour de la dampnacion,
Le jour de cris, le jour de brais,
23910 De toute pestilence aurais,
Le jour sans sens et sans memore.
Que toutes riens, selon l'istore,
N’aront de nulle joye cure,
Et selon divine Escripture
23915 Meismes angles deffineront,
Et saintz et saintes ploureront,
Et meismes la Vierge Marie
Sera a son coeur monlt marrie ;
Paour et marrison avra.
23920 Las ! pour quoy peur avoir devra
Qui onequez jour pechié ne fist,
Ne ne pensa ne ne deïst ?
Si sont d'elle tous biens venu.
Et par lui Paradis rendu.
23923 Toute clarté, toute sustance
Et toute bonne concordance,
Toute paix, toute humilité.
Toute fov, toute charité,
23867 defineront — 23874 Psal. lxvii, i et suiv. — 23912
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
QUATRIEME BRANCHE
!7
Toute doulceur et trestout bien
23930 Viennent d’elle, je le sçay bien.
Toute sceureté qui nous tient
De la verge de Jessc vient.
Hellas! donc pour quoy plourcra?
Pour quoy dolleur au coeur ara ?
23p35 Et si avra, j’en suis tout fis.
Donc deveray bien estre vifs
Escorchié, et ars et dampné,
Et encor cent tantz pis mené.
Je n’y voy plus, je suis perdu : [1 1 d 1
23940 Mal suis en cest siecle venu ;
N’y vault mais confort nv a Ve,
Ne nulle chose qu’on me dye.
Tantost m’iray pendre ou noyer ;
Ailleurs ne me sçay avover.
23945 Nulz homs, tant ait eU d'heürs,
Ne se poeult tenir asseürs.
En espoir suis de moy honnir,
Ne sçay mais a quel fin venir.
Ainsi Peur m’a desconfortë
23950 Qui maint mal m’a fort enorté.
Se je l’eusse de tout creile,
Je eusse courte fin elle,
Ne cil n'est pas bien asseür
Qui toutes heures croit Pelir,
23955 Car n’a Confort ny Espérance;
Mal y fait avoir dcmourance.
Pour ce ung peu me confortcray,
Et ung peu de lui me tairay ;
Et pour venir a meilleur port
23960 Apellcrav lez moy Confort.
Lors choisi enprez moy Nature,
Qui onequez de Paour n’ot cure.
Laquelle Confort m’amena
Qui de moy aidier se pena,
23963 Combien que Paour lui a dit
Paroles dont trestout frémit.
Onequez Nature Peur n’ama.
Ne ne sieuy ne réclama.
Mainteffois l’a espoeuetée
23970 Et avec ce desconfortée.
Pour ce le vault adez haj*r,
Et en trestous estas fuÿr. »
Quant Regnart ot Paour eue
Longuement sentu et sceiïc,
23975 Et de ses paroles ouÿcs
Et de ses tresgrans envaÿes, \ / j j,
Et la vielle monlt lui notoit
Comment en péril il estoit,
Lors vit Nature en sa chayere
2.3980 Qui tant belleet qui tant noble yere.
Monlt fu plaisant et graeïeuze
Et delitable et monlt piteuse.
Sa beaultë ne contreferoit
Homs qui le pooir Dieu n’aroit;
2.3985 De trestout Confort estoit plaine
Tant qu’a corporel char humaine.
Car cnvoiseürc et noblesse,
Et humilité et simplesse,
Toute beaulté et toute grâce
23990 Fut en son corpz et en sa face ;
N’oncquez en trestoute sa vie
Sur créature n’ot envie,
Ne vanité ne gloutonnie ,
N’orgoeul ny oussy felonnie,
23995 Ne convoitise ne paresse.
Si n’ot oneques en lui lentesse
De son amv métré au desseure.
•
Tousjours lui secoeurt a toute heure.
Tout adez porte son amv,
24000 Et fut trestout coppé par my,
Et eust tous les menbres trcnchicz,
Le corps fendu, les yeulx ostez,
Qu’en lui point d’envie courut,
Qu’a son pooir ne secourut.
24005 Charitable est et sccourable,
De complexion pitoiable :
Quant elle voit aucun morir,
Tantost y coeurt pour secourir
Et se paine de conforter
24010 Pour les paours de mort oster.
Et lui dist : « Prengs ton appettit,
Met toy sus petit a petit.
Voy cy esté, voy cy printemps ; ( / 1* b)
Nul ne se moeurt, s’il n’est meschans.
24015 Lyeve sus, et vas l’air happer.
Tel chose y porras tu trouver
Dont recreacion venrra
Qui a grant santé te menra. »
'l out brief, Nature hctexcez,
24020 Et blasme et vilaine tous ces
Qui eneulx ont outrecuidance,
Rébellion, impascïence ;
Nul oultrage n’ayme ne quiert,
Et cil qui la mainc elle fiert,
24023 Car exccz et choses soudaines
Sont a Nature monlt grevâmes.
Et aussi la belle Nature
De nul vilain excez n’a cure,
24003 Puis quen.
23932 vierge — a398o qui tant manque — 23982 Et manque — 23987 enuoisurc —
— 24020 ceulx.
Tome II.
2
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
i8
RENART LE CONTREFAIT
Car se Dieu du tout la creüst,
24030 Oncq homs ne femme ne morust,
Adès vesquissent et duressent
Et tousjours fourmes engerresscnt.
Generacion tant lui plaist
Que c'est la vie qui le paist ;
24033 Plus en voit Nature venir,
Tant en joie se poeult tenir;
Tous les voeult engenrer et naistre.
Et tous les voeult nourrir et paistre.
Mais morir nesun ne voulroit,
24040 Mais trestout au contraire iroit.
Tout ainsi fait elle des bestes
Son déduit en fait et ses festes,
Et des poissons et des.oyseaulx
Par gardinetz et par praiaulx
24043 Et de toute riens qui verdoient,
Qui vie ont, qui vont, et qui voient.
Trestout ce elle voeult nourrir,
Et tousjours durer sans morir.
Doit on donc bien Nature amer
24030 Qui coeur loial a sans amer; ( / -j c)
Lui doit on bien honneur porter
Et soy en lui bien conforter.
Si fait on voir, je n’en doubt mie,
Fors les malvais de male vie,
24033 Lesquelz je n’endure a nommer,
Que Dieu ne homs ne doit amer.
Meismes le clerc qui fisteest livre
Les het, a condempner les livre.
Aussi fait il cculx qui n'ont cure
24060 D’encliner a bonne Nature
Et qui le droit sentier ne vont.
Mauditz soient ceulx qui ce font !
Oncquez nul trésor n’amassa,
Ne avarice ne pensa;
24063 Elle lui est toute contraire,
Ne pour lui ne porroit rien faire.
Celle dame me vint vëoir
Et delez moy se vint seoir.
Elle qui en lui grant bien a,
24070 Courtoisement me salua
De gracieux ditz en riant
Et de auctorité joiant,
Et dit: « Amis, je te salue.
As tu bien la vielle veüe
24075 Quitresfort t’a desconforté,
Peur de mort d’enfer aporté
Et t’a monstre par couvertures,
Par David et proeuves monlt dures
Les paincs que ceulx souffriront
24080 Qui le chemin d'enfer tenront,
Et quelz martires seront leur
Sans nulle fin et quel dolleur?
Par David et par le Psautier
T’a esbahy en ce sentier.
24085 Je croy bien qu’elle t'a dit voir.
Ceulx qui voulront enfer avoir
Et qui a plain bras le querront, {1 -j d)
Je suis bien d'acord qu’ilz l’aront.
Cellui qui quiert enfer, si l’oit,
24090 Qui dampné voeult estre, si soit.
Je lui certifie et aproeuve,
S’aucun quiert mal, et il le troeuve,
Il est monlt tresbien employé.
Mais tu n’ez pas la avoyé,
24095 Ne ce n'est mie tes déduis.
Tu liez enfer, et si le fuis;
Pour nul avoir ne le querroies
Ne ne te metz ja en ses voies.
Se ce vëoies a toy tendre,
24100 Point ne le vouldroies attendre,
Mais t’en fuiroies, pans noëz.
Tu n’ez point donc a lui voëz;
Oncquez ne l’amas ne quels,
Ne de lui bons mots ne deïs,
24105 Cure n’as de son errement,
Je le prouveray proprement
Par cellui par qui elle proeuve,
Par le lieu ou elle le troeuve.
C’est ou Psaultier, pour ce le dy,
241 10 En la Nocturne du lundy
Ou .ixmr. psalme, en la fin,
Tu y trouveras ceste fin :
« Qui en sceureté se tenrra,
Dieu l’amera et gardera,
24115 Et si saulvera sans doubtance,
Cil qui en lui avra fiance, »
Espérance adez y as tu!
Si ne doubte enfer ung festu.
Tant que bonne Espérance aras,
24i2oJa en enfer mis ne seras. »
Tantost que ces motz aperceus,
De lÿesse ung peu m'csmeüs;
Et lors elle me dit : « Amis,
En quel subjection t’es mis (/j?*)
24125 De croire Peur desesperée
Qui jamais n'est asseürée!
N'oncquez Confort, qui est ma sœur,
Ne le crut ne ama de coeur.
— Hellas, » dit Peur, « tu y morras,
24130 Ne ja l’heure ne garderas.
24o3i vesquisset — 24046 et manque — 24101 les pans.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
QUATRIÈME BRANCHE
‘9
Longues durer ne poeut ta vie;
On ne croit jamais tel folie.
Ja par mon conseil ne morras,
Mais tout adez tu viveras;
24135 Et que de riens plus ne te doeulles,
Mais que mon conseil croire voeullez.
Les meschans et les malheureux,
Qui d’eulx garder sont parecheux,
Qui ne s’endurent a bien faire,
24140 Telz gens voit on a la mort traire.
Mais se tu voeulx durer adès,
Aymé lyësse, et ayme paix,
Aymé soûlas, esbatemens,
24x45 Festes, karoles, instrumens,
Les belles dames solacier
Et toute lyësse trachier;
La soit ta recreacion.
Aime les chiens et les oiseaulx,
241 5o Fuy couroux et malvais meriaus ;
Fuy avarice et convoitise,
Qui les bons coeurs a mal atize,
Car ja nul avaricïeux,
Ne plain d'orgoeul ne envieux
24155 Ja son coeur aise ne sera,
Ne ja par amour n’amera.
Et s’il ayme, c’est adventure,
C’est faulx amer, je n’en ay cure;
C’est dire : « Je vous aymeray,
24160 Mais pour vous peu de paine aray. »»
Telz homs n’ayme l’esbatement, [i3 b)
Ne de son corps l’amendement.
Aprez Desconfort guerpiras,
Que jamais jour n’y penseras.
24165 Jamais n’aies Desesperance,
Et en Dieu aies t’Esperance,
Car Espérance ne voeult mie
Que ja nulz homs perde la vie.
Et Espérance est mon droit frere,
24170 Et tous deux fusmes nez d'un pere.
Si grant maladie n’aras.
Ne si grant plait tu ne menras.
Se tu le scez retenir bien,
Ta bezongne en ira tresbien;
24175 Ou tez ennemis se morront,
Ou a ton volloir paix feront,
Ou assez tost ung tel venrra
Qui d’eulx grant vengance prenra,
Ou ilz seront apostumës,
24180 Ou a treslaide fin menés.
Se tu as deflault ou meschief,
Tu en seras demain a chief ;
En petit d’heure Dieu labeure.
Tu seras demain au desseure,
24185 Ou aucun s’en entremetra
Qui le discord sus lui métra."
S’il n’y a gaain g, si a chevancc;
N’est jour que aucun ne s’avance.
Ou commission lu aras,
24x90 Ou des amis acointeras,
De quelque lieu sauldra argent.
Ne poeult estre qu’aucune gent
A courre, a saillir, a luitier
Ne perdent ce dont as mestier.
24195 Tel te garde argent et chevance
Que mot n’en scet, ne iriot n’y pense;
Tel me garde argent en sa huche,
Qui riens n’en scet, ne qui n’y touche;(/ 3c)
Ung denier ne m’en douroit mie,
24200 S’il me vëoit perdre la vie.
Bien le voy, et bien le te dy,
Ou Nocturne du mercredy :
v Tel amasse le grant avoir,
Qui ne scet qui le doit avoir. »
24205 Cellui n’est pas plain de tout bien,
Qui afferme qu’avoir soit sien;
Tel a argent cui il deffault,
Et ung aultre en a le coeur bault,
Ne ja nul gré il n’en sçara
24210 A cellui qu’espargnié l’ara.
Espérance toudis me dit
Et en pluseurs lieux le m’escript :
« Tu dois, et tu ne poeulx payer.
Ne te dois pour ce esmayer :
24215 Ou tu morras, ou il morra,
Ou hors du paVs s’en ira,
Ou tu iras, c’est chose ferme,
Ou il te dourra bienlong terme. »
Scëureté, Force, Espérance
24220 M’a pluseurs fois dit, et g’y pense.
Peur dit a l’homme : « Tu morras,
Et point tu n’en eschapperas. »
Sceureté respond : « Tu dys bien,
Cecy je sçavoye tresbien.
24225 Pour demourer je ne vis mie
Toudis en ceste mortel vie.
Bien sçay que Raison le vouloit
Que aller il me convenroit.
Ja de ce ne m’esmayeray.
24230 Bien sçay qu’une fois m’en iray. »
Paour a Sceureté escrie :
« Tu cherras en grant maladie,
Dont si tost mie n’en istras.
24135 que manque —24169 Et manque — 24171 Ja si — 24174 en manque — 24223 dy.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
2o
RENAttT LË CONTREFAIT
A en issir lonc temps métras. »
24235 Adonc respondy Sceureté : (/.V J)
a Paour, or entens vérité.
Le mal me laira, ou je luy. »
Cest accord tieng, je le te dy.
Tout ainsi te conforteras,
24240 Et toudis Espérance aras ;
Car qui voeult bien mettre sa cure,
Espérance ayde monlt Nature.
Tondis bonne Espérance croy,
De Paour toudis garde toy,
24245 De couroux, d‘irc et de tenchon
Te gardes ; ne litz tel lechon
De trop vcillier, de trop juner.
De trop grande paine aüner.
Garde toy de trop et de po
24230 Et de compagnie de fol,
D'orguilleux especialmcnt
Et d’homme qui volentiers ment,
Car presumptueux et vanteur,
Avecque ce homme bourdeur.
24255 Ne poeult estre de bonne loy.
Et si sont tous contraire a moy.
Et qui est contraire a Nature
Nul preudom n’ara de lui cure,
Et la science naturelle
24260 Et meismement la corporelle.
Ne metz en femme habandonncc
Ton coeur, l'amour ne ta pensée,
Car c’est toute corrupcion
Et toute abhominacion
24265 De vielle putain herbregier.
Qui ce fait, ne s'a mie chier,
Son coeur, ne son chatc, ne s’ame,
Ainchois se livre a grant difTame.
Foi est qui vaillant homme clame
24270 Cellui qui vielle putain ame,
Parente, femme ne aultrcment.
Chascun fuve vielle jument; |^j)
Bonne journée n'en tirras,
Mais honte et dommage y aras,
24275 Car elle ne scet gré ne grâce
De bien ou traveil qu'on lui face.
Vielle putain devez fuir,
Se vous voulez nul bien sicuir.
Car vous perdez sans nulz ressors
24280 Chevance, renom, ame et corps,
Car grant folie est de semer
Sa bonne semence en la mer.
Qui somme sur la vielle glace
Son temps pert, sa semence efface.
24285 Puis qu’il le scet, scïentement
Ne va fors son délit querant.
Il se submet, quoy que tu-dices.
Au prince de trestous les vices,
Et Dieu si lui demandera,
24290 Quant temps et lieu si en sera.
Car il despite sa nature,
De generacion n’a cure;
Des grans pechiez est le greigneur.
Et de trestous maulx lepieur;
24295 Pis vault que murdre ne rapine,
Si com Tulle le détermine
Ou livre qu’il fist de Viellessc
Qu’il loë trop plus que jennessc.
Puisqu’a semence vient espandre
24300 On le doit en tel lieu respandre
Apparanment et scianment
Qu'elle proflite clerement.
S'au contraire scianment fais.
Tu te charges de pesant fais.
2q3o5 Ne semme sur la vielle dure
Qui est froide et si est mont sure;
Nul ne se poeult si asservir
Que de vielle putain servir.
Kuiez toudis, viel et moyen, (14b)
24310 De vielle putain le lyën.
Ne vous acostés a sa couche,
Car trestout infer a lui touche.
Se quovs ne vous volez tenir.
Vous devez aulx jennes venir.
2 43i3 Tel semence y porrez semer
Que Dieu porra encore amer,
Et porra faire monlt de biens
Tant aulx estranges conmc aulx siens,
Et poeult generacion faire
24320 Qu’au monde et a Dieu porra plaire. »
« Ainsi Nature me chastie,
Et si songne dessur ma vie.
Encores me dit : « Or m'entent;
Se tu voculx vivre longuement,
24323 Boy et mengué par raison.
En tout temps, en toute saison
Raison voeult en trestous lieux estre;
Elle est ma dame et est mon maistre.
Je doy a lui prendre congié,
24330 Pour ce qu'elle est devant que je.
Devant moy et devant tout aultre
Doit elle aller, lanchc sur faultre;
Ne je ne doy nulle rien faire
24248 grant — 24254 Aucc — 24233 N p. — 24273 tireras — 24325 Mcnguc et b. — 24328 et mon.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
QUATRIÈME BRANCHE
Qu’a son voloir et a son plaire.
24335 Parfois seroie dissolue,
Se par el n’estoie tenue;
Avec lui devons tous aller.
Combien que soit de ravaller,
Maintz me suivroient volentiers,
24340 Se Raison n'estoit es sentiers.
Mais avecques lui est sa fille
Qui souvent mes oeuvres avile.
En pluseurs lieux elle est doubtéc
Et maintenue et renommée;
24345 Par lui maint beau délit laisse on.
Honte celle dame a en nom. (14 c)
Par lui maintes choses se cocuvrent,
Et pour lui maint en secret oeuvrent;
Par lui fait maint fait remanoir
24350 Combien qu’on en ait le vouloir.
De Raison, sa mere, tout tient,
Et par sa mere se maintient,
Car quant elle fu establie,
Donnée me fu par maistrie
24353 Que par elle ouvrasse et régnasse,
Ne ja nul jour sans lui n’alasse ;
Et touteffois, se y aloie,
Envis tenrroie celle voie;
Et cil qui voeult sans lui aler,
24360 Nul bon chemin ne poeut haler.
Ainsi le voeult cil qui nous fist.
Sans lui n’alaisse, ainsi nous mist,
Car quant je régné sans Raison,
Ne puis estre en bonne saison
24365 N’a grant honneur n’a sceureté,
Combien que soit ma volenté.
Mais, combien qu’elle soit ma dame,
Tout son voloir ne fay, par m’ame.
Maint homme peu s’en loéroient,
24370 Et les dames m’en blasmeroient,
Ces beaulx variés et ces pucelles
Et ces dames cointes et belles
Qui s’entr’aymentet par moy oeuvrent,
Quant ilz en privé s’entretroeuvent,
24375 Ne locroient pas ma joye.
Se par Raison ouvrer volloye.
De Raison ungdé ne douroient.
Ne en ce riens ne le croiroient,
Qui plus est meilleur et souvent
24380 Quant l’un l’autre entre sez bras tient
Et s’esbatent en lieu privé.
Par moy sont tel mil engenré.
Et tel mil en naissent sur terre, ( 14 d)
Se vouloient Raison enquerre,
>4385 Qui ja engenrés ne seroicnt,
Ncja sur terre ne naistroient.
Ainsi le monde feniroit,
Trop petitte durée aroit.
De cent ung il ne seroit pas.
24390 Se Raison esioit mes compas
Que ne peüsse que par lui,
Mais n’en prendray conseil a lui,
Mais ouvrcray de mes bateaulx
En chambres, solicrs et praiaulx,
24393 En bois, en eaues et en prez
Et en appert et en secrez..
Ou poeut on trouver meilleur vie
Que de gésir es bras s’amie ?
Ces belles karolles et danses
24400 Et ces tresplaisans acointances,
Belles robes, beaulx paremens
Et ces gracieux vestemens,
Et escarlate et vair et sove,
Que devenroient, se n’estoic:
24405 Ces chevaulx et ces palcfroy,
Ces paremens couvert d’aufroy,
Ne furent pas fais pour les âmes,
Mais trestout pour l’honneur des dames
Et pour les varletz qui les aymcnt.
24410 Pour ce iceulx services scmment!
Et toutesvoiez, au dire vrav,
Toutes bestes, tous oyseaulx gay.
Je les fay emsenble abiter.
Tout par Raison voeullcnt aler,
24415 Par Raison se gouvernent tuit,
Par Raison mainent leur déduit;
Touteffois, selon leur saison.
Vont ilz ensenble par Raison.
Aussi font tous poissons noans,
24420 Et prez et arbres verdoians (/5 a)
Viennent par Raison et par moy ;
Tous les attrav, tous les avoy.
Touteffois en homme et en femme
Homme plus grant semence semme,
24425 Et deçà mer, et delà mer
Fay je l’un et Tautrc entr’amer,
Mener bonne vie et joieuze,
Et esbatant et amourcuze.
Sans avoir paour de périr
24430 Et sans point penser a morir.
Pour voir, Paour ne nous pleut onques,
Je le hay trop, si te lo doncques,
Combien que l’aies escoutée,
24335 Pluseurs fois — 24336 elle — 24375 Ne se I. Je nia — 24384 Se partout v. — 24403 Et manque
24407 pas manque — 24413 les manque.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
22
RENART LE CONTREFAIT
Par toi ne soit creue n’amée,
24435 Car si t'a huy desconforté,
Qu’a peu qu’il ne t’a emporté,
Et t’auctorisoit Escriptures
Courouchans, males et obscures,
Dont mort estoies attendans;
24440 A paine y suis venu a temps.
Ne le croy, se voeulx vivre en paix;
Adieu te dy, atant m’en tais. »
Quant Nature m'ot sermonné
Et maint ensengnemment donné,
24445 Telz comme a lui appartenoit,
Et que son estât lui donnoit,
Adoncquez de moy se départ,
Car penser me fault autre part.
Lors a Raison revaulx venir
24450 Qui delez moi se vault tenir.
Sambla que Dieu fust proprement
A son tresbeau contenement:
Car une robe avoit vestue,
Toute de soye bien tissue,
24455 Plaine de paix et d’accordance,
Fourrée de bonne conscience,
Garnie de pleurs et de lermes ( / 5 b)
Et de penitance en tous termes.
En sa main tenoit ung escript
24460 Ou il avoit ainsi descript :
« Mes pécheurs, ne vousgriefve mie;
Venez parler a vostre amye.
Par lui ouvrez et esperez,
En la fin Paradis arez.
24465 Et ne créez en riens le monde
Ou nulle sceureté n’abonde ;
De sceureté il n’y a goûte,
Ainsest cil fol qui trop s’i boute. »
Delez moy Raison s’est tenue,
24470 La belle et la tresbien venue.
La belle qui pas n’esbahist,
Maintenant vers moy se traïst,
Et dit: a Es tu bien demenés?
As tu bien esté sermonnés
24^75 De Paour au commencement
Et puis de Nature ensement ?
Dame Paour est ma cousine
Qui de gens espanter ne fine.
Elle me fait mainte grevance,
24480 Pour ce que ne suit Espérance,
Car s’Esperance en lui eüst.
Bien alast cil qui le creüst.
Qui sans Espérance a Peür
Si est entré en mal eür ; (/5 c)
24485 En voye est de perdre son temps.
Judas fu le plus repentans:
Quant il ot fait la traÿson
Et il perchut sa mesproison
Qui oncquez fu devant n'aprez,
24490 Paour, Desconfort le tint prez
Siqu’a son dampnement tendi,
Et par my son col se pendi.
Judas ot Peur et Repentance,
Mais en Dieu n’ot point d’Esperance,
24495 Car se Espérance eust eü,
Ja pour tant ne se fust pendu,
Car l’aignelet a tous donné
Lui eust tous ses maulx pardonné.
Pour ce est bonne Repentance,
24500 Mais qu’avec lui soit Espérance;
Avec Paour estre ne dois
Sans Espérance nulle fois.
L*Escripture monlt fort le crye
En David que tu as oye:
245o5 « Toudis, • dist il, « Dieu serviras;
En peur et de coeur l’ameras. »
Aycs bon coeur toy amender;
Adonc poeulx mercy demander.
Mais quant orde vie tenras
24510 Et en tel voulloir demourras,
Ne te repens n’a Dieu n’acorde,
Ne requiers point miséricorde,
Car miséricorde n’est mie
Qu’a ceulx qui mainent bonne vie,
2451 5 Et leur desplait en leur penssée
La male vie qu’ont menée.
Iceulx miséricorde aront
Qui male vie guerpiront
Et se mettent en bon sentier.
24520 Or te prengs bien garde ou Psautier,
Ou Nocturne du samedi, (/5 d )
Et entens bien ce que je di :
Le premier Rencdic querras,
En cellui Psaultier trouveras
24525 A quelz gens est donnée acorde
Et quelz aront miséricorde ;
Qui de pechier ne cessera,
Pour quoy miséricorde ara.
Toudis voeullent vivre en péchant
24530 Et tousjours pechent en vivant,
Et ont Nature, ma chanbriere,
Qui tant est noble, cointe et fiere.
Qui oncquez jour morir ne vault,
C’est celle qui monlt m’en reault.
24535 Tousjours en joye se delicte
24436 qui — 24453 Car manque— 24470 très manque. Psal. eu, 1 — 245 10 demouras — 24531 chanberiere.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
QUATRIÈME BRANCHE
23
Et pourveance claime quitte.
Sçavoir dois que morir convient :
Pour ce tout homme au siecle vient,
Pour morir, pour resçuciter,
24540 Aprez es biens Dieu deliter.
Et tout ceulx s’i déliteront
Qui Dieu en cest siecle querront
Et feront ses commandemens.
Et ne die nul que je mens,
24545 Car pour néant cy demourroient,
Et pour néant le bien feroient,
S’ilz n’acqyeroient glore amiable
Avec l’empire pardurable.
Dieu t'a en ce monde trammis
24550 Pour ce que soies ses amis :
Se bien le sers, sa joye aras;
S’autrement fais, tu périras.
David monlt bien le te tesmongne
Qui bien scet de ceste besongne ;
24555 Dieu et ses oeuvres serviras :
Grand gueredon tu en aras.
Ses grâces sont si tresjoieuzes
Sur toutes pierres précieuses, (16 a)
Si com David le preuve errant
24560 Ou psalme Celi enarrant.
Or te diray que tu feras :
Tout le chemin moien tenras
Avecques Nature et Peür,
Se tu voeulx bien vivre asseür,
2q565 Par tel point qu'o moy demourras,
Néant avec eulx, sans moy, n’iras.
Quancques te diront fui et doubte,
Gardes sans moy ne régnés goûte.
Tu ne te poeulx mal demener
24570 Se avec toy me voeulx mener.
Le feras ainsi ; or y pense.
Voeulx tu croire mon ordonnance?
Et pour multiplier ta joye
Que j’ayme autant que fay la moye,
24575 Pour ce te voeul avoir en cure
Avecquez Paour et Nature.
Encor te diray par amour
Des parolles du Grant Seignour
Que on dist jour de Pentecouste
24580 Que assez ayde et riens ne couste.
Dieu dist : <1 Moy meismes garderas;
Mes commandemens garderas,
Et qui en moy n’ara sa foy
Il n’ara ja cure de moy.
24585 Mais cil qui débonnairement
Gardera mon commandement,
Mon Pere chiez lui demourra
Et son hostel de lui fera;
O luy est s’abitacion,
24590 Sa joye et consolacion. »
Regnart, qu’il te doit bien tarder
De si bon hoste herbregier!
Qui de lui herbregier n’a cure,
Il se met bien a l’aventure.
24595 Comment poeut homs avoir grant joye ( / 6 b)
Qui a ung tel homme s’avoye?
Ce n'est mie hoste qui a hoste,
C’est chose qui de lui s’acoste;
Et qui l'acoste a son costé.
24600 De Paradis fait son hosté,
Non mie hostel a loyer,
Car en ce se doit apoyer ;
Paradis est seur sans doubtcr
Perpctuelment sans oster.
24605 Et si sera sa garnison
De joye et consolacion;
De tous biens plenté, habondance
A tousjours mais sans deffaillance ;
Lés lui son Créateur ara
24610 Qui si treslegier le fera
Que d'Orïcnt en Occident
Poeut voir en si petit moment
Comme l’oeul poeut clorre et ouvrir,
Que nulle riens ne poeut couvrir.
2461 5 Toute riens lui est a delivre,
Car, devant Dieu qui tout bien livre,
En quelque lieu qu’il puist aler,
Devant sa face est sans celer;
Car cil lui dit : « Toudis ara;
24620 Ja ceste joye ne faulra. »
Bon fait tel hoste herbregier.
Te voeulx tu point donc retarder
Que ne voise quérir cest hoste
Qui tous biens donne etquinulz n’ostc?
24625 Va le quérir, va le quérir,
Et pense a toy le retenir.
Se tu le quiers, il te querra ;
Se le retiens| il te tenra ;
Se le rcchois, tu es garis;
24630 Se ne le fais, tu es péris;
Et il est de si grant valoir
Quiconcques l’a a son voloir (/6 c)
D’oeuvre et de coeur désirera,
Jamais de lui ne partira;
24635 II ayme tous ceulx sans avoir
24545 demouroient#— 24539 comme — 24560 Psal. xvm, i — 24565 demouras — 24580 Quassez —
24685 Joan. xv, 10 — 24687 demoura — 24613 Comme oeul — 24624 et nulz.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
24
RENART LE CONTREFAIT
Qui de coeur le voeullent avoir.
Plus ne l'en dy ; je m’en revoy,
Va t’en, ne soies plus sans moy.
Conflesse toy et te repens,
24640 Et lors hors de péril te tens.
Va ta voyc, et que Dieu te g art ! »
Regnart atant de Raison pari.
Par le bois s’est acheminé,
De nuit et de jour n'a fine,
24645 J usqu'a l’hcrmitage est venus.
JUccques s’est Regnart tenus
Et dist jamais riens ne fera
Jusqucs bien conffessé sera.
Puis que riens Raison lui enjoinct,
24630 11 ne trangressera ce point
Sans lui esmayer n’esbahir.
Au guichet bûche par ayr;
Le prestre vint quant oit l’ensengnc.
Quant il vit Regnart, il se sengne
24633 Et dit : « Bien cure soye jé !
Beau sire Dieu, ay je songié,
Quant voi Regnart ouvertement
Venir sur le prestre humblement ?
Regnart, puis céans tu ne fus, (/&’ d)
24660 Que du mien sans mon gré tu eus;
Tu me mengas ma char sallée
. Qu’ung mien amy m’avoit donnée;
Mengas mon cocq et mes gelines,
Quant je fus aie aulx Matines,
24663 Et si me despechas mes livres;
Et disoies qu’estoies yvres.
Or me dis s’oneques tu rts bien
Ne presis ce qui n’estoit tien ;
Comment estoies enchanté,
24670 Qui prenoies l’autrui chaté.
Foy que je doy a saint Cordon,
Tu estoies en mal ordon ;
En telz fais plus ne te déportés.
Je croy bien tu le me raportes
24673 Et me fais ce que tu dois faire.
Ainsi porvoies a Dieu plaire,
Car sainie Eglise si commande
Que ce qu’on a d’aultrui on rende.
— Sire, » se dit Regnart, « mercy.
24680 J’av de pcchié le coeur noirev,
Et pcchié m’a monlt dcchcU. »
Adonc lui est aulx piez cheii,
Comme dollcnt et courouchic ;
Et le prestre l’a redrechié :
24685 « Regnart, » dist il, « conforte toy.
Prengz bon espoir, et si me crov.
Fay par oeuvre ton nom chëoir,
Et tu seras beaulx a vêoir.
Mais se tu n’ez bien repentans,
24690 Nulle absolucion n’atans,
Car cculx segastent, sans mentir,
Qui conffessent sans repentir.
Maint en y a qui se confessent
D’aucun mal, et point ne s’en cessent,
24693 Et promettent amendement,
Et sont telz après que devant. ( 1 7 a)
Ja pour tant leurs us ne lairont
N*a mal faire ne dclairont ;
Le dire n’est pas conffesser,
24700 Mais de vray coeur le mal laissier
Et de veraye intencion
En tresbonne devocion.
David dit, tu le scez de voir :
« Aprens moy faire ton volloir,
24705 Car dire sans faire ne vault. «
Scez tu que tel confesse vault?
Dieu se tient pour tous escharnis,
Pour tout gabé, pour tout laidis
De ceulx qui dient point en point,
24710 Et si ne s’en repentent point.
Mieulx leur vaulsist en vérité
Qu’ilz ne fussent point confessé,
Car ce te dy qu’ilz en remportent
Plus de pechiés qu’ilz n’y aportent.
2471 3 Or dy, amis, tout ton voloir.
Dieu te doint repentance avoir,
Espérance et perseverer,
Et jusqu’en la fin demourer.
— Sire, je vous diray ma voyc.
24720 Dès le temps que enflant j’estoie,
J’embloie ces menus pouchins,
Ne il n’estoi’t si fort aflins
Ou je ne les allaissc prendre ;
Ces oisons jones, gras et tendre,
24725 Quant je les pouoie tenir,
Leur faisoie le coeur frémir,
Et si volenticrs les mengoic ;
De toutes festes c’est la move.
Dieu ! tant j’en ay fait de denieres
24730 De pouchins et d oisons litières
Qu’il n’est nulz homs qui le creüst,
Ne qui par nombre le sceüst :
24O41 que manque — 24649 a cnioinct — 24653 qui tort Icns. corrigé d'après \ — 24637 voit — 24660
Que manque — 24699 confier — 24701 vraye — 24714 qui — 24729 fie manque — 24730 et oisons.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
QUATRIÈME BRANCHE
25
Les mengoie bien en dormant. (77 b)
— Regnart », dit il, « je te demant,
24735 Se oncques nombre n’en feïs,
Ne de ceulx sur qui les preïs,
Quel temps? Qu’ils valoient? Et combien
Tu as eli de l’autrui bien?
Je dy pour absolucion,
24740 Aprez, pour satifacion
Et pour recompenser dommages.
Ainsi poculx ettachier tes taches.
— Non, non. Neis que de la rivière
La male passion le fiere
24745 Qui en ce estudia oncques!
— Regnart, amy, or me dy donequez
S’oncques patrenostre desis,
Ne s’aucun bien pour eulx fesis.
— Sire, vous me dites noyant.
24750 Je cuid, vous m’alés flaboiant.
D’eulx bien faire oncques ne m’avint;
D’eulx bien dire ne me souvint.
Mais toudis ce que j’ay sceii
A mon pooir l’ai ge teü ;
24755 Et pour ce que dites combien,
Dites quantes foeulles sont bien
En tous les bois de Brie ou d’Ote.
J en ay bien autant prins sans doubte,
Car, par saint Jacques le Preudom !
24760 J’ay tout par tout prins a bandon
A l’un plus, et a l’autre mains;
J'ay tout happé a trente mains
Et a plus, se plus en eUsse,
Quant labourer je ne peüsse:
24765 Et se je le pelisse bien,
Je acquetaisse monlt de bien.
Qui ce me feroit endurer,
Il me convenroit emmurer,
Voire ainchois a la mort me mettre,
24770 Ains que m’en sceüsse entremettre. ( / 70
— Beaulx amis, » ce dit le preudom,
« Tu as esté de mal ordon,
Qui tous tes enfTans et t’enfancc
As chevy de l’autrui substance.
24775 Pour tes enfans, vas en enfer,
Et eulx pour toy suivent enfer.
Quant pour eulx vas ainsi emblant,
Tu vas bien au leu rcssamblant,
Qui en lui a une nature.
24780 Or l’entens, et y metz ta cure.
Et y gloses ce que tu voeulx.
Quant une louve a ses louvieulx,
Tant ccrmme ilz sont jeune et petit,
Leur mere les laisse ung petit;
24785 Nature d’eulx nourrir l'asproie
Et leur pere si va en proie;
Et Nature ainsi les aproeuve.
S’il advient qu’aucune riens troeuve
Ou que ilz prengne aucune beste,
24700 Se il leur porte, ilz lui font feste
Et lui vont la queue mouvant.
Et si advient il monlt souvent
Que assés cerche et jour et nuit,
Riens ne troeuve et revient tout vuit;
24795 Matz et honteux arrier repaire,
Pour ce que il n’en poeut plus faire.
Quant voient que riens ne leur tent,
Chascun a lui mordre sc prent,
Et lui coeurent sus sans déduit,
24800 Dont bien souvent arriéré fuit.
Pluseurs fois pour ce s’aventure,
Dont lui sourvient male aventure;
Ochis en est ou mis en piege,
Dont jamais n’istra de ce siégé.
24805 Et cil si n’en douroit ung dé
Pour qui est ainsi ordonné.
Et quant voyent qu’il ne vient mie, ( / 7 d)
Si va chascun quérir sa vie,
Et scevcnt bien qu’ilz leur convient
24810 Vivre quant leur pere ne vient,
Car toudis illec demourroient
Quant de nullui secours n'aroient,
Et tant c’om leur aporteroit
Chascun illec si se tenroit.
24815 Lors vont quérir leur pourveance
Au mieulx qu’ilz poeuent et chevance,
Et leur pere com mort se tiengne,
Car il est peu cui en souviengne.
Ainsi te sera il, par m’ame,
24820 De tes enfans et de ta femme.
Pour eulx ung pourchas tu feras
Dont a la mort d'enfer venras.
Quant en enfer yers ou en terre,
Je t’asseur, ne t’iront point querre;
24825 Chascun fera comme pour soy,
Et tu faces comme pour toy.
Bien nous en compte Cathon voir
De cellui qui pert son avoir,
Et il dit voir; bien il afliert
24830 Qui gaste le sien, l'autrui quiert.
Mais ad ce nous respond Orace,
Qui tant sceut de bien et de grâce.
24733 Je les— 24761 moins — 24766 Jacq. — 24769 me manque — 24782 la louuc — 24787 Et manque
24789 Ou quilz — 24790 Sil — 24793 Quasses— 24807 voye — 2481 1 demouroient — 2482 1 tu manque .
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
26
RENART LE CONTREFAIT
Qui dist a : « Mesures le tien;
Selon ta rente te maintien. »
24835 Regnart, ne quiers telz avantages.
Scez que dit Senecques le Sages ?
« Ne te tiens apayé de vivre
Sceullement fors que de bien vivre. »
Pour ce te dv, Regnart amis,
24840 Ne soit ja ton corage mis
En chose sans raison acquise ;
Le tien par raison te souffise,
L’autrui laisse et riens ne en prens.
Tulles dist : « Nul gaaing n’est si grans ( / 8
24845 Que de bien garder sagement
Ce que on acquiert loialmcnt;
En joye et en lÿesse pren,
Et toy a mesurer apren. «
De Scnecque en est ung dictiez :
24850 « Cil n’est pas povre qui est lyoz,
Et cil est riche pour vrité
Qui s’acorde a sa povreté
Et lui soufist son povre avoir. •»
Thulles dit, qui tant ot sçavoir,
24855 Et si le raconte et affiche,
Et dist : « Le povre fut plus riche
Etmieulxlui souffist son avoir
Qu’au roy Alixandre, pour voir,
Cui tout le mond ne souffisoit;
24860 Trestoudis d’acquerre atisoit,
Carpassïence seulement
Fait l’homme vivre richement ;
Qui n’a pascïence, il ne vit. »
Senecque le Sage nous dit
24865 Que tu dois mieulx amer pour voir
Ta bonne vie que avoir.
Car, si corn dit Jhesus Siracz,
Anaize est trésor sans baratz.
Pour ce ne dois riens consentir
24870 Dont tu viengnes au repentir.
Orace dit, qui bon clerc fu,
Que cil pert s’ame et sa vertu
Qui tout temps tent a employer
A son avoir multiplier.
24875 Encor dit Senecque ung mot gent
De la pecune et de l'argent,
Ou elle serve, ou soit servie ;
Mais ad ce ne s’acorde mie
Que homs le serve; et s'il le sert,
24880 Tous aultres bons services pert.
S'elle le sert, et peu le prise, ( 1 8 b)
Il acquiert grâce et grant franchise,
Car cil asserve trop sa vie
De qui la pecune est servie.
24885 La Loy dit : « Or n'y met ta cure,
Car, ce est le droit de Nature,
Nulz homs ne se mette au service
Dont d’aultrui dommage enrichisse. »»
Et qui de ce a nulle cure,
24890 II va au contraire Nature,
Car toute avarice malvaise
Met bonne Nature a malaise,
A desservir et a gémir,
Et a tous putz sentiers tenir.
24895 C’est ung vice contre Nature,
Et pour ce n’en dois avoir cure,
Car bon service ne poeut faire
N’a bonne compagnie traire
Qui sert homme avaricïeux.
24900 Car tous sont en mal curieux,
N'osent ne boire ne mengier,
N 'avec bonne gent repairier;
Leur compagnie n’est point bonne.
La mist Alixandre sa bourne :
24905 Se il fu avaricïeux,
Aussi fu large et plentureux.
Tout donnoit quanqu'il aqueroit,
Et ung remors en lui metoit :
Plus ardoit toudis de donner
24910 Que il ne faisoit d'aüner,
Car pluseurs biens donna avant
Que il ne fut oneques tenant.
D’avarice voie ne quiert
Qui donne quaneques il acquiert.
2491 5 Avarice n’est vicieuse
Tant que largesse est plentureuse;
De tant comme avarice pesche
Tant a largesse bonne tesche. (/# c)
Pour ce effaça tesche greigneur
24920 Alixandre pour la mineur.
Mais peu est d’avaricïeux
Qui soient larges plentureux
Ne qui lÿement se maintiennent,
Ne bonne compagnie tiennent.
24925 S’ilz le tiennent, c’est par doubtance,
Ou par honte de leur vieultance.
Jherome nous compte a delivre :
« Garde tov, » dist il, « ne t’enyvre;
Ta gorge n’emplis, ne ta pance
24930 En nul temps de l’autrui sustance.
U te vauldroit trop mieux juner
Que telle viande avaller. »
Car Senecque dist en son livre :
« Tu dois, u dist il, « mengier pour vivre,
24843 nen — 24859 Qui — 24882 grant suppléé d'après A — 24917 peschie.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
QUATRIÈME BRANCHE
27
24935 Non mye vivre pour mengier. »
Or ne t’en fay plus laidengier,
Et ne voeulles a l’autrui tendre,
Mais vis du tien, sans l’autrui prendre.
— Sire, je m’y acorde bien.
24940— Dy aprez, et t’avise bien.
— Sire, volentiers vous diray;
De m’enfance vous compterav.
Dès que je eus sept ans passés,
Tout devins de mal apensés,
2494? Menterres et faulx parjureres,
Fel, malvais, envieux et lerres;
A tout consentement me mis
Dont on poeut atraire Ennemis.
Bien alaisse querre ung morsel
24950 D'un pasté ou d’un piprenel
Ou d’une tarte ou d’un flaon
De Troyes jusquez a Laon.
Quant de .xn. ans a .xvi. vins,
Adoncquez curatier devins
24955 A clercz,laiz, séculiers et moisnes, (18 d)
A chevaliers, bourgois, chanoines,
D’abbesses et religïeuzes,
Dames, pucelles et prieuzes;
L’un vers l’autre les fis trotter,
24960 N’espargnoient point le crotter.
Troter les ay fait nuit et jour,
N'estoient nulle heure a séjour.
Mainte femme ay fait escourchier,
Maint froc lever et rebrachier
24965 Et de mainte peliche blanche
Ay fait descouvrir mainte hanche;
Et si leurfaisoie entendant
(Oncques mais nul n’en fit autant) :
« Tout est vostre, gardés le bien;
24970 Oncques mais n’eustes si grant bien. »
Et s’ilz eussent le voir sceii,
Ja en avoye avant eü;
Avant de moy requises erent,
Peu en fu qui en refusèrent,
24975 Car je leur faisoie entendant :
« Cestui n’en sçara ja noiant,
Ne ja mal il n’y trouvera,
Ne ja ne s’en apperchevra;
Et si lui juray sains et saintes
24980 Que estes de chasteté chaintes,
Ne oncques cecy ne feïstes,
Combien que pluseurs en veïstes,
Et eussent donné marez et livres. »
Ne oncques encor ne fus yvres,
24959 lautre faisoie tr. —
24985 Ne jamais jour ne le diroye.
Tant faisoie que j’en avoye
Des plus godes et des plus cointes,
Des plus fardées, des plus joinctes;
Maintes gonnes en ay fait vendre,
24990 Calices et livres despendre,
Rentes engagier et vendues,
Maintes belles messes perduesJ/ÿ j)
Mais de tout ce riens ne donnoie
Mais que je eüsse la monnoye;
24995 De leurs doulx yeux me departoient
Si tost corn donnés leurs estoient.
Ces dons me faisoient trachier
Et de nuit et de jour cachier,
Et si restoie bien payés
25ooo De par qui j’estoie envoyés.
Maintes guerres en furent faictes,
Maintz coup féru, espées traites.
Et quant a moy se complaignoient,
Tous a leur propos me trouvoient.
25oo5 De seremens pour ung denier
Leur faisoie plain ung grenier.
Disoye je leur aideroye,
Mais le soir couchier m’en alove.
•
Je ne faisoie pas que folz :
25oio 11 n’est riens tant hayé que copz,
Je faisoie monlt de tenchons,
Souvent desvestir ces gardions,
Mais quant a bataille prouver,
On ne me sçavoit ou trouver.
2 5oi5 Quant coups ooye départir,
Bien sçavoie le lieu guerpir,
Car n’amoye point tel hutin.
En la taverne le matin,
J’estoie toudis le premier,
2 5o2o Le plus hautain et le plus fier.
De moy vanter, de voir nyer,
Ne me faisoie point prier.
Je ay tollu et refusé;
Ainsi ay je mon tempz usé
25o25 Jusqu’à l’an .vin. et vint et sis.
Lors a estre advocat m’assis,
Et courretier et procurreres.
Pour ce ne fus je pas moins lerres
Qu’a cellui voeulx toudis ditier. (19 b)
25o3o Lors qui d’un tesmoing eust mestier,
Assez tost a moy le trouvast,
Mais que bien ma bourse murast.
Et quant on ne m’en requeroit,
Mon corpz en voye se mettoit;
25o35 Pluseurs fois les en semonnoie,
24961 faisoie — 24981 Noncques.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
2 8
RENART LE CONTREFAIT
Quant en leur compagnie estoie.
Et lors quant j’eux ce chemin pris,
Loix et Decretz metoie en pris,
Et alleguoie vers et psalmcs,
25040 Et fcroie des dois es palmes.
Et le prenoye sur mon chief.
Que de tout ce venroie a chief.
Tant par Cesare Julius,
Par les loix de Justinius,
25045 Par Jherominus T Ancien
Et par les Loix d'Octovïen,
Et par Constantin en aloie,
Et par tous sentiers les queroie.
Lors mon maistre argent me donnoit
25o5o Et de sa table me tenoit,
Et sçavoie certainement
Que jebourdoie escianment;
Ne m’en aloye que par delay.
Ainsiques tout mon temps alav.
25o33 Et encor sçavoie bien faire:
Je prenoie de mon contraire,
Et aussi de moy reprenoit.
Colacion a moy faisoit.
Et acordions : « Cecy diray,
2 5o6o Et par ccste voie je iray,
Et vous, par ceste voye irez.
Ainsiques a moy paix arez.
Quant arons mené grant hutin,
Arbitres prendrons en la fin ;
23of>5 Siques je ne seray pecherres,
Ne trouve ne seray tricherres. (//> c)
Par arbitres acorderons ;
Los des parties si arons. »
Qui me donnoit, c’estoit mon maistre;
23070 De par tout faisoie argent naistre.
Ceulx qui ne paioient forment
Perdoient leur cause souvent,
Mais de ce riens ne m’en chaloit:
Autant ung aultre me valoit,
25073 Pour ung perdu deux recouvré.
Ainsi ay je toudis usé :
Faisoie le phisicïen
Et alleguoie Galien,
Et si monstroie oeuvre ancienne
a5o8o Et de Rasis et d’Avicenne,
Par Constantin, par Tholomé
(Pluseurs fois les av or nommé),
Par Senecque, par Alixandre,
Et a tous les faisoie entendre
2 5o83 Qu’cstoic drois phisicïens
Et maistre des praticiens.
Bien disoic: « Junez, junez,
Et de la purée prenez,
Et vous gardés de boire vin. »
2 5opo Puis je faisoie le devin,
Et avec le phisicïen
Faisoie l’astronomïen.
Je nommoie signes et poins
Et des constellacions les poins,
25095 Les planettes et les figures.
Celles sont moles, celles sont dures;
Tel planette va en croissant,
Et telle va en descroissant.
Jupiter est planette lie,
a5 100 Et Hercules est courouchie,
La Lune, Mercure, Venus.
Ainsi m’ensuis aval venus.
Par ung qui est par moy savés (if) d)
.Xmi. en ay a mort menez;
25io5 Et qui bien y esplucqueroit,
Assez de telz, on trouveroit
Qui ont bien maniéré et loquence
Et scevent avoir contenance,
Et de latin deux motz partir:
25i 10 Telz gens poeuent houche vestir.
Comptoy d’herbes et carrateres
Les mouvemens et les esperes,
Comment les planettes gouvernent,
Comment les poins, les signes servent
25 1 1 5 Et si comment chascune estoille
A son gouvernement et voille,
Et comment trestoute Nature
Est gouvernée par droiture,
Selon le cours des influences
25 120 Dont on pocult véoir demonstrances.
Et si comment toute rien qu’on voit
A dessus lui qui le pourvoit.
Qui ce sçara bien faire entendre,
Lechappeau de bonnetpoeut prendre.
*5 125 Mais telz me venoient quérir
Que je les faisoie morir.
Pluseurs fois telz cris y avoit,
Nul conforter ne s’i sçavoit.
Mais le prestre et ly espichier,
25i3o Faiseur de noez et le merchier
Qui ces riches pailles vendoient,
Sur tous aultres me honnoroient,
Tesmongnoient en audience
Que sçavoie toute science,
25 1 33 Et que s’aucun vouloit garir.
25o55 cncores — 23of>8 Ainsi los des p. arons — 23077 Je f. — 23079 si manque — 25087 Bien leur
— 25 1 1 3 si manque.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
QUATRIÈME BRANCHE
^9
Que il m'alast bien tost quérir.
Des cris, des brais faisoie festes,
Ne m'en challoil ne que de bestes;
Oncquez ne vis riens profliter,
25 140 Faire joye ne deliter {20 a)
Que monlt malade je ne fusse
Et que au lit je n'en geüssc.
N'oncques n'a monstier ny eglise
Je noVs messe ne service.
2 5 1 4? Ne ne fus pour grâce quérir
Ou pour nouvelles encquerir,
Dont je pcüsse faire guerre,
Ou aucun grant prollït acquerre.
Faulx semblant av toudis eü
•
25 1 5o Et traVson toudis sceü ;
En compagnie ne venisse,
Que ne le lobesse ou traVssc ;
Ne . ne porroye relachier
De tous bons morceaulx deffïcr.
2 5 1 5 5 Pour ung morceau entrelardé,
Cent fois juresse le Corps Dé.
Et toudis av meü contens
*
Entre mes voisins et parens.
A trestous encans aprenoie
25 160 Les plus faulx jeux que je pooie,
A jeu de dés a mesconter,
A putes nouvelles porter,
Dormir de jour, aller de nuit,
De la taverne le déduit,
25t65 De ces bons morceaulx ensaicr
Et acroire sans riens paier,
Et a leurs parens desrober,
. Et toutes povres gens lober.
Avecques ce, fus courretier,
25170 Affin que s’aucun cust mestier
Et que il vaulsist emprunter,
Que il le me venist compter.
De l'un et de l'autre prenoie,
Et quant je assez prins avoie,
25 1 j3 T restout estoit adez joue
Et a ses paticiers porté ;
Et cil cui la debte on devoir, (20 b)
Envis mais denier en avoit;
Mais je les faisoie entrebatrc
25 180 Et de grans collées débattre,
Et les faisoie plaidoier,
Et au debteur trestout nÿer.
Desdont devins je bordeliers;
Et je passe oultre, et fus houlliers,
2?i85 Et usurier et terminerres,
Et avecques ce toudis lcrrcs;
Fit fu advocat en cour lave.
Je chante, je pleure, j'abbaye,
Je ris, j’organise, je tanse ;
2 5 1 qo De toutes malvaistiés m'apense
Comment porroie dechevoir
Et de tout le meilleur avoir.
Je fay le clerc, j'allegue loix.
Et si ne sçav qui vaille ung poix ;
2 3 1 9S Et j'alegue Code et Digeste,
Et si ne sçav ne q'une beste :
J'alegue la Divinité,
Et si nccongnois vérité:
J’alegue Bible et Salomon,
23200 J'alegue Aristote et Platon,
Théologie et giometrie,
Qui est une belle maistrie;
Je me merle de retoricque,
Je m’entremetz d'arismeticquc ;
252o3 J’alegue logicque et grammaire ;
Je voeul trestout dire et tout faire:
•
Par magicquc et par Balenus
Mc suis je toudis maintenus;
Avecques ce je sçay praticquc,
2 5210 Qui bien conforte la magicque.
Tous les ars ne vallcnt denier,
Se praticquenc va premier.
Premier doit elle bien baler,
Car c'est qui tous les fait aller; (20 c)
2 52 1 5 Tous clochent, se ne les soustient;
Chascun des sept ars a lui tient.
Trestous les sept ars periroient,
S'avecques praticquc n'avoient.
C’est celle qui honneur leur porte,
25220 Et qui le proffit leur aporte.
Je ay plus gasté de querelles.
Qui estoient bonnes et belles,
Qu'il n'ot de muys d'eaue ou Déluge,
Et tout mettoye surle juge
25225 Qui faussement l'avoit donnée
Et par deniers monlt grant bourséc;
Et le courouchié en faisoie,
Car plus d'acointes en avoie.
Disoient que grant diligence
i323o Estoit en moy et grant science.
Que volez vous que je vous die ?
Oncques en trestoutc ma vie
Fors que malvaistic ne pensay.
Pour ceste cause tant en sçay.
25235 — Monlt meschant es, se ne t'avises.
23 1 5 1 Ja en — 23179 je manque — 25184 Et manque — 23189 je chante — 23195 Et manque — 25201
géométrie — 25233 On lit en rubrique : L Hermite.
\
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
A r nuMimui > »r»r\â TMTO
3o
RENARÎ LE CONTREFAIT
Aulx paroles que cy m'a mises,
En ton fait ne voy point de bien.
Dy aprez, advise toy bien;
De tes griefs maulx suis esbahis.
25240 — Certes, sire, encor je vous dis (20 d)
Que lonc temps a, bien le sachiez,
Qu’adez ay esté entechiez
D'un soûlas qui est grant dollours.
Toudis ay aymé par amours
25245 Une femme entre les pluseurs,
Dont j’ay souffert maintes dolleurz.
Tant Pamoye, sans ja celler,
Que tout quancquez pooie oster,
Happer, mesconter ou tollir,
2525o Lui donnoye sans retenir.
Une seulle en ay consieuye,
Qui tout a eu en sa baillie.
Pour ce vous en voeul je prier
Que vous m’en voeulliez conseilliez
2 5255 Tant suis lié de celle femme,
Je n’y voy honneur ne diffame
Et dessevrer je ne m’en puis.
Beau perc, ainsi decheü suis.
Bien ay mesticr que Dieu m’amant!
25260 Pour ce conseil vous en demand.
— Ainsi, m’aïst saint Julien !
Tu es lyé de mal Jyen,
De pieur lien que ne fu
Saint Pierre, quant en prison fu,
25205 Combien que ilz fussent de fer;
Tu es en trop plus mal infer.
En pieur lien ne poeulx pas estre,
Ne il n’est nul si sage maistre,
Se de tel loyen estloyé,
25270 Qu’il ne soit trestout desvoyé.
Ledimence on prie au monstier
Pour marchans, pour gens de mesticr,
Que Dieu leur doint grâce et amour,
Qu'ilz puissent faire bon labour,
25275 Tel marchandise et tel gaignage,
Qu’en Paradis aient hostage ;
On prie pour les mehaigniés (21 a)
Par qui le pain n’est point gaigniez,
Pour ceulx qui sont en prison mis
26280 Et qui en chartre sont malmis,
Pour payens et pour renoyés
Et pour toutes gens forvoyés,
Que Dieu leur doint s’amour tenir
Et a la vraie foy venir,
25285 Et les mette en bonne santé,
Et qu'ilz facent sa volenté;
Pour tous ceulz qui goûte ne voient
En quelconcquez lieu que ilz soient:
Pour tous ceulx ne doit on prier,
2 5 2 * jO Combien qu’en ayent bon mestier,
Envers yceulx, par Nostre Dame,
Qui sont lVez es las de femme,
Ou pour ces ors empoitrachiés
Qui ont ces ors chemins trachiés
26295 Et chascun jour les vont trachant,
Si comme je et aultre cent
Qu’en foie amour sont encharné.
Mal furent onequez de char né !
— Amis, or mécomptes le voir
253oo De celle qui tant fait doloir,
Et me comptes l estât d’icelle,
S’elleest vielle, jone ou ancelle.
— Sire, le voir vous en diron.
Cincquante ans a ou environ
253o5 Celle a qui trestout mon coeur tant.
— Or vault >>, dist il, « pis que devant.
Myeulx te vaulsist les membresperdre
Que toy a telle femme aerdre,
Ou fruit ne poeut estre trouvé,
253 10 Ne biens ne soûlas esprouvé
Et tout au contraire Nature,
Dont preudoms naturel n'a cure
De l’amour qui doleura nom,
Ou il n’a s'amertume non. (2/ b)
253 1 5 C’est une amour mal eüreuse,
Ung peu plaisant et doloureusc,
Amour orde et abhominable,
A malvaise fin delitable;
C'est une amour desordonnée
253io Qui ne doit point estre nommée ;
Amour de vices attraians
Qui est au deable desplaisans.
Combien que en ce point les tiengne,
Vcoir n’esgarder ne les daigne;
25325 Amour, ou est toute laidenr,
Amour régnant sans nul honneur,
Amour plaine de fol volloir,
Amour qui fait en fin dolloir,
Amour qui fait tout maulx sentir,
2533o Amour qui vient a repentir,
Amour qui fait fol acuser,
Amour qui fait a despiser,
Amour plaine de deablerie,
Amour plaine de desverie,
25335 Amour qu’est a Dieu desplaisant.
25245 les manque — 2525o Tout lui — 25263 11c manque — 25271 On prie le dim. — 253o5 qui
tout — 2532 1 vices et — 25334 de manque .
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
QUATRIÈME BRANCHE
Amour qui a l'ame est nuisant,
Amour qui tault trestoute grâce,
Amour qui Dieu dehors lui cha ce,
Amour hideuse et diffamée,
•25340 Amour de male renommée,
Amour, qui bien l’aperchevroit,
Paour et hide il en aroit,
Amour qui est d’Anemy plaine
Corn orde, sale, vile et vaine,
2 5345 Amour, qui bien le congnistroit.
Toute vieulté y trouveroit;
Qui bien y pense et met sa cure
C’est la purgacion d’ordure,
Car de vielle amer et chierir,
2533oNc poeulx pieur chemin quérir.
Combien que tu ne le vois mie (2/ c)
Et que tu l’appelles amye,
N’est t’amye certainement,
Ains est ton propre dampncment ;
25355 Car elle t’apport par flaterie
Perte de corps, d’ame et de vie,
Et tu cruelment te déchois
Quant tu point vielle putain crois.
Ne vois comme elle est tresalée,
253üo La viellequi sent la fumce?
Quel soûlas as en lui taster?
Quel coeur te tient de lui amer?
S’aucunes choses y trouvasses,
D’aucun remede t’achevaches.
23365 Nulle cause a amer n’y as
Et pour ce en dis : « Fias ! Jias. »
Et telz ors soûlas trespassés,
A quel fin te seront tauxés?
Or tepreng garde a celle amie
23370 Dont es entré en tel folie!
Le plus beau te semble le vis,
Et par raison c’est le plus vilz,
Se bien y penses et cler vois.
Mais je m’en tais a ceste fois,
23375 C’est la roix de toute diffame
Que le visage de la femme.
Celle vile beaulté amée,
Trop as pourveue et esgardée.
Tu dois monlt bien amer Nature,
2338o Mais jusquez la n’en aiez cure.
Aymé Nature deuement
Et ja non mie indeuement.
Indeuement, c'est vielle amée,
Puis que n’est ta femme espouséc,
25385 Car le indeuement pourrist
3i
Et le deuement bien nourrist;
Garde nul trop n’aberge en toy.
Salomon dist a tous : « Recroy (2 / d )
De regarder la folle femme;
253yo Tost y pert on et corpz et ame :
Bon fait demener bonne vye. »
Je truis escript en Isaÿe,
Qui de Dieu dit mainte merveille :
« Qui oeul clôt, sa bouce et s’oreille
233y5 Contre folie et vanité
De Paradis fait son hosté. »
Comment y cuides tu venir,
Qui luxure voeulx maintenir?
Luxure vient de males meurs.
23400 Salustes dist, qui fu docteurs,
Qui en bien dire mist sa cure :
« Se la volonté de luxure
Voeult le corage seignourir,
En adventure est de périr
25405 Cellui qui son voloir voeult faire;
Envis poeult a bonne fin traire. »
Et encor truis ailleurs ung dit,
Si corn Scnecque le me dit,
Que ce délit dont j’ay compté
23410 A grant frailaisse et briseté.
Et quant plus est fait par désir,
De tant plus chiet en desplaisir.
Encorcs nous raconte Thules
Que cil est monlt fol et entules
25415 Qui décliné et qui met en femme
La belle franchise de l’ame
En servage du délit faire,
En travail et pouraultrui plaire;
Et est escript, ce n’est pas fable,
23420 Que chose n’est monlt delitable
Se elle trop souvent advient,
Si com Senecque le mainiient;
Et le truis selon droit escript,
Si com le poète descript,
23425 Et certainement je le vov, (22 a)
Que vertu est de soufrir soy
De délit prendre tost et tart,
Qui poeult tourner a male part.
Doncquez est ce tresgrant folie
2 1430 Quant a escient maintiengs vye
Dont tu scez bien en vérité
Que tu sceraz en mal costé ;
Ne croy la langue qui déchoit
Ainçois le fuy ou qu’elle soit.
25q35 Salomon raconte sansdoubtes :
a3338 Le mot crois est indiqué dans le texte par le signe 7 — 23382 ja manque — 23388 Prov. vi, 24
— 25392 Isai. xxxm, i5 — 25415 et met — 25417 Lt seru. — 22431 en manque.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
RK N A RT LU CONTREFAIT
« Clos tes oreilles, et n'cscoutcs
La langue malvaise de rien, v
Senecque, qui tant sceut de bien.
Qui en Dieu mist toute sa cure :
25440 « Pour les desiriers de Nature
Perist et pert, n’en doubtez mie.
Du corpz la plus grande partie. »
Pour ce te lo d’iceulx garder.
Mal fait itclz delitz trouver,
254*5 Ne t’y voeulles plus déliter.
Dy après, Dieu te voeullc aidier,
Combien que t’ayes monlt mesprins,
De quelz gens as tu le plus prins?
De telz gens prins avoir porroies,
2545o Que plus gricfment tu pecheroies
L’ung que de l’autre vraiement.
Or le me dis certainement,
Quelles gens tu as plus sicuis,
Et de quelz gens tu as plus pris, u
25455 Et lors se print Regnart a rire :
a Sire, et le me convient il dire?
— OVl, Regnart, bien le sachiez,
Car ce est trop plus grant péchiez
De prendre a le fois en ung lieu
25460 Que en ung aultre, selon Dieu.
Des deux l’un poeut estre moins pire.
Mais riens n’y a bon, a voir dire. (22 b)
— Et je vous dirav sans mentir
Sur qui j'ay prins sans repentir,
25q65 Ne ja ne m'en repentiray.
Toudis y ay prins et prendray,
Et si croy faire charité,
Je le vous dy en vérité,
Sans point rccompensacion,
25470 Et au prendre ay devocion,
Ne nul remors si ne m’en vient.
Sur tout cil qui gentieulx se tient
Ay prins, et prens, et prenderay;
D’iceulx retiens, tiengz et tenray.
23475 Cause y a et bonne raison, '
Ne point n’y a de mesproison.
— Or le dy, je le voeul sçavoir.
— Donc vecv la cause et le voir :
#
Hz ostent sans recompenser
•23480 Quancques bons poeuent amasser;
Tailles, corvées, formariages,
Mainsmortes, dismes et usages ;
Ce que Dieu onequez n’ordonna,
No establi ne commanda,
25q85 Sans cause l’ont, bien le sçavons.
25436*25437 Eccli. xxvm, 28 — 25473 prendray
labcr — 2 5 5 1 2 moins — 255 1 3 ncsioiont.
Se d'eulx aucune chose avons,
Conscience n’en faisons point.
Car nous sçavons de point en point
Qu’ilz les lievent sans conscience
25490 Combien que soit d’acoustumancc .
Avecques ce, c’est chose voire,
Je prens volentiers d’un prevoire,
Car ilz le gaignent en chantant;
Nous le despendons en riant.
25495 Me lairoie noyer en Loire
Pour bien desrober ung prevoire,
Car ilz le gaignent en chantant;
Et aussi font ces Mendiant
Et trestous ces Religieux (22 c)
255oo Qui de Dieu se dient curieux.
Aultres gens ne voeulx desrober,
Fors ces deux en tous tempz lober,
Les gentilz gens et gens d’Eglise;
La est toute m’ententc mise.
z55o5 Trestous estrangler les volroie,
J a conscience n’en feroie,
Et pour ce especialment
Que nous sçavons certainement
Qu’ilz haient trestous laboureurs
255 10 Et bons preudommes et gaigneurz,
Et les apellent leurs vilains,
Dont Raison les en prise mains:
Car se les carniers ne estoient,
A vivre n’a vestir n’aroient;
235 1 5 Et si sont toudis d’eulx laidis.
Les bons guaigneurz sont les brebis
Qui se devestent sans mentir
Pour tous leurs maistres revestir;
Les bons gaigneurz font les froumens,
25520 Mais ja n’en mâcheront des dens;
Ilz n’en ont que les escoussures,
Et des bons vins les aigoutures.
Des bonnes laines les tissus,
Toute le goûte et tout le miex
255*25 Ont les gentilz et le clergié,
Dont je me tiens mal apaié.
Quant tous coulx qui bien vont cocullant,
Ilz n’en ont que le remanant.
Pour ce amer je ne les puis:
•a553oNon font ilz moy, certain en suis.
Tous cxillier je lez voulroie,
J a conscience n’en feroie.
Et pluscurs fois je me mehaigne,
Quant j'ay fait une telle gaigne;
25535 Lycz et joyeulx je m'en déporte,
— 25478 Donc manque — 25495 Je me — 255o2
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
QUATRIEME BRANCHE
Ht aulx bons compagnons l’aporte (m22d)
Qui ne sccvent de jour aller
Fors que de nuit pour desrober.
De jour dorment, de nuit labeurent.
2 3340 Ht par ces abbayes coeurent,
Par tavernes, par ces celliers,
Par ccs chanbres, par ces greniers.
S'ilz avoient d’or plain grenier,
L endemain n’en scevent denier;
aSJqS Plus tost sont chault, plus tost sont Croit;
Or sont larges, orsont estroit;
Or ont vestu la robe grise,
Et Lendemain sont en chemise:
Plus tost ont sus ung toit monté,
2555oOu par dessus ung soeul boute
Que n’ariez dit: « Dieu y ait part! 0
Oncquez licorne ne lupart
Ne pot tant que les pot sieuir,
Ne rataindre ne consieuir;
25555 Et quant ce vient aulx coupz donner,
Vous orriez bien ces poingz sonner
Corn fcvre qui sur roc fiert.
La gaigne a telle gent affiert,
Non mvc a nobles n’a lettrez
255ôo Qu’orez fussent ilz tous atrctz,
Car vin ne buvons qu’a chopines,
Et icilz les boivent a tincs;
Autant comme ung tonncl engoulle
Chascun en sa gorge en engoulle.
255G5 Tclz compagnons doit on amer ;
Mais on doit clerc jetter en mer.
Et si suis de tel parenté
Qui oncquez n’ama loiaulté.
T ant ay de mes apartenans
25570 Que ung chascun est mes tenans.
Chascun me sieut et tost et tart ;
Chascun voeult jouer de mon art:
Chascun en oeuvre a son pooir, [23 J)
Et le moisne gris et le noir,
255y5 Le curé et le chapelain
Sont tous confitz en mon pelain,
Et tout prélat et tout sieuant ;
Je n’en vov nesun deffuiant.
m
Tous Jacopin, tout Cordelier
2558o Trayent trestous a mon colier,
Et tous vilains, et tous gentilz
Sont tous a mon art ententifs;
Meismes les enfans de sept ans
N’y cuident ja venir a temps.
25585 Tous lignages vont défaillant,
Mais le mien va toudis saillant.
33
S’il en moeurt ung, il en vient deus ;
Je n’ay mais garde d’estre seulx.
Regnart suis, et toudis seray,
25590 Ne jamais aultre non n’aray.
Mes parens sont de tel ordon,
Nul ne porroit amer cordon,
Car ja pour gibet que ilz voyent,
Point de mon art ne se desvoient.
25595 Pensez vous pour ce s’on en pent
Qu’il y ait nul qui s’en repent ?
Ne sont fors mes parens chétifs
Qui envers moy viennent fuitifs
Que ung petit de mon art tiennent
2 5000 Et a garant a moy en viennent,
Quant ilz ont le leur despendu.
Lors ne m’en chault, s’ilz sont pendu,
Car qui tout droit mon art tendra
Vilment le sien ne despendra,
256o5 Ains s’en dessesira envis,
Si comme a fait Pierre Remis,
Qui n’a pas le sien despendu,
Combien qu’il ait esté pendu.
Maint perdent le leur par trois cas,
2 56 i o Dont pu is se clay ment chétifs las : ( 2 3 b)
Les ungs par trop femmes amer,
Qui ne désirent que donner ;
Et les aultres par gloutonnic,
Dont maint en ont perdu la vie;
*i5ôi5 Et le ticrch est par jeu de dez;
C’est des trois le plus grant vicultez.
Bien doit au coeur mcschief avoir
Qui aulx dez pert tout son avoir;
Nulz homs n’en doit avoir pitié,
2 5t‘»2o Ne faire a lui nulle amistié,
Car il est lerrcs tout appert
Et cil qui gaigne, et cil qui pert :
S’il pert, lerrcs est il, pour voir,
Qui desiroit l’autrui avoir;
256a5 Cellui qui gaigne s’en déporte.
Mais tout malvaisement l’emporte :
Ja bon prestre ne l’absouldra
Tant que cellui argent tendra.
Certes cil reva monlt vilment
25ü3oQui le pert gloutonneusement,
C’est ung pcchié néant pitoiable
Qui est a Dieu monlt despitable.
Adont quant n’ont mais que despendre,
Lors quierent de mon artaprendre;
25635 A tart se mettent au collier,
N’en poeuent estre bon escolier.
Tous ceulx hez qui perdent le leur,
2 5588 gens — îSGaa Et manque.
Tome II.
-1
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
34
RENART LE CONTREFAIT
Leur sens, leur los et leur honneur,
Par telle malheur en sa vie,
25640 Luxure, dez et gloutonnie.
Quant ilz sont tous desconfortés.
Lors sont de mon art ennortés,
Mais a tart y viennent trop tart.
Atant aprendent de Regnart
25643 Mon art n’est point pour povre gent.
Leur estât n’est ne bel ne gent;
Ne ilz ne s’ont de quoy couvrir, (2 3 c)
Si tost qu’ilz le voeullent ouvrir ;
Car il ne sera ja creüs,
2563o Si tost qu’il est povre sceüs.
Se j'estoye juges eslis,
Pour ungqu’on pent, j’en pendroie dis,
Telz vermine, telz mescheant,
Qui sont tous folz et malséant.
23655 Foy que doy l’ame de mon pcre,
Honte me font et vitupéré,
Car quant sur ces charrettes sont,
Les parolles tantost courront :
« On pent par le col les meschans,
2 5 660 Mais ceulx qui les trésors bien grans
Emblent pour vray, pendus ne sont.»»
On dit voir, mais compte n’en font
Ces evesques, ces cardinaulx
Et ces tresgrans officïaulx
25665 Qui la scevent estudïer.
De ceulx voit on trop peu iVer:
Oncquez n’en vis aulx fourches mis,
Que ung qui est de mes amis,
Par Cucalon est entendu,
23670 Qui aulx fourches fust estendu.
Encores se orgoeul n’eüst,
Ja par mon art pendu ne feust.
Qui tresbien mon art entendra,
Ja a grant orgoeul ne tendra ;
25675 C’est ce qui dechëoir me fait.
Oncquez n’amay lui ne son fait.
Vëez vous ces tours, ces chateaulx,
Ces trenchiez et ces crestiaulx ?
Iceulx cy, bien dire vous voeul,
2568o Fondés sont de moy et d’Orgoeul.
Se Raison fust a trestous lez,
Oncques chateau ne fust fondez.
Mais yceulx larroncheaulx chétifs
On pent pour cincq solz ou pour dix, [23 d)
25685 Pour vingt solz, pour une coroye.
Jamais amer ne les porroyc,
Car ilz gastent, au dire voir,
Ce que les bons deussent avoir;
Car combien que ma vie tiennent,
25690 Tous povres et chétifs deviennent.
Or y a aultres larroncheaulx
Qui mengent de pires morceaulx,
Qui ont paour que celle corde
Par my le col si ne les morde.
25695 De ceulx ne doit nul avoir cure,
Car Dieu guerrient et Nature,
Et quierent ungs divers sentiers
Que on appelle estre usuriers,
Prestans sur gaiges, sur unzaines,
25700 Termineur de blez et d'avaines.
Et plus que ce ne vault le vendent,
Et sur les biens de Dieu emprendent.
Cilz monlt plus volentiers emblaissent,
Se a pendre ne se lyassent.
23703 Icilz sont trestous les greigneurs
De tous larrons et les pieurs;
Traïttres sont a enseïent,
Et mordent la gent en riant;
Tous les plument, mengent, escorchent,
25710 De leurs plumes leurs bouches torchent ;
Cilz sont les anglez devourables
Et les Anemis amiables ;
Ce sont les bouchiers blandisseurs,
De toute santé espincheurs ;
25715 Ce sont tolleurs de toute grâce
Et empescheurs de toute trace,
Tourblcurs de bonne conscience,
Qui font faillir belle jouvence,
Cilz qui acourchissent les jours,
23720 Gens qui amenassent honnours,
Qui font de clarté obscurté (24*)
Et de richesse povreté,
Et si refont de plenté nient.
Icilz guerrient a enseïent
25723 Naturelle complecion
Et toute bonne intencion ;
Ilz guerroient Dieu proprement,
Aulx bons ostent amendement;
Hz font des preudhomes garchons,
25730 Les garchons montent es archons.
Cilz sont contraire a trestout bien
Et n’ont de pitié ne que chien,
Serpens poignans, loupz devourablez,
Plains de faulx samblant,peu pitablez;
25735 Larrons qui les larrons desrobent
Et qui des preudhomes se lobent!
Contre moy vont, contre mon art;
— 23714 espuicheurs — 25723
2563 1 jestoy juge — 25669 On lit dans A cucullum — 23698 Quon
néant — 25724 ensciant.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
QUATRIÈME BRANCHE
Ce sont ceulx ou le diable a part.
Je les laiz, atant m'en tairay.
25740 A ceulx de mon mestier venray,
Qui, combien que mon art ilz tiennent,
Chaitifz et povres en deviennent.
Trop est cilz sages pourveüx
Qui de ma gent n'est decheüx,
25745 Combien que ait leu Ewangillez,
. S'il se scet garder de mes guillez
Et de mes fais et de mes dis.
Car je suis dessoubz tous habiz,
Et qui par mon art est monté
25750 Envis poeut estre en sceureté.
Je meïsmes qui des grans suis,
En ung estât durer ne puis
Que mes compagnons ne m’en ostent
Qui par mon art lés mov s'acostent.
25755 Et tant conseillent l’un a l’autre
Que du lit me mettent au pautre,
Et qu’ilz me font de mon droit tort,
Et souvent me jugent a mort. (24 b ;
Et se je puis ja revenir,
25760 Je mets paine aeulx deffenir.
Ainsi régnons et régnerons;
Jamais aultre propos n’arons,
Repos n’est en nous nulle fois,
Non mie charité, ne fois.
25765 — Regnart,tu me poeulx trop conter :
Je ne te puis plus escoutcr;
De tes pechiez ce est la somme.
Il te convient aller a Romme;
A l’Apostole parleras,
25770 Et conseil lui demanderas. »
Quant Regnart voit faire l'estoeut,
Escherpe et bourdon prent, si moeut,
Et si s’en entre en son chemin.
Bien resamble bonpelerin;
25775 Son Psaultier a dire commence
Com homs de bonne conscience,
De devocion et de sen,
Et usque in senectutem ,
Et semini aprez nommé,
25780 Deus ne derelinquas me ,
Generacioni omni ,
Que ventura est , puis fini,
Longuement ala psalmiant
Et Dieu de ses pechiez priant.
25785 Lors choisit Bernard l’Archeprestre
35
En ung fossé les chardons paistre;
Avecquez Thimer et Fromont
Le pere et les deux filz sont.
Fromont qui en hault setenoit
25790 A choisi Regnart qui venoit,
Escharpe au col, bourdon de fust,
Faisant semblant que preudoms fust ;
La teste lieve et requenna.
Bernard et Thimer se seigna, [24 c )
25795 Et dit : « Foy que je doy m'oreille.
Tu poeulx cy véoir grant merveille,
Le plus grant que onequez fu ditte,
Quant je voy cy Regnart hermite.
— Foy que je doy moy, » dit Fromont,
25Soo « Je n’en creray homme du mont :
Le corpz poeult bien habit porter,
Et sa malvaistié demourer.
Aucune chose nous dira,
Et si sçarons ou il ira. »
258o5 Regnart qui sanbloit bien preudom,
Ot une escharpe et ung bourdon;
Bien a en lui advisement
Qu'ilz tiennent de lui parlement.
Dont s’approchent son chapeau trait ;
258ioTout coiement dit et atrait :
« Dieu gart, » dist il, « tous mes seigneurz
Et devant tous mes bienfaitteurs!
En bien tiengne tous mes amisl
Vers moy amende mes anemisî
-2 5 8 1 5 Tous ceulx garde de mescheance
Qui en Dieu ont leur esperance
Et dessus tous prestre Fromont,
Qui scet bien le val et le mont,
Qui bien scet porter le buillon
25820 Et bien scet que est aguillon!
Myeulx scet a charue tirer (24 d)
Que belles dames remirer
Et mieulx ayme avaine a mengier
Que il ne fait florins changier;
258z5 Et l’Archevesque dampt Thimer,
Qui scet si bien des dens limer,
Quant on lui charge bien le dos
Et d’un baston il a deux cops,
Lors scet myeulx du molin la voye
2?83o Qu’il ne scet faire las de soye.
Et dampt Bernard ne hay je mie,
Foy que je doy Hersent, m'amie,
Qui mieulx scet les chardons mengier
Que les espreviers affaitier,
25748 amis ~ corrigé d'après A — 25765 On lit en rubrique : L’Ermite — 25778 sencctem; Eccli.
xlvi, 11 — 25779 Esal. xvn, 5i — 25780 Psal. xxxvu, 22 — 25781-25782 Psal. lxx, 18— 25787
et partout dans la suite chiiner — 25826 les dens corrigé d'après A.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
RENART LE CONTREFAIT
36
2 3835 Et qui miculx scet fraser avoine
Qu'il ne scet faire frocq a moisne.
— Et Dieu gard Regnart le Goupy,
Qui semble qu'ait son art guerpy,
Et plus scet de praticien
25840 Qu'il ne fait de logicien.
Qui myeulx es gardins scet muchicr
Que Ewangilles prononchier! »
Se lui a respondu Bernards :
« Dont venez vous, sire Regnars?
aSSqS Ferez vous vendue ne don
De l'escherpe ne du bourdon?
Je croy que pelerin soyez,
Mais se vendre vous le volyez
A Constan des Nocs,mon maistre, (25 a)
23S5oQui mieulx scet mener brebis paistrc
Qu'il ne scet tenir jugemens,
Ne cuidiez pas que je vous mens :
Quant tout sera payé qu'on doit.
Sur moy a Saint Jacque aler doit
25855 N’est pas au tempz qui renouvelle.
Mais ne poeult trouver une selle,
Car tant est vieulx, dolens et molz
Qu’il ne poeult chevauchier a dos.
Une cscherpe a fait a son coste ;
25800 Se lui voilez prester le vostre,
Pour ce que me semble plus belle,
Et lui querissiez une selle,
La plume d'un chapon ariez :
Avec ce, son amy seriez.
25865 Part arez au pèlerinage.
Or m'en respondez comme sage,
Qu'il me semble qu'il ne vous griefve.
Or m'en dites parole briefve. »
Après, Fromont dist a Regnart :
23870 « Si m'aVst Dieu et saint Lienart,
Prestre Bernard honneur vous quiert
De chose qui ne vous afliert
Et que honte au porter avez!
Ne point porter ne le devez,
*258/3 Chose qui vous est deshonneste.
Ne faites point du porter feste;
Et vous en délivrez briefment,
Car vous sçavez certainement
Que tel habit ne vous sciet mie
*i388o Selon vo nom et vostre vie.
Qui ung manteau m'afuleroit,
Ja honneur il ne me feroit,
Mais toute honte j'y aroie.
Mais se ung grant collier avoye
25885 Et selle qui dcspechié fust
Soubz une charctte de fust, (2 5 b\
Qu'est chose qui a moyduiroit?
Jamais nulz homs mal n'en diroit.
Pour ce que ce est mon ordon.
25890 Tout ainsi escherpe et bourdon,
Sire Regnart, ne vous affiert.
Siques, se Bernard le requiert.
Il vous requiert vo grant honneur
Qu’au porter avez deshonneur. «
23895 Adonc se trait Regnart vers lui ;
Sagement et brief respondy :
« Fromont, or ne te doit desplaire.
Cil doit trcsbien sa langue taire
D’aultrui gaber qui est gabés.
25900 Comment il en est, bien le scez. »
Ce dit Fromont : « Ne vous desplaize,
Sy n'ave je jamais jour d'aise
De mengier avaine a foison.
Ne le dis pas pour mcsproison :
25905 Et se vous en estes courchiez
Et amende vous en vouliez,
Nous sommes prestz de l’amender.
Mais nous vous volons demander
En quel part aler vous devez,
23910 Ne quel chemin emprins avez;
Car nous vèons bien, pour néant
N'avez pas prins tel vestement;
Car quancqucz ung sage homme fait
On le doit tenir pour bien fait.
23915 Ung sage homme sans cause n'oeuvre,
Combien qu'aux gens ne le descoeuvre;
Mais chascun tost n'apperchoit mie
Ses oeuvres, la cause et la vie. »
Lors dist Regnart : « Vous estes troy
2 3p2o Et, selon l'estât que je vov,
Vous devez bien estre asseür
Qu'ancien estes et meür,
Ne délits ne fragilité (25 c)
Ou se sont pluscurs délité
25925 Ne vous tenront mais, par Raison,
Le temps y est et la saison ;
Doresavant devez veïr,
Et y devés prendre plaisir,
Comment venistes et pour quov,
23q3o Qui vous fist, qu'estes et de quoy,
La ou irez quant mort serez,
Quel guercdon de vivre arez.
25835 auaine — 25849 constan de face corrigé d'après A , ou sc lit le nom d'un personnage d'ailleurs
connu du Roman de Rcnart (IF, 3o, 49; IX, 20} — 25883 honte i aroie — 23gu que pour — 25916
quau — 25921 bien suppléé d'après A.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
QUATRIEME BRANCHE
Ne sçav se il vous en souvient,
Mais en tel lieu aler convient
2 3935 Ou ne vivrez naturelment,
Mais tout esperituelment.
Se vostre spéculante
A vescu selon vérité,
Pour vérité vostre esperit
25940 Vivra en joye et en délit.
Mais soit que Raison le tesmongne',
Lors vra bien vostre besongne ;
Le contraire vous mettera
A doeul qui toudis mais durra,
25945 Car se Raison ne vous pourmainc,
Vous n’estes pas issu de paine.
Sçavoir vous devez, se voir compte,
Augustin nous dit et racompte
Que tresmal eüreux sont cilz
23950 Que ce qu’ilz scevent troeuvent vilz
Et toudis quicrent chose neufve;
Pour ce le dy je et reproeuve.
Vous sçavez bien que j’ay dit voir,
Et si querez nouvel sçavoir.
2 5955 Ce que sçavez mettez en oeuvre,
Et ne querez ja meilleur oeuvre.
Je sçav bien que de moy parliez,
Quant sy tous trois tous seulz estiez.
Le docteur qui enparle gent
25960 De la nature de la gent (i»5 d)
Dist que ilz jugent plus sans peur
Des aultrui vices que des leur.
A accord suis que les vous dice :
Vous jugiés moy et mon malice,
23963 Mais vous ne jugiez pas le bien.
Or sçavez vous se je dis bien.
Itel sens est fol et entulles,
Et de ce nous raconte Thulles,
Et dit : « Sens qui est sans justice
25970 Doit mieulx estre appellés malice
Qu’il ne fait science, pour voir.
Se voilez user de sçavoir,
Tenez vous de fol ie dire
Qui vostre sens fait a despire. •»
25975 Ung aultre poestes en dit :
« Sens fault quant mal on parle ou dit. «
Je le dy affin, c’est la somme,
Qu’ilz poeuent estre maint preudomme
Qui mal ont erré et mesprins,
25980 Et puis aprez se sont reprins.
Saint Marcel fu monlt redoubtés
Comme cil qui se fu boutés
37
En toutes dissolucions,
Larccins et ochisions,
23983 Et agaitteur de chemins fu.
Monlt fu redoubté et cremu;
Vers Chatillon fu son repaire.
Maint grant mal y fist et fist faire.
Tant qu’il advint qu’un charetier
23990 Venoit charroiant le sentier
De Chatillon tout contreval
Par dessoubz Pontiere en aval.
Par dessoulz le bois de Pontiere,
Cil charcton acotez yere;
25995 Sa roe estoit entré en terre.
Ne sceut ou conseil aller querre ;
Sa charrette n’en pot mener. [26 à)
Lors print grant doeul a demener,
Pleure et regrette monlt forment.
26000 Tant qu’il estoit en ce tourment,
Si vint Marcel en la vallée
Pour lui aidier a grant alée.
Quant cil vit que ce fu Marcel,
Si recommença doeul nouvel.
26003 Quant Marcel le chareton voit
Qui si tresgrant doleur avoit,
Monlt grant pitié au coeur lui prist,
Et tantost en plourant lui dist :
« Ne vous desconfortez, amis,
26010 Et ne soyez en paour mis,
Car vraiement vous aideray
Et du mal pas vous jetteray.
Et conduiray a sauveté
De bon coeur et en lovaulté,
2601 3 Et y mettray et coeur et corps
Affin que vous soyez tost hors. »
Lors Marcel tost et vistement
Jetta jus tout son vestement;
A la roe se mist au bas.
26020 Le chareton ne le crut pas,
Mais pensa : « Quant t’arra mis hors,
Il t’ostera vie du corps;
Pour ce te prent a toy aidier. »>
Lors voult cil s’espée sacquier;
26025 A Marcel par derrière en vint
Qui de coeur ayeue lui tint
En charité et feaulment,
Et, pour Dieu, monlt piteusement
Tel coup le fery de l’espée
>6o3o Que la teste lui a coppée;
Trestout jus du bus lui dessoeuvre.
Orvëez que c’est de bon oeuvre!
23936 eperituelcmcnt — 23961 quilz — 25994 ahostez corrigé d'apres A — 26011 je vous — 26022
la vie — 26023 ce se.
Digitized by
Original from
UNIVER5ITY OF MICHIGAN
38
RENART LE CONTREFAIT
Dieu qui est vray misericors
Vit bien Marcel qui coeur et corpz [26 b)
26o35 Avoit tourné a cest labour
Par charité et par amour
Et a grant pitié sc fust mis;
Lors a le corpz le sien chief pris,
Et en la montaigne est monté.
26040 Et la est son corps honnouré,
Et la fu faite sa chappelle
Que chascun Saint Marcel apelle.
Pour ce, seigneurs, vous voeul touchier
Que on ne doit nulluy jugier;
26045 Car Dieu, le Pere de pitié,
Fist a Marcel ceste amistié
Qui vault que chascun congneiist
Que en foy mors esté ellst.
C’est grant folie vraiement
26o5o De faire d’aultrui jugement,
N'entremettre ne nous devons
De chose que nous ne sçavons,
N’a nous ne doit apartenir.
Laissons ent a Dieu convenir;
26o55 De ce n’est mie nos offices,
Mais nous est compté pour malices.
Laisons jugier le Jugeour,
Et ayons de nous grant paour,
Car quant chascun bien se verra,
26060 D'aultrui jugier ne lui chaulra,
Car tant ara de lui anuy,
Ne lui souvenra de nulluy.
Ne soit nul jugié pour maniéré,
Pour contenance qu’il acquière :
26065 Maintz sont tenus pour orguilleux
Qui ont les coeurs francs et piteux,
Et telz sont tenus pour pitables
Qui comme loups sont devourables.
Dont il advint, n'a pasgranment,
26070 Se mon auctorité ne ment,
Deux freres en ung lieu estoient (26 c)
Qui parsamblant monlts’entr'amoient.
Ly ung fut chantre d une eglise.
Ou quel Dieu ot tant grâce mise
26075 Que si tresgracïeuscment
Et si mélodieusement
Chantoit et avoit bonne voix
Que tous les jourz et toutefois
Que les gens chanter le sçavoient,
26080 Tel devocion y avoient,
Et si s’i porrent déporter
Com se Dieu les deust emporter,
Par tout venoient les sentiers;
Tout plain en estoit le monstiers.
26083 Et pour ce que si bien chantoit,
Volentiers l’eglise hantoit;
Et quant plus vëoit gens venir,
Mieulx voloit son chant maintenir;
Plus vëoit gens, plus lui plaisoit,
26090 Et toudis plus se deduisoit,
Et monlt chantoit devottement,
Voiant la gent, et humblement.
En feste, en jeu de compagnie
Ne menoit nulle fois sa vie.
26093 Chascun le jugoit pour saint corpz;
De ce croire n’estoit nulz hors.
Tous a lui consseillier aloient
Et tous biens de lui ilz disoient.
L'autre freres telz motz avoit:
26100 Nul par samblant pire n'estoit.
Sa robe il avoit bien taillie,
Coroye de perle esmaillie,
Chausses ouvrées, souliers ouvers
Et manteau royé de travers,
2Ôio5 Estroit cousu, estroittez manchez,
Cote fronchie endroit les hanchez,
Tout fronchie endroit la soulliere,
Or fronchie entour la gorgiere, (26 d)
Grant becq aulx manches et grant corne,
261 io Pour nient feusist une licorne,
Estroit estoit comme ung gallois.
11 ne prisoit honte deux poix.
Chiens et oiseaulx il maintenoit,
Toudis avec lui les menoit,
261 iS Chascun jour quatre fois pigniés,
Espinchié fu et aguinchiés.
S'il y avoit feste ou tournov,
Dansses ou aucun beau desroy,
Partout il les aloit quérir,
26120 Et partoutil s'aloit férir.
A brief, de tous estoit jugiers
Que d’enfer estoit parchonniers;
Disoient amont et aval
Qu'en lui estoient trestout mal.
2612? Lors advint cil chantre morut,
Dont grant renomméecourut.
Ung jour festant fu mis en terre ;
Chascun lui ala honneur faire;
Maintes honneurs illec luy firent
26i3o Et maintz beau service lui dirent.
Et chascun illec souhaidoit
Qu’il fust ou lieu ou il estoit.
260^9 Et manque — 26099 freres suppléé d'après A — 2G10Î taille — 26110 néant.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITYOF MICHIGAN
QUATRIÈME BRANCHE
39
Quant asserisiez furent tuit,
Ung peu aprez vint une nuit
261 35 Que le mort a son frere vint
Et telz parolles lui maintint :
a Frere, ne te fault esmayer,
Com ton frere, te viengz prier
Que nul bien ne faces pour moy,
26140 Car dampné suis, et bien le croy.
Le poeuple te tient pour malvais,
Et Dieu scet bien comment tu fais.
Toudis as la haire vestue
Qui la char te derrompt et tue;
26145 Le sang de ta char fait saillir, (27 a)
Trestous les jours et sans faillir,
Et mets en tes soulliers gravelle
Qui t’angoisse te renouvelle,
Tant que en ist le sang nouveaux.
2Ôi5oTu soeuffres pour Dieu pluseurs maux;
Sur pierre gis toute la nuit :
Illec, pour Dieu, fais ton déduit.
Et chascun distce est cointise
Et grant folie qui t’atise!
261 55 Dieu voit ton fait, ta paine toute.
Pour ce le te dis, or escoute.
Car c’est la cause qui m'amaine :
Pour moy, bien faire n’ayez paine,
Car dampné suis trestout pour vray.
26160 Car quant au siecle je regnay,
Le souverain chantre j’estoye,
Mais a chanter ne me metoye,
Ne pour Dieu loër ne pour angle
Fors seulement que par loenge,
26165 Et pour tirer a moy l’avoir,
Et pour de9 gens le los avoir.
Ou los des gens m’estudioie,
Nule aultre pensée n’avoie;
De Dieu point il ne me chaloit,
26170 Fors que du los qui me menoit.
Or suis de mon servir payés,
Car en enfer suis envoyés.
Se pour moy aucun bien faisoies,
A merveilles me greveroies.
26175 Je m’en vois, ne t’en puis plus dire,
En enfer soufrir mon martire. »>
Fol est qui aultrui jugera,
Car mon coeur ne sçarez vous ja.
Tous sommespecheurs, c’est lasomme;
2G180 Pour ce m’en vois tout droit aRomme.
Et se vous venir y vouliez
Tous trois, que sages vous ferez (275)
26137 ne fault — 26185 dist belin corrigé d'après
— 26211 soies — 26213 poeuent.
Digitized by Google
Car aussi bien enviellirez
Au venir que se demourez. »
26185 Et dist Bernars : « Je n’yray mye.
Tost porroie perdre la vye.
Bien sçay qu'Izengrin le sçaroit
Lequel tantost mengié m’aroit.
J’ameroye myeulx, c’est la somme,
26190 Qu'il n’y eust clerc ne prestreaRomme
Seulement de lieue et demie,
Que ma vie fust acourchie!
— Ne t'esmaye cha, » dit Fromont,
a Car, par trestous les sains qui sont,
26195 Je avecques toy m’en iray,
Et la cause je t’en diray.
J’ay ung vilain loncgs tempz servi
Dont je me suis monlt asservi.
Je ay sa charue menée
26200 Et par montaingne et par vallée.
Or dit que je suis vieulx et lens
Et qu’a moy tenir pert son temps.
Au nouveau temps me doit tuer,
Et ung aultre en doit acheter.
26205 Sa chevance lui ay donnée,
Or mis m’a a la recullée
Pour ce que envieillir me voit ;
Jusqu’à la mort mener me doit.
Tant a qui malvais home sert,
26210 Son temps et son service pert. »>
Dist Regnart : « N’en soie esbahis.
Assez en a en cest pays,
Quant ilz ont trait quancquez ilz poeulent
Des bons, plus dechasser les voeullent,
262 1 5 Quant ilz ont usé leur jouvence
En bien faire et en esperance
Que il leur soit gueredonné,
Et toudis se sont bien pené.
Et le temps qui trestous jours tourne (2 7c)
26220 Et qui nulle fois ne retourne,
Qui, en dormant et en viellant,
Amaine viellesse saillant,
Les a sousprins et mis en garde,
Dont ilz ne se donnoient garde;
26225 Ad ce n’ont pas bien esgardé.
Lors sont cachié et débouté
Sans estre de riens pourveü,
Et cilz sont tresbien decheü.
Mais ceulx qui sont bien aguisés,
26230 Qui de mon art sont advisés,
Ja pour aultrui ne feront trait
Qu’ilz ne pensent a leur atrait.
— 26189 ce est — 26190 Qui ny — 26202 sert
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
1 j-t
• t
\/ Af IHfM lirt #. 11 iinrviCitro
tmvitivtthrt vmrtAtuu
40
RENART LE CONTREFAIT
Toudis pensent : « Cecy faulra;
Ailleurs saillir te conviendra. »
26235 Peu a peu font leur pourveance,
F.t se gardent de dcchevance.
Car qui de loings est pourveüs.
Envis sera ja decheüs.
Mais tu n'as ainsi mie fait:
26240 Or vois tu clerement ton fait,
Quant il n’est pas temps du vëoir,
Qui est passé du pourvëoir.
Or preng tout ce qu*il en poeut csire,
Laisse du tout ce malvais maistre
26245 Qui ne fait mie son devoir
Etespoire d’un aultre avoir.
A ung autel ne poeulx faillir,
Et si porroies mieulx saillir;
Ave espérance seulement,
26220 Dieu pourverra au remanant,
Et certes je t’v aideray
En tous estas ou je seray.
Au moins as tu cest avantage
Que tu es ja de ton fait sage,
26225 Et scez que tu es asservi.
Et que tu as pour nient servi ; (27 d)
Cest point n’est mye trop courtois.
Or t’avise myeulx aultre fois.
Alons nous ent, Dieu y ait part! »
26260 Atant s’achemina Regnart.
Adonc dampt Regnart et Fromont
Le chemin vers Romme s'en vont:
De leurs affaires ont compté.
N’orent mye monlt loingz esté,
26265 Troeuvent Belin qui reposoit.
Tant ot luitié que las estoit;
Mais pour ce son coeur ne mua.
Tost les pèlerins salua,
Et dist : « Ou devez vous aller
26270 Qui si avez fait enmalcr ?
— A Romme, » dist Regnart, «« sachiez.
Pour acquitier de nos pechiez.
Ung bon preudom estre soloyes.
Et se tu venir y voulloves,
26275 Nous demesriemes bonne vyc:
Charité arons sans cnvve. *>
Dit Belin : « Je n’en scav que dire;
J'en ay souvent au coeur grant ire,
Car mon maistre a a ung bouchier
26280 Vendu ma char pour despechier,
Et de ma peau houseaulx fera
Que a Saint Jacques portera.
— Belin, soies a mon accord. (28 a)
En tout tempz, eslonge ta mort ;
26285 Combien qu’il conviengne morir,
TouttefTois le doit on fuvr.
•
Trop tos vendras tu a la mort.
Se cy tu demeures, t’as tort.
Vieng ung aultre maistre servir,
26290 Et je t’aiderav a quérir. »
Tant ont entr’eux deux sermonné
Que ilz en ont Belin mené.
Oncquez ne firent nul arrest
Tant qu’ilz furent en la forest.
26295 Adonc ne sot Belin que faire;
Quant le Loup ot huer et braire :
« Escoute, » dist il, « dampt Fromont ;
Par trestous les sains de cest mond,
J’oy une estanpie en ce bois
263oo De laquelle n’ay poins degois;
De itelle estampie oVr
Je ne m’en puis point esjoyr. »
Lors dist Fromont : « Sire Belin,
Se jamais je boive de vin,
263o5Tel cuide sa vye eslongier,
Qui fait sa mort tost aprochier,
Ne scet ou est qui souef dort.
Tant qu’a mov, je suis a acord
Qu’arriéré m’en voeul retourner.
i63 10 J’aym mieulx ces rocques retourner
Et ma charue conjoVr
Que telles viielles oVr.
Bien vient le mondes a sa fin,
Quant Asne devient pclerin
203 1 5 Et qu’a Regnart tient compagnie.
Oncquez mais nul ne vit tel vie;
Ce doivent bien nouvelles estre. »
Et dist Belin : « Fromont, beau maistre.
Quant oVstes vous lyre l’art
263*20 Que Belin doit sieuir Regnart? [28 b)
Je m’en tiens pour tous escharnis.
Je vouldroye estre a mes brebis
En ma naturel nourechon.
Ne quiers mais lire autre lechon.
26325 Qui ne sicut sa droite nature,
De bonne vie mener n’a cure.
Cilz lit assez bonne lechon
Qui maint avec sa nourechon. »
Dist dampt Fromont : « Je m’y acord. *>
2Ô33o Lors furent trestous deux d’acord.
Adonc Regnart les conforta,
D’aller avant les enorta;
26239 mie ainsi — 26249 Aycs — 26236 nennt — 26279 Car ma tique — 263 1 3 monde.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
j
QUATRIÈME BRANCHE
Mais, pour enorter ne pour dire,
Pour couroux, pour joye, pour rire,
20335 Pour couvenent, ne pour orer
Ne les poeut faire demourer
Que leurs volentés n’achevassent
Et que ilz ne s’en retournassent.
Dist Regnart : « Je retourneray
26340 Puis que compagnie n’aray.
Mains homs si s’est achemine
Qui a Romme n’a point esté,
Et tel y a esté trois fois
Qu’oncquez n’y amenda sa foys.
26345 A mon hostel retourneray.
Illec de mon labeur vivrav. «
•
Regnart a son hostel repaire.
Si s’apensse qu’il porra faire,
De quel mestier vivre polra,
2635o Comment ce que il doit solra:
«Doncques seroit ad ce mestier
Que j’apresinse aucun mestier
Dont je me peüsse chevir
Que loialment peusse tenir.
26335 Se changeur estre je peüsse,
Et je tant de deniers ellsse
Comme il appartient ad ce faire, (2S c)
Je le sccüssc monlt bien faire.
Mais a saulver mintencion
2636o Selon que j’ay fait mencion,
Qui garder y voeult par mesure,
Trestout change, si est usure.
Nulz homs saulver ne s’i pourroit,
Qui dire vérité volroit.
26365 Je prens ung florin, vingt solz vaille,
Et je deux deniers moins en baille;
Ne poeut excuser bonnement
Qu’usure ne soit vraiement.
Tout communément vingt solz vault,
26370 Et se moins il en baille, il fault ;
Qui moins rent que il ne rechoit,
Enscianment il se déchoit.
11 scct les vingt solz en avra ;
Pour quoy les deux deniers prenra?
26375 Scianment et enscianment
Les deux deniers a maisement,
Et qui voeult, ou droit escript quiere;
11 dit en quelconcque maniéré:
« D un denier plus d'un denier prens ;
2Ô38o Contre Dieu malement enprens. »
Ainsi dy je d’un gros tournois
26363 volroit corrigé d'après A — 26426 quel et d.
Et de trestous aultres harnois.
Qui en baillent moins scianment
Que il ne vault generalment,
26385 Pour ce ne m’v puis acorder;
J’en porroye bien mal porter.
Drapperie est une grant chose
A homme qui enprendre l'ose.
Ce mestier volentiers fesisse,
26390 Se je parfaitement vesisse
Qu’il y eust preu et sauvement;
Mais je ne voy mie comment
Leur ame et leur honneur amassent,
Se ce que ilz vendent montrassent, (2#(f)
263q5 Par quoy nul ne fust decheüs,
Sc il estoit trop malostrus.
A Dieu ne pot oneques seir
Qu’on vende chose sans veïr ;
C’est ung faulx barat décevant,
26400 Et chascun d’eulx trait ce avant,
Quant aucun dit : « Je ay cy doubte,
Portons au jour, je n’y voy goûte. »
Dient : • Es halles l’achetav,
Oneques au jour ne le portav
26405 Ne du porter n'en fis samblant ;
Achetés le pareillement. »
C’est malvaise excusacion
Et encor pire intencion.
S’il l’acheta malvaisemcnt,
26410 Voeult il maintenir Ferrement ?
Et ung malvais si lui vendi,
Ht il a acheter tendi,
Sçavoir le dois sans déporter ;
Et quant le drap a fait porter
26415 Que il a en la haie pris,
Pour pourvéoir chaté et pris,
Lorsle desployc clerement,
Voit s’il v a deflault novent.
# •
Et la faulte verra tout cler,
26420 Mais ja nevoulra mot sonner;
Le detrault dedens boutera
Ne ja puis ne le monstrera ;
Pignier le fait et puis ployer,
Et puis sur la pille envoier.
26423 Or scet il bien quel est en coeur,
Quel est dedens, quel estdetïoeur,
Et puis le met dedens sa pile
Par jurer le vent et par guile.
S’il se sent estre dcchell,
26430 De ce est il monlt pourveü.
J a conscience n’en fera ; (29 j!
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
42
RENART LE CONTREFAIT
Tel que l’a prins, tel le vendra.
Se mal Y a prins ignoramment,
Et il lejvent enscianment,
26435 Et scet scianment qu’il est telz,
S’il le vent, c’est pechié mortelz.
Se il l'a prins par non sçavoir.
En voeult il aultrui dechevoir?
Pareil et semblable se rent
26440 A cil qui le faulx denier prent,
Et dist: a Quant je decheüs suis,
Ung aultre bien dechevoir puis. »
Lors ce qu’il prent comme ignorant
Vent comme advisé et sachant.
26445 Ainsi font drappiers quant ilz loyent
Leur estât trestout cleret voyent ;
Ains^qu’on ayt aulnéet ploiet,
Y sont ilz souvent esmoyet.
Toutes reprinses faulses troeuvent,
26450 A leur pooir, dont bien les coeuvrent.
Ja a l’acheteur ne diront,
Mais le contraire au voir iront.
Leur signe font a leur volloir;
Nul n’y poeut congnoistre le voir.
26455 On verroit plustot en la mer
Que leur signe on poeüst esmer.
Se gaaing loyaPdesirassent,
Leur saingtouta ouvert montrassent,
Demandassent gaaing sur voir :
26460 On leur donnast de bon voloir.
Tous leurs fais sont en obscurté,
Ne ja n’y ara tant hurté,
Ne deprié, ne barguignié
Que cil ne s’en parte engignié.
26465 Adonc quant chiez lui le tenrra,
De chief en chief bien le venrra
Contre le jour, contre la nuit,
N’y avra joye ne déduit. (2 9 b)
A brief mots loyaulté n’y a
26470 Et pour ce en dis : « Fya ! fia ! »
Orfaverie et espichiers,
Ce sont ores deux bons mestiers.
Mais ly orfevre ne m’est preu,
Car, foy que je doy a saint Leu !
26475 Ilz sont ores trestous hurtés
A faire de grans obscurtés,
En saulder et en aloyer ;
Cecv ne pocuent ilz noyer.
D’aucuns sont qui en aloy faingnent,
26480 Et puis tout a leur signe seignent.
Dyent:«Je rechus tel pesant.
Quittes en suis, veez ent cy tant.
26447 aiilnect — 26469 ny ara corrige d'après A.
Digitized by Google
Payez la paine et le dechiet.»
Et a chascun pluseurs fois chiet
26485 Que ilz leur plaist ymages faire,
Poissons, oyseaulx, bestes pourtraire,
Chasses, ou carolles, ou festes,
Hommes, femmes, lyons ou bestes,
Clochiers, nacelles eslevées,
26490 Telz oeuvres sont si biffettées :
Tout le creux de sablon emplissent,
Et puis au poix tout acomplissent,
Demandent paine et grant dechiet
Plus assez que il n’en dechiet,
26495 Car bon argent ne dechiet point,
S’il est qui bien le mette apoint.
Le poix du sablon point n’abattent,
Ne sauldure d’estain qu’ilz battent.
Et quant ces gens de ville viennent,
265oo Que pluseurs gens pour folz s’i tiennent,
Et marier leur fille seulent,
Louches, aneaulx, afichès voeullent,
Pour fin argent tout leur vendront,
Ce que aloy assez tendront,
265o5 Et si scevent tout de certain (29 c)
Qu’il y a tiers plonc ou estain.
Et quant il revient aucun jour
Que pour vendre sont au retour,
Si corn defTault revient souvent
265 10 (Tel achettc qui tost revent),
Bien scevent dire aulx simplez gens :
« Amy, ce n’est point fin argens ;
Assés tient aloy et matière ;
Sçaciez de certain, se fin yere,
265 1 5 Plus en douroie la moitié. »>
Lors dit cellui par amistié :
« A loyaulté vous ordonnés;
Ce que il vault,si m’en donnés. »
Lors cilz en donne la moitié,
26520 Et dist qu’il lui fait courtoisie.
Blanche oeuvre vendent comme fine,
Et Dieu scet s’il y a rachine.
Hanas y a a pietz dorez
Qui sont bien beaulx etesmailliez ;
26525 Les pietz sont ouvrés a chateaulx,
Pilliers et clochiers et boucheaulx ;
Tout est plain dedens de sablon,
Par Dieu, aussi a yl du pion,
Et aussi a en ces aneaulx,
2653o Combien que ilz soient monlt beaulx;
Chascun mie ne s’i congnoit.
Pour cem'acorde en mon endroit
Que de ce mestier point nesoye,
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
QUATRIÈME BRANCHE
43
Car m’ame iroit en male voye.
26535 Espicerie est bon mestier,
Car j’en aroye bon mestier.
Car je suis froit desoremais ;
Avril, aoust, jullet et mays,
Pour tout le chault que ilz feront,
26540 Ja mes menbres n’eschauferont.
Viellesse monlt bien les en garde,
Et pour ce est bondu prendre garde, ( zgd)
Tostporroit nature alentir,
Et puis par ce la mort sentir.
26545 Pour ce est bon que secours me ticngne
Avant que deffaillance viengne,
Car nulz atant lors n’y vendroit.
Tant sçay je bien de cest endroit,
Cil gingenbre, cil laituaire
2655o Que je sçaroye si bien faire,
Et fis quant j’estoie enfanchon
Si bon dyamargariton
Qui si est bon et confortans
De conplexion en tout temps ;
26555 Especialment a gens vieulx
Est il monlt bon et precïeulx,
A ceulx cui goûte tient es rains,
A gens foibles et froiz et vains;
Il leur attrait et joye et force,
26560 Nature nourrist et enforce;
Ou ce bon dyacaparis
Que on scet bien faire a Paris;
Icil descombre les conduis.
Je en suis du faire tout duis ;
26563 Si fait, qui le voulroit hanter.
Et clere voix et bien chanter;
Il desconbre les instrumens;
N’est homme qui dye je mens.
Aultres confors pluseursil fait,
26570 S’il est apoint etprins et fait.
Cil est bon aulx religieux
Qui de chanter sont curieux ;
Mais a cecy mye ne ten,
Mais a diacitonitem,
26575 Qui tant est bon et renommes
Et de tous sages clercs amés,
Caril est bon, quoy qu’on en die.
Ceulx qui lievent de maladie,
Quant ne se poeuent soustenir (3o a)
26580 N’a mengier ne poeuent venir,
Ains sont pesantz, matz, solitaire,
A cilz est bon cilz lectuaire;
Car la char leur fait revenir,
Qui le scet bien apoint tenir,
26585 Et si purge melencolie;
S’il est qui le voir vous en die,
Toute nature met a point,
S’il est prins et donné en point
Et a son propos bien assis.
26590 Et electuarium ducis
Y ay je doncques resigné?
Electuaire Regine ,
Comment m’en porroye je tenir
De l’user et du maintenir,
26595 Et en celle tresgrant challeur
Qui ne m’est point de grant valleur,
Laquelle décliner j’entens
La conserve faite d’encens,
De roses blanches nettement
26600 Cuittes au soleil seulement,
Dont la pâte soit faite aflin
Du sucre blanc dur rafectin,
Ou de l’avoir autant je l’aim
En l’eaue froide ou bachin, le main
26605 Deux cuillierées ou trois prendre.
Las! y porray je ja entendre
Pour anéantir la grant challour
Et pour bien mettre a point l’humour ?
Etse du violât j’avoye,
26610 Et aultre trois jeen mengoie,
Et de l’eaue froide au matin
Trois cuillierées ou bachin,
Comment qu’il soit abhominable,
Non mie si appetissable
26615 Comme est la conserve de rose,
Ceste chose, bien dire l’ose, b)
Hellas! com bonne me seroit !
Une medicine vaulroit,
Voire certes tresbonne cure
26620 Sans péril et sans adventure,
Sans faire le foye esmouvoir,
Et sans faire le coeur douloir,
Et sans muer complexion,
Et sans troubler l’intencion;
26625 De tous les us d’apoticaire
C’est le plus profitable a faire,
Ou qui matin pour la challeur
Pour corrumpre le chaut humeur
Ou chucre nouvel conservé,
2663oTede, nouvel et bien ouvré
Et de l’eaue mise au bien cuire
Qui est, qui s i sçaroit déduire,
Tout la journée seur seroit
26537 qui — 26558 fors et vains corrigé d'après A — 26604 la main — 2Ô6o3 cuilliercs — 26608 et
2663 1 bien manque.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
44
RENART LE CONTREFAIT
Que le chault mal ne lui feroit.
26635 Et se il estoit si ose
Que ung seul voirre de rose
Aprez tout son disner presist,
Qui seroit qui mal en desist,
Foy que je doy sainte Pechinc,
26640 Ce vaulroit mveulx que medicine;
Et se chascun cecv sçavoit
Et la science bien avoit,
Jamais medicine n’ycrt prise,
Ne en corps de preudomme mise,
26645 Dont il moeurt ung millier en Tan,
Dont pluseurs gens ont monlt d’ahan.
Trop croire phisique est folie,
Maint en l’an en perdent la vye ;
Pour ung que phisicque en retourne,
2665o Je croy que deux elle en betourne :
Et se deuementse gardaissent.
Et abstinence acoustumessent,
Et trestout a leur appétit (3o ci
En usaissent ung trespetit
26655 Pour reconforter leur nature,
De phisicque ilz n’eüssent cure.
Cristeres, piles, medicines
En mettent mil a diciplines,
Qui encores leur temps vesquissent,
26660 Se bonne abstinence presissent.
Mais tanto’st qu’ont ung peu mengié,
Ung peu dormv ou trop veillie,
Ou trop beüt, ou trop lassé,
Ou par aucun excez cassé,
26665 Par leur non sens ou par deflault,
Tantost le fisicïcn fault;
Et cilz le pou lz lui sentira,
Et tout maintenant lui dira:
« Certes, sire, il vous fault saignier,
26670 Ou en herbes vo corps baignier,
Ou medicine vous fault faire,
Ou il vous fault prendre clistere.
Trop estes plain, a dire voir ;
Medicine vous fault avoir,
26675 Ou il vous fault la noncion
D’une preparacion
Qui sera monlt bien ordonnée,
Qu’au point du jour vous est donnée;
Deux cuillierces plus y ara
26680 Qui la matière esmouvera.
Et puis arez la médecine
Qui tant sera et bonne et fine:
Dix fois ou douze a chambre irez,
Et puis tantost gary serez. *>
26685 Et cil dira qu’il n’en voeut point -
« Si ferez tout hardiement;
J'en ensairay premièrement :
Une femme enchainte l’aroit,
26690 Ung enfant de lait en buvroit. »
Lors la medicine fera, \3o d\
Et vers le soir le portera
En samblance delui secourre.
Pilles en boittes ou en pourre.
26695 En une oublie lui dourra,
Ou a boire le convenra,
Ou lui fera boire séné.
Or est il trop bien asené;
Dira: « La porcion est bonne
26700 D’interine ou de cardamoine. »
Quant beu ara celle lecture,
Se bien l’en chiet, c'est adventure;
Jamais bon appétit n'ara,
Ne lëesse ne sentira.
26705 Tant qu’il continurra cet oeuvre,
De toute santé se descoeuvre,
Puis ara eschaulfé le fove.
* *
« Et vostre ratte se desvovc
0
Qui est issue de sa rive;
26710 Boire vous convient de l’endive
Jusques le fove soit revenus.
Vous vous estes mal contenus
Dès l’autre jour, « le vous dist on:
« Or fault morelle et barbion
26715 Pour refroidier vostre costé
Tant que le chault en soit osté.
Maintenez tel boire souvent,
Ainsi comje vous dis devant,
Fit prenez telle confection
26720 Dont je vous av fait mencion.
Mais cil qui sans cause le prent,
Au contraire de santé tent,
Car toutes choses, che sçavons,
Ont temps par mois et par saisons.
26725 Telle chose est cest an nuisable,
Qui encor sera profitable
Selon la constellacion
Et selon la complexion. [3i *2)
Pour ce me voeul je pourveïr
26730 De loing, ains que doive cheir,
De chauldes sausses et confis
Qui au corpz me feront profis,
Par quoy autant je puisse vivre
26666 sitiri en sault — 26705 continura — 26719 Et manque — 26724 On — 26733 je puisse autant.
Digitized by
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
QUATRIÈME BRANCHE
Que m arne je voyc a delivre. «
26735 Mais quant bien je pense au certain,
Pour desloyal ce mestier tain.
Cause y a et bonne raison,
Et si croy que oncquez nulz hom
Qui a volu ce mestier faire
26740 Que on appelle apotiquaire,
On ne vey morir riche homme.
Tous meurent povres, c'est la somme.
Car c'est escripture divine:
« Qui mal acquiert, tresmal define. »
26745 Mais se loyalment le fesissent
Et bonne conserve mesissent,
Si com ilz dyent a la gent,
A bon droit eussent l’argent.
Mais ilz treschangent les matières
26750 De bonnes pieurs et moins chieres ;
Plain poing d'herbe ou poing vous métra
(Tout une maille ne vaulra),
Dira, se Dieu le puist amer:
« Cecv vint de delà la mer:
•
26755 A grant coust l'ay envoyé querre,
Car point n'en a en ceste terre.
Ccste est venue d’Hermenie,
Et ceste vint de Rommenie,
Celle d’Acrc, celle de Nymes,
26760 Ceste aporte de Damas fines
Et ceste vint de Saint Quentin. »
Et trestout crut en son jardin!
Pour quérir autre paine n'ont.
Ainsi decheus les gens en sont.
26765 Prcnt mclilot et camamile ; 1 3t b)
Oncques par Gautier ne par Mile
Cestes aportées n'en fuirent,
Mais aulx champs toutes les cocullirent,
Et ung herbier pour ung denier
26770 Qu'aporta tout plain ung panier.
Se le denier ne vocult despendre.
S'en voit aulx champs en l’orge prendre;
Pour ung denier plain sacq en ot.
Et lors l'appellent melilot !
26775 Melilot sont es emmcrcles
Et camamiles, telz sont elles.
Tclz cincq cens ou mille verront
Qui ung seul denier ne vaulront,
Et jureront sans nulle faille
26780 Qu’il n'est or n 'argent qui le vaille.
Elles ne vallent chou ne quoy.
Et tantost vous diray pour quoy.
Achefcz ung povre pourchcau,
Une viez cotte, une vielz peau,
26785 Vielz caperon ou vieses chausses,
Vielz soulliers ou vieses pars faulses,
Toute riens qu’acheter volrez,
Et soit si vielz que vous porrez.
L’cndemain en vain le coeulliez,
26790 Puis que revendre le vouliez :
Ou quint ou quart perdre porez,
Ou espoir, autant en arez.
Se nulz ne le vocult acheter,
Bien le sçara a qui donner,
26795 Bon fait entendre a cest afairc.
Mais faites ung beau chirop faire
A quel espichier que volrez,
De nuit faire vous le verrez
Par phisicïens monlt soubtilz,
26800 Et bien y seront ententis :
Perles, saphirs et esmeraudes
Froides et confortans ou chauldes,(JJ/c)
Le meilleur que faire porront
Dont ilz bien vingt livres aront,
268o5 Et jureront comme enragié
Que ilz en font trop grant marchié;
A nul aultre ne le douroient,
Se d eux tantz avoir en dévoient.
Trois jours aprez portez le arrier ;
26810 Vous n’en arez ung seul denier,
Ung seul denier i!z n’en dourront ;
Donnez leur, pas ne le prendront.
Chiez ung aultre espichier alliez
Et pour ung denier lui bailliez,
26815 Riens ne dourra; ailleurs irez.
Ne fors que mocquic n’en serez.
Pour ce est des denrréez le pire
Que vous sçaehiés nommer ne dire.
Hz jurent, voir est le contraire,
26820 Ne jurent fors pour argent traire.
Qui est ce qui juge ne baille
Puignic d'herbe dix solz vaille .1
Et si poeuent estre mortelz;
Encor se elles fussent tclz,
26823 Comme ilz dient, remede y eust ;
Je m'acord que on lui deust.
Mais quant aucuns phisicïens
Ou aucuns des praticiens
Font pour malades chirop faire,
2Ô83o Et pour sa garison attraire,
Le derrain mot si fenira.
Tout en çucrc le confira,
Ainsiques l’escript le devise
26735 bien suppléé d'après À — 2G819 et corrigé en est d'après A.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
46
RENAfcT LE CONTREFAIT
Que tout en chucre le confise.
26835 Mais cil lui list aultre lechon :
Poudre de chucre ou de casson.
La le confiront, c’est leur point,
De blancq chucre n’y ara point
Qu’a cestui blanc le comptera, {3 1 d)
26840 Et Dieu scet bien qu’il coustera.
Mais le disme de chucre blanc
Avecques encor y a tant
N’est si bonne ne de valleur
Et tout au contraire saveur.
26845 Ainsi destruisent ilz la gent
Et mettent a mort pour argent.
Itel gaaing, ce est la somme,
Si n’est bon a nulle personne.
Point ne voeul leur fait maintenir,
z685oCar il n’en poeult nul bien venir.
De la peleterie, quoy?
Se je point de profit y voy,
Jeydemourray volentiers;
Mais que ce soit loyaulx sentiers,
»6855 Comment loyal sentier sera,
Qui est cil qui le jugera ?
Sur trestoute riens congnoissant.
Ce est le plus mescongnoissant :
On n’y voit goûte ne qu’en mer.
26860 Ce qu’on cuide meilleur trouver.
Plus profitable et myeulx charnue,
Et qui soit de poil myeulx vestue,
Celle trouverez desunée,
De paleteaux enpaletée,
z6865 Et en vaines soradjoustées,
Et de coustures cousturées,
De croye plaine et bien pesant;
A peu y est nul cler veant.
Quant de Testai l’emportera,
26870 Le meilleur avoir cuidera,
Car cellui qui Tara monstre
L’ara si tresbien dorloté
Et monstre le plus bel devant.
Et qu’elle est bonne a tout voyant,
26875 Et monstréesles basses tires,
Laissié aulx espaules les pires. (3 J a)
Or le met jus, et le reprent ;
Ettousjours fait il serement :
Trestoudis ment, trestoudis jure
26880 Et trestoudis il se parjure.
A chascun mot il jurera
Et toudis se parjurera.
Tant cousta et tant a cousté :
Elle est de si grande bonté
26885 A la pluye toudis sera
Que ja ne s’i empirera;
Toudis sera mole tenue,
Double et de tresbon poil charnue ;
Ja nul jour poil il n’en cherra,
26890 Ne male façon ne prenra;
Quatre robes ilz usera,
Ne ja point ne s’en defTera.
A chascun mot est le jurer,
Et trestoudis le parjurer :
26895 « Veez corn est blanche, com ondoie ! »
Et trestoute est plaine de croye!
Chaperons noirs crespés au bas,
A cela ne faulrez vous pas,
Et se les aimez mieulx gesans,
26900 De ceulx a yl assez céans.
Adonc des noirs lui monstrera,
Monlt beaulx, si com lui semblera,
Qui tout seront plains d’oeu lie ou doigt.
Mais monlt bien seront mis apoint ;
26905 N'y fault riens, ce lui semblera.
Mais quant a son hostel sera,
Lors trouvera dame Mehault,
L’un visage bas, l’autre hault ;
La trouvera places, coustures,
26910 Cuir sans poil, rousses placetures,
Toute plaine de fausseté.
« Et Dieu, et il a tant juré!
Je ne cuidasse pour avoir (3 2 b j
Que tant jurast, sans dire voir! »
26915 Or voy je que de tous mestiers
Qui plus jurent sont peletiers.
Ne doit chaloir se ilz jurassent,
Mais que point ne se parjurassent,
Car homs quivoeult bien Dieu amer,
26920 II ne se doit point parjurer;
Jurer en aultrui dechcvant
C’est larechin, je vous créant,
Et traïson, maise creance,
De la foy de Dieu despisance ;
26925 Ce est le mestier par convent,
Ou se parjure plus souvent.
Et des taverniers que diray?
Je ne sçay que je en feray.
Je y tenroye bien mon lieu,
26930 Car j’avme bon vin et bon feu ;
Et une chose si m’en tient,
Car qui loialment se maintient
Sans tricheries et sans tolst,
2685 1 Et de - 26865 v. adjoustccs — 26867 bien manque — 26888 très manque — 26933 tricherie.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
QUATRIÈME BRANCHE
47
Il feroit de la livre solzt.
2Ôg35 De trestous mestiers, c’est le pire,
Qui la vérité en voeult dire ;
De nulz preudhommes n’est amé,
Sur tous aultres est diffamé.
S’il n’y avoit plus que cel point,
26940 Nul preudoms nel doit tenir point,
Car c'est hostel de gloutonnie,
Plain de trestoute ribaudie,
Recept de larrons et houlliers,
De bougres, de faulx monnoiers.
26945 Quant tous malvais voeullent trichier,
Es tavernes se vont muchier;
Hostel de bourdes et vantance,
Plain de male perseverance;
Ne chault l'hoste qui voit ou viengne,
26<)5o Mais que grant despense on y tiengne.( 3jc)
Ce est l'hostel a ces putains,
A gens qui ont malvaisezmains ;
Ce est l’hostel aulx trayteurs
Et a trestous ces malfaiteurs ;
26955 Puis se vont bouter en taverne
Et la le deable les gouverne.
Oncques preudoms ne le devint:
S’il est, envis bonne fin tint.
Vieulx tavernier envis verrez,
26960 Et s’aucuns en sont, vous orrez
Qu’ilz cherront en grant maladie,
En grant perte ou en grant folie,
En aucune soubtiveté
Qui se fine en chetiveté;
26965 Et cil est fol qui prent moullier
Fille ou femme de tavernier;
Ja bien ne l’en venra fors maulx.
Toudis sent le mortier les aulx ;
Riens tant ne fait malvaise femme
26970 Comme hanter gens de diffame ;
Cl.ascun jour poeut sur lui vëoir
Gens qui trop font a dechëoir ;
Putains et ribaus servira
Et toudis entour eulx ira,
26975 Verra leur dissolucion,
Orra leur male intencion
Tout temps, touteffois et toute heure.
Qui avecquez tés gens demeure,
Cuidiez vous que ne l’en souviengne
26980 Et que de leur ordre ne tiengne?
Ung aultre mestier voeul aquerre,
C’est estre laboureur de terre ;
C’est cellui qu’on doit mieulx prisier,
Chier tenir et moins desprisier,
26997 marchant — 27009 Leurs d.
Digitized by Google
26985 Car ce qu’il a Dieu lui envoyé ;
Pour ce est droit que m’y avoye.
Petit gaaing et petit proffït (32 d )
Y a, combien que il proflit,
Et touteffois ce qu’on y prent
26990 Est gaignié bien et lealment.
Tous hoirs en voy trop myeulx seans
Que les hoirs a ces marcheans.
De cent marcheans n’en est ung,
Tant ait bel estât ne commun,
26995 Que jason filz puist maintenir
Ce que son pere vault tenir.
Tost gaigne ung marcheant cent livres
Et en brief tempz en est delivres.
Comment cuide il que lui ayeue
27000 Chevance ou il n’a paine elle?
Fol est qui dist sien grant avoir
Ou peu a mis paine a l’avoir,
Ou qui croit que ja scs hoirs ayent
Combien que preu et sages soient.
27005 Poeult estre aultre avoir gaigneront,
Mais jacestui n’espargneront.
Marchans se vont tous assentir
A parjureret a mentir,
Denrrées fontpaindre, biffer
27010 Et monlt bien les scevent parer;
Mais le laboureur ne poeut oindre
Ne sa terre biffer ne poindre;
Il ne poeult mettre n’ordonner
Fors ce que Dieu lui voeut donner;
27015 Ne vault néant ly esprevier,
Penser ne sortir ne veillier,
Farder, blasmer, loër ne dire,
Mentir, desirer, couroux, ire,
Car aultre chose n’v venra
0
27020 Fors trestout ce que Dieu volra.
Pour ce est le gaigneur durable,
Quant il est a Dieu agréable.
A cel labeur Adam tendi,
Quant de Paradis descendi ; (33 j)
27025 Au labourer toudis se tint,
Ce est dont sa vye maintint.
Dieu a labourer l'envoya,
Sa vye ainsi lui ottroya.
Quant Dieu lui donna ceste voye,
2yo3o Rayson est que je m’y avoye. »
Adonc Regnart gaigneur devint,
Sacharue soir et main tint.
Tous matins va a la charue,
Autre part il ne trait ne rue.
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
KEN ART LE CONTREFAIT
48
27035 A petite vye se tient,
Le main va, et le soir revient.
Tant attendi que le tempz vint
Que a messonner lui convint.
Mats fu et empalis et vains,
27040 De veillier et de juner tains
Et de la paine qu’ot emprinse,
Laquelle n'avoit point aprinse.
Adont vault du labour sçavoir
Quel- gaaing il y pooit avoir.
270450e tous ses coustemens s'avise,
Et puis fait somme de la mise :
« Cent solz poeut avoir en despens,
Sy com je voy et sçay et pens.
Quatre livres l'issue vault,
2705c Ce sont vingt solzque,il me fault (33b)
Sans ma paine et sans mon hutin,
Tart couchicret lever matin,
* Mcschief et cuisenchon de coeur.
Mal couchier et mal vivre au foeur
27055 Et ung an que j’ay trespassé,
Ou j’ay plus de meschief passé
Que je n'ay eu vingt ans devant ;
De tel gaaing ne me vois loant.
Au moins si chaté y tenisse,
27060 Combien que meschief y presisse,
N’endeüsse tel doeul avoir.
Or y pers corpz, paine et avoir.
A mal vivre et son temps gaster,
Ad ce ne se doit nulz haster ;
•2706? Ad ce ne poeut faillir quetifs.
Or me repens que je le fys.
Or n'en poeuent mais tavcrnier,
Lv orfèvre, ly cspichicr
Ettouscculx qui sieuent gaaignage,
27070 Car nul n'y a point d'avantage,
Mais perte et paines et labour,
Meschief et de nuit et de jour.
Or ne me poeut il mais sembler
Qu’il soit tel vye com d’embler.
27075 Chascun vivra tant qu'il polra,
Or face Dieu ce qu'il volra !
Desor me tiengs a mon mesticr;
Aultre chose ne m'a mestier.
Or m'en iray aultre oeuvre faire,
27080 Dont je sçaray miculx a chief traire :
Desor querray je accoisons
De trouver nvées d'oisons
4
Qui sont nouveaux au mois de may;
Mes barbes en engrossera y,
27085 Et pour assoulagier mon fain,
27063 A manque — 27071 paine.
Digitized by Google
Qui me fait mon coeur mat et vain,
G'iray aventure quérir, (33 c)
Se je me devoie morir.
J'en trouveray, si com je pense,
27090 Car ja nulz homs a vuide pance
Ne sera ne jolis ne gays,
Ne se mette nulz ez agays
Ainsique Nature le voeult. »
Adoncques s’apreste et s’esmoeut;
27095 Ce fu en may que prez verdoient,
Si com par raison faire doient.
Regnart tout cois, le col baissié.
S'en est entré en ungplaissié.
Thiesselin qui est ung oiseau,
27100 Et son surnom est ung Corbeau,
Ses faons bien peüs avoit
En ung ny qui au bois estoit.
Si s'en aloit a plain trachier
Pour sa viande pourchassier.
27105 Tout ainsi qu'il aloit voilant,
Sia choisi Regnart venant.
Mat de fain, tristes et pensifs.
Lors s’est il sur ung arbre assis;
A lui ung bien peu parlera,
271 10 Ce qu'il quiert lui demandera.
Com courtois et bien enseigniés.
Lui a dit : « Regnart, bien vegniés!
Vicngs tu donequez en cest repaire
Pour a moy honte et anoy faire?
27 1 1 5 Ou s'aucune chose m'aporte, (33 J)
Dv moy quel vent par cy te porte,
Car onequez mais en cest pays,
Dont j'ay esté nez et nourris,
Ne te vy mais ; si me merveille
27 1 20 Qui a cy venir te consseille.
Mais voir est que Regnart et Leu
Cerchent maint paÿs et maint lieu. »
Lors respondy Regnart : « Amis,
Tu m'as en trois questions mis ;
27125 Se je viengey pour toy grever.
Et quel vent me voeult amener,
Et se aucune riens t’aporte.
En tous ces trois poins te déporte :
Ne viens pas cy pour toy périr,
27130 Et si y vieng pour toy quérir.
Et si t'apport salut et bien,
Sique tu l'cntenderas bien.
Amis, » dist Regnart en faignant,
« Tu soies or le bien vegnant,
27135 Com cellui que j'ay consiré
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
QUATRIÈME BRANCHE
49
Et sur tous aulrres désiré!
Avant jusqu’à Romme en allaisse
Que le tien corps je ne trouvasse,
Pour tov merchïer des bienfais
27140 Que tu m’as par maintelTois fais.
J’ay ton compains long temps esté,
Par maint iver, par maint esté.
Sy t'ay pluseurs fois mol volut,
Dont je ne suis pas absolut;
27145 De ce me lieng pourdecheü.
Amis, tu m'as ailleurs veü
En bon estât et en tresgent;
Ay sieuy toute bonne gent.
Mais ja viellesse et repentance,
27150 Qui toudis a jonesse tence,
M’ont decel estât tout osté
Et m'ont baillié ung autre hoste (.V^j)
Froit, lent, vain, mat et pareceux.
Par quoy me fault demourer seux,
27155 Toutes compagnies guerpir
Et toute jonesse fuir.
Pour ce ay je changié mon estre,
Et suis devenu ung viel prestrc.
Et cil de qui suis ordonné
27 1 60 M'a deux commandemens donné ;
Le premier : « Ne sove cessans
D’alcr par tous lieux confessons,
Sans faire reffus ne dangier. »
L'autre est par raison de mengier,
27 ko Et quant je suis en compagnie
Ou gens sont que je n’ayme mye,
Beneïchon a chascun donne
Et trestoute ire leur pardonne ;
Et que mercy je leur requiere,
27170 Ne pensez pas qu’autre gens quicre.
Je t’ay hanté, pardon te quier,
Et avec ce je te requier,
Combien que il me griefve munit.
Mais conscience me semont
2717? De ta confession oyr.
De ce te dois monlt esjoÿr,
Et tous ceulx qui viennent a bien.
Thiesselin, advise toy bien :
Ung sermon te reciterav
27180 Par qui d'infer te jetterav
Et tous ceulx qui vocullcnt avoir
Paradis pour guerpir avoir. »
Dist Thiesselin : « Ne dcscendrav;
# •
Encor ton sermon n'aprendray.
27185 Autant aras autant preschié
Com tu as par chemin pechié.
Or aray je conseil du croire
Se ta parole sera voire ;
Et si congnois certainement (34 b)
27190 Que Regnart en pluseurz lieux tent.
Mais tant te dy je, et le detien
Qu'envers moy ne penses que bien,
Et a celle fin le te dy.
Cincq corbellos ay en ung ny,
27195 En cel bois; je t’avise bien’
Que tu ne leur mefTaces rien.
Bien le te raconte et devis,
Et si le te dy vis a vis,
Et entens bien et si escoute :
27200 Pendu seras sans nulle doubte,
Se tu leur fais nulle durté,
Ne cncombrier, ne obscurté.
Tu en seras de tout honnis
Et tout ton lignage ternis. »
27205 Dist Regnart : «Tu me charges monlt,
Foy que doy le Pere du mond.
Quant je me suis bien entendus,
Pas ne voulroie estre pendus
Pour tout l'avoir Pierre Remy.
27210 Mais or entens, mon bon amy,
Ta conffession me diras,
Et puis le mès deviseras,
Desquelz choses je prenderay
Et desquelles je m’atenrray ;
27215 Mais confTesse toy tout premiers,
Et puis feray ce que requiers.
— Regnart, ne t'y fault point penser.
Je ne me voeul point confesser,
Ma devocion n’y est mie,
27220 Pour ce qu’en toy point ne me fie.
— Et tout a dire je ne quier,
Mais deux choses je te requier,
Que me dies ou sont et quelz,
Et si me dis ensengnes telz
27225 Que les congnoisse proprement,
Je les garderay loialment; [34 c )
Et se sur ce je y mesprens,
Pour mal convenencheur me tiens,
Car toutes choses sont communes;
27230 Et se il en y a aucunes
Qui facent bien a déporter,
Par raison le dois enseignicr.
Au general ne congnoistroie
Aucun sengne, se n'en avoic.
27235 — Scez tu comment les congnoistras ?
— 27175 ta conscience cor~
27149 ja manque — 27161 ja ne — 27164 r. mengier corrigé d'après A
rigé d'après A — 27232 doit — 27234 sen.
T. H.
4
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
fcENARt LE COXtREFM'T
5o
Les plus beaulx que tu trouveras
Sont mes oiseaulx sans nulle faille;
Telles enseignes je t'en baille. »
Dist Regnart ; « Bonne enseigne a cy,
27240 Et je te prometz et afly,
J'ameroye myeulx que ma femme
Fust trestoute arse en une flamme
Que feïsse tel mesproison;
Me feroies mettre en prison !
27245 Comment ! pour le corps saintGuilain
Ja sont ilz my cousin germain,
Dès donc que je te fis hommage.
Quant tu me donnas le frommage,
Dont j’eüsse esté estranglé,
27250 Se tu n*y eusses point esté.
Avecques ce ensengnez ay
Qui sont bonnes, ce sçay de vray.
Car les plus beaux ce sont ly tien ;
Ad ce le congnoisteray bien.
27255 Car a plus beaulx n’atoucherav,
Mais les plus laiz je mengeray. »
L’un se part de l’autre erranment,
Regnart va et quanquez poeut tent
A luy vengier de son meschief,
27260 Dont il ne pot venir a chief.
Tant au quérir se esprouva
Que le nv Thiesselin trouva.
Regnart bien les oyseaulx avise, (34 d)
Mais pour ce riens ne les desprise.
27265 Gros cul orent et grosses testes :
« Dieu, u dist Regnart, « corn putes bestes !
Ce ne sont pas ceulx du Corhel
Qui m'a tant dit qu’il sont si bel ;
Ce sont icy dcables d’enfer,
27270 Car ilz sont tous plus noirs que fer.
De ceulx puis je tresbien mengier
Ht sans haÿne et sans dangier. »
A qui qu'ilz soient ne l’en chault,
Car grant faim a mengier lui fault,
27275 Si les prent, et tous les menga,
Aultremcnt ne les laidenga.
De loings Ta Thiesselin veü ;
Adoncques ne s’est pas teü :
a Regnart, ne les voeullez touchier,
27280 Ce sont ceulx que je ay tant chier. ü
Dist cil : A tart suis laidengiez,
C'est quant le frommage est mengiez. »
Dont s’est Thiesselin avant trais,
Et tantost vers son nv s’est trais.
27285 Ses oiseaulx n’y a point trouvés ;
Lors s’escrie : « Lerres prouvés,
Mengié tu les as traittrement !
Ce n’est pas ce que m’as couvent. »
Dist Regnart : « Ne t’ay riens promis,
27290 Combien que dye voir envis.
Dont je t’aye de riens menty.
Mais s’a voir dire as tu failly,
A toy t’en prens et bas ta coulpe.
Car endroit moy je n’y ay coupe.
27295 Si t’en dirav cause pour quoy
Tu 11’en dois nulz blâmer que tov,
Mais que tu y entendes bien :
Deux contraires sont mal et bien,
Qu’ainsi que froit contre challeur,
27300 Ansinc biauté contre laideur,
Beaultc de laideur se dechoivre, {35 a)
Fol est qui ne le scet perchoivre,
Et trop peu voit qui y mesprent,
Qui ne scet bien lequel il prent,
273o5 Si com du jour contre la nuit.
Thiesselin, amy, ne t’anuit;
Tous les plus beaulx m’avois nommé.
Ainsi de toy yere sommé,
Et se je t’ay des beaulx promis,
273ioDy moy, se onequez me submis,
Que des plus laiz je ne peüsse
Mengier, se trouver les sceüsse
Et des moiens puis je mengier
Sans estre point en ton dangier;
273*5 Et se tu es tresbien scïens,
Je n’ay mengié beaulx ne moiens,
Mais les plus laiz, a dire voir,
Que nul oiseau peusist avoir.
Se tu les plus laiz dit m’eUsses,
27320 Encor tes oiseaulx vifs clisses.
Je t’ay grevé en obeVr,
Amer m’en dois et toy haÿr;
N’en dois fors a toy demander.
Garde toi bien, au commander,
273*5 Quel commandement tu feras,
Ou quel ensengne bailleras.
Puis court terme ung marchant estoit
Qui son us en cendre metoit.
Quant acheté avoit la cendre,
27330 Aulx marchans le souloit revendre.
Tant en bailla et ça et la
Que toute sa cendre y ala ;
Cil n’ot argent pour acheter,
27242 une suppléé d'api ès A— 27244 Tu me — 27250 eusse — 27272 Et manque — 27292 tu manque —
27300 Le vers est suppléé d'après A — 27314 point estre corrige d'après A — 27^24 Bien te garde au
corrigé d'après A.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
QUATRIEME BRANCHE
*
DI
N il n'en trouva pour emprunter,
27335 Ne moeubles chiez lui ne savoit
Fors ung cheval que il avoit,
Qui monlt estoit fors et delivres,
Dont il pooit avoir vingt livres. [35 b)
Se il ses vingt livres avoit,
27340 Assez cendre avoit en pouoit,
Assez chevaulx recouvrera;
Pour ce, dit l’argent en prenra.
Son varlet hucha promptement :
« Tu scez, » dist il, <* bien vraiement
27343 Que ung cheval que nous avons
Vingt livres avoir en poons.
Va maintenant ce cheval prendre,
Et sans delay le metz en cendre.
Quant tu Taras en cendre mis.
27350 Lors seras tu bien mes amis. »
Le serf son maistre bien auÿ,
Mais ce qu’il pensa n’entendy,
Mais en gros la parole prist.
Le cheval en ung bon feu mist;
27355 Dont Tardi et le mist en cendre
Sans aultres paroles entendre.
Son maistres en fu courouchié
Et contre lui monlt hirechié.
S’il fist au maistre son voloir,
27360 Pour quov s'en doit en riens doloir;
Et pour ce sont ilz pluseurs folz
Qui ne dient que demy motz.
Il convient bien que l'entendeur
Soit en son souverain gloseur,
27365 Aucune fois face au contraire
Que son maistre commande afaire.
Se le maistre certainement
Dist a son varlet proprement
Qu'il mesist son cheval en cendre,
27370 En quel chose poeut il mesprcndre?
Se tu me desis des oiseaulx
Que ne touchasse les plus beaulx.
Et je ay tous les pluslaiz prins.
N’a Dieu n'a toy n’en ay mesprins.
27375 — Hahayl quel bacheler a chv! (JS <*)
Regnart, aultre chose te dv !
Ainsi n'en partiras tu point.
Nature scet de point en point,
Bien scez s’elle est douce ou amere,
27380 Et bien le scevent pere et merc
Qui ont cnfTans et nourreture.
Puis qu’ilz sont de bonne nature,
Tous sont de corps, de coeur, de vis
A naturel amour submis,
273S5 Qu’il leur semble certainement
Que leurs faons sont proprement
Plus beaulx que nul autre faon.
Combien que nel die Raison,
Ja Raison crute n’en sera;
27390 Voculle ou non, ainsi en sera.
Pour ce te dy je, se Nature
Qui trestous faons a en cure,
Et pere et mere elle retient,
Si com les communs el me tient,
27395 Par lui di que sont ly plus bel,
Ce me vient de fait naturel.
Nature et Amour le me dit,
Combien que Raison contredit,
Car Raison dit, c’est son voloir,
27400 Que nul ne die fors que voir.
Doncquez n’ay je de riens failli,
Se ay a Nature obey;
Nature et Amour le me dit,
Doncquez n’ay je de riens mesdit.
27405 Qui se maintient naturelment,
Tu ne dois pas dire qu’il ment.
Mais tu qui bien les congnoissoies,
Ne subgiet au cas pas n’estoies,
A moy ne temptés n’csmeüs,
27410 Les as tout clerement vells
Et congneüs, a mon sanblant,
Ce n’estoient pas cheval blanc, 1 JS J)
Ains estoient comme j’estoye.
Ha, Regnart! combien que t ‘ave
27415 Bailliet ensengnes amiables,
Que point ne t’estoient feablcs,
Mengiés les as enscianment;
Tu poeus bien sçavoir se je ment.
Tu en venrras devant le roy,
■27420 Et la trouveras ton arroy:
Et la on ne brait ne ne tenche,
Droit la en orras la sentence. »
Lors le Corbeau s’en va voilant,
Qui au coeur avoit dolcur grant.
27423 Et Regnart son chemin acoeult;
Fain ne soif n’a, ny ne se doeult.
Sy s’en entra en une arée
Q*un paysant avoit semée.
Feste fait et va degoisant,
27430 Et en sa chansson va disant :
« O povreté et maladie,
Je prie a Dieu qu'il te maudic î
Et si fay toute deffiance
De raison et de conscience.
27357 maistre — 2739? dit.
; V
Digitized by
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
f%.-*<r\/ A f UiOmrmi iinrvintfP
Uf mUilPvVihrt UüKAtUU
RËNÀRÎ LE CONTREFAIT
52
27435 Tant com j’ay conscience eüe.
Toute meschance m’est venue.
Ja Dieu ne m’en doint ja vouloir!
Non fera il, je sçay de voir,
Mais de trestous bien prederay
27440 En tous les lieux ou je sçaray;
Si en vivray plus liement,
Voire certes plus longuement. »
Ainsi Regnart se deduisoit.
Frobert, qui aulx champs se gisoit
27445 Tout coiement soubz une moute,
Quancques Regnart dit il escoute.
Dessoubz la mote se sëoit;
Mais Regnart point ne le vëoit,
Car tant fu petit et couvert, (36 a)
27450 Le Gierillon sire Frobert,
Que Regnart vôoir ne le pot.
Adonc Frobert si hault c’on l’ot,
Dist : « Regnart, qui de bien n as cure,
Ou tu te mettras a mesure,
27455 Ou elle se mettra en toy ;
Et elle de si bonne foy,
Se tu t’y metz, tu es garis ;
S’elle s’i met, tu es honnis. »
Tant se trait, et se muche et boute.
27460 Et Regnart oreille et escoute.
Sur une mote va sëoir,
Mais nel pot nullement vëoir.
Riens ne voit, car il fu couvert,
Mais bien congnut ce fu Frobert.
27465 Lors dit Regnart : « Or voy merveillez,
Champs ont yeulx,etbois ont oreillez.»
Et puis pensa en son corage
Que Frobert est courtois et sage,
Au sage parler sagement
27470 Et au fol nyche nychement.
Regnart se sist dessus la mote;
Au Guerrillon pense et escoute.
Si dist : « Frobert, point ne te voy;
Or te voeullez monstrer a mov.
*
27475 De tant que te puis aprochier,
De tant puis je Dieu tenir chier,
Car il me fait preudome oyr,
Combien que nel puisse veÿr.
Ainsi en advint au quart eage
27480 A Moyse qui fu monlt sage;
Quant a Dieu parla mainteffois,
Oncquez n’en rechut que la voix.
Et ainsi moins prophètes rirent;
Sa voix rechurent, mais nel virent.
27485 Certes grant joye avoir dévoient
Ceulx qui a Dieu ainsi parloient, (36 b 1
Combien qu’ilz nel veïssent mie.
Sceureté avoient de leur vye,
Et savoient en leur memore
27490 Qu’aprez leur vye aroient glore
Et vivroient monlt saintement.
Or en ay beau commencement;
Desor me tiens bien apaiez.
Or ne seray plus esmaiez :
271 95 Quant je voy cy le saint prophète,
Treshaulte grâce m’a Dieu faite ;
Point ne le voy, mais l’ay oV.
Certes, Frobert, tant t'ay sieuy
Que tous les pietz perdus en ay.
27500 Sept ans a que je ne finay
De toy quérir et soir et main,
N’oncques puis ne mengié de pain.
Ne n’eux la haire hors du dos ;
J'ay puis soufTert maint pesans cops.
27505 Or t'ay je, Dieu mercy, trouvé,
Tant ay Dieu prié et rouvé.
Dieu le fait pour longierma vye;
Mais or t’oy, et ne te voy mye.
Je m'en tiens pour tout apaiez;
27510 Aussi Dieu en soit graciés
Com Moyse l’en gracia.
S’en diray Dco gracia !
Se te pooys vir a delivre,
Je ne querroie ja plus vivre.
2 7 5 1 5 Je me vouloye conffesser,
Car de tous pechiés voeul cesser ;
Et si m’a on chargié a Romme
Que je parle au plus grant preudommc
Qu'en ce siecle porray trouver.
27520 II ne convient pas ce prouver
Qu'au meilleur ne soies tenus
Qui par tes pietz sc soit métis.
Dieu, comme je en ay grant joye! (Jtoc)
Monlt me tarde que je te voye !
27525 — Regnart, bien te conffesserav,
Mais ja ne t'y approcheray;
Ta science délaisseras.
Mais ja pour ce moins n’en sçaras ;
Ton nom perdras, quant a ouvrer,
27530 Mais bien y porras recouvrer.
— Frobert, com ce est trop bien ditz;
Beaulx et gracieux sont tes ditz.
Mais parole mal entendue
Est de monlt petite value.
27454 metteras — 27496 ma huy— 27508 te oy — 275*8 grant manque — 2753 1 On lit en rubrique :
Regnart.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
QUATRIÈME BRANCHE
53
27535 Or t’aproche ung peu prez de moy,
Et je m'aprocheray de toy.
— Regnart, ce ne feray je mye,
Car tu es tout plain de folie.
De Pierre Alphons si me souvient,
27540 Le philozophe qui maintient;
Dist : « Tous ceulx que ne congnois mie,
Eschieve la leur compagnie,
Et se y es par adventures,
Garde trop tu ne t’y asseures.
27545 S’ilz ont glaive, tient toy a destre,
Et s’ilz ont espée, a senestre.
Regnart, en toy ne me fierav;
Par my le souspechon irav.
— Puisque tu ne me voeulx bien faire, (Si 6 d\
27550 Ne prez de moy ne te voeulx traire,
Au moins te prie je que j’oye
Aucun bien ; si iray ma voye :
Bon dit est toudis en saison.
— Regnart, te sousmette a Raison :
27555 S’a Raison tu te voeulx soubsmettre,
Ne poeulx apprendre meilleur lettre;
Et se Raison voeulx guerroier,
Tu en acquerras mal loyer.
Et de Senecque te souviengne
27560 Qui tant de bien dit et ensengne.
Il dit, ainsi le dit la lettre :
«* Se tu voeulx a toy tout sousbmettre.
Sousmet toy ainchois a Raison.
Lors n’aras garde de prison,
27565 Car Raison est monlt amiable
Et a toutes gens agréable. #
Dont Jhesus Sirac en dit voir,
Qui tant fu plain de grant sçavoir :
« Vyelle, sartarion, lais
27570 Ne nulz instrumens d’hommes fais
N’ont point si mélodieux son
Que langue qui maintient Raison. »
Donc je te loô que tu l’oyes
Et que sur toute riens le croies. »
27575 Dist Regnart : «Certes non feray;
Jamais nul jour ne Pameray,
Car se je croire le vouloye,
Toute ma vye guerpiroye
La fausse vielle deputaire,
27580 Qui nulle fois ne se voeut taire;
N’a nulle riens je ne voeul tendre
Qu’elle ne me viengne reprendre.
Moy et ma gent toudis diffame ; (3~ a)
Par lui acquier mainte diffame :
27585 Je ne puis rien dire ne faire
Qu’en tous cas ne me soit contraire.
S’elle ne fust, bien l’ose dire,
De tout le monde fusse sire.
Mais elle me coeurt sus si tost,
27590 Quanqu’elle poeult elle me toit.
Sy fay je lui certainement.
Soit par derrier, ou par devant.
Elle les Templiers amaty
Et par son fait les abaty,
Qui tant de richesses avoient
Et qui tant bien mon art sçavoient.
Tant l’amoient, tant l’orent quis;
Quis l’avoient par tout acquis.
S’encores cent ans vescu eussent,
27600 Et toute seignourie fussent.
Mais pour ce qu’elle les hay,
Jusqu'au chëoir lesenvay;
Encor double je qu’aussi grans
Qui vont trop grans fais emprenans
27605 Et pour lui ne voeullent riens faire,
Ains demeurent tous ses contraire.
Je doubt encor tout ne perise
Et que Raison ne les pugnisse;
Trop fort en mon art s’estudient,
27610 Tousjours de plus en plus s’i lient.
Mais Raison bien les aperchoit ;
Combien que d’eulx eslongié soit,
Si les voit elle de bien loings ;
Je en ai auy les tesmoings.
27615 Si me doubt que tost sans haster
Ne leur coeure sus par gaster,
Car ilz sont tous mes escolliers,
Et tirent tous a mes colliers.
Amer point je ne les solloye,
27620 En tresgrant hayne les avoye.
Or se sont a moy acordé, (3j b)
Car de moy se sont débouté.
Se ceulx perdoie, par saint Riquier,
Oultremer m’iroye muchier.
27625 Or se vant’elle bien souvent
Qu’Orgoeul mettera a néant,
Et je sçay selon l’Escripture
Que a ce faire mettra cure.
Aussi lui ay je, tu le scez,
27630 Despit et couroux fait assez ;
Encore lui feray je pis.
Te souvient l'an .iij°. et dix
27537 On Ut en rubrique : Frobp.rt — 27343 aduenture — 27344 asseure — 27349 On Ut en
rubrique : Ret.nart — 27354 te manque ; on Ut en rubrique : Frobert — 27614 ai manque — 27622
boute,
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
^4
RENART LE CONTREFAIT
Qu’en France,enBrieetenChampagne,
En Picardie, en Allemaigne,
27C35 Pour ce qu’elle ot tant la foy chier,
Qu’elle fist pour la Croix preschier
Pour aller sur les Sarrasins?
Ja ne m’ayde ne pain ne vins,
Se grant et petit n’y alloient ;
27(340 Tous la devocion avoient,
Tout le commun la croix prenoit ;
Et encores on leur preschoit
Que ains deux ans passer porroient,
Et que les nefs faites estoient.
27043 De ce fait s’esjoyssoit mont
Pour Raison qui les y semont;
Mais j’ay trestout fait demourer,
Mal gré Raison et son orer.
Iceste demourée fais;
27650 Se je puis, on n’vra jamais;
Dont Raison est bien esperdue.
Par moy rcfut Acre perdue,
Ou je perdis pluseurs amis,
L’an mil .ii j«. iiij**. .dix.
27633 Acre estoit mont bonne cite.
Si com pluseurs m’ont recite,
Es trespas de Jherusalem.
Ung bon trespas y perdi l'em; 1.V7 c'
Perdre le fis par traVson,
27060 Et tout ou despit de Raison.
Cité de Crestïens estoit;
Maint bien de Dieu on y disoit,
Mainte belle messe chantée
Y estoit tout aval l’année.
27663 Mal s’i prouvèrent ly Templier;
Par eulx fu le grant destourbier.
Tout pour mal de Raison le fis,
Qui fu l’an mil .iijc. et six.
Raison, qui me voeult ennoier,
27670 Les Juifs en fist envoier,
Vendre leurs biens et leurs maisons;
Et tout ce fist faire Raisons.
Combien que les Juifs n’amoye,
Mais ung bon refuge y avoye,
27675 Quant aucun mien povres amis
Avoit sur aucun se main mis
Et robe et surcot prins avoit.
Le refuge sur eulx estoit,
Et de l’argent ilz lui bailloient ;
27680 Ainsi my povre amy vivoient.
Et furent bien banni dix ans,
Et je par pourchas et par sens
Les refis trestous revenir,
Plus grant estât qu’avant tenir.
27685 Mais en l’an mil .iij-. et vint,
La vielle sermonner revint
Et les Juifs refist banir,
Et tous en put ordon venir.
Or ne sçay mais s'ilz revenront,
27600 Mais a mon pooir si feront ;
Puis me refist trop grant despit.
Quant les Jacobins venir fist.
En l’an mil .ij‘. .iiij. fu
Que leur ordre fondée fu.
27695 Cilz ne me poeuent avoir chier : (.V7 d\
Par tout ne finent de preschier
Qu’on ne me croye nulle part,
Qu’on ne sieue moy ne mon art.
Ilz me diffament et pugnissent,
27700 Mon fait, mon art, ma gent honnissent;
Je ne m’ose vëoir entre eulx,
A peu ne me crievent les yeux.
Et puis vindrent ly Cordelier,
Qui tous trayent a ung collier
27703 Que Raison a puis ramenés;
Par ceulx je suis trop mal menés.
Encores me fist monlt d’anuyt
En l’an mil .iij*. .xxx. et uit
De ceulx qui mon art mieulx maintiennent,
27710 Mes fais et mes sciences tiennent,
Qui sont par tout ly souverain ;
Et sur tous aultres je les aim,
Pour ce que l’autrui ont trop chier
Et si n’y cuident riens pechier.
277 1 5 Quanqu’011 leur preste et qu’on leur croit.
Tout croient estre de bon droit;
Jamais n’en voeullent riens paier,
Se force nés fait avoier.
Icil fist Raison aulx Flamains
27720 Tuer pour ce que je les aims,
Et ont juré, ce est la somme,
Qu’il ne demourra gentil homme.
Les autres les ont esveilliés,
Les maulx Flamens oultrecuidiés
27725 Qui sortissent eulx allier
Pour gentillesse deffïer.
Heu! las! chétif, et que feroie.
Se mes tresbons amis perdoie?
Je ne les perdroie a nul foeur,
27730 Car c’est le joiaul de mon coeur.
Si ont juré communément
Par ung accord tout ly Flament \38 a)
27645 et 27633 monlt — 27654 et dix — 27635 mont manque — 27681 bien amy corrige d'après
A — 27718 ne les — 27722 demoura.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
QUATRIEME BRANCHE
55
Que ja au roy guerre n’eüssent,
Se les gentilz hommes ne feussent.
27735 Tout ainsi Raison me guerroyé;
Et je comment plus le crerove ?
Aussi fait elle les Lombars
Dechassellé de toutes pars,
Et leurs font faire leurs finances
27740 Et appetinchier leurs chevances.
Car point n’ayment aultrui chatc
Ne que Raison fait vérité.
Touttesvoiez au long aller,
Elle a tousjours le hault parler,
27745 N’aprez son dit n’aprez son fait
Elle n’a honte de bien fait.
Point ne le reprens, car je n’oze;
Se ce n’est par faintise glozc,
Elle me fait toute le honte.
27750 S’il advient q’un mien amy monte
Par mon art en ung hault degré,
Puis qu’au monter n’ara esté,
Sy corn Pierre Remy a fait
Qui savoit tout par coeur mon fait,
27755 Si tost le fait jus avallcr;
Peu ne lui fait le coeur crever.
Et puis nous sommes si honteux
Que nous n’osons lever les yeux.
Aucunes fois je lis parolles
27760 Prinses a Ylles aulx escolles,
Qui est ma chambre especiaux,
Qui sont tous a mon art feaulx,
Qui scevent tous Fauvel torchier.
Mes vouloirs, mes oeuvres trachier.
27765 De Fauvel sieuent le comment,
De lui vous dirav ça avant,
De Fauvel diray ça aprez
Que ceulx d’Ylles tiennent si prez
Et scevent torchier Fauvillon i.'lS b)
27770 Et poindre de leur aguillon
Pour avoir honneur et chevancc.
Aprez diray leur contenance,
Et quant vient a conclusion,
Leur fait tourne p confusion.
27775 Raison le met toudis devant;
Toutes mes honneurs n’est que vent,
Le mettra peu de pluyc a point,
Car bon fondement n’y a point.
Je m’en sçay bien a quoy tenir
277S0 Quant gaaigneur voeulx devenir,
Qu’a paines n’en poeulx riens porter,
Jusques Dieu m’en a fait oster.
Je fusse mort certainement,
Se tenu l’eusse longuement.
27785 Atant de lui je me tairay ;
Or demeure, et je m’en irav. »
Adonc Regnart si s’achemine;
Jusqu’à la nuit d’aller ne fine.
Monlt s'est et dollousé et plains
27790 De fain, dont il est matz et vaintz.
Celle nuit a ou bois geüt,
Ou il a peu de déduit eut.
Au dessoubz ot une abbaye
Povre, meschant et esbahye,
27795 Qui fu pour moisnes noirs fondée,
Et de tous biens estoit vuidée,
Car si bien se furent prouvé
Que povre et mat furent trouvé
Et mendians et decheUs,
27800 Et leur moustier estoit cheüs,
Et leur hostel et leur dortour ;
N’ot layens ne clochier ne tour.
Folle esperance les soustient,
Peu aultres vivres lavens vient.
*
27805 Regnart y est venu le cours
Sçavoir s’il trouvera secours ; (..?# c)
Mais tout a trouvé desrobé.
Lors maudit couvent et abbé,
Et dist : « Salomon si dit voir
27810 En qui ot tant sens et sçavoir;
Dist ; « Malheureux est le paVs
Ou fol gouvernerres est mis. »
En ung destour de l’abbaÿe,
Qui sambla bien cstre esba}’e,
27815 La a Regnart ung puig trouvé.
lllec s’est il bien approuvé,
Et dist : « J'ay soif, si buveray,
Puis que a mengier point je n’ay. »
Regnart y a fait grant merveille.
27820 Entrez est dedens une seille ;
Si n’en sceut mot, jusqu'il avalle.
Ja sera il en chambre malle.
Aval se sent ou puich cheüs ;
Lors se tint il pour decheUs :
27825 a Hellas, » dist Regnart, « or voy gié
Que pour tousjours suis assegié.
Orn'cst il nul si cler vovans,
Qui en tous ses fais soit sachans.
Bien me dit Frobert en saison,
27830 Ou je me mettroye a Raison,
Ou elle se mettroit en mov.
•
27749 faite corrigé d'après A — 27760 a ylers — 27768 y lers corrigé d'après A — 27777 Peu dç
pluye le mettra — 27825 voi je.
1
i
v jJ
- 1:
V —
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
f\i 1 mr\a rttfp
ur uttKAtut;
56
RENART LE CONTREFAIT
Et elle est de si bonne foy,
Se m’y mès, je serai garis,
S’elle en moy, je serai honnis ;
2j835 Elle m’en a bien advisé.
Encor ne m’a point despisé,
Quant le me dit devant le fait
Et qu’encor morir ne me fait.
Cassidores, le docteur, dist,
27840 Sy com je truis en son escript,
Que pesme chose est de desdirc
Vérité et de contredire.
Toudis est bonne vérité, (38 d)
Se ne se mesle en fausseté;
27845 Mais s’elle se mesle en mensongne,
On le doit bien tenir pour songe.
Il dist : « Orgoeul est dechevable,
Pour ce que c’est oeuvre de deable;
Devant Dieu sera déboutés
27850 Et trestoutes iniquités. »
Encor dist il : « Orgoeul destruit
Toute sustance et tout déduit,
Richesses, grâces et honnours.
Par Orgoeul viennent a tristours;
27855 Je le voy et le sens par moy,
Et me semble, et pour vray le croy,
Que trop demeure en grant doutance
Cil qui en Dieu n’a esperance,
Car qui par pechié le guerroyé,
27860 A merveilles il se forvoye.
Hellas ! ne voit pecheour goûte
Qui vit en paour et en double.
Conment poeut il demener feste?
Il sent son maistre sur sa teste,
27865 Et toutefois qu’a lui plaira,
Sur sa teste lui lanchera
Fourdre, feu, péril, maladie.
Cest mondes a nom « Fol s’i fie, •»
Et tel nom doibt il bien avoir,
27870 Car en beaulté et en avoir,
Qui s’i fie, il est decheüs,
Et désertés et confondus.
En moy le voy qui fi estoye
En santé, en soûlas, en joye,
27875 Sans moy batre et sans mal ouvrer.
Or suis perdu sans recouvrer,
Dont je me confTesse et suplie
A Raison, ma dame et m'amye,
Que j’ay guerrie longuement
27880 En fais et en dis propprement, (3q a)
Fille de Dieu souverain roy,
Qu’il lui prende pitié de moy. »
Lors a Regnart parfont plouré
Et de bon coeur Dieu aouré.
27885 Et lors il advint en ce temps
Que Ysengrin fut matz et lens.
S’en est issu d’une grant lande,
Car quérir lui convient viande,
Car le fain le destraint forment.
27890 Tourné s’en est iréement
Vers l’hostel aulx moisnes rendus.
Les grans galos est la tendus;
L’ostel trouva trestout gasté,
Lors dist : « Cv a assez lasté.
«
27895 Putains, jeux de dez, gloutonnie
Ont gas^tée ceste abbaye,
Avec defTault de pourveance,
Plaine de inobedïence.
Chascun a volu le maistre estre,
27900 Et pour ce est gasté cest estre.
Ung seul vouloir l’eust soustenu.
Et tant de vouloirs l’ont perdu.
Ne y a eu point de seignour,
Chascun en a eü honnour.
27905 Chascun si y voeult seignourir,
Tout est en voye de périr.
Et pour ce, » dist le peneant,
« Sires, ou garchon, ou néant,
Je yray deçà et delà. »
27910 Tout ainsi parlant s’en ala,
Tant qu’il trouva em my sa voye
Le puch ou Regnart s’esbanoye.
Dclez le puch s’est acostds,
D’echëoite prendre aprestés;
27913 Mais sa bonne aventure est loings.
Lors mist dedens le puch son groing.
Car il ne scet mais que il faice : (3y b)
Dedens l’eaue du puch sa faice,
Cuida fustsa femme Hersent;
27920 Lors a peu qu’il n’yssi du sens,
Que avec Regnart fust pensa,
Car jaloux en est de pieça.
Quant Ysengrin choisi son umbre,
Lors foie pensée l’encombre;
27923 Cuide bien que ce fust Hersent.
Adonc lui mua tout le sens;
Adonc dist : « Monlt suis escharnis,
Par ma femme mors et honnis,
Que Regnart a ainsi fortraite
27930 Et céans avec lui attraite.
Quel deable céans le quesist?
27833 mettoye je scroie — 27834 scroic — 27868 monde.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
QUATRIÈME BRANCHE
Nul croire ne le me fesist;
Trouvée l’ay par adventure.
Voirement dist vray TEscripture
27935 Que la voye de folle femme,
Quant elle va a son diffame,
A quatre choses voeult touchier.
Cil qui monlt bien en scet parler,
Des quatre j’en diray le voir :
27940 L’un est l’oiseau voilant par l’oir,
Que nul ne poeut vëoir sa voye,
Tant bien et clerement y voye,
Tant y voye ne tant y quiere.
L’autre est la nef par la riviere,
27945 Que ja nul tant penser y puisse
Que la voye de la nef truisse;
Nul ne poeut congnoistre l’alée.
L’autre est la voie de pensée,
Qui si subtillement s’avoye
27950 Qu’en son penser ne voit nulz voye.
Fol est cil qui le quart voeut qucrre :
Ce est serpent dessoubz la pierre,
Qui si subtillement se glache,
Corn fait le poix dessus la glace, (3g c)
27955 Qu’on ne poeut son rooie trouver,
Ne voye de femme prouver.
Qui poeult estre si clerveans
Qui ja quesist Hersent céans? »
Lors dit : a Pute, orde, vielz prouvée!
27960 Avec Regnart vous ay trouvée. »
Lors a hurlé une grant fois.
En contremont revint la voix;
Ainsi com il dit, elle dit.
Lors eust Ysengrin grant despit,
27965 Et dit : « L’orde vielz me degiegnc !
Se Dieu voeult mais que je le tiengne,
Je lui batray si bien la teste
Qu'elle n’en ara mie feste! »
Et la voix « feste I » respondy,
27970 Trestout ainsi que cil bondi.
« Feste, dy je, » se dit ly Loups;
« Jamais pour toy ne seray coux !
— Serez coux, » ce respont la voix.
Lors fu li Loups aie a poix ;
27975 Cuida die coux le fera;
Et il respond que non fera.
Isengrin ainsi maintenoit,
•
Et Regnart tout quoy se tenoit.
Lors dist Regnart : « Sire Ysengrin,
27980 Ne puis mais tenir mal chemin
Que ne soye par toy gaitiés. (3g d)
Envis seroit par moy mengiés
Bon morsel que tu n’en eüsses,
Puis qu’en ce pays me scellsses.
27985 Compere, par tout me sieués,
Dont pluseurs fois vous m’anuvés;
Pluseurs fois suis en bon costé,
Pluseurs fois m’en avez osté.
De ce estes mal entechié;
27990 Compere, vous faites pechié.
Je me vouloye sommeillier;
Mais pour de livres ung millier
Ne porroie repos avoir.
Ce te voeul je faire sçavoir :
27995 Reposer anuit ne peüsmes,
Pour ce que trop de paines eusmes
A ces aigneaulx a pasturer
Qui ne nous laissent vifs durer;
Nous en sommes tous anuyé, »
28000 Lors s’est Ysengrin escrVé :
t Compere, foy que doy ma vie,
Je ne vous y sçavoie mie.
Mais pour ce je me gramentoie
De Hersent que veüe avoie,
2S005 Qui me degane et me despit.
— Amis, elle ne scet que dit;
Tant a de ces aigneaulx tués
Que tout le coeur lui est mués.
Cha aval n'avons autre avoir.
28010 Or le huche, se je dy voir. »
Lors huche le Loup se voir dit,
Et la voix lui respond : « Voir dist. »>
Et lors crut Ysengrin et sent
Que tout ce lui huche Hersent.
28oi5 Lors dist Regnart com apensés :
« Compere, ja mal n*y pensés
Que nous soions point entechié
De folie ne de pechié, (40 a)
Car c'est Paradis proprement,
28020 Ou nul ne jure, ne ne ment;
Tous sommes de pechié osté,
Et si nous ont trestous quitté.
— Pour Dieu, Regnart, or me dy dont
En ce pays quelz gens y sont. »
28025 Dist Regnart : « Ce sont gaigneries,
Boscages, vignes, praieries.
Nous n’y avons froit ne durté,
Tant y est l’air en grant purté.
Jamais nul malade n’y yert
28o3o Et s'a quancques a lui afTiert ;
Et toudis sont fort et legier,
c >>
\:
27965 degane corrigé pour la rime d'après A — 27969 fest — 27974 fu regnart corrige d'après A,
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
..u.urnnm/ rtf DIOiiiami iinrvtntr^
UîMiüy.u ur uutitttuhft uüKAtuu
38
RENART I.E CONTREFAIT
En bon appétit de mengier.
Toute la praierie est plaine
De moutons gras couvers de laine,
2So35 De gelines, de pourchellès
Et d’oisons gras et de poullès ;
Il en y a monlt grant plenté,
Et de nullui ne sont gardé;
Car cil qui plus tuer en poeut,
28040 Plus approchier de Dieu se voeut.
Et de tel eür est le lieux,
Qui en tue ung, il en vient deux. *»
Quant Ysengrin Regnart oV,
En son coeur monlt s’en esjoV;
2804.S Ses dens a croqueter commence.
Point a mocquerie ne pense,
Mais pensa bien que cil dist voir.
Lors dist : 0 Y sont nulz moisnes noirs.
N’y a nulle noire abbaVe?
28o5o — Telle plenté n’y eüst mye :
Hz despendroient bien Paris,
Certes et ne fussent que dix. »
Dist Ysengrin : « Que n’y suis, las!
Trestous je les mesisse au bas,
28o55 Ja n’y convenist venir moisne. [40 b)
Pour Dieu, compere, qu’on m’y maine !
Et pour Dieu encores me compte,
Ce dont j’oy volentiers le conptc,
Des moutons gras que tu me dis,
28060 Ne sçay se de bon coeur le dis. »
Et dist Regnart : « Gras sont ilz bien,
Le plus ne moeurent d’autre rien.
Délivrer ne nous en poons,
Ne nul aultre chant nous n’avons.
28065 — O chier compere, je te proy
Que me maines avecques tov.
Cerieè bien m’en delivreray,
Et grant partie en mengeray.
— Conpere, se tu ne te doeulx
28070 Et avecques moy venir voeulx,
Trestous mautalens te pardonne.
Et trestout quaneques tu as donne,
Et fais illecques ton devis;
Et dès icy bien je t’avis,
28075 Se tu n’en poeulx assez tuer,
Il te convenra enmurer ;
Tant en y a sus te courront.
Se nelz ochis, ilz t’ochiront,
Tous en sont plains, bois et forest.
28080 Se voeulx ce faire sans arrest,
Sv entre dedens celle seille:
Adonc verras tu grant merveille,
Aussi tost que dedens seras;
Tantost tout josne revenras.
28085 Jusqu’à donc ne poeulx riens vëoir
Que tu voulras dedens seoir;
Par illec est toute l’entrée
Par ou on entre en la contrée. »
Le Loup qui continuellement
28000 Ot vesqui gloutonneusement,
Et Gloutonnie envis s’avise,
Et de Gloutonnie l’atise, {40 c)
Quant a Gloutonnie pensoit
Qu’il ne lui chault mais qu’il y soit.
28095 Gloutonnie est de tel nature
De nul advisement n’a cure.
Et Gloutonnie a riens ne pense
Seulement qu’a emplir sa pance.
Gloutonnie en nulle saison
28100 Ne croit ne advis ne raison;
A glouton ne chault dont bien viengne,
Ne qui le paist, mais qu’il le tiengne;
Oncques glout ne fut assouffis,
Ne n’ot souffisance en lui mis.
28105 Envis est glout en nulle escolc
Ou on dye bonne parole.
Toudis pense glout de glouter,
Oncques deffault ne vaut douter.
Glout n’esgarde moyen ne my;
281 10 Glout est trestout plain d’Anemy ;
Glout ne scet nul honneur porter;
Glout ne scet nulluy déporter;
Le glout nulle fois ne s’avise;
Glout ne poeut oVr beau servisc;
281 15 Glout ne poeut oj’r messe entière
Que Gloutonnie ne le fiere;
Toudis pense : « Que mengeray ?
Quel viande au disner arav?
Porray je attendre le disner?
28120 Celle messe ne poeut finer. «
Vraiement goûte glout ne voit
Ne de nul bien ne s'apperchoit.
Qui fait de glout son despensier,
Son chanbellan ou son huissier,
28125 Ane ne s'acquerra ja honnour
Ne de nul preudomme l’amour,
Car le glout ne scet riens coller,
Tout quanqu’il scet voeult reveller,
Ne voit péril, ne dampnement, (40 d)
28i3oNe haÿne, ne marriment.
A lui ne chault que tout deviengne,
28o63 Deliurc corrige d'après A — 38097 Et manque — 28u3 A ne se,
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
QUATRIÈME BRANCHE
bC)
9
Mais que bonne viande tiengne.
Hors est de toute charité
Et envis dira vérité.
281 35 Ne pense a rire n’a dolloir,
Mais qu'il ait trestout son volloir.
A Ysengrin monlt bien parut,
Quancquez il pensa acreüst;
Entour point il ne regarda,
28140 Et toudis Regnart l’ennorta.
Pour lui délivrer le semont,
Et lui tarde a venir amont.
Sy dist : « Ysengrin, haste toy.
Pour toy est bonne heure, ce crov ;
28145 Tu verras tantost grant merveille.
Or entre tost en en celle seille :
S’appertement n’y voeulx entrer,
Tu n’y poeulx jamais recouvrer. *»
Regnart fut froit, sage, pensifs,
28 1 5o Et cil glout fut sage, hastifs,
Et fol qui a sage a affaire
Doit bien penser a son affaire,
Et bien y doit longues muser
Et ses paroles bien gloser;
2.Si55 Car quancques sage dit et pense,
On y doit bien gloser sustance;
Car sans cause néant ne dit.
Pluseurs fois doubles sont si dit :
Pour ce fait bon toudis gloser
281(10 Ce q’un sage voeult proposer.
Ysengrin les dits auÿ a,
Mais oneques sus il ne glosa;
Ne jeta pas bien son advis,
Mais tost en la seille s’est mis,
28165 A sa dollour et a sa paine;
Et la poulye aval le maine. (41 a)
Regnart aval point ne demeure;
Tantost est venu au desseure.
Si dist le Loup : « Ou allez vous?
28170 — Avec vous m’en voy la dessoubz.
— Pour quoy est ce que vous montez
Et j’avale? Or le me comptez.
— Compains, ne vous en esmayez.
Et vous tenez tout apayez ;
2.8175 Car je ne m’en esmaie mie.
Ainsi est il de ceste vve :
Ly ung y monte, et l’autre avale,
Ly ung y vent, l’autre fait sale ;
L’un espajgne, l’autre despent,
28180 L’un est sur terre, l’autre pent,
Ly ung emprunte, l’autre soit,
Ly un preste, ly autre toit;
Mais des plusfolz, c’est le donneur
Et le plus sage est le preneur,
28185 Les plus soubtilz qui nul ne croyent,
Les plus folz qui a tous s’ottroient,
Les plus liés de tous n’ont sens.
Qui femme tient en ses liens,
Nul ne se poeut mieulx enserrer,
28100 Non ne le porroit mieulx barrer,
Eevre, machon ne Carpentier.
A toy plus cy parler n’en quier,
Mais touttesvoyes le monter (41 b)
Est plus seur que ly avaler
28195 Meïsmement en ceste terre.
Or va la jus ta femme querre ;
Or je iray a saint Lyenart,
Et tu friras illec ton lait. »
Tost de la seille le sacqua,
28200 Et par despit dedens racqua,
Et dit : « Cilz ait pute chevance
Qui controuva celle balance.
Mais ne le dois mie blasmer,
Mais me doy pour ung fol clamer.
28205 Se je Argus esté ellsse,
La en ce puch cheü ne fusse;
Mais je suis qui nulz yeulx n’avove,
Quant en la seille me metove.
Se j’eusse eü la circonstance,
28210 Bien eusse veu ceste balance.
Le sage ne le celle pas :
Telz yeux voisent devant tes pas.
Adonc iras tu sceurement;
Et se tes pas en vont devant,
28215 Et les yeux demeurent derrier,
Tu ne poeulx aller bon sentier.
Et pour ce ne mesdit il pas
Quant dit qu’oeul voisc devant pas. »>
Ysengrin se senty cheüs ;
2S220 Adonc ne s’est mie tells :
« Regnart, or t’ay je tant creüs
Que je m’en tiens pour dechells ;
Par ta parolle sanblant voire,
Que je ne deüsse pas croire,
28225 Qui de dechevance estoit plaine,
Suis entré sans issir en paine.
Thulles dit, et je m’y acord,
Qu’il n’est nul si souverain tort
Ne si grant mal, je le voy bien,
28230 Com fait en sanblance de bien. ( 41 c)
Hellas! sç Salomon çreüsse,
<
»
L ^
- %:
28139 il manque — 28193 Meisment — 28205 est.
Digitized by
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
.......r-c-.iT \/ Af MiAHirtftti iinrviCUV
Uh'.'iÜvtfU Vif imUtlukrt LlüKRtUU
6o
RENART LE CONTREFAIT
Encores decheli ne feusse.
Il dit : « Filz, ne croy tien de mv
Point ton ancien anemy,
28235 Car combien que il s’amatisse,
Il ne le fait que par faintise
Et pour prendre couvertement
Ce qu’il ne poeut avoir deument. »
Encores dist : « Beaulx filz, croy moy;
28240 Ton anemy pleure lez toy,
Mais s’il vëoit le temps venir
Que soubz lui te peusist tenir,
Il ne se porroit saouler
De ton sang, de tachai* fouler, u
28245 Encores me redist pour vray,
Ne pas bien retenu ne l’ay.
Ou que soies generaulment,
Gardes que tu dis et comment.
Maint sont qui font semblant d’amy
28230 Qui sont tresmortel ennemy ;
Regnart le m’a tresbien monstre.
Par lui suis je en obscurté.
J’ay crell conseil de fol dit,
Jhesus Sirac bien le me dit :
28255 a Au fol nul tempz ne te conseille,
Car s’il dit bien, c’est grant merveille.
Son plaisir loë et son vouloir. »
Encor dit Jhesus Sirac voir,
Car il dit : « Netiengne ja compte
28260 A nul homme janglcur sans honte ;
Qui langue jangleresse ara,
Ja sur terre amé ne sera. »
Encor dit Jhesus Sirac tant :
« Ne parle a homme descordant ;
28265 Scés quel bien lui fais et quel preu
Tu lui metz ta buisse en son feu ? »
Hellas ! moy chétif, decheU, 1 41 d)
Trop legierement ay crell !
Paroles vaines et malvaises
28270 M'ont jette hors de toutes aises
Et mont mis de tous biens arrière.
Salomon fist bonne prière,
Quant dit : « Dieu, je te voeul prier
Que tu mevoculles ottroyer
2827? Que mensongne et parole vainc
Soit trestous jours de moy lointaine. »
Encor bien deusse avoir creii
Ung mot que Thules a leü :
« Ne fay, » dit il, * la chose point,
28280 Se t’en doubtes en aucun point,
S’elle sera ou mal ou bien ;
Se doubte va, si n’en fay rien. »
Certes ung petit me doutay
Si tost que sur lepuch montav,
28285 Mais ne m’en pos apperchevoir.
Folour ne me laissa sçavoir ;
Or en suis cheüs en servage.
Je crus mal Isopc le Sage :
« Gardez vous, » dist il, « se sçavez
28290 Pour paroles que vous oyez,
Car toudis aront en leur coeur
Le feu combien qu’il n’ysse foeur. «
Et Senecques dit, qui ne ment :
« La ou le feu a longuement
28295 Esté et fait sa demourée,
Envis en est hors la fumée. »
Trop bien m’en voy apperchevant,
Pierre Alphons le me va monstrant
Et dit : « Ne t’acompaigne, amis,
283oo En nul temps de tes anemis ;
Combien que soit faite acordance,
Toudis y dois avoir doubtance ;
Combien samblantilz te feront,
S’ilz te tiennent, ilz te nuiront
283o5 Et renouvelleront leur ire
En toy dommagier et despire. »
Tant s’est Ysengrin la tenus,
Que le jour est sur lui venus
Que il a bien auy lagent;
283 10 D’un tour s’avisa bel et gent,
Et de cel tour est a accord
Que illecquesfera le mort,
« Et les dechevray, se je puis. »
Lors sont les gens venus au puich ;
283 1 5 Le Loup troeuvent, dient qu’est mors,
Anuit y est cheü son corps,
Siques a mort s’est atirés.
Lors fu le Loup amont tirés,
A la terre fust jus flatris;
28320 Toudis s’est Ysengrin tappis
Jusqu’à tant qu’il oÿ huchicr
Ung coutteau pour lui escorchier.
Ce ne tint il mie a déduit :
Adonc se leva, si s’en fuit;
2^325 Mais monlt fu batuet frapés.
Touttesvoies est eschappés,
Et dist plus Regnart ne crera,
En sa maison tout quoy sera.
Bien vous en diray autre part ;
2833o Mais ainchois orrez de Regnart.
Je congnois, ne le me fault dire,
28238 deuemeni — 28277 deusses corrigé d'après A — 28288 mal suposc corrigé d'après A.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
QUATRIÈME &RANCHË
(îl
Plus vit le monde, plus enpire;
Puis l’an mil .iijc. trois fois dix
Est il venu de pis en pis,
28335 Plus que en quarante ans devant.
Chascun s’en va apperchevant,
Pour les monnoies qui cheïrent,
Le grant dommage qu’elles firent,
Maint en ont esté decheü
28340 Combien qu’autrefois fu cheü
Et que venist de trois a ung, (42 b)
Et maintenant de deux a ung;
N’en furent si mal ne mal mis
Com en cel an .iijc. et dix
283q5 Ilz qui se sont aperceü
Que ils se sont mal pourveü.
Et pour ce chascun monlt se plaint,
Et avec ce monlt se restraint.
L'un verroit l’autre a mort aller
2835oAins que le sien vaulsist prester,
N’y a mais amy ne parent
Vers qui nul truisse mais garant.
Desdonc se sont bien advisé
Et a tenir si aguisié :
28335Qui a il tient, qui n’a il fault,
Qu’il aitpovreté ou defTault.
Chascun est deslors empiriés
Et a l’art Regnart si tiriés
Que nul n’a mais d’aultrui que faire.
2836o S’aucunement n’en a afaire
Ou pensée de recouvrer
Par beau semblant ou par ouvrer.
Par l’art Regnart le siecle vient
Et par Regnart tout se maintient.
28365 Et puis que chascun tient sa vie,
Donc ay je cause que je die
Com chascun est son escollier,
Com chascun trait a son colliei|A
Bée a dire sans repentir ;
2.83 70 Car je n’en voy nul alentir. ?
Et pour ce qu'on doit l’art hanter
Et le commun en voeult user,
Et il lui plait a ainsi faire,
Une histoire en voulray retraire
283y5 Et de sa vie et de son estre.
Ainsi le commence le Maistre :
Pour ce que elle lui voeult plaire
Lefera il sans exemplaire, (42 c]
Car assez l’en poeult souvenir.
28380 Pour ce le voeult par lui finir.
Ce fut en may qu’arbres florisent
Et que ces roses espanissent,
Que esté trait asasaison,
Que Regnart fut en sa maison.
28383 Son filz sur son giron tenoit,
Et le varletdoeul demenoit
Pour ce qu’en son ventre n’ot rien,
Et Regnart s’en aperchut bien.
Lors lui a dit : « Filz, par ma foy,
283yo Tu venras au bois avec moy
Pour ta viande pourchassier.
Ne fineray mais de trachicr
Tant que nous soions esprouvé,
Qu’aucune chose aions trouvé.
283«j5 Mauldite soit ma regnardie,
Quant il convient que je le die !
Car tant ay malice hanté
Que n’ay pell avoir plenté.
Mal fait tel oeuvre maintenir.
2S400 Dont on ne poeut bon chief tenir,
Mais vient a despire souvent ! »
Et Enmeline sault au vent,
Si lui a dit : « Se Dieu me gart.
Malvais mestier est de Regnart.
2X405 Envis poeut tant tollir n’embler
Qu’il puisse nulz biens assembler.
S’il assemble, petit lui dure,
Et si s'en met en adventure.
Tout le monde avez envahy
28410 Et de trestous estes haÿ,
Car se demain vous vous moriez,
Cecy tout clerement verriez :
Vos enflans qui riens ne sçaroient
Assez de povrcté aroient. (42 d)
28415 Telz mile vous font beau samblant,
Qui vous vouldroient voir tramblant;
Bien vos enfTans lapideroient
Si tost comme mors vous sçaroient;
Quant ne porroient revengier.
28420 Avez vous vos enfans si chier
Que de nulle riens ilz ne tiennent
N’a nulle science ne viennent?
Se ne le faites, mal ferez;
Du poeuple blasmé en serez.
28423 Diront : « Honny soit vostre pere,
Car ce fut ung tresmalvais lere! >»
Combien qu’ilz soient de nous né,
Et de mal faire naturé,
Poeuent ilz bien par medecine,
28430 Par nourreture bonne et fine,
Malgré toute leur nacion
Et toute constellacion,
2.838 1 que arbres; on lit en rubrique : Histore — 28428 De mal f. et n.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
.*•1 Y\/ /Vf LMOtllrt il 1 irvuCU 1
R EN ART LE CONTREFAIT
Porroient ilz a bien venir
Et tresbien vivre et bien finir;
2S435 Puis qu’aient raison seulement.
Lors ira la chose aultrement;
Trop petit monstre leur avez,
Ce n'est pas ce que vous devez.
Au moins monstrez leur aucun bien:
28440 S’en prenderont meilleur moien.
— Si feray je certainement.
Or ne m'en parlez aultrement. «
Barat appelle et Perche Haye,
Et Tout acroit et Pute Pave :
*
28445 « Enffans, foy que je doy saint Pere,
Vous avez une sage mere,
Advisée et de bonne part,
S’el ne fust de la gent Regnart.
Mais je n’ay cure de tenchier,
28450 Car on s’en poeult peu avanchier
De tenchier a femme pour voir. (4'i a)
Augustin dist : « C’est grant sçavoir
De vaincre pluseurs en servant
Plus que d’un en tenchon faisant,
28435 Car tenchier pluseurs fois maintient
Chose dont grant discorde vient. »
Thulles dit : « A dit ne m’acorde
Que ja puisse semer discorde,
Car ce ne vient fors que d’orgoeul ;
•
284tîoPour ce tenchier mie ne voeul. »
Et Salomon si nous deslie :
« En tenchier est toute folie. »
Pour ce, enfTans, vous voeul je dire :
Ne maintenez orgocul ne ire.
284(0 Lëesse avec humilités.
En telz choses vous délités;
En ditz gracieux et amans
Soiez vous toudis delitans,
Car belle chose est de beau dit,
28470 Si corn le Poeste le dit :
o N’ayez, » dist il, « pensée foie
A pronunchier foie parole.
Compte en rendras, je le t’affy,
En auître siecle qu’en cestuy. »
28475 Regnart tout ainsi les chastoic,
Tous quatre lés luy les avoie.
« Ainsi retenez et ovez
*
Et toudis pourveüs soyez.
Juvenal dit en vérité : (4-1 b)
28480 Cil a acquis bon hérité
Qui est est garny de pourveance
Et qui a en lui la science.
Qui scet bien congnoistre sans gloses
28471 ja p.
Digitized by Google
Vraiement la fin de ses choses. »>
28485 Ne ja d’avoir nul n’ensaiez
Dont en la fin dommage ayez.
Se on vous donne aucune rien.
Gardés, vous en souviengne bien
Et que vous l’aiez en memore.
28490 Car nous lisons en Ysidore,
Qui nous a la parole escripte :
« Rens, » ce dit il, « meilleur mérité
Assez que tu n’as empruntée.
Toudis aies en ta pensée
28495 Le bien que aucun t’ara fait. »
Et si raconte de ce fait
Scnecque, qui ainsi descript,
Et si le truis en son escript :
« Point n’a en cellui de bonté
28500 Qui de ce qu’on lui a donné
N’en fait ne chiere ne samblant;
Et pires cil qui riens ne rent,
Encores pis cil qui l’oublie. »
Cella je vous en certiffîe.
285o5Thules, le bon clerc, nous descript :
«< Ne te hastc pas trop, » ce dit,
»• De monstrer que tu saches gré
De ce qu’on t’a donné de gré.
fout ainsi le nous desclairchist
2S3io Cil qui trop le temps avanchist ;
De guerredonner peche autant
Que cil qui a trespasser tant,
Car cil qui trop tost rent le don
Samble changé sans gueredon. »
285 1 3 Pour ce, enffans, trop ne vous hastez
Ne trop le temps ne trespassés: ijJ c)
Rendez le don, ne l’oubliez,
Et deuement le graciez;
Et puis que de donner et prendre
28520 Vous voeul par lesdocteursapprendre,
Or vous en voeullc souvenir,
Et bien le sachiez retenir
Et l’entendez de volenté.
Senecques dit : « On ne scet gré,
2S5i5 Homs qui a point d’entendement,
De don qui remaint longuement
Es mains du donneur, car il fait
Samblant de donner vouloir n’ait.
Lyement et de bon coeur nait
2853o Icil qui a donner trop met. »
Thulles nous en dit vérité :
« Nulz dons de libéralité
Qui a nos amis soit aidans
Et a nulluv ne soit nuisans,
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
QUATRIEME BRANCHE
28335 Car don qui pour nuire est donnés
Et en nuisant est acquestés,
Ne doit mie estrè au donneeur
En joye, mais en trop grant peur;
Pource prens garde ou tu prens don. *>
28340 Senecques qui tant fu preudon,
Si dist a trestous en oyant :
t N'ont pas les choses pour néant
Qui les requièrent par prïere.
Car nulle chose n’est plus chierc
28545 Que celle qui est achetée
Et par prïere demandée;
Et ne soeuffre n’a droit n’a tort
Que ton amy t’apresse fort.
C’est chose pesant a vëoir
285 5o A coeur qui voeult en bien seoir,
Quant il voit venir son amy
A face humble par devant ly.
En honte et en baissant le chief, [43 d)
Quérir secours de son meschief.
28355 De ce le Maistre nous parole
Certes une doulce parole,
Car belle chose est et piteuse
Et a bon coeur trop ennuieuse.
Du vis cliner devant le pry,
2856o A basse voix et a bas cry;
Pource entendez la prïere.
Thobie qui si bon clerc yerc
Nous en raconte une parole
Qui n’est ne malvaisene foie.
28365 Thobie nous dit que prïere
Estsamblant a voix de miscre,
Qui vient de parfaite dolour.
Pour ce surmonte toute amour
Cil qui de bon coeur, sans convent,
28370 Vient vers son amy prestement
Sans lui avoir esté monstre
Son mal ne sa nécessité,
Car amis doit bien percevoir
Sans lui prier ne sans douloir,
285y5 Se meschief a ses bons amis,
S’il a en son corpz point d’avis.
Pour ce vous lo, s’amy avez
Et bon amy estre voulez,
Que au devant vous leur aliez,
28580 Dons et aÿdes leur bailliez;
Et pour ce que chascun ne poeut
Donner autel don comme il voeult,
Nous en dit Thulles ung beau dit:
0 Cellui qui donne don petit
28583 De bon coeur et par courtois fait,
Vault trop mieulx que ung grant ne fait.
Qui est long et donné a paine. »
Encor Thulles nous y amaine
Que donner fait amanrir grâce,
28590 Quant convient que prier l’en face . (44 a)
Encor nous dit Thules ailleurs
Que grant peine est et grant dolleurz
D’attendre courtoisie promise;
Etpuis ailleurs nous en devise:
283y3 « Par foy, » dist il, « meilleur gré sçay
D’escondire que de delay. »
Encor dit Thulles sans celler:
« Cellui qui prent mal pour donner,
S’il vêoit et congnoissoit bien,
28600 II se feroit trop pis que bien
Son prendre tout a mal ira,
Et ses dons mal multiplira.
Pour ce lo que vous ne donniez
Chose que sur aultrui preniez. »
28605 Senecque dit, et il dit voir:
« Qui me donne pour mieux valoir,
Gré ne l’en doy, selon l istore;
Ne me sert pas, mais vaine glore,
Et vaine glore gré l’en sache,
28610 Puis que si son coeur y entasse. *>
On doit donner tout proprement
De bon coeur amiablement
A son bon amy sans memorc
De rendre ne de vainc glore,
28613 Et sans rendre point d’esperance
Memore de bonne vaillance.
Et gardés bien, comment qu’il aille,
Qu'a fel ne donnés riens qui vaille.
Belle parole c’est assez
28620 Tant que de lui soiés passez;
N’a yvrongne, n'a envieux,
A hault parler, n’a orguilleux
Ne tenez trop grant compagnie.
Fol est qui en ce s’estudie,
28625 Et ce qu’on leur donne est perdu.
Thules dit : « Ja soit ce que tu
Donnes ce qu’on voeult demander, (44 b)
Touttcfois tu dois regarder
S’il est digne du rechevoir
28G3o Le don qu’il desire a avoir,
Ou le don qu’a lui donner tens,
Et qui il est et de quelz gens,
Sa compagnie et son voloir,
Quel compagnie quiert avoir,
■
L
h
r
1
* t-
a 85? 7 donneur corrigé d' après A — 28352 luy
— 2858»» a mûrir corrige d’après
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
........ -«.-MT*/ nr 1 innirnn'
unWuV.à'.u uc uuvihvukw utmtuu
RENART le contrefait
64
28035 Quelz meurs il a et que il pocult,
Quelz sont ses dits et que il voeult. »
Et non pourtant ad ce m’accorde
Selon que Thules le recorde,
Qui m'a par son livre avoyé,
28640 Que bien fait est mieulx employé
En bon povre qu’en malvais riche ;
Thulles le dit, Raison l’affiche:
Ainsi vous poez demener.
Gardés de despens sans donner,
28645 Car je vous dis certainement :
Tel cuide donner qui despent ;
Qu’ilconvient donner son affaire.
Qui sagement le voulra faire.
De malvais riche n’aies cure,
iS63o Car Thulles dit en l’escripture
Que malvais riche cuide bien,
Quant il daigne prendre du tien,
Que il te face grant bonté ;
Et se tu scers a povreté,
28635 Le povre pensera de voir
Que le serves pour Dieu avoir
Et pour charité seulement;
Et si voit bien certainement
Tunel fais mie pour meschief;
28660 Et s’il repoeut venir a chief
Qu’il puista bon heur venir,
Bon amy y poeulx acquérir.
« Maistre, » dist il, « je le sçay bien
Que cellui qui donne le sien [44 cl
28665 Aucuneflois deuement,
Ce n’est mie peu seulement
Courtoisie, mais grans prollis.
Se mon conseil crez et mes ditz,
#
Pensez que quant donné arez,
28670 Quel mérité vous en prenrez,
Ou a quoy il vous poeult valoir,
Ou a joyrou a dolloir.
On ne doit pas pour fol nommer
Qui scet bien sagement donner,
28675 Car ja jour ne prendra le sault
De povreté ne de deffault ;
Car c’est ung des grans sens acquis
Que on ait, selon mon advis,
De bien sçavoir donner apoint.
28680 Estudïés vous en ce point ;
Entens mov, beau filz, entens bien,
Le Maistre dit, or le retien:
« Se tu voculx donner par sçavoir,
Telz dons ne passent ton pooir,
28685 Car se gueredon n’en avoies.
En povreté tu demourroies;
Ne cil rien ne te priseroit
Qui ton don receü aroit ;
Verroit que il seroit perdu
28690 Leur don, se il t’estoit rendu. 0
Entf ans, tendez a pascïence,
C’est une tresbonne science.
Le Maistre dit, bien l’entendez:
« Amy n’anemy ne gabez,
286o3 Ne estrange homme ne nulluy,
Car souvent en advient anuv.
Et gardez vous pour saulver l’ame
Que ne jugiez homme ne femme.
Salemon dit en audience:
28700 « Cil qui d’aultrui donne sentence.
Puis qu’a lui riens n’apartiendra,
De ceulx meismes de lui l’orra. » ( 44 d
Beaulx enffans, et fuiez orgocul;
C'est ung vice dont je me doeul.
28705 Pour avoir que vous acquérez,
Gardez qu’orgoeulleux ne soiez,
Car orgoeul toute grâce eflace,
Neja de rien que aultre face
Ne dira bien ne loera,
28710 Mais du tout se desvoiera.
Ja n’est bon, ne vin, ne viande,
S’a son volloir ne le commande.
Encor s’a son volloir est pris,
Si en fait il aucun mespris.
28715 Nulle riens si ne lui souffist,
Trestout aultrui chose despit.
Meismes le temps voeult solphier,
Et voeult a Dieu contralïcr ;
E^ ses oppinions sont tieulx
28720 Qu’il fesist mieulx que ne fait Dieux.
Ja bon coeur nul ne portera
Ne de coeur ne confortera,
Et s’il voit en vous mesproison
Dont la mort eussiez en prison,
28725 En tous lieux l ira denonchier
En espoir de lui avanchier,
Ne ja pour pooir que aiez.
S’il vous voit, moquié ne soiez.
Bon fait tel compagnie fuir.
28730 Enfîans, gardés vous du sieuir;
Ja ne pensez que vostres soient
F-es richesses qui vous conjoient.
N’en pensez ja vostre nesune.
Boëce nous dit que Fortune
28635 meurs a corrigé d'après A — 28652 tu tien — 28663 le suppléé d'après A — 28686 demouroics.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
QUATRIÈME BRANCHE
28735 Ne poeut tant la face honnorer
Que riens le puisse demourer.
Les bienffais irestous demourront;
Trestous aulires biens partiront.
Enffans, dateur n’acompagniez
28740 Ne secret a lui ne teniez. (45 *i)
Juvenal dit : « Quant il orra
Son amy plourer, il plourra. u
Tel toy, tel lui a tous voians,
Mais son coeur ne s’en doeult ncans.
28745 Ne ja de parler ne soyez
Hastif la ou vous ne doyez.
Pierre Alphons bien le deffent,
Ung clerc qui fu monlt tressïent.
' Il dit : n Ja désirant ne soies
28750 De parler que ainchois ne voies
Se ta responce ou ta requeste
Sera proffitable ou honneste. •
Salomon dist : « Cil qui ne poeut
L.ui constraindre, quant Raison voeut,
28755 De parler, de taire en saison,
Semble la cité sans cloison,
Qui ne poeut nullui retenir ;
Et bien et mai y poeut venir. »»
Pour ce nous dit, enflans, sans ire :
28760 « Qui ne scet taire, il ne scet dire. •>
Pour ce est bon tout faire apoint.
Salomon nous en dit ung point :
Qui garde bouce, il garde s’ame. »
Encor dist il : 0 S'aucun diirame
28765 A en toy ou aucun pcchiet,
Et aultrui en soit cntechiet,
A cellui vices ne reprcns,
Ainchois a toy blâmer cntens.
Et s'aucun blâmes d’aucun vice
2S770 Garde que pour tov ne le dice,
Car en ce fait ton jugement,
Se le Philozophe ne ment :
0 Qui chastie aultrui du sien vice,
Il se tient pour fol et pour nice. •»
28775 Une abbesse jadis cstoit
Sote qui par amour amoit.
Ung soir ot couchié privement
Avecques lui ung sien amant. 1 45 b )
Cest soir, après son rcsveillier,
28780 Oÿst ung huys dcsvcroullier
Et une nonnain et ung prestre
De faire follour toute preste.
Ne voult qu’en venistcnt a chief.
05
Lors voult prendre son coeuvrechïef
28785 Pour eulx jetter de leur emprinse.
Les brayes son amy a prinse ;
Et celle qui avoit grant haste
Les a mis par dessus sa teste.
Les lanières qui y pendoient
28790 Tout au devant ses yeulx estoient.
Dist : « Ordc ribaude prouvée !
Or vous ay je en mal trouvée !
Bien diffames ore nostre ordre ;
De male mort vous feray mordre.
2 S 79 5 Qui tous les menbres vous trairoit,
L’amende mie n’en aroit.
Comment avez ozé ce faire?
Les menbres deussiez avant traire.
Comment ozé penser avez
28800 L’ort pechié dont morir devez,
Que nulle aultre amende il n’y a ?
Fya! fia ! fia ! fia ! »
La nonnain l’abbesse regarde
Qui des brayes ne se prent garde.
28805 Dist : « Dame, ne me blâmez tant,
Mais gardés bien qu’a l’oeul vous pent.
— Qu'il m’y pent, malvaisc nonnain?»»
Lors l abesse a mise la main ;
Les brayes trocuve, et le lanicre.
28810 Dont s’apensa et fu moins fiere.
Lors dist : 0 Amve, celle mov,
Et je celerav aussi toy. »»
Pour ce, enfans, trop ne blâmez,
Ce dont, espoir, blâme serez.
2SS1 5 Et pour ce Cathon si l'ensengne,
Et dist que ung chascun s'astiengno,(^5c)
Et dist : « Ja nulz ne chastiés
Du vice dont estes liez. «
Ne ja ne soiés desirans
28820 Qu’en vostre hostel soient manans
Beaulx aornemens mal acquis.
Car ce est, de ce soiés fiz,
Le miroir qui a mal atrait
Et qui ameet corps perdre fait.
28825 A preudommes moes n'affierent,
Et tous mal nous volentiers quierent
Que leurs hosteulx bien parez soient
Pour le los de ceulx qui le voient.
Sy advint que ung malvais hom
iSSJo Ot bien parée sa maison
De cendaulx et de couvertours
Et de pluseurz aultres atours,
28737 Jemouront — 28744 scn corrige d'après A — 28769 blâme aucun corrigé d'après A — 28 «Soi
Que manque — 28804 sc supplée d'après A — 28822 Ja a preudomme mais n. corrige d'après A.
Tome 1 1 .
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
6 6
RENART LE CONTREFAIT
Si com sont ceulx qui orendroit
Gaignent et a tort et a droit;
28835 N'ont de cuisenchon mais qu’il aient
Honneur et a grant honneur soient,
Et que toudis le monde suivent,
Et a honneur ou monde vivent.
Cil d'avoir honneur se pena,
28840 Et cil en son hostel mena
Par vaine glore seulement,
Pour vëoir son atournement,
Diogcnès, se dit l’istoire,
Preudoms et de bonne memorc,
28845 Qui a Dieu se fut assené.
Cil en sa chambre Ta mené
Ou il avcit monlt grant honnour,
Maint riche drap, maint couvertour
De soye, de gris et de vert,
2S85o II n’y avoit riens descouvert;
En ce lieu avoit maint drap chier.
Lors lui print tallent de rachicr.
Entour lui ne vit qu’il eüst [45 d)
Lieu bon ou rachier il peüst,
28855 Car tout estoit couvert de pris,
De cendal, de vert et de gris,
De palios, de bouguerant.
Cil le plus ort lieu va querant ;
N’y vit plus ort du vis son hostc.
28860 Lors le preudoms vers lui s'acoste,
Si lui racqua en my le viz
Com le lieu que il vit plus vilz,
Car plus ort lieu il ne vëoit
De cellui qui lez lui sëoit.
28865 La cause lui a demandé
Pour quoy ou vis lui a raquié.
Cellui qui ama Dieu de coeur,
Lui en dist selon Dieu le voir,
Car point il ne l’alla doubtant.
28870 Pour ce, enlTans, soiez clervoiant.
Senecques dit, je m’y acords,
Que noble aornement dehors,
C’est mesage a noble pensée
A fol conseil tost acordée.
28875 Encor vous lo que vous chaciez
Ad ce que amer vous faiciez.
C’est ung tresgracïeux honnour
D’avoir de toutes gens l'amour.
C’est a homme ëureuse grâce
28880 Qui de ce scet suïr la trace.
Trop est fol, vilz et anuieux
Qui refuse riens gracieux,
28834 droit et a tort — a8838 ou m. a h. —
plâé d'après A.
Car a en grâce leaulté,
Et si doit avoir feaulté ;
28885 Eeaultéa leaulté sert.
Et sçavez vous comment on pert
Grâce et amour? Vecy la proeuve:
Quant male langue son viz coeuvre,
On en pert toute amour mondaine,
28890 Et si en acquiert on grant paine. {46 a)
Car Cathon nous en dit ung point,
S’il est qui bien le mette apoint,
Que fut de Queux le Seneschaux,
Qui de mesdire fu sichaulx,
28895 Qui ne pooit nullui vëoir
Sur qui ne voulsist assëoir
Mensongne, follour, menterie.
Tel langue puist estre tarie !
Si fut il chevalier yniaulx,
28900 Hardi et courageux et beaulx.
Par sa langue fu decachié.
Et moins amé et moins prisié;
Nul compagnier ne le volloit.
Et sçavez a quoy il tenoit.
28905 Preudhomme et preudefemme furent
Cil qui pere et mere a lui furent,
Sans mesdire et sans vilenie,
Et extrais de bonne lignie.
Mais roy Artus, si comme semble,
28910 Et Queux furent noris ensemble.
Si comme l’escript m’a monstré,
La mere Queux par sa bonté,
Pour bon renom a lui covrir,
Fut commise a Artus nourrir,
28915 Et fut a Queux l’enfant donnée
Nourrice monlt desordonnée,
Mesdisant et de mal renom ;
Nomméement avoit tel nom.
En males nouvelles porter
28920 Toudis se volloit déporter.
Elle l’alaita et nourry
De lui et de son lait pourrv.
De lui print il sa nourreturc
Et sa tresmalvaise nature,
2892 5 Dont il perdi toutes bontés,
Et de pluseurs fu déboutés.
La mere qui Artuz nourry, (46 b\
Ce ne fu pas de lait pourrv,
Car tous biens a lui assambla,
28930 Et Artus bien le resambla.
De tresbonnes meurs et leaulx
Fu nourry, s’en fu monlt feaulx;
28906 Cil sup •
28854 il manque — 28883 en grâce a —
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
QUATRIÈME BRANCHE
Dont fait bon pour eschever vice
Enffans baillier bonne nourrice,
28933 Car maint traient naturelment
A nourreture propprement;
De la nature se trairont
Du lait dont alaitié seront.
Ne s’en doubte nullui vivant;
28040 Dès la prent son commencement,
Bon fait avoir pour enffant cure
A nourrir de bonne peuture,
Car quant a bon commencement,
Il ara bon deflinement.
28045 Enffans, des amis acquérez,
Ou aultrement grâce n’arez;
Tant com porrez, querez amis.
De Salomon en escript lis,
Qui tant fu monlt sage docteur:
289 5o <• Querez, » dist il, « amis pluseur
Et entre mil ung conseillier. »
Cathon qui monlt fist a prisier,
Qui fu philozophe leaî:
« A ton bon compagnon féal
28(j35 Dois tu, » dist il, « ton secret dire,
De ton meshaing a leal mire.
Et ne tiens, et ce tiens de my,
Nesun compte a ton anemv;
Car s’il poeut riens prendre en tes dis,
28960 Gabés en seras et laidis. 0
Encore, enffans, je vous scmon,
Ramembrez vous de Salomon
Qui dit: a Beau filz, ou que tu soies,
Ja homme gabeur ne chastoics ; {46 c)
28905 Soies certain qu’il t’en hairoit,
Et le sage t'en ameroit. »>
Encore dit Jhesus Siraz
Qui tant het fraudes et baraz,
Que fondement de bon coragc
28970 A un homme preudhomme et sage
Est de non voulloir reciter
A destinées contrester ;
Aussi bien dampner se porroit
Ung homs tout seul qui riens n aroit,
289-3 Et fut enfermé proprement
Pour soy deliter seulement,
Car délit néant convenable
Si est une chose dampnable.
Gardez vous, s’en aiez memore,
28980 De deliter en vaine glore,
En gloutonnie, en vanité
67
Ne en nulle charnalité;
Car telle dellectacion
Maine l’homme a dampnacion.
28985 Delitez en Dieu seulement,
Et lui priez dévotement.
Bien devez penser et quérir
De bonne chevance acquérir,
Sique puissiez a honneur vivre.
28990 Geste pensée vous delivre
Et de tresbon sentiersquerir
Par bonne chevance acquérir,
Et se aucun vous voeult dopter,
Et par force le vostre oster
28995 Par plaidoirie ou aultrement,
Bien devez penser proprement
Par soubtillier, par quel endroit,
Comment de lui eschaperoit,
Et net; mie en vain deliter.
29000 Tous vains delitz devez quiter,
Car saint Grégoire nous tesmongne {4O d)
Que ung homs point tant ne s’ensongne
A vertus penser comme a vices.
Cellui qui s’i délité est nices,
29005 Enffans, ne vous y délités,
Car tost faillent les vanités;
Ains soiez quois, asserizié.
Thulles dist: « La loy d’amistié
Est telle que ne demandons
29010 Vanité, et folour taisons,
TraVson, obscurté, folie,
Combien qu’il soit qui nous en prie. »
Senecque qui tant sceut de lettre
Detfent que nul ne s’entremette
29013 Ne de sentir ne de rouver
Ce que ton amy voeult celer.
Encores nous loë en secré
Que n’enquerons aultre degré,
Ne ne le voeullicz reveller.
29020 Laissiez tousjours le tempz aler,
Et choille ton meschief et coeuvre;
Si feras bon sens et bon oeuvre.
A ton seigneur ne te plains pas,
Espoir, il ne te creroitpas,
29025 Car il penscroit, tout de voir,
Que le voulsisiez décevoir,
Par ta complainte et par ton dit.
Or entens que Orace en dit :
« Cculx qui par devant leur seigneur
29030 Souffrent et coeuvrent leur doleur,
i. j.J
• x:
28967 sirac corrigé d'après
— 28971 Et corrigé d'après A
A — 28968 fraude et barat corrigé d'après A — 28970 un manque
29012 vous corrigé d'après A — 29021 tocuvre corrigé d'après A.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
..u.urM.iirv rtf IHOiunttî imairtirV
ÜïMlfty.U Uf MlUtluhn UûKAttJ^
RENARt LE CONTREFAIT
68
Emportent plus assez ou tant
Que ceulx qui s’en vont démentant ; »
Car sc ton seigneur est sachans.
De bien et de mal congnoissans,
29035 Sans plaindre bien le congnoistra
Et plus grant pitié l’en prendra ;
Et s'il est mal et curieux,
Félon, orguilleux et ircux, (4übi* Ji
Le monstrcr tost perdu seroit
29040 Et assez moins chier t’en tiendroit.
Et bien te lo que a malvais
Ne te plains de nulz de tes fais.
Beau filz, sobrement te maintien
Et de gloutonnie t’atien.
29043 Le Philozophc nous raconte,
Qui devoir dire n’a pas honte,
Que honneur est a tov plus grant
Que de soif te voiscs plaignant
Que tu te plaignes de ivresse.
20o3oCc est une joye qui blesse;
Car Gloutonnie a nul n'afliert,
Et cil sepert qui le requiert.
S’atrempance voeulx maintenir,
Tousjours y vaulras contenir.
29033 Especialment d’autre part,
. Le glout n'est amé nulle part.
Dira chascun : « Fuiez, fuiez,
Gardez que ce glout ne sieuez, *»
Toute deshonneur vous feroit
29060 Et de nul bon gré ne sçaroit,
Car viande tant fust parant,
A glout ne seroit souflisant.
Tant com débonnaire est amé,
Autant est le glout dilTamé.
29063 Et s’aucun estrange guerroyé
Ou fait tenchon, en my la voye,
Puis que de riens il ne te touche,
Eslongier le poeulx sans reprouche.
Jhesu Sirac si dist monlt bien :
29070a De ce qui ne te touche rien,
Ne t’enconbres en nulle guise. »
Et Salomon si nous devise :
« Qui d’aultrui vice s’entremet,
Proprement cellui contrefait ;
29073 Qui prent le chien par les oreilles, [40bis b)
S'il le mort, ce n’est pas merveilles. »
Beaulx enflons, se bien entendez,
Ad ce que je vous dis tendez.
Gardez, soicz lyez ou irés;
29080 Que trop souvent vous ne jurez.
Pluseurs sont qui ont tel manière,
Que Dieu n’y homs n’ont mie chiere,
Qu’a chascun mot par contenance.
Qui est tresmalc acoustumance,
29083 Dieu, sains et saintes jureront,
Ne ja pour ce voir ne diront.
Telz gens on ne doit de riens croire,
Qui dient envis chose voire.
Mais pensent croire le feront
29090 Pour ce que tant le jureront ;
Envis ja preudom le crera,
Mais d’eulx tost se départira,
Et se voir disoit propprement.
Si croira ung preudom qu’il nient.
29093 Pour ce, enlfans, de moy tenez;
Jurez le moins que vous porrez,
Car jurers si sont ennuieux;
On en voit peu de gracieux.
A painc a peu a Dieu ira
29iooQui si souvent le jurera.
A paine acquerra grant honneur
Qui si peu prise son seigneur,
Et pluseurs sont qui sans séjour
Le parjurent vingt fois le jour
29105 Ne ja ne s’en repentiront;
L’endemain ce chemin iront.
Et se d’honneur avez envve,
»
Sobrement menez vostre vie.
Deux fois le jour sëcz a table,
291 loCe est vie a Dieu agréable.
Entre deux mengiers buvez tant,
Ce est vyc enfer attraiant, (40bis cj
Ne nul preudom ne prent plaisir
Trois fois le jour a table sir ,
2911 5 C’est vie de glout deshonneste.
Quatre fois, c’est vye de beste.
Et sur tous les commandemens
Que je vous fay, je vous deffens
De vous mettre en amour de femme
29 120 Pour eschever toute diffame,
Especialment en putage.
Ceste chose vault pis que rage,
Car c’est de tous maulx la rachine.
Qui que soit qui s’i enrachine,
29135 Primes se fait glout devenir,
Lui orguilleusement tenir,
Sainte Eglise fait despisier
Et maisc nature atisier;
Car cil qui la si demourra
29i3oJa de bon coeur messe n’orra.
□90?! Car manque — 29071 tcnconbrc — 29082 ny homme — 29110 et 291 12 Ccst — 29129
riemoura.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
QUATRIÈME BRANCHE
Ne de bonne dcvocion
En Dieu n'ara s’intencion ;
Et lui semble que c'est corvée.
Quant au montierfait demeurée.
291 35 II ne poeult un seigneur servir,
Envis poeult honneur acquérir.
Car il ne poeult celle laissier
Qui de tout le fait abaissier,
Et se délité propprement
29140AU délit qui a enfer tent.
En malvais délit qui tost fine.
La s'art en déclinant s'espine :
Il s’i espine, et il s'i joint.
Et en délitant s'art et point ;
29145 En son mcschief il s'esjoÿst,
En ardant se point et ochist ;
Il s'art en ung feu douchercux,
Il se tient rov, le malheureux :
Il se prise de deshonneur, (jW* d\
29150 En gastant s'ame et son honneur,
De honte fait auctorité.
Et honneur tient pour vanité
Et fait par lui ses argumens,
Et absoult tous ses jugemens.
29155 Dira : « Ne suis bougre n'herite,
Ne pappelart ne sodomite;
Je fay trestout ouvertement,
Point ne le fay couvertcment :
Telz gens comme suis ayme Dieux. «
201 60 Sa sentence en est orez tieux :
Et qui d’un aultre lui diroit,
Aultre jugement en feroit.
Et le tenroit pour fol sans double.
Or voit on bien qu’il ne voit goûte;
291(0 Cil trop malvais jugement fait.
Qui juge aultrui de son méfiait.
S'il dit : « Bougre ne suis je mie, »>
Et de quoy amend'il sa vve ?
Guerrie Dieu parfaitement
291 70 Qui fait pechié ouvertement;
Encor le vaulroit mieulx couvrir
Qu’ouvertement a tous ouvrir.
Nul ne poeult en pis remanoir
Qu’estre en pechié sans honte avoir.
291 75 Qui n’a honte de son pechie
A mal IVen est atachié ;
Et s'il advient que la soyez
Et en ceste dollour chayez,
Qu’an aise est nature acomplic,
29180 A ung homme dura sa vie,
Sans luv mesler de cest mestier,
f>()
Mais il v a bon recouvrier.
•
Quant vous en sentirez lÿez,
Fuyez, entons, fuyez, fuyez,
29iS5Combien quelecoeur vouscndoeulle.
N’est art, medecine ne foeulle {4- j)
Dont vous puissiez si bien joVr
Comme du tout en tout fuvr.
é
Le clerc qui fist cestui rommant
29190 En sccut bien lire proprement,
Car tant y fust longue saison
Sans prendre conseil a Raison.
De Raison point ne lui souvint
Tant comme en cel estât se tint
29195 Et tant com il y sommeilla.
Mais si tost comme il s’esveilla,
Deslié se trouva et soculx,
De son temps perdu tout honteux
Et delà male contenue
29200 Qui si longues l'avoit tenue,
Adonc vit goûte n’ot vell
Tant com il ot ce mal eU.
Trop envis a bonne fin viennent
Ceulx qui celle vie maintiennent.
29205 II en pert honneur et chevance,
Chaté, sens, force et conscience
Et toute bonne compagnie,
Et si en acourcist sa vie.
Et l'homme qui bien cler verroit,
29210 A grant ordure le tenrroit :
Ordure est et foie despence
Etdcflault de toute science.
Et ce voit chascun en appert
Que quanequez on y met, on pert.
202 1 5 Honnie soit tel tirelire
Qui ame et corps et vie empire;
C'est la souveraine folie
Que homs face, saulve sa vie.
A cheste fois, plus n’en orrez;
29220 S'estes sages, vous me crerez,
Car grant meschief forment acroient
EnfTans qui leur pcrc ne croient.
Et si sont il pluseurs enflans (47 b)
Qui pensent avoir plus de sens,
2 * 1 2 2 5 Plus de memore et de sçavoir
Que leur pere ne pot avoir.
Et grant vergongne leur en prent
Quant leur pore en riens les reprent,
Et si tiennent a grant despit
29230 Chatoy que leur pere leur dit.
Et atantde ce je me tais
Fors tant q'ung exemple en retrais
29143 il manque — 29155 ne h. — 29169 Cil guerrie — 29213 telle.
1
■
►
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
Af UIAiftirtftti imcviC.trV
UÎMtKWU Vif MIUitiUiKrt UttKAtUT-i
7°
RENART LE CONTREFAIT
D’un varlet qu’ot nom Ycarus
Qui estoit filz de Dedalus,
29235 Au temps d’Alixandre le Grant,
Si com ri store le m’aprent.
Filz de Dedalus cil estoit
Qui toute s’entente metoit
A faire grans subtilités
29240 Et y pensoit trestout adès;
Tant art et tant science aprist
Qu’il sceut plus que homs qui vesquist,
Et par subtilité vola.
Esles fist, et puis les cola
29245 A poy, a gluy et a chiment;
Tant y ouvra subtillement,
Et si bien ses plumes colloit
Que la ou voulloit il voloit.
Pluseurs fois fist ceste maniéré,
292 5o Ne nul adonc si sage n'yere
Qui cel art seusist recouvrer,
Ne nul qui en osast ouvrer.
Ycarus, son filz, le voult faire ;
Ung jour lui dist, ne s’en pot taire :
29255 « Beau pere, prier vous voulroie
De l’art que volentiers prendroie,
Que sur moy eslez mesisiez
Et a voler m’apresisiez.
— Beau filz, de toy multiplier
29260 Ne me convient il pas prier, (4? c)
Car assez tost t’apprenderay
Et volentiers y tenderay.
Riens ne te demand nullement
Fors faites mon commandement.
29265 Fay tout ce que je te diray,
Et va le chemin que g’iray.
Se tu le fais, tu es garis.
Se ne le fais, tu es péris :
Ne croy ton penser ne ton coeur,
29270 De tous biens seroies mis foeur.
— Pere, je suiray volentier
Et vo chemin et vo sentier ;
G’iray par la ou vous irez,
Et fe ray ce que voulrez. »
29275 Sur celle esperance et ce dit,
Dedalus, son pere, lui dit :
« Filz, » dist il» a mon sentier iras,
Plus hault ne plus bas ne suirras,
Car se tu voloies trop hault,
29280 Tes esles fondroient au chault :
Naturellement n’y sont mie,
Ainsi porroies perdre vie.
Et se tu voloies trop bas,
Ly air ne te porteroit pas.
29285 Siques par la voye moienne
Voeulx,filz,quetutiengnestonrengne,
Car quicuncques est forvoyé,
Par la moyenne est ravoyé;
Se cestui chemin voeulx tenir,
29290 Je t’asseure de non périr. »
Tout ainsi a voler se prindrent ;
Le chemin en l’air moien tindrent.
Le pere devant conduisoit,
Et le filz après le sieuoit.
29295 Ainsi que comme ilz s’en voloient
Et au voler que ilz faisoient,
Le filz forment se deduisoit ; [47 4*
Advis lui fu riens nel nuisoit,
Et pensa : « Mon pere nel voeult
29300 Voler pour ce que il ne poeult.
Vieulx est, si ne poeult voler hault,
Et se faint, ce est pour le chault.
Et je sens que bien voleray,
Pour ce de ce ne le creray,
29305 Et bien sens ne me poeut grever. »
Adont se vault amont lever;
Ses esles tent en contremont.
Tantost le vent l'eslieve amont,
Et si vault surmonter son pere,
29310 Et que plus hault de lui appere.
Tous les chastiemens oublia
Que son pere mal emploia.
Dessus son pere vola hault
En tel maniéré que le chault
29315 Dedens ses esles se ferv.
La chire rompt, le gluy pery,
La poye a quoy les pennes tindrent,—
Pour le chault toutes se destindrent,—
La poye prinst a degouter,
29320 Et cil va chëoir en la mer.
Le vent ses plumes bestourna.
Et le pere s’en retourna,
Qui moyen chemin vault aller.
Et le filz se tint en la mer; [4$ ‘7Ï
29325 Se toute la but, il n’ot garde.
Beau filz, tout ainsi teprens garde,
Qu’ainsi com faire me verras
Trestout ainsi tu le feras,
Et tout ainsi prendras ta prove,
29330 Com verras que prendray la move.
Enffans, oez et retenez
Et tous bons dits a bien tenez.
— 27280 fonderoient corrigé d'après A —
29278 Ne plus hault ne plus bas niras corrigé d'après A
29295 que suppléé d'après A.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
QUATRIÈME BRANCHE
S’un sage vous dit une chose,
Prenez la texte et puis la glose.
2p335 Glosez a quoy se poeut monter,
Et gardés vous bien de tourner
Et ses paroles et ses ditz
A vo voloir, a vos desdis
N'a vostre delectacion;
29340 Et ayez vostre intencion
Que aussitost vous est contraire
Ce qu’il dit que pour vous bien faire ;
Pour quoy riens ne dois escouter
Que tu ne doyes sus gloser.
29345 Le conte Ferrant et sa mere.
Quant leur dit la parole amere
Plaine de venin et de fiel
L’Anemy qui chey du ciel,
Le dit, ilz ne glosèrent mie.
29350 Cy devant en avez la vye.
Aussi ne fist le cler Virgille.
Si n’ot il mie en nulle ville
Si sage clerc ne si sciant,
Si soubtil ne si cler veant.
29355 Si faillit il bien a gloser,
Ainchois voult tout le dit l'oser.
Vous orrez comment mal glosa,
Et comment mal il se garda.
Virgille plus fu sapiens,
29360 Plus clerc, plus sage et plus scïens
Que nul qui a son temps vesquist ,(4Wj
Et plus de grans merveillez fist.
Pour voir il fist de grans merveillez;
Homs naturel ne fist pareillez.
29365 Et si fut il bien decheü
Cil qui fut tant sage scell.
Ung peu de son sens vous dirav,
Et puis aprez je vous liray
Comment déchut fut sans fausser
29370 Tout par deffault de bien gloser,
Combien qu'il fut de grans sens duitz.
Il fist de Naplez les conduitz;
Par soubz terre de pierre estoient
Qui vin grec a Romme livroient:
29375 De dix journéez la venoit
Par les conduitz que fait avoit.
Il fist ung pont sur la riviere,
Que ad ce tempz si sage n’yere
Qui sceust de quoy fait il estoit,
29380 Ne dont le fondement venoit,
Et comment la pierre on y mist.
Cil une mouche d'arain fist,
Que toutes mouches qui estoient
Icelle approchier ne pouoient
29385 D’un jet d’une pierre tenant
Qu'elz ne morussent maintenant.
Il refist ung cheval d’arain,
Que tout cheval plain de mehain
Tantost que ce cheval vëoient,
2<)3qo De ce mehaing se garissoient.
En my Romme ung mirèor fist
Et tout en my Romme le mist,
Que tous ceulx qui le regardoient
D’une journée voir pouoient
29395 Toute humaine créature
Qui avoit volenté ou cure
De Romme nuire ou de grever;
La le porrent vir et trouver. {48 c)
I liée vëoit on qui venoit
29400 A Romme ou qui nuire y vouloit.
Mainte grant chose faire osa;
Or oyez comment mal gloza.
A une dame du pays
Fut il par grant amour bays,
29405 Et a grant merveillez l’ama,
Et son coeur en elle sema ;
Pluseurs fois en veille et en pense
Tant qu’il en pert la contenance.
Celle dame est de grant atour
29410 Et demouroit en une tour
Qui fut plus haute de dix lances.
Cil qui la mist ses contenances
Lui tramist u«e mesagiere
Qui de s’amour lui fist prïere
2941 5 Que elle le voulsist amer
Et de fait son amy clamer;
Et se elle vouloit richesses,
Terrïennetés et noblesses,
Tant l’en douroit, a dire voir,
29420 Que elle en bien voulroit avoir.
Celle qui eust le coeur faintis,
Qui eust au coeur monlt de despis.
Et lui manda par malvais tour
Que elle bien volloit s’amour,
29425 Et que sa voulenté feroit
Et que de coeur bien l’ameroit ;
Mais ne pooit a lui aller.
Mais s’il se volloit tant pener
Et que trop il ne lui anuit,
2943oTantost quant viendra a minuit,
29338 vo desdis — 29347 et de miel — 2g35o Cf. plus haut v. 2743-2788 — 29384 Celle — 29386
Quel morusse — 29391 miroir — 29397 ou greuer — 29399 on manque — 29400 A manque — 29420
bien manque — 29421 faintif — 29422 despit.
• t:
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
RENART LE CONTREFAIT
72
Qu’il venist au pié de la tour;
La mettroit apoint son atour.
Une corbeille descendroit,
Et Virgille cns se metteroit
20435 « Et amont tantost vous trairons, U# il
S'il vous plaist, ainsi le ferons;
A tirer ne faulrons nous mie.
Ainsi l’ordonne vostre amie. »
Cil ne pensa, ne ne glosa.
29440 Tant a celle dame pensa,
A la tour est la nuit venus.
lllecques s’est tous quois tenus.
Et tant se vault illec tenir
Qu’il vit la corbeille venir;
20445 Et cil s’est tost dedens bouté,
Adont fut il amont tiré.
Quant au droit millieu fut saquié,
Adont illec fut atacquié
Qu’il ne pot monter n’avaller.
20450 Or poeult illec des mains voiler;
Etillecques lÿez se tint.
Jusques par tout le beau jour vint.
Tout le mondes v est venu
•
Etchascun s’est illec tenu ;
29435 Disoient : « Vezcy grant merveille !
Vëez Virgille en la corbeille î •>
Virgille qui tant ot sçavoir
Pot illecquez grant honte avoir.
Et toute Rommc y acourut,
29460 A ungchascun cecy parut.
Et quant le mydi fu allé,
Adonc fu de corde aval lé. 179 j)
Et se il eust le mot glosé,
N’eust point illec esté posé,
20465 Quant elle dit : « Vous entrerez.
Et puis amont tirez serez. «
Il fut tiré amont pour voir.
Mais n'acheva pas son volloir,
Car bien convent elle lui tint ;
29470 Mais mal la parole retint
Entre monter et parmonter.
Cil mot affiert a monlt douter
S'il eüst dit : « Vous monterez,
Jusqu’à sauveté me metrez. »
29475 Par peu penser fu decheü
Cil qui fu tant sage sceü.
Se a le lin pensé eüst,
La honte demourée fust.
Non fist la dame ennisun point;
29480 En son volloir ne glosa point,
29432 metteroit — 29433 monde — 29451, Et
les v.
Car s’elle eust monlt bien glosé,
Ne eust point le fait achevé.
Se bien eust volu espanir
Les maulxqui en porrent venir
29485 D’un clerc si sage ainsi lober.
Avant eust laissié desrober
Et sa robe et son pelichon
Que s'acordast a tel lichon.
l'oint ne pensa ne seust choisir
29490 A quelle fin en deust venir;
Et la fin je vous en diray
Et tout par my le voir iray.
Quant Virgille fut avalé.
De son meschief fut demalé
29495 Et de honte qu’il pot avoir:
Lors prisa monlt peu son savoir,
Et dit jamais ne s’ara chier,
Se de ce ne se poeut vengier.
Et lors mist sa science en coche;
2q5oo Comme a la chose qui lui touche (4g b)
Il y a pensé et dité.
Lors fist qu’en toute la cité
De dis lieuées tout a point
11 ne demoura de feu point ;
29505 Tout fust estaint sans detrier.
Lors fist par ung varlet crier :
Qui du feu voulroit acquérir
Le voit a tel dame quérir :
Entre scs jambes en ara,
29510 Ne ailleurs n’en recouvera,
Nul ne sceust ailleurs feu trouver.
Qui dont veVst la gent ouvrer,
T antost fu celle tour brisée
Et celle grant dame escourssée.
29 5 1 5 Droit en my la ville fu mise,
Et en ung hault lieu fu asize.
Illec chascun son con tenoit
Et chascun du feu y prenoit;
A son con chandeilles metoient
29520 Et a son con les alumoient,
Et cil qui alumé avoit
A aultrui aidicr n'en pooit.
Il n’en pooit aidier nullui,
N’en avoit mestier que a lui.
2952? Celle fu illec ordonnée
Tout le jour de la matinée
Jusquez il fut la nuit obscure,
Toute nue sans couverture.
Toutes jour chandeilles boutoient
29330 Et toute jour les alumoient,
manque — 29464 illecques — 29529 Toutes — 29330
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
QUATRIEME BRANCHE
?3
Chascun le vit en cest ordon.
Ainsi en eust cest gueredon;
Lors soy présent gueredon fi st
Celle qui en otgrant despit.
29535 Encor aultrement se déchut
Cil qui trop petit s’apperchut,
Qui tant sceut science et clcrgie.
Il sceut toute l'astronomie, >40 ci
Souveraine des sept sciences,
29540 Plaine de trestoutes substances.
Astronomie est la maistresse
Et des sept la gouverneresse :
Le premier qui y fut voc
Ce fu Sem qui fu filz Noé,
29545 Qui de droit coeur y entendit ;
Et Dieu cel art si lui tendit.
Et cil ot de cel art le don.
Et aprez lui le sceut Cathon.
Aprez Cathon, Platon lesceust,
2o35o Qui si grant science en lui eut.
Virgille fut aprez iceulx
Qui en fu maistre naturculx.
Par cellui maistre fu sccü
Et par peu gloser decheü.
20555 Si fut il maistre des gloseurs
Et des liseurs et des docteurs.
Et si fut par parole obscure
Mise au nient toute sa nature.
Combien que maulx sceut retarder,
29560 lllec ne s’en pot il garder.
Je dy en ce mal qu’il ne pot,
Mais je voeul dire qu’il ne sot;
Si sceut, mais ne s’en advisa.
Et sa science despisa,
2q565 Despisa, a droit recorder,
Pour ce qu’il n’y daigna penser,
Car si grant maistre se cuidoit,
Et pour ce il s’outrecuidoit.
Si ne daigna prester science ;
29370 Si chey en oultrecuidance,
Car qui sa science desprise,
Sa science petit le prise.
Adont si fault a son esmer,
Sa science ne doit blasmer,
29575 Mais lui qui penser n’v daigna
Et par orgoeul le desdaigna, (4/4 J j
Je vous en voeul icv compter
Et de ce vous voeul raconter
Comment par orgoeul ne crut mie
. science ne sa clergie.
Science adès bonne sera.
29558 néant.
Pour malvais point ne cessera ,
Qui le voeult croire, si le croye.
Et qui voeult forvoycr, forvoie.
2o5R5 Mais pour forvov que nuilui face,
Science n’en croit ny abaisse.
Se Virgille folie crut,
Et point sa science ne crut,
Doit on sa science blasmer?
29590 Non, non, mais le bien dilfamer.
Encor crut il plus son contraire
Que science ne fist pas faire.
Il fist une teste darain
Faite par tel sens, par tel main
29595 Que quaneques on lui demandoit
Du temps que advenir estoit,
Qui en vouloit le voir sçavoir,
Ceste teste en disoit le voir.
Ung jourdeust hors de Romme aller,
29600 Qu’il ne pot la voye celer,
Pour grandes bezongnes cellées,
Et fut plus loing de trois journées,
En ung mois de septembre advint.
Adont il a sa teste vint :
29605 « Je demand, » dist il, « que feray ?
Se en santé retournerav
Et se j aray point maladie
Qui medove acourchier ma vie?»
La teste lui a respondu :
29610 «. Ainsi, u dist elle, « saches tu
Que n’y aras mal ne moleste,
Se tu voeulx bien garder ta teste;
Et se ne le scez bien garder,
Mal te venrratout sansdoubter. » (5oa)
29615 Dist cellui: « Bien le garderav.
Avec moy la clef porteray. »
Lors a tantost sa teste prise,
En une fort vante l'a mise,
La plus forte que nul sceust querre :
29620 De chaines et de clefs l’ensserre,
Que se trestoute Romme ardit.
Pour ce sa teste ne perdit :
«• Or seras, » dist il, « bien gardée. »>
Adoncquez feïst son allée:
296*5 Au cheminer tantost se mist,
Et au retourner que il fist,
Le soleil fust en sa haulteur
Et en sa tresgrande chaleur,
Et si grant chault aval jettoit
2 96 3 o Que tout en ardeur se metoit.
On ne le pooit contrester,
Ne nul ne pooit hors ester
b
Digitized by
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
“L UïMLUj’.u ur tmutuviKrt uüMtuu
74
RENART LE CONTREFAIT
Que le chault tout ne l’eschaufast,
Et que le corpz ne lui gastast.
29635 Virgille tousjours chevaucha ;
La challeur de lui s'aprocha,
Et au chief si grant mal lui mist
Que^trestout le cervel lui cuist,
Qu'a Romme ne pot revenir,
29640 Car la mort le fist amatir.
Et si ne pot estre autrement,
Et s’il eust glosé sagement,
Quant il ot faite sa requeste,
11 lui fut dit : « Garde ta teste. »
29645 Se sa teste gardée eüst,
Ja si trestot mort il ne fust.
Mais il s’en passa sinplement,
29662 aultre manque.
Et print le teuxte seulement.
Combien que gloser bien sceüst,
2o65oTresmal advis par lui prins fust.
Pour ce, enffans, advisez soyez ; ( 5o b\
Sophicques choses ne croyez,
Car le teuxte souvent poeut faire
Ce dont la glose est au contraire,
29655 Et monlt souvent dient les sages
Paroles qui ont deux visages,
Et bon y fait considérer
Qui voeult en paix vivre et durer.
Aultrefois vous enparlerav:
29660 De ceste matière tairay.
Sien irons en aultre cure
Quérir aucune aultre adventure. »
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
CINQUIEME BRANCHE
« Perche Haye, tu es amé,
Si dois estre le plus séné.
29665 Avecques moy tu t’en venras :
Si com je feray, tu feras,
Et prendras si com je prenrav,
Et comme aultrefois dit le t’av. -
#
Lors s’est Regnart acheminé,
29670 Son filz a avec lui mené.
Entrés se sont en une ville.
Il fut feste sainte Penphile
Que les vilains oizeuxestoient
Et par ces gardins se gesoient;
29675 Gardoient leurs clos et courtilz,
Radoubans leurs vielz baubeliz,
Et dampt Constant, le filz Regnier,
Faisoit en son mez ung panier;
Ses guelines lez lui avoit,
29680 Et le vilain monlt bien sçavoit,
Et pour ce qu’il fut mal haitié,
Se fut soubz l’avant toit muchié.
lllec s’est alé asseoir
Tant que Regnart nel pot vcoir.
29685 Les guelines monlt regardoit
Poiîr ce que monlt grant fain avoit.
Son filz appella coyement :
a Perche Haye,ore vieng avant. (5o c)
Bien sagement te contenrras :
29690 Ainsi com je feray, feras;
Ainsi com je prenray la moye,
Preng l'autre, puis t’en vas ta voye,
Et si n’y quier point de delay.
— Beau pere, ainsi je le feray,
29695 Puis que vous le m’alez disant. »
Adoncquez Regnart sault avant
Qui ne fut ne niche ne fol.
Une gline aert par le col,
Et si entre ses dens le trait,
29700 Qu’elle ne crie ne ne brait.
Braire et crier tout lui toilly,
En la granche atout s’en fuj*;
Par senz l’emporte sagement.
Et Perche Haye une aultre en prent
29705 Par le dos et le houchepine.
Lors prent a braire la geline,
Car il ne l’a pas apoint prins.
Par dessoubz la porte s est mis
Atout le peuple qui crioit.
29710 Si tost comme le vilain l’oit
Ainsiques, la geline braire,
Lors se lieve et vit bien l’affaire.
Bien a Perche Haye veU,
Mais Regnart n’a yl point seU.
20715 Dist le vilain : a Par saint Martin,
Regnart, tu levas trop matin!
Ne t’aidera barat ne guille. »
Lors le vilain coeurt en la ville,
Dessoubz l’ourme ou lez autres sirent.
29720 Plus de bourdes que de voir dirent,
N’oncquez de bonne intencion
Il n’y ot faite mencion
Fors que de l’un l’autre enseignier
Pour tous leurs maistres engignier,
29725 De faire faintises journées (5o d)
Et de desirer les vesprées,
De séoir longues au disner,
Et puis prendre le ressiner,
Et puis faire lâche journée,
29730 Tant qu’elle soit toute en allée,
D’ouvrer tousdis faintisement
Et d’estre en estant longuement,
29688 or — 29691 la moy — 29694 je manque — 29698 geline — 29711 La geline a. — 29714 veu
corrigé d'après A — 29723 que suppléé d'après A.
Digitized by
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
REKART LE CONTREFAIT
76
Aler mener leur vache paistre
A la journée de leur maistre,
29-35 Leurs aisemens faire aguisier,
Souvent avant, souvent arrier,
Et faire souvent relevée
Pour apetinchier leur journée,
A leur tache bien tuer s’osent,
29740 A leur journée se reposent.
S’ilz est nouvelle qu’ilz le sachent,
Toute leur force leur bien cachent,
Et chascun son bon labeur coeuvrc
Tant que ilz soient en leur oeuvre:
29745 En aultrui oeuvre tout deslient
Et en la leur n’est riens qu’ilz dient;
Parler ne rire on ne les oit,
Se le jour trestout l’an duroit.
De tout ce consille parloient
29750 Les villains qui soubz l’orme estoient,
L’un l’autre pour bien tesmongnier
Et de jurer, s’il est mestier,
Se leur maistre les vient vëoir
Ou se vient delez eulx seoir,
29753 Faire le preu et ouvrer fort.
Trestous furent a cest acord ;
Et le vilain crie a grant cry :
«< Or ça, Constant I Or ça, Landry!
Or ça, Michiel! Or ça, Bernard!
29760 Car par le ventre saint Lienard,
Regnart qui tant fait mesproison
Si est bouté en ma maison. (5/ a)
Une geline en a portée.
En nostre granche l’a boutée.
29765 Or sus! gardez ne vous faigniez,
Car huy sera il engigniez,
Cil qui tout le monde déchoit.
Chascun courre et venir y doit ;
Encor y est, j’en suis certains. »>
29770 Qui donc oVst parler villains,
Especialment pour le dit
Que ce estoit pour leur profïit.
Pour ce sont tous escrïés
Que Regnart est mal arrivez,
29775 Ne lui vaulra malicïer.
Chascun coeurt ses chiens deslïer,
Et vont criant comme dragon;
N’y a sens, mesure n’ordon,
Ne scevent sens, raison ne foy ;
29780 C’est quanqu'ilz scevent :« Paiezmoy !.»
Qui vëyst vilains fremïer,
Et leurs saullers bien relier,
Et leurs estiviaulx ravoler,
29786 ulz — 29827 donc.
Digitized by Google
Et peux esrachier et doler,
29785 Et leurs serpes mettre a leurz culz,
Selon leurs coustumes et uz,
Et jurer les entraillez Dé,
Telz gens doivent estre douté.
Regnart oV vilains tenchier,
29790 Et bien scet dès le coninencier (5/ b\
Que son filz emporta la proye.
Que il venroit par ceste voye :
« Mal a fait mon conmandement
Que dit lui avoye souvent.
29795 Or vov qu’il l'en convient morir;
Nulle riens ne l’en poeut garir.
Par s'enflance et par sa folie
Convient que il perde la vie,
Et je en suis en adventure.
29800 De telz soûlas je n’eusse cure;
On me doit bien tenir pour beste.
Mais, par les deux yeulx de ma teste,
J’ayme mieulx, et faire le doy,
La mort soit sur lui que sur mov.
29805 Se ung millier de filz avoye
Et la mort prez moy je sentove,
Tout douroye, et el me quitast;
Ne vis onequez nul qui amast
Mieulx autre de lui qui fust sage,
29810 Et say je tout plain d’avantage
Que de lui ne me doit challoir.
Se il moeurt par son fol sçavoir,
Tout plain d'aultres suis a l’hostel
Qui sont aussi plaisant ou tel;
29815 Et se n avoye plus de beaulx,
Si av je encore les marteaulx
A quoy fut fais pour autre faire.
Encore est entière l’aumaire,
Et sa mere a encor l’enclume
29820 Qui mes marteaulx ne prise plume.
L’enclume ne puis enpiricr,
Tant sache batre ne hauyer;
Ne du perdre n’ay je pouoir.
Donc doy bien esperance avoir :
29825 Se j’en pers ung, j'en aray deux
Se je voeul bien entendre a eulx.
Plus ne m’en esbahiray don. (5 r c)
Or en prengne son gueredon:
N’ay plus loisir de detrïer,
29830 Car j’ay oV vilains crier. »
Regnart oV que le pourpris
Orent ja les vilains pourpris,
Ne eust pertuis que on seüst
Que tresbien estoupé ne fust,
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
Cinquième branché
2<jS35 Fors ung seul que ireshien gardoient;
Leurs grans chiens la laissiet avoient.
Or a Regnart mestier d’ayeue,
Qui monlt souvent son filz argue :
« Or tost, » dist Regnart, « haste toy,
29840 Et ne fay plus cy de delav. »»
Adonc cil qui fu plain d’enffance,
Prinst sa proye, ist hors de la granche.
Tantost que les vilains le virent,
A leurs chiens tost prendre le tirent;
2**845 Tous ensanble s'i assemblèrent.
Tost fu prins et tost l’estranglerent.
Mort remportèrent a grant jovc,
Chascun s’esjoïst et festoie,
Bien cuident cstre en bon eiïr.
2g85o Dient : « Or sommes nous asseur
De Regnart qui tant nous a nuit. »»
Adoncquez remportèrent tuit,
Grant joye et grant feste en firent .(5/</)
En my le champ ou feu l'ardirent,
2o855 Et a tabours et a carolles;
Monlt y ot de foies parolles.
Vilains entour le feu dansoient,
Et sotement se dcmenoient.
Regnart vit bien trestous scs fais,
29860 Mais pour paour de mort s'est tais.
Quant ilz eulrent fait cest affaire,
Chascun s’en va en son repaire.
Lors Regnart, quant nul n’a veü,
De la granche s'est esmcü ;
2<j865 A son hostel tout droit s'esmoeut :
Ainsiques fait, qui mieulx ne poeut.
En son hostel si demourra
Et dit que illecques sera
Jusquez cest y ver soit passe
29870 Et son meschief soit trespassé.
Cest compte cy si se taira,
Et ung aultre conte en fera
Le Clerc qui cestui livre a fait,
Qui est Regnart ie Contrefait.
29875 Oncquez mais on n'en vit nulz telz;
Comment il fu, or entendez.
On doit amer et chier tenir
Ceulx qui voeullent a bien venir,
Qui tendent a honneur avoir,
29880 A Grâce acquerrc et a sçavoir,
Qu’a peu a honte poeult venir
Cil qui tent a honneur quervr,
Car a quérir honneur et terre
?:
Il convient premier Grâce acquerrc ;
2988? Car Grâce est le commencement
D’avoir honneur et sauvement,
Et cellui qui poeut Grâce acquerrc, (52 j)
De tresbonne heure vint sur terre,
Car envis est qui Grâce porte
29S90 Que il passe d’infer la porte;
DetTault n’ara de biens terriens
Ne ne chcrra en maulx liens.
Ne ja povreté ne verra
Qui bonnement Grâce acquerra.
29895 Grâce descent d Humilité
Qui est propre soeur Charité,
Car cil qui a Grâce de Dieu
Sans Charité n'est en nul lieu,
Car de Grâce naist Pascïence,
29900 Naist de Pascïence Abstinence,
Beau Parler et Beau Saluer,
Et avecque ce Bien Amer.
Gracieux ayment loialment,
Gracieux donnent bonnement;
29905 De Grâce vient toute Bonté,
Toute Bonne Société,
Bonne Fin et Bonne Espérance;
Toute Bonne Persévérance
Troeuve de Grâce les sentiers.
29910 Benoit soit qui Grâce premiers
En cest pays nous aporta,
Par qui vint et qui l’envoya.
Ce fu celle en qui sans doubler
Le vray Dieu se vint hosteler,
29915 Celle qui par son grant mérité,
Pere, Filz et saint Esperite,
Et au porter se déporta,
Et ung seul enfTant aporta
Envelopé de char humaine,
29920 Pour nous jetter tous hors de paine;
Celle en qui trestous biens habunde ;
Celle aporta la Grâce au monde;
De la vint la Grâce première.
Pour ce lo que chascun l’acquiere ; (52 b)
29923 Et chascun le poeult recouvrer
Qui voeult celle dame honnourer,
Et envis recouvrer le poeult,
S’amer et servir ne le voeult.
Quicuncques le vouldra servir
29930 De chascun se fera chierir.
Monlt est cil plain de grant sçavoir
Qui envers tous fait son devoir,
Et plus, cil qui se scet garder,
29847 Monlt corrigé d'après À — 29877 On lit en rubrique : Histork — 29880 a manque — 2<)88.i
le manque — 29900 Naist manque — 29902 avec.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
7»
RENART le contrefait
Qui tous ses maulx scet retarder;
29935 Car qui en ce sciecle voeut vivre.
Divers chemins lui convient suivre,
Divers fais et divers corages.
Envis poeult homs, se monlt n’est sages,
Lui garder en nulle maniéré
29940 Que malvais tempes ne le fiere.
Temptez est homs par maintz aguez,
Combien qu’il soit saillant et guez ;
Mais le plus si sont decheü,
Se Dieu me doint bonne vertu,
29945 Par bourdes et par fol semblant;
C’est ce qui va les coeurs emblant.
Honnie soit bourde qui nuit
Et trestout faulx semblant qui cuit !
Mains en y a qui bourder seullent,
29950 Mais dechevoir aultrui ne voeullent.
Monlt est bourde bonne a oJ*r,
Quant point ne nuit, ains fait joÿr.
Maintes bourdes sont gracïeuzes,
Et sans nuire, et si sont joyeuzes;
29955 Mieulx vallent, qui bien les scet dire,
Que ne fait ung grant voir plain d’ire.
Car pluseurs voirs si sont pervers,
De hayne et de mal couvers.
Pour ce vault bourde gracïeuze
29960 Myeulx que vérité ennuieuze,
Et maint sont qui dient le voir (Ja cl
Que nulz ne voeult lez eulx manoir;
Et belle bourde et bien assize
N’est pas tousjourz derrier l'huis mize,
29965 Mais est souvent ramenteüc,
Et si fait a pluseurs ayeue;
Meismes a la complexion
Fait elle recreacion,
Car et joye et lëesse suivre
29970 Si fait l’homme longuement vivre.
Fol de Grâce dire n’a cure,
Et s'il le dit, c’est adventure ;
Folz sont meisme en voir ennuieux.
Envis est ung fol gracieux.
299-5 Bon fait bonne parole oVr,
Puis que on s’en poeult esjoïr,
Et meilleur, quant elle proffite.
Et pour ce, vous sera jaditte
Une parole et ung ditié
29980 Qui convenra a amistié,
Et si porra bien proffiter,
Et s’i porr’an bien déliter,
Car qui se chastie en oyant,
Mieux lui vault que en mal goant.
29985 Pour ce sont ramentus les fais
Que on a ou temps passé fais,
Le bien, pour ce que on le suie,
Le mal, aflin que on le fuie.
Regnart que maint a bourdeur tiennent
29990 Si dit que maintz preudommes viennent
A la voie d’apetinchier,
Par defTault de bien adviser,
Car se memore bien eüssent
Des fais passez, comme ilz deüssent,
29995 Et bien les eussent a coeur,
Tel fust chiez lui qui en est foeur;
Et tel n’avoit vaillant ung grain,
Qui bien a prins a dens le frain, (52 d)
Et si l’a si bien maintenu,
3oooo Qu’il est la ou voulloit venu,
Tant qu’il en est a honneur mis.
Pour ce, doit chascun avoir mis
Son coeur en anchïenne histoire
Et en avoir au coeur mémoire,
3ooo5 Comment telz gens decheüs furent,
Et comment telz gens monter durent ;
Comment morurent et vesquirent,
Pour quoy en leur estât se tindrent.
Regnart qui mainte gent déchut,
3ooio Qui maint sobtil fait apperchut,
En la fin fut il decheU.
Si chier ne poeut estre sceü,
Car maint ainchois en engigna.
Et maint homs par lui s'avisa,
3ooi5 Car nul mal n'est dont bien ne viengne,
Ne perte dont aucun ne tiengne.
Puis que a Regnart suis venu
Et de lui est compte tenu,
Poeult estre tel de lui orra
3oo2oQue bon exemple il y prenra.
Au moins les sages le prenront
Et les folz riens n’en retenront,
Car le fol ne scet bien retraire
Et encor en scet il moins faire.
3oo25 Plus est proffit d’asne dompter
Que n’est de sens a fol compter,
Pour ce que riens n’en retenra ;
Ja a ma lichon ne venra,
Car ce seroit paine perdue.
3oo3o Long temps se tint Regnart en mue.
Dès donc que son filz fu tué,
Il ne se fut point remué ;
Monlt en a ell grant meschief,
29934 et 29963 Et manque — 20969 Car joye — 2998? se manque — 30007 montèrent corrigé
d'après A — 3oü20 il manque .
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
CINQUIÈME BRANCHE
79
Mais il n'en poeut venir a chief
3oo35 Quand ad ce qu'il en fut vengiez, (53a)
Dont il soufry monlt grant meschiefz.
Mais Nature qui se courouche
Quant homs en couroux longuez grouce,
Nature ne voeut point grouchier,
30040 Ains voeult el rire et solacier.
Quant laisse les maulx convenir
Et lui lyement maintenir,
Sages dient que c’est raison
Que doeul face haVr Raison,
30045 Car doeul faire l’home envieillist
Et de tout son sens afoiblist,
Et oste toute sa sustancc.
Pour ce a Nature forment tence
Qui doeul demaine longuement.
3oo5o Regnart en scet bien le convent;
Quant de son filz se couroucha,
Couroux failli, doeul tost passa.
En son bon estât Regnart fu ;
Joieux s’en fu, du bois issu,
3oo55 Ne fist ne siégé ny arrest
Jusquez il fu en la forest.
La fu Brichemer en déduit;
Avec les biches va en ruit,
Et fu de septembre le mois
3oo6o Que joye ont en tous leurz arrois.
Ce est de toute la saison
Ou plus ont joye oultre raison.
Tanteult Brichemer en lui joye
Que il ne scet que faire doye ;
3oo65 Pour les biches que il amoit,
Nulle riens que joye ne voit.
Bien lui dist le Texcon Grimbertz :
« Ha », dist il, « Brichemer, le Cerfs!
Brichemer, » dist il, « or entens,
30070 En trop liesse a petit sens.
Envis poeult lyesse vëoir
Le lieu ou elle doit seoir. (5JJ b)
Envis poeut bien sentier tenir
Qui liesse voeult maintenir.
300-5 S’en bien se tient, petit lui dure :
Trop liesse est en adventure;
A trop liesse ne souvient
Du mal qui par Fortune vient ;
Trop liesse ne scet ou est ;
3oo8oTrop liesse ne scet que fait ;
Trop liesse goûte ne voit ;
Trop liesse ne s’apperchoit;
Trop liesee ne scet servir
Ne nulle grâce desservir ;
30040 el manque — 30076 est manque.
Digitized by Google
3oo85Trop liesse péril ne doubte;
En nul dangier el ne voit goûte ;
Trop liesse ne scet qu’est aise,
Et trestout autant de mal aise;
Par trop liesse viennent guerres
30090 Et les dissensions es terres ;
Par trop liesse sont tournois,
Danses, carolles et desvois ;
Par trop liesse sont tost prinses
Les hastivetés, les emprinses,
300^5 Les jeux et les ocasions
Dont viennent les discencions ;
Et, a brief parler, par liesse
Vient plus de mal que par tristesse.
Pour ce, Brichemer, te repreng;
3oiooTrop grant liesse point ne preng,
Car quant tu resjoïs seras,
Pour voir, tu t’en repentiras. »
Brichemer point ne l’entendi,
Fors a le joye ou il tendi.
3oio5 Atant es vous Regnart qui vient,
Qui son chemin par illec tient.
Tant ala qu’est sus lui cheü;
Et quant Brichemer l’a vôu
Qui trop grant liesse maintient, (53 c)
3oi 10 Les grans saulx vers Regnart envient.
Bien ne mal n’y pensa sans dire,
Sans mal, sans amour et sans ire.
Levrier ne le poursuioit point;
Les cornes contre terre joint,
3oi 1 5 Regnart lieve de terre en hault,
Comme trop joyeux et trop bault;
Sus ses cornes en hault l’a mis,
Et puis s’en est bien fort fuis,
Tant comme il pot sans detrïer.
3oi2o Regnart commença a crier,
Qui n’a tallent qu’il se degoise;
Bien cuida qu’en enfer en voise :
« Brichemer, amy, laisse moy;
Mort suis, plus ma santé ne voy. »
3oi z5 Pour ce a courre ne cessa
Jusquez atant qu’il se lassa.
Adont jetta Regnart en hault,
Mais riens n’y pensa tant fu bault.
Regnart s’est a terre trouvé ;
3oi3o A peu qu’il n’ot le coeur crevé,
N’il n’a pooir qu’aucun mot dye.
Adont Brichemer lui escrie :
« T ay je bien, » dist il, » aporté ?
Monlt t’ay noblement déporté ;
3oi35 Je t’ai fait ores monlt grant aise. »
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
So
fcENART LE CONTREFAIT
Lors nul Régnait tallent qu’il taise;
Grant peur a de recommenciez {53 d)
Lors parla a lui sans tenchier :
a Amv, pour Dieu, laisse moy cv,
30140 Je le te pry, pour Dieu mercy,
Car tout suis brisié et derouz.
Dont j’ay au coeur monlt grant couroux. >»
Cil n’en fait que sa joyc faire,
Tost vers ses biches s’en repaire.
3oi43 Regnart a laissiet monlt dollent,
Qui grant dollour a son coeur sent,
Et dit : « Brichemer, de ta joye
Ne voy riens dont loër me doye.
Ne scez a quoy joye venra
3oi3oNe quelle fin elle prenra.
11 convient que ta joye passe.
Tu m’as fait mal, dont jedy:«* Lasse!*»
Mais je ne le oubliray mie.
Toudis n'es pas dclez t'amie;
3oi55Je metray paine, par ma teste,
Comment te faille celle fcste. »>
Et quant le Cerf fu a retour,
Qui monlt demenoit noble atour,
Thiesselin sur ung arbre estoit,
3oi6o En cel point que riens ne doubtoit.
Adonc Thiesselin lui escrie
Et de lui entendre lui prie :
« Brichemer, >» dist il, « entens ça.
Ne sçav a quoy ton coeur pensa
3oi63 Quant as volu Regnart grever
Sans toy a nul cas a irex.
Je t’aim et si hais Regnart monlt ;
Le coeur du hajT me semont.
Dès lors qu’il menga mes faons,
3oiyo Le haV jou, et ce est raisons.
Le mal qu’il a fait passera,
Mais du grant mal qu’il te fera
J’en ay au coeur tresgrant anuy,
S’oncqucz regnardie congnuy. »* (5^j)
30IJ5 Dist Brichemer : « Je me jouoyc
Et par liesse le faisoye. d
Et dist Thiesselin : « C’est la somme,
Ne vous jouez a mal vais homme.
Combien que il rie des Jens,
3oiSo II t'en hairra au coeur dedens,
Et se il poeult, mal t’en fera,
Et ja semblant n’en monstrera.
Brichemer, je le dy pour tov
Et pour pluseurs que souvent vov
3oi85 Qui aucuneffois s’csjoVssent
Si grandement qu'ilz se partissent,
Trop grant liesse est musardie;
Et si voeul bien que on te die
Que nul ne pert si son sçavoir
30190 Com par trop grant liesse avoir:
Homs trop liez est en adventure.
De Dieu ne de s’ame n’a cure,
Ne scet qu’est joye ne santé
Tant comme il est de ce tempté:
3oig3 Ne voit goûte nez com herens,
Combien qu’il ait beaulx yeux et gens.
Par trop liesse nuit l’emprinse
Dont la belle Helaine fu prinsc,
Qui estoit femme Menelaux,
3o2oo Dont depuis advint tant de maux
Que les deux pars en furent mors
Des gens qui vivoient alors ;
Il n’en demoura que le tiers : (5^3)
Bien le sçaras, se tu l’enquiers.
3ozo5 Par trop liesse sont les festes,
Qui puis viennent a copper testes;
D’illec viennent les defliances,
Les murdres et les alliances
Dont maintes terres sont gastées
3ozio Et mainte ame des corpz sevrées;
Par trop liesse vient mesdire,
Grossement parler et despire;
Par trop liesse vient luxure,
Qui bonne nature coeurt seure,
3 02 1 3 Et les humeurs fait csmouvoir
Ou fait ou il n*a nul sçavoir;
D’illec les folles amours viennent,
Qui pluseurs fois pute fin tiennent;
De trop liesse vient orgoeulx
3 o 2 2 o Et en la parfin trestout doculx.
Oncquez liesse habundant
Ne pot ne ne sceut faire tant,
Pour longue vie ou ait esté,
Qu’eglise n’autel ait fondé,
30225 Chatc-au ne ville ne cité;
Encor ne l’a nul recité.
Humilité elle guerroyé;
Charité, bonne oeuvre viltoic ;
Elle destourne bien ouvrer
3oi3o Et en bon estât demourer,
Sobrietté et simple vie.
Donc n’en doit nulz avoir envye:
Mais le trop prendre de delicez
Fait la gent lyez et folz et nichez,
3oz33 Par quoy ne poeuent percevoir
3
30141 et Jcromps corrigé d'après A — .>0149 ta joyc — 3o 1 3 5 meteray — 30167 si suppléé d'après A —
oiq3 com ung — 30199 Qui fu corrige d après A — 3o2 i3 humains corrigé d'après A — 3o23q lyez fols.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
CINQUIÈME BRANCHE
8i
De la moienneté le voir.
Pour toy le dy je de certain,
Seullement pour ce que je faim,
Ja samblant ne te monstrera,
30240 Mais son service t’offrera,
Et quant garde ne t’en douras, {54 c)
Putez nouvelles en oras,
Car sage doit estudier
Que nul ne doit mal oublier :
30243 Car ce est par memore et sens.
Il advint en l’an mil trois cens
Que ung Lombart (Anthoine ot nom)
Changeur estoit de grant renom;
Longuement il maintint son fait.
3oa5o Je meismes, qui ce livre ay fait
Et du latin en rommant mis,
Dcmouré longtempz ses amis,
Amy quant a société,
Aultrement ne l’ay recité.
3o235 II advint avant cellui temps,
L’an .11e. et .i.x. et .xv. ans,
Q’ung Prouvenceau par une nuit
Par trop lOesse et par déduit
Lui dit ung sinple desplaisir;
3o2Ôo Et.cil pour ce le vault férir :
Peu fu qui le fait advisast.
Mais ains que le mois tout passast,
En fu fait de culx deux l'acord,
Et l’amenda cil qui eust tort.
30205 Ensanble mengerent et burent,
Vingt et cincq ans ensanble furent.
A Troves tous deux demouroient
Et tous les jours s’entrevéoient,
Et li uns a l'autre empruntoit,
30270 Vendoit, tronchoit et achctoit,
Et grant amour s’entremonstroient
ToutefFois qu’ilz s’entrccontroient.
Tant que en l’an mil et trois cens
Cil Pierre par tresbon assens,
30273 Qui de la n’estoit point nayfs,
S’en vault raller en son pays,
Car il se vit vieulx devenir.
Aller s’en vault sans revenir,
Si com chascun volentiers trait i54
30280 Vers le lieu dont il est extrait;
Et pour ce vault prendre congié
A cculx ou ilôt repairié;
Et plus de soixante il en vint.
A son hostel son mengier tint.
3o285 Cil Anthoine meismes yfu,
Que cil avoitpieça féru,
Etd’encoste luise sëoit,
Car cil Pierre forment l’amoit.
A ce Pierre point ne souvint,
3o2ijo Car passé ot ans plus de vingt.
Quant a joye orent tous mengié,
Adonc a Pierre prins congié.
Tous les pria, se nulz y fust
Qui vers lui riens a faire eust,
3o2y3 De chatel, de couroux ou d’ire,
Que pour Dieu il lui vaulsist dire.
Tous respondirent : « Grant mercis.
Nous sommes du tous vos amis. «
Cil Anthoine si le baisa,
3o3oo Et tout en plourant le laissa;
Coeur et corps l’un l’autre promirent ;
En tel maniéré se partirent.
Que fist cil qui ot malvais coeur,
Que ployer ne pot par nul foeur?
3o3o3 Tout au devant fist son sentier;
Avec lui furent deux murdrier.
Deux lieues furent au devant
Ou point ne les va percevant.
La ce bon marchant «tendirent
3o3io Et en destourné lieu se mirent.
Cil qui trestout seul s’en alloit,
N’a nul mal faire ne bëoit
Eust de Anthoine tost sourpris,
Et lui dist : «c Lcrres, tu ez prins.
3o3i5 Jct'av longuement atendu.
Maintenant te sera rendu
L’orgocul que envers mov menas, (55 j)
Quant la butte tu me donnas
Il y a bien ores quinze ans;
3o3io Du vengier est maintenant temps! #
Lors ont sacquié le branc d'achicr;
Le marchant vont tout despechier.
Et quant le varlet ce oV,
Son cheval ot, si s’en fouV ;
3o3i5 Droit a Trovez il tint sa vove.
Et le Lombart ala en vove
*
Qui onequez puis ne fut velis.
Brichemer, soies pourvells
A une parole pour toutes.
3t»3Jo Puis que t’as mettait, toudis doutes
Que soies certain quov qu’aviengne
N 'vert a nul tempzne l’en souviengne,
Meïsmement quant a Regnart
Qui son sens ne met autre part. >»
3o335 Brichemer ot et riens n'entent,
— 3o2j3 eu manque — 3o2#3 Et manque —
3o236 xi., et .xv. corrigé en marge — 50269 Et lun
3o3oo si le — *• 3o33o ta — 3u333 Meismcnt.
Tome II.
r>
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
82
RENART LE CONTREFAIT
Qui toudis a sa joye tent ;
Il va sa voye, et cil demeure.
Et Regnart de son meschief pleure:
Dit que male chose est trop aise.
3o3qo Regnart au mieulx qu’il pot s’apaise
Du mal que Brichemer a fait
Et pense a vengier le méfiait,
Que ja si grant ne sara estre
Que plus petit ne soit son maistre.
3o3q3 Atant s’en entre en ung larris,
Pesant, courouchié et marris.
Si a choisi en my sa voye
Segneur Brun l’Ours qui s’esbanoye.
Josne fu et fors et legier;
3o35o Assez ot eü a mengier.
Et il fist beau tempz et serv,
Et si ne doubta nul péri.
Pour ce esbaniant s’aloit,
Et a veu Regnart qui venoit. (55 b)
3o355 Cuida aussi que aise fust
Comme lui et autel joye eust;
Ne sent pas le mal qu’il sentoit
Cil qui lours et pesant estoit,
Si vault a Regnart faire feste,
3o36o La pâte lui met sur la teste;
Si pesant coup lui adonné
Qu’a peu qu’il ne l’a estonné;
Pour néant fust d’une machue.
Regnart chiet, point ne se remue,
3o365 Et Brun crie : «< Regnart, dors tu?
Dy moy, par ta foy, dont viens tu >
As tu huy engignié nullui ?
As tu fait honte ny anuy ?
Pour néant ne viens tu si pensant.
3o3yo Aucun preudom de toy se sent,
Dont plus grant proffit lui venist
Se ung bon levrier te tenist.
Voeulx tu jouer ? Voeulx tu esbatre ? »
Lors leva de la paulme batre,
3o3j5Com cil qui jouer se cuidoit ;
Mais son jeu si pesant estoit
Que cilz ne le pot endurer;
Bien l’ooit, mais ne pot lever.
Lors Brun de ses pastes l’escocurt,
3o38o Amont le jette et le rechoeut :
<« Regnart, » dist il, « comme es legiers !
Tu seroies bon messagiers. (55 c)
Tu vivras tant que tu voulras,
Jamais recreüs ne seras.
3o385 Dy moy, Regnart, voeulx tu voiler,
Ou tu voeulx aprendre a choler,
Ou a luiter, ou a saillir?
A ce ne poeulx a moy faillir. ■
Lors le reprint et si l’embrache,
3o3^o De son pié lui donne en la face,
Monlt lui fait souffrir de durtés.
Tant est batu, tant est hurtés
Qu’a paines que il n’est ochis.
Adonc l’a Brun a terre mis,
3o3y5 Et dit qu’endormy est de joye;
Pourquoy le laisse en my la voye,
Et dit: « Amis, bon consseillier,
Je ne te voeul pas esveillier
Pour ce que il ne te desplaise ;
Joqoo Et pour ce que tu dormes aise,
Je t’iray ung oreillier querre. »
Lors print une mote de terre,
Lui adessoubz la teste mise,
Afiïn que bien ce lui souffise.
3oqo3 Monlt bien lui a fait sa bezongne.
Atant Brun de Regnart s’eslonge,
Son chemin acoeult, si s’en vait;
Monlt cuide avoir Regnart bien fait.
Et Drouin, qui sur ung aBre yerc,
3oqioA monlt bien veü la maniéré,
Comment Brun s'estoit debatu
Et comment Regnart fu batu.
Regnart ot longuement hay,
Si com avez devant oy ;
3041 3 A Brun a parlé haultement,
Vecy la maniéré comment :
« Brun, » dist il, « je ne t’ayme goûte,
Mais toutefois ung peu escoute.
Ne dy pour ton bien, mais pour faire 55 d 1
30420 A mon anemy son contraire,
Et de ce te voeul adviser.
Qui poeult son ennemy oster
Son désir et tout son propos,
Je ne dy mie qu'il soit folz.
30425 Qui le parpoeut faire faillir
De la ou il bée a saillir,
Qu’il ne puist achever s’envic,
Certainement il ne fault mie.
Or te comptcray maintenant
3o43o Pour quoy je t’ay ce mis avant.
Tu as aujourd’huv fait folie,
Mais, pour voir, tu ne le scez mie,
3o352 péril — 3o363 ferist corrige
30400 aises — 30409 Et manque —
3o337 II manque — 3o34i regnart lui a corrigé d'après A —
d'après A — Quant corrige d'après A — bobijt) Jesplaiscs —
30414 Vuy. plus haut dans A f. /, p. 3of-3o8.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
CINQUIÈME BRANCHE
83
Car pour certain tu t’en doeulras,
Se ne croy ce que tu orras.
3o435 Orentens, et te tiens en paix.
Tu ez lours en dis et en fais
Et lours en toutes contenances,
Et lours en toutes tes sciences ;
Tu et l’escureur, ce sont deux,
30440 Contraire en fais, contraire en jeux.
Vous estez mal contremoiés,
Combien que deux bestes soyez.
Siquez, quant jouer tu te voeulx
Et que ne voeulx point estre soeulx,
30445 Quiers ton pareil de ta maniéré ;
Toudis pareil son pareil quiere,
Et de quelconcque entencion,
A gent de sa condicion,
Et josne a josne, et riche a riche,
3c>45o Et large a large, et chiche a chiche.
Et sage a sage, et fol a fol,
Le vieulx au vieulx ; ainsi le lo.
A son pareil voisc chascuns,
Ainsi n'en yert decheü nulz:]
3o455 Qui toute riens ordonneroit
Et son pareil lez lui aroit, (56 a)
Homme, poisçon, oiseaulx, chevaulx,
Jamais sur terre n’aroit maulx;
Se son pareil chascun sieuoit
30460 Et sa condicion avoit,
Jamais nulz n'yere descordans.
Mais toute rien yere acordans.
Se loup jouoita la brebis,
Et le faucon a lapertris,
30465 Et le loup jouoit a la chievre,
Et le levrier jouoit au lievre,
Et le chat se jouoit au rat,
Je doubte n’y elllt barat.
Tu dois jouer avec les bugles
30470 Et aussi le borgne aulx aveugles;
Il n’apartient pointa lourdesse
Qu'elle s’acompaigne a noblesse.
Qui levrier et asne verroit
Acompagnier, mal s'i duiroit ;
30475 Aussi Belin avec Regnart
Ne trairoient pas bien d’un arc.
Combien que tous deux bestes soient,
Emsanble point aller ne doient :
Regnart voeult a gelines tendre,
30480 Et Belin a vert herbe prendre.
Noble, clerc a ruddes villains
Envis poeut estre bon compains;
Le clerc latin parler voulroit,
Et le vilain mal le soulroit,
30485 Car le vilain ne s'estudie
Fors qu'en charue et en boulye ;
Le clerc voeult pertris et faisans,
Qui a vilains sont mal faisans;
Se le vilain tel niez demande,
30490 Droit est qu'il en paie l'amende.
Dont il advint que dampt Regnart
Et ly Asne, prestre Bernard,
Compains a Romme s’en allèrent, 15 6b)
Combien que point pareilz ilz n’yerent.
30495 Non sont tous compagnons, pour voir,
Ne d’un estât ne d’un voloir.
En une ville s’en entrèrent,
Chiez ung hoste se herbregerent.
Regnart, qui peu sinplcz gens doubte,
3o5oo Le soir au gelinier se boute;
Bernard, si comme en larecin,
S’en ala paistre le precin;
Et l'hoste tous deux les trouva.
Viguereusement se prouva,
3<>5o5 Que l’un et l’autre a retenu,
Et dit que mal y sont venu,
Puis qu'il z ont robe sa maison.
Dist Regnart : « Faites nous raison,
Et nous menez par jugement;
3o5io Et droit la verra on qui ment. »
Dist li hoste : « Je m’y acord. »
Lors en vont tous deux a la Court.
Ly hoste dit contre Regnart
Que demande, et contre Bernard :
3o5i5 « Regnart m’a fait tel larechin,
Et Bernard menga mon precin :
Si requier qu’il soit amendé. »
Adonc fu le conseil mandé.
La sentence fu ainsi dite :
3o?2o « Regnart s'en ira trestout quite
Cui sa nature rcqueroit :
Mais Bernard, pour ce qu’il mengoit
Le precin, si l’amendera,
Et en male prison ira,
3o525 Car ce n'est mie sa nature,
Et si n’en doit ja avoir cure;
Et si ne lui appartient mie
Fors que le chardon et l’ortie,
Ou le gros feurre, ou le gros joingt ;
3o53o Pour ce demourraen ce point. »(56c)
30447, 30449, 3ü45o et 39401 Et manque — 30468 doubteroie — 30481 rudde — 3 049 3 en
et supplié d'après A. — 3o5ai Qui — 3o53o demoura.
.'OJOJ
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
«4
RENAR T LE CONTREFAIT
Munit lui tist on bon jugement,
Car forfait avoit malement.
Pour ce lo que chascun demaine
Tel vye qu’a lui appartiengne,
3o335 Sans prendre estrange compagnie
Dont on ne congnoist pas sa vie.
Compagnie avoir sans apprendre
En a bien fait deux aultres pendre.
Pour ce est fol qui voeult compagnie,
3o34oS’il ne scet tresbien de leur vie
Et de quel condicion est;
Je tiens pour fol cil qui s’i met.
Brun, tu ne l’as pas ainsi fait,
Bien t’en porra naistre mal plait.
3o3q5 Ne je ne me merveille mie,
Se aucun a chier compagnie
Qui est encontre sa nature,
S'a lui en vient male adventure.
Dont au tempz roy David advint
3o33o Que ung sien bourgeois a lui vint.
De trespetit estât estoit
Et trespetit estre sambloit:
Mais en lui avoit ung advis
Qu’en grant espargne se fust mis.
3o335 Tant estoit espargnant et chiches
Et tant espargna qu’il fut riches,
Povrc d’avis et de sçavoir,
Fors qu’il espargna grant avoir.
Unggentilz homs ot ou pays,
3o36o De tresgrant lignage nayfs,
Mais tant ot tournoiemens qui s
Que tout son avoir y ot mis;
N’ot plus riens que la volcnté,
De despendre toudis tempté,
3o3ü3 S’il eust de quoy; mais riens n’avoit.
Or conviengnc qu’il se pourvoit,
Et y pensa et soir et main, (56 J)
Tant qu’il s’apensa du vilain
Qui une belle fille avoit
3o?-o Et qui tant riches homs estoit ;
Pense a qu’il lui demandra,
Par quoy son avoir sien sera.
Et puis voit le vilain viller,
Car est a son derrain millier.
3o3j3 Lors acheva celle pensée ;
Sa fille lui a demandée
Qu’a mariage le prendroit
Et grant honneur lui porteroit.
Le villain dit de cel honneur
3o3No Parleroit il a son seigneur,
Le roy David, qui est son sire,
Et bien briefment il l’iroit dire.
Ung jour fu roy David en paix
A peu de gens en son palaix,
3o383 Et en ce palais se jouoit
Salomon, son filz, et sieuoit
Ung beau toupin que il menoit
A escorgies qu’il tenoit;
Comme enflans s'aloit déduisant.
3o5oo Adonc vint la le paysant,
Qui devant le roy David vint;
Et telz paroles a lui tint :
a Roy, » dist il, « voeulliez mov ont.
Amer vous doy et conjoyr
3o5y3 Com mon seigneur, mon roy, mon juge;
A vous doy venir a reffuge,
Com a mon souverain seigneur,
De garder mon corpz et honneur.
Sire, je suis ungs homs menus,
3o*)oo Petit et de néant venus,
De simple estât et peu despens; (5/ j)
Et peu av amis et parens ;
En mon estât n’a point d’honnour.
Toytefïbis j’ay donné m’amour
3o(k>5 A malvivre et a espargnier
Et a tresvolentiers gaignier.
Tant me suis en ce point tenu
Que je suis riche devenu;
Or et argent ay a foizon.
3oôio Or vient a moy unggentilz hom,
Noble de sens et de sçavoir,
Lequel requiert ma fille avoir,
Par mariage le me quiert
Et de mon avoir me requiert.
3oôi 5 Ung homs suis qui conseil prendray :
Lui douray jou, ou non feray?
Je vocul ouvrer par vo conseil.
— Amy, » dit David, « je conseil,
Et avec ce le te conmand,
3oÛ20 Que tu voises a cel enfTant
Qui par ce palaix estourbaillc;
De ton fait a lui te conseille.
Tout lui compte ton errement,
Puis retourne a moy erranment.
3oôi3 Ce qu'il t’ara dit médiras,
Et puis aprez, si t'en iras. »
Le vilain a l’enfTant en vint,
Monlt humblement vers lui se tint.
Et dit : « Enffes, escoute moy.
3oo3oTon perc si m’envoyc a toy,
o - *•
o ? .> 7
C. sicuir — 3v5jt Penser a... demandera corrige d'apràs A — 3oüo3 dhonneur.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
CINQUIÈME BRANCHE
«5
Que tu me conseilles briefment. »
Lors lui compta tout Ferrement,
Si corn son pere l’ot compté. I5y b)
Et l'enfant a tout escouté:
3o635 « Endroit toy, vilain! endroit toy!
Ce conseil tiengnes tu de moy. u
Nul aultre conseil de lui n'ot.
De l’esmoeutin fiert son chabot.
Et puis se part de la en l’heure,
30640 Et le vilain tout cov demeure
Qui monlt grandement s'esbahist.
Et maintenant le roy lui dist :
« Que t’a dit l'enflant, dis le moy r
— Endroit toy, vilain! endroit toy!
3o643 Sire, aultre chose ne m*a dit.
— Monlt t’a bonne parole dit.
Se tu m’en crois, tu le croiras ;
Se ne le fais, tu t’en doulras.
Meilleur conseil ne te pocult dire. •»
3o65o Lors le vilain se part par ire.
En ce ne vit ne fons ne bourne;
Sa fille au gentil homme donne
Et cel avoir qu’ot amassé.
Mais que il fust ung an passé,
3of>55 Fist au vilain le chevalier
. Tarses varletz le chief trenchicr.
Aprez sa femme a peu veut
Jusqu’il a tout l'avoir eût;
Sa femme avoultric sus mist,
3 0660 Et en prison mettre le fist.
Et si le fist monlt fort lVer
•
Qu’en brief tempz le fist dev 1er.
Le vilain monlt mal entendi
Ce que l'enflant lui respondi,
3 066 5 Car se bien entendu l’ellst,
Ja de sa mort si prez ne fust.
Aussi n’as tu pas prins par foy
Pareille compagnie a toy.
Tu n’as pas quis geu ne déduit
3o6yo A compagnie qui te duit, i>7 c)
Car, pour voir, il te grèvera
Etanuy assez te fera. »
Atant s'envole, Brun remaint.
Et Regnart qui toudis se plaint
30675 Etgramentede sonmeschief.
Tant lui ot Brun batu le chief,
Que il se sent monlt mehaignié,
Et dit: « Je ne ay riens gaignié.
Dès que je partis de l’hostel,
3o68oSe chascun me donnast autel:
Et chascun me donnoit ce point,
Ma bezongne iroit mal apoint;
Et pour mon malheur qui me suit,
Siquez toute la char me cuit,
3o685 Retourneray en ma maison,
Et lairay passer la saison,
Qui est pour moy mal eürée:
Et Dieu lui doint courte durée.
Qu’il puist estre mors d’un matin
3 06 00 Que j’encontray huv au matin,
Bien sçay, ce fut une boiteuze!
Oncquez journée bien eureuze
N’en bonne sepmaine n’entra
Qui matin boiteuse encontra!
3o6q3 Mieulx m’eust vallu râler couchier.
%
Bien voy, je le comperrav chier;
Jamais boiteuze n’amerav,
Ne de lui nul bien ne dirav !
0
Bien se doit le sot esbahir
30700 Quant malheur le vocut sieuir,
Quant je qui sage suis tenus,
A desconfort ensuis venus!
Or voy je bien ce en appert
Que homs en perdant le sien pert
3070? Son advis et trestoutc s’oeuvre,
Et en gaignant le sens recoeuvre;
Tout gaaingnant est bien cUreux,(57</(
Et tout perdant est dolloureux ;
Et homs qui gaaigne acquiert la grâce,
30710 De mescheance fuit la trace.
Jamais jour ne m’esbahirav.
Ne au contraire ne diray
Se povres est pour fol tenu,
Et s’on dit qu'il soit mal venu,
30713 Et se pert son temps qui le suit.
Et cil est sage qui le fuit.
C'est bien de certaine science
Que povre n’ait point de creance.
Pour tesmoings sont ilz reîTusé
30720 De ceulx qui ont d'escript usé,
Parceulx qui ont es loix leüt;
Povres ne sont point recelit
Encontre aultrui en tesmongnage.
Ceste sentence firent sage,
30725 Et ilz y furent bien meüt,
Car povres est pour peu esmut,
Et pour peu vst de bonne voye,
S’il est qui par dons le convoyé. »
Atant de ce je me tairay;
3oy3o Et une aultre historeen diray.
mau-
3o634 quil — 30669 pas prins joye ne corrigé d'ap'às A — 30707 gaaing — 30709 et 30730 Et
ne — 30709 la manque — 3071 3 pourc — 30723 Contre.
Digitized by
Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
Digitized by
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
SIXIÈME BRANCHE
Regnart en son hostel repaire;
Aler avant ne lui pot plaire,
Car il voeult fuir mal eür
En tant qu’il est malasseür.
30-35 Ainsi comme il se dementoit,
Ung chasserres ou bois estoit ;
Assez ot lévriers et brachès.
Et il fu hastif et freschès.
Adont se mist en maint aguet
30740 Et hucha Briet et Marguet,
Corn cil qui ayme les degois :(5S Jl
Grant glatissement ot au bois.
Quant Regnart oV ccste vie,
Au devant ne leur ala mie
30745 (Avant ne se pooit tourner);
Mais quant il ot le cor corner
Et les chiens mener leurs aviaulx,
Plus legier fu qu’unz escuriaulx,
Et dit : « Or voy je sans doubter
30750 Que bezoing fait vielle trotter. »
De Brichemer ne de Brun l’Ours
Ne senty mais telles dollours;
Trestous maulx poeut bien pardonner
Quant ot telle messe sonner.
3o755 De sa queue, en lieu de penau,
A il fait voile et gouvernau,
Comme cil qui point ne s'asseure.
Si s’en fuit de si grant alleure
Que chemin ou il est ne voit.
30760 Et tout ainsi qui s'en fuioit.
Si a deux varletz encontré:
Ly ung l’a a l'autre monstré,
Dist: « Voy la Regnart esbahy.
Pour voir, les chiens l’ont envahv,
30765 Si qu'il ne scet ou aller doye.
Metz tov au devant de la voye,
3073 1 On lit en rubrique : Aui.tre histoire de
manque.
Digitized by Google
Fiersd’un baston grans cops et lours. »
Lors vint cil au devant le cours.
D'un baston le fiert au travers,
30770 Siqu'il le rue tout envers ;
De quoy il fut si estourdis
Qu'il ne pot estre ressortis,
Dont envers jut les pietz desseure.
Lors le garchon lui courut seure :
30775 « Mors est, » dist il, « sans nulle faille.»
Dit ly aultres : « Or le me baille.
Mon peres est bon peletier;
La peau nous avra bon mestier. (JS b)
— Je m’y acord, » dit le compains.
307S0 Par les pietz derrier, a deux mains,
Le prent et a son col le rue;
Dist : « Or n’a mais tallent qu’il fue
Tant que par les pietz le tenrav ;
A sa peau mie ne faulray. »
3078? Or est Regnart mal asseür,
Ne fut mais en si mal eür ;
Et levarlet si s’en déporté,
Par les deux pietz derrier l’emporte.
Oncques mais ne fu il si lié;
30700 Or l'a bon eür oublié.
Regnart lui bat jusqu’à talons,
Pour ce qu’il fu et grans et longz.
A son compagnon va parlant;
Regnart n’est point bien congnoissant.
30795 Regnart se fust laissié tenir
Jusques coeur lui puist revenir,
Et bien sent que monlt se déporté
Le garchon qui ainsi le porte.
Bien a senti ses pietz hochier,
3o8ooEt se ci’z le sentist lochier
De la main tost l'esquipperoit
Et contre terre le ferroit.
Regnart — 30776 aultre — 30777 pere — 30789 il
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
88
RENART LE CONTREFAIT
Mais aultrement s’en chevira
Et par aultre sentier ira,
3o8o5 Sans lui point faire percevoir.
Régnai t fu de monlt grant sçavoir;
Com cil qui mort eschever voeult,
La guculle oeuvre quancqucz il poeult,
Sans ce qu'il boute ne ne sacque:
3o8io Le garchon print par my la nache.
Ses densdedens la char lui boute.
Quant le garchon sent celle goûte
Qui lui desronpt et char et nerfs.
De la doulleur devint tout pers,
3o8i3Crie despourveuement hault : (5# c)
« A la mort! lout le coeur me fault! »
Tout estourdi cheV a terre,
Pour la dolleur la main desserre.
Regnart est a terre che'üs,
30820 Comme sages et pourveüs;
Et le garson briefment s’en fuit, .
Et son compains aprez le suit.
Sa nache tenoit a deux mains ;
Ne sera mais a pièce sains,
3o825 Telz quatre pertuis y avoit.
Dont le garson monlt se douloit.
Le navré trestoudis fuioit,
Et son compains qui le suioit.
L’un ne poeut l’autre conforter ;
3o83oToudis fuioit sans déporter.
Pour nul avoir ne s'acordaissent
Que point arrière retournaissent.
Et Regnart demoura a terre
Qui ne scct mais ou santé querre.
3oS35 Humblement et mat se gramente,
Et dit : « De tel marchié, tel vente ;
Toudis ay mal fait et mal fais.
Je en dois bien porter le fais.
J’av eü joye, or ay je diaulx.
3o8qoJe suis en l’heür aulx mesiaulx
Qui en l’an mil .«je. et vingt
Chascun scet bien qui leur advint.
Combien qu’ilz feïssent l’hermite ;(5W )
Les Juifs n'en furent pas quite,
3084? Qui leurs poisons données orent,
Dont tous Cristïens tuer volrent,
Si com on leur tîst reveller,
Dont on les garda d’engeller ;
Car cil qui l'autrui mort rechasse
3o85o Sa mort, sa dampnacion chasse ;
Et combien que mort le consuie,
Convient que par cy, par la fuie,
On le voit bien appertement;
Et bien le mot Raison convent
3oS53 Que de male oeuvre a male fin.
Elle dit voir, j’en vov la fin ;
Bien voy que nul n’est asseür
D’estre ou dangier de mal heür.
Fortune et maleüreté
3o$fîo Me bat, me hurte et a hurté.
Et me voeult forment envavr.
Or ne m’en doy pas esbahir,
Car je ne suis pas de tel pris
Que tost ne m’ayt vaincu et pris,
3oR(î3 Car petit est vaincu de pau.
Et foible chietde petit caup;
Povre homme est de peu cheiis.
Pour ce n’en doy estre meUs;
Pour ce s'en doit moins courouchier,
30870 Moins s’en doit plaindre et degrouchier
Mais ceulx bien esbahir se doibvent
Qui les grandes honneurs rechoiveni.
Si comme roy et duc et conte,
Quant Fortune tout jus les boute,
3o8;5 AfTin que povreté rechoivent ;
Et cilz bien esbahir s'en doivent,
Comme Ecuba, la dame franche,
Qui de Troyes tint la pojssancc
Et trentetrois rovssoubz lui tint, (.^9 J
3o8So Et en la lin povre devint,
Et sens perdi par desconfort,
Quant vit ainsi livrer a mort
Polixene, sa belle fille,
Qu’en bourg n’en chateau nv en ville,
3o8S3 Ne deçà mer ne delà mer.
Ne pot on plus belle trouver,
Aussi belle ou plus comme Helayne.
Ce est escripturc certaine,
Quant vit sa fille décollée,
3o8qo Le sens perdi sans demouréc;
Et si tost com Gregois le virrent
Folle, la vve lui tollirent.
Philicambris, la mere Daire,
Cui Fortune fu monlt contraire,
3o8o5 Qui les trois pars du monde tint
Et en la fin povre devint,
Celle se deust bien esbahir.
Et comment se peultesjoïr
Rosane, la femc Alixandre,
3t*)oo Qui tant oza d’armes emprendre
Et tant a hardement se mist,
Qui trestoutle monde conquist,
— 3oX53 a manque
3<»82o sage corrige d'après A — 30840 Je suis chceut en Ihcur corrigé d'après A
— 30862 pas eshir.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
SIXIÈME BRANCHE
Puis fut elle mise en prison
Et a tort et a mesproison,
3oqo5 Au pain et eaue povrement ;
La se dolousa longuement :
Elle deust bien desconfort prendre.
Et Hercules, filz Alixandre,
Qui de tout le monde fust hoir,
3ooio Bien lui redeust le coeur dolloir,
Qui fu dès le jour de s'enfiance
Mis adollouret a pesance!
Et la belle Olinpiades
Deust bien avoir dollourz adès,
3ooi 5 Qui par ung rov fu si foulée
Que elle fu enprisonnée. (5*/ b\
En la fin, dont ce fu pechiés.
Lui furent les membres trenchiés
Et par pièces fu decoppée,
30920 Aulx chiens et aulx oiscaulx donnée.
Cilz deurent bien estre csbahy,
Quant mal heür les envaY,
Jourdain de Lille et Engueran,
Gui Fortune fist maint ahan.
3or)2? Pierre Remy, Gérard Gaictte
N'orent pas bonne oroison faite
Envers Fortune et malheur,
Qu'ilz en geurent mal asselir.
Or les lairay, a Dieu en tient.
3oo3o Mais du mal heür qui me vient,
Se conseil peüsse trouver,
Je y voulsisse bien ouvrer;
Mais n'entens point en mon affaire
Que mal heür puisse deffaire.
3op35 Comment donc fol garder s'en voeult,
Quant sage garder ne s'en poeult?
Mais malheür est communaulx
Aulx débonnaires et aux faulx.
L’evesque de Trove le sceut bien.
30940 Que je a monlt tressage tien.
Bon heür long temps le mena,
N'oncques tant ne pot ne pena
Que tousjours tenir le peüst.
Combien que tresgrant sens eüst
30945 Et qu’il y mesist monlt de paines.
Povre séculier fu, puis moisnes,
Et puis de Saint Aveul prieux,
Dont pluseurs furent envieux,
Puis abbé de Monstier la Selle.
3oo5o La ne trouva il pas sa selle.
Bien le maintint comme sachant,
(Qui ne m'en croit si le demande)
80
•
Puis n'orent nul milleur pastour.(5g c )
L'abbie fist clorre a l'entour
30953 De murs de pierres a cresteaulx,
Les tours entour et les pommeaulx,
Et la grant salle sur la porte
A l'entour, dont mieulx se déporté;
Y sont quatre grans tours quarrées,
3oo«»o Bien assises et bien fondées:
Oncquez n’y avoit eu cloison
Qui eust peu tenir ung oison.
Aucuns moisnes gré ne l’en seurent.
Pour ce qu'aler jouer nepeurent.
3096? La les mist il dessoux sa main;
Grant paine y mist et soir et main.
Cil bon abbé fist a son temps
Tresbien assis trois bons estamps;
Pluseurs bons acquestz y aquist,
30970 Et de plus grans profils y fist.
Ne fu pas fol ne negligens;
Amer se fist a toutes gens.
N’yert pas des moisnes qui or sont,
Chascun poeult sçavoir comme ilz font,
30973 Qui tiennent les grans prions,
Terres, rentes et richetés;
Leur monstier chict, leur z cloches vendent,
En gloutonnie tout despendent;
Leurs maisons toutes se dcscoeuvrent,
30980 De nulle chose ne recoeuvrent
Fors de garces et de voisins
Et de ceulx qui ayment lopins.
Bien a yeulx clos les nommeroyc.
Cil abbé ne tint pas tel voyc;
30985 Puis fu evesques esleüs
Cil qui fu si sage sceüs,
Parle nom de lui qui courut
Quant l'evesque Jehan morut
De Nantoeul l'an .m. et trois cens;
30990 Si corn je truis par mon assens, (5p d)
Fu par le chapitre esleU,
Tant qu’evesque de Trove fu
Par l'acord du doien Denise,
Qui ad .ee faire paine a mise,
30993 Pour ce qu'il est ses congnoissans
Et qu'en Champaigne fu naissans.
Certes monlt grant honneur lui vint.
Quant moisnes evesque devint;
Tousjours bon heür lui courut
3ioooJusques la roÿne morut,
Jhenne de France couronnée.
Et qui fu de Champaigne née,
3oq85 evesque — 30989 et manque — 30991 le manque — 30998 moisne.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
90
RENART LE CONTREFAIT
Femme du roy Phlipe le Bel.
De sa mort ne fu pas revel,
3 ioo5 Quant honneur deust Champaigne avoir,
Quant elle perdi ung tel hoir;
Champegnoise et Champaigne ama.
Male semence cil sema
Qui celle dame a la mort mist,
3ioio Car, pour vray, se elle vesquist,
Bourguignons pour riens ne fesissent ;
En Champaigne riens ne tenissenr.
Ne point n’y oseroient acquerre
Chateau, seignourie ne terre.
3 1 o 1 3 Or est ainsi comme Dieu voeult;
Souffrir le faultqui myeux ne poeult.
Trois filz et puis une fille orent,
Qui toustroisen France monlt porent;
Tous trois furent roys de la terre,
3 1020 La fille, royne d’Engleterre.
Jusqu’à ce jour qu’elle morut,
Bon heür sur cellui courut;
Lui morte, ceulx qui le haïrent,
De lui grande malichon dirent ;
3 1025 Sur lui mirent monlt d'acoisons,
Murdres, bougueries, poisons,
Qu’il n’avoit point esté filz d’home ; (fioa)
Pluseurs dolleurs que je ne nomme.
Qui plus controuver en pooit,
3io3o Cil plus volenticrs en ooit.
Prins fu et monlt vilment mené,
De parole et de fait pené.
A Paris fu mis en prison :
On lui metoit sustraison,
3io33Tous cas vilains, tous cas obscurs,
Dont en la fin fu trouvé purs.
Articles ot et audicteurs,
Chascun fu ses persécuteurs.
Tesmoingz y ot plus d’un millier;
3 1040 Chascun tendoit a lui pillier ;
Trestoudis lui aidoit son sens.
Livré fu>l’archevesque a Sens
Qui en sa fort prison le mist
Tant que le pappe le requist,
31045 Et ses articles et ses fais
Pour pugnir selon ses méfiais.
Lors fut il a Romme envoyé,
De bonnes gardes bien lové.
La n’eust il mais son bon heür,
3io5o Et si fu petit asseür,
Car le rov estoit son contraire
0
Jusqu’à la vye du corpz traire,
Et PApostole le hëeoit,
Qui a condempner le bëeoit;
3 io55 Peu estoit gens qui ne dëissent,
Qui de ses fais parler oysscnt.
Mais quant le pappes ot leüs
Ses fais, et sesescripz veüs
Et tout le depost des tesmoingz,
3 1060 Plus l’ama et l’en hay moins.
Si fut il en fort prison mis,
Mais toudis fu Dieu ses amis ;
N’oncquez son anel ne vault rendre,
N’aultre eveschié il ne vault prendre,
3ioG5 Combien que une on lui donna (Go b)
Qui est es terres par delà;
Mais ne l’acheta ne retint,
Ne n’en rechut ne quart ne quint.
Mais le pappe qui poeult sur droit,
31070 Qui la foy ayme monlt et croit,
Pour obeyr a sa prïere
Donna ce qui a Guichart yere
A ung sien clerc, son eveschié.
Or garde bien s’il fist pechié.
31075 Jehan ot nom, mais peu le tint ;
En son temps a Troyez ne vint
Jusques la mort sus lui courut,
Et Guichart en cel an morut,
Tous deux a Saint Pierre enfouis.
3 1080 Bien fu Guichart pareür mis
De bas en hault, de hault en bas.
Tel heür ne me laisse pas:
Honneur ay eu, or suis meschans,
Sur trestous hommes mal seans.
3io85 Se Guichart voulsist ou daignast
Qu’avecques lui m'acompaignast,
Bien peusiesmes d’un livre lire
Qu’on apelle de mal empire.
Ainsi Regnart se dementoit
3 1090 De la dolleur que il sentoit
Et de mal heür qui le tient.
Tant que vers une ville vient.
Ung vilain ot en celle ville;
Tant par bonheur corne par guille
3ioq5 Ot assez acquis de l’avoir,
Pour ce ot renom de sçavoir,
Et il fu entules et durs;
Son pourprins ot bien clos de murs, (60 c)
De hayes et de palis fors ;
3i 100 Car il doubtoit fort de son corps,
Que son avoir on ne presist,
3ioo3 philippe — 31017 puis manque — 31020 Et la fille — 3io33-?io34 Les deux vers sont inter¬
vertis dans B — 3 1037 pappe — 31089 On lit en rubrique : Aultre histoire de Regnart.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
SIXIÈME BRANCHE
Ou que grief on ne lui fesist ;
Pour ce clos et fort se tenoit.
Ainsi com Regnart la venoit,
3 1 1 o5 Si a rencontré ung bon homme.
Tout maintenant Regnart le nomme :
« Regnart, doien,et Dieu t'aye!
— Amis, Dieu te doint bonne vye!
Preudom, j’ay ung conseil a prendre :
3i i io Je vouldroye de toy aprendre,
Se tu es de cest lieu naïfz,
Du plus sage de cest pays,
Car a lui conseillier me voeul
D’un tresgrant mal dont jemedoeul.
3 1 1 1 5 — Regnart, je sçay de vray et sens,
Ce est le preudom de eyens,
Qui si bien a son huys fermé ;
Le plus sage est en vérité,
Plus scet que les aultrez ne font.
3 1 1 20 — Dy moy, » dist Regnart, « pour quoy sont
Qu’est le plus sage en ung acord ;
En scez tu le droit ou le tort?
— On dit qu’il est sage, pour voir,
Pour ce qu’il est riche d’avoir.
3i 123 Plus je n’y scay. — Raison pareille,
Preudoms,pointne m’en esmerveille :
Avoir porte nom de sagesse
Et de vaillance et de noblesse;
Et s’il est doubté et cremus,
3 1 1 3o Ou s’il est par tout bien venus,
Je ne m’en esmerveille mie;
Tel est li us de ceste vye.
Mais, foy que je doy les sept ars,
Tel a avoir qui est musars,
3i 1 3 5 Fol, périlleux, oultrecuidiés, (Oo d)
De bien et de bonté vuidiés,
Et tel est povre de l'avoir,
Qui a et bonté et sçavoir.
Avoir sans honneur, j’en dy fy,
3 1140 Je ne le croy, ne ne m’y fy,
Car homs qui a en lui sçavoir
Ne pense point trop a avoir;
Qui avoir ayme et le maintient,
Serfz est, serf sera, serf se tient,
3i 145 Combien qu’avoir bon nom lui porte.
Je iray voir devant sa porte
Se je a lui parler porroye.
Mais que je puisse trouver voye.
— Trop ferme seroit la contrée,
3 1 1 5o Regnart, se n'y trouvez entrée.
Trop bien fermer le convenroit
Qui contrester le te voulroit. »
91
Lors Regnart ou gardin se boute,
Qui toudis le mal eurredoubte.
3 1 1 3 5 Dcssoubz ung cep s’est acostés
Cil qui trestoudis s’est doubtés.
Gelines assés y avoit ;
Regnart monlt bien les y vëoit.
Mais ne s’i oze aventurer :
3 1 1 Go Toudis croit mal eür durer,
Et toudis oreille et escoute.
Mesme de son umbre se doubte ;
« Las ! » dit Regnart, « desore vov
Que povre homme n’a point de loy.
3 1 1 63 N’a pas encor deux ans entiers
Que céans fusse volentiers.
Au tempz que en bon eur estoie,
Ne tenoye sentier ne voye,
Par tout m’en alaisse saillant,
3 1 1 70 Ne prissase fol ne vaillant,
Ne tous les chiens d’une abbaye
Que ja me fissent envaye ; [6 r a)
Jusqu’au soeul alaisse cerchier,
Et tout l’hostel bien reverchier.
3i 175 Ja chien de vilain ne doubtaisse
Que mon volloir ne leur contaisse,
Et se ja au fuir venist,
11 n’est levrier qui me tenist.
Je ne prisoie ung Abigois
3i 180 Gentil, ne vilain ne bourgois.
Par tout estoit ma voye ouverte;
Or est maintenant si couverte
Que par tous lieux je ne voy goûte,
Mais de mon umbre ay je bien doubte.
3i 1 85 Si ay jou voir du vent qui vient,
Tout pour povreté qui me tient.
Ung seul pas aller ne me laisse
Que de povreté ne me paisse,
Et me dit : « Meschant, ou iras ?
3i iooJa parole que tu diras
N’est que ne soit foie tenue ;
Chascun despirra ta venue.
Quant on verra que riens ne portes,
Toutes tes grâces seront mortes.
3 1 19? Comme mescreüs te menras,
Ou le torche Fauvel feras,
Et diras : « Monseigneur dit voir! >»
Hellas ! nul ne poeut tant savoir,
Ne flaterie, ne déduit,
3 1200 Se riens ne porte qu’il n’anuit.
Dont me convient vivre d’embler
Et morir aprez long trembler.
Se je suis povre terres prins
3i 181 auoie ma voy corrigé d'après A — 3 1 184 bien manque - 31192 despi ra.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
92
R EX ART LF CONTREFAIT
Ou de quelque méfiait reprins,
3i2o5 N’y convient demander pardon
Sc je n’en eschape par don.
Beaulx dons font trestout pardonner;
Voit chacer qui n’a que donner.
Certes monlt déporter se poeult [6 1 b)
3 1 2 10 Qui avoir a et donner voeult,
Et plus qui donne et riens ne prent.
Mais bon coeur grant douleur enprent.
Quant il va l'autrui requérir,
Et il ne l’a de quoy merir.
3 1 2 1 5 Pour ce m’estocut a ceste fois
Comme matz chetifz tenir quois.
Bien se doit povre homme hayr.
Et bien le doit chascun fuir,
Tant qu’en ceste mortelle vyc ;
3 1220 De l’autre ne parle je mye.
Quantdroitvoeult que povre tesmoing
Ne soit crell ne prez ne loing,
Povres tesmoingz sont refuse.
Selon qu’on a de droit usé,
3 1225 Car combien que demeure en foy,
Droit dit qu’il n’y a nulle loy.
Or Dieu m’en jette et si m'en gard
Et ceulx qui sont de bonne part ! »»
Lors Regnart ot le col baissié,
3 1 23o S’en est entre en ung plaissié.
Lors ung peu de confort lui vint
Par esperance qui le tint ;
Et dit : « Certes, je ne morray
Tant comme je vivre porrav.
3 iï35 Trop est cil malement euré
Qui ja ne yere assellré.
Encor ay les pietz et les dentz
Qui bien seront au coeur aidans ;
Et la langue point ne me fault
3 1 240 Qui me gardera de deflault.
Beau parler qui ne couste gaire
Me fera ma bezongne faire.
Qui par bel parler scet paier.
Il ne se doit point esmaier.
31245 Se je ay perdu mon avoir,
Je n ay pas perdu mon sçavoir. (6 / cl
Mes membres, mon corps ne ma vve;
Et si n’ay point de maladye
Se eur avoit juré sur sains :
3i25oOr suis je dru, haitiez et sains.
On ne doit mal heür prisier
Nulle fois fors que desprisier.
Par desprisier faire on le fait
3 1227 s* suppléé d'après A —
— 31264 usoyc — 3 r 2 H ï Qui —
Et par trop prisier on l'attrait. »
3 1 2 5 5 Ainsi Regnart s’est conforté.
Et en bon espoir déporté;
Dist : « Puis que povreté m’asproye.
Par le vray Dieu! g’irav en proye!
Pis ne puis avoir que morir.
3 1260 Je ne me lairay cv sorir;
J’aim mieulx morir en concquerant
Que finir en désespérant :
Dira on : « Tel vye, tel fin,
S’en desespoir use ma fin. »
3i2t»5 Adont Regnart confort a prins,
Et s’est bouté ens ou pourprins.
Si a les gelincs veües
Qui ou gardin se sont tenues;
Et si tost com elles le virrent,
3i27oTantost belle place lui firent,
Et tost s’en vont sans acorder.
Chantecler qui les soeult garder.
Leur demanda pour quel raison
Elles vont fuiant en maison.
31275 Dient : « Paour avons eti,
Car male beste avons veü.
— Gardez, » dist il, « n’ayez peur.
Et soyez toutes asseiir.
Monseigneur est ung riches homs,
31280 II n’est homs, beste, ce sçavons,
Cui Monseigneur meflaire osast
Ne qui contre lui s’opposast ;
Ne nul pour doubtance de lui ( 61 d)
Ne nous oseroit faire anuy,
3 1285 Et s’aucun vient qui mal vous nomme,
Dites: « Nous sommes a riche homme! »
Se vous aviez mort le bailli,
Ne seriez vous pas mal bail i. >*
Lors, ung piet cranpy, l’autre droit,
3i2po S’est acroupy dessoubx ung toit.
Ulec se print a sommeillier,
Et ung monlt fier songe a songier ;
Et lui sembloit que une beste
Faisoit de lui une grant feste ;
31295 Par mv la teste le tenoit,
A son voloir le demenoit.
Tel paour a le coq ell
Que trestout en est esmeü.
Et s’esvellla a grant pelir;
3i3oo Huv mais ne sera asseür.
Pinte apelle il ou il se fve,
Et a talent que il lui dye
Le songe, et qu’elle lui esponne,
— 3 1263 Bien diroit on
3 1236 nycre — 3 1261 morir suppléé d'après A
3i3oi apelle ou il.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
SIXIEME BR ANC Ht
Et que tresbon conseil lui donne.
3i3o5 Pinte respond : « Or oy merveille,
Quant homs a feme se conseille;
Certes ce est trop grant deffault,
Quant a femme consseillier fault,
Que a painc y poeut on trouver
3i3ioConseil qui se puist bien prouver;
Se bien en vient, c’est aventure :
Pour ce, homs n’en doit avoir cure.
Et non pour quant est advenu,
Maint en ont bon conseil eu,
3 1 3 1 5 Ceulx qui les ont volu bien croire ;
Mais certes ce est chose voire,
S’elles disoient Euvangilles,
Semble a pluseurs que ce sont guiles,
Et pour ce croire ne les voeullent,
3x320 Combien que maint bien dire soeulent. 6 2 a)
Et monlt grans biens en advenissent.
Se les pluseurs mieulx les creissent.
Andromada, la femme Hector,
Fort corn lion, cruel corn tor,
3 1 3 2 5 Se son seigneur creü l’eüst,
Si tost a mort point mis ne fust,
Quant par amour et par honneur
El dit a Hector, son seigneur :
« Sire, n’alez pas ad ce jour
3i33o En bataille ny en estour!
Se ad ce jour vous y allez,
Si com des dieux est revellez,
Ochis serez sans nulle faille,
Pour bien le vous conseille et baille;
3 1 335 Si vous pri, pour mort retarder,
Que vous en voeulliez bien garder. »
Combien que desist chose voire,
Oncquez Hector ne le vaut croire ;
11 y ala, et la morut
3 1 3qo Par Achilès qui le fcrut.
Le duc de Bar, s’il eust creü
Femme, la mort n'eust point cii,
Quant il vault aler a Athènes,
En celle terre tant lointainez
3 1 345 Ou maint homme ont esté ochis,
L’an mil trois cens et trente et sis;
La se sont il a male estraine
Avecquez le conte de Braine.
De bon coeur bien lui dist s’amie :
3i35o0 Sire, pour Dieu, n’y alez mie;
Ce est ung lieu mal eürés,
Ou nul n’est point asscïircs ;
Maint bon preudom y est pery.
Sique par grant amour vous pry
3 1 3 5 5 Que ce don donner me voeulliez
Qu'en ce voiage point n'allez,
Car tart seriez au repentir. » (62 b)
Cil ne s’i vault point assentir;
Alez y est, n’est revenu.
3i36o Mieulx vaulsist eust conseil creü.
Pour ce vous dis : « Comment qu’on croyc
Peu femme de chose qu’on oye,
Aucuneffois qui les creroit,
S’honneur et son proffit feroit.
3 1 363 De moy conseil avoir devez
Pour tant que requis m’en avez,
Et pour ce je le vous liray.
Or entendez que je diray. »
Pinte respond : « Damp Chantecler,
3 i3yo Envis poeut couart vëoir cler.
Couardie vient de lent corage ;
Envis poeult couart estre sage,
Nul ne doit trop paour avoir
De ce dont il ne scet le voir,
3 137$ Ne par cuidance ne par croire,
S’ilz ne font la cause auquez voire.
Cuidiez vous le temps advenir
Par vostre paour retenir?
Je ne vis oncquez nulz peureux
3i38oQui fussent gaires bien eureux.
Tous malvais sont en povreté,
Et tous bons sont en sceureté.
Ja nulz homs ne poeult tant avoir
Ne acquerre sens ne sçavoir,
3 1 383 S’il a le coeur trop peüreux
Que il ne soit malheüreux ;
Ja n’vert en nulle compagnie,
Que tout le coeur ne lui fremie,
Ne que il puisse joye avoir.
3 1 3yo Salomon qui tant ot sçavoir,
Dit : « Nul si grant délit ne tient
Comme cellui qui du coeur vient,
Tous ses menbrcs le sont au foeur,
Cellui qui a paoureux coeur. (62 c)
3i395 Paoureux ne scet nullui aimer,
Ne lui proprement bien garder;
Paoureux ne scet parler ne taire ;
Paoureux ne scet nullui bien faire ;
Paoureux ne scet nullui servir,
31400 Ne n’oze nul bien deservir;
N’oze ne coeullir ne semer,
A grant paine oze il Dieu aymer;
Paoureux a toudis soupechon
Qu’il ne soit pris a l’amechon;
3 1405 Paoureux ne scet nul jour que faire;
3i3oq Qua p. — 3 1 3 c 4 ung 1. — 3 1 402 grant manque .
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
94
RENAkT LE CONTREFAIT
A lui meïsmes ne poeult plaire;
Paoureux, se on lui donne avoir,
Ne l’oze mie rechevoir,
Car il pense qu’en son voyant
3 1410 Ce n’ést que en lui dechevant ;
S'on lui voeult son nom exaulcer,
Croit que c'est pour desavancier;
Se on lui monstre beau semblant,
Croit qu'on lui va le sien emblant:
3i4i5 S'il pert, tout est désespérés :
Bonne chiere de lui n'arés;
S’aucun ung bon marchié lui porte,
Croit que son mal on lui aporte;
11 meïsmes ne se croit mie,
31420 Ne sa femme, ne sa maisnie ;
Toudis pleure, toudis se fiert,
Son asne chevauche et le quiert :
Ceulx qui courtoisie lui font
Le perdent, car nul grc n’en ont;
3i425 Il ne scet que est courtoisie,
Mais il scet bien qu est vilenie.
Paoureux ne poeut avoir déduit,
Ne il ne poeut dormir de nuit,
Ne il n’ot vent, soiris ne chatz,
3iq3o Pense qu’aucun soit en pourchatz
De lui faire dommage ou honte. d )
S’il advient qu’aucun die conte,
Chante, rie, aucun blasme ou lue,
Se couart est en lieu qu’il l’oë,
3iq35 Pensera, quoy qu’il soit du dire,
Que ce soit dit pour lui despire ;
Toudis glose, et toudis il pense,
Tout prent sur lui, et paix et tenchc.
S’a lui venoit Dieu et fesist
3 1440 Qu’en son Paradis le mesist,
En souspechon y entreroit,
Ne ja de son gré il n’iroit.
Sa compagnie n'est pas bonne,
N’avoir a faire a sa personne.
31445 Pour ce n’ara ja couart joycs;
Pour ce te lo que ne le soyes.
A couardie ne voeulle tendre,
Car on y poeult laide fin prendre.
Je n’apelle point couardie
3i4?o Avoir peur de faire folie,
De mesdire ou d'aultrui férir,
Daleren lieu ou puist périr,
Monter sur arbre ou sur planchier,
Ou mettre en péril de noyer,
3i455 Ou d’aller en mer par tourment,
Ou lui efibrchier folement
D’espargnier ou de trop despendre,
Haine acquerre ou femme prendre.
Tel couardie doit on avoir,
3 1460 Et qui le prent, il fait sçavoir,
Non point vivre paoureusement
De ce qu’on ne voit, ne ne sent :
Telle paour, n’en doubtez mie,
Ne vient que de la fantasie.
31405 Dont ilz sont de sages couart,
Et si sont de hardis musart.
Prenget glose trestout en bien;
Sage, clos et fermé te tien . [03 Jl
Songe t'a esmeü, sans faille;
3 1470 Soies en paix, et ne t'en chaille.
Preng le temps ainsi qu’il venra,
Qui pour toy quoy ne se tenrra.
Cil est assis en bon degré
Qui trestous anuis prent en gré. »
31473 Ainsi Pinte le conforta,
Le bien qu’il scet lui ennorta;
« Or adviengne, » dist il, « qu'aviengne,
Mais que mal eür ne me tiengne! »
Atant s'en va esbanïer.
3tq8o Cil qui toudis fait son mestier,
Ne se cesse ne jour ne nuit.
C'est Regnart qui fut en déduit
Soubz ung toit en ung angleçon.
Quant il ouy du cocq le son,
3i4ÎS5 Ung peu se lieve pour sçavoir
Se il porroit le cocq avoir.
Chantecler l'a bien perceü,
Le coeur en ot tout esmeü.
Adont s'escria tout esrant :
31490 a Malvais lerres, ne te demant.
Ych, lerres, hors de ce pourpris,
Ou tost seras iVez et pris! »
Regnart qui mal eür doubtoit,
Fain eut et bien batu estoit,
3 1493 Dist : « Ne te voeulles esmaier!
Car cy vieng pour toy apaier
Et pour dire bonnes nouvelles.
Et, si teplest, lez toy m’apelles,
Car j'ay de Dieu cy aporté
3i5oo Dont tu seras réconforté.
J'ay a le avoir mis grant paine
Aultre chose cy ne m’amaine;
Ne te voeulle mie ennuier,
Mais or te plaise a detrïer
3i5o5 Jusques je t’aye recité ( 03 b)
31409 en son — 31410 Que ce nest quen — 3 1 4 1 5 desperes — 31423 Tous cculx — 3 1 437 il manque
— 31445 joyc corrige d'après A — 31446 soyes corrigé d'après A.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
SIXIÈME BRANCHE
0$
Paix et amour et charité.
Car tant que Crestïenté dure,
Je m’en voy preschant l’Escripture,
Coin Dieu dit a l’Ascencion :
3 1 3 1 o Predicate Euvangelium !
Je suis de l’ordre aulx Repentis
Et me suis a Dieu revertis
Par remonstrance qu'ay eü,
De Dieu parfaitement sceU,
3 1 3 1 5 Si com a saint Pol revella
Dieu qui au chemin l'apella :
«< Saule, udist Dieu. — <« Et quevousplest?
— Pour quoy as tu tant de mal fait,
Quant mes Crestïens tu destruis?
3 1 3-20 Plus mal amy de toy ne truis. »
Ad ce mot fut cil converty,-
Et du tout a Dieu reverty,
Etfist de Dieu amy et maistrc
Cil qui si malvais soloit estre,
3 i 52 3 Si tost comme Dieu ot ouy.
Ainsi ay je fait, mon amy,
Car de Dieu ay la voix ouye ;
Pour ce ay laissié male vye.
Se j’ay esté persécuteur,
3 i 33o Amy suis de Dieu et docteur.
Qui m a de sa grâce monstrav,
Tant que jamais de lui n’istray;
Lesquelz bien je te monsteray,
Quant vouldras et loisir aray :
3 1 333 Pour quoy tous ceulx qui me creront
En paix en Paradis iront.
Comment es si oultrecuidiés,
Comment es si de sens vuidiés
Qui m as ainsi larron nommé?
3 i 340 En ce n'as tu pas Dieu amé,
Car sacrilege as ores dit,
Quantdupreudhommeas tu mesdit [03c)
Et du vicaire Dieu le Pere ;
Avoir en dois la bouce amere. »
3i 345 Adoncquez Regnart s’agenouille,
De ses larmes la terre mouille,
Et forment se print a plourer.
Vers le ciel ses mains a tourner;
Dist : « Dieu, tu pardonnas ta mort
3 1 53o A ceulx qui t’ochirent a tort,
Et pour ce voir qu’ilz ne sçavoient,
Les folz Juïfz, que ilz faisoient.
Non fait ce josne tilz sans doubtc ;
Il parle, mais il ne voit goûte,
3 1 3 53 Ne scet qu’il dit, ne scet qu’il fait;
Dieu lui pardonne son meffait.
Chantecler, j’amay monlt ton pere.
Oncquez a enfant nulle mere
Ne pot tant faire de bien fait
3 1 3 60 Com j’ay toudis ton pere fait.
Toudis le maintenoie en paix,
Et le preudom me crut adais
Tant qu’il passa toute jeunesse
Et qu’a santé vint en viellesse.
3 1 563 Et se tant ne m’ellst creü,
De la moitié n'eust tant vescu.
Par pluseurs temps et pluseurs fois
Et les faines et les putoirs,
Mes parens et de mon mestier,
3i37o Le sçavoient monlt bien gaitier;
Par maintefTois lui firent guerre,
Ne lui vaulsist ne clef ne serre.
Mais tant me combaty pour lui
Qu’encor me sens je de l’anuy.
3 i3;5 Merveilles est quant jamais l’aim,
Car tant me bâti ung vilain
Et d’un baston tel me donna
Que trestout le chief m’estonna.
Envis puis sus deux pietz aller; (63 J)
3i 38o Je n’en puis ma langue avaller
Ne mes dens avaler ne puis;
Envis puis vëoir en ung puichz.
Certes j’ay eu mainte durtc
Pour ton pere faire bonté.
3 1 385 Encores j’ay aultres biens fais
Dont je me suis pluseurs fois tais,
Dont de toy deusse estre loé,
Car a Pasques et au Noé,
Que les vilains char mengiersoeulent,
3 1 3yo Cocq et gelines tuer voeullent ;
Ce soit a leur santé contraire !
Lors bien lui soloye ung tour faire.
Car devant juner le faisoie,
Si com bien faire le sçavoie,
3 1 3y3 Et puis le clistere donner
Pour la gresse a néant mener,
Siques quant vilains le prenoient
Et si tresinaigre le trouvoient,
Et le sentoient si legier,
3 1600 Point ne le vouloient mengier:
Et quant le jour passé avoyc,
Je qui les bons greniers sçavoye
De froument, de soillc et de poix.
L’en donnoie tout a son choix
3i6o5Tant que avant les .xv. jours
3i3oq Car on — 3 1 5 1 o Marc , xvi, i5 — 3 1 5 1 1 suis de supplée d'après A — 31642 tu manque .
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
RENARÎ LE CONTREFAIT
9^
Il estoit charnu comme ung ours.
En la fin m’envoia quérir,
Quant il se deust laissier morir;
Si me pria que je t’amesse
3i6io Comme lui et que te gardesse.
Pour ce te venoie vcoir.
Tu me poeux assez bien seoir
Au tant que a orgoeul ne traycs
Et que les povres gens tu croyes.
3 1 6 1 5 Maint sont qui povres gensne croient,
Disant que croire ne les doient. (04 a)
Dont il advint que ung marchant,
De villes les marchiés suiant,
Oeufz et frommages achetoit
3 1620 Et au marchié les revendoit.
Ung jour au marchié s’avoya,
Tout son avoir y employa.
Ung asne et deux paniers avoit,
Car ailleurs porter les devoit,
3 1625 Tous ses frommages dix a dix
A il en ung des paniers mis ;
Plain fu, en l’autre n’ot néant.
De ce estoit il non scient,
Car le plain panier avaloit
3t63o Et li aultres amont aloit.
L’asne si fu tout desvové,
Car trop mal fu contremoyé;
Son droit chemin ne pooit querre,
A poy qu'il ne chëeoit a terre.
3i633 Trop pot au bon homme anoyer.
Quant vit son asne tournoier.
Alcr ne pooit tost ne tart.
Car trop lui pesoit d'une part.
Quant plus fiert l'asnc, plus tournoyé :
31640 Jamais n'alast la droite voye.
Car d’une part lui point rechigne.
Le povre asne forment rechigne,
Pour le panier qui si le nuit,
Car il scet bien ou il le cuit,
31643 Tant que cellui qui le menoit
Aperchut bien ou il tenoit:
Peu ot deçà, et trop delà.
Lors coeurt, et tantost s’en ala.
Tant misten l’autre de cailleux
3i63oQue tout plain en fu li builleux,
* Et lors fu li asne chargié,
Par le contrepois dommagié
Car il ne pot avant aller ( O4 b\
Pour batre ne pour dchaller:
3 1 ô 3 3 « Par mon coeur, » se dit le villain,
« Damps asne, plus je ne vous aim,
Qui si tresbien aller solliez,
Et orez aller ne voliez;
Et sont vostre panier apoint. •>
3 1660 Lors fiert derrière, et puis le point,
Et le reprent par les oreilles :
« Or puis, »» dist il, «« vëoir merveilles!
Je voy que de riens ne sedocult,
Et il pour quoy aller ne voeult :
3 1 663 Or voy je bien que pers ma paine,
Jamais ne mengera d’avaine.
Au premier marchié le vendray,
Ou ainchois je l’escorcheray.
Je croy gésir, cy me convient. »»
31670 Mais il scet mal ou il lui tient,
Car trop lui poisc sur l’eschigne.
Tout ainsi que l'asne rechigne
Et que ainsi a lui tenchoit,
Ung preudom par illec passoit
SiOjS Qui cnprès lui ung peu sc tarde.
Son fait et sa maniéré esgarde,
Et dit : <» Preudoms, ne vois tu mye
Pour quoy ton asne ainsi tournye?
— Nennin, » dist le vilain, « pour voir.
3i68o — Voulez vous bon conseil avoir
Comment votre asne bien ira?
Sçarez l'en gré qui le dira?
— Par foy, oV, » dist le vilain,
« Car je suis cy des huy le main,
3 i6S3 Et si est ja nonne venue,
Et mon asne ne se remue. •»
Le trespassant lez lui s'acoste,
Les pierres du panier lui oste
Et les frommages prent demis.
3i6«)oSi les a en ce panier mis, I O40
Sique bien fu contremoyés.
Lors s'est li asnes avoyés,
Et commence a troter forment.
Dist le preudom : « Se Dieu m’ament,
3i(mi3 Don conseil m'avez ore aprins.
Sages estes de bon advis.
Dittcs moy de vostre ordonnance,
Quant n’estes de ma congnoissan ce,
Et se vous estes riches hom. »
3 1 700 Dist le trespassant : « Certes non ;
Povre homme suis sans nul confort
Et quaneques je ay sur moy port.
— Povres homs, » ce dit le vilains,
« Par ma foy, or vous prise mains.
31703 Certes bien me suis avillié,
31614 gens manque — 31627 ut corrigé J aptes A — 3i63o aultre — 3 1 633 pot suppléé d'après A —
3|6(,6 et Je — 3i;«»4 moins corrigé d après A — 3 1703 auilc.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
SIXIÈME BRANCHE
97
Quant a povre suis conseillié.
Povre bon conseil ne doura,
Ne demande bien ne souldra;
De povre ne peult bien venir,
31710 Pour ce je ne m’y voeul tenir.
Povre, povre conseil soit sien,
A povre conseil ne me tien.
Comment sçaroit bien deviser,
Quant il ne se scet adviser?
3i7i5 Par mon corpz, point ne m’y tenray ;
A mon premier conseil iray. »
Lors par grant aj’r passe avant.
Et se met en Testât devant;
Les pierres ou panier remist
31720 Et par mal aventure dist :
« Convient il or povre home croire,
Qui dire ne scet chose voire? u
Son asne a battre recommence.
Chantecler, advise te en ce :
3 1725 Ne sieu ja la trache au Vilain
Qui de bon conseil a desdain.
Pource que povres homs lui dist,(6'jJl
Tu poeulx bien vëoir que fol fist.
Pource especialment ce retien :
3 1730 Povre suis, n’aycure du tien
Ne que avoit le trespassant
De celui qu’ala conseillant ;
Son gré Pen quist tant seulement.
Aultre chose ne te demand.
3i735 Saches gré des biens que diray ;
Quant j’aray dist, si m’en iray,
Car se je richesses vouloye,
Si comme je avoir souloye,
Je feüsse en plus bel abit
3 1 740 Que ores devant toy n'a dit.
Povres homs suis et mendiant:
Ja nel te quier celer noiant.
Richesses a plenté aroye,
Mais conscience me guerroyé
31745 Qui trestoudis me met en cure
A preschicr la sainte Escripture.
Encor ne sont trois jours passé
Que de preschicr fus si lassé
Pour le peuple qui m’apressa
3i75o Que d'un jour venir ne cessa.
Dieu ! tant y ot larmes plourées
Et grandes orisons orées !
Beguines a grans chapperons,
De vielles a bouteculons,
3iy55 Ferans sus leurs secques fourcelles,
Tout ainsi sccques comme selles,
Et ainsi creuses que bouteilles,
Monlt y ot dist de grans merveilles;
Monlt y ot dormy et roufflé
3 1760 Et assés racquié et mouchié ;
Pour le bon sermon qu’ilz oyrent,
[-es bons preudhommes s’endormirent,
Car qui scet sermon maintenir
Il fait les preudhommes dormir, (65 a)
31765 Car cil qui mieulx y dormira.
C’est cil qui prez de Dieu sera.
Quois et matz et bien sinple soies,
Les yeux et le coeur en terre ayes,
Car qui en Dieu voeult travillier,
31770 II doit dormir sans esveillier. »
Adoncques s’est Regnart tells,
Et Chantecler s’est esmells :
«Tais toy, » dist il, « tresmalvais lerrcs.
Tout faulx, tout malvais bareterres,
31775 Pire que loup, pire que chien,
Je ne te creroie de rien ;
Tu es plain de male aventure,
De iniquité et d’ordure ;
De moy ne te dois approchier.
3 1 780 Haÿr te doy, non tenir chier :
Tu ne dois lez moy tenir
Ne par cy aller ne venir,
Et trestoudis Dieu m’aidera
Et de tes mains me gardera.
31785 Par mainte exemple avons veü
Que Dieu a les siens pourveü ;
Je t’en nommeray deux ou trois,
Trestous voirs, affin que m’en crois,
Qu’en Dieu se sont toudis fyé,
3 1790 Tousjours se sont monteplyé,
Car qui en Dieu a esperance,
Toudis a bonne pourveance.
Jadis a Romme ot deux aveuglez,
Povres, non voians et entullez ;
# • •
31795 Dessoulx le palais se sëoient,
Pour Dieu aulx gens bienfait prioient,
L’un ou pappe monlt se fioit,
Et pourceste cause disoit :
« Cil n’a d’aultre aÿde mestier
3i8ooCui nostre pappe voeult aidier. »
L’autre dit : « Qui en Dieu se fye, (6*5 b)
Certainement ne lui fault mye. »
Toudis telles paroles dirent
De coeur, et leur creance y mirent.
3i8o5Tant longuement dirent le vaulrent,
31721 Comment porroie corrige d'après A — 3 1738 auoir je corrigé d'après A — 3 1739 fusse — 3 1 785
manque.
Tome II.
7
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
RENART LE CONTREFAIT
98
Grans etpetis oÿr le paurent.
Le pappe sceut et entendi
L’espoir a quoy chascun tendi ;
Chascun jour il les oit sans taire.
3i8ro Pour ce fist il deux pastés faire
Tout bellement sans nul reclain,
L'un d‘un josne chapon fu plain,
D’espices garny bel et gent;
L’autre de grans tournois d’argent.
3 1 8 1 5 Quant ilz furent bien ordonné,
Adoncquez leur furent donné.
Cellui qui en Dieu se fia,
Cellui le chapon envoia ;
Cellui qui le pape crëoit
3i8îo Et qui point a Dieu ne bëoit,
Fu cil des gros tournois donné ;
Toutainsi les a ordonné.
Et le pappe fist bien garder
Quel maintieng ilz vaulrent mener.
3i825 Quant tous deux tindrent leurs pastés;
Chascun entour les a tastés.
Cil qui les gros tournois avoit,
Pour trop dechell se tenoit
Pour ce que trop estoit pesans,
3 i83o Saveur ne goust n’estoit sentans.
Lors pensa de pierres est plains;
De ce s’est monlt en son coeur plains ;
Et pour ce que l’autre sentoit
Bon oudeur dont tout plain estoit,
3 1 835 Bonne flaireur, bonne sustance,
Pour ce trop dechell se pense :
« Compains, » dist il, a quel est letien?
— Ne sçav, » dist il, a fors de tout bien, (65 c)
Car la flaireur que il me donne
31840 Est si tresperchant et si bonne
Que nulle espice riens n’y fait ;
Je cuid dedens a qui le fait. »
Quand ly aultre ces motz oy,
A grant merveille s’esbahy;
31845 Son pasté flaire, ancelle et sent,
Pesant le troeuve et riens ne sent.
Ne sent riens fors ce qu’il pesoit,
Et c’est ce pour quoy le haioit;
Dist « Compains, par l’ame de tov,
3i85o Changons nos pastés, toy et moy. »
Tant le prie qu’il le changa,
Et tantost le pasté menga.
L’autre ouvry le sien pour l’esproeuve,
Et dedens les gros tournois troeuve.
3 1 85 5 Lors pensa, et si s’est conclus
Que il n’est pas trop decheüs.
Dieu en a merchïé souvent
Et crut myeulx en lui que devant.
Le pappe bien les pot vëoir;
3 1860 Si dist que cil disoit tout voir
Qui disoit : « Qui en Dieu se fie,
Vraiement il ne lui fault mie. *
Regnart, je me fy bien en Dieu,
En lui ay m’esperance eü;
3 1 865 Si scay bien qu’il me sauvera
Et de tes mains me gardera. »
Je truis en une Auctorité
Que il advint en vérité
Qu’ung riche homme deuxclerczavoit,
31870 Mais leurs cuers mye ne sçavoit.
L’un des clercs ot une maniéré
Qui a refuser mye n’yere
Que en quelque lieu qu’il alast
Ne quel bezoing qui le chassast,
31875 La messe commencier vëoit, (65 i)
Et toute de bon coeur l’ooit
Dévotement et de bon coeur,
Ne il nel laissast a nul foeur,
Et si metoit son esjoyr
3i88o Trestous les jours a messe oyr.
Monlt fut humbles et Dieu ama,
Souventeffois le réclama;
Sur tous hommes fu bien creans,
Ne de riens ne fu despisans.
3 1 885 Son seigneur le soir deschaussoit,
Et monlt de le servir pensoit.
L’autre fu fel et despiteux
Et sur tous hommes envieux;
Monlt grant envye au cuer avoit
31890 De ce que son compains sçavoit
Si bien servir et si a gré;
Monlt s’en est plain en son secré.
11 jura certes qu’il feroit
Que si grant grâce pas n’aroit.
3 1895 Ung jour a son compagnon vint,
Et a tresgrant secret le tint :
« Mon compains es,» dist il, « amis,
Mais ne es tu point advertis
De ce dont te voeul adviser,
31900 Ne je ne te voeul despiser,
Car monlt entr’amer nous devons;
Ung hostel, ung seigneur servons.
Mais gardes que ne le revelles
Pour honneur, et pour ce le celles. »
31905 Lors respond : 0 Dire me poëz ;
31828 dcchceu — 3 1 S8 x humble... lama corrigé d'après A — 31889 il auroit corrigé d'après A —
31898 tu manque.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
SIXIÈME BRANCHÉ
99
Se point de trouble en moy sçavez,
Et de gré m’en chastieray,
Et grant fiance en vous aray. »
Lors dist : « Amis, entens a moy.
31910 Monseigneur se plaint monlt de toy,
Et si voeul bien que t'en souviengne;
Dire monstrer ne le te daigne. (66 a)
Quant le soir vas a son couchier,
Il soeuffre de toy grant dangier;
31913 T’alaine lui put tant forment
Que il en soeufl're grant tourment,
A peu que le coeur ne lui part.
Si tourne ton chief d’autre part
Si tost que devant lui seras,
31920 Et que tu le deschausseras,
Par quoy t’alaine le deffuie
Qui tant lui griefve et lui anuye.
Com bon compains, je t’en advise,
Car je sçay bien qu’il t’en mesprise. »
31925 Lors se print a parler atant
Cil qui malice n’y atant;
Dist : « Amy, ainsi le feray,
Se le loéz, je m’en iray.
— En partir point ne metz t’entente,
3i93o Mais tourne toy, qu’il ne te sente. »
Au soir, quant il le deschaussoit,
Cil qui malice n’y penssoit
Ja ne fesist vers lui esgart;
Toudis se metoit d’autre part.
3i935 Quant enprins ot celle maniéré,
Le clerc qui si envieux yere,
Ung jour son seigneur en appelle;
Son malvais secré lui revelle;
Dist : « Monseigneur, j’aim vostre amour,
31940 Et monlt desire vostre honnour;
Faire le doy et de bon gré,
Car mis m'avez en hault degré.
Pieça m’en suis appercell
Qu’envis poeut estre decell
31945 Nul com par maisnie malvaize.
Je n’ay pas coeur que je m’en taize
De vous dire pour perchevoir
Ceulx qui vous font grant honte avoir .
Honte et blasme par eulx avez, (66 b)
31950 Et si ne vous en percevez.
Mon compains qui de nuit vous sert,
Qui mal son service dessert
Et l’amour que en lui avez,
Dist a tous que monlt vous puez,
3i955 Quant il est devant vostre esgart,
Pour peu que le coeur ne lui part,
Ne sentir ne vous poeut nulle heure
Que grant mal ne lui coeure seure :
Jamais plus voir dit vous n’orrez.
3 1 960 Sçavez comment l’apercevrez ?
Appeliez le prochainement,
Et vëez son contenement,
Si tost qu’il vous deschausscra,
Quelz contenances il fera. »
3 1965 Le sires ot yre en son coeur
Qui ne le creïst a nul foeur,
Car monlt avoit le clerchon chier.
Incontinent le fist huchier,
Paroles lui prinst a conter.
31970 Cil se prinst forment a honter;
Son seigneur regarder n’oza,
Pour ce que son compains dit a,
Mais le chief tourne d’autre part.
Le sires le voit, si s’en part.
31975 Dès avant ne l’ot il moins chier,
Et le soir quant vint au couchier,
Le sire le pié lui tendi
Et a lui parler entendi.
Cil d’autre part tourna son vis;
3 1980 Lors fu bien au seigneur advis
Que cil lui avoit dit tout voir ;
Aultrement ne le vault sçavoir.
Lors appella le losengicr,
Et dit : « Amy, je t’ay monlt chier :
31985 Bien fait qui son seigneur advise.
Je voy bien que cil me despise, (66 c )
Et, par Dieu, je m’en vengeray.
Va t’ent tost a ung four que j’ay
Delà ce bois, ou on fait voirre.
31990 Va y maintenant a grant oirre;
Dy au fournier que a moy viengne,
Que nulle ensonne ne l’en tiengne. »
Cil y ala; le fournier vint;
Le seigneur a secret le tint,
31995 Dist : « Amis, ainsi ouvreras :
Le premier que chiez toy verras
De ceulx de ceeans, jette au four;
Ne quier ne respit ne retour,
Et tantost le fay sans attendre. »
32000 Cil sceut monlt bien son maistre entendre;
Contredire point ne le volt,
Mais s’en retourna bien et tost,
Et atendi ceste adventure.
Le sires qui bien l’ot en cure,
32oo5 Au soir le bon clerchon manda,
31922 et anuye corrigé d'après A — 3 1945 Nul si com corrigé d'après A — 31960 vous en pceurez
corrigé d'après A— 3 1964 Quel contenance corrigé d'après A.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
too
RENART LE CONTREFAIT
Estroittement lui commanda
Que au matin au point du jour,
Sans prendre respit ne séjour,
Voit au four des voirres quérir.
32010 Cil qui bëoit a desservir
Les biens que son sire lui fait
Lui dit : « Sire, ce sera fait. >» .
Leclerchon ne l’oublia point;
Si tost qu’il vit du jour le point,
3201 5 Devers le voirrier s'est meü
Et a obeÿr atendu.
Lors ung hermite au bois avoit
Que ce clerchon monlt bien sçavoit;
Tous les jours faisoit son service.
32020 De Hiermite le clerc s’avise,
Et dist par le moustier ira,
Dieu et son nom graciera;
Et s’il pouoit la messe oÿr, (66 d)
A Dieu s’en voulroit esjoVr.
32025 Si com il pensa, il le fist;
L’hermite trouva qui lui dist :
« Amys, avec moy demourcz,
Et de cy ne vous mouverez, »
Si comme Dieu lui revella;
32o3o Mais au clerchon bien le cela.
Le preudoms ainsi le retint.
Longuement le service tint,
Jusquez par tout prime sonnoit,
Ainsi comme Dieu le menoit.
32035 Pieça pellst estre venus,
S’il ne se fust illec tenus,
Car revenu fust des pieça.
Qu’il fust ars le sires pensa;
Lors a yl l’autre clerc huchié,
32040 Dist : « Amis, or sui ge vengic
Du musait; plus ne mocquera,
Ne sur moy blasme ne dira.
Va tost sçavoir a mon fournier
S’il a fait ce que lui dis hier.
32045 — Sire, » ce dist il, a volentiers. »
Adonc se mist par les sentiers.
Monlt s'est de courrre bien penc;
Au four a le fournier trouvé.
Lors tost a l’oreille lui dist :
32o5o « As tu fait ce que on t’a dist?
— Oÿl », dist il, « monlt tost Taras,
Sique briefment tu le sçaras. »
Adonc le fournier s’esvertue;
Le clerc prcnt, et ou four le rue,
32o55 Braire ne crier ne lui vault,
Car au fournier peu il en chault.
Tantost fut ars et tout defl’ais.
L’hermite a l’autre clerc s’est trais;
Dist : n Amis, alez vostre voye
32060 La ou vosire vous envoyé. (67 a)
Desores en est point et temps.
Alez, que Dieu vous soitgarans! »
Au fournier en vint tout esrant :
« Fournier, » dist il, « je te demand;
32063 Se tu as fait sans nul erreur
Le commandement Monseigneur.
— Amis, fait est et bel et bien;
Preng des voirres, et lui dis bien. »
Le clerc arrier sa voye tint.
32070 Si tost comme a Thostel revint,
A son seigneur dit humblement :
« Sire, fait est vostre command;
Ainsi le m’a dit le fournier. d
Le sires le vault arraignier :
32075 « Ou as tu », dist il, « puis esté
Que tu issis de cest osté?
— Sire, en nul lieu fors vers Thermite
Ou il ot une messe ditte.
— As tu ton compagnon veü?
32080— Nennil, sire, voir, ne sceil. »
Adonc se vault monlt merveillier;
A Thermite ala conssillier,
Et lui dist toute la bczongne.
L’hermite dist : « Je vous tesmongne
3 208 5 Que pour lui m’a cy Dieu trasmis
Et que il est bien ses amis. »
Adoncques le riche homme enquist,
Si fust voir que le malvais dist.
Le bon enflant lui respondy :
32090 « Oncquez a telz ditz n’entendy,
Mais telz paroles furent distes. »
Ainsi demoura le clerc quittes,
Et cil en eult son gueredon
Qui l’avoit mis en cel ordon.
32095 Le riche homme Dieu en loa;
Au clerc toute s’amour donna.
Je pense aussy me voeult amer <67 b)
Dieu et de tez mains bien garder,
Et il te dourra ton loyer,
32100 Qui ne me fais que guerroyer,
Et ja heure ne garderas
Que en la fournaize seras,
Comme malvais persécuteur,
Ainsi com fu le traÿteur.
32io5 Va t’en hors de céans, va t’en!
Ton mal oeuvre tresbien j'enten.
Va t*en, lerres, faulx et malvais,
32017 Lors manque — 32069 arriéré —32087 Adonc — 32091 fièrent.
• * • . •
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
SIXIÈME BRANCHE
101
Je ne te creroye jamais. »
Adonc s’est Chantecler teü,
32 1 10 Et dampt Regnart s’est esmeii :
« Chantecler, pour l’ame de tov,
. Ores respons ung peu a moy.
Salomon, dont est grant renom,
Fait en son livre mencion
321 1 5 Du temps de parler et de taire;
Ainssi le deUsses tu faire.
Et Thulles nous revault compter :
La voix des chiens devons doubter,
C’est a dire, se l’entens bien,
32i2oCeulx qui abayent comme chien:
Car chien abaye tout a fais,
Ainsi le bon com le malvais.
Doncquez a cil langue de chien
Qui abaye a mal et en bien,
32i25Quidist vilenye et laideur,
Aussi du bon, com du pieur.
Tu dis de moy que je suis lerrcs;
Tu n’en fus oncques congnisserres,
Et si ne scez que je le soye;
32i3o Parjures est sest qui le voye;
Cil est pieur certainement
Qui afferme ce qu’il ne sent.
Hé Dieu ! com grant paine se donne
Qui chose non sceüe tesmongne. (6*7 c)
3 2 1 3 5 David dit, ce est le certain :
« Metz, » dist il, « a ta bouce frain
En tel maniéré que ne dies
D’aultrui mal, durtés ne folyes. »
Cathon aussi le va disant :
32140 a 11 est » , dist il, « vertu tresgrant
De reffraindre la langue a dire
Chose que raison voeult despire. »
Et le Philozophc nous dist
Que male langue l'amc ochist.
32145 Et Pierre Alphons nous retrait
En ung sien livre qu’il a fait :
« Crieng, » dist il, « la chose amortir
Dont tu te doies départir,
Car l’homme plus blasmer se fait
321 5o De trop parler que lors qu’il tait;
Car quant parolle est dévoilée,
Comme archier trait a le voilée,
Il ne poeut son dit rassacquier
Ne que la flesche fait l’archier.
321 55 Qui toudis trois fois penseroit,
Envis grant folye diroit,
Et ce tiengnes tu de m’escolle. »
Panphile dit : « Douce parolle
Nourrist et attrait les amis. »
32160 Senecques en ung livre a mis :
« Gardes, » dist il, « que tu ne dies
Laides parolles ne folies.
Qui volontiers folye compte,
Ennemis quiert et nourist honte. »
32 1 65 Salomon dist : « Cest vérité,
Que homs qui est acoustumé
De dire reproche ou folye,
11 n'ara ja grâce en sa vye. »
Et si nous dit Marcialis,
32170 Si com en son livre le lis :
« Qui aultrui vices assaulra, [67 d )
• Tostdes siens nouvelles orra. »
Et Socratès dit en ung lieu,
Qui volentiers parloit de Dieu,
32175 Qui envis se poeut de bien taire :
« Ce qui est », dit il, « est affaire.
Ne dit pas qu’affaire bon soit. »
Et Senecque si nous comptoit :
« Se tu ne te scez ou poeus taire,
32 1S0 Comment poeus tu a nullui plaire?
Comment oze nule faire taire
Cil qui nulle paix ne scet faire. »
Chantecler, ne te doit despire.
Comment ozez tu nulluy dire
3 2 1 85 Moy ne aultrui que il se tarze
Ne que en riens sa langue apaize,
Quant tu appaisier ne te voeulx
De dire mensongnez et doeulx?
Le Prophette si nous ensengne
32190 Que homs de chastïer s’abstiengne
Du vice dont il est tous plains,
Car certes il est drois vilains
Qui blasme homme d'aucun pechié
Dont il est pour voir entechié.
32195 Tu me chasties de paix faire,
Et tu nepoeulx ta langue taire!
Mais, par saint Gillez de Prouvence,
Tu accoustumes male enffance
De parler si villainement
32200 A moy qui riens ne te demand!
Se ton chaté je te taulsisse
Ou toy par force avoir vaulsisse,
Ou laidit aucun ton amy,
Lors te deussez plaindre de my.
32205 Je ne te viens de riens requerre :
Soubz le ciel suis, et sur la terre,
Ne tefay force, enprunt ne don.
32i6o Senecque — 32164 acquiert — 32i68na corrigé d'après A — 32170 le manque — 32193 suppléé
d'après A — 32201 te manque.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
102
RENART LE CONTREFAIT
Pour quoy me vilaines tu don ? (68 a)
Non pour quant tout je te pardonne
32210 Ne nul blasme je ne te donne.
Or fay ainsi, a moy t’apaise
Et viengz a moy et si me baise.
Désormais seras mon amy,
Et puis je m’en iray de cy,
3221 5 Car de toy départir ne voeul,
Ne par haine, ne par orgoeul. »
Quant Chantecler a escouté
Ce que Regnart lui a compté,
Au coeur en ot despit et ire.
32220 Par despit envis pot mot dire :
« Comment, » dist il, « as concheü
Les docteurs qu’as ramenteü,
Qui tous biens quirent et amerent,
Tous maulx,tousmalvais escheverent?
32225 Encor ce te dy que ilz firent :
En bien monstrant toudis vesquirent ;
D’eulx en appert encor le voir.
Comment les os ramentevoir,
D’eulx parler et de leur maniéré?
3223o Tu ez samblant a la lumière
Qui en aultrui esclarisant,
Se va tousjours defenissant.
Le malvais fait peu de sçavoir
Quant des biens raconte le voir.
32235 Malvais ne se poeut pas grever
Que des fais des bons raconter.
Cecy dit bien Dieu par David
En ung ver qu’au Saultier ay lit :
t Peccatori autem, • dicit Deus • quare tu euarras, etc. •
Et si dit Cathon sans erreur
32240 Que laide chose est au docteur
Quant sa coulpe le redardue.
N’as pas bien la lettre leüe
De Salomon dont me dis compte ; (68 b)
De parler de lui te fais honte,
32245 Car ung malvais me fait vergongne,
Quant il maintient bonne bezongne.
Et je te parleray de Tulle
Qui ne fut ne fol ny entulle ;
Il dit et par raison le sot :
3325o * Nulz aguetz ne sont si repot
Com ceulx qui se voeullent tappir
Soubz couverture de servir.
Regnart, je voeul tresbien qu’on m’oye :
Ung cheval déchut ceulx de Troye,
32255 Dont le renom encore en dure,
Qui pourtrais est en la figure
D’une leur déesse Minerve
(Ne croye que de bourde te serve),
Et par illec ilz se déchurent
32260 Que pas la vérité ne sceurent.
Ainsi tu qui preudhoms te faintz.
Fais a croire que tu ez saintz ;
En faingnant me voeulx decepvoir
Qui sçay de ta purté le voir.
32265 Ains seront moisne preudhome,
Et en Espaigne sera Romme,
Et en comremout courra Sayne,
Que Regnart preudhommedeviengne.
Senecquez dit mot véritable,
32270 Que nulle riens n’est si songnable
Com d’amer et porter honneur
Aulx gens selon qu’ilz ont valleur.
Qui a tous honneur porteroit
Selon ce que en lui seroit
32273 Et deshonneur selon son vice,
Ne seroit point de mais malice,
Car se honneur portée fust
Selon le bien que on eüst,
Chascun voulsist un preudhomme estre ;(68 c)
32280 Maisorchass’on preudhomme paistre,
Et malvais riches sont prisiés,
Et les preudhommes desprisiés.
Pour ce sont amassé avoir,
Que le preudhom n’en puist avoir ;
32285 Et ceste chose bien affiche
Que les malvais sont les plus riche
Et avec les plus honnourés,
Et les bons preudhoms sont hués ;
Aultrement ne voeult on or faire.
32290 Mais Dieu est du tout au contraire.
Par le vray Dieu Nostre Seigneur;
Pluseurs portent Regnart honneur!
Sansgrant bien en lui ne poeut estre,
Que cilz l’appellent sire et maistre,
32295 Et pensent estre plain de sens,
Et si n’y voient nulz assens
Fors seullement qu’on les blandist.
Dont Cathon nous en dit ung dit;
Il dit : a En ton affaire voy
323oo Et ne croy aultrui plus de toy.
S’on te juge plain de sçavoir,
Tu poeulx bien sçavoir s’on dit voir;
Tu poeulx mieulx congnoistre ton pris
Que nul autre, tant soit apris.
323o5 Je ne tiengz pas sens d’acquérir
Avoir, mais que bien acquérir.
Avoir acquerre n’est pas sens,
32238 Psal. xlix, 16 — 32253 On lit en rubrique : Chanteclkr — 32255 tout pr. — 32279 un manque .
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITYOF MICHIGAN
SIXIÈME BRANCHE
Quérir Dieu est tresbon assens.
Bien dois sçavoir, se je dis voir.
323 io Tu es plain de malvais sçavoir;
Une heure poins, aultre diffames;
Tu taulz avoir, et si taulx famés;
Tu parles françois et latin;
Tu as donné tost ung tatin;
3a3i5Tu fais chiere papelardie
Toute plaine de regnardie ; (68 d )
Tu déchois, ne te chault comment;
Mal as retenu le comment
Dont tu scez tresbien le latin
3i320 Du preudhomme saint Augustin
Qui dist : « Bien dire et mal ouvrer
N’est fort de lui Dieu dessevrer. »
Et saint Maxens qui tant het vice
Dist : « Homs, garde toy de malice,
32325 Car Dieu ses oeuvres destruira,
Etcellui qui les ensuira
Et la langue melsmement
Qui dit mensongne a escient. »
Esciamment tu voeulx attraire
3233o Toute chose qui te voeult plaire.
Tous le dient, et dient voir
Que tu n’ez que pour decepvoir
Les docteurs que tu as nommés,
Par lesquelz as tes fais prouvez,
32335 Si com Senecque et Salomon,
Socratès, Panphille, Cathon,
Tulles, Marcialis, Grégoire,
Orace qui tant ot memore,
Aristote, Platon, son maistre,
32340 Lucans qui monlt bien y doit estre,
Ambroise, Terence et Presès,
Ovide le sage et Xercès,
Pierre Alphons, Catu, Plinius
Jhesus Sirac, Estunius,
32345 Ysidore avec eulx, Boëce,
David qui tant ot de proësse,
Diogenès et Augustin,
Qui tant ot sens et bonne fin,
Juvenaulx et le bon Moyse,
3x35o Qui a Dieu fist tant de servise,
De Virgille et de Cicéron
Dont trop bien la memore avon;
Tous ceulxa tesmoingtu as trais. (6g a)
Mais tous tesmoingnent a ung fais
32355 Selon l’estât de vérité
Qu’en Regnart n’a nulle bonté.
Pour quoy le contraire en diroye?
Ennemy a Raison seroye,
32345 Auec eulx Ys. — 3^35 1 etciteron.
Digitized by Google
io3
Si ne crôoie les docteurs
3236o Qui tant ont esté bienfaitteurs.
Cilz te diffament, et si proient
A tous hommes qu’ilz ne te crovent,
Et je suis bien a leur accord.
Je dy, qui te croit, il a tort.
32365 Regnart, entens moy bien sans ire,
Qui bien scet que Regnart voeut dire;
Nul n’est s’il n’a nom ou surnom
Que ne face honte a son nom,
Que chascun pour le nom ne doubte,
32370 Fol est qui le malvais escoute;
Bon fait malvais surnom fuir;
Envis en vient bien de sieuir,
Quant le proppre nom est malvais.
Doncquez grant différence fais,
3 1 375 Et plus avant je ne voeul lire
Qu’il n’en alast de mal en pire.
Mais encor di je sans mentir
Qu’envis voit on mal nom sentir,
Si com maul feras mal agrappe.
3238o Dieu me gard d’eulx qu'il nem’agrapel
Par ces deux tous aultres devise.
Cil n’est pas sage qui n’y vise
Et je bien m’y adviseray
Que de riens je ne te creray,
32385 Car en tant de mal as hanté
Que tout le tien y as gasté.
Rien n’as, mais tu voeux recouvrer
Sur moy par ton malvais ouvrer.
Perdu as le tien par folye,
32390 Pour ce as tu du mien envye. (69 b)
Thulles en parle sagement :
« Qui le sien pert, a l’autrui tent. »
Va t’en; du mien n’aras tu point :
Vas trouver aultrui qui te doint. »
323g5 Quant Regnart eult assez oy,
De nulle riens ne s’esjoy :
« Monlt suis ores, » dist il, « besté!
Aray huy mais ce fol maté.
De riens qu’il die ne m’anuye,
32400 Paour n’ay fors qu’il ne s’en fuye,
Car de ce suis je fis sans doubte
Que prins sera, se il m’escoute.
Se larron me dit, peu m’en chaut,
Ce ne me fait ne froit ne chaut,
32405 Car maint sont appelle preudhome
Que par mon chief on les surnomme.
Selon Dieu fol homme despit
Qui son proppre nom ne lui dist,
Et qui le proppre nom diroit,
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
RENART LE CONTREFAIT
104
32410 Tel est qui s’en courouceroit,
Et touttesvoyes sans despire.
Tous voirs ne sont pas beaulx a dire :
On nomme tel religieux
Qui est fol et luxurieux;
32415 Je nel dis pas pour Moisne Noir
Qu’envis seroit ores d’eulx voir,
Pour Réguliers ne pour les Gris;
Jamais n’y seroient repris;
Aussi grande honte ont de Pestre
32420 Comme brebis ont d’herbe paistre,
Dont ne leur dit on pas leur nom,
Ains une bourde et ung surnom,
Bien en deüssent dolleur faire,
Quant on les claime leur contraire.
32425 Les usuriers sont tel ordon;
Quant on les huche : chapreudom,
Tost y viennent sans contredit; (6g c)
Mais mal gré sceventqui leur dit.
Tout ainsi feroienr, pour voir,
32430 Au mien cuidier ly Moisne Noir;
Je ne les hez, ne ne les ayme,
Mais chascun d’eulx a or se clayme
Une maniéré despareille
Qui me vient a monlt grant merveille,
32435 Car toutez lettres que ilz font
Ou qu’ilz font faire ou que ilz ont,
Soit gaaing, amistié ou perte,
Soit en lettre cloze ou ouverte,
En tous contraulx meïsmement,
32440 Tous s’appellent Frere Climent,
Frere Constant, Frere Guimer,
Trestous se font frere nommer;
Et qui frere les nommeroit,
Leur tresmale voeullance arait;
32445 Monlt aroient despit ouvert;
Diroient : « Sommes nous couvert? »
N’est si grant despit a vëoir.
Et comment poeut ice sëoir,
Quant ilz ont honte et ataïnes
32450 Dou non qu’il s’appellent meïsmes?
Puis que frere appeller se voeullent,
Pour quoy donc d’appcller se doeullent?
Qui tel nom que je voeul me claime,
Certes il m'est advis qu’il m’aime.
32455 Aussi le moisne Régulier:
Chascun voeult ceste réglé aller
Et se voeullent dire chanoenne
A estivaulx, Régulier, moisne
Et s'appellent frere Bernard,
32460 Ceulx qui font les oeuvres Renart,
Et qui frere les nommera,
Chascun d’eulx s’en courroucera.
Tous Jacobins, tous Cordeliers
Et ceulx du Val des Escolliers, (6g d )
32465 Tous se dient frere, et le voeullent,
Et du nommer point ne s’en doeullent ;
Tous blancs moisnes freres se dient,
Et d’èulx appeller ilz gracient;
Et les Noirs Moisnes ne l’adaignent
32470 Et qui leur appelle, ilz se plaignent.
Male joye puist il avoir
Qui cest ordon trait a sçavoir,
Car, a compter la vérité,
Frere est un nom d‘humilité ;
32475 Humbles deüssent estre et piteux
Quant se dient religieux;
Nulle aultre chose je n’y voy.
Fors tant cel estât vient de moy;
Ilz voeullent bien, les gracieux,
32480 Qu'on les claime religieux,
Mais s’ilz fussent bien clervoyans,
Hz n’en seroient ja joians,
Ains aroient honte du nom.
Bien scevent se c’est voir ou non.
32485 Et atant d’eulx je me tairay,
Et aChanteder parleray. »
Quant Regnartot monlt fort tenchié,
Lors a il en hault commencié :
« Chantecler foy que doy saint Pere!
32490 Tu ressanbles tresbien ton pere
En toy sagement maintenir
Et de bien souldre et retenir;
Et se bien croire ne voulloies,
Encores evesque seroies,
32495 Car du pappe en ay le pouoir,
Et je te voy de grant sçavoir,
Fors en mescroire et en despire,
Et que nullui ne crois pour dire;
Se ces deux tesches tu n’ellsses,
325oo Bien tost en Paradis fellsses. (70 a)
Or te plaise oster toutes doubtes
Et ma parole ung peu escoutes.
Qui escoute et riens n’en retient,
En grant simplesse se maintient;
325o5 Et trestout au commencement
Je t’afTerme certainement,
Ne te voeul donner ne tollir,
Ne te voeul amer ne hayr.
Ne te voeul fuir n’aprochier,
^24*9 — 32424 on manque — 22430 De ce quon les appelle moisnes corrigé d'après A —32466
«en suppléé d'après A — 32474 un manque — 32204 nentent corrigé d'après le v. 22504 d' A.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
SIXIÈME BRANCHE
105
325io Ne te voeul prendre ne touchier,
Peu loër et peu diffamer.
Mais se me voulloies amer,
Je ne le refuseray mye.
Orcntensung peu de ma vyc :
325 1 5 Soubz ungs homs suis, aultre seray,
Et s’il me plaist, je t’ameray ;
. Cecy ne poeulx tu contrester.
Or me laisses du tout ester;
L'estre ne me poeus tu tollir.
32520 Plus ne te quier, voeulles m’oÿr
Et que vers toy appaisié soye.
Puis demeures, g'iray ma voye,
Mais de cy point ne voeul partir
Tant que tu me voeulles haVr;
32525 Ne ja de nul ne partiray
Tant comme sa hayne arav,
Car cil est fol en trestoute heure
Qui a nul en hayne demeure,
Et s’est en voye de périr,
3253o Et de tout enfer acquérir ;
Cecy ne voeulx tu pas despire,
Ne ne bées au contredire.
Jhesus Sirac dit en oyant,
Que cil parle a homme dormant
32535 Qui raconte a fol son volloir,
Et Salomon redist pour voir :
• Gardes qu’a oreille de fo (jo b)
Tu ne dies ne trop ne po. »
Pour ce as tu cest avantage
32540 Pour ce que je te sens tressage,
Que je te voeul ma purté dire.
Or y entens bien sans despire :
Jones suis, tu le dois sçavoir;
En jeunesse n’a nul sçavoir;
32545 Qui jeunesse de sens requiert,
Cincq pietz en une vache quiert.
Se je fus fol, ce fu droiture,
Se sens eus, ce fut adventure ;
Et meïsmement mon pere yere
3255o Riches homs a tresgrant maniéré,
Pour quoy je ay grant avantage
D'estre fol et non mye sage.
En ma jeunesse euz nom Regnart,
Mais or ay nom frere Bernard,
32555 Et ceulx qui ma jeunesse virent,
Mes enffances a chascun dirent;
Le renom est toudis aie.
Mais ma jeunesse a demouré,
Et pour ce n’ont pas peu se taire
3256o Ne de mesdire eulx se retraire,
Leurs langues li mal losengier,
Mais toudis ont volu plaidier.
Le renom toudis se déporté,
Combienque l’oeuvre esttoudis morte.
32565 Ne jamais jour ne vivera,
Ne jamais jour ne me sieura.
Saint Pol qui appelle fu Saules,
Et puis aprez fu nommez Paules,
. Qui fu ung des plus fors tirans
325-0 Qui fu en cellui temps vivans,
Trop fu grant clerc, païen estoit,
Contre l’Eglize disputoit,
Et monstroit de tout son pooir
Que no loy ne deust riens valoir (7 0 c)
32575 Et que ceulx grandement erroient
Qui Crestïenté honnouroient.
Longtempz ot ceste intencion,
Et maintint persecucion
Tant qu’a Dieu le tout Puissant pleust
3i58o Que son erreur congnut et sceust
Et vit tout cler appertement
Qu'il avoit erré folcment.
Sise mist en aultre sentier
Pour servir Dieu de coeur entier
32585 Puis fut il apostles clamés,
De Dieu, de sainte Eglise amés;
Puis mist il en Dieu si ses cures
Qu’il fist les sainttes Escriptures,
Epitles et maint aultre livre,
325qo Lesquelz sainte Eglise nous livre ;
Puisfu pour la foy decolé,
Comme martir a Dieu ale.
Ainsi fu de la Magdalaine,
Qui ne fu pas de pechié saine,
32595 Qui puis si son coeur en Dieu mist
Que toute sa paix a lui fist,
Si com l’Eglise l’a compté,
Ou il n'a que voir et bonté;
Puis ama tant Dieu et l'Eglise
32600 Qu’avec les Appostles est mise,
Et Dieu maint bien lui revella.
Tu scez ores bien tout cela.
Et Marie l’Egiptïenne,
Qui tant fu de pechié vilaine
326o5 Et a tous si habandonnée,
Qui ja fu si desordonnée,
Car tout enseïent vault cerchier
Maint lieu pour faire gent pechier
Et pour jetter de leur ordon,
32610 A qui Dieu puis donna pardon.
Celle fu foie vraiement, (70 d)
32537-8 Prov. xxvi, 4-3 — 3255g et 3256o se manque.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
RENÀRT LE CONTREFAIT
106
Car se le vray escript ne ment,
Le passage oultre mer estoit,
Et elle au devant se mettoit
3x6i5 Pour gens mettre a dampnacion
Ou fait de fornicacion.
Pour eulx dampner, perdre ou périr
Et en la mer faire morir :
En tous lieux se penoit, pour voir,
32620 Pour perdre corps, ame et avoir.
D’Egipte fu la damoiselle
Qui tant fut advenant et belle;
Monlt bien fu faitte par dehors
De quancquez appartient au corpz,
32625 Mais le coeur fu et vains et nudz,
Pour peu de chose corrumpus.
A douze ans laissa pere et mere
Pour mener vye monlt amere;
Ala d’Egipte en Alixandre
3x63o Pour sa vye en folz us despendre
De trestous maulx, de tous pechiez
Estoit le sien corpz entechiez
Souverainement de mirer
Et de son corps a tous livrer;
3x635 En lui estoit toute luxure,
N’y avoit bourne ne mesure.
Dix sept ans tel vye mena ;
De mal en pis toudis pena.
Oncquez de l’autrui ne vault prendre,
32640 N'a l’autrui ne vault la main tendre;
Oncquez de l’autrui n’ot que faire,
N'aultrui chaté ne lui pot plaire.
Son coeur tout en malfaire estoit :
Chascun a pechié attraioit;
32645 Ne gardoit ne cousin ne frere,
Ne reffusoit ne filz ne pere.
En tel vye a long tempz esté
Tant que ce vint en ung esté, (7 / a)
Q'une tourbe d’Egipcïens
3x65o De bons preudhommes creslîens
Vouldrent le Sépulcre requerre
Et se partirent de leur terre
Pour aller en Jherusalem
(En toute saison y va l’em,
3x655 Au moins ceulx de celle contrée).
Marie a la gent encontrée;
Avecques eulx vint au passage,
Comme celle qui fu peu sage,
Et toudis fu s’intencion
3z66o De faire fornicacion
Et de mettre aux pèlerins cure
D’entrer au pechié de luxure.
32683 Les g.
Et pour cecy elle y alla,
Ne a nul point ne le cela.
3x665 Elle y fist perdre maint voiage
Et maint tresbon pèlerinage;
Ne refusoit jeune ne viel,
Povre ne lait, riche ne bel.
Ce qu'elle estoit si belle femme
32670 Fist en cel an perdre mainte ame.
Adonc vindrent les nefz a port
A grant joye et a grant déport.
Celle qui tint joliveté
S'en alla par my la cité ;
32675 Ne semble pas estre rencluze,
Partout esgarde, partout muse.
La le congnurent bien li fol,
Ne lui convint sonnette au col;
A l’eglize s’aloit monstrer
3x68o Pour les jouvenceaulx encontrer.
Le jour vint de la Passion
Qu’aloient a procession
Gens pour aourer la Croix sainte
Qui du sanc de Jhesus fu tainte.
3x685 La s’apensa en son corage : (7 / é>)
Cel jour laira son bordelage,
Et pour cellui sainttisme jour
Ne fera mal ne deshonnour.
Venue s’en est en la presse,
32690 La ou elle estoit plus espesse
Pour aller la Croix aourer,
Que point n’y vouloit demourer.
Venue en est jusqu'à l’eglize,
Mais el ne pot en nulle guize
32695 Mettre le pié sur le degré.
Mais tout ainsi comme de gré
Revenist a la gent arriéré,
Se trouva a la gent première.
Donc s’en revint et vint avant,
32700 Mais ne valut ne que devant,
Par pluseurs fois ce lui advint,
Et quant jusqu’à l’eglize vint,
Arrier venoit malgré ses dens,
Et ne pouoit entrer dedens.
32705 La dame voit bien et entend
Que c’est néant a quoy elle tend;
Com plus lëens d’aller engresse,
Et plus reculoit en la presse.
Lors dist elle : « A quel parage
32710 M’a Dieu rendu de mon eage?
Bien me doy de dollour confondre ;
Bien doit terre dessoubx moy fondre.
Beau doulz Dieu, bien voy que c'est signe
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
SIXIÈME BRANCHE
107
Que le mien corps n’est mye digne
32715 De entrer en si digne place
Pour le pechié qui si me lace ! »
Monlt se complaint, monlt se demente
Et se claime lasse dollente :
« Lasse, » dit elle, « que feray ?
32720 Ha lasse 1 comment ozeray
Mercy ccîer au Roy de glore,
Qui tant ay mis mon corpz en fore? » (7/ c)
Lors vit a l’entrée de l'eglize
Ung ymage bel a devise
32725 En l’honneur de la Dame faitte
Par qui tenebre fu deffaite;
Ce fu la glorieuse Dame.
Adonc se mist la bonne femme
A nulz jenoulx et a nulz coûtes ;
32730 Le pavement moulla de goûtes
Qui des yeulx lui chiéent aval,
Qui le moullent tout contreval.
En plourant dit : « Vierge pucele,
Qui de Dieu es mere et ancele,
32735 Qui portas ton filz et ton pere,
Et si fus sa fille et sa mere;
Pourtoy honnoure on toutez femmes;
Par toy sont saulves maintes âmes;
Tu es de Paradis la porte ;
32740 Par toy brisa d’enffer la porte.
Souviengne toy de ceste lasse
Qui de pechiez tous aultres passe! »
Adonc s’est levée Marie
Et lui sambla que fust garie.
32745 Si ala la Croix aourer
Que ung chascun doit honnorer.
Devant l’ymage est revenue;
Si compte sa desconvenue,
Demande en quel lieu poeut guerpir,
32750 Pour le mieulx son ame franchir :
• Dame, dame, en plege vous met,
Et si vous convent et promet
Jamais en pechié n’entreray.
Entrez y, je garandiray.
32755 Desores voeul chastement vivre. »
Une voix oyt a delivre
Qui lui dit : « De cy partiras;
Au monstier Saint Jehan iras,
Et passeras le fieu Jourdain, (7/ d)
32760 Et en penitance tesmoing
Que avant conffesse soit faitte
Du pechié dont es si meffaitte.
Quant tu avras l’eaue passée,
Une forest monlt longue et lée
32738 sauluees maintes — 32793 ce manque.
32765 Delà le fleuve trouveras.
En celle forest entreras,
Illec ta penitance aras. »
Lors celle tantost se seigna,
32770 Fist ce que la voix enseigna ;
Illec ot le coeur enterin.
Lors encontraung pelerin;
Trois mailles, ce compte l’histoire
Luy donna pour le Roy de glore.
32775 Trois petis pains en acheta ;
De ce vesqui, plus n’emporta.
Au fleu Jourdain en vint Marie
Et la print sa herbregerie;
Puis passa le fleu l’endemain,
32780 Et menga la moittié d’un pain.
Au matinet elle se lieve;
Au monstier va, point ne lui griefve;
La rechut le corps Jhesucrist,
Si comme je truis en escript.
32785 Tout maintenant au bois s’en vint,
Et en la grant forest se tint.
Ses pains sont faillis et mengiés,
Et pour ce n’a pas estrangiés.
Lors a mengié de l’herbe drue;
32790 Ainsi paist comme bestemue.
Deable tempter la le venoit,
Et son fain lui ramentevoit.
La dame pour ce ne fait rien ;
Toudis tenoit son coeur en bien.
32795 Plus de.xxxij. ans y fu
Que son corps ne fu point vestu 5(72 a)
De ses cheveulx robe faisoit,
Aultre couverture n’avoit.
Pour ce fu maigre et pale ettainte,
32800 Car de povreté si eust mainte.
Sa penitance fist amere,
Jusques il pleut a Dieu le Pere
Que de cest ciecle defenist
Et en sa compagnie venist.
328o5 Jozimas en terre le mist,
Ung preudhoms qui sa fosse fist,
Que Dieu y tramist sans arrest.
Droit ou millieu de la forest
Y vint unglyon monlt poissant,
32810 Crochu et merveilleux et grant.
De ses ongles la fosse fist.
Et d’une part la dame prist ;
Jozimas l’a d’autre part prise;
Ainsi l’ont en la fosse mise.
3281 5 Sa fin fu monlt bonne et eurée,
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
RENART LE CONTREFAIT
Car en Paradis fu portée.
Bien assez t’en porroye dire
Qui ont esté ou tel ou pire.
Qui puis se sont si recordé
32820 Qu’a Dieu ont esté accordé.
L’Ewangille saint Mathieu compte
Que Dieu generalment raconte :
« Je ne suis pas venu en terre
Pour justes, mais pour pecheurz querre. »
32825 Ne doy je aussi bon coeur avoir,
(Aussi m’a Dieu donné sçavoir,
S’il le me plest a maintenir)
Qu'a ceulx que tu m'os soustenir?
Autel puis faire comme ilz firent
3283o Et autel dire comme ilz dirent,
Et avoir autelle science
Et aussi bonne conscience.
Et se il ne demeure en moy,
Chantecler, bien en ton coeur voy, (72 b)
32835 Dieu est tout prest de recepvoir
Tous ceulx qui se mettent a voir,
Se tu ne vois en moy contraire,
Que ne doye a bonne fin traire,
Paix ayme,paix a toy requicr;
32840 A tous doin paix sans relachier
Et pour moy de paine jetter ;
Pour Dieu, paix me voeullez donner
Et aprez te dourray la moye,
Et puis si m'en iray ma voye,
32845 Car on m'a dit qu’Ospitalier
Voeuilent devenir Cordcllicr
Et ceulx de Clugny Celcstin,
Et que plus ne buvront de vin,
Vestiront heres sans chemise.
%
3285oTel ordonnance ont en eulx mise :
Jamais char crue ne tenront;
Désormais chastement vivront;
Saint François sera d’eulx amc
Qui par tout est si diffamé,
32855 Et chascun dit que il fut lerres
Et Dominicque fu bourderres;
. Ces deux sont forment despisiés;
Mais désormais seront prisiés.
Seront canonisiés a Romme.
3z86o Quant Moisnes Noirs seronpreudomme,
. Noirs Moisnes chastes devenront;
Jusqu’adonc prisiez ne seront.
Et quant je devenray preudom,
Lors seront ilz en bon ordon.
32865 Par Dieu, cy n'a pas peu a faire ;
Pour ce y voy pour la paix faire. »
Lors se print Regnart a plourer
Et vers le ciel monlt aourer.
Samblant fist de grant amistié
32870 A Chantecler en print pitié,
Et dist : « Regnart, certainement (72 c)
Dieu a bon port icy t'ament.
Bien sçay qu’a lui ne tenra mve
Que tu ne maines bonne vye
32875 Et tu en es bien en la voye.
Se malvais coeur ne te desvoye.
Regnart, or me dy vérité :
Dès quant es tu en cest pensé
Et en ceste grant repentance,
32880 Quant si malvaize fu l’enfTance?
Comment t'es a Dieu converti,
Qui par tant de fois as menti?
— Bonne demande ores me fais;
Je le diray, se tu te tais.
32883 Saint Urbain au tempz qu'il vivoit
Ung tresbon enfant clerc avoit;
Monlt se pena de Dieu servir
Et de tous vices asservir;
En Dieu, ot mis s’entencion.
32890 Saint Urbain le mist a raison
Et dist : « Amis, je voeul sçavoir
A quoy tu voeulx ton coeur avoir?
— Sire, » dist il, « a Diçu servir
Et a sa grâce desservir.
32895 — Et se tu sa grâce en avoyes,
Dy moy quel mérité en aroves.
— Sire, de Paradis la joye,
Et la y tens ou que je soyc.
C’est la joye qui toüdis dure;
32900 De nulle aultre joye n’ay cure.
Le voir par l'Escripture en sçay,
Qui ne nous demonstre que vray.
Amis, aultrement le verras
Par quoy et tu mieulx le creras. »
32po5 Lors si fist tantost sans cesser
Le preudoms l'enffant confesser,
Et puis en sa chanbre le mist, (72 d j
Et telz ordonnances lui fist :
Ses pietz, ses mains aulx siens lui joinct.
32910 Une petitte heure en ce point
Tantost comme ot fait sa prïere,
Comme cil qui de Dieu bien yere,
Adonc cilz enlTez que je dis
Auÿ le chant de Paradis,
32915 Toutes les .ix. légions d’Angles
32817 Bien ten p. assez d. — 32823-4 Matth., ix, i3;c/. Marc , n, 17 et Luc, v, 32 — 32833 Et manque
— 32861 Et noirs — 32868 a aourer — 32895 en manque.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
SIXIÈME BRANCHE *
Qui chantoient a grant loenges :
Sanctus, sanctus, sans fin avoir;
Nulz homs ne porroit ce sçavoir,
Ne croire il ne le porroit
32920 Pour dire qu’il ne les orroit.
Quant le clerc cellui chant oÿ,
Tout adens a terre cheÿ,
Cartrestout fut esvanuÿ
Des doux chantz que il ot oÿ;
32925 Sur ses pietz ne se pot tenir.
Si tost comme il pot revenir,
En ung hermitage se boute.
La servi Dieu de coeur sans doubte
Jusquez il ot tout consummé.
32g3o Tout est voir ce que t’ay nommé,
Comment qu’il soit du remanant.
Or entens a moy sceurement :
Quant je sceus que cellui fu telz
Que les doulx chans esperitelz
32935 Auÿ, prie que lui pleüst
Qu’a lui servir me recheüst.
Je le servi, et tant il fist
Que les doulx chantz oÿr me fist,
Et tout le mal qu’ont ceulx d’enffer
32940 Qui dolleur ont tout sans cesser,
Les paines, les cris, les meschiefs,
Que ilz soeuflrent pour leurz pcchiés.
Quant tout cecy m’ot fait oÿr, (7.? .7)
Oncquez puis ne peus esjoÿr,
32945 Et me demanda se j’avoye
Amy qui tenist bonne voye,
Qui en bonne volentc feust
Que toutes ces paines sceiist,
Et qu’a plain lui fisse sçavoir
32950 Pour toudis mieulx a Dieu seoir.
Oncquez puis que je les oÿ,
De pechié nul ne m’esjoÿ.
— Or me dis comment tu le vois
Et comment oÿr tu le dois ;
32955 Volentiers en sçavrai la vve.
Or, Regnart, ne me faille mye;
Kay moy celle merveille oÿr,
Se tu voeulx de m’amour joÿr :
Une geline te douray
32960 Et ton bon amy devenray.
Si tost com les aray ouÿs,
Du siècle me scray partis;
Tu dis que tant mon pere amas,
Et que maint jour tu le hantas.
I09
32965 — Chantecler, bien te poeut souffrir
De moy tes gelines offrir.
Pain de froument, vin ne buvray,
Jamais nul jour que je yivray;
Ne vivray fors que de rachines;
32970 Je ne quiers aultres médecines.
Et ne te chaille ja d’oÿr
Et encores moins du veïr,
Car si tost com tu les orras,
Jamais joye avoir ne porras. »
32975 Dist Chantecler : « Or ne te chaille;
Car je le voeul de coeur sans faille. (j3 b)
— Chantecler», dist Regnart, « escoute,
J’ay tresgrant paour et grant doubte
Que si desconforté ne soies
32980 Que jamais joye avoir ne doies.
Chantecler, ja pour ce ne lais,
Mais, je te prie, tost le fais.
Puis que tu voeulx infer vëoir
Ou nul ne doit vouloir seoir,
32985 Volentiers le te monstrerav,
Mais bien sçay, mal gré en aray.
Or ne te voeul je dechevoir :
Concession te fault avoir. »
Dist Chantecler : « Ce ne poeut estre,
32990 Pour ce qu’il n’y a cy nul prestre.
— Certes, 0 dist Regnart, « prestre suis;
Concession bien oÿr puis.
— Regnart, ne m'y conflésseras,
Ne ja prez de moy ne seras.
32995 — Or dis donequez ta patrenostre;
Pechié fay quant nul bien te monstré,
C'oncquez moins créant ne vy or,
Et dirois ton Confiteor. »
Chantecler ses oroisons dist.
33ooo Regnart qui le pappelart fist
A faulx semblant, a chiere fainte,
Prinst abstinence la constrainte;
Par le faulx Chantecler déchut
Que faulx constraint il ne perchut;
33oo5 Par semblance print a plourer
Et par fainte print a orer;
Dist Dieu courouchier ne se voeulle,
Aflin que Chantecler se doeulle.
Chantecler a bien cscouté;
33oio Pour ce trop moins s'en est doubte.
Si lui demande : « Est il a point?(7Jc)
Je cuid jamais ne verray point ;
Tu es trop long en tes bezongnes;
32935 prie — 32955 scaroie — 32963 On lit enrubrique : Ciiantkci.kr — 33963 soufire corrigé d'après
A; on lit en rubrique : Regnart — 32980 au coeur nayes corrigé d'après A — 32981 On lit en rubrique :
Regnart — 32993 On lit en rubrique : Chantecler. .
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
I I O
RENART LE CONTREFAIT
Trop y raetz ains qu’a fin les moines. »
33oi5 Quant Regnart la parole entent,
Pensa qu’il venrra ou il tent.
Adoncques s’est Regnart levé,
Et a parler s’est eslevé,
Et dit : « Qui le voir voeult enquerre,
33020 Enfler est assis dessoubz terre,
Autant dessoubz terre en parfont
Comme Paradis en amont.
Mais aussi tost tu le verras
Comme tu ma prlere orras.
33oa5 Mais trop se va cil decepvant
Qui regarde arriéré et avant.
On ne poeut en deux lieux vôoir,
Ne qu’on poeut en trois lieux séoir.
Tant corn derrier toy garderas,
33o3o Jamais le fait tu ne verras,
Et si te porras decepvoir
Et perte de ton corpz avoir,
Si comme fist la femme Loth
Qui a bien quoy tenir s’en pot.
33o35 Loth fu jadis ung bon preudoms
A qui Dieu fist de s’amour dons.
En Arrabie ot trois cités
Ou bougres furent recités;
Leurs noms sont telz que m’orras solre :
33040 Sodome, Segor et Gomorre.
En Sodome la manoit Loth
Qui de tel vye cure n’ot;
Preudoms estoit et de bon famé;
Deux filles avoit de sa femme.
33045 Cilz Loth estoit niepz d’Abrahan,
Et Sarra, sa femme, en cel an,
Du quel Abrahan Ysac vint,
Au tierch aage cecy advint. [j3 d )
Icil Loth deux filles avoit;
33o5o Plus belles estre on ne sçavoit ;
Belles estoient sans pareil.
Pour le pechié qui n’a pareil,
Que Dieu et tout le poeuple avile,
Dont toute plaine estoit la ville,
33o53 Envoia Dieu deux jouvenceaulx,
Deux anglez gracieux et beaulx,
Qui de Dieu furent enortés ;
Chiez dampt Loth furent ahostés.
Ces jouvenceaulx varletz sembloient,
33o6o Ceulx de la ville s’assembloient
Pour ces deux jouvenceaulx avoir,
Pour acomplir leur ort volloir.
A l’huis hurterent a delivre :
« Loth, tous ces deux varletz nous livre
33o65 Pour faire nostre volenté,
Avant que brisons ton hosté ;
Ou tantost brisier le verras
Ou a nous les délivreras. »
Adonc Loth plourer commença,
33070 Et dist : « Seigneurs, entendez ça.
Pour l'amour de Dieu vous supply.
Deux belles filles ay lez my;
Toutes deux les vous abandoing.
Menez les seoir, ou prez, ou loing,
33075 Et en faittes tous vos delitz,
Et vous gardez d’aultres perilz
Et de l’amour desordonnée
Que Nature n’a pas donnée,
Mais le deflent a tous a faire,
33o8o Pour ce qu’elle est a Dieu contraire. »
Les deux jovenceaulx a Loth vindrent;
A parole tous deux le tindrent.
Et dirent : « Loth, cy nous envoyé
Cil Dieu qui trestous biens envoyé
33o85 Pour confondre ceste cité (74 <*)
Parle mal qui y est bouté
Pour ce vil, ort, puant pechié
Dont tout ce pays est tachié.
Sodome est, ilz sont sodomites;
33090 Pour ce, ceste parolle est ditte;
Pour ce, confondre le voulions;
Le commandement en avons.
— Or, seigneurs, » ce dit le preudom,
« Or me voeulliez donner ung don
33op5 Se il y a cinquante hostelz
Qui de ce pechié ne soient telz,
Que vous les voeulliez respitèr
De ceste sentence jetter.
— Amis, s’il est, si com vous dittes,
33 100 Pour les cincquante serez quittes,
Et pour quarante, a dire voir.
— Et pour trente, le puis je avoir?
— Encorez, se les y trouvez,
De par Dieu le don en arez.
33io5 — Et se vingt en y puis trouver?
Vous tenrrez vous encor d’ouvrer?
— Oyl, ja n’y ara tourment,
Et de dix encor vraiement.
— Et se chincq en y puis quérir,
33noTenrez vous le lieu de périr?
— Ouyl pour trois, voire pour deux,
Sera encor sauvé ly lieux. »
Mais Loth ne se sceut tant pener
Que deux en y peusist trouver,
3 3 1 1 5 Et ly angle monlt bien le sot,
33014 que ne fais les miennes corrigé d'après A — 33o37 arrabe — 33040 fegor — 33io8 encore#
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
SIXIÈME BRANCHE
I II
Et pour ce, ice dist il a Loth :
« Amis, de cy te partiras,
Et a nulluy ne le diras,
Et bien briefment d’aler te paine.
33iaoTelz filles et ta femme emmaine;
Et je te pry que bien te gardes
Que derrière toy ne regardes, (74 b)
Tes filles, ta femme ensement,
Car a Dieu ne plaist nullement;
33ia5 Laisse faire a Dieu son volloir. »
Atant issirrent du manoir.
Loth qui tant fu de Dieu amis,
Du lignage Abrahan nayfs,
Ses filles et sa femme emmaine.
33i3oQuantz ilz furent sur la montaigne.
Si les alloit chastiant Loth ;
Sa femme tenir ne se pot
Pour chose que Loth lui comptast
Que derrière lui ne regardast;
33 1 35 Trop cuida estre decheüe,
Se d’esgarder se fust tenue ;
Maistantost que a tourner vint,
Toute de sel elle devint
En une ymage a se faitture,
33i4o Du grant, du gros, de l’estature;
Illec fu transmuée en pierre ;
La le poeut chascun aller quierre.
Loth et ses filles s’en allerrent,
Oncquez pour ce ne retoumerrent.
33i45 Et Dieu ung fourdre y envoya
Qui les trois cités fourdroya ;
En abisme les fist aller.
Et la mer par dessus passer.
De pute heure ce pechié firent,
33 i5o Quant en enfler tous en cheïrent ;
Pour ce t’ay compté ceste vye.
N’ayez pas au coeur tel folye
Comme ot a tous la femme Loth
Qui oncquez tenir ne se pot
33 1 55 Pour chose qu’on l'endoctrinast
Que derrier lui ne regardast.
Trop se va cellui decepvant
Qui regarde arrier et avant :
Ne poeut achever bonne queste. (74 c)
33 160 Cellui qui tant moeut col et teste
Ne poeut en deux lieux bien venir,
Ne deux instrumens bien oyr :
Vers la terre la teste couche,
Et l’oeul par devers le ciel bouche,
33 1 65 Car vëoir ne poeulx obscurté
Tant comme tu verras clarté,
Et l’oeul par devers la terre oeuvre.
De cellui verras toute l’oeuvre,
Car se l’oeul dessus tu ouvroies,
33170 Ja enfler vëoir ne porroies.
Ains verroies le ciel amont;
De ce ne te chaille par monlt.
Enffer ne poeulx vëoir desclos,
Se l’oeul devers le Ciel ne clos
33175 Et l’autre oeuvre tant que tu poeulx.
Se trestout enffer vëoir voeulx,
La femme Loth pas ne ressembles;
De pierre devenroient tes menbres,
Se regardoies d’autre part ;
33i8o Les deables aroient en toy part. »
Chantecler mist son chief sur terre,
Com cil qui voulloit enfler querre.
L'Acteur qui cestui livre a fait
S’acorde bien a cestui fait
33 1 85 Que qui mal quiert que mal luy viengne
Qui enffer voeult, qui le retiengne.
A l’acord est ce que querras
Que au derrain le trouveras ;
Autant du mal comme du bien.
33190 Ceste raison de l’Acteur tien.
Et quant Regnart le vit séant,
Si lui a dit : « Vois tu néant?
— Nennil, » dist il, ■ fors que les nues.
— O amis, » dist il, « tu te tues.
33i95 Je le te dy a ung court mot,
Tu devenras la femme Loth, (74 d)
Je ne t’en puis plus garantir.
Chantecler, je ne sçay mentir.
Se ne le clos appertement,
33zoo Tantost morras scellrement. »
Chantecler s’en esbahist monlt,
Et pour ce clôt il l’oeul amont.
Quant Regnart voit qu’il nevoitgoute,
Les dens en l’eschine lui boute.
33ao5 Adonc Chantecler tressailli.
Dist Regnart : « Jen’ay pas failli.
Mon orison est bien eurée.
Enffer verras sans demourée. 1»
Lors l’aert aulx dens par le col (75 a)
33aio Dont Chantecler se tint pour fol,
Et dit : « Enffer querois, or las I ■
Chantecler lors se claime las;
Dist nul ne poeut malvais hanter
33 1 34 derrier — 33 1 3g En manque — 33141 Ille — 33169 tu manque — 33 1 7 1 Ne verroies (on cor¬
rige' d'après À — 33196-33208 Ces vers sont en double, une première fois fol. 74 d [le reste du feuillet
restant blanc) et une seconde fois fol. 75 a — 332 1 1 queroie.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
1 12
ftENÀRÎ LÈ CONTREFAIT
Que il n'en viengne au gramenter.
332 1 5 Regnart n’ot mais le coeur plain d’ire,
Quelque parole que sceust dire ;
Le Cocq emporte lyemeni;
Or ne s’en va mais complaignant.
Par les grans saultz du jardin ist;
33220 Plus tost que pot au plain se mist;
Mais les gelines monlt s’effroient }(75b)
Quant Regnart et Chantecler voient ;
Trestoutes se prindrent a braire.
Lors ne se pot Chantecler taire :
33225 « Regnart, qui tant as le coeur gay,
Encor leur fay ung bel abay
Et aulx gens qui aprez toy viennent,
Car leur semble ja qu'ilz te tiennent ;
Gelines les ont esmeüs;
3823o Hz sont sotz et despourveüs :
Or leur dis que tu revenras
Si tost que tu mengié m’aras. »
Regnart fu plain de si grant joyc
Qu’il n’est nule goûte qu’il voye.
33235 Pour ce de joye sansdelaver
Commença fort a abbayer,
Et dist : « Par cy je revenrav ;
Toutes ces gelines aray. »
L’Acteur si le nous a descript,
33240 Et il est bien voir qu’il le dit,
Trop joyc fait l’homs foloyer
Ne se scet garder n’avoyer;
En grant’joye a moins sceureté
Que il n’a en grant povreté.
33245 Par trop grant joyc homs se méfiait,
Qu'il ne scet qu’il dit ne qu'il fait.
Homs trop joieulx si ne voit goûte,
Ne scet qu’il ayme ne qu’il doubte,
Ne scet s'on lui dit mal ou bien.
3325o A dampt Regnart y parut bien,
Car sa joye fu de sa proye
Que il ne sent ne val ne voye.
Pour ces les vilains abbaya
Et par trop grant joye leur crya :
33255 « Vilain, vilain, ça je venray;
Toutes vos gelines aray. »
Quant le Coq sent que la bouce oeuvre
Les aelles bat, si se dechoivrc. (y5 c)
Or n’est il mais en maulx lÿcns,
3326o Et dit : « Bon est praticiens
Que par penser et par diter
Se poeut de males mains jetter.
Entier ay quis, enfler ay eu
Et puis enfler ay deceü. »
33ai4 Quil.
Digitized by Google
33z65 Et tantost et sans delayer,
Les chiens prindrent a abbayer;
Aprez Regnart le cours en vont
Qui au coeur avoit meschief monlt.
Quant il oÿt les chiens venir,
33270 A bien fuÿr se vault tenir;
Mais onequez si bien n’y fuÿ
Que chiens ne l’ayent consieuV,
Si lui despecherent la plice;
Ne lui vault parole qu’il dice,
33275 Plaindre ne braire ne crier.
Si le mainent sans dctrïer
Qu’en pluseurs lieux le sang lui sault.
Regnart eschappa par ung sault,
Pour ce que point de sieute n’eurent,
3328o Mais trop bien lapider le sceurent.
Si retournent a leur repaire,
Et Regnart remaint pour doeul faire
Qui a lamenter fort commence,
Pleure, regrette et a lui tence. {y5 d)
33285 Dist bien : « Voy qu’encor ne suis mye,
Trop bien asseuré de ma vye;
De malheur ne suis pas hors,
Qui tant me tempeste le corps,
Or, terre, pour quoy me soustiens,
33200 Qui tant en moy mal eür tiens ?
Qui est cil qui' malheür voit
Qui de fuÿr ne se pourvoit ?
Trop dure plus d’une traizaine
Malheür qui durement maine. •
33295 Hellas! fortune et malheür
Qui maint en voy mal asseür,
Pour quoy ne te soeuflres atant
Des dolleurs dont j’ay eü tant?
Au moins se vëoir te peüsse,
333oo A toy trop bien parler sceüsse;
Je te demandesse pour quoy
Tu demeures si prez de moy ?
Se cause et bon respons eüsse,
Certainement je me teüsse,
333o5 Et se raison ne me monstrasses,
Je te bâtisse, ou tu m’oustrasses.
Trop mieulx en revengant aymasse
Morir que chétif me claimasse.
O povreté la desloyaulx,
333 10 Corn me dépars de telz joyaulx!
Povretc qui n’a nulle grâce,
Com me scez bien sieuir par trace !
Povreté meschante et despite,
Qui trestous honneurs claime quitte,
333 1 5 Qui fais toute joye faillir,
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
SIXIÈME BRANCHE
Bien te doit Nature assaillir,
Car tu lui toltz maint heaulx delitz;
Maintz beaulx litz sont par toy polis;
Maintz beaulx corps et mainte jou vente
33320 Lais maintteffois jetter en vente.
Qui bien eulrentloyd’eulx garder !(~6j)
Povreté, on te deust larder
Et trestous les menbres ardoir,
Quant preudommes fais peu valloir!
3332? Povreté est obnuble et foie,
Sur qui toute noblesse foule;
Certes et bien y doit fouler,
Voire trestoute deffouler.
Povreté vilz, ou nul ne croit,
3333o Qui point ne s’aquitte et acroit,
Com plus acroit et plus est vilz,
Maudite l’heure que te vis!
O povreté malheürée,
C’or fusses tu si enmurée
3333? Que nul ne te sceüst jamais !
Or regarde bien que tu fais :
Tu tolz a moy santé et grâce,
Et a ceulx que tu sieus par trace;
Tu fais homme desesperer;
333qo Tu fais a homme chiens harer;
Tu fais preudhomme esbahir
Et hors de son pays fuyr ;
Tu fais preudhommes tous bourdeurs
Et la foy mentir aulx tricheurs :
333q5 Tu fais les faulx tesmoingz porter
Et preudommes desconforter !
Qui te fait tant moy poursieuir ?
Certes on te doit bien hayr
Plus que viellesse et maladie;
3335o Ja n’est preudoms qui m’en desdie.
Vieulx poeut avoir joye et honneur;
En toy n’a fors honte et dolleur.
Malade poeut santé avoir
Et pour ce ne pert son sçavoir;
33355 Mais tu fais ton sçavoir périr,
Vivre a honte, vil mort quérir;
Tout desespoir te va sieuant,
Et toute sceurcté fuiant; (76 b)
Toute paresse et tout pechié
333ôo Est tout dedens ton corps techié;
Larechin, mensongne, mesdire.
Toute obscurté vers toi se tire ;
Trestous les sept pechiez mortelz
Sont herbregiez en tes hostelz;
33363 Meismes trestons ces mescreans
1 13
Si vont monlt prez de toy sieuans.
Mieulx va ul droit en toute saison
D’estre mors d’un escorpion
Que toy sentir en nulz endrois ;
333-0 On ne poeut morir qu’une fois
Mais en tout temps et en toute heure
Cil moeurt qui en tes las demeure,
Car plain est de temptacion,
De toute dissolucion;
333j5 Faulx Semblant est avecques toy ;
En toy n’a loyaulté ne foy ;
Tu est plaine de trayson,
De laideur et de marrison,
Plaine de toutes obscurtés;
3338o De tous maulx vens tues hurtés;
Et, pour ce, ja ne t'ameray,
Ne en toy fiance n’aray. »
Sy com Regnart segramentoit
De povreté qui le batoit,
33385 Une vielle choisi plourant,
MaintefTois lui la mort orant,
Povre de tous draps de fumée
Monlt avoit la coulleur muée;
Le chief pelu et hirechiet
33390 N’estoient pas souvent trechiet;
En grant desconflort se mettoit
Pour ce qui si chetive estoit,
Si diffamée et si haye.
Lez ung buisson fu appoVe.
333g5 lllec s’alla seulle seoir (76 c)
Qu’elle n’osoit nullui vëoir.
Des bestes mues honte avoit,
Pour ce que sur son corps n'estoit
Dont elle couvrir se peüst
33qoo Ou sa honte celler seüst.
Pour ce allée cachier s’estoit,
Car nul confort a lui n’avoit.
Si tost que Regnart l'a veü,
Si en a grant paour eU,
334o5 Et s’en est paoureux tenus,
Touttcffois vers lui est venus.
Et dist : «Qui ez tu, laide chose?
Tu ez laide, vëoir ne t’ose. »
Dist celle : « Povreté ay nom,
33-4 10 Hays et de tresgrant renom,
Partout est mon nom bien sceü,
Combien que petit soit creü,
Et qu’envis sieux nul ne me voye.
Et chose que ie dye croye,
334i5 Pluseurs sont qui de coeur amer
33329 Poure vilz corrigé d'après \ — 33335 quérir corrigé d'après A — 33401 ainsi allce sen corrigé
d'après A — 33410 très manque — 33q 1 3 ne manque .
Tome II. 8
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
M4
RENART LE CONTREFAIT
Me maintiennent sans moy amer;
J’ai plus grant nom que n’a le roy,
Et maine trop mieulx mon arroy,
Tant plus sieus l’homme, plus me doubte,(76' d)
33420 Et quant plus l’aim, il me débouté,
Etcom plus suis a Dieu amye,
C’est cil qui du tout het ma vye;
Quant plus le sers, plus me laidoye ;
Trop mal mon service y employé,
33425 Car tant n’en puis nulz bien servir
Qu’ilz ne me voeullent asservir.
Chascun dit : « Povreté haye,
Maudite soit ores ta vye ! »
Mil fois le jour suis diffamée,
3343o Car de nullui ne suis amée.
Se oncquez congnue ne m’eussiez
Ne se mes œuvres ne sceussiez,
Je te deüsse bien souffire;
Quoy quant de moy voulsises dire,
33435 De moy blasmer te deusses taire
Et aultres contenances faire,
Par ton art en prens en l’an mille ;
Si m’en dois moins tenir pour vile,
Par ton art en sont maints hurté
33440 Et maints venus a povreté.
Doncquez as tu grant tort ell
Qui m’as dit ce que n’as sceü,
Mais ceulx qui ou voir n’estudient.
Monlt de vilains motz de moy dient
33445 Et de moy blasmer ne retardent ;
Mais se tresbien Raison esgardent,
Certes envis me blasmeront,
Mais en eulx pascïence aront;
Ne blasme nul ne m’en affiert,
3345o Car nul ne prens, s’il ne me quiert,
Et la raison je t’en diray,
Et tout par my le voir iray.
S’ung riche homme pert son avoir,
Anviz est fors par non sçavoir;
33435 Se il plaige ou donne ou concroye.
Ou en ung fort loyen se loye, (77 a)
S’il pensoit a moy bien adroit
Et doubtast.il se refraindroit;
Et pour ce que penser n’y daigne,
33460 Raison voeult bien que a moy viengne.
Qui moy doubter point ne vouldra,
Tost de moy nouvelles orra.
Comme fol chiet en mes cordiaulx;
S'ilz pensoit dont lui vient cilz diaulx
33465 Et veïst bien le chemin droit,
Il diroit bien : « C’est a bon droit. «
Par pluseurs fois m’acointance ont,
A moy par pluseurs voyes sont
Pour ce qu’ilz ne voeullent gaignier
33470 Ne qu’ilz ne leur chault d’espargnier
BieO'Sçavoient toudis despendre,
Mais a gaignier ne voeullent tendre;
Et s’aucuneffbis y entendent
Plus que ilz ne gaignent despendent,
33475 Car, pourvoir, se ilz me doutaissent,
Ung peu de leurs biens ilz gardaissent
Etenespargne le mesissent,
Et la droitte voye quesissent,
Ne lessceusse par ou tenir,
33480 Mais pour ce voeul a eulx venir,
Que de moy point ne leur souvient,
Et pour ce maint a moy en vient,
Car qui Raison croit et moy doubte,
Je n’ay puissance sur lui goutte.
33483 Cil qui n’y pensse, ne prent garde;
En ma main vientcombienqu’il tarde.
A brief, de mil nul n'est des miens,
Se bien cler voit ou est scïens,
Mais chascun, quant il fait folie
33490 Ou en tresmal lien se lie,
Ou a trop croire s’abandonne,
Qui le sien treffollement donne,
Ou foie compagnie le tient, (77 b)
Par quoy Raison voeult qu’a mey vient.
33495 Tout maintenant suis mal amée
Et vilz orde putain clamée.
Ce fait il, ce ne fai ge mye,
Se bien veyst cler en sa vye.
TouttefTois lui fai ge avantage
335oo Et ceste vertu toudis ai ge
Qu’a lui fay ses amis congnoistre,
Soient séculiers ou de cloistre,
Qui devant si de coeur crëôit
Quant beau parler ilz les ooit
335o5 Et promettre vyes et corps ;
Mais tantost qu’a moy sont amors,
Tous ces amis s'en vont fuiant
Siqu’entour lui ne voit néant.
Adonc congnoist sans sermonner
335 10 Qu’est de promettre sans donner,
Et s’il poeut ja tant revertir
Que de moy se puisse partir,
Jamais telz amis n’amera
Ne mais en mes las ne sera ;
335 1 5 Toudis lui souvenrra demy.
3343i me ne. — 33454 Anaise corrige d'après A — 33453 Sil — 33468 Et a moy par pluseurs fois
voyes sont — 335o3 promettroient.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
SIXIÈME BRANCHE
Et pour ce, Regnart, entens cy :
Se pensoies bien a ta vye,
De blasmer n'aroyes envye,
Car oncques bien jour ne fesis
33520 Ne vérité tu ne desis.
En tous pechiez est tes maintiens.
Ne te fa y tort, sc je te tiens;
Car pluseurs en a exilliés.
Et maint sont par toy avilliés.
33525 Encor te fay miséricorde
Quant tu n’ez lÿés a la corde,
Et pluseurs qui se vont faignant
Et par leur volenté plaignant;
Et s’a moy penssé bien eüsses, (77 c)
3353o Saches qu’en mes mains point ne fusses.
Regnart, foy que doy saint Millet,
Chascun se fait tel comme il est,
Mais ceulx qui sont trop amoureux,
Trop jones ou trop luxurieux,
33535 Et douroient tout leur avoir
Pour une vielle garce avoir.
Et pensent que ce soit Helaine,
Et s’ilz voulloient mettre paine,
Deux pour ung denier en aroient,
33540 Et tout aussi belles seroient
Et autelles qui bien y pense
Par teste, par cul et par panse;
De différence n’y a point,
Mais ne voient pas bien le point,
33345 Ne de moy ilz ne leur souvient
Jusques atant qu’il le convient;
Lors scevent ilz qu’est et comment.
Il advint, n’a mye granment,
Et du compte point ne me doeul,
3355o L’evesque Jehan de Nantoeul
Qui en l’an mil .111e. morut,
Preudhoms et saint tel apparut :
Ung curé a l'Espine avoit,
Qui dessoubz cel evesque estoit;
33355 Une garce chiez lui maintint,
Comme fol et long tempz le tint.
Les parroissïens s’en doeullirent.
Et pour bien remonstrer lui firent,
Dirent bel estât n’estoit mie
3356o A curé de mener tel vye.
Cil respondy : « Taisiez, vilain;
Fuiez de cy, point ne vous aim. »
Les vilains ont despit eü,
Au prellatz sont courant venu,
33565 Si lui ont l’oeuvre denunchie.
Le prellat ne loublÿa mye.
7 15
Le curé manda sans débat (77 d)
Et lui commanda qu’il l’otast,
Ou, pourvoir, il le pugniroit,
33570 Ainsi comme Raison douroit.
Riens n’en fist; si fut remandé
Devant l’evesque le curé.
La lui fust enjoinct sans séjour
Que il l’otast dedens ung jour;
33375 Le jour passé, il en fera
Tout ce que de raison sera.
Cil jour passa, cil riens n’en fist,
Et les villains sans nul respit
A l’evesque sont revenu,
3358o Et lui ont dit et maintenu :
« Sire, vostre curé ne prise
Vostre defTens une cerise;
Vostre commant ne voeut tenir. »
Lors l’evesque le fist venir,
33583 Et si lui a dit : « Damp curé,
Je t’avoie tant commandé
Que celle femme hors jetaisses
Et que tu plus n’y habitaisses.
Je te mets a choix de deux voies
333no Et laquelle que tu voeulx ayes;
Prens laquelle qu’aras en cure;
Laisse la femme ou la cure;
Tiengz toy au quel que tu volras,
Lequel que mieulx te plaist aras. »
33595 Cil dit cui la foie amour dure :
« Je prengz la femme et laiz la cure. »
Et l’evcsque a ung chapelain
Dist : « Amis, la cure vous doing;
Desor en saisine en soyez. »
336oo Lors s’est le curé avoyez;
Arricr s’en tourne tout briefment.
A s’amye dist lVement
Et lui dist : « J’ay fait comme amis.
L’evesque m’a a deux choix mis (78 a)
336o5 Que je te laissaisse ou la cure.
Je qui ay en toy mis ma cure,
A la cure ay je renunchié;
Tout, pour l’amour de t’amistié
Et pour l’amour de toy, l’ay fait.
33Gio — Damp povre prestre, et je vous lait,
Puis que vous n'avez plus de cure,
Et dès cy je n’ay de vous cure,
Car vous ne m’avez plus mestier. »
Lors ala ung aultre acointtier :
336 1 5 Pour ung perdu deux recouvré.
Ainsi a le curé ouvré.
Lors devint curé mendians,
335 18 De moy bl. — 33542 test — 33607 ie manque.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
RENART LE CONTREFAIT
Et cheÿ tout en mes lÿens;
Monlt de vilenies me dist.
33620 Or me dis, Regnart, se bien fist;
S’il me diffama ot il droit?
Regnart, or en juge le droit.
Pour ce le dis, atant me tais,
Tu me dis bien laissier en pais. »
33625 Lors Regnart fu monlt courouchié;
Contre lui s'est forment drechië
Et dit : « Orde vielle malvaise,
Qui que vous tenez n’est pas aise
Et doit bien ung chascun sçavoir.
3363o Mieulx lui vauldroit la mort avoir.
La mort ne dure que une heure
Mais vostre santé monlt demeure;
Toudis se moeurtqui vous tenez.
De telz services vous penez,
33635 Ne jamais bon repos n'ara
Tant comne en vos lyens sera.
N'avez ne bon fait ne bon dit. »
Adont lui a Povreté dit :
a Regnart, tant plus t'aj'reras,
33640 Et moins de sens en toy aras;
Et quant moins devenras scïens, (7# b)
Plus tart istras de mes lïens.
Ja pour toy irer ne débattre
Ne porras ma maison abattre
33645 Et quant tu plus te debastras,
Plus en mes liens te mettras.
Prens pacience et croy Raison :
Parce poeulz je issir de maison,
Et pour ce que si me diffames,
3365o Dis, je fay perdre corps et âmes
Et que je suis de tous maulx cause,
Je te monstreray, je suis saulve.
II fu jadis grant traVson
A Romme et grant conjurison,
33653 Lors que Jules Cezar regnoit
Qui empereur de Romme estoit,
Au temps que Kathiline fuist.
Or escoute bien que il fist :
Monlt ot et parens et amis,
3366o Par malice il avoit submis
A lui des plus grans de la terre
Que il tensa monlt a acquerre.
Contre Romme fist traison
Par folour et par mesproison.
33665 Pour son malice soustenir
En fist a lui pluseurs venir
Riches, poissans et honnorables,
Grans et de grans terres tenables,
Et a eulx promist des honneurs,
336jo Et de eulx faire grans seigneurs.
Le Sénat et les Sénateurs
Qui de la ville erent seigneurz
Tous iceulx consentans le prindrent
Qui cellui capitaine tindreTit;
33675 Et Kathiline s'en fui,
Si tost que parler en oÿ;
Et tous ceulx qui ce faire durent,
Trestousemprisonnés ilz furrent, (7 8 c )
En diverses prisons menez,
3368o Par moy durement tormentez.
Ne nulle riens ne leur laissèrent,
Tout ou plus bas les abbaisserent.
Bien en as sceu le remanant
Cha en arriéré en ce rommant.
33685 La furent par moy gouvernez,
Et de mes paremens ornez,
Et de mes viandes peüt,
Et se ilz se fussent tellt
De traison bastir adonequez,
33690 Congneü je ne les eusse onequez,
Ne ilz ne m’eussent congneü.
Y ay je donequez coulpe eü?
Ne point blasmer ilz ne me durent
Fors que eulx, qui trop sages furent.
33695 Hz me quirent, ilz me trouvèrent,
Et avecquez eulx me menèrent,
Et compagnie tant leur tins
Que mort les print et pute fins.
Ne a cel consentement traire,
33700 Je ne leur fis mie ce faire,
Et si ne porent avoir paix
De moy vitupérer adais.
Tarquinius qui ce voloit,
Qui de grant aise se doloit,
33yo5 Qui de Romme estoit roy et sire
Avant que ce fut dit empire,
Il en enprinst orgoeul en cure
Pour ce il se mist a luxure,
Et les dames amer volloit
33710 Combien que mainte s'en doloit.
N’estoit dame que il vevst,
Combien que au coeur lui seïst,
Que tantost ne voulsist avoir;
N’y vit folve ne sçavoir,
33yi 5 Pcchic, haync ne diffame. (7# d)
Lucresse, une bonne dame,
Qui des meilleurs de Romme estoit,
— 33684 Voy. plus haut , v . 20881-
33655 mnrrison corrige d'après A — 336ûo il ot — 33673 le manque
21442 — 33joo Ne je — 33708 Et pour — 33714 vcoit.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
SIXIÈME BRANCHE
Et en trestous biens se mettoit,
De tout le poeuple fut amée
33720 Par son bon fait et renommée,
Cil roy le vault par force avoir
Et par force en fist son volloir ;
Et pour ce, fu puis esbahy,
Car du poeuple fut envaÿ,
33723 Pour ce prins et enprisonné,
Et son filz avec lui mené ;
Et furent chacés en exil
Sans rien porter, et povre et vil,
Et devant le peuple et les gens
33y3o Fut il liez en mes liens,
Et la par moy si constrains furent
Qu’a honte et a dolleur morurent.
N’oncques Rommains pour ce méfiait
N’orent puis a Romme roy fait,
33735 Et firent empereur dès lors.
Or dy, Regnart, fu mien ly tors?
Qui doit on blasmer, moy ou luy?
Ne fis je pas ce que je duy ?
Quant si vilment il se prouva,
33740 II me quist, et il me trouva.
Je ne doy de ce blasme avoir,
Car je ne fay que mon devoir.
A cecy ne fault point de preuve :
Quicuncques me quiert, il me treuve;
33743 Par pluseurs sentiers a moy viennent,
Par pluseurs voyes a moy se tiennent,
Par lenteté, par ribaudie,
Par trop dellicïeuze vie,
Par trop despendre et trop donner,
3375o Par folle vye demener,
Par acquerre indeüement
Et l’autrui prendre maisement, (79 c)
Par trop parler et par trop faire,
Par male compagnie atraire,
33755 Et par raison trop desprisier,
Et par folie trop prisier,
Voire par estre trop hautains ;
En chiéent moins entre mes mains
Par peu Dieu amer et servir ;
33760 Par ce se poeut homs asservir.
Homs vient a moy partelz sentiers
Et je les rechoy volentiers;
Et si me voeullent bien doubter,
De moy se poeuent bien oster.
33765 Oncquez homs ne prins ne sieui
Qui de son pooir me fui.
Par Dieu, trestous les retenray
117
Et en mes lacs tous les prendray
Se ilzfont tant que a moy viennent
33770 Or soient sages et s’en tiennent.
Et se des anciens te diaulx,
Je te nommeray des nouveaulx
Qui sont devant toy ou d'cncoste.
Or pense a Jehan de la Coste,
33775 Bourgeois de Troye, clerc de Limons,
Et de lui parloit tout ly mons;
En tous lieux de lui on parloit ;
Monlt grant renom de lui estoit ;
On parloit plus de son arroy
33780 Par tout le pays que d’un roy,
Et des despens que il menoit,
Et de Thostel que il tenoit ;
Pour néant fussent florins perre.
En la parfin devint changcrre
33785 Et se fist crier et sçavoir
A cent mille livres d’avoir,
Et de l’autrui trestout venoit,
Trestout ce que il demenoit;
Puis fu a Troye enprisonné, (79 d)
33790 A Prouvins, a Laigny mené
Et tant y demoura son corps
Comme povre fu jetté hors
Pour ce qu’il n’ot de quoy payer.
Lors se deubt il bien esmayer,
337o5 Et de mes vestements vestus
Fut il, et de mes lacs batus,
Et fu pell de ma viande.
Qui ne le scet, si le demande.
Mais ce fu grant abusion,
338ooQui bien en vit la vision.
En l’an mil et .iijc. et dix
Advint a Troyez ce que dis
De cellui qui se prouva,
Qui me quist, et il me trouva.
338o3Sur moy en courut renommée,
Plus de mil fois en fut blâmée
Entre moy eür et Fortune,
Qui envis homme abat et hume,
Se il ne se fait chancelier;
338io Mais lors qui ne se poeut celler •
Et convient que le voir descloe,
Lors le met Fortune en la boe,
Adonc le prens par le costé
Et si le maine en mon hosté.
338 1 5 Mais jusques Fortune l’abate,
Je ne metz point sur lui la pâte,
Ne Fortune point ne guerroyé;
33696-33728 Sur Tarquin et Lucrèce , voy. plus haut , v. 20339-20348 — 3375o Le fol . 79 a-b est
resté blanc — 338oi et manque.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
RENART LE CONTREFAIT
I 18
Nul preudomme qui Raison croye
338i9 Qui Raison croit et Raison garde
Et se aucun me vouloit dire,
Pour mon dit blasmer et despire,
Que j'ay dit : Povreté n’ara,
Tant que Raison en lui sera,
33825 Ne Fortune n’y a pouoir
Tant que il voeult Raison avoir. »
Doncques preudoms pour vérité (#0 a)
N’ara deffault ne povreté;
Mais preudommes tous ne sont mie
3383oTous ceulx qui ont deffault de vye
Car pluseurs sont qui ont deffault
Que Raison en eulx du tout fault.
Cecy arguer me porroient
Mais au soustenir tort aroient
33835 Car qui de Raison a science,
Il a en tous lieux paclence,
Et souffisance en lui ara
Tant que Raison en lui sera.
Pour ce en deffault ne poeut estre
33840 Cil qui de Raison fait son maistre,
Car pluseurs sont riche et aver
Qui ne voeullent Raison amer;
En ceulx n’est nulle souffisance
Se ilz n’ont nulle pascïence.
33845 Ceulx sont povre certainement
Car deffault maint en eulx souvent.
Et maint sont qui ont peu d’avoir
Qui n’en vouldroient plus avoir
Pour ce que ilz ont pacïence.
3385o Pour ce dois croire sans doutance
Que pacïence seullement
Fait l'homme vivre richement
Car je ne puis cellui grever
Qui pacïence voeult hanter.
33855 Car souffisance et pacïence
Sont toutes hors de ma puissance,
Ne je ne Fortune n’avons
Pooir que en riens le grevons. »
Dist Regnart : <c Assez vous en croy,
3386o Mais d’une chose monlt vous proy,
Que vous le conseil me donnez
Comment de vous soie eslongiez.
Vostre compagnie n'aim point.
— Or yentens de point en point : (Soft)
33865 Sieu Raison, aies pascïence
Et en tout temps en Dieu fiance,
Conffesse toy par repentir ;
Adonc ne te porray tenir. »
2 3820 II manque un vers que ne peut suppléer A — 32862 Soies.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
SEPTIÈME BRANCHE
Regnart nul mot ne respondy,
33870 Mais de lui eslongier tendy,
Et s’en va son chemin acoeult.
De mal ellr souvent se doeult,
Et dit : « Povreté me dit voir.
Je n’ay mal fors par non sçavoir;
33875 A conffession me metray
Pour sçavoir se mal eur perdray. »
En ung pré s’en est desvalé;
Illec s’est forment demalé.
Sur ung mulon s’en est monté;
3388oIUec a ses pechiez compté.
Sur Herbe si s’est sonmeillié;
Au matinet s’est esveillié.
L’escoufle prestre Hubert voit
Qui va voilant et se pourvoit;
33885 Clerc fu et bon logicien,
Avec ce, bon praticien ;
Son tour et sa roe a emprise,
Sur le mulon a fait s'assise.
Regnart qui ot mainte destresse
33890 Contre lui maintenant se dresse
Et lui dist : « Corn bien enseignés,
Monseigneur Hubert, bien vegniés!
Monlt grant mestier de vous avoye,
Car conffesser je me vouloye
338q5 De tous mes pechiez bonnement.
Atendu vous ay longuement;
Pecheres ay esté long temps :
Des maulx qu’ay fais je m’en repens. (Soc)
— Regnart, » ce dit prestre Hubers,
33900 a Par le temple ou Dieu fut offers,
Clerc et prévoire sont tout fol.
Ja Dieu ne plaise que je vol
De cest mulon a terre sesche.
Trop peu est d’hommes quine pesche. »
33go5 Regnart ot grant devocion
Et fust en grande afliction.
Prestre Hubert l’a bien veli,
Et pour ce a grant fain eü
Que de Dieu aucune riens die
33910 Par quoy puist amender sa vye
Et de bonne heure nez seroit,
Enfin Paradis en avroit
Se Regnart pooit convertir
Et de tous maulx faire partir,
33f) 1 5 Bonne journée aroit huy faite ;
A tant de dire bien s’afFaitte :
« Entens a moy, » dist-il, « Regnart;
Retiens mon dit, et lais ton art,
Et bien le voeulx mettre a oeuvre;
33q2oTu as huy trouvé bonne troeuve. »
Adoncquez son sermon commence.
Regnart l’escoute, et aultre pense :
« Quant Dieu fist ce monde premier, ( 80 d)
11 ne lui estoit nul mestier,
33925 Qu’autant ot devant comme aprez ;
Dieu fu devant et est adez.
11 ne s’en amenda de rien
Qu’oncquez ne lui failli nul bien.
Pourvoir, tout tient en une main ;
3393o II n’a nulle fois soif ne fain,
Temps, ans, ne mois, ne jouz, neheure.
Trestoudis en ung point demeure ;
A lui ne tost ne tart n’affiert.
Tout ce qui onequez fu ou ert,
33935 II est devant ses yeulx adez ;
Aussi de long comme de prez,
Tout ainsi le monde vëoit
Ains qu’il fust fait corne orendroit.
Se nul monde n’eüst fait onequez,
33940 Autretant eüst il adoncquez
^869 H* en i ndique : Aui.tr e histoire de Regnart — 33871 son manque — 33911 heure
manque.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
I 20
t
• ‘ Vff /;/;
r
y
RENART LE CONTREFAIT
Commeil voult,et non plus, ne mieulx.
Aultrement ne fust il pas Dieux
Se tout ne veïst et scelist
Quancquez jamais estre peüst,
33945 Car ainsi qu’il fust deflaillans
De nulle riens, le Tout Poissans,
Et aussi fut il homs mortelz ;
Mais sa nature n’est pas telz
Car il est Dieu entièrement,
3395o Sans fin et sans commencement ;
Tous les biens sont siens pardroiture,
A lui s’en revont par nature,
Car de lui moeuvent tout et viennent,
Et a lui leur droit chemin tiennent.
33955 II n’a onequez de nul mal cure,
Car sa bonté est nette et pure,
Et trestous maulx lui sont contraire.
Pour ce les convient en sus traire;
Mal convient descendre en parfont
33960 Et le bien demourer amont. (A*/ a)
Devant Dieu qui est cler et pur,
Le mal qui est lait et obscur
Et tenebreux sur toute rien,
Descent aval et laist le bien,
33965 Ainsi le convient par nature,
Ainsi comme on voit de l'ordure
Du vin lye qu’est ou tonnel
Que le lait se départ du bel,
Si qu’en hault demeure li bons
33970 Et la lye demeure au fons;
Et quant le bien plus s’esclarcist.
Le mal et tant plus s’obscursist.
Cil mal est en enfer toudis.
Tant que Dieu est en Paradis,
3397? Tous bons et tous biens enlumine
Sans définir et sans termine.
Dieu si poeut tout faire et defTairc
Sans rien muer de son affaire
Car il poeut tout quanques il voeult;
33980 Nulle riens en lui ne se moeult.
Estables est et sans mouvement.
De lui sont tous biens vraiement.
De ça aval ou la amont
Et ceulx qui en Paradis sont
33985 Dont le meure qui la demeure
Si a plus de bien en une heure,
Joye, honneur, déduit et soûlas,
Dont il ne sera jamais las.
Que nullui penser ne porroit
33ooo En dix mil ans se tant vivoit
• •
Le plus subtil qui onequez fust
Et pensast le mieulx qu’il peüst.
De celle glore est Dieu tout sire,
Comme Dieu qui le voulroit dire,
33995 Car tout fait quancquez fust et ert
Et tout quaneques a lui affiert. (81 b )
Onequez nul bien ne lui failli,
Toudis les a tout devant lui.
Oncques bien fu, ne ja n’yert fais
34000 Qui ne soit devant lui pourtrais,
Avant que le monde feïst.
Or entens comment il le fist.
Je suis prestre, si doy sçavoir
De ceste matere le voir.
34005 Dieu fist le inonde a son volloir
Pour ce que il peüst avoir
Aucune rien qui telle fuist
Que ses biens desservir peuïst,
* Se il ne perissoit en Tu.
34010 Et pour ce le monde establi,
Non pour ce que mieulx lui en fust,
Ne que nul mestier en eüst,
Mais il le fist par charité
Et par grant débonnaireté
34015 Qu’il voult le sires qu’autre riens
Partist a lui et a_ses biens,
"Et que toute aultre créature,.
Chascune selon sa nature,
De sa poissance se sentist
34020 Selon ce qu’il appartenist,
Pour ce voulans nous establir
Que tel chose en peüst issir,
Qui peüst entendre et sçavoir
La noblesse de son pooir,
•* • *
34025 De la pacïence et du bien
Qu’il fist pour homme crcstïen
Et que se il le voeult servir
Que a droit peüst desservir
Les biens qu’il avoit fait pour lui.
3qo3o Si devons donc amer cellui
Qui nous fist en bon gré sçavoir
Quant il nous donna tel pooir
Et se nous amer le voulions (81 ci
De ses biens seigneurz nous serons
3qo35 Et se perdiesmes tous ses biens
Ja pour ce ne l’en seroit riens.
Dieu forma homme a sa semblance
Pour ce qu’il eüst ramembrance
De lui et que ses biens eüst
34040 Et que desservir les peüst
33992 que il — 34006 qu’il.
Digitized by
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
SEPTIÈME BRANCHE
I 2 I
Par droit comme son héritage.
Pour ce qu’il est fait a s’ymage,
Et pour ce que mieulx nous amast,
Quant il sa forme regardast,
34045 Dessus toute aultre créature,
Doit Dieu mieulx amer sa faiture.
Et lui donna naturelment
Le plus gentil entendement
De lui servir et honnorer
34o5o Que toute riens qu’il volt créer,
Pour ce qu’il peüst a ses biens
Partir plus que nul autre riens.
Ne fait a Dieu point de bonté
Ne bien fait pour avoir son gré,
3405? Car son bien fait plus que l’autrui,
Car tout le bien en vient a lui.
Pour ce, fait il bon Dieu amer
Et monlt se doit chétif clamer
Qui par sa folie dessert,
340*10 Qui ceste haulte joye pert.
Qui qui bien fait tant a honneur
Que les angles sont leur seigneur,
Devant le grant Roy couronné,
Lors se poeut tenir bien curé,
340(0 Bien tost poeut homsgagnierou perdre
Ou quel qu’il voeult se poeut aerdre.
Dieu donna a homme pooir
Que il fesist a son voloir
Bien ou mal, lequel qu’il lui plaist,
34070 Car s’il eUst homme tel fait ( Si d\
Que de son pooir ne peüst
Faire mal quant il lui pleüst,
Et aussi ou voulsist ou non,
Fesist bien ou mal sans raison ;
34075 Car ce ne fut mie par lui
Que bien fesist, mais pour aultrui
Qui l’en cüst entalenté
A force et donné voulenté ;
Et cil par qui il le fesist
34080 Se gueredon en desservist
Non pas il, car petit dessert
Qui par force l’autrui ne sert.
Se Dieu a les anglez telz faitz
Qu’ilz ne puissent faire mal fais
34085 Ne pechié nul, ja cy hault don
Nedesservira que ly hom,
Mais qui vouldroit bien desservir,
Il doit tresvolentiers servir
De droit désir et par amour
34090 Pour acquerre si hault honnour.
34i3o a manque .
Digitized by Google
Si vault Dieu que homme tel fust
Que par droit desservir peüst
Autant de bien en son endroit
Com il meïsmes de son droit,
34095 Et pour ce n’apetice mie
Ne ses biens ne sa noble vye.
Et lui donna nature et sens
De vëoir, sentir en tous sens,
Et pour ung bien cent en avra,
34100 Ainsi du mal avoir devra :
Pour despisans sera compté
Qui ne fera nulle bonté,
Non pas bien faire par doubtance,
Car je sçay par ceste sentence :
34105 Qui pour paour d’enfer attraire
Se garde de tous pechiez faire,
Et le pechié de coeur fesist {82 a)
S’il scëut que Dieu nel veïst,
Et pour pechié voit en enfers,
341 10 Je le tiens trop au deable serfz.
Povre est qui n’atient de pechier
En l’honneur du vray justicier,
Car se tout le mond se dampnoit
Ja pour ce Dieu riens n’y perdroit
3411 5 Ne biens qu'il ait en poesté
Se tous les biens qui ont esté
Au monde et qui mis y seront
Ne eussent nul mal au mond
Et qu’ilz perdus fussent trestuit
34120 Pour ce Dieu n’aroit moins déduit
Ne riens du sien n’en vaulroitpis
Ne bien qui soit en Paradis.
Mais les sains furent preu et sage,
Bien sceurent prendre bon usage
34123 Et apperchurent monlt tresbicn
Que cil monde ne valoitrien.
Si poeut on vëoir propprement
Que se Dieu meïsme ne ment,
Et vérité fausseté n’est,
341 3o Que tous a cui le monde plaist
Et qui le los du monde acoeullent,
Ne poeut estre qu’ilz ne se doeullent.
Et pour ce que chascun sceüst
Et la science en lui eüst
34i35 Comment il se doit gouverner
Et quel part pouroit retourner
Pour sçavoir pourquoy et comment,
Qui fut arrier, qui fut avant,
Pour discuter, pour desclairier,
34140 Pour toudis avoir repairier,
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
122
RENART LE CONTREFAIT
Pour bien vivre et pour bien finir,
Pour toudis bon sentier tenir,
Vault Dieu entre sesgeneraulx
Métré sept ars especïaulx. (82 b)
34145 Piuseurs ars sont ou mond cha jus,
Mais ces sept si sont pardessus.
Ceulx qui la vérité suiront,
Par ces sept ars ilz le sçaront.
Par Dieu, tu le scez bien, Regnart,
341 5o S’i voulsisses mettre ton art.
Les grans clers les ont bien apris,
Mais ilz sont si de ton art pris
Que les sept ars tout sont laissiés
Et au tien se sont abbaissiés.
34i55 Avarice ont pris et luxure,
Mais de ce n’ont les sept ars cure.
Jeremies establi grammaire
Pour nourrir, ourdir et attraire,
Et puis logique pour prouver
34160 Le voir, et le faulx demonstrer;
Aprez retoricque trouvèrent
Pour droiture que monlt amerent.
Et puis arimestique aprez
Pour estre ez chosez plus discrcz ;
34165 Puis trouvèrent géométrie
Pour mesurer toute maistrie,
Et puis musicque, la science
Qui met ez choses concordance ;
Derrière n’oublia Dieu mie
34170 La tresnoble astronomie;
Pour ceste furent esmeü
Les bons preud’ommes esleü.
Oyez des sept ars la maniéré
34175 Combien que tu bien le sçaroies,
Se ta cure bien y mettoies,
La premeraine des sept ars
Dont il n’est point sceü le quars,
Au temps d’ore si est Grammaire
34180 Sans qui aultre art ne vault gaires,
Qui de clergie voeult aprendre;
Car peu se poeut sans lui entendre. (82c)
Grammaire si est fondement
De clergie et commencement ;
34185 Ce est la porte de science
Par quoy homs vient a sapience;
C'est la science, c’est l’escole
Qui aprent a former parole,
Soit en latin, soit en rommant
34190 Et en tous langages parlant.
Qui bien sçaroit toute grammaire,
• Toute parole sçaroit faire ;
Par parole fist Dieu le monde
Par sa parole monlt tresmonde.
34195 Le second art si est Logique
Qu’on apelle dialeticque ;
C’est cil qui preuve voir et faux,
Par quoy on congnoist bien et maux,
Qui bien sçaroit logicque toute,
34200 Bien et mal prouveroit sans doubte.
Par bien fu créé Paradis
Et par mal enfer establis.
La tierce Retoricque a nom,
Qui est droiture de raison
34205 Et ordonnance de parole,
Qu’el ne soit tenue pour folle.
De ceste sont les drois atrais,
Par quoy les jugemens sont fais
Et forjuré les choses males;
34210 De ceste sont les Decretales
Attraites et decrez et loix;
Ceste congnoit et tort et drois ;
Par tort faire est honneur perdu,
Et droiture nourrit vertu.
34215 La quarte est Arismetique
Qui vient aprez la Retoricque,
Et en my les sept ars est mise,
Car sans lui ne poeut estre aprise
Nulz des sept ars parfaitement (82 d)
34220 Ne bien scelit entièrement,
Devant que on sache ccst art,
Dont les aultres y prendent part
Ne poeuent estre sans my ;
Pour ce fut elle mise en my.
34225 Les sept ars tous de celle tiennent
Et de lui les aultres tous viennent.
De ces aultres ars me tairay;
D’Astronomie compteray.
Enseigne ceste par enquerre
34230 Des choses du ciel et de terre
Qui par nature y sont faites,
Ne ja si loing ne seront traittes.
Qui Astronomie sçaroit bien,
Raison sçaroit sur toute rien,
34235 Car ceste fu premier assise :
Science est de tout acquise
Ou decret de divinité,
Par quoy toute Crestïenté
34198 max — 34206 Quelle — 34212 Cest — 34215 Le
manque — 34229 Ceste enseigne.
quart — 34218 est aprise — 34220 bien
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
SEPTIÈME BRANCHE
123
Est convertie a droite foy
34240 Pour Dieu servir, et mettre arroy
Et ciel et terre et estoille.
Astronomie est une voile
Pour tout le monde gouverner,
Que riens ne poeut sans lui durer.
34245 C'est Dieu ly astronomïens,
Qui a en lui tous bons lyens;
Ce est la science qui soit
Par quoy on congnoit plus a droit
Comment le monde est compassés,
34250 Et d’aultres biens pluseurs assés;
Par lui seule furent trouvées
Les aultres six avant nommées.
Et sans elles nul ne porroit
Sçavoir Astronomie a droit.
34255 Les six ars en sont instrumens
Et iceste en est fondemens. (83 n)
Maint hault prince ont aprins clergie
Pour apprendre l’Astronomie ;
Ce est des ars le principal,
34260 Le plus noble et plus liberal,
Ne nulz homs serfs ne doit entendre
Ne nulz ne doit laissier apprendre.
On n’y poeut riens muer ne mettre,
Tant s’en scellt on entremettre,
34265 Et se aucun riens y muoit,
Toute la deffigureroit.
Nulz Juïfz, paiens, Crestïens
N’y porroit amender de riens.
Qui les sept ars toute sçaroit,
34270 En toutes loix creüs seroit,
Car nul nel porroit contrester
De chose qu’il voulsist monstrer.
Cil est fol qui cuide sçavoir
A droit nulle chose de voir,
34275 Qui de grant clergie ne tiengne
Pour nulle chose qu’il adviengne,
Se n’est miracle especïal
De par Dieu le celestial.
Se il n’est des sept ars ainchois,
34280 Tous ses ditz ne vallent ungpois.
•
Ad ce qu’il peüst riens monstrer,
Ne faulx ne voir a droit prouver ;
Ne ja nul n’yere si paiens,
Ne clerc, Juïfs ne Chestïens
34285 Qui peust ung tel clerc contredire
De chose que il voulsist dire;
Toudis et en toutes saisons
Tousjours sont voires ses raisons.
Devant Jhesucrist fu Virgille
34290 Qui ne tint pas cel art a guille,
Ains en usa toute sa vye,
Tant qu’il fist par Astronomie
Maintegrande merveilleescripte (83b)
Que on t’a par cy devant ditte;
34295 Cha arriéré les as lelles
Et cy arriéré sont velies.
Quant il morut, se fist porter
Hors de Rommc pour enterrer,
En ung chatel devers Sezille,
34300 Près de la mer, en une ville;
Encor y sont les os de lui
Qui sont mieulx gardez que d’aultrui.
Soubtil fu Virgille et sage
De loix et des ars et d'uzage.
343o3 11 fu de petitte estature;
Bochu fu ung pou par nature
Et alloit la teste baissant,
Ung peu vers terre regardant.
Pour ce t’ay je cecy retrait
34310 Que voies com Dieu a tout fait
Pour nous le monde entièrement,
Les planettcs et ellement,
Et les figures et les signes.
Si devons estre sage et dignes
343i5 Que nous le puissons si servir
Que s’amour puissons desservir.
Pour ce, Regnart, sage sera
Qui bien tel Seigneur amera,
Qui tous ces biens a pour nous trais
34320 Et les sept ars et monde fais.
Si com je t'ay cy devant dit,
Cellui qui ce rommant escript
Et qui le fist sans faire faire
Et sans en prendre aultre exemplaire,
34323 Tant y pensa et jour et nuit
En l’an mil .iijc. vint et uit,
En avalant, y mist sa cure
Et continua l’escripture.
Plus de. xiij. ans y mist au faire
3433o Ainçois qu'il le peUst parfaire. (tfJc)
Bienpoez véoir la manière,
Se vous entendez la matière
Des choses qui y sont nommées,
Quant elles furent achevées.
34335 Ne oneques nul cel an devant
N’ot nul veü pareil rommant.
34242 ung v. — 34256 Et ceste — 34260 et le plus — 34266 Voy. plus haut, t. I, p. 227-228, § 3 et v.
29353-29644 — 34324 en manque.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
124
RENART LE CONTREFAIT
Rommant est, en rommant est fait
Combien que du latin soit trait.
Trois en fist cil, cy est ly tiers
34340 Combien qu’il ne luifu mestiers.
Ne nessecité n’en avoit.
Au faire grant plaisir prenoit
Et déduit au bien reciter,
Et soûlas le faisoit ditter.
34345 Sa melencolie oublia
Tant com en ce estudia.
Clerc nefu, mais il l*ot esté,
Cil qui a tout ce recité
En son privé, en son recept.
3435o L’an mil .iijc. et vint et set.
De parcellui te vocul prier
Que point ne voeulles detrïer.
Point demourer ne point cesser
De toy monlt tresbien conffesser.
34355 Encor suis a l’acord qu’on dve
De la tresbonne Astronomie
Et de ses six bons compagnons,
Tant que paiés nous en tenons,
Car qui bien penser y voulroit
3436o Jamais en Enfer ne venroit
Qu’autant vallent au derrenier
Florins d’or comme vieux panier.
Or dydonc, Regnart, et descoeuvre
Ton pechié et ta maulvaise oeuvre. »
34365 Lors s'est Regnart agenoulliés,
De ses pechics s'est despouillés,
Et commence de point en point (#.? d)
Si com conscience le point :
« Premier, orgueilleux av esté ;
34370 En tout temps, yver et esté ;
Sur tous pensoye a mieulx valloir.
Sens et beaulté et grand sçavoir
Et aussi trestout despisoie;
Honte et blasme sur tous disoye;
34375 Riens au coeur ne me souffisoit,
Mon coeur toute riens despisoit;
Blamoye d’aultrui oeuvres et voycs.
Looye, auctorisoye les moyes.
J’en ay au cœur grant repentance,
34380 Si en requiers la penitance.
— Amis, qui d’Orgoeul voeultenquerre
Dès le ciel jusques en la terre,
Par Orgueul fu brisié jadis
La compagnie de Paradis
34383 Et de fiai te par Lucifer
Qui est d'Orgoeul plus noir que fer.
34421 veancc.
Digitized by Google
Par Orgoeul en enfer cheïrrent
Anglez et ceulx qui les sievirent.
Aussi brise, ne doubtez mie,
34390 Orgoeulleux bonne compagnie,
Ne de ce bien ne se pourvoit,
Car orgueilleux point ne se voit.
Orgoeul est une maladie
Male et pesant, quoy que nul dye,
34395 Car cil qui l'a, il est avugles,
Ne ne scet ne que fait ung bugles,
Et si ne scet que il lui fault;
Briefment en lui sont tout deffault.
Nul chétif ne le poeut garir,
34400 Pour ce que bien n’en poeut venir.
C’est l’aisné filz au deable voir,
Que trestons Infer voeult avoir.
Orgoeul guerroyé Dieu et ses biens
Pour ce qu’il neluisouffistrien, {84 a)
34405 C’est le lyon qui tout deveure,
Qui ne repose nisune heure.
Orgoeul destruit trestoutes grâces
Et efface les bonnes traces ;
Orgoeul trestout bien chasse hors,
34410 Quancques sont en coeur et en corpz ;
Orgoeul si envoyé en enfer
Tout ce que deult a Dieu aller :
Primes desloiaulté en naist.
Qu’Orgoeul par son malice paist.
34415 Avecques ce Despit en vient
Qui toudis lez Orgoeul se tient;
Oultrecuidance et Presumpcion
Font avec lui leur mencion ;
Aprez Ambicion le suit
34420 Qui souvent cœur et corpz lui cuit,
C'est a dire foie beance,
Ce qu'il a ne lui a seance,
Et aprez il suit Vaine Glore
Qui lui oste toute memore,
34425 Ypocrisie toudis le tient,
En trestousles lieux ou il vient;
De Male Paour hors n'est ja,
Nuit ne jour point ne cessera.
Aprez est plain de Vilenie
34430 Qui le tient vers Forsennerie
Et Renoirie, certains soies,
Pour ce qu’il est tout desvoiés.
Aprez y est Ingratitude
Qui tient bien son lieu en estude.
34433 Ce est de Dieu pure oubliance,
De ses dons et de sa science :
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
SEPTIÈME BRANCHE I2D
Dieu mile fois est graciés
De TOrgueilleux dont cy oyez;
Ja des biens nel graciera,
34440 Mais toudis le guerroiera;
Toudis rend a Dieu mal pour bien ( 84 b)
Et le guerroyé adezdu sien.
Avec est desobeïssans,
Orgoeulleux n’est ja congnoissans :
34445 Tout est plain de sorcelleries
Et de grandes forseneries ;
Orgoeul est de bougrie plains;
Ung jour croit plus, et l’autre moins.
Orgoeul ne se voeult adviser
34450 De ses pechiés pour despisier ;
Orgoeul de pechié qu’il ait fait,
Ne pense point avoir mal mefTait;
Orgoeul est de bien prendre lerres;
Avecques ce il est vanterres :
34455 « Je suis, je sçay, j’ay fait, j’ai dit. »
Tous aultres ont meffait, mesdit ;
Bon pain et bon vin lui anuye,
Beau temps, nesge, gellée ou pluye
Et mont et val et terre plaine
34460 Et la mer salée et saine.
Il va toute char despisant
Et tout poisson lui est cuisant.
Il chevauceet ores charroye :
Il ne poeult trouver bonne vovc
34465 Ou la praierie ou le bois;
Il ne poeut estre en nul bon mois.
Robe a son gré ne poeut avoir;
Or voeult du blanc, or voeult du noir;
Or voeult houche, or voeult mantel.
34470 Uc ne lui est ne bon ne bel ;
Une heure voeult chausses visaines
Et aultrefois les voeult bigaines;
Or voeultsoulliersa becq de gay,
Aultres a las, aultres en sçay.
3-44/5 Tous maistres ne scevent novent
•
Et sont tous fol z et inscïent ;
Nul prestre ne lui poeult souffire
Qu’a gré lui puisse messe dire : [84 c)
Cilz est trop long,cilz est hatifz,
34480 Cil chante mal et cellui pis.
Tant a le coeur plain de despit
Qu’il ne scet qu’il fait ne qu’il dit.
Or se voeult servir, or ne daigne ;
Or ne scet quel chemin il tiengne.
34485 Orgoeul n’a feste ne dimence
De folie mener n’abstinence ;
34441 moins — 34465 prairie.
Digitized by Google
Orgoeul tant comme en l’homme dure,
Toute sa fourme deffigure,
Car regarder a droit ne daigne ;
34490 Ses yeulx,sa face tourne et maine
Trop humble, trop foie, trop fière.
D’aler fait diverse maniéré.
Il voeult contrefaire nature;
De ce que Dieu a fait n'a cure,
34495 II lui semble mieulx le fera.
Ja jour a repos ne sera.
Tous compagnons voeult maistrïer,
Tous diffamer et lui prisier.
Orgoeul ne crient pere ne mere;
34500 Tout proprement je le compere
Au deable qui nous va chassant.
Pour ce, amis, je te command,
Cure n’ayes desonarroy.
Pour Dieu, amis, advise toy
3q5o5 D’Orgoeul qui est plain d’arrogance
Que nous appelions sourcuidance,
De faulx despens faire et de vivre
Ja ne voult jour Raison ensuire.
Arrogance, c’est foie emprise
345to Qui nulle fois raison ne prise.
Orgoeul en tout temps prise s’oeuvre
Et voeult qu'il soit creü sans preuve.
Pluseurs fois ment et peu dit voir ;
Nulle fois ne fait son volloir.
345 1 5 Orgoeul des biens se gabe adès, ( 84 d)
De ceulx qui aiment bien et pès,
Etcuide bien le plus sçavoir
Et sur tous aultres mieulx valoir,
Et voeult que soit auctorisié
3q520 Et en fais et en dis prisié.
Encores, se bien cler véons.
Tout est plains de rebellions.
C’est qu'il het ceulx qui bien lui voeullent
Et qui 16 bien monstrer lui seullent.
3q525 S’Orgoeul sçavoit bien tous les trais
Que c’est cil mond, pour quoy tu fais,
Quelz noblesses il a amont,
En quel noblesse les bons sont,
Les Orgueilleux Orgoeul lairoient,
3453o Et grant humilité prendroient.
Si t'en diray une partie
Si com on dit Astronomie.
Or Pentenspour Orgoeul guerpir
Et pour faire a Dieu plaizir.
34533 S'orras comment Dieu fist le monde,
Comme une pomme toute ronde.
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
RENART LE CONTREFAIT
I2Ô
Le ciel rëor.t de toutes pars
Qui sur tout le monde est espars,
Entièrement sans point de faille,
34540 Trestout ainsi comme l’escaille
De l’oeuf qu’entour l’aubun se tourne,
Tout ainsi le ciel avironne
Ung air qui est sur cestui air,
Qui en latin a nom ether,
34545 C’est a dire pur est et nets,
Car de pure purté fu fais ;
Cil air s'esjouyst nuit et jour
Du perpétuel resplendour
Et est si cler et si luisans
3455o Se ungz homs y estoit manans
11 verroit la et ung et aultre,
Quancques a d’un ciel jusqu’à l’autre(S5a)
Aussi legierement et plus
Comme on pooit vëoir cha jus
34555 Devant ses yeulx ung seul piet loingz,
Au moins si en avoit bezoing;
De cellui air tous les corps prendent; •
Les angles les aelles enpennent
Quant ça jus ilz viennent tramis
34?6o A aucun qui est Dieu amis,
Quant il leur voeult riens révéler;
Par cellui air ilz sont si cler
Que les yeulx de l’homme pccheur
Ne poeuent soufrir sa splendeur
3q565 Ne regarder en tel clarté
Com ceulx qui sont plains d’oscurté.
Si en est souvent advenu,
Quant l'angle si estoit venu
A aucun homme en aucun lieu
34570 Pour nonchier la volenté Dieu,
Qu’ainsi comme endormy chëoit
Quant la parole Dieu ooit
Par l’angle ainsi corne en songant,
Et estoit tout mus jusqu’à tant
34575 Que ly angle s’en repairoit ;
Lors le preudoms se resveilloit,
Et si se ramenbroit du dit,
Que ly angle lui avoit dit.
Ainsi dis je certainement
34580 Qu’on ne porroit corporelment
Soustenir en nulle maniéré
De celle clarté la lumière.
Qui est prez du saint cel lassus
Dont nous sommes cy mis en jus,
3q585 Nulle riens ne durroit pesant;
Ne nul oiseau, tant fust voilant,
Ne se porroit la soustenir,
Qu’aval ne lui convint venir,
Ne plus n’y porroit avoir vivre (85 b)
34590 Ne que ung poisson porroit vivre
En ung feu ardant maintenir
Qu’il ne le convenist morir.
Bien les endureront les âmes
Qui aront vescu sans diffames,
34595 Sans Orgoeul et sans Vanité,
En amour et en charité ;
Les bonnes âmes y durront
Qui de coeur servi Dieu aront
Et y durront en délitant
34600 Et vivront eulx esjoVssant.
Et comment donc porroies tu,
Qui d’Orgoeul ez si revestu
Et tant poeusde pechié peser,
De cellui tresbon air user?
34605 Ly usurier et courretier
Qui tant avez or l’autrui chier,
Chaitifs advocatz que feront?
Ja de cel air ne gousteront,
Car pour vray qui n’en goustera
34610 Ja en Paradis ne sera
Car cellui air dont dit avon,
Qui air esprituel a nom,
Dontanglez prendent leur atour,
Avironne trestout entour
3q6i5 Les quatre ellemens que Dieu fist,
Qui ung, par dedens l’autre mist,
Le feu et l’air, l’eaue et la terre,
Dont l’un dedens l'autre s’enserre
Et l’un et l’autre ainsi soustient,
34620 Que la terre ou millieu se tient.
Le feu qui est premièrement,
11 clôt cel air entièrement,
Et cil air enclôt l'eaue aprez
Car de la terre se tient prez,
34625 Trestout ainsi comme dans l’oeuf
Que l’aubun enclôt le moieuf (85 c)
Etempuy le moieuf s'abaisse,
Une goûte ainsi que de grece,
Qui ainsi com point ne se tient,
34630 Et le tour de l’oeuf qui le tient,
Qui n'y tousche de nulle part;
Ainsiques par ung tel esgart
La terre en my le ciel assise
Est si egalment soubz eulx mise
34641 que tour — 34546 pureté — 34564 poeut s. sa rcsplcndeur — 34606 Ly manque — 34617 feu
aireauc et — 34626 en locuf.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
SEPTIÈME BRANCHE
I27
34635 Que aussi est longue com bas,
Ainsi com le point d’un compas
Qui tout en my le cercle est mis,
C’est a dire plus bas assis ;
Car toute fourme de compas
34640 Est le point en my le plus bas.
Ainsi sont les quatre ellement,
Et l’ung et l’autre entièrement;
Et la terre y est tout en my
Qu’autant a de ciel dessoubz ly
34645 Comme il en y a par dessus,
Qui bien en voeult enquerre Tus,
Autant d'un costé tout a point,
Se tu scés bien véoir le point;
Et seroit il bon de enquerre
34650 Quel lieu il a dedens la terre
Cartrestout est bon a sçavoir;
Et pour se poeut on joye avoir,
Et lui de tous pechiés retrairc
Pour faire qu’a Dieu doye plaire.
34655 Et se tresbien ad ce pensoies,
Jamais d’Orgoeul cures n’aroies.
Tout ce poeut bonne amour vëoir,
Par tout poeut aller et sëoir,
• Et cil qui bien de Dieu sera,
34660 Par tous lieux ou voulra ira.
Je te dis qu’en terre est enfers,
La ou seront les chétifs serfs;
Cil enfer ne porroit plus estre (85 d )
En lieu ou il eust point noble estre,
34665 Le ciel si est et beaulx et purs,
Et cil est pesant et obscurs;
Plus est pesant que nulle rien,
Par quoy on poeut entendre bien
Que ou plus bas a fait son estre,
34670 Car en hault ne porroit pas estre.
Je ne dy pas qu’enfer ne soit
Ailleurs en quelque lieu ce soit,
Car des secretz Dieu je me tais;
Riens n’en sçay, pour ce paix en fais,
34675 Car aprez la mort partout a
Paine et mal qui desservi l’a.
Dieu a en lui pluseurs prisons,
Pluseurs diverses mansions ;
Il les envoie ou il lui plaist,
34680 Car toute poissance en lui est ;
Se il estoit sur le ciel mis,
Si aroit il et mal et pis.
La ou Dieu plaist chascun envoyé
Pour avoir bien ou mal ou joye,
34685 Si com aucun, quant morir doit,
Se en beau lieu on le menoit
Ou il eüst joye et soûlas,
Tant plus seroit tristres et mats,
Quant il verroit que solacier
34690 Ne lui porroit néant aidier.
Or oy bien, et si ne te griet
D'enfler, qui tout ou millieu siet
De la terre, et de la nature
Qu'il ait et quel paine il endure,
34695 Car ceulx qui sont en enfler mis,
Ilz ne sont point a Dieu amis.
Bien as oy trestout comment
Se tiennent les quatre ellement,
Ly ung en l’autre par nature,
34700 Si qu'en my est la terre dure (86 a)
Qu’en my le firmament se serre.
Tout ainsi a dedens la terre
Ung lieu ou abisme a a nom
Ou terre de perdicion,
34705 Et tant te dis que cellui lieu
Est plain et de souffre et de feu,
Hideux et puant, plain d’ordure
Et de toute male adventure,
Large dessoubz, estroit desseure.
347 10 Tous ceulx qui entrés sont en l’eure
Tout partout sont, et tout confont
Le souffre qu'adès art et font
Et toudis brûle et toudis art;
Tout ce qui a dedens se part ;
34713 Car cil lieu est de tel nature
Que plus art, plus longuement dure;
Cil lieu a tous maulx a sa part.
La tent la mort son estandart
Et de par tout le monde envoyé
34720 Qui qui en ait ou doeul ou joye ;
C’est la tirelire aulx pechiés,
La met on tous les maulx cachiez;
Ce est la garde robe au deable.
Feu, fourdre toudis pardurable
34723 La viennent trestous a mais port ;
Cil lieu a nom terre de mort
Car les âmes certainement
Y moeurent pardurablement;
Toudis y moeurent en vivant,
34730 Et toudis vivent en morant.
Mort est leur vye, et leur viande;
Mort les tient et si les demande;
34642 Et manque — 34643 y manque — 34644 lui — 34679 il manque — 34693 et la — 34706 pl. de
s. — 34713 Et manque — 34719 de manque.
Digitized by
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
128
RENART LE CONTREFAIT
Mort est leur lieu; mort est leur place;
Mort est leur corpz ; mort est leur face ;
34735 En morant, ne finissent mye;
Toudis comperent leur folye,
Car ame ne poeut ja morir ( 86 b)
Ne a fin ne poeuent venir.
Car trestous sont ceulx oublié
34740 Qui en cellui bien sont lié ;
Vraicment oubliés sont cil
Qui layens sont mis en exil ;
Oblivion a nom ly lieux
Qui tant est mal et doloureux;
34745 Car, se l’Escripture ne ment,
Aprez le jour du Jugement
Tous seront oubliés acertes ;
Ja les portes révèrent ouvertes;
La seront tant que Dieu est Dieux;
34750 Leur estât sera toudis tieulx,
Ce est la cave tenebreuse,
Plaine d’ordure, monlt hideuse.
Si te poeut bien atant souflire
Tant qu'a ceste matere dire.
34755 Dy aprez, Regnart, dy aprez,
Tant que tu soies bien confiez
De cest ort pechié; toudis pense,
Fui Orgoeul et aime innocence.
— Sire, » dist Regnart, « volentiers.
34760 J’ai esté tous mes ans entiers
Haineulx et trestout plain d'Envic.
Cil pechié m’a tenu ma vye ;
Pour ce a confiession suis cy,
De ce pechié erve mercy.
34765 — Amis, certes s’as eü tort
Car par Envie es a la mort
Et par Envie au deable vint
La mort dont enfer lui provint.
Brief qui bien Envie conpere,
34770 Envie du deable fait son pere,
Envie ne poeut nul bien vëoir,
Bien d’aultrui ne lui poeut seoir, (S6c)
D’Envie est la sanblance faitte
A eaux soiris et a chuette,
34775 Car clarté ne leur poeut seoir,
Ne soleil ne poeuent vëoir.
Trestous malvais jugemens prent,
Aussi de la boucc les rend.
Se mal sur qui que soit habunde,
34780 C'est la joye qu'il a au monde.
Se aucun chiet en maladie,
Ou en pire estât de sa vye,
N'est nulle riens qui tant lui plaize
Ne de quoy il soit aussi aize.
34785 Quant aucun monte en bonheür,
Ou de sa vie est asseür,
N’est riens qui tant lui puist desplaire
Et tant qu’il ne s'en porra taire;
Sur lui dira une controeuve
3479c Que sans cause telz biens ne troeuve.
David ou Psaultier nous en touche.
Et dit : « De l’Envieux la bouche,
Est pleine de maleïchon,
D'amer et de pugnicion. »
34795 Envie toudis voeult déduire
Et tous biens et honneur destruire.
Au bazilique est comparés;
Enqucrez le, et pour voir sçarès
Que verdure souffrir ne poeut;
34800 Avecques tout ce il ne voeult
Herbe, arbre, buisson ne déduit ;
En tous vilz lieux est son délit.
Cil pechié vient de tel sçavoir,
Qu'Envie poeut repentance avoir
34803 Ne envers Dieu nulle mérité.
Contraire au Saint Esperite
Qui est de trestous biens fontaine
Et voeul que chascun de moy tiengne.
Il est escript en l’Ewangille {#<> d)
34810 Ou il n'a ne barat ne guille:
Qui contre Saint Esperit pesche,
Destourmens d'enfer il s’empesche.
Les malvais Juifs guerrioient
Dieu pour le bien qu’en lui vëoient ;
34813 Aussi li Envieux guerroyé
Tout homme qui va bonne voye ;
Deable guerroie seullement
Tout homme qui vit bonnement.
S’Envicux ot d'aucun bien dire
34X20 Tout se confont de doeul et d’ire
Ne poeut ne boire ne mengier.
Envie poeut nul bien compagnier
N'esbatement ne poeut vëoir,
Ne beaulx jeux ne lui poeut sëoir
34825 Pour ce qu’il proffitc a pluseurs.
Lvcux obscurs quiert et obscureux,
Quant ilz voit aucuns beaulx delitz,
Belles terres ou beaulx courtilz,
Tantost dist que cil l'a gaignié
3qS3o Par traïson et espargnié,
34764 cryc a Dieu mcrcy — 34763 On Ht en rubrique : Le prestre Hunbert — 34775 Car la —
34782 de vye — 34791 Ps. x, 7 — 34804 et 34822 Envis.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
SEPTIÈME BRANCHE
Emblé, ou trouvé, ou tollu,
Ou par quelque malfait venu.
Parce malade demourra,
A peu que la mort ne prendra;
34835 Quant plus sera en maladie,
Tant plus l’engressera Envie;
De nul bien ne sera joyant
Et trestout mal va désirant,
Et dira toudis : a Je ay droit!
34840 Dont vient ce bien cy orendroit;
Naguerez n’avoit pain ne blé ;
Par les saints Dieu, il a enblé!
N’en sçaroie dire que voir. #
Oroy, Regnart, comme a coeur noir!
34845 II n’a en Dieu point de creance,
Car se en Dieu eüst fiance, (87 a)
Il desist : « Dieu poeut en une heure
Mettre homme du bien au desseure ;
En une heure riche le fait
34850 Et en une heure le deffait;
De lui a icelle poissance. »
Envieux en lui n’a creance,
Car ungz homs ne se monte mie
Sans lui en nulle honneste vye.
34855 Dieu monte bien et mal abaisse;
Doncquez male langue se taise,
Car qui du bien est Envieux,
Encontre Dieu est curieux.
O Regnart, s’Envieux sçavoient
34860 Et du congnoistre sens avoient
Quel amour en Dieu poeut trouver,
Comment Dieu poeut gueredonner
Qui entent a lui bien servir
Et a sa grâce desservir,
348G5 Car se ung Envieux avoit
Quancquez sur terre sent et voit,
Certes ne lui souffiroit mie
Qu’il n'eüst dessus Dieu Envye.
Donc est cil fol qui Envie a
34870 D’aucuns biens que Dieu me doura.
Fol est qui Envie va sieuant,
Car ses fais sont tout corrompant,
Et se tu es bien congnoissans,
Tu diras : « Dieu est tous poissans! »
34873 De lui amer ne faulras mie,
Et lairas le pechié d’Envie
Qui forment fait a desprisier.
Et pour ce t’en voeul deviser
Que voies et congnoisses bien
34880 Que Dieu est trestout plain de bien,
I 29
Et que bien doit avoir ennuy
Qui met le sien coeur fors que lui.
Encor diray d’astronomie, (87 b)
Par quoy tu n'aras plus d’Envve.
34885 Le pur air est dessoubz le feu
Qui jusquez au ciel prent son lieu.
En cel air n’a point d'obscurté,
Car fait est de pure purté
Qui est si fin, au vray parler,
34890 Que riens ne s’i poeut comparer,
En cel air sept planettes sont
Qu’entour la terre leur cours ont,
Qui monlt sont et cleres et nettes,
Qu’on appelle les sept planettes,
34895 Dont l’une sur l’autre est assise
Et ordonnée en telle guise
Qu’il aplusloingz entre chascune
Que de terre jusqu’à la lune,
Ou il a pour voir .xij. tants
34900 Que toute la terre n’est grans;
Et coeurt chascune par miracle
Ou firmament et fait son cercle,
L’une grant, et l’autre petit,
Selon ce qu’elle plus bas sist;
34905 Car tant com plus bas fait son tours,
De tant est le cercle plus cours;
Et plus tost a son cours parfait
Que celle qui plus loing se trait.
Et entendre poeus par ce point
34910 Qui en ung mur feroit unt point
Et puis ung cercle tout autour,
D’un compas ou d’un aultre tour,
L’ung plus large, l’autre adès,
Cil qui du point seroit plus près
34915 Seroit des aultres le plus cours
Et plus petit seroit son cours,
Car plus tost ung tour fait aroit
Qu’entour le plus petit n’yroit
Q’ung aultre entour le plus grant,
34920 Mais qu’ilz allaissent egalement. (87 c )
Et des sept que tu as ouy
Poeus entendre ce que je dy
Que l’une sur l’autre sc baisse.
Des sept la Lune est la plus basse,
34925 Et l'une moins grande des sept.
Mais pour ce qu’elle plusprez est
De la terre, est elle plus grans
Plus q’une des aultres parans;
Et pour rapprochement qu’elle a
34930 A la terre dont si prez va,
34926 que elle.
Tome II.
9
Digitized by
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
i3o
RENART LE CONTREFAIT
Pour la terre qui est obscure,
N’a elle point de clarté pure
Qui de lui viengne propptement,
Mais la clarté qu’elle nous rent
34935 Prent elle du soleil pour voir
Trestout ainsi que le mirouer,
Quant le ray du soleil s’i fiert
Et puis a la paroit reffiert
Celle flambeur en tel maniéré
34940 Dont a la lune sa lumière ;
La paroit clere vous appert,
Quant le ray du miroer s’i fiert;
En la paroit clarté redondc
Pour cellui miroer qui lui donne
34945 Combien qu’en lui il n’en ait point;
Prenés la Lune en autel point,
Que point n’ait de clarté sans faille
Que ce que le Soleil lui baille.
En la Lune a ung corps polly
34950 Si comme ung pommeau bien bruny
Qui reflamboye et clarté rent
Quant le ray du Soleil le prent;
Des nuësches que on y voit
Dirent aucuns que ce estoit
34955 La terre qui appert dedens,
Et l’autre dist ung buisson blans,
Ainsi comme en ung mirour (87 d)
Qui rechoit chascune coullour
Quant elle est devers lui tournée.
34960 Aultres orent aultre pensée
Et dirent ce fu advenu
Dès que Adam fu deceü,
Que la Lune fu entachie
Et sa clarté amenuisie.
34965 Et des sept estoilles qui sont
Ou firmament qui leur cours ont,
Dont je t’ay cy parlé devant,
N’en congnoist on tant seulement
De tous ces sept que deux de aulx
34970 Ce est la Lune et le Solaux,
Mais les aultres ne congnoist mie
Cil qui ne scet astronomie,
Et non pour quant j’en nommeray,
Puis que tant cy parlé en ay.
34975 D’icelles sont deux sur la Lune
L’une est sur l’autre dont chascune
A en terre proppres vertus,
Ce est Mercure et puis Venus.
Dessus ces deux est le Solaux
34980 Qui tant est pur, et cler, et chaultz,
Qui clarté rent par tout le mond,
Et est si hault assis amont
Que son cercle est .xij. tants
Que cil de la Lune plus grans,
34985 Qui son cours en .xxx. jours fait,
Et le Soleil qui plus loings rayt
De la terre met a son cours
Trois cens et soixante six jours,
.Xij. tants plus et ung jour oultre,
34990 Si com le kallendrier nous monstre,
Et ytant avec ce encores
Le quart d’ung jour, ce sont six heures.
Mais pour ce que diversement
Est sur ly an commencement, (88 a)
34995 Fut cil quart du jour atourné
Ad ce que quatre ans est surné
Ung jour oultre qui nommé est
Bixeste, qui en quatre ans est
Une fois dont on met par us
35ooo De quatre ans en quatre ung jour plus,
Car lors est a son proppre point
Le Soleil revenu a point;
C’est au my mars que l’erbe agence
Que le nouveau temps recommence.
35oo5 De cellui temps premièrement
C’est le monde commencement,
Et pour ce revient par nature
Trestoute chose a sa nature.
Sur le Soleil sont trois estelles
35oioCleres, luisans comme chandelles,
L’une dessoulz, l’autre dessus.
Mars, Jupiter et Saturnus
Qui est tant plus haulte des sept;
En .xxx. ans a son cercle fait.
35oi5 Iceulx trois leurs vertus retiennent
En choses qui ça jus adviennent,
Car ces sept estoilles sont telz
Que elles ont plus de poestés
En choses qui de terre naissent
35020 Et leurs vertus plus s’i abbaissent
Que nulle aultre du firmament
Et plus oeuvrent appertement.
Nulle riens sur terre ne tient
Qu'amont ne soit qui le maintient
35oa5 Ne si petitte herbe n’est née
Par aucun ne soit gouvernée
Et qu’elle n’ait qui le maintient
Qui ça aval le croit et tient,
Si comme li ancien sage
35o3o Ce encercherrent par usage
34969 d’aulx — 34978 Ccst — 35oog estoilles — 35oia Mais — 35o 14 a manque.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
SEPTIÈME BRANCHE
Les vertus de celles estelles (SS b)
Qui tant sont et cleres et belles,
Car tant de biens y aprendras
Pechié d’Envie oublieras.
35o35 Or entens bien a la science
Par quoy on vient a sapience
Et des biens congnoistre et enquerre
Qui poeuent advenir en terre
Par oeuvre de droitte nature,
3 5040 Qui parle monde s’i figure.
Le ciel et les estoilles sont
Instrument de nature amont,
Par quoy elle oeuvre tout adez,
Si corn Dieu plaist, et loingz, et prez.
35045 De tout ce a la congnoissance
Qui scet congnoistre la poissance
Des estoilles qui au ciel sont,
Qui en terre les vertus ont
Que Dieu ottroye a chascune,
35o5o Et au Soleil, et a la Lune,
Toutes diversités qui sont,
Et gens qui diversités ont,
Soit de courage ou de faiture,
Et de quancquez vient par nature
3 5o55 En herbes, en arbres, en bestes,
Avec par les vertus celestes
Que Dieu aulx estoilles donna,
Quant premier le monde ordonna.
Par la vertu que ou ciel gist
33o6o Vist toutes riens que soubz ciel fist.
S'a Dieu venoit ore a plaizir
Que le ciel fesist quoy tenir,
Qu’adès ne tournast a la ronde,
Il n’a nulle riens en ce monde
35o65 Mouvant qui mouvoir se peüst
Ne qui nul sens en lui eUst
Néant plus q’ung mort qui riens n’entent,
En qui n’a sens ne mouvement, (#5 c)
Com cil qui de vye n’a point.
35oyo Et trestout en aultre tel point
Chascune des choses seroit
Se le ciel a tourner laissoit;
Sans mouvoir trestoutes seroient,
Jamais d’illec ne se mouvroient ;
35075 Se mouvement ou ciel n’eüst,
Il n’est riens qui vivre peüst.
Ainsi vault Dieu faire le monde
En qui toute droiture habonde,
Mais rien ne fist qui n’ait pooir
3 5o8o Trestout autel qu’il doit avoir,
35o3i estoilles — 35o3a belles et cleres.
Digitized by Google
Car sans raison eüst ce fait,
S’il ne servisist d’aucun fait.
Estoilles fist et ordonna,
A chascune vertu donna.
35o85 Qui tout ainsi ne le voeut croire
En lui n’a raison ne memore,
Car nous vëons appertement
Que la Lune lumière prent
Et quant la vëons toute plaine,
35090 Lors n’a ly homs ne nerf ne vaine
Qui plus ne soit plaine d’humours
Que quant la Lune est en decours.
Ainsi advient de toutes bestes :
Plus ont plaines moules es testes;
33095 Meismes la mersallée s’enffle
Et toute ou decours se desenffle
Tant que ce vient ung mois aprez ;
Dont ceulx qui de la mer sont prez,
Quant la Lune doit estre plaine,
3 5 100 Chascuird’eulx sa maisnie enmaine,
Et s’eslongent de leur manoir,
Et vont en plus hault lieu manoir,
Tant que la mer s’en va arriéré;
Chascun mois fait en tel maniéré.
33 io5 Et tout ce advient par la Lune (88 d)
Qui des sept planettes est l’une.
Si voit on du Soleil aussi
Que quant il approche de cy
Et il se commence a monter,
35 1 10 II fait la terre fruit porter;
Et quant commence a abaissier,
Il fait bon temps apetinchier,
Et fait foeulles ou flos saillir
Jusques il prent a revenir.
3 5 1 1 5 Les aultres ont, selon droiture,
Vertu, pooir selon nature ;
Pour ce, sont divers pluseurs temps,
Comme l’en voit par aucuns ans,
L’un en péril, l’autre asseür,
35 120 L’un des fruis sont plus tost meür;
L’un esté est moïste et doulx,
Et l'autre estsecq et ventoux;
Une anée, fruit ne se gardent,
L’autre tant comme on voeult se tardent
35 125 Ung y ver est froit et pluieux,
Ly aultre est moins anuieux,
Mortoires de bestes communes
Et grant naissance de aucunes ;
Ung an est qu’amender ne poeuent
35 i3o Toutes gens, par cel an se doeullent;
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
i32
RENART LE CONTREFAIT
Tel an est, nul ne poeut morir,
Et tel que nul ne poeut garir ;
Ung an est d’apostume plain,
De rongnes et d’aultres mehaing;
35 1 3 5 L'un en santé, l’autre en péril ;
Ly ung est chier, et l'autre vil ;
L’un est plain de guerres d’amis,
L’autre de paix et de déduis;
L’un an est que qui semeroit
35140 Froument sur pré il revenroit,
Et l’autre en la meilleur terre
Semés lui, ne li sçarez coeurre; \8y a)
Ainsi des prez, des bois, des champs,
Trestout est bon et mal par temps.
35i45 Toutes ces diversités font
Les estoilles qui ou ciel sont;
Ce est la voulenté de Dieu
Qui chascun a mis en son lieu,
En son cours tout naturelment
35 1 5o Et chascunc diversement,
Car s'aucune riens eust son us,
Au ciel fors le Soleil sans plus,
Corn cil qui va egallement
Chascun an par le firmament,
35 1 55 Qui en ung an oultre tant monte
Com en ung aultre par cest compte
En tous yvers autant descend
Comme es aultres tout egalment,
Tant que revient tout droit au point
35 160 En l’autre yver, a son droit point
Ou devant fu, ce scevent bien
Ceulx qui sont astronomïen.
Qui va entour le ciel au tour,
Et la ou il est huy cel jour,
3 5 1 6 5 Resera il d’huy en ung an;
La mesure vraye en scet l'an.
S’aultres estoilles n’y avoit,
Sonpooir aultrement iroit;
Tous les ans seroient semblant.
35 170 Chascun autel qu’il fut devant,
Et les mois se ressembleroient
Trestout ainsi que ilz verroient,
Janvier tel que l'autre janvier,
Frevrer tel que l'autre frevier,
35 173 Et des aultres dix mois ainsi
Trestous se gouvernent aussi
En ung mois comme il fait adès, (#9 b)
Autel l'un comme l’autre après ;
Et le jour se rassembleroit,
35i8oCeluy d huy en ung an tout droit,
De chault, de bel, de froit, de pluie,
L’autre aprez, selon leur venue,
Ainsi comme les jours verroient
Telz com or en ung an feroient,
35 1 S5 Tout ainsi il le convenroit.
Doncques par nature il seroit
Tout ly yver et ly esté,
Qui par cy devant ont esté,
Ne qui jamais estre porroient,
35190 Nulle diversité n’aroient;
Tous seroient toudis pareil,
Comme cilz qui par le Soleil
Seroient toudis gouverné,
Qui ne varie yver n’esté ;
35 195 Tel chaleur rend huy com anten,
Et autant yert huy en ung an.
Ainsi seroient par ingai
Toudis les temps d’icy aval;
Variacion n’y aroit,
35200 Ainsi est, et ainsi seroit;
Mais le Soleil est comme ung voiles
De toutes les aultres estoiles
Qui sur toutes est la plus fine ;
Toutes les aultres enlumine
33205 Par la grant clarté qu’en lui est.
Tout bien de terre par lui naist,
Et plus a de pooir sur terre
Des choses que on poeult enquerre
Selon raison, nature et droit,
35210 Que nulle aultre chose qui soit.
Selon qu’elles sont prez ou loing,
Si ont aucunesfois besoing,
Aussi comme l’on fait d’un roy
Qui plus est sires endroit soy (S9 c|
332 1 5 Par sa haultesse et plus poissans
Que nulz de ses obeïssans,
Et si lui ont souvent mestiers,
Et si le doivent tous aidier ;
Car quant plus prez est de ses gens,
3522oTant est plus fort et plus potens,
Et tant plus de ses gens eslonge,
Tant fait il moins de sa besongne.
Le Soleil est le plus poissans
De toutes estoilles luisans ;
35225 Les aultres monlt grant pooir ont
Selon ce que estables sont,
L’une en santé, l’autre au contraire,
L’autre pour nativité faire,
Pour bestes, pour oiseaulx, pour bois,
3523oPour joyc, pour mal, pour degois ;
35i4! Et manque — 352 1 3 comme on — 352 2 1 tant manque
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
SEPTIÈME BRANCHE
1 33
N’est si petitte verminette,
Arbre, papillon, ne mouchette,
Oiseau, vers qu’est de pourreture,
Tant comme vye ou corps lui dure,
35235 Si petitte herbe n’est en terre
N’en eaue, tant le sceut on querre.
Poisson en doulce eaue ou en mer,
Doulz ou salle, aigre ou amer,
Toutes choses qui poeuent estre,
35240 Qui ont ne peu ne grant de estre,
Toutes ont pour eulx les estelles
Et quant il en est temps contre elles.
Toutes ont maistre et gouverneur
Et naturel administreur,
35245 Par quoy vivent et se maintiennent,
Par qui perdent, parqui emprengnent.
Aultrement trop habonderoient,
Trop perdroient ou trop seroient,
Trop habonderoient d’honnour,
3 52 5o Ou trop aroient de doulour.
Je voy année de chenilles, (8g d)
Qui sont choses qui sont monlt villes,
D’escarbottes, mouches, soiris,
Qui portent aux genz mointz perilz,
35255 En ung an en est largement,
Et en l’autre n’en est noient.
Par Nature ainsi se demainent
Par qui suivent, par qui remaignent.
Ainsi com toute riens qui viennent
35260 Ont estoilles qui les gouvernent,
De qui leur noureture prennent
Et s’alievent et entretiennent;
Chascune se mesle du sien.
Dieu a fait toute chose bien ;
35265 Car chascune a sa majesté,
Sur quelque chose a poesté.
Car si petitte estoille n’est
Qui aucune poissance n’aist ;
A quelque chose est ordonnée
35270 Toute chose qui est formée.
Siques, Regnart, si tu vouloies
Bien penser ad ce, tu lairoies
Tout le pechié d'Envie ester,
Car tu n’y poeulx riens conquesier.
35275 En ce qu’ay dit acquesteras
Assez, quant penser y volras;
C’est es oeuvres Dieu adviser,
Dieu amer et mal desprisier.
Qui en vil chose estudie,
35>8oSi com est ort pechié d’Envie,
Trop se mesle de chétifs fais.
Dy aprez, et plus ne le fais.
— Sire, du laissier suis tempté,
Mais j'ay trestout mon temps hanté;
35285 Ce voeul je tant pour voir te dire
Du pechié que on appelle Ire.
Dès lors que premier l’encergay, (go a)
Du maintenir ne metargay,
Le pechié d’ire ay maintenu,
35290 De la jusques cy suis venu.
— Certes, amy, bien dire t’ose,
Qu’Ire est une monlt male chose,’
Si grant que quant home Ire porte,
Tout coeur et corps lui desconforte ;
352o5 Dieu et tous ses sains en maugrie,
Et pluseurs fois il le renye,
Et despite tous les biens fais
Que Dieu lui a en son temps fais.
Yre lui met hors toute paix
353ooDe tous esbas, de tous bons fais,
De tous repos, et nuit et jour;
Ja nulle heure n’est a séjour,
Tout bon vivre et tout bon mengier;
Qui Ire a, n’est point sans dangier;
353o5 Souvent tel malaise en recoeuvre
Que en la fin tout mort se troeuve.
Quant Yreux de son chaté pert,
Lors ung grant malaize l’aert;
Ou pert aucun de ses amis,
353ioTantost en est en Ire mis,
Pluseurs fois trop s’en desconforte,
Com cil qui le pieur enporte,
Et se met en inpacïence.
Mal fait acquérir tel science;
353 1 5 De la vient rancune et haine
Qui tient par le doit ataïne ;
Meslée a ataïne tient,
Et de la homicide vient;
Aprez vient la guerre mortelle.
35320 L’office d’ire si est telle.
De ce pechié Accide vient
Qui au coeur de l’homme se tient.
Accides est anuy de vivre (go b)
Qui fait Desesperance suivre,
35325 C’est ung des plus malvais pechiez
Dont ly homs puist estre entechiez ;
35249 habonderoit — 35257 Nature ainsi les — 33205 Car manque — 35283 On lit en rubrique :
Rfgnart — 35285 te manque — 35286 qu’on — 352<ji On lit en rubrique : Prestrk Hunbert — 352Q2
Que ire est monlt — 353 16 a at. — 353 17 A at. m. vient — 35323 Accide.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
1 34
RENART LE CONTREFAIT
Accide de tel nature est
Que ame et corpz a tourment mest.
N'encores ne me tairay mie
3533o Que dire ne voeulle sa vie,
Car pour vérité je vœul dire
Qu’Accide vient du pechié d'ire.
De ses branches je voeul compter.
Se tu me voeulx bien escouter.
35335 De Accide Paresce vient
Qui de tous biens faire le tient
Et de Paresse on devient lens ;
On n’est a nullui bien voeullans.
Et de Lenteté vient Tenresche
35340 Qui coeur et corps a homme blesce.
Tenreté dist : « Or te repose;
Ne metz en oeuvre nulle chose ;
Ta complexion nel voeult mie;
Tu n’ez pas nourry de tel vye;
35345 Tu n’as mestier de penitance ;
Aprins tu ne Tas pas d’enffance. »
Adonc chiet en oiseuseté
Et aprez chiet en grant vieulté.
Lors viennent désirs, vilenies,
3535o Gloutonnies et ribaudies,
Et de pluseurs pareux soûlas,
Dont il se met d’enfer ez lacz.
Cil penser fait la noncion
De toute dissolucion ;
35355 De ce viennent temptacions
Et les foies polucions ;
Par ce chiet on, et n'en doubtez,
En grans pussilanimitez
Qui ont paour de bien ouvrer,
3536oNe n’osent nul bien recouvrer; (go c)
N’osent riens faire qui leur vaille,
Paour ont que Dieu ne leur faille;
Si comme sont ly songeour
Qui de leur songe ont grant paour,
35365 Et cil qui le bon sentier mue,
Quant voit la limace cornue.
Le deable qui en ses liens
Tient trestous les accidïens,
Leur dit : « Josneses, si vivras,
35370 Et assez avoir concquerras,
Monlt grant temps reposer te poeulx;
Assez gaigneras, se tu voeulx. #>
Pour ce deviennent indigens,
Et avecques ce negligens,
35375 Et parvit monlt deslealment.
Et après tout cel errement
Chiet il entrestoute oubliance
Et puis après en négligence;
Par ces deux cy sont si troubli
3538o Qu'ilz mettent trestout en oubli.
Aprez tout ce Lâcheté vient
Qui toute a Accide se tient;
Après vient Innobedience,
Quant on oublie penitance,
35385 Faire ne souffrir ne lui voeult
Carde lonc temps le coeur lui doeult
Et s’excuse faire nel poeult;
Aussi son coeur mettre n’y voeult;
Car quant l’homme est inpasient,
35390 Tantost est innobedïent.
Aprez ce, trestout lui ennuye;
Lors convient il que on le fuie.
Lors l’Ennemy qui a lui tenche,
Si le maine a Desesperance;
333g5 D’illec se met en son servage.
Orvoy se telle gent sont sage,
Car, toute la vérité dire, (go d)
Trop male chose est d'estre en Ire;
C’est ungdes sept pechiés mortelz.
35400 Pour Dieu, or ne soiez plus telz!
Preng Espérance et Repentance;
Lors seras hors de male enfTance;
Se ces deux tu voeulx enchargier,
Tues horsdetout mal dangier.
354o5 — Sire, or vous plaise moy oyr.
Bien me doy en Dieu esjoyr,
Et par raison y suis tenu,
Quant je suis jusquez la venu
Que de mon conseil vieng achief,
35410 Dont j’ay eu monlt de grans meschief.
A meschief bien estre devoie,
Car qui bien voit la droite voye,
Monlt est ly homs mats et confus,
Quant conscience lui coeurt sus,
354i5 Et il n’a de quoy amender.
Or vous voeul pour Dieu demander,
Quant vous me chargiés Repentance
Avec ce aussi Espérance,
Des deux me voeulliez enorter,
35420 Car je suis fesble du porter,
Et si n’ay pas telz fais apris.
Se me chargissiez ung pourpris,
Quatre châteaux et quatre villes,
Par faulx semblant, barat ou guille,
35425 Trestous les chappons je presisse
Et par devers moy les mesisse ;
3538a se manque — 354o5 On lit en rubrique : Rf.gnart — 354i8 Et avec.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
SEPTIÈME BRANCHE
135
Cocq ne geline n’y laissase ;
Aulx bons compagnons les donnasse.
Je les presisse voulentiers,
3?43oCar je sçay bien tous les sentiers;
Ce fu commandement de pris,
Car cela ay je bien apris.
Mais oncq ne me sceus repentir, (g / a)
N’a bonne Espérance venir;
35435 Au porter seroient grevaines
Et trop y aroies de paines,
Car fais qu’on n’a oncques porté,
Au porter fait trop de durté;
Nouvelle apredure monlt griefve.
35440 Pour Dieu, cor le me faites briefve;
Baillés moy seulle Repentance,
Ou atant moins seulle Espérance,
Car les deux porter ne porroie;
En cherge l’une porteroie.
35445 Si me dis laquelle prendray,
Et a laquelle me tenray;
Le meilleur prendray a mon sens;
Trop seroie chargié des dens.
N’encores n’ai je point apris
3545o A porter trousseaulx de telz pris,
Mais l’un je portcray monlt bien.
— Regnart, « dist le prestre, « entens bien :
L’un bien l’autre n’cmpire point,
Mais ung mal l’autre granment point.
35455 Qui Espérance et Pacïence
Prent a son coeur sans différence
Ja d’enffer n’yert son corps parés;
Mais puis que seront séparés
Et que dessevrer les convient,
35460 Des deux l'un le meilleur convient;
De ces deux biens est le meilleur :
Repentance est de bon eür,
Mais Espérance vault trop mieulx,
Car se tu es bien ententieux
•
35+65 Nulz homs n’est en Dieu repentans
Qui ne soit en Dieu esperans.
Espérance est ferme creance,
Avecques ce en Dieu fiance;
Qui fiance y a, est sachans
35470 Que Dieu est pur et tout poissans, (9/ b)
Vray et juste, et si n’a cure
De iniquité ne d’ordure;
Donc qui ordure sessera
Et lui meïsmes doubtera,
35475 II se jettra de sa folie
Et repentira de sa vye.
Lors par cellui aras les deux
Et se le Repentir est seulx
Qu’avecques lui n’ait Espérance
35480 Tost cherra en Desesperance,
Car se la Repentance est seulle,
Desconffort le prent par la gueulle,
Pour ce que trop il se repent,
Dont une fois se noyé ou pent.
35485 Judas, quant ilôt Dieu tray,
Repentance monlt l'envay;
Quant il vit la desconvenue,
N’ot qui lui fesist nulle ayeue,
Car Espérance point ne print,
35490 Pour ce, a lui pendre se tint;
Ne sceut en lui aultre finance,
Et se il eust eu Espérance
En la grant débonnaireté
Cellui qui maint en Trinité
35495 Et mercy cryé de sa vye,
Desesperé ne se fust mye.
Repentance eult sans Espérance :
Pour ce fistil pute finance
Et se pensa en repentant
355ooQue de pechiez a voit fait tant
Que nul nel porroit pardonner.
Lors s’alla au deable donner
Et se pendi par desespoir.
Et pour ce Espérance avoir
355o5 Vault mieulx que ne fait Repentance.
Mais touteffois qui bien y pense,
L’une l’autre n’empire mie; (9/ c)
Qui a les deux a bonne vie.
Or les nous doint cil qui tout poeut;
355io Se bien le volons, il le voeult.
Or t’en ay desclos ma sentence;
Quant en ton secret es, y pense
Et n’oublie l’Astronomie,
Car tu le trouveras amie.
355 1 5 Monlt y dois ta pensée mettre
Et estudier en la lettre,
Car cil qui en bien s’estudie
Dieu honneure toute sa vye;
Car cil doit grant honte avoir
35520 Et peu doit prisier son sçavoir,
Qui laisse livres a cerchier
Pour estudier a pechier;
Sa trop grant voulenté entent
Qui le bien laisse et le mal prent.
35525 Et cil qui cest rommant ditta
Contre pechié monlt estriva
353i9 bien grant.
Digitized by
Original from
UNIVERSITYOF MICHIGAN
1 36
RENART LE CONTREFAIT
Et contre toute oiseuseté
Laquelle tint en grant vieulté.
S’avoit il plus de cincquante ans
3553o Adonc que fut fait cest rommans;
Et trestoudis queroit histoires
Et les anciennes mémoires
Pour lui de tous pechiés oster.
Et pour ce en voulra cy compter
35535 Du latin qu’il mist en ronmant;
Pour ce orras pour quoy et comment
Le monde a esté mesuré,
Et combien la terre a de lav,
Combien d’espès elle a par my.
33540 Or entens donc ung peu, amy ;
Mieulx te vaulras ce oÿr dire
Que demourer ou pechic d’ire,
Cellui qui voulra la grandour
Du monde mesurer entour. (9/ d)
35545 Les aneyens le mesurèrent.
Par quoy la haultesse trouvèrent
Et de la grandeur des estelles
Du ciel amont qui tant sont belles;
Nul ne sçaroit ailleurs trouver
3555o Plus grant mesure a mesurer.
D'Astronomie doibt sçavoir,
Qui voeult ceste science avoir;
Puis vaulrent du soleil enquerre,
Combien il est loing de la terre
35555 Et combien son cours a de grant ;
Si le trouveront plus tenant
Que toute terre n’est d’assez,
Quant orrez bien tout compassez.
Des estoilles prindrent aprez,
3556o Combien l’une de l’autre est prez,
Toute la grandeur de chascune;
Mais ilz n’en trouvèrent nisune
Que son tour n’ait plus de grandour
Que n’a la terre tout autour,
35565 Fors que trois planettes sans plus :
Ces trois sont Mercure et Venus,
Et la tierce si est la Lune.
Cestes sont les trois dont chascune
Est plus petitte que la terre,
35570 Dont chascun, pour la voie enequerre,
Se tresbien le voeulx escout.?r,
Tantost je te volray compter
Combien de grandeur chascune a.
Si com Tholomé le nomma
35575 Qui fu bons astronomïens
Entre les sages anciens.
Qui leur largeur et leur lëesche,
Et leur grandeur et leur haultesse...
Les philozophes si prouvèrent,
3558o Qui la terre bien mesurèrent.
Quant la terre mesuré orent (92 a)
Par l’Astronomie qu’ilz sorent,
Si comme fessissent ung tour
D’une chainture tout autour,
35585 Puis estendirent la chainture
Tout droit a son bout par droiture,
Puis trouvèrent la grandeur grant,
Cent mille milliers et ung cent
Et encor .xxviij. mille plus.
355oo Tant trouvèrent, selon leur us,
Par poins jetterent leur compas
Dont le point tient cent mille pas;
Le pas cent mille pietz contient,
Qui a droite mesure tient ;
33595 Le piet cent mille pensez long,
Ainsi par l'art mesuré l’ont,
Ainsi le voeullent maintenir,
Et en ce prindrent ilz plaisir.
Or poeulx bien vëoir a cest tour
3 56oo Combien la Lune a de grandour;
Et puis trouvèrent ilz aprez
Combien elle a par my d’espez,
Combien de longueur apparens,
Cent mille milliers et cincq cens.
336o5 Par ceste demiere figure
Qui est droitte selon nature,
Mesurèrent ilz droitement
Le hault de tout le firmament
Et le grandeur de toutes choses
356io Qui sont environ la encloses.
Le bourne commune passèrent
Dont les estoilles mesurèrent;
Puis vaulrent aussi mesurer
La terre et la grandeur trouver;
3 56 1 5 Si trouvèrent que tous ly tours
De la terre, et ens, et hours,
Qui fut lors mesurer commune,
Plusgrant que le cours delà Lune(p2fr)
Trente deux tantz et ung peu plus,
33620 Est de terre si long en sus,
Quatorze tantz et ung demy
Que la terre a d’espès par my,
Et les cincq douzime d’infant
De haultesse est la (.une grant,
35625 Cui Soleil fait demonstroison
Tout trouverrent fait par raison ;
35347 estoilles — 3530.) que l’une — 33366 sont manque.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
SEPTIEME BRANCHE
13 7
Le Soleil est plus grant assis
Par cent fois et soixante six
Que toute la terre ne soit,
3563oQui ne le scet petit y voit;
Bien y sçaroit ceste maistrie,
Qui bien sçaroit geometrie,
Car par cel art poeut on sçavoir
De tout ce que je dy le voir,
35635 Dont puis se sont penés pluseurs
Qui se doubtoient de l’erreur,
Se voir estoit ceste acoison.
Tant qu’ilz trouvèrent par raison
Qu’ilz avoient dit vérité
35640 Et de hault et de quantité,
Et sceurent tout certainement,
Ainsi que leur mesure prent,
Plus grant le Soleil est de fois
Par cent et soixante six fois.
35645 Monlt grant piece y estudïerent,
Et leur art bien y adressèrent
Ains qu’ilz l’ossasent soustenir,
Ceste enprise ne maintenir.
Les estoilles du firmament
3565o De cecy passeray briefment.
Trestoutes sont d’une haultesse,
Mais ne sont pas d’une largesse.
Trop convenroit longuement lire
Qui tout le voir en volroit dire.
35655 Pour ce du dire nous tairons, (92 c)
Mais touttefTois tant en dirons
Qu’il n’y a nulle si petitte
Qui a cause n’y soit eslitte,
N’y a nulle, je le vous dy,
3566o Qui n’ait quelque chose soulz li ;
Arbres, poissons, bestes ou gent,
Pluies, secherresses souvent,
Boches, apostumes, vermines,
Plentés et faultes par termines,
35665 N’est nulle riens ça jus formée
Qui par eulx ne soit gouvernée,
Mais n’y a nulle si poissant
Com le Soleil ne si luisant,
Qui toutes choses enlumine
356;o Par sa clarté qui tant est fine
De terre jusqu’au ciel amont
Ou toutes les estoilles sont
A dix mille fois autretant
Et soixante cincq fois autant
35675 Comme la terre a d’espès;
Qui bien voeult compter, troeuvc aprez;
Mais qui bien son engin informe,
Quantz peusses il a de main d’home,
Quantz pietz, quantz pas, quantes lieuées,
3568oQuantez milles, quantes journées,
Jusquesau ciel amont ara,
Se bien scet l’art, tout trouvera.
Ou se ungs homs pooit aller
Trestout amont sans arrester
35685 Et peüst faire sans séjour
.Xi j. lieues pour chascun jour,
Ainçois seroit passé le temps
De sept mille fois cincquante ans,
Dix et sept ans demy avec
35690 Qu’il peut aller jusques illec.
S’Adam y fu premier allés
Et sans cesser se fut penés, (92 d)
Dès lors que il premier fut fait,
N’eust encores ce chemin fait ;
35695 Et, si ne le semble il mie,
Nulz de ceste mortelle vie,
Et cilz tost l’enchainte verroit,
Qui l’astronomie sçaroit,
Car des sept ars, au vray compter,
35700 C’est cellui qui voit le plus cler.
Avecques ce tu dois sçavoir
(Ne point n’est mensongne, ains est voir),
Quant une bonne ame se part
Et de ce ciecle du corps part,
35705 Qui a bonne vie menée
Et sa vie bien ordonnée,
Au ciel monte en moins d’une heure •
Entre voiez point ne demeure.
Doncques se fait bon si pener
35710 Pour si tost cest chemin aller;
En autant d’heure amont se troeuve
Comme l’oeul d’homme clôt et oeuvre ;
De bonne heure en terre est venus
Par qui cest chemin est tenus.
35715 Or s'en gardent les usuriers,
Les advocas, les courretiersl
Que la ne sachent cheminer,
Mais les conviengne aval aller!
Regnart, cy te dois avoier
33720 Non mie en Ire appoier;
Dont laisse Ire sans plus le prendre
Et voeulles a cel art entendre,
Et querre la miséricorde
De cellui qui tous biens accorde.
35725 S'il te plaist, tu le poeulx avoir,
Ne poeulx faire plus grant sçavoir
3366o lui — 35689 et manque — 35721 Dont manque.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
1 38
RENART LE CONTREFAIT
Que miséricorde quérir,
Ou t’es en voye de périr,
Car qui n’ara miséricorde ( g3 a)
3573o De cellui qui tous biens accorde.
S’il te plaist, tu le poeulx avoir,
Ne poeulx faire plus grant savoir.
Pour ce te lo que tu le quieres,
Par quoy la r,lore Dieu acquières.
35735 — Vous m’avés dit, je m’y acorde,
Que de Dieu la miséricorde
Seroit il monlt bon acquérir.
Pour ce vous voeul je requérir
Que vous m’en voeulliez dire voir,
35740 Quelles gens le doivent avoir,
Quelz gens sont qui avoir le doivent,
Quelles gens sont qui le rechoivent,
Quelz sont qui a tel honneur saillent
Et quelz gens sont ceulx qui y faillent.
35745 Or m’en voeulles moy adviser
Car on doit monlt ce sens prisier.
— Ainsi puis que dire le fault,
Nul ne le pert que par deffault :
Se chascun vôoit bien adroit,
3575o Jamais nulz homs ne le perdroit.
Or te diray qui iceulx sont
Qui de Dieu miséricorde ont :
Ceulx qui leurs pechiez déguerpissent,
Qui de toutes malvaistiez issent,
35753 Et de leur dissolucion
Ils ont abhominacion,
Voient leur vye dissolue
Qu’ilz ont longuement maintenue,
Les vilz pechiez et obscurté
35760 Ou ilz ont longuement esté,
Et guerroient leur Créateur
Dont ilz sont au deable debteur.
Lors cryent mercy et repentent,
Et de leurs pechiés se gramentent,
35765 Et en ont grant compassion; (g3 b)
Adonc vont a conflession,
Et se mettent a Dieu servir
De coeur pour le deable asservir;
De leur vie et de leurs enffances
35770 Font ilz les dures penitances,
Et en tous bons proppos se tiennent
Et a miséricorde viennent,
Quant ilz ont laissié le mal œuvre.
Et Dieu en bon proppos le troeuve
35773 Et en bonne devocion,
Sans point de variacion,
Sans espoir de plus retourner;
Iceulx voeult il a lui tourner;
Iceulx miséricorde obtiennent
35780 Qui mal laissent et a bien viennent,
Et se de ce ne me voeulx croire
Que la parole ne soit voire,
Le premier Benedic liras
Que tu ou Psaultier trouveras,
35785 Dont ilz sont deux, pour voir le dy,
Ou nocturne du samedy.
Lis ces psalmes et les pourvoy;
Se tu le troeuves, si le croy.
Se sçavoir voeulx la vérité
35790 De ceulx qui sont de malheur né,
Et qui si mal leur voye taillent
Qu’a la miséricorde faillent,
Sont ceulx qui continuelment
Continuent leur errement,
35795 Continuent mal sans laissier
Et ne se daignent abaissier,
Mais continuent le malice
Et si demeurent en leur vice
Huy et demain, et aprez mieulx,
338oo Toudis avant tant qu’ilz sont vieulx,
Que ja point ne s’amenderont (g3 c)
Et en leur proppos se tenrront.
Toudis voeullent mener tel oeuvre;
Quant la mort en tel point les troeuve,
358o5 Miséricorde n’y a point;
Car je te di qu’en autel point
Que la mort si les trouvera,
En tel estât les jugera.
Toudis vouldroient pechier et vivre;
358ioToudis as volu pechié suivre;
Toudis vivre voeulx en pechier;
Tu n'avois nulle riens tant chier,
Ne jamais morir ne quesisses,
Ne aultre vie ne presisses ;
3 58 1 5 Toudis estoies entechiés
A vivre en mal et en pechiés;
Pechiés as et pechiés vaulsis,
Ne oneques jour tu n’en issis.
Ce que as volu. tu Taras,
33820 Car tousjours en pechié vivras.
En pechié tu voeulx demeurer,
Mais toudis vivras en infer;
Avec pechié seras assis,
Car oneques laissier ne le vausis.
35735 On lit en rubrique : Regnart — 35747 Ains — 35769 De leurs vies — 35779 sa m*s- — 35784
Psal. ciî, 1-22 — 33790 malheure — 358io a volu — 3 58 1 1 voeulx vivre — 358 1 2 avoies.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
SEPTIÈME BRANCHE
i3g
35825 Perdus sont sans point demander;
Toudis pechent sans amender.
Regnard, encor ne ine puis taire;
Or entens que c'est de bien faire;
Bon fait bien fait continuer
3583o Sans varier et sans muer.
Je te proeuve par le nageur
Qu’en ce cas semble le pecheur.
Le nageour sa nef demaine
Trestout encontremont de Saine;
35835 Toudis nage il encontremont,
En labourant il va amont;
Tant va amont comme il labeure,
Et trestoudis monte au desseure;
Et quant advient que il s'oublie, (9 3 d)
35840 Qu’a nagier ne labeure mie
Et que il y laisse entrevale,
La nef arriéré se ravale
Et arrier contreval revient.
Ainsiques du pecheur advient :
35845 Quant il a bonne oeuvre labeure,
June, veille, gemist ou pleure,
Tant comme en bon fait estudie,
Envers Dieu monte sa navie
Et Dieu va amont approchant
3585oTant comme il va ainsi nagant.
Et quant de bien ouvrer sc tient,
Sa nef encontreval revient,
Et se defTont tous les biens fais
Que il a ou temps passé fais.
35855 Doncques qui voeult ou ciel passer,
Il doit bien faire sans cesser;
Qui toudis bien fait, il guerist
Et qui l'entrelaisse il perist.
Dieu est en Paradis amont,
3586oCe scevent bien tous ceulx du mond.
Pour ce ne poeut on pour avoir
Monter amont sans paine avoir,
Et pour ce oste Ire de toy
Qui est toute contraire a foy.
35805 Or dy aprez bien ëurés
Tant que soies bien asseurés.
— Sire, » dit Regnart, « j’en ay fain.
Mais d'aultres pechiés ay tout plain,
Especïalment des morteulx ;
35870 Ma vie, mon temps a esté telz.
D’Avarice je me confTez,
Dont toudis ay porté le fez,
Car tout ardant en ay esté ;
Dieu ne homme n’en ay doubté.
35873 — Ha! com cy a male rachine (94 à)
Qui en tous maulx sa vye fine,
Car d'Avarice naist Convoitise
Qui d'aler en enfer atise.
Avarice est une escoliere
3388o Qu’a tous tient escolle plainiere;
La y vont viel, josne, clerc, lay;
A maint parler oV en ay,
Avarice a qui maint bée
Est une amour desordonnée,
33885 Nourry desordonnéement.
C’est en acquestant laidement
Et malvaisement retenir,
En escarssement maintenir.
De cecy maintes frances naissent
35S90 Qui l’ame et le corps trop mal blecent,
Qui sont trestous pechiés mortelz,
Je te les affermeray telz.
Or entens comment sediffine
Larechin, usure et rapine,
35895 Malinité et simonie,
Sacrilege, faulx marchandie,
Malvais jeux et malvais mestier,
Dont on prent maint malvais sentier,
Faulx jurer et faulx parjurer,
35900 Et Dieu despire etdevourer,
Faulx semblant, faulse contenance,
Et Taulx ris, et faulse acointance,
Tollir, rcceller, espargnier,
Mal consentir et faulx jugier.
35905 Avaricïeux propprement
Envis fera bon jugement;
Envis fera ce qu'il devra
Qui au coeur avarice ara
Ou qui volentiers rechoit don.
35910 Dont il advint que ung preudom
Par devant le bailli plaidoit
Et grandement lui ennuioit (94 b)
Ce qu’il ne pooit droit avoir.
Lors s’avisa d’un sien sçavoir,
35qi5 Et bien lui fu dit enoyant :
« Donne, ou tu ne fais néant.
Si tost que tu donné aras,
Nouvelles de ton fait orras. »
Le preudoms qui oncq ne plaida,
35q20 Sa vache au baillif donc donna.
Cil l’en mercia bel et bien
Et dit qu’il l’en souvenra bien.
35835 il manque — 35875 On lit en rubrique : Prestre Hunbert — 35876 us sa — 35892 le tes
35894 us., lar. — 35896 marchandise corrigé d'après A — 33902 Et manque — 33920 donc manque.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
RENART LE CONTREFAIT
Quant celle vache fu donnée,
Tantost ala a la journée,
35925 Si com gens ne se poeuent taire,
Que tost le sceut son adversaire,
Qui dist : « Je suis ad ce mené,
Se mon adversaire a donné
Au bailli pour moy mal mener,
35ÿ3o Aussi bien lui puis je donner
Ung boeuf comme une vache a fait.
Par le jourd’huy il sera fait. »
Dont tantost ne se desvoia;
Ung boeuf au baillif envoia.
35935 Cil le rechut, grant mercis dist.
La première journée qu’il fist,
Cil a la vache tout crestés
S’est devant lui tost présentés.
Le bailli semblant peu en fist ;
35940 Chascun entour le bailli sist.
Ses deux hommes semblant ne fait,
Mais leur a prolongié leur fait
Pour une paix trenchic faire.
Lors ne se pot le bons homs taire ;
35945 Entre ses dens dit coiement :
« O vache, tu ne me fais nyent! «
Le bailli l’a bien entendu
Qui lui a response rendu,
Car n’avoit pas bouce loyie (94 c)
3595o Et l’autre n’y entendoit mie :
« Amis, ta vache parler n’oze;
Le boeuf lui a la bouce cloze. »
Une paix trenchie fist d'eulx;
Ainsi se départi ly jeux.
35955 Pour ce, te dy des prenans juges
Qu’ilz deussent estre les refuges
A tous pour droiture semer,
On n’ara riens d’eux sans donner.
Or délaissent Dieu a servir
55960 Pour querre avoir et desservir,
Et si délaissent charité,
Et fuient toute vérité,!
Et sont solitaires etcoys,
Adès pellssent toutteffois.
35965 Avarice n’a nul depport;
Pluseurs fois chiet en desconfort.
Ne ja homme n’ara bonne heure
Qui jouste Avarice demeure.
Car tant est serf a son avoir
35970 Qu’envis en poeut on joye avoir.
D’usure y a pluseurs maniérés
Qui sont malvaizes et moins chieres ;
De denier sur terre ou sur gage,
Ou de chaté prendre a oultrage
35975 Plus que il ne vault a présent;
Ainsi vont decepvant la gent.
Aultre maniéré y a d'usure :
Je suppose ungs homs n’en a cure,
Mais son pere si l a esté
35o8o De qui il maintient le chaté :
C’est usure male et couverte,
Combien que ne soit pas ouverte.
Si com ceulx qui ont coulombiere
Qu’ilz aiment monlt et tiennent chiere,
35985 Puis qu’on ne les va reprendant :
« Tu te dampnes a tout voiant; (94 d )
Et tous ceulx qui coulombiere ont,
S’escript ne ment, en enfTer vont. »
Adonc respond le mal senez :
3 5990 « Ne m’en chault. Or vous en prenez
A ceulx qui devant moy le firent
Et qui en ce lieu cy le mirent.
S’ilz en ont mal, je ne puis mais;
Ne porteray mie le fais,
35995 Pour ce que faite ne l’ay mie;
Je m’en descerge et les en lye.
Le pechié ait qui l’oeuvre fait;
Endroit de moy ne l’ay point fait. »
Or Dieul comme il est deccll
36ooo Et du croire despourvcü!
Se perdu en est le faiseur,
Tout aultre tel le mainteneur,
Et tous ceulx qui le maintenront,
Trestousen ung hanap vivront;
36oo5Tous en avront dampnacion,
S'ilz n’en font satifacion,
Resconpensacion avecq,
A tous les habitans d’illecq;
Car bien le scevent tous les sages
36oio Qu’il se nourrist d’aultrui dommages,
Dont aucun agrevé en est ;
En l’indignacion Dieu est,
Si com qui approprie usures,
Qui ja sont aulx villes gastures;
3rtoi5 Et aultre telz cas en samblance,
Qui les maintient en leur grevance,
Il poeut trop envis a Dieu plaire :
Mieulx lui vaulroit aultre riens faire.
Aultre usure a en ceste vie,
36020 Qui de leurs mains ne prestent mie,
Mais ilz font par aultrui prester
Et faignent pechié contrester,
35934 desmoia — 33953 deulx dcus — 33974 Ou manque — 33994 Je ne.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
SEPTIÈME BRANCHE
141
Et toudis coeurent leur denier. (q5 a)
Iceulx sont ly maistre usurier
36o25 Et cilz sont diciples et maistre,
Combien qu’ilz faignent de non estre.
Aultre usure y ra monlt vilaine :
Quant voient leur amy en paine.
En aucune chose troublé,
36o3o Lors leur prestent argent ou blé,
Et font marchié a lui d’ouvrer
Pour trestout leur prest recouvrer;
Faignent courtoisie lui facent,
Mais il l’eschillent et effacent,
36o35 Combien qu’ilz dient de cœur gay :
« A son grant bezoing lui aiday ;
Il s'acquitte par son ouvrer.
Je l’ay aidié a recouvrer
Et a establir son arroy. u
36040 Cilz sont des usuriers le roy,
Encor en Avarice pechent,
Dont ceulx qui ont le gaaing se tachent ;
Si comme folz et folez font,
Qui pour gaaignier au bordel vont,
36045 Jouent aulx dez, cartes ou tables,
Qui a Dieu ne sont delictables,
Cil menestrel, cil jonglëour,
Cil herault, cil trachedéour
Qui sont tous armier et ouvé,
36o5o Des quelz tout le fait est prouvé,
Car cilz mettent en male voye
Trestous ceulx qui vont par la voye.
Tantost qu’on ot ung menestrel,
Chascun met ung pié en l’estriel
36o55 Et sault, quant le Haiol escoute,
Et tost en la feste se boute,
Et trestout son voloir y rue;
Ou il se met en my la rue
Pour lui regarder, pour seoir,
36oüo Et lui est monlt bel a vëoir ; (g5 b)
Et quant plus voit le menestrier
Que gens avalent leur saulier,
Yssent des hostelz quatre et quatre,
Tant plus pense du tabour batre
36o65 Et de son flaiol plus corner
Pour la gent en enffer mener.
L’abbé d'enfler son couvent maine,
La feste au devant leur remainc,
Et tendra a chascun la main,
36070 Pour tous les mettre en son pelain,
Et qui preudhoms estre volroit,
Tout certainement il verroit
Le deable qui pardessus voile.
Qui tous les prent a le karolle
36oy5 Et tous les fait pour vérité
Deliter en tel vanité,
Et les veans et les dansans,
Tous et toutes les consentans.
Et s'aucun en ce point moroit,
36o8o En Tort vil fons d’enfler iroit.
C'est avec le plus grant envie
Que le deable ait en ceste vie
Que de faire la gent danser
Et puis l'un a l’autre touchier;
36<>85 Car quant on a dansé assez,
Ainçois seront huit jours passés,
Et voire espoir double sepmaine,
Que du danser ne lui souviengne ;
En son cœur se délitera
36090 Qu’en dansant aucun lui ara
Quelque parole foie ditte,
Dont il ne sera pas tost quitte,
Non pas espoir toute sa vie.
Pour ce est fol qui si estudie,
36095 Au moins ou fait de menestrier,
Car c’est ung tresmalvais mestier,
Qu’ilz mettent cœurs de bien en mal, (p5c)
Et font aller du mont aval.
A briefz motz, tout gaaing est vice,
36ioo Quel qu’il soit, qui vient d’Avarice,
Ou on voit l’autrui delitter,
Fait a blasmer et a doubter
Marchandise certainement,
Puis que l’autrui desire et ment
36io5 Et gaaing d’usure finera
Et a perdicion ira;
Et qui si voulroit adviser
Et ung petiot atiser,
Verroit les hoirs des marechans
36i 10 Comment ilz sont en ces cheans,
Et comment ilz ont maintenu
L’estât que leur pere ont tenu ;
Et pour ce cil qui fist ce livre
Et qui a tous oÿr le livre,
36 1 1 5 Merechans fu et espiciers
Le temps de dix ans tous entiers;
Pour ce que n'en avoit mestier,
Laissa il du tout son mestier;
Pour ce dy je que toute gent
36i2o Qui désirent l'autrui argent,
Et l'ont par jurer, pour promettre,
Et le font en leur bourse mettre,
36043 au dez, au cartes, aulx t. — 36070 les manque — 36o8i avccqucs — 36087 Et manque.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
142
RENART LE CONTREFAIT
Cilz vivent trestous d’Avarice
Qui est ung ortf vilz, puant vice,
36 12 5 Especïalment menestrier
Qui par ont trop malvais mestier.
Tantost qu’il son mestier commence,
En l’heure le diable a Dieu tence
Et lui oste s’intencion,
36i3o Coeur, et ame, et devocion,
Car menestrel nul jour ne pense
A Dieu n’a faire penitance,
A juner, veillier, n’aourer,
A Dieu servir, n’a labourer; ( y5 d)
36 1 33 Plus ameroit quatre garchons
De nuit chanter quatre chanssons
Avec la trompe et la guisterne
Et puis conduire en la taverne,
Dont deable jamais n’istera.
36140 Ne preudhoms volentiers n’yra
Qui ne sçaroit matines lire
Ou bien bonne auctorité dire;
Taverne est habitacion
De mortelle confusion,
36143 Dont ma conclusion est telz
Que cil fait grant pechié mortelz,
Et pechié nourrit et ordonne,
Qui a menestrel oncquez donne,
Car il nourrit et met a voie
36i5oCellui qui toudis Dieu guerroyé,
Car a chascun est tout notoire
Qu’il nourist toute vaine gloire;
Tous pechiés sont par lui sceüs,
Et commenciés, et esmeüs;
36 1 55 Hz n’ont escolle que d’apprendre
L’art qui fait toute gent mesprendre,
Et cointier, et acheminer,
Luxure et vanité penser
Et a eslongier Paradis :
36i6o A ceste science sont mis.
Pour ce te dis : qui les nourrist
Sa bonne intencion perist;
Menestrel fait dedens enfTer
Plus d'ames de gens avaller
36 1 65 Que ne feroient en Paradis
Cordellier quatre vings et dix.
Tel gaaing vault pis que d’usure ;
Dieu les het, et je n’en ay cure.
Briefs motz, toute acquisision
36170 Ou il n’a bonne intencion,
Qu’on a par mentir, par jurer, (y 6 a)
Fait l’ame en enfTer enmurer.
Ne me die nulz marchandie :
Peu en y a ou n’ait boisdie;
36175 Tout gaaing, je n’en quiers mentir,
Est en dcsirer et mentir.
Pour ce est peu marchans, tant y peinent,
Que leurs enfTans leur estât mainent ;
Qui toutes le branches diroit,
36 180 Qu'a Avarice appartiendroit
Aller porroit jusqu’oultremer.
Pour ce est fol qui le voeult amer ;
Trop est fol qui la se pourvoit,
Car se trestout le monde avoit
36 1 83 Or, argent, terre, tout acquis,
En la fin n’en vaulroit que pis;
Qui plus aroit avoir gaaigniet,
Tant plus s’en iroit mehaigniet.
Si ne poeut estre qu’Avarice
36190 Ne soit pechié et mortel vice.
Avoir quiert; se trestous l’avoient,
A trop plus grant meschief seroient.
C’est toute l’estude au musart,
Et qui la estudie s’art,
36195 Orgoeul, Avarice et Envie,
Nulz homs ne le maintiengne mie,
Le corps faitcerchier et ternir
Eta trespute fin venir;
L’ame en la fin en enfler maine.
36200 Mais se voulloies mettre paine
En l’Astronomie t’apprendre,
De bon coeur y voulsis entendre;
La verroics tu grant merveilles
Et tout le nombre des esteilles
3Ô2o3 Quantes ou ciel en poeulx vëoir
(Ce te devroit monlt bien seoir),
En la grandeur du firmament,
Se le certain escript ne ment. {y6 b)
Belle chose est de lui apprendre
36210 Que n’est a mortel pechié tendre,
Et par Dieu ! je t’en compterav.
Pour voir, ce pechié t’osteray.
Des estoilles diray le nombre,
Si com Tholomé le me compte,
3621 5 En l’Amagieste, que il fist,
Ou toutes les nomma et dist.
Il en y a mil toutes nettes,
Et vingt et deux, sans les planettes ;
Compter les poons sans péril,
36220 En trestout .xxix. et mil.
Bien plus y en poeut il avoir,
Mais n’en poeut plus nulz homs vëoir
36142 bien manque — 36143 et h. — 36i32 glorc — 36173 marchandise — 36176 En d. et en m. —
36i8i jusquez — 36184 se tout — 36ig3 tout — 36201 astr. app. — 36204 estoilles.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
SEPTIÈME BRANCHE
143
Qu’on puisse choisir clerement
Ne recongnoistre appertement.
36225 Sy y gard, qui garder y voeult,
Homme mortel plus voir n’en poeult,
Mais homs ne les porroit compter,
Tant sceüst en haultlieu monter,
Fors par ung instrument gentilz
3b23oQue Tholomé trouva jadis,
Par quoy on les congnoist et compte,
Comment chascune sciet par compte,
Combien il a de l’une a l’autre,
Et combien l’une est loing de l’autre.
36235 Des ymages fait congnoissance,
Quelles formes ont par semblance
Les estoilles icv nommées
•
Qui la sont ou ciel figurées,
Compassées sont par ymages,
36240 Qui toutes ont divers hostages,
Chascune son nom et sa forme
Par quoy en les congnoist et nomme,
Dont on congnoist principalment
Quarante sept ou firmament.
36245 De celles y a douze dignes (96* c)
Qu’on appelle les .xij. signes,
Et font ung cerne tout entour
Ou les planettes font leur tour.
Monlt sommes d’elles eslongiés,
3625oCar ceulx qui seront empeschiés,
Jamais nul jour ne venront la;
L’ame qui bien desservi l’a
Y est allée en moins d'une heure,
Et sans faire arrest ne demeure
36255 Au plus hault Paradis amont
Que nulz homs qui soit en ce mond
Ne porroit penser la haultesse
Ou elle va, ne la lëesse ;
La ne porroit nulz homs penser
36260 Ne nul ne porroit regarder
La tresgrandeur qui est lassus
Envers l’espasse de ça jus
Cent mille fois cent mille tants ;
Nul jour ne le seroit errans
36265 Car plus grant est le firmament
Que la terre communément
De largeur et de quantité
D’une pomme a une cité.
Se la terre plus grant estoit,
36270 Cent mille fois qu’elle ne soit,
De gens cent mille tantz eUst
Qu’il n’y a, et nul ne morust;
Et chascun peüst tant ouvrer
De chascun jour mil engendrer,
36275 Tant fussent grans, gros et oyans,
Et de faitture de geans,
Et chascun tenist son hosté
Plus grant qu’onequez roy couronné,
Et eust bonnes cités, mollins,
36280 Bois, prairies, vignes, jardins
Et de mur ses maisons murées,
Chascun lieu durast mille lées (96 d)
Et chascun pour lui bien servir,
Et bien le peüst desservir,
36285 EUst cent mille de maisnie,
Et chascun de la compagnie
Eust mille lieues de manoir,
Si porroit bien la hault manoir,
Trestout ou firmament, je cuid ;
36290 Et si avoit encor de wit
Tel mille tantz qu’en ay nommé,
Tant est le lieu bien ordonné,
Mille tant remanant aroient,
Qu’ilz porroient prendre, s’ilz volloient.
36295 Donc doit bien chascun Dieu amer
Et de lui servir monlt pener,
Qui tel joyel nous habandonne
Et adès sans fin le nous donne.
Quant cy dessoulz est bel et cler,
363oo Cy dessus fait bien a loer,
Qui est, comme je t’ay dit grans.
Regnart, lequel que tu voeulx prens,
Ou ce dessus le ciel ou terre,
Tupoeulx trop bienle meilleurquerre,
363o5 Car ce je ne puis mie entendre
Que on puist Paradis comprendre
Quantes lieues a hault et long.
Se toutes les foeulles qui sont
En esté sur toute la terre,
363 10 Qui le voir en voulroit enquerre,
Prinst toutes foeulles a son choix
En prez, et en eaue, et en bois,
Pour lieu une seulle y mëist
Et tresbien cler il y vëyst,
363 1 5 Selon ce qu’on y trouveroit
Trestout cecy ne souffiroit.
De cellui lieu seigneur seroit,
Qui de bon coeur Dieu serviroit.
Et d’enffer te puis je bien dire (97 a)
36320 Qu’il n’y a que doeul et martire,
Obscurté, punaisie, ordure,
Desconffort et sans fin ardure;
36239 Qu* comp. — 36245 celles en — 362?4 Et manque — 36267 large — 36280 praierics — 363o5
ce manque — 36307 a de — 363 12 prez en — 363 1 3 mist.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
144
RENART LE CONTREFAIT
Et ne poeut en nul temps plain estre,
Se tout estoit né et a naistre,
36325 Pour ce que volentiers reclaime
La chose que je de coeur aime
Pour ce encor je maintenray
Le lieu que, se Dieu plaist, tenray.
Dessus le ciel que nous veons,
3633o Si corn aultreffois dit avons
De la grandeur du firmament
Qui adès est en ung moment
Ou les estoilles mises sont,
Dessus le ciel ou elles sont,
36335 A ung ciel qui point ne se mue,
Ne nulle fois ne se remue ;
Estoilles n’y ont mouvement.
La est adès en ung moment,
La se tient sans point deffenir,
36340 La ne se poeult pechié tenir,
En cest ciel ne se congnoist nulz,
Se d'Astronomie ne scet l’us,
Mais qui d’Astronomie sçaroit
La science tost en aroit.
36345 Cest ciel est de tel atrempance
Qu’il ne poeut avoir violence.
Ce ciel enclôt le firmament.
Je t’en diray appertement
Qu’on n’y poeut trouver acoison
3635o Fors par ceste demonstroison,
Si com de ce qu’on peut vôoir
Ou sens d’homme ne poeut séoir;
Mais touttesvoies t’en dirons
Ce qu’en nos livres en lirons,
36355 Que les philozophes trouvèrent.
Avecques ce ilz s’appenserent : (97 b)
Dessus cest ciel ung aultre y a,
La ou trestoute noblesse a ;
Icil est de tresgrant renom,
3636o Cellui ciel cristalin a nom :
Plus est et net, et cler, et fin.
Il a en nom ciel cristalin.
Dessus cellui ciel tout entour,
A ung ciel de pourpre coullour,
36365 Si com les sages voeullent dire,
Qu’ilz appellent le ciel empire;
Cil est plain de toutes beaultés
Plus que ciel cy dessus nommés,
Et si est si cler et si beaulx
363yo Sept tantz plus que n’est le Sollaux;
De cellui ciel cheïrent jus
Les angles orgueilleux confus
36332 est manque — 3638 1 lcndement.
Digitized by Google
Qui ores sont de tous biens wit;
La demeurent les angles tuit.
36375 Et se Paradis tu voeulx prendre,
Au dessus tu le poeulx comprendre,
Sans pechié dire le poéz
Le lieu qui est treseürez.
C’est le lieu de la Trinité
3638oOu Dieu sciet en sa Majesté.
Mais la fault l'entendement d’homme
Que nul ne poeut penser la somme ;
Et si est si partout conmun
Qu’oÿr et voir le poeut chascun,
36385 Qui envers lui desservi l’a.
Et il voit tout et ça et la ;
Partout voit, et siet, et esgardc,
Com cil qui a tout en sa garde.
Ung exemple prendre y porrés,
36390 Quant vous d’aultrui parler orrés;
D’un seul oyentla parolle toute
Chascun qui celle part escoute;
Bien l’entendent petis et grans, (97 c)
Tous ensemble et en ung seul temps ;
36395 Chascun toute la parole ot
Ainsi poons a ung seul mot
Chascuns en seul lieu chascun est
Voir la clarté qui ou lieu est
Qui enlumine l’un et l’autre;
36400 Ainsi en ung lieu corne en l’autre;
Mettez aucune chose autour,
Aussi tost est la resplendour
A celle qui sera delà,
Comme a celle qui est deçà.
36qo5 Paradis si s’entent partout,
Comme cil qui est roy partout.
En Paradis sont tous ly angles
Et tous les sains et ly arcangles,
Qui devant Dieu chantent trestuit
36410 Chant de loenge et de déduit.
Nulz ice ne porroit entendre,
Coeur mortel ne porroit comprendre
Qu’est Paradis ne qu’est la joye
A cellui qui a Dieu s’avoye.
36^i5 Le mendre clerc qui oneque fut,
Qui mille coeurs en son coeur eust
Et parlast mil ans sans cesser,
Chascun des coeurs a bien penser
Ne porroit pas penser la joye
36420 A cellui qui a Dieu s’avoye.
Non pas encor les coeurs qui sont
Esté es corps, sont et seront,
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
SEPTIÈME BRANCHE
Ne porroient croire ne penser
La joye qui sont sans cesser
36425 Et aultretant meschief aront
Tous ceulx qui en enfler seront
Sans jamais en nul temps penser.
Regnard, ad ce dois tu penser
Et trestous ceulx de ton mestier;
36430 Bien devez vostre art eslongier (97 d)
Sans recouvrer et sans reprendre
Pour icelle grant joye attendre
Et pour icel grant doeul fuir ;
Car homs qui te voeulle sieuir,
36435 Qui ton art et ta voye tiengne,
Ne poeut qu’a mal hostel ne viengne,
Car tu metz tout adès ta cure
En Avarice et en Luxure.
Pour Dieu, amy, et plus n’y pense,
36440 Aies en Dieu ferme esperance,
Se de ces deux tu es tachiés;
Ce sont ores les deux pechiés
Que on doit bien appeller vice,
Comme est dit en l’Apocaliphe,
36445 Car le deable les vomira,
Quant par l’air voilant s’en ira.
Terre en est toute enpugnaisie;
Garde que ne les aies mie.
Si te lo que tu te pourvoies
36450 Avant que tu ces raeschiefz voies
Car lors pas ne retourneras,
Et com dollent te partiras,
Et tout le monde sans doubter
Ne le te porroit amender.
36455 Avec les despisans seras,
La grâce de Dieu veue aras,
Et si l'as si tresdespisié
Que prendre tu ne l’as daignié,
Lors les prendroies volentiers,
36460 Mais muchié t’en est ly sentiers ;
Et lors venront a point ly dit
Que David le propphete dit :
Videbunt justi et timebunt , et super eum ride -
bunty et dicent : « Ecce homo qui nonposuit
Deum [g 8 a] adjutorem suum . »
Or dy après, bien ëurés
Seras tu jamais asseurés,
36465 Se tu mais nulz pechiés ne scés? «
Et dist Regnart : « Oy assez.
145
Je ne suis que au commencier,
Et Dieu vous gard de couroucier.
Sire, ou grant pechié de Luxure
36470 La ay je toudis mis ma cure.
Oncques encor je ne finay,
Ne aultre terre ne semay;
Oncques ne tins aultre charue;
Grand mestier ay que Dieu m’ayeue :
36475 Pucelles, vesves, mariées,
Je n’en ay milles oubliées,
Vielle, povre, jone ne riche.
Certainement je vous affiche,
N’a tant de tieulles en deux toits
36480 Comme g’y ay esté de fois.
En tout temps y ay contendu,
Bonjour n’ay prisié ung festu ;
Je n’en cessay ne jour ny heure,
Ne me tardoit que la demeure.
36485 Or ne puis mais hanter la voye ;
Se je y voy la honte est moye,
N’en puis mais que la contenance.
J’en ay au coeur monlt grant pesance.
L’oeuvre en ay je toute perdue,
36490 Mais la volenté ne se mue.
Encor iroye les sentiers
Plus que oncques mais volentiers,
Mais dame Viellesse me tient;
J’en pleure quant il m’en souvient.
36495 Mercy requiers, je n’en puis mais;
Conseil quiers de porter ce fais.
— Haï Luxure et faulse Avarice,
Je doubt le siecle n’en périsse, (pS b)
Trop sont ces deux pechiés regnans;
365oo Chascun en voeult estre tenans.
Luxure est une meurs menée
D’oubtrage et si desordonnée,
En qui pluseurs brances se tiennent.
Qui point vers Paradis ne viennent.
365o5 Luxure vient par mainte part :
Premièrement par fol esgart;
Après, folles pensées viennent
Qui folz atouchemens contiennent;
Puis fol touchier, et puis foie oeuvre.
365 10 Luxure peu a peu se oeuvre,
Dont a grant repentir seront
Tout ceulx qui cest oeuvre feront.
Cil est assez fol qui se prent
A oeuvre dont on se repent.
36435 Et qui — 36445 les deables — 36448 ne manque — 36462 Psal. li, 8-9 — 36405 ne manque
— 36469 grant manque — 36491 je les — 36497 On lit en rubrique : Prestrb Hünbbrt — 36502 Si
manque — 365og et manque .
Tome II. «0
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
RENART LE CONTREFAIT
146
365 1 5 Or y a Luxure de coeur
Qui est dedens sans venir foeur;
. C’est foie imaginacion
P^r foie delectacion,
Et tant y poeut en ce touchier,
36520 Mortel pechié poeut approchier,
Car de ce vient consentement
Et puis le fol desirement.
Illecques les musars se musent
Et en tel enffer leur temps usent,
36525 Car la femme de bel atour
Si comme l’arbalestre a tour
Pour au musart le coeur perchier,
Pour lui en enffer abbaissier.
A la femme, au deable s’adonne,
3653o Sans tenir mesure ne bourne,
Ne mieulx ne poeut son ame perdre
Qu’en foie amour son ame aerdre;
• Car tous ceulx qu’elle pechier fait
Par dits, par maniéré, par fait,
36535 Certainement la charge ara {g8 c)
De tous ceulx que pechier fera;
Siques trop vieulment se déchoit
Telle femme, quant s'apperchoit
Que branche de Luxure touche
36540 Ou par les yeulx, ou par la boucc,
De ses mains, ou par aucun membre;
Quant de Luxure lui ramenbre,
Tantost qu’elle le voit ou pense,
Fuie ou prengne aultre contenance.
36545 Ou par trop boire ou trop mengier,
Ou en lit trop aise couchier,
Par trop arriement dehors
. Ou par trop desvoier son corps
En sa femme meismement,
3655o Poeult on bien pechier mortelment,
Ou par trop faire de folie.
Aussi bien puis je oster ma vye
De m’espée que de l’autrui;
Se je point en ce expert sui
36555 Meismement cil qui est pris
De cest pechié qui n’a nul pris,
Qui ne poeult avoir pacïence
Ne envers Dieu nulle science,
Estableté ne poeut avoir,
3656o N’envers Dieu faire son devoir;
En lui n’a nul reposement,
Ne poeut estre en lieu longuement,
Envis poeut une messe oÿr,
Ne sa bonne orison finir;
36565 Envis poeut avoir nul délit
Ne de nuit reposer en lit;
Ja n’y sera asserisiés,
Toutes heures est attisiés
Du mal sanc qui au coeur lui vient
365yo Et du fol délit qui le tient,
Dont souventefTois est hurté;
Si en rechoit mainte durté, (g8 d)
Et honte, se il les vëoit,
Et despit se il les ooit.
36575 En péril va et riens ne doubte,
Il a yeulx et si ne voit goûte,
Oreilles et ne scet oyr,
Du sens qu’il a ne scet joyr;
Il semble le cocq entrappé
3638o Qui es estouppes s’est bouté :
Une heure va, et aultre chiet,
Ung piet ployé, l’autre drechiet ;
Or va devant, or va de coste,
Une robe vest, et l’autre oste,
36585 Une aultre qui trop mieulx lui siet;
Ores se lieve, ores drechiet.
Or pense en quel lieu il ira
Ne quel contenance fera;
Ne scet comment il se maintiengne,
36590 Que maise pensée le tiengne.
Et puis quant ne le troeuve mie,
Lors diffame et mauldit sa vie.
Une heure va, et l’autre vient,
Ne scet comment il se contient;
36595 Cil qui ravoie forvoiés
Et qui desloye les loyés,
Qui est plain de toute amistié,
Voeulle avoir de telz gens pitié!
En chartre sont et en meschief;
366oo Dieu leur en doint venir a chief!
Bien gaste son tempz et sa vie
Cil qui en telle amour se lye;
Le temps que Dieu lui a presté,
Pour lui servir bien a gasté;
366o5 Car se en tel amour moroit,
S’ame en adventure seroit.
Pour Dieu, amis, ne metz t’entente
En celle lasse et dolente.
La vie en est desmesurée, (gg a)
366io Et la joye a courte durée
Et s’il en vient du tout a chief,
Si le tourne il a tout meschief;
Et se bien en secret pensoies,
Bien verroies que foliroies :
36564 $a manque — 36590 Mais que — 365q5 les forvoiés — 36614 que tu.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
SEPTIÈME BRANCHE
47'
366i5 Mais tu tresbien n’y penseras
Jusquez que tout hors en seras,
Et lors blâmeras ta folie
D'avoir ainsi usé ta vie
Et de la grant desconvenue
36620 Par quoy as jeunesse perdue.
Le temps que tu perdu aras
Ne jamais ne recouveras.
Par Luxure, n'en doubtez ja,
Quant Adam la pomme menga
36625 Plus obey a folle amour
Que ne fist a son Creatour;
N’ama pas Dieu tant que sa femme
Dont maint sont cheli en diffame.
Par Luxure fut Troye destruitte
3663o Et les deux pars du monde bruitte.
Par Luxure fut mis a mort
Saint Jehan Baptiste a monlt grant tort.
Se les branches compter voulloye,
Trop longuement y metteroye,
36635 Mais se tresbien tu y pensoies,
Peu de meschiefz sont que tu n’oyes,
Qui au monde sont maintenu,
Qui par la ne soient venu.
Cilz qui la droitte voye tiennent,
36640 Congnoissent que tous maulx en viennent
Ne nul mal ne sont soustenu
Que parla ne soient venu.
Dy aprez que Dieu te doint paix
Jusques tu soies bien confTés.
36645 — Sire, je ay pechié de bouce, (99 b)
Une chose qui monlt me touce;
Gloutrenie ay adès sceüe
Et de jour et de nuit elle.
J’ay mieulx aymé ung bon morceau
3665o Q’une eglise ne q’un chasteau.
Je ay maint morceau entonnés
Que on ne m’a mie donnés;
Sans fain et sans soif, a toute heure
Gloutrenie m’a couru seure.
36655 — Amis, tu es mal advisé ;
Ce pechié est mal despisié;
Homs s’en poeut en soudain morir,
Et ame et corps et tout périr;
De tous pechiés c’est le plus ors.
3666o Ung glout vault trop pis vif que mors,
Glout vault assez que beste pis,
Sur toutes char gloutz a le vilz,
S’en lui ne met entendement.
Or entens a moy sainement,
36665 Gloutrenie est en deux maniérés
Qui ne sont ne bonnes ne chieres :
En goust, en parler folement;
En ces deux pechent mortelment.
L’Escript dit, tu le dois sçavoir :
36670 « Dieu donna au deable pooir
D’entrer es corps de maintz pourceaulx .
Quant il fu entré ens iciaulx,
Droit a la mer les conduisirent ;
lllecques tous noier les firrent. «
366y5 Gloux la vye de pourceau maine.
Pour ce le deable le demaine,
El le fait tant boire et mengier
Que chiez lui le fait herbregier
Et le fait en enfer noyer;
3668oTous gloutz y vont sans forvoyer,
Et qui bienseroit clerveans, (99 c)
Tous gloux sont adès touspuans.
Trop est laide la contenance ;
Ilz n’ont en eulx sens n’ordonnance;
36685 D’abominacion sont plain,
De grant oultrage pesme et vain.
Quant ung champion se combat,
Ly ung son compagnon abat ;
Par le gorge le poeut happer
36690 Siqu’il ne se poeut relever.
Quant le loup a le beste vient,
Tantost par la gorge le tient
Le deable joue de tel fait,
Car tant boire et mengier le fait
36695 Qu'il ne scet mais de son sens goûte.
Lors le deable vient et le boute,
Par la gorge le va saisir
Siques l’ame fait hors saillir.
Le glout fait son Dieu de sa pance,
36700 Ne aultre conseil il ne pense,
Cil qui mengué sans esgart
Et prent gloutrenie a se part.
Cil est droit glout qui mengier quiert
Touttefois que fain le requiert.
36705 Mengier en temps et en saison,
Ice est mengier par raison.
Cilz est gloutz qui juner ne voeult
Et va disant que il ne poeut.
Et aucuns y a que je voy
36710 Qui n’ont deffault ne fain ne soif,
3663a monlt grant manque — 36634 mettroie — 36643 On lit en rubrique : Regnart — 36653 et man
que — 36655 On lit en rubrique : Prbstre Hunbert — 36670-36674 Luc vin, 27-33 — 36705 est temps
— 36707 qui mengier corrigé d'après A.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
RENÀRT LE CONTREFAIT
I48
Ne il n’est pas ne temps ne heure
Fors gloutrenie leur coeurt seure.
Confitures, gingenbre quierent.
Par quoy aucun volloir aquierent.
36715 Iceulx sont de gloutons ly maistre,
De male heure virent leur naistre.
A Dieu, au monde doit puïr
Qui telle vye voeult quérir. (99 d)
Cellui est glout qui plus despent
36720 Qu’en sa bourse d’avoir n’apent.
La bourse crye : « Emplis moy! »
Et ensement le ventre : « Acroy. »
Mès chausses doit avoir greigneurs
Qui est cerf a ces deux seigneurs.
36725 Qui vit délicieusement,
Selon Dieu il vit trop vilment.
Gloutrenie est de delitter,
Gloutrenie est de rejetter.
Taverne si est fosse au deable
36730 Que nulz preudoms n’a agréable;
Tous y repairent folz et folles;
De tous gloutz on y tient escolle
En bourdes et en reciter
Et en maintz pechiés delitter;
36735 Ne sermon ne scevent ne heure
Ne orent point dire a nulle heure ;
Glout ne poeut messe entière oyr,
Bonne compagnie sieuir
Qu’il ne pense qu’il mengera,
36740 En quel vin se délitera
De Vianne ou de Soissonnois;
Trop sont fesbles ces vins françois.
N’a point de marée venue?
Harens frès ou fresche molue,
36745 Ou saumon, ou quelque fillarde?
Quant venra ce que il me tarde?
Ou ung morseau de venoison,
D'une pertris en la saison.
Et puis convenroit le bon lit
36750 Pour dormir aprez ce délit.
Et aprez le bon franc sorel,
Et la pomme de caillouel.
C’est quancques glout scet soudaidier,
Et en quoy se poeut delittier.
36y55 Aussi est le glout du volloir, (100 a)
Quant du faire il n’a nul pooir
Comme est cil qui le fait sans faille.
Or voy comment je le te baille.
Riens ne maine l’homme a tourment
Î6760 Que la volenté seulement,
36728 de manque — 36743 na il
quelque bonnes.
Mais de fait ou de volentés
Sont presques tous ad ce temptés.
Par cest pechié, tous aultres viennent.
Presques tout ce pechié maintiennent
36765 En une chambre propprement
Ou il n’a que toy seullement
Ou es alez aulx champtz tous seulx.
Penses tu, et es deliteux
De mener gloutonneuse vie
36770 En deliter et er^énvye,/
Femmes, viandes en toutes voies,
Ainsi com se tu les avoies.
Gloutrenie est de delitter.
Amis, or le voeulles quitter.
36775 Avec ce gloux est dissollus
Partout l’ou il est congneüs,
Mal gracieux, abhominable,
Et a peu de gens agréable.
Meismes le mot est lait a dire.
36780 Glout par tous lieux fait a despire.
Dieu et Sainte Eglise le het;
Nul bien dire en nul tempz ne scet.
Pour ce te jur, et ne mens mie,
Que le pechié de gloutrenie
36785 Par dessus aultres est mortelz.
Et son office est ores telz :
Tant est désirant de sa bouce
Que nul bien en Dieu il ne touche,
Ne nulz homs ne le poeut amer;
36790 Ne pense qu’en ventre bouter.
Pour Dieu et pour son nom,croy moy:
Oste ce pechié hors de toy : ( 100 b)
Trop est vil et a diffamer;
Pour Dieu, ne le voeulles amer.
36795 Or soies de ce advisés
Que j’ay veu des pechiés assés.
Toutteffois es maulx qu'ilz avoient,
Aucuns biens avecques faisoient,
Faisoient ou les avoient faitz
368oo Qu’ilz mettent remedde a leurs fais,
Ou avoient fait ordonnances,
Ou tresbonnes acoustumances,
Ou bonnes oeuvres fait avoient
Qui leurs pechiés leurs alegoient.
368o5 Qui bonnes oeuvres acoustume,
Son cierge en Paradis alurae,
Car Dieu est si tresdebonnaire
Qu’on ne scet si peu de bien faire,
Puis qu’on le fait en charité,
368io Pour amour et pour vérité,
36786 Et manque — 368oo metient — 36802 ou
— 36754 delitter —
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
SEPTIÈME BRANCHE
149
Qui ne le rende, certain soies;
Siques s'aucun bien fait avoies
Pour le poeuple, soit ordonnances,
Quelques bonnes acoustumances,
368 1 5 Aucun païs donné passages,
Treüs et rentes, ou usages.
Tu seroies bien deschargiés
En fais dont tu es si chargiés.
Or me dy s’aucuns en as fais
36820 Qui amenassent telz méfiais.
Moins de paine je t’en douray
Selon ce que je les orray.
— Oïl, sire, n’en doubtez mie,
J’ay fais de grans biens en ma vie.
36825 — Or me voeulles briefment nommer
Œuvre qui face a renommer.
— Sire, j’ay tout plain de biens fais
Qui ne seront jamais deffais.
J’ay constitucions données (iooc)
3683o Par moy faites et ordonnées.
Trestout a l’encommencement
Poeuple vivoit dévotement
Des biens que la terre portoit ;
L’un a l’autre les departoit
36835 Begninement selon leur vye.
Ly u ng. n'a voit sur l’autre^envye; \
Puis avoient en eulx verté
Et l’ung vers l’autre charité ;
Ne faisoient greniers ne trésor
36840 Ne sçavoient qu’èst argent ny or,
^Julz_edifices ne faisoient^.
Par nature tous s’entr’amoient;
Les fruitz des arbres de la terre
Ilz alloient tous les jours querre;
36845 Es fleuves prenoient les poissons,
De ravisseaulx faisoient maisons ;
D’herbe vert, de bois, de gaudines
Faisoient loges et courtines ;
La acolloient leurs amies
3685o Et menoient jolies vies.
Envie ne pechié mortel
N’estoient point en leur hostel.
Tous se tenoient apayé,
Nullement n’yerent esmayé.
36855 Nul n’avoit sur l’autre maistrise;
Trestous vivoient en francise;
11 n’estoit baillif ne prevost.
Chascun avoit le cœur dévot.
L’un a l’autre portoit son bien;
3686o Quant l’un avoit, il disoit : « Tien ! »
Jamais prier ne s’en feïst;
Tout le premier que il veïst,
Il offroit de sa soustenance.
Il n’y avoit nulle excusance.
36865 Au temps que Joseph tint Egipte,
La parole a tous en ay lite, ( 100 d)
Ses douze freres y allèrent,
Leur pere Jacob y menèrent,
Qui Joseph a de coeur veü ;
36870 Icy devant l’avez leü.
Joseph ses douze freres tint;
Avec son pere les maintint.
Dont fu Jacob leur pere mors.
Au val d’Ebrun fu mis son corps ;
36875 Rachel sa femme le ploura.
Qui monlt petit aprez dura;
Après si tost issi de vie,
Ou val d’Ebrun ensevelie.
Le bon Joseph que Dieu maintint
3688o Tous ses douze freres retint,
Et tous douze les arroya.
A tous douze femme donna,
Dont yssirent pluseurs enflans.
Ainçois que il fust six cens ans,
36885 Fut il d'eux si grant mencion
Et si grant generacion,
Car ilz furent, au mien cuidier,
Bien plus de quarante millier ;
Poeuple d’Israël le dit on.
36890 Ce fut jusqu’au temps Pharaon ;
D’eulx issi le sage Moyse
Qui se maintint au Dieu service ;
Ce fu le poeuple qu’il requist
A Pharaon, et tant lui dist
36895 Qu’il lui rendit sans contredit,
Ainsi com devant vous ay dit ;
Cy devant le vous ay leü,
Se vous l’avès bien pourveU,
Comment Moyse s’en pena,
36900 Conment ou dezert les mena
Et quel sentier ce poeuple tint
Qui de Jacob et ses filz vint.
C'estoient ceulx certainement (101 a)
Qui vivoient si bonnement,
36go5 Qui estoient si tresbien mell,
Dont je vous ay devant leü.
Quant je vis ceste simple gent,
Qui tenoient estât bien gent,
De leur paix couroucié estoie
36910 Et lors les mis je tous en voie
368i3 ou ord. — 36837 vérité — 36866 Voy. plus haut, v. 3937-4118 — 36884cens manque.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
RENART LE CONTREFAIT
i5o
Qu’ilz pellssent laissier arroy,
Affin qu’entre eulx feüssent roy.
Tant les tané que ilz me crurent :
Entre eulx ung grant vilain eslurent
36<>i5 Du lignage de Pharaon;
Oncques plus malvais ne vit on,
Et le grant Golias aussi
De cellui mal lignage issi.
Lors establi je gentillesse
36920 Qui humilité griefve et blesse.
Lots fit charité hors chasser
Et toute la terre trachier;
Et la prins fer, or et argent.
La fis départir toute gent
36925 Terres et prez, bois et rivières;
Cil ot le plus qui plus fort yeres.
La fis je le poeuple combatre,
Le plus fort le plus fesble batre.
Lors fis je taillier pourveances,
36930 Leurs garnisons et leurz chevances.
Lors fis je les chateaulx drechier,
Charité toute despisier.
. Quant aucuns biens tollu avoient,
. En iceulx chateaulx les portoient,
36935 Et quant les sieuoient aprez,
Si jettoient cailleux et grez
Que jusqu’à la mort les menoit,
Et lors partir les convenoit.
Et quant iceulx si s’en partoient,
36940 Qui le coeur si perdu avoient, (101 b)y
Lors alloient a l’autrui tendre,
Prenoient ou pouoient prendre.
Pour ce fi je faire chateaulx,
Et les fossés, et les creneaulx;
36945 Et cilz trestous premier les firrent
Qui les plus volentiers tollirent.
Ceulx qui tollirent et happèrent,
Iceulx les chateaulx commencèrent,
Et nulle autre oeuvre ne faisoient
36950 Fors que tollir la ou pooient.
Ne firent nulle oeuvre de main
Fors que tollir et soir et main.
Cilz furent doubté et prisié
Qui deussent estre desprisié.
36955 Pour ce leur vint oultrecuidance
Qui toit amour et pascïence;
Tolirent a le menu gent
Ablais et bestes et argent.
De povres fis avoir desdain,
36960 Et leur fis croire pour certain
Que li estât de povre gent
Nul temps n’estoit ne bel ne gent.
Povre gent n'est chose que vaille.
Le forment sont, et cilz la paille;
36q65 Et bien entendre je leur fis,
Et ilz crurent ce que je dis.
Tant com prez d’eulx vous demourez
Sachiez que leur pillier serez.
Et si venrront vos privetés,
36970 Et en serés moins d’eulx doubtés,
Et moins vous prêteront honneur
Et plus près d’eulx tenront le leur;
Car cil n’est bon a nul termine,
Cui vous monstrez vostre convine.
36975 Hz sembloient estre tout ung,
La bonne gent et le commun ;
Et ne sçavoient riens cachier, (101 c)
Tout avoient sans riens muchier,
Ne deffault en nul il n’avoit,
36980 Commun ce que chascun avoit.
Encor ne m’en tins pas a tant :
Pour ce que plus fussent doubtant
Je fis le fort toillir au foible
Argent, et héritage, et meuble.'
36985 Dès lors fis je les chevaliers
Par Ninus qui les fist premiers.
Cil de mal faire se hasta;
Cil Babilone deserta,
Ochist femmes, hommes, enffans,
36990 Cil qui tant fut mal consentans,
Oncques homs n’avoit sur cheval
Monté, ny amont, ny aval.
Cilz fis je monter les premiers:
Ceulx appelay je chevaliers ;
36995 Chevaliers on ne les disoit,
Chevaucheurs on les appelloit.
Quant il tendoit a aucun mal,
Tantost mandoit ceulx a cheval;
Cil les fit mettre es avangardes,
3yooo Et les faisoit des chemins gardes;
Ne point de mains ne labouroient;
Des biens d’aultrui ilz se vivoient.
Mais quant je chevaliers les fis,
Communément a tous leur dis :
3 yoo5 « Ostés pitié et pacïence,
Humilité et conscience;
L’autrui amés orgoeul sans paix,
Haultain vous tenez tous adais. »
Je ces commandemens leur dis,
37010 Quant premier chevaliers les fis,
36915 du roy Ph. — 36942 Et pr. — 36949 Et manque — 36977 riens manque — 36986 Voy. plus
haut 83 19 ss. et 19683 ss.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
SEPTIÈME BRANCHE
Ne il z ne l’ont pas oublié,
Mais l’ont très bien multiplié,
Je leur dis que ce estoit ordre,
Mais.les puches me puissent mordre, (/ o i d)
37015 Se ne fut en enfler trouvé!
N’oncques de Dieu ne fut prouvé,
Et si n’est cil qui m’en desdie,
Qu’oncques de Dieu fut establie!
.Dieu ne ses sains ne le penserrent;
37020 Deux ordres sans plus ordonnèrent,
Et les feïst tout propprement,
Sans aultrui admonnestement;
Ce fu prestrise et mariage;
Ainsi le tesmongnent ly sage.
37025 Mais qui la moye gent querra.
Richesse tierce y trouvera.
Tant mon art multiplieront,
Q’ung jour venrra que ilz cherront.
Mon art en orgoeul périra;
3yo3o Bien sçay que Dieu le destruira ;
Adès le m’a Raison convent
Et le me ramentoit souvent
Si comme elle fist les Templiers,
Que je fis et maintins si fiers.
37035 Or advisez se j’ay fait bien;
Et Dieu et vous m’en amés bien.
Aprez fis je ung art qui dure :
C’est primes prester a usure,
Car avant point presté n’avoient,
37040 Et de leur labeur se vivoient;
De ce que la terre donnoit
Chascun lïement se tenoit.
Quantz ilz orrcnt possessions,
Si gardèrent leurs garnisons
37045 Et les volrent bien retenir
Que nullui ne les pot tollir;
Et de ce sus eulx se vivoient.
Et mainteflois aucuns estoient
Cui on avoit tolly le leur,
37050 Qui vivoient a grant dolleur;
L’autrui demander ne volloient, (102 a)
Ne point aprins ilz ne l’avoient;
Quant a aucun vivre falloir.
Tout maintenant son huis clouoit
37055 Et fermoient sans plus ouvrir,
Se laissoient dedens raorir.
Tant qu’il advint a cellui temps
Deux Juifs orent deux enffans.
Les deux enffans si s’entr’amoient
T 5 I
37060 Que l’un sans l'autre fie voulloient
Ne l’un sans l’autre volloit estre.
Mais trop mal fu party leur estre
Si com l’Escripture l’afiche,
Que l’un fu povre et l’autre riche;
37065 L’un ot des garnisons plenté,
Et l’aultre eult assés povreté.
Ung jour s’allerent compagnies
Les deux enffans, et eulx bagnier,
Si comme ilz se en revenoient,
37070 Ces deux enffans qui si s’aimoient
Que plus ne porrent demourer,
Le povre se print a plourer
De grant meschief, de coeur parfont,
A peu que le coeur ne lui font,
37075 Et quant son compains l’a vôu,
Doeul et pitié en a ëu : •
« Hellas ! » dist il, « compains, qu’avez?
Dittes moy qu’avés a plourez? »
Dist le povre : « Je n’en puis mais.
37080 Compains, ne vous verray jamais,
Et n’aray joye ne déduit.
Nous finerons en ceste nuit :
Failly nous est tout nostre vivre,
Dorénavant ne poons vivre.
37085 Compains, a Dieu je te command,
Car ne poeult il estre aultrement. »
Si tost que son compains l’oy,
Tout adès a terre chëy. (/02 b)
Le povre enfant si se départ
37090 Et tost s’en alla aultre part.
Ly aultre si grant doeul menoit,
A peine qu'il ne s’ochioit.
Son pere et sa mere l’oyrent,
A haulte voix tous deux lui dirent :
37095 « Pour Dieu, beaulx filz, et que avez?
Dittes nous pour quoy vous plourez.
— Beau pere, qui mais m’amera?
Mon compains anuit finera,
Car de fain le convient périr.
37100 Avec lui me lairay morir.
« Beau filz, quel conseil en prenray?
Or le me dy, je le feray.
— Beau pere, vous lui presterez,
Et loialment vous le rarez,
37105 Mais qu’il soit de cest pas sailly,
Et que ses messons ait coeully,
Et j’en seray pour lui teneur,
Et de ses biens meismes rendeur,
37o56 Et se — 37060 Que manque — 37069 sen — 37081 Jamais naray — 37086 il manque — 37091
doeul manque .
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
RENART LE CONTREFAIT
l52
Qu’assez tost sera la saison,
37110 Et assez en a en maison.
Sans vous grever le poëz faire,
Et de la mort le poëz traire;
Et si ferez grant charité.
Mon beaulx doux pere, ayez pité,
37115 Que il en vie puisse ester ».
De la vint le premier prester;
Et tant prester multiplia
Qui a usure s’avoya :
Blés et vins, a terme et a temps,
37120 Tant a creance, et tant contens.
D’usure fis je les sentiers,
Et avec ce les courretiers,
Et les fis mentir et jurer,
Et tous ensemble parjurer,
37125 Et leur dit qu’en leur courretage ( / 02 c)
S’ilz voeullent estre preu et sage,
Souvent gaignieret enbourser
Et avoir assez entourser,
Mettent derrier l’huis charité
37i3o Et taisent toute vérité;
Et se autrement ilz faisoient,
Envis marchié assouviroient.
Ilz ont bien mon command tenu,
Maintiennent et ont maintenu.
37135 Par ce seront en haut degré
Et je leur en sçay tresbon gré.
Or ay je fait aultre bezongne
Que maintes gens de bien eslongne,
Malgré raison et son pooir,
37140 Qui en poeut monlt grant doeul avoir.
J’en eulx vers lui pluseurs batailles,
Lors que je establis les tailles
Que les gentilz homs ores lievent,
Dont monlt forment nature griefvent,
37145 Et dont maint preudomme s’esmaie,
Selon ce que il plus en paie.
Gentilz hommes, quoy que l’en die,
Vivent aujourdhuy de tel vie :
Se povres gens ont leur sustance,
37150 Tost ilz leur ostent leur chevance;
Prendent ce qu’ilz ne gaignent mie.
De tel gaignier prendent leur vie,
Dont les povres sont mehaignié;
Et si ne l’ont mie gaignié,
37i55 Et le font pourchaté tenir,
Par le longuement maintenir.
Mais qui d’aultrui prent la sustance
Et qui lui oste a sa grevance,
Il met s’ame a grand dampnement,
37160 Se cil qui fit Adam ne ment.
Combien que je aye ce fait,
Je congnois bien que ce est tort fait : (102 d )
Bien doit l’Eglise disme avoir,
Ce est propprement son devoir.
37165 Les dismes sont a eulx sans faille ;
Cil se méfiait qui ne leur baille,
Gentilz homs avoir ne le doivent.
Contre Dieu les disme rechoivent;
Ce est chose esperitïelle,
37170 Gentilz ne doivent tenir celle,
Et Dieu a sa face recreupt
Gentil qui la disme recoeult.
L’Eglise tous dismez avoir .
Doit, si comme on poeult sçavoir
37175 Par Adam qui bestes gardoit
Qui le .xiij®. ou feu ardoit.
• Abraham, Ysaac dimes paioient,
Le .xiij*. et s’i accordoient.
N’estient encor nullez églises ;
37180 Pour ce estoient au feu mises.
Ad ce congnoist on clerement
Que le .xiij*. a nul n’avient.
L’Eglise si en fu fondée ;
Celle disme lui fu donnée
37185 De ce qu’aloit a dampnement,
. Ce fut son premier fondement,
Non mie sur aultrui sustance,
Dieu ne voeult mie estre servis
37190 Des biens dont aultre est asservis;
Dieu n’a cure de l’aultrui bien ;
Ce qu’il a lui souffit tresbien.
Une aultre ordonnance ay je mise,
Qui vaultpis que la taille mise;
37195 A le faire ay je mis grant cure.
Et est tout ce contre droiture;
J’establi le formatage,
Et se nulz sont preudoms ou sage
Pour voir, ilz ne le lèveront
37200 N’en nul tempz nel recepveront,
Car je le fis de ma science, (io3 a)
Ou ja preudoms m’ara beance ;
Je le fis a m’intencion
Pour tollir generacion,
37205 Ce pour quoy le monde est créez ;
Pour bien ne le feïs, créez.
37114 Mon manque ; pitié — 371 15 puisse en vie — 37120 cr., tant a c. — 37137 je manque — 37157
qui manque — 37159 grant manque — 37193 je manque — 37195 Au f.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
SEPTIÈME BRANCHE
153
Quant Moyse ala ou dezert,
Mena o lui le poeuple serfs,
Quant des mains Pharaon osta
37210 Et à obéir les docta.
Riens de obëyr ne sçavoient;
Comme bestes partout alloient,
N’avoient rigle n’ordonnement
Ne tenoient nul commandement.
37215 La fu premier ordre donnée
Et toute ordonnance donnée ;
Baillie leur fu ordonnance,
Obéissance et abstinence ;
Firent a Dieu tous noncion,
37220 Sique il est d’ajunccion.
Dieu a eulx une voix tramist,
Qui a eulx tous ensenble dist :
■ Choisi et prenspar bonne amour
Celle qui semblera meillour. ■
37225 Cy ot monlt bon commandement,
Sire prestre, certainement.
Il ne dit pas : « Prens la plus riche,
La plus large ne la plus chiche.
Ne celle du plus grant parage,
37230 La plus foie ne la plus sage » ;
Mais : • Celle ou le tien coeur bée,
S’elle le voeult, te soit donnée ;
Et ayes vers lui bonne amour;
C’est la sentence au grant Seignour;
37235 Ung homme une femme amera,
L’ung l’autre monlt désirera,
Et de bon cœur s'entr’ameroient,
Se ensemble adjoustés estoient. » (/o.? b)
Ne sont pas d’une merderie
37240 Que on appelle seignourie.
Cellui a celle n’oze tendre,
Ne celle cellui n’oze prendre.
S’ilz s’entreprendent riens ne sont
De plus espoir que ilz n’aront ;
37245 Cellui au coeur mal en ara.
Jamais, espoir, femme n’ara,
Espoir, jamais elle mary,
Et chascun ira au hary.
Tous les ans pourcestui usage
37250 En demeurent cent mariage.
Cecy fu fait de ma science
Contre Raison et Conscience ;
Raison forment s’en courouça,
Et pluseurs fois m’en maneça;
37255 Disoit qu’oncques preudoms ne sage
Destourba ja bon mariage,
« Les commans de Dieu ne les fais,
Ce pour quoy le siecle fu fais. » .
Et je luis dis : « Dame Raison,
37260 Boutés vous en vostre maison.
La vous tenez et vous muchiez
Car malgré vous cecy courra.
Or en voit comme aller porra,
37265 Car il sera, soit droit, ou tort.
Je suis plus poissant et plus fort,
Ets’ay plus que vous des amis
Qui bien m’aideront trestoudis.
J’ai mes gentilz hommes a moy
37270 Qui m’aideront sans nul arroy,
Les collieges, les abbayes,
Et avec ce les chanonnies
Qui tous seront a mes accords,
Et metteront pour moy leurs corps.
37275 J a vostre conseil ne sieurront,
Pour leurs âmes riens n'en feront ;(io3c
Leur sang et leur challeur menguent,
Et boivent tout quanques ilz suent.'
Ce est le chaté gentillesse
37280 Qu’on appelle aujourdhuy noblesse.
Iceulx vivent, soit bel ou gent,
De la despoulle a povrc gent.
Pour noblesse auctorisier
Et pour eulx au monde prisier,
37283 Et pour eulx faire plus monter.
Pour les povres plus débouter,
Je fis que leurs homme devindrent
Et les formariages tindrent.
De ce fis Raison asservir
37290 Pour les gentilz hommes servir.
Tant .que l’ont maintenu et hanté
Que il chiet en prospérité,
Et de droit le voeullent avoir;
Mais ilz en venront a Doulloir
37295 Qui est ung mal gars sans pitté.
Raison leur a pieça ditté,
Mais ne leur est de l’advenir ;
Du présent se voeullent tenir.
Ha! com présent est male beste!
37300 Pluseurs en ce siecle en font feste;
N’y regardent ne bas ne hault,
Ne du futur il ne leur chault
Qui mieulx apartient a doubter,
Que présent ne fait a amer.
373o5 Le présent voit on deffenir,
Mais le futur est a venir.
Des mainsmortes fis ensement,
Dont par ce sont mille truhant,
Et larrons pluseurs aussi sont;
37310 Quant ilz tous leurs biens perdus ont,
Des eglizes et des gentilz,
Lors demeurent povres et vilz,
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
1 54
RENART LE CONTREFAIT
S’enfuient, et vivre convient; (io3 d)
Et lors Desesperance vient.
373i5 Pluseurs en sont desconforté
Et pluseurs s’en sont mal porté.
Estre larron et ass^illeur,
Faulx parjure et faulx plaideur,
Pour ce en sont perdu ung millier
37320 Que seigneurs ont fait essillier,
Qui pour eulx ont prins et tenu
Ce qu’ilz deussent avoir eü
Par droit naturel loialment,
Selon l'Ancien Testament.
37325 Or l’ont cilz par Force qui vaint,
Dont Nature et Raison se plaint.
Tant l’ont longuement maintenu,
Qu’en saisine si l’ont tenu,
Malgré Raison et son pourchatz
3733o Qui n’y a pooir ne q’ung chatz.
Eglize et gentilz me soustiennent
Et trestous mes fais entretiennent;
Dient qu’ilz ne poeuent avoir
Chevance ne aucun avoir
37335 Que iceulx ayent qui leur soit.
Quant ung preudoms la mort reçoit,
Qui a tout son temps traveillié,
Juné, espargnié et vieillié,
De ses biens ara retenu,
37^40 De quoy doit estre soustenu
Et son corps tenir en santé*
Pour eschever mendicité, •
Dieu fera de lui son volloir.
Et pour quoy n’ont ses biens si hoir?
37345 Sa char, son sanc vient en présent ;
S’on leur tault, on fait malement.
Qui ma char et mon sang taulra
Ce que mon corps acquis ara,
Pour quoy ara le mien chastel
3735o Qui ne medouroitungmorsel?(/o^j)
Bien honneur faire ne me pense ;
Pour quoy ara il ma sustance?
Ne jamais bien ne lui fera;
Pour quoy donc ses biens ostera?
37335 Cil qui riens n’est, les voeult avoir
Et hérité est, sans estre hoir.
L’autrui sanc comment avoir voeult
Et de quel coeur prendre le poeult?
Comment le poeut riens soustenir,
37360 Quant aultrui sanc voeult retenir?
Comment ose il l’autrui sanc prendre ?
Comment y ose il la main tendre?
Tous les maux qu’il a eu acquis,
Ou temps qu’il a ses biens acquis,
37365 Tu emportes ; avec ce es lerres.
Quant de l’autrui bien es tollerres,
Lerres es, et tous les pechiés
As dont il estoit entechiés.
Laisse au filz le sanc de son pere :
37370 Qui ne le fait il, le compere,
Si comme les ancyens firent
Qui point d’empeschement n’y mirent.
Lys de Jacob et d’Esaü,
Se leur patrimoine ont eü;
37375 Des anciennes nacions,
S’estranges ont successions,
Je ne t’en fais difficulté.
Tout ancien qui ont esté
Qui congnoissent soient scell,
37380 Doivent avoir leurs biens eü
Fors puis ung peu de temps en ça,
Que mon art premier le pensa,
Qui leur a affermé de voir.
Ne poeuent meilleur chaté avoir,
37385 Et de ce m’ont si bien creü
Que bien sont au prendre esmeü.
— Regnart, deux choses me maintiens
Contraires, et si les soustiens.
Toutes ces oeuvres ton art fist,
37390 Et Raison si les contredist.
Dy moy qui premier les trouvèrent
Et qui les premiers en ouvrèrent,
Et parquelz mots dame Raison
Dist qu’il n’estoit ne bel ne bon.
37395 — Sire, du temps que Charlemaine
Estoit roy, qui tant ot de paine,
Ung jour saint Jacquez vint a lui.
En dormant de lui se plaindi,
En dormant dit : « Roy terriens,
37400 Honnouré sur les anciens,
Qui tant de terres as conquises
Et a la Crestïenté mises,
Mais or une oubliée en as
Ou tu encores esté n’as.
37405 Ce est la terre de Galice,
La ou il a tant de malice.
En celle terre gist mon corpz,
Qui a grant martire fu mors;
3731 3 Lors s'enfuient — 37322 que ilz — 37369 s. du pere — 37376 ont leurs — 37385 monlt —
37387 On lit en rubrique : Prestrb Hunbert — 37395 On lit en rubrique : Rbgnart; — Sur rapparition
de saint Jacques à Charlemagne , cf. la rédaction A, t. I, p. 352. 2e col. — 37403 or manque.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
SIXIÈME BRANCHE
1 55
La ne est veü ne sceü,
37410 Ne se oncquez n'y fut eü.
Le roy Angoulant le maintient
Qui Crestïenté ville tient;
Des païens toute est poeuplée
Qui maintiennent celle contrée.
37415 Fay tant que mon corpz soit requis
Et le sauvement des bons quis.
Or va acquitter le passage
Et si fay le pclerinage ;
Pluseurs sauver la se porront,
37420 Dieu et les bons gré t en sçaront.
De ce plus ne te parleray ;
Au Dieu plaizir, je t’aideray. » ( 104 c)
Charlemaine s’est esveillié;
De ce s’est forment merveillié.
37425 A la parole monlt pensa.
Ses princes devant lui manda;
La parole leur a comptée
Que l’apostle lui a dittée.
Lors Chartres et briefz fist escripre;
37430 Manda gens en France, en l’Empire,
Que trestous venissent briefment
Pouroyr son commandement,
Et a tous leur a maintenu.
Monlt tresgrant poeuple y est venu,
37435 Que en Espaigne voeult mouvoir
Sans temps ne sans respit avoir :
« Or verrons qui de coeur venrra,
Qui pour Dieu le chemin prenra
Et qui se vouldra délivrer
37440 De ce saint passage acquitter.
Cilz qui volentiers y venra
Son saulvement y acquerra.
Qui donc Dieu ayme a lui se tiengne ;
Et qui m’aimeaprez moy s'en viengne.»
37445 Maintz en y ot de courouchiez
Assez plus qui n’y ot de liez
Qui mieulx aymassent demourer
Que en Espaigne cheminer.
Tout ainsi que l’ost cheminoit
37450 Et es vallées se tenoit,
Et tout l’ost se fust adonc mis
Ou Prouvins si est ore assis.
Il n'y avoitchateau ne ville.
Mais ot valée, ort lieu et vile,
37455 Montaignes et vaux, oscurs lieux
Sans habitacion et seulx ;
Mal lieu y avoit et despers;
Monlt bien sembloit lieu de desers.
Plain fu de fumée et d’oultrages; (io4d)
37460 Monlt y avoit bestes sauvages,
Envenimeuzes et cuisans,
Et dragons et oiseaulx nuisans.
Apremont nommer le solloient
Qui anciennement vivoient,
37465 Lieu plain de toute obscurité
Et de toute maleureté.
Apremont alors dit estoit ;
Habitacion n’y avoit.
La furent pluseurs establi
37470 Et se tenoient coaty,
Etcuidoient estre en esture.
Les pluseurs n’orent d’aller cure,
Mais en ce lieu monlt s’esbahirent.
Quant le roy et sa gent ce virent,
37475 Lors fist le roy communément
Crier partout generalment :
« Quicuncquez demourer volra.
Sa demeure faire y porra
Par si que seront serfs clamés
37480 Et en servitude clamés.
Doresenavant treu paieront
De tous les biens que ilz aront
Et de meubles et d’heritages
Paieront tailles et treuages.
37485 Trestous qui ceulx cy demouront,
De tous leurs biens treu paieront
Trestous les ans sans delayer. ®
Ung aultre cry refist crier,
Que trestous ceulx de male vye
37490 Et qui vivent de houllerye,
De jeux de dez, de jeux de tables
Que point aprez l’ost ils n’alaissent,
Mais tous arriéré demouraissent,
37495 Car les vivres vont degastant
Et si ne vont riens proffitant;
Et il est pechié du mener (jo5 a)
Et encores plus d’eulx donner
Et leur pechié poeult aultrui nuire.
37500 Pour ce est bon eulx du tout fuire.
Adonc se trairent d’une part
Plus de seize mille couart,
Et dient que avant n’yront,
Mais arrier s'en retourneront,
375o5 Car il n’ot en eulx qu’esraaier.
Mieulx ayment leur taille paier,
37444 Et... s’en manquent — 37454 ot
37465 obscurtc — 37470 Pluseurs se —
37412 Qui la — 37413 est toute — 37443 donc manque —
manque — 37455 Mont, vallees obsc. — 37464 Ceulx qui —
37477 demoura.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
1 56
RENART LE CONTREFAIT
Car au corps gaigneront l’avoir.
* Pour ce voeullent le remanoir,
Non mie morir en langour.
37510 Et Charlemaine sans demour
Les condempna sans delayer
A chascun an taille paier.
Et sur ice s’en retournerrent.
Putains et houlliers demourerent,
375i5 Ribauds et les joueurs de dés.
Illec furent logiés es prés,
Et dirent illec se tenront;
Illec Charlemaine attendront.
La le chateau de Prouvins firent,
37520 Les premières pierres y mirent,
Et adès demourerent la.
Et le roy Charles s’en ala ;
Mais grans ans en Espaigne sist.
Je ne vous diray pas qu’il fist,
37525 Car cy devant vell l’avez
Et ses oeuvres bien le sçavez,
Et des grans conquestes qu’il fist
Tant comme en Espaigne sist,
Cy devant vous sont devisé,
3753o Se vous y avez bien visé.
Mais a chief de sa queste vint,
Et par illecques s’en revint;
La ou n’avoit qu’une vallée,
Une ville y a trouvée. (io5 b)
3y535 Lors demanda : « Comment poeut estre ?
Quand nous passâmes par cest estre,
N’y avoit ne piller ne bourne:
Or y a grosse ville et bonne. »
Lors sa maisnie lui a dit :
37540 « Sire, souviengiés vous du dit
Que toutes gens de maise vie •
Ne sieuissent vo compagnie?
Dix mille en furent detrié,
Qui ce lieu ont ediflïé. »
37545 Dist le roy : « Cilz ont bien ouvré,
Et par Dieu bien s’i sont prouvé.
Et pour cest mot, Prouvins ot nom,
Prouvins ester de grant renom,
Quant histoires cerchier voulrez,
3755o Trestout cecy y trouverez.
De la vindrent tailles premiers
Et au roy et aulx chevaliers,
Et aulx eglizes et aulx aultres,
Tant sont allez lances sur faultres,
37555 Et par mon art et par ma vie,
Qu’ilz ont tout mis a une vie.
A trestous les font paier taille,
Bon et malvais, vaille que vaille ;
Car par moy en saisine en sont.
37560 Or garde bien comment ilz font,
Comment joyssent par usage
De mainmorte et formatage.
De Bourgongne premier il vint;
Bourgongne primes le maintint,
37565 Et par Bourgongne le scet on.
Ung chevalier qu'ot nom Othon
Bien trente feus soubz lui tenoit
Ne nulle aultre choze n’avoit;
Leduc servoitpour ses despens.
37570 Si advint dès icellui temps, (10S c)
Les hommes qui tous sont mortelz,
Que en l’un des iceulx hostelz
Que la femme a mort dévia,
Et le mary se maria
37575 A une aultre femme voisine
Qui n’estoit pas de celle orine,
Ains soubz l’evesque demouroit,
Et l’homme homs Othon estoit.
L’homme quant soubz l’evesque vint,
37580 L’evesque tout pour sien le tint,
Et si le mist en ses escrips.
Et pour ce monta li escris.
Othon quancquez cilz ot sus lui
A tout aproprié a lui ;
37585 Et dist cil : « Mon homme sçavoit
Que marier ne se pouoit
N’en aultre seignourie manoir :
Pour ce perdera son avoir. »
Pour ce disoit avoir acquis
37590 Quancques il avoit sur lui mis.
Lors maintint Raison le contraire
Et dit que bien le pooit faire,
Que homs use d’auctorité
Avec de libéralité;
37595 Liberaulx est, liberaulx vit,
Et liberaulment se chevist
En tel cas pour son volloir faire ;
Nul n’en doit aller au contraire.
A maistrïer a nullui n’est,
3"6oo En tel cas de lui sires est.
De lui destourner n’a pooir,
Se la force n’en voeult avoir,
Et force n’est mie raison
S’il n’y a male mesproison,
37605 Mais cil qui force l’en fera,
Contre Dieu monlt se meffera,
— 37559 Car manque — 37563 pre-
37529 Voy. la rédaction A, t. I, p. 352-355 — 37540 Souviengie
mierement vint — 37573 Que manque — 37595 et lib.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
SEPTIÈME BRANCHE
l57
Ostera libéralité, ( io5d )
Seignourie ou bien charité;
Ne nul ne poeut sans lui mcfTaire,
37610 Mariage en amour deffaire.
« De son corps sire vous clamez
Nourry n'alevé ne l’avez.
Pour quoy le voulez maistrïer ?
A quel cause vous doit prisier ?
37615 N’est il aussi homs corn vous estes,
De corps, de bras, de coeur, de testes?
Comme vous est il d'Adam nez ?
Quelle chose lui demandez ?
Se tous deux estiez en ung plain,
37620 Ne lui porriez oster son pain,
Car il est com vous couronnez.
Pour quoy nul trouble lui donnez ?
N’a il de Dieu l’auctorité
D’user de franche voulenté,
37625 Et vous aussi com lui de franche ?
Quel droit avez vous donc en ce?
Pour quel cause vous doit prisier?
Pour quoy le vouliez desprisier ?
Se vous mariez, se voulez,
37630 Ainsi en riens subgiet serez,
Ne lui en vous ne vous on sien,
En lui n’avez aucune rien.
Ne fustes vous pas nez d’un pere ?
Ne fu pas Eve vostre mere ?
37635 Quel droit pardessus lui avez ?
Si m’ayde Dieu, vous ne sçavez,
Fors seulement vo force acquise,
Ou avez vostre entente mise.
Se force acquize vous n’aviez,
37640 Contre lui riens vous ne sçariez,
Et se force acquise il eüst,
Par dessus vous trestout peüst,
Car vous n’estes tant seullement
Fors par le force d’aultrui gent ; ( ; 0 6 a)
37645 Et touteffois que cilz vorront,
La leur force vous osteront.
Si demourriez tout seulx corne eulx,
Et se il avoit sens en eulx,
Iceste force ilz acquerroient
3765o Et feroient tant qu'ilz l’aroient ;
Non aroient mais celle ayde
Qui encontre eulx si vous ayde.
Doncques estes vous par ingai,
Pour ce ne lui faites nul mal,
37655 Ne le reprenez ne lui vous ;
Ainsi a droit chevirés vous. »
Lors fu Raison vielle clamée
Que mal s’estoit si main levée
Que ja crelle n’en sera.
37660 Le paysant l’amendera ;
Mal a fait contre mon volloir
Il en venra a grant dolloir ;
Se l’evesque n’y fust aidans
Je lui feisse traire les dans.
3y665 Lors les gentilz plains de mon art
Se traïrent tous d’une part,
Dirent : « Deceüs trop seriesmes
Se nos hommes ainsi perdiesmes,
Que par force acquis avons ;
37670 Ne revengier ne nous sçavons
Encontre Raison et sa gent
Qui est contre nous monlt souvent.
Comment qu’il soit par force allons,
Ne ja Raison nous n’en ferons :
37675 Ung chascun se marïeroit.
Ains chascun nous deffieroit,
Lors deveriesmes mendïans,
Et vilains, gras, liez et joians.
Or châtions bien ce vilain
37680 Que chascun voise en son pelain,
Et que trestous exemple y prengnent (106 b)
Siqu’à obéissance viennent ;
Car se nous point Raison, créons,
Tous déshérités nous serons,
37685 Et le derrain si clorra l’huis. »
Lors dit chascun : « A l’acord suis ! »
Par mon conseil fu Raison mate,
Encor suis d’acord qu’on le bâte.
De la vint le formariage,
37690 Et des mainmortes ly usage.
Aprez je basty alliances
Et les malvaizes deffiances.
Lors fis je faire les haubers
Et les chevaulx de fer couvers;
37695 Je fis villains en l’ost aller
Pour eulx les premiers appeller.
Or ay je fait aultres devises.
Justice fay tenir Eglizes,
Prendre, traîner et banir,
37700 Mairies, prevostés tenir.
Que Raison ne vouloit entendre
Que Eglize fist homme pendre.
Qui consent homme a mort aller
Pour voir, il est irrégulier;
37705 Combien que voir ilz aulx folz dient
Que la gent ne pendent n’ochient :
37608 bien manque — 37641 il manque — 37649 Ceste — 37676 Ainsi — 37705 voir manque,
Digitized by
Original from
UNIVERSITYOF MICHIGAN
i58
RENART LE CONTREFAIT
« Ce sont nos prevotz et no maire ;
Ce ne faisons nous mie faire. »
S’ilz font aulx gens ou tort ou droit,
37710 Bien en conviengne la endroit.
De quelz parolles usent ilz?
De qui auctorité font cilz ?
Qui les y met? Qui les sçustient?
Et qui en leurs fais les maintient ?
37713 A qui est l’acquêt que ilz gaignent, .
Quant aucun pendent ou mehaignent?
Et si sont payés, bien le dis,
Du proppre argent du Crucefix. (iotic)
Ores poeult on vëoir ce fait,
37720 Je m’en tais pour ce que l’ay fait. .
Encor ay je fait meilleur cure :
J’establi prester a usure
Sur lettre, sur gage, aultrement,
Par le pays communément.
37725 Tant ay fait courre ce mestier
Que chascun s’en scet bien aidier;
Et si fis morir a hachie
Ung vilain plain de male vie
Que on appeloit Bonne Foy,
37730 Qu’il n’y avoit nullui que moy.
Pitié, sa femme, morir fis,
Et Charité en prison mis,
En prison jurée, sachiés,
Ne jamais n’en sera saquiés.
37735 Et, pour voir, cellui Charité
Ay je trestout déshérité ;
Povres est et despourveüs,
En peu de lieux est mais veüs ;
On ne le voit mais, se peu non;
37740 N’est plus memore de son nom;
Or est en fuitte et si sera,
Envis jamais il régnera,
Se n’est aucuns des aprentis
Qui sont ung peu de ses amis.
37745 Mais ne m’en chault, il n’en est guere
Ne je n’ay cure qu’on les quiere.
Mais Humblesse ne hay je mie,
C’est ce qui me donne ma vie :
Faulx Semblant, Constrainte, Abstinence,
37750 C’est ce qui me donne chevance.
Ung jeu fis qui bien s’est prouvés :
Devant Troye la Grant fut trouvés,
Jeux de dez et de merelliers;
Pluseurs en sont bons escolliers;
37755 Mais qui mieulx en scet la science, (/ 06 d)
C’est cellui qui a peu chevance.
Advocatz refis je venir
Pour les querelles contenir.
Ce sont les miens meilleurs amy,
37760 Ce sont ceulx qui tiennent de my.
Pour ung cent ont déshérité
Que Raison n’a point racheté.
Magicque fut ore perdue
Se par eulx ne fut soustenue,
37765 N’ilz ne se voeullent advertir
Pour nullui qu’ilz voient morir.
Tant leur fu monstré a ung fais,
Qu’ilz scevent plus que je ne fais.
En court et en long ilz sont maistre,
37770 Sans eulx ne puis je ne doy je estre.
Je establi les curratiers
Qui maintiennent pluseuz sentiers.
Cilz disnent souvent a ma table,
Pour ce qu’ilz sont tous plains de fable.
37775 Ils sont cousins aulx menestreux;
Ensemble s’en vont deuxa deux.
Curratiers scevent maintz barats;
Maintz bons preudommes ont fait las;
Ne leur en chault mie gramment,
37780 Qui voit ou arriéré ou avant.
J’ay une aultre gent establie,
Qui sont de la jolye vye,
Qui aulx menestreux resont frere,
Et furent engenrez d’un pere
37785 Et d’une meïsme nature;
Florum est le dieu de luxure,
Pour ce les a il tous en cure,
Charmiers sont iceulx appelés
37790 Que je ay d'entrer ramenés,
Dont Florum le deable jolis
Par lui seront ensevelis,
Et Florum est le dieu d’Amours(/07 j)
Qui en enfer se vest de flours.
37793 Aprez j’ay asservi denrrées
Qui sont par les foires trouvées
Que on appelloit francement;
Chascun vendoit a son tallent.
J’establi aulx terres terrages,
37S00 Les coustumes et les servages,
Pour ce que ceulx qui les tenront
Tout malgré Raison les prendront,
Et ceulx qui les ont tellement
Ne poeuent tenir longuement,
37805 Pour ce que c'est de mon chaté
Selon la droitte auctorité.
37733 ce sachiés — 37767 leur a on — 37770 je... je... manquent — 37806 la manque.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
SEPTIÈME BRANCHE
,15g
Quicuncques mon chaté prendra,
Longuement tenir ne porra ;
Et maint diroient que si fait,
37810 Si corn Eglize tout a fait,
Qui mainmortes et mariages
Mettent trestous en leurs usages,
Puis dïent : « Vous vëés clerement
Que nous les tenons longuement.
37815 S’a nous ne défissent advenir,
Longues ne les peussions tenir;
Se de bon chaté ce ne feust,
Tant a nous esté il n’eüst.
Doncques voit on par vérité
37820 Que tel gaaing est de bon chaté,
Car se tel gaing Dieu n’envoiast,
Tel gaignement ne nous durast.
Or nous dure, donc a Dieu plaist,
Et pour ce perdre il ne nous plaist. »
37825 Non, non, telle response est bonne;
Tu vas hors voye, et lais la bourne.
Or entens bien la vérité,
Qui par tel superfluité
Emprens et as devers toy mise,
37830 Et tu dis quec’estpour l’Eglise. (107 b)
Premier, de l'autrui Dieu n’a cure:
Voeult gaing de conscience pure.
Se tu lui oste d’une part,
Tant est moins servi d’aultrc part.
37835 Se les aultrui biens tu retiens,
Trestous ceulx de qui tu les tiens
S’en tiennent vers Dieu moins tenu,
Et plus a tart a Dieu venu.
Dieu en délaissent a prier,
37840 A loer et a gracier,
Pour voir si tenus n’y sont mye,
Et se ilz tenlssent leur vye,
Les moeubles et leurs héritages
Que tu leur ostes que non sages.
37845 Ainsi en perdant Dieu oublient,
En plusieurs vanités se lient.
Et tu chantes de leur sustance!
Amis, je te pry, bien y pense :
Se Dieu ton chant ayme et prise,
37850 Quant le bon homme ainsi desprise
Et de ce lui voeulx chant chanter,
Dont il est au desconforter,
Il en pleure, et tu en chantes;
Ja de tel chant tu ne te vantes.
37855 Encor du chaté pas n’es mie ;
Tu n’y as que ta povre vie;
Nulz de tes hoirs point ne l’ara.
Mais le pechié tien en sera
Qui y aras la paine mise,
37860 Car tu n’ez pas hors de l’Eglize.
Ce gaaing peu te durera,
Mais a l’ame multipliera.
Et leproflit qu’en devra naistre
Sera a ceulx qui devra estre,
3y865 Non pas a toy qu’as retenu,
Mais a ceulx dont il est venu,
Caradez l’Eglize sera (l07 c)
Qui adez gueredom souldra
Des biens qu’elle ara recheüs
37870 A ceulx qui y seront eüs,
Et a ceulx dont yssus seront.
Iceulx les biens en rechevront,
Non point tu qui prins les aras,
Qui espoir en paine en seras,
37875 Car l’Eglize riens n’en retient
Des biens que elle d’aultrui tient,
Mais lesrent tost sans respiter,
Car d aultrui bien el n’a m’estier;
Ne se vante nulz d’asservir
37880 Aultrui pour l’Eglise servir,
Car les biens point ne demourront
A lui, mais a ceulx cui seront;
Et cil en sera dechells
Qui prins les a et recheüs,
3y885 Car Dieu est juste, tout pour voir,
Qui rent a chascun son devoir.
Pour ce ne demeurent n’affierent
Nulz biens a ceulx qui les acquièrent.
Mais en demeurent dechell
37890 Car sont a ceulx cui sont ell
Mon chaté est de tel nature :
Assez tost fait et petit dure.
Folz est qui mon chaté acquiert,
Ne en mes richesses se fiert ;
37895 En la fin se repentira
Qui sur mes richesses ira.
Je n’ay a nullui contenchon
De tous mes fais, fors a Raison.
En tous temps elle me coeurt seure;
37900 Pour ce, ne l’ameray nulle heure.
Pour moy fu cecy tout trouvé.
Or veez se j’ai bien ouvré.
Trestout vint primes de Bourgongne,
Et puis si failli en Chanpaigne (/07 d )
37905 Tant le hantent et ont hanté
Qu’ilz se tiennent pour droit chaté;
37828 Tu qui — 37861 dura — 37872 rccheveront — 37881 demouront.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
i6o
RENART LE CONTREFAIT
Partout le font multiplier
Ne l’ont mais tallent d’oublïer;
Raison s’en est monlt debatue,
37910 Mais jamais n’en sera creüe,
Encor aultre chose establi
Que on ne met pas en oubli,
Que j’ay pour mes gentilz trouvée,
Que vilains leur doivent corvée
37915 Par toutes les quatre saisons,
Malgré en ait eü Raisons
Qui disoit c'estoit grant dolour
Laissier sa chose pour la lour.
Tu laisses ta bonne saison
37920 Contre droit et contre raison,
Tu vas estudier pour ayer,
Tu pers le tien pour lui aidier.
Gré ne t’en scet, mais t’en viltoye.
Lors dit Raison qu'alat sa voye,
37925 Que pour lui on n’en feroit plus.
Celle s’en tait qui ne pot plus.
J’ay fait serves condicions
Que toutes les religions
Et les gentilz avec les tiennent.
37930 Que tout quanqu’ilz ont a eulx viennent.
Trestout quancquez ilz ont acquis,
Iceulx mors, ilz sont trestout pris;
N’y a frere, soeur ne parent,
Qui en est vaillant ung harenc.
37935 Ceste chose est assez prouvée
Que c’est chose mal controuvée.
La ou oncquez riens mis n’aray,
Sans moi laissier je le tenray,
Dont Raison dit en audience :
37940 « Qui poeut donner ceste semence.
Que ce qui riens ne m'a cousté (108 a)
Qui ne vient pas de mon costé
N’oncquez mais veü ne l’aray,
A quel cause le prenderay?
37945 II ne doit ne m’appartient,
De moy ne des miens riens ne tient
N’a moy ne meffit tost ne tart.
Pour quoy en sont si hoir bastart ?
Comment poeut il a moy venir?
37950 Comment le puis je retenir?
Par Cellui qui tous bien créa!
C'est force, aultre cause n’y a.
Et cil qui tel chaté maintient,
A grant meschief leur ame vient,
37955 Et volentiers l’amenderoient
S’arriere revenir pooient,
La ou nulle riens je n’ay mis.
Et je voy plourer les amis
Et le sanc qui leur sanc requiert;
37960 Nature Nature requiert :
Comment doy je donc a Nature
Oster sa propre nourreture?
De son sanc suis, et il du mien :
Pour quoy son sanc ne sera mien
37965 Qui oster doncques le me poeult,
Et qui a le me oster s’esmoeut?
Comment doncquez demander l’ose
Qui y a moins que nulle chose? »
Lors lui dis je : « Dame Raison,
37970 Vostre dit n’est pas en saison.
Du parler vous tenez en paix.
Ainsi sera, n’en parlés mais. »
Si fis je une aultre marchandise
Qui jadis fu a moy commise.
37975 Le quens de Champaigne ot deffault;
Pour ce me dit : « Argent me fault.
Quatre vingz mille livres quier
Dont j’avoye tresbon mestier ». (108 b)
Le roy Loys que on dit saint,
37980 Et lequel ne crëoit pas maint,
Lui presta icellui argent,
Mais gage en bailla bel et gent
Dont monlt Champaigne en avilla.
Trente trois fiefs lui en bailla
37985 En gage pour l'argent ravoir
Dont il ne fist mie sçavoir.
Et certain jour ravoir les poeult.
Le conte fist bien ce qu’il doeut,
Car ung mois aprez s’avoia,
37990 Et ses deniers lui renvoia;
Mais ne trouva qui les preïst.
Pour ce convint qu'il les meïst
En gage a Paris en repost,
Car le Roy prendre ne les volt.
37995 Encores les deniers la sont,
Mais les fiefs pas rendus ne sont.
Et quant la mort cellui roy tint
Phelippe Hardy a lui vint,
Dist : « Beau pere, le quens vous proye
38ooo Que vous recepvez sa monnoye.
Et que vous ses fiefs lui rendez.
— Beaul filz, » dist-il, « a quoy tendez ?
— Je vous fay cecy a sçavoir
Se il poeut ja ses fiefz ravoir,
38oo5 Et il vous voeult esmouvoir guerre.
Il vous menra a perdre terre
37915 les manque — 37963 doncques manque — 37980 Et manque .
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
SEPTIÈME BRANCHE
Et encontre lui ne durrez.
Or en faittes ce que volrez. »
Phelippes en tel point se tint
38oio Que les fiefz et l’argent retint.
Je ne les laissié oncquez rendre.
Or poeut le quens assez atendre.
Tantay fait le fait delayer
Que tout est mis a oublier.
38oi5 Iceulxsont mors qui l’ont sceü;(/o8i)
Cuiil n’en chault se sont tell.
Chascun s’en tait et je m’en tais ;
Je m’en dois bien tenir en paix .
Le premier qui oncquez tendi
38020 Ad ce que prevostés vendi,
Oncques vendu n’orent esté,
Quant je par mon art l'ennorté :
Vendis prevostés et mairies
Qui ne sont point encor taries.
38o23 Encor les vent on en présent.
Mais ce fay je certainement,
Si lui fis je pour acquérir,
Primes disiesmes requérir.
Le premier diziesme rechupt;
3So3o Ne sçay se le Pappe déchut
Ne se le roi fut dechells
Oncques roy ne les ot eüs.
Et si lui fis trestout de voir
Primes les regalles avoir;
38o35 Le regalle print, n’eust esté,
C’est espcritualité.
Raison disoit, selon la lettre,
Que nul lay ne doit la main mettre
Tout ce qu’a Eglize appartient
38040 Et tout ce que d’Eglize vient.
Raison s’en debaty assez,
Maistost fu son débat cassez.
Aussi prinst il premièrement
Malgré Raison et son convcnt
38043 Que Raisonne poeut retarder
Deniers d’abbaVe a garder
Qui toutes sont dessoubz sa main
Couchans et levans, soir et main.
C’est ly argent du Crucefix,
38o5o Et si n’y met ung parisis,
Il ne met néant au garder;
Nul n’y oseroit contrester, (10S d)
Et pour ce, pas moins ne lui chiet
Grand amende quant elle eschiet.
38o55 Tout cecy ay fait ou fait faire.
Par Dieu, je ne m'en doy pas taire.
Je le doy bien ramentevoir,
Car il a valu maint avoir
Et au temps advenir vaulra,
38o6oCar mais des mois il ne faulra.
Bon procureur fusse je eüs,
Se le roy m’eust bien pourveüs,
Je lui amenasse bon pain,
Souventeffois et soir et main.
3 806 5 Mais Nicolas Cholès ne daigne,
Son grand procureur en Champaigne,
Qui m’en a du tout débouté;
Mais volentiers l’eüsse esté.
Il a juré qu’il le sera,
38070 Et que ja jour bien n’y fera;
Et il fera a son pooir
Qu’il acquerra tresgrant avoir.
N’aultre de lui n’en sera mie,
Tant que Dieu doint a Phlipe vie,
38075 Se Raison ne lui nuit avant,
Qui monlt parle de lui souvent.
Or attendray ce que doit estre
Tant que Cholès truisse son maistre;
Plus que tant ay or attendu,
3So8o Et toudis av mon arc tendu
0
Pour traire la ou je porray,
Jusques m’entencion aray.
Or ay une aultre chose fait
Que jamais ne sera défiait
38o85Au contraire de povre gent,
Qui vault chascun an maint argent.
Gentilz hommes et abbayes
Ne s’en tiennent point esbahies :
Maint denier chascun an il vault (/ 09 a )
38090 Et tout paier au povre fault ;
Abbayes ne chevalier
Ne paieront point ung denier.
Je fis sur les possessions,
Terres, vignes, prez et maisons,
3809? Les saisines perpetuelz
Et y mis servitudes telz
Que toutes fois que on les vent
Soit ou long terme, ou souvent,
Je fay la au seigneur paier
38ioo De chascun vingt sols sans targier,
S’il ne le scet tresbien debatre,
Pour les ventes, trois solz ou quatre,
Ce est le sixiesme denier.
Pour ce ne demeure a paier
38io5 Celle saisine tous les ans.
Or vëez donc comme est dollans
38009 Philippe — 38o3i sc il fut — 38oGi je manque — 38o66 Champagne — 38074 Philipc.
Tome II. 1 1
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
tÔ2
RENART LE CONTREFAIT
Et combien se doit esmaier
Gui il convient cecy paier,
Car cellui qui riens n’y a mis
3 8 1 io Ne oncquez ne fut ses amis,
Ne honneur, ne bien ne lui dist,
Ne oncques proffit ne lui fist
Ne néant ne le deporteroit
Ne pour lui riens il ne feroit.
38 1 1 5 Et si a le quint de son bien,
Raison dit que il n’est pas sien,
Car elle dit : « Nul ne doit prendre
N’a nulle chose la main tendre
S’il ne l’a par loial labour,
38i20 Par chanté et par amour.
— A quel cause doneques ara
Le mien qui gré ne m’en sçara
Et qui ne l’a point desservi? »
Raison n’accorde point cecy
38 1^5 Mais mal gré lui il est passé
Et trestout son voloir cassé; [iog b)
Or en ait elle le mal gré.
Encor ay fait aultre decré :
Corn preudoms et leaulx et sages,
38i3oJc ay acoustumé terages
De dix garbes l’une paier.
Or se poeuent bien esmaier,
Et si n’en facent ja dangier ;
Ne poeuent sans le teragicr
3 8 1 3 3 Dessus le champ le blé oster
Qu’on ne leur feïst rapoter !
Or vëez comment se mainiiennent
Povrcs gens qui telz terres tiennent !
Ont ilz assez de povretés,
38iqo De grans paines et de durtës !
Encor s’aultre mal ilz n’eusissent,
Souffisanment ilz se chevissent;
Mais je qui ne les voeulx amer
Et qui les voeulx tous débouter,
38145 Et qui leur ay fait maintes guerres,
Je ay fait mettre sur leurs terres..
Sur les prez et sur leurs maisons,
Sur leurs mes et sur leurs cloisons,
Je qui en nul tempz ne les aim,
38 1 5o Car gelines et blé et pain
Chascun an paie par coustume,
Siqucs quant ly ung moeurt ou tume,
Ou que sans hoir se doit morir,
liperttout, dont poeut ce venir
38 1 3 3 Que ja ses hoirs riens n’en aront,
Et trestous privés en seront,
Et toutes ces choses aront
38206 or — 382o8 quelle.
Digitized by Google
Ceulx qui ja gré ne l’en sçaront.
Mais d’une chose esbahis suis
38t6o Que tant grever je ne les puis
Que ilz ne les voeullent amer,
S’ilz leur faisoient le coeur crever
Et chascun jour les traïnaissent, (iogc)
Que les vilains ne les aimaissent.
38i65 Les criemment et leur portent honneur,
Et les appellent : «< Monseigneur ! »
Du leur n’endurent pas a traire,
Ne ne s’endurent a bien faire,
Ainçois vivent monlt povrement,
38170 Vestent, chaussent monlt povrement;
Du tout se voeullent abaissier
Pour leurs seigneurz lcurz biens laissier,
Et cilz ne douroient pas d'aulx,
Ne de leurs corps deux paniers d’aulx,
38175 Mais les vitupèrent et fuient,
Et les meschans villains les suient,
Honneurent et font honnourer
Ceulx qui les voeullent ahonter.
Doit on bien haïr telz vilains
38i8o (Par le vray Dieu, point ne les aims),
Qui eulx et leurs hoirs déshéritent
Pour ceulx qui tousjourz les débitent,
Qui ne leur poeullcnt trop mal voir?
Sire prestre, ne dy je voir,
38i85 Quant se voeullent deshonnourer,
Pour iceulx seigneurs honnorer
Et croy se les dens leur traioient
Que les vilains les aimeroient r
Car point de congnoissance ilz n'ont,
38igo De voir, qu’ilz sont homs corne ilz sont.
Pour riens que sachent despiser,
Ilz ne se voeullent adviser
Pour parole ne pour despit
Ne pour chose que on leur dit
38 1 o3 Que la dame de Doche ait fait,
Qui fit oster trestout de fait
Une femme de terre hors
(Six jours y ot esté son corps),
Pour ce qu’aucun lui fu comptans
38200 Que la femme avoit en son temps ( / 09 d)
Quinze aunes de toille filléc
Dont elle estoit envelopée
Et en quoy fut ensevelie.
La dame dit : « Ne me plait mie
?82o5Que tel vilaine ait dedens terre
Ma toille; ore le m’alés querre;
Quancques elle avoit estoit mien,
Nul bien que elle eüst n’estoit sien. »
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
SEPTIÈME BRANCHE
l63
Lors fist la fesse desserrer
38210 Et celle femme desterrer;
D'entour elle la toille osta,
Le corps arrier ens rehouta,
Comme ellst une beste fait.
En l'an mil .iijc. ce fut fait,
38a 1 5 Que la dame ce fait emprist.
De celle toille couvrir fist
Ses trois chevaulx pour la chalour.
Orvëez se ce fust vallour :
Oncques vilains n'y regarderont,
38220 Mais plus l’amerent et doubterent.
Sire prestre, ne quiers celler :
Telz gens font petit a amer.
— Par foy, Regnart, monlt me merveil ;
De toy ne vis oncques pareil.
38225 Tu as si gentillesse amée,
Maintes leurs maisons as fermée
Et de la sustance d'aultrui,
Que s’oneques les fais Dieu congnui
Tu en seras d’enffer es joings,
38a3o Et ilz n'en reseront pas loingz.
Tu leur as donné les richesses,
Et les aizes, et les noblesses,
Et les plentés, et les ayeues,
Que tu as aulx aultres tollues.
38235 Or sont en aize et en honneur,
Et cilz en sont a deshonneur ( / / o tf)
Et en tiennent les grans franchises
Que tu as sur povres gens prises.
— Sire prestre, ore me créez,
38240 Car, se bien vous cler y vëez,
Ilz sont plus serf que toute gent
Combien qu’il mainent estât gent,
A douleur et a meschief vivent
Pour ce que tous meschiefz les sivent,
38245 Et ilz les doivent bien sieuir,
Avecquez ce tout bien fuir.
11 en y a monlt peu d’aisiez ;
Les bons diray, se vous taisiez,
Comment ilz sont tous serfz vilain
3825o En leur pays, et prez et loing,
Puis que gentilz se voeullcnt dire
Et j’en voeul la cause descripre.
Tout a premièrement venir,
Aulx gentilz fis les fiefz tenir.
38255 Et fief si est de tel nature,
Paisible preudoms n’en a cure.
L’un et l’autre tiennent de fié
Et si en sont joyant et lyé,
38223 On lit en rubrique : Prestre Hunbbrt —
38284 °r manque .
Et se ilz tresbien cler vëoient,
382G0 De tenir ja lié n’en seroient,
Car nul a fief tenir n’aprent,
Se de souverain ne le prent.
Le petit reprent du greigneur,
Et le greigneur prent du seigneur.
38265 Ainsi tiennent chascun a gré,
Montant de degré en degré;
Tout et chascun subgiet se rent,
Et cellui de qui le fief prent.
Et pour ceste subgiection
38270 Se dient de noble nacion :
« En fief tenons, tous nobles sommes;
Et ne sommes pareilz aulx hommes. »
Iceulx nobles firent requeste (1 10 b)
«Et leur sembla monlt estre honneste)
38275 Au roy Hutin, de France né,
Filz Phelipe le Bel aisné,
Que ilz peüssent l'un sur l’autre
Guerrier a lance sur faultre
Si tost que s'entremefferoient.
3Si8oCccy requirent, et ilz l'oyent ;
Plus mal pour eulx quérir ne porent,
Ja soit ce que ainsi le volrent.
Puis aultre chose ont ilz requise :
« Sire, une ordonnance or est mise
38285 En Champagne especïalment,
Qui y est, il a longuement;
Quant nous une amende faisons,
Soixante livres y paions,
Et les bourgois soixante solz;
38290 Et par my ce, ilz sont absoulz.
Si nous faites ceste bonté :
S’aucun bourgois nous fait durté,
Pour soixante livres soions
Quittes, se cellui ochïons. »>
3829? Lors le roy Hutin leur a dit
Que il leur accordoit ce dit,
Que par my les soixante livres
D’eulx ochire seront delivres;
« Et ilz aussi quittes seront
383oo TouttefTois qu’ilz vous ochiront
Pour soixante solz seulement.
Seront com vous pareillement.
Se voulez ottroyer ce point,
Je l’ottroye de point en point. »
383o5 Ad ce ne s'acorderrent pas.
Or venray a mon premier pas :
De ce vous poeult bien souvenir
Quel chemin ilz vaulrent tenir.
38239 or — 38272 Et manque — 38278 sur aultre —
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
164
RENART LE CONTREFAIT
Les guerres entr’eulx se donnèrent.
383 10 Accordé fu, ilz l’acorderent; (110 c)
Or est ore ainsi en présent.
Plus tost ne tourne cocq a vent
Que l'un a l'autre se courouce
Et se trouble et se degrouche,
383 1 5 Et plus tost se sont couroucié
Qu'on n’aroit ung cheval lié,
Et lors mandent ilz leurs fiefvez
Dont cy devant oÿ avez,
Et trestous iceulx qui d’eulx tiennent
38320 Que tantost tous a eulx s’en viennent,
Garnis d’armes et de chevaulx,
Ou tout est perdu, mons et vaulx.
Or convient celle vie prendre,
Vielz haubert l’un a l'autre joindre;
38325 C’est forcé, a cellui ilz viennent
Ou ilz perdent quancquezilztiennent ;
Tantost que l’un en deffaulra,
Quanqu’il tient de lui ou prendra,
Qui lors verroit chevaulx acroire,
3833o Lyer leur chétif corps en foire,
Acheter de l’un denier trois
Vielles selles et vielz harnois;
Tout a creance achèteront
Et d’un denier trois en douront,
38335 Et feront illec les grans sommes
Et obligeront corpz et hommes.
Cellui en guerre s’en ira;
Ne sçay qui plus grant peur ara,
Ou le cachant ou le sieuant.
38340 Aucun y ara cler voyant
Qui sur lui le destour prenra,
Ou paix ou trêves lui doura;
Lors revenderont leur harnois.
Ou aulx marchans, ou aulx bourgois;
38345 Ce que dix livres coustera,
Soixante solz envis ara ;
Et cilz soixante solz aront (i/o d)
Qui ja proffit ne leur feront;
Et cilz lèveront mandement
3835o Qui sera de grant coustement.
Trcstout sera saisi et pris
Et tout quanqu’il a mis a pris;
Son denier a benque n’y vault.
Or revient ung aultre deffault :
38355 En celly deffault qu’il ara
Aultre vient qui le sommera
De qui il poeult de fief tenir
Que il le viengne soustenir.
Or reconvient quérir a fais
3838o vilment - 38386 ccl.
3836o Vielz haubregons et vielz harnais,
Vielz bachinetz tous enfumés
Et vielz chevaulx tous esclopés,
Et s’il n’y va, il soit certain
Ce qu’il a yert hors de sa main ;
38365 Bourgois, marchant le garderont
Qui tout cel convive verront.
Plus le verront a grand mesaise,
Et plus seront a leur coeur aize.
Or reconvient chevance faire
383jo Et aultres chevances attraire ;
Monlt lui convient de fois mentir,
Car ne poeult pas convent tenir,
Et quant ce convient a paier,
Il n’est mie a esmaier.
38375Aler ne poeut la droite voyc,
Mais par trichy et par forvoye,
Fuite et liberacion,
Et tout a sa confusion.
Or lui convient maistre servir
3838o Et lui vilement asservir.
Et se ce dollent fief voeult vendre,
Et qu’aucun fol y voeulle entendre,
Le denier maille vendera ; .
Puis que c’est fief, plus n’en ara.( / / /-!
38385 Encor convient sur ce paier
Sur cele moittié quint denier ;
Le quint denier paier convient.
Or vëez comment il advient
Et comment le fiefvé se troeuve :
38390 Quant il a vendu, riens ne troeuve;
Il estoit avant dolloureux,
Or est aprez doeul maleureux.
Marchant ne oze devenir,
N’il ne s’i sçaroit contenir ;
38395 Jamais bourgois ne serviroit
Ne nul marchant ne le prenroit,
Pour ce qu’ilzsont de grant vantance
Et de trop haulte contenance.
Marchans humilité maintiennent,
38400 Et cilz haulx, gros et fiers, se tiennent.
Mieulx vouldroit estre mendiant
Qu’il voulsist servir ung marchant ;
Ilz voeullent batre et manecier,
Leur volloir avoir ou tenchier.
38405 Trestoutes gens de paix les fuient,
Et a leur pooir les eschuient.
Pour mal sont tost entretrouvé,
Et tost a ung conseil trouvé,
Et du tout en tout leur beance
38410 D’acheter trcstout a creance.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
SEPTIÈME BRANCHE
Et quant ung an il z ont crell,
S’en sont ly créant deceü,
Car se ilz se voeullent payer,
Cilz ouvreront de manecier
38415 Et voulront la gcnt diffamer;
Pour ce les het on sans amer.
N'ont que le reflus d’autre gent;
On scet bien qu’ilz n'ont point d’argent.
Encores sont ilz plus cassez,
38420 Par quoy ilz sont plus serfz assez.
En dangier sont ceulx qui plus ont ( / / / b)
Et qui plus d’avoir acquerront.
Et la cause vous en orrez,
Par quoy trop mieulx vous le crerez.
38425 S'ung hault renté a grant avoir,
Et il a de sa femme ung hoir,
Qu’aprez lui le doit retenir,
Vous le veez souvent advenir,
Quant le pere trespassera,
3843o Tout au petit hoir laissera
De cincq ans et de deux mois nez,
Poeult estre encore n'est pas nez.
Et quant cellui trespassera,
L’enffez ou ventre encor sera,
38435 Etmonlt de fois veü l’avez.
Que fera le sires fiefvez?
Cil de qui cellui fief tenra
Trestout icellui fief prenra,
Lèvera rentes et forés,
38440 Arbres, estangs, vignes, marès,
Lèvera rentes et coustumes,
N’y laissera vaillant deux plumes ;
De toutes issues des biens
Le petit enflant n*ara riens,
38445 Et cil tous les moeubles prenra,
Jusques hoir marie s'apperra,
Et passé l’eage de quinze ans,
Qu’il puist estre du fief tenans.
Quant Page de quinze ans aront,
38450 Povres et nudz se trouveront ;
Leurz hostelz seront descouvers,
Bois coeulli et estangs ouvers;
Demourer a paine y porra,
Tout gasté et tout vuit trouvera,
38455 De tous biens se trouvera vuit.
Trestout ainsi ilz le font tuit,
Jusques maries y soit veans.
Quant passe l’eage de quinze ans, ( / / / c)
Ses hostelz convient rabillier,
38460 Recouvrir et raparellier,
Car le varletz les troeuve netz
Et ainsi comme des cornetz.
Il n'y fault mais que enprunter
Etesgrans usures bouter.
38465 Aller servir pour espargnier
Qu’il ait de meubles ung denier.
Ainsi ne sont pas ordonné
Bourgois, marchans n’ainsi mené.
S’il advient que enflans ilz aient,
38470 Soient nez ou a nettre soient,
A eulx seront donnés tuteur
Pour certain amy bienfaitteur,
Qui devant juges jureront
Que bien loialment garderont
38475 Les biens et les utillités,
Toutes issues et chatés
Que cilz enflant ont' et aront,
Et gaaing et proffit en feront,
Multipliront en tous endrois.
38480 Tant qu’il sera et tempz et drois
Que rendre compte en deveront,
Quant cilz en eage seront
Et qu'ilz seront en ordon mis,
A eulx ou bien a leurs amis,
3S485 Ou a ceulx qui seront vray hoir,
Qui le compte devront avoir.
Si est bien trestout le contraire
De ce que gentilz scevent faire.
Or y a ung aultre servage
38490 Du quel n'a cure homme sage :
S’ung bourgois voeult amoisonner
Ses biens ou les alïenner,
Terres, vingnes, ou prez, ou bois,
Selon ce qu’il lui vient a chois,
38495 Laissier le poeut a .xix. ans, [1 1 1 d)
Voire certes a. xxvij. ans,
Selon le chaté et le pris :
Il n’en sera de nul repris.
S’ung gentil se voeult ordonner,
385oo Voeulle son fief vendre ou donner,
Ad ce est il mat et confus ;
A trois ans le poeut, et non plus.
A trois le laira, se il voeult ;
Se plus le lait, prendre le poeult
385o5 Cellui de qui le fief tenra,
Etcom son acquest le prenra,
Par Dieu, je n’y voy cy nul point
Ou ait de gentillesse point.
Se ung bourgois fait une amende,
385 10 Soixante solz on l'en demande,
38434 Encor lenfTez ou v. sera — 38443 toutes les — 38461 le tr. — 38462 comme ung c. — 38466
ait manque — 38474 bien et 1. — 38484 bien manque.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
1 66
RENART LE CONTREFAIT
Et partout il en est delivres;
Ung gentil paie soixante livres.
Or vëez vous bien sans targier
Se ilz vivent bien a dangier,
385 1 5 Et quant deux gentilz se desdient
Et vient ad ce qu’ilz se deflient,
Tout tantost leurs fiefvés ilz mandent
Et sur tout perdre leur commandent
Qu’ilz viennent par mons et par vaulx,
38520 Garnis d’armes et de chevaulx;
Pour dessambler ces deux soiris
Se mettront icilz en perilz.
r Mais Jes-fr-ancs bourgois seulement
Ilz se] vfyèririrès noblement». \
38523 De tous estatz c’est le greigneur,
Qui vivent a plus grant honneur.
Ilz poeuent leurs corpz déporter,
Tous vestemens de roy porter
Et vestemens de grans prelatz
3853oPour son plaisir, pour son solas,
Et vert, et vair, et gris, et pers,
Tous vestemens clos et ouvers, (112 a)
Faulcons, ostours et espreviers,.
Beaulx palefrois et beaulx destriers }
38535 Robe royée vestir poeult
Et chicquetée se il voeult.
Voeulle estre marchant ou bourgois,
Ce poeult il le faire a son chois,
S’il lui plait, ou clerc, ou gaigneur,
38540 S’il voeult, en terre laboureur ;
Au quel qui lui plait poeut entendre,
Ja n’est qui le doye reprendre.
Quant escuiers en l’ost iront,
Et les bourgois se dormiront;
3S545 Cilz se font en l’ost detrenchïer
Et les bourgois s’en vont nagier;
Quant s’en vont honnir et destruire,
Et les bourgois s!cji vont déduire.— j n')\f
Par tous lieux ilz sont bien venu,
3855o Et honnouré et chier tenu.
Et qu’en feroye je long compte?
Bourgois du roy est per'et comte.;
De tous estatz portent l’honneur.
■; 1 '/.Riches bourgois sont bien seigneur,
38555 Bourgois sont la moienne vie
De quoy bonnes gens ont cnvye.
En Champaigne ilz y ont failli,
Trop y sont souvent assailli
De tailles, de subvencions
3856o Et de telles occasions;
f 1
Et si a trop de gentillesse
Qui peu aÿde et assez blesse.
Ce n’est mie Bruge ne Gand,
Douav, Saint Orner, ne Le Dand ;
38565 Trestousy sont francs les marchans;
Il n’en y a nulz mal seans,
Fors ceulx qui en mon art trop croient
Et qu’a toutes heures guerroient.
Se ilz voulsissent paix avoir, (112 b)
385yo Trop fussent habundans d’avoir;
Tel volenté a or leur fais
Que seigneur ne voeullent ne paix,
Ne nul homme qui les maistrie,
Ne qui de leur fait les despie.
38575 Assez le fait oy avez,
Par le foy que vous me devez !
N’ay je pas bien mon temps usé
Et en bonnes oeuvres musé?
N’ay je pas bien usé mon temps
3858o Et bien multiplie mon sens ?
Jamais vous ne le creüssiés,
Se vous dire ne l’euissiés.
En doy je bien pardon avoir,
Quant je vous ay compté le voir ?
38583 — Regnart, monlt maulx as maintenus,
Et monlt maulx sont par toy venus
Qui ne poeut estre restoré,
Ne jamais n’yere demouré,
Sy corn tailles, formatages,
38590 Mainmortes et itelz usages
Qui sont prinses indeuement ;
Ne jamais n’yra aultrement.
Adez la chose pis ira,
Et tout adez enpircra,
38595 Et se ton art n’y fust eUs,
Jamais nul n’y fut esmeüs ;
Se ton art ne l’eUst batv.
•
Jamais nul n’y fust aaty.
— A sire, qu’est ce que vous dittes?
386oo De ce faire doy estre quittes,
Car il estoit a advenir
Ce que mon art voult soustenir
Et convenoit qu’il advenist;
N ullc riens nel contretenist [112 c)
386o5 Ce qu’est advenu convenoit;
Ja nul tenir ne l’en porroit.
Il convenoit qu’il advenist,
Nulle riens nel contretenist.
De ce ne me repens je mie,
386io Sire, je le vous certifie. »
38535 roye — 38538 le manque — 3 85 79 bien manque — 38583 On lit en rubrique : Prestre Hlnbbrt
— 38387 poeuent — 385g5 eust — 385QQ On lit en rubrique ; Regsart.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
SEPTIÈME BRANCHE
167
Le prestre se tint mal paiés,
Dist : « Regnart, es tu desvoics ? »
Lors lui prie plus ne maintiengne
Que mal par convenir adviengne,
3S6 1 3 Et qu’il conviengne que mal soit.
«Telle creance te déchoit;
Garde necroymais qu'il conviengne.
Quel mal ne quel meschief qu’il viengne
Combien que dies d’advenir,
38620 De dire plus de convenir. »
Dist Regnart : « Je ne le croy mie. »
Et dist le prestre : « C’est folie,
Pluseurs ont esté mis a mort
Par leur oultrage et par leur tort,
38625 Et pluseurs ont eu leur contraire
Par folie faite ou fait faire;
Et tresbien s’en fussent gardé,
S’ilz feussent tresbien advisé.
Siques leurs folies appercnt,
3863o Et avecques ce le comperent
En mort ou en grant penitance,
Selon la grant oultrccuidance ;
Et ad ce mal ne fust venu,
Se de ce fait se fust tenu.
38635 Oultre voloir m'est attrcmpance,
Et contre folie abstinence :
Lors demourast qu’est advenu,
N’apparut ce qu’est aparu.
Donc n'est ce pas par convenir,
38640 Mais par folie maintenir.
Se tout ce qui est convenoit, ( / 1 2 d)
Sans apprendre chascun sçaroit,
Pour néant a l’escolle iroient,
Et par convenir ilz sçaroient.
38645 Pour quoy l’escolle hanteroient
Quant par convenir clercs seroient i
Ainsi de tout aultre mestier
* Le advenu est advenu,
3863o Quelque chemin qu’il ait tenu
Ne quel chemin qu’il doit tenir,
Estoit trestout a advenir,
Se bien clerement y véoies.
Or voy les tresbelles monnoies
38655 Courant en l’an quarante deux ;
Tu ne les véoies pas seulx :
D'ung bon gros tournois pour cincq solz,
La florette soixante solz,
Ung bon petit tournois pour quatre ;
386bo Maint s’en porrent assez debatre,
Treize livres ung marc d’argent ;
Cecy scevent assez de gent.
Or en voy tresbien la maniéré ;
11 advint se advenir yere :
38665 Advenu advenir estoit,
Quant en volloir d’home il estoit.
De tous maulx venus et venir
Ne soustenez pas convenir,
Cil qui trop grant erreur soustient,
38670 Qui dist de tous maulx qu’il advient
Qui les convenoit advenir ;
Ce est erreur du soustenir,
Se jugié estoit a mal faire,
Par force le convenoit faire,
386y5 A tort donequez dampnés seroies,
Et quelle coulpe y aroies,
Se ne pooye faire pis,
A quel cause aroye Paradis.
Qui me croira ce point tenra, (1 13 a)
3868o Qui mal querra, mal lui venra;
Et qui loialment se maintient,
Bonne fin et bon chemin tient.
Maistre Guillame dit Brûlés
Chanoennes estoit bien rentés
38685 De Troyes; de Marage vint.
En l’an mil -iijc- -xvj. advint
Qu’en lui avoit une maniéré
Que sage homme n’ot mie chiere,
38689 Passoit ung pont et puis fel yere ;
Quant a aucun tenchié avoit
Tl passoit oultre, et puis feroit.
Clerc estoit assez et sciens,
Et assez fu phisicïens ;
386q5 La chiere avoit et noire et pale.
Trestout droit au pont de la Sale,
Ou Saine par dessoubz couroit,
Icil chanoenne demouroit ;
Il avoit clerc et chamberiere.
38700 Ung soir couroucié a eulx yere,
Et les baty sans demourée.
Son yre fu tantost passée,
Car quant aucun batu avoit,
Tantost oublié il l’avoit.
38705 Mais ceulx ne l’oublîerent mie,
Ains eulrent au coeur sa folie.
Ce soir en sa chambre lisoit,
Tout seul en sa couche gisoit ;
Les huis furent tresbien fermé.
38710 Ces deux dont je vous ay compté
38655 Qui couroiant lan — 38656 pas tout s.
386a6 Par leur f. — 38640 sa f. — 38643 Et pour —
— 38658 Une fl.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
1 68
RENART LE CONTREFAIT
Une grosse coingnie prindrent;
La ou il gisoit tous deux vindrent ;
Tout droit endroit le premier somme
Grant coup lui donnèrent du somme,
38/15 Recouvrèrent et tant ferirent
Que le cerveaul lui respandirent.
Ce fait, trestous deux s'en allerent,( ; / 3b)
Qu’a justice ne le comptèrent.
Au matin les huis on brisa,
38720 Et la le mourdry on trouva.
Cil qui eust le sien bénéfice
Fu joyeux d’icellui malice,
Et doeul en eulrent ses amis.
Mais toutteffois il ot le pis,
38725 Peu mal que aucun bien n’en viengne.
Pour ce lo que chascun sc tiengne
De manecier et de férir,
Car maintz maulx en poeuent venir.
Diroient maint oultrecuidié
38730 Que tout cecy y fut jugié,
Et qu’il convenoit advenir
Et a lui telle fin venir.
Non, non, ne le convenoit mie :
Ce lui advint par sa folie,
38735 Combien que cilz trop mal ouvrèrent
Qui pour cellui fait le tuerent.
Se avant ne les eust féru,
Mort par eulx n'eüst receü.
Qui frappe, monlt souvent s’en doeult,
3S74oQui fiert aultrui, tuer se voeult ;
Se tu me donnes, je prendray;
Se tu me fiers, je te ferray.
Mal fist, et mal l’en deust venir,
Ce ne fu pas par convenir.
38745 Pour ce a dire ne m’acord.
Par convenir n’est que la mort,
Mais par convenir mortvenra.
Ja homs naturel n’y faulra.
Tous a la mort convient venir,
38750 Cecy est bien par convenir;
Mais de morir vilainement.
Ne de haster mort laidement,
Ne die nul qu’il le conviengne,
S'il ne fait par quoy il adviengne. (/ i3 c)
38735 Mais chascun hnste bien sa mort;
Qui de ce ne me croit a tort.
Chascun son fol volloir refraingne.
Il advint a Troyes en Champaigne,
L’an mil .ijc. et quatre vins,
38760 Tous esbahis furent set vins.
Et furent en erreur cheü
Par ung fait qui fut escheii,
Et disoient qu'il convenoit
Advenir ce qu'il advenoit.
3S765 Long tempz furent en celle erreur;
Encor y demeurent pluseur.
L adventure te compteray
Et tout par my le voir iray.
Ung homme qui Brûlés ot nom,
38770 Jone fuet de bon renom.
Et qui de lui voulsist cnquerre
11 n'avoit q’ung arpent de terre ;
En la terre ung noyer avoit,
Bien gaaignier sa vye sçavoit,
38773 Et maint bon preudomme l’ama.
Par trois nuitz ung songe songa
Qu’a son noyer on le pendoit
Qui tout en my sa terre estoit.
De cest songe s'est tourmenté
38780 Et monlt forment espoeueté ;
Et dist : « Ja n’avenra cest songe ;
Je le fcray trestout mensonge,
Car hors du pays m’en iray
Ne jamais n'y retourneray. »
38783 Longuement ne s'est atargié,
Et il de meubles s’est chargié.
Com cil qui de songe se doeult,
En Flandre son chemin acoeult,
Et sa demourance la fist.
38790 Longuement y fut, bien y sist,
Car il sçavoit pluseurs mestiers.(/ i3d)
Dix et huit ans trestous entiers
Au pays de Flandre se tint.
Tant que la volenté lui vint
38795 Qu'il iroit vôoir ses amis,
Lesquelz seroient mors ou vifs.
Et se tint tout pour maleureux,
Plain de folie et peüreux,
Quant pour songe parti s’estoit
388oo Du lieu ou esté nez avoit.
Adonc a repairier s’est mis,
Et tant a cheminer s’est mis
Qu’il est en Champaigne venus,
Dont liez et joieux s’est tenus.
388o5 Pensa que par sa terre iroit.
Sa terre et son noyer verroit,
Sçavoir comment s'est maintenu
Et de qui il estoit tenu.
Celle part adreça et vint.
388io Or oy comment il lui advint :
38714 donnere— 38729 Si d. — 38792 et manque.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
SEPTIÈME BRANCHE
l6g
Si comme sa terre approchoit,
A moins de deux lieues touchoit,
Deux varletz ataint qui menoient
Deux boeufs que ilz emblés avoient.
388 1 5 Brûlés si les a salué.
Cilz dient : « Dieu vous doint santé ! »
Lors dient cilz : « Se Dieu vous gart,
Preudoms, or nous dittes quel part
Vous en alez. — Certes a Troyes.
3 8820 — « Preudoms », dirent ilz, « or nous croyes.
Ung petit sommesempeschié,
ATroyes aliesmes au marchié,
Car nous sommes marchans de boeufz.
Or les nous maine, se tu voeulx,
38825 Et nous en râlions ung quérir
Qui est en péril de périr,
Car cy arrier laissié l'avons.
Grosses erres laissié avons (; 14 <*)
Qui escherront encore nuit.
3883o Pour Dieu, preudoms, or ne t’anuit.
Preng du nostre a ta volenté;
Et se Dieu nous donne santé,
Se nous ne sommes empeschié,
Demain nous aras au marchié,
38835 Car nous sommes marchansde boeufz.
Or nous les maine, se tu voeulx,
Et nous en râlions ung quérir
Qui est en péril de périr,
Car cy arrier laissié l’avons,
38840 Comme devant dit le t’avons. »
Brûlés a gaaignier convoita,
Et trop sinplement se gaitta,
Car pour l’argent en print la paine.
Les boeufs acoeult, si les en maine.
38845 Droit a son noyer est venu.
lllecques s’est tout quoy tenu ;
Monlt le regarde et monlt lui siet ;
Pour l’amour de lui soubz lui siet,
Car cil lieu forment lui plaisoit.
3885o Ses boeufz dessoubz paistre faisoit.
Tant lui pleut le noyer et l’estre
Que longuement les fist la paistre,
Et bien pensa que jusqu’à Troye
N’y avoit mie longue voye.
38855 Et lors ceulx qui les boeufz estoicnt,
Des escuiers qui les sieuoient
Tant se sont de sieuir penés
Que les boeufs ont illec trouvés
Avec Brûlés qui les gardoit,
3886o Qui de ce fait riens ne sçavoit.
Les escuiers qui les boeufz virent
Tout maintenant a Brûlés vinrent ;
Dirent : « Ces boeufz enblez avez.
Lerres estes, pendre devez,
38865 — Sire,» fist Brûlés, « vous faillés. (/ 14b)
Deux varletz me les ont bailliés;
A Troies les doy mener droit.
— Dieu, que cil est fol qui vous croit!
Prévost ne bailli n’atendrons
38870 Maistout maintenant vouspendrons. *>
Leurs chevestres ont destendus ;
Par eulx deux fut Brûlés pendus
A la branche de son noyer.
Pour voir dire ne pour noyer,
388/5 II ne pot avoir nul respit.
Mais avant, son songe leur dit,
Pour quoy tel garde en lui prenoit
Ët ne sçavoit dont ce venoit,
Et ne congnoissoit les boeufz leurz.
3888o Dist leur ellst : « Allez ailleurs,
Conduisiez ce que vous menez ! »
Et se fust tost d'eulx eslongiés,
Mais convoitise de gaaignier
A fait maint homme mehaignier.
38885 Autant pert on par ignorance
Comme l’on fait par mescheance ;
Ygnorance tout adez dure,
Mais qui en science met cure,
De meschëoir se poeut garder,
388cjo En pluseurs perilz retarder.
Se ung homme est mal talentés,
De mal faire et a mal tentés
Poeult estre par acoustumance
Et par male perseverance,
38895 Ou par sa nature meïsme,
Par sa planette, ou par son signe,
Ou par quelque chose aultrement,
Que il a cest esmouvement
En quoy fu sa nativité
38900 Qui le trait a cellui costé,
Combien que l’umour y traveille
Qui ceste nature lui baille. (114 c)
Poeult il bien trestous maulx fuir
Par bonne compagne sieuir;
38905 Par bien faire et par Dieu amer
Poeult il males meurs réfréner,
Ne nul ne se poeut excuser
Que il ne puisse en bien user.
Bien se poeut garder d’avarice,
38gio Qui, a voir dire, est un mal vice.
38854 mie trop — 38866 le mes — 38886 Comme on — 38891 tarentés — 38904 compagnie — 38910
un manque.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
170
RENART LE CONTREFAIT
Se Brullés s’en fut bien gardé,
De tout son mal fu retardé,
Mais mal angoisse le comprint
Quant l’autrui bien en garde print.
38915 Ne sçavoit ou prins les avoient,
Ne de quel estatz ilz estoient;
Ne constraint ne fu pas au prendre.
Grand folie lui fist emprendre ;
Ne convenoit pas qu’avenist
38920 Que les deux boeufz il retenist.
Or vient a Hemart de Prouvins.
Ja ne m’aide ne pain ne vins,
Se telle adventure mais fu :
L’an mil .iijc. .xxij. fu;
38925 Hemart ung espicier estoit
Qui grant paine a vivre metoit,
Riche homme et de bonne memore ;
De Bray revenoit de la fore
Pour acheter et pour revendre.
38o3oTallent lui est prins de descendre
Et ung petit se desvoya.
Ses compagnons en envoya :
« Alez, 1» dist il, « je vous sieuray;
Ung peu esbatre m’en iray. »
38U35 Hemart, quand il fut descendu,
Remonta et puis a tendu
A ses compagnons consieuir
Qu’il pooit devant lui veïr.
A lui conduire n’entendy, (/ 14 d )
38940 Mais toudis a courre tendy.
Son chapperon a mis a droit;
Par dessoubz ung noyer tout droit
A le cheval fait son alée.
Une branche lui est boutée
38945 En son chapperon la dedens,
Et le cheval qui fut ardans
D’aller vers les aultres tendant
Laissa son maistre la pendant,
Par my le chapperon entors,
38950 Qui tost fu estranglé et mors.
Ses compagnons le cheval virent,
Tantost la retournée firent.
Hemart illecq pendu trouvèrent
Tout mort, et lost d’illecq Postèrent;
38955 Monlt en menèrent grant dollour.
Or vëez se vient de folour :
Ce ne fut pas par convenir,
Mais par folement maintenir.
Or vois tu bien par ygnorance
38960 II advint cette mescheance.
Advenir estoit, il advint
Pour ce que folement se tint;
Mais tout le remanant je nye
Que il ne le convenoit mye. »
38965 Dist Regnart : « Desor je vous croy,
Mais de moy absouldre vous proy,
Car je ay le coeur si estraint
Que trestout en ay le vis taint. »
Lors se print Regnart a plourer,
38970 A debatre et a mal mener,
Dist : « Moy chétif, mal eürés!
Or cuidoy je estre asseürés
De mes pechiés et de ma paine
Et de mal eür qui me maine;
38975 Repentant de mes maulx estoye :
Or suis conffez, et or voulloye (//5 a)
Bonne absolucion avoir,
Et de parfaire mon devoir.
Mais je ne truis qui le me doint,
38980 Dont je me truis en monlt mal point.
Puisque prestre Hunbert le preudom
Ne m’en voeult ottroier le don,
Tout desconforté m’en iray;
Plus que devant me despiray,
38985 Puis que conseil ne puis trouver,
Pour repentir, ne pour orer.
Pour Dieu, conforter me voeulliez,
Prestre Hunbert, ains que en ailliez ! »
Prestre Hunbert en ot grant pitié;
38990 Si lui a dit par amistié :
0 Regnart,» dist il, « beaulx doux amis,
Ne soies en desconfort mis,
Car absolucion aras
Et penitance recepvras
38995 Telle qu’a pécheur appartient. »
Et Regnart a jenoulx se tient,
Monlt s’humilie et monlt fort pleure.
Et lors prestre Hunbert en l’heure
Pour l'absoubdre lés lui se mist,
39000 Sa pâte sur le chief lui mist;
Son Conjiteor lui commande
Et qu’adez a bien faire tende.
Et se maintiengne sans reprouche.
Quant Regnart sent que a lui touche,
39005 Corn cil qui de malice aprent,
Par sa gorge a scs dans le prent
Et le commence a devourer.
Rien n’y valut le prestre orer;
Et quant l’ot estranglé, si dist :
39010 « Damp Chantecler ung tour me fist
38921 Hemart. Ce personnage porte le nom de Hermant dans la rédaction A — 38928 De vray corrigé
d'après A — 38999 se mist les lui corrigé d'après A — 39005 de manque — 39006 as dans.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
SEPTIÈME BRANCHE
Dont tousjours mais me garderay;
Plus desavisé ne seray. »
La proye sur son col emporte, ( / 15 b)
Monlt se déduit et se déporté :
i 5 Droit a son hostel est venu.
De Hunbert s’est monlt liez tenu;
La charmenga a grant délit,
Et la plume mist en son lit.
Jure que jamais hors n’yra
39020 Jusques malheür le laira
Qui tant longues lui a duré.
Atant de Regnart me tairay
Et une aultre branche en diray
Que ainsi vous commenceray.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
HUITIEME BRANCHE
3oo25 « A bien faire doit chascun mettre
Coeur et corps, se nous dit la lettre
Et de paier Dieu son trell
De tout ce qu’il lui est deü,
Et la doit bien chascun entendre,
3c)o3oNon mie a vanité tendre,
Ne a choses qui riens ne vaillent,
Qui au bezoing a l’homme faillent.
Car il poeut estre qu’aucun pense
Et souventeffois a lui tence,
39035 Desquelz est plus, ou pietz, ou testes,
Desquelz est plus poissons, ou bestes,
Pour quoy vient le jour et la nuit :
En tel folie se déduit.
Pour ce, ne suis mie en discourt,
39040 S'on dit que Sainetoudis court, (/ /5 c)
S’elle court ou s’elle tournoyé,
L’un n'aferme, l'autre ne noyé
De la lune ne du soleil
Que chascun poeut vëoir a l’oeul,
39045 Comment tournoient, comment tournent,
Comment avallent et retournent,
Comment tourne le firmament;
Comment c’est, je ne le demand;
Comment vient yver et estez,
37050 Et pour quoy leur nature est telz,
Comment apetichent ly jour,
Et vont et viennent sans séjour;
Pour quoy les arbres se devestent
En yver, en esté revestent;
3qo55 Pour quoy sont prez en esté vert,
Et en yver sont descouvert;
De tout ce ne me poeult chaloir,
Car trop penser n’y poeut valoir;
D’estudïer en ce n’ay cure.
39060 Je congnois bien que c’est Nature
Telle comme Dieu leur donna,
Car tel chose leur ordonna;
Bien est ordonné par compas.
Tout ce ne contredis je pas,
39065 Ne je ne me dois merveillier,
Car trop congnois sans trop veillier
Que Dieu pour homme tout fesist,
Adfin quemieulx le servesist.
Sires est il, il poeult seoir
39070 De tout ce que il poeut vëoir,
Encor de Paradis compains.
Tout ce a merveilles ne tains,
Car Dieu poeut trestout cecy faire,
S’il lui plait, ou s’il lui voeut plaire.
39075 Encor voult homs Dieu devenir
Pour lui et en croix mort souffrir;
De ce fist il monlt grant merveille ;(/ i5d)
Nulz homs ne poeut vëoir pareille
De tout ce ne me merveil point;
39080 Se chascun tenist bien son point
Et amast ce que amer deüst,
Et coeur et oeuvre en lui eüst,
Encore s’ainsi advenist;
Dieu bien apayé s'en tenist,
39085 Ne he lui fust ramenteü
Paine qu’eüst pour lui eü.
De tout quanequez je compte et dis
De nulle riens ne m’esbahis,
Que tout ce voult Dieu faire et pot.
39090 Mais je me merveille du sot
Pour qui Dieu a tant traveillé,
Tout monde et paradis baillié
Quant il demeure en tel voloir
Qu’il ne lui voeultde ce chaloir,
39095 Ne qu'il ne reprent en son coeur
Le dangier dont Dieu l'a mis foeur
39025 Le premier vers de cette nouvelle branche suit immédiatement le dernier de la branche pré¬
cédente, sans autre indication que celle présentée par les v. 39023-39024. — S'il faut s en rapporter
au v. 39979, c Tibert , le chat , qui parle ici. — 39043 et du corrigé d'après A — 39079 inc
manque.
Digitized by
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
1 74
RENART LE CONTREFAIT
Et quel grâce il lui a donnée,
Ainchois maine vers lui poenée,
Et le laidenge, et le maulgrie
3piooTaullir son droit, et le guerrie;
A mentir et a parjurer,
En decepvoir, en usurer,
Enorgoeul, en detraction,
En haine, en occision,
39105 Et en envie et en murmure,
En fol dezir et en luxure,
En paresse et en convoistise,
Ou pis qu’il poeut son coeur atise
Eu gloutonnie et en non croire,
3qi 10 En desprisier la chose voire,
A ses commandemens passer,
En toute vérité casser,
En desprisier les siens amis,
A obéir ses ennemis, (/ 1 6 a)
39115 En gastant son temps et s’honnour
En tout mal et en deshonnour,
En desirer tout son contraire
Et en ses anemis attraire. •
Ainsi comme s’il ne congnust
39120 Ne s'aujr parler n’en eüst,
Il a du tout Dieu deffïé
Et tout son contraire affié.
Ad ce ay mainteffois pensé,
Car s’homs sçavoit en vérité
3pi25 Et bien tresfermement sceüst
Que bien prochainement morust,
Et pensât bien ou l’ame ira,
Et quel chemin elle prenra,
Et quelle grâce cilz aront
39130 Qui de bon coeur le serviront,
Il ne tenist pas tel sentier,
Ains aimast Dieu de cœur entier.
Mais je sçay de vray que Nature
Nul temps a mort penser n’a cure.
39133 Nature est a la char amie
Et lui dist : « Tu ne morras mie,
Espérance ayes d'autre part! »,
Qu'il en rebaille bien sa part.
Se la mort qui trestout engoulle,
39140 Tenoit ung homme par la goulle
Et tous les menbres fussent mors
Et tout le remanant du corps,
Espérance adez lui diroit
Que il tresbien eschaperoit,
39145 Et le conforteroit Nature
Qui nul tempz de morir n’a cure.
S’en ung lieu cent mil home estoient,
Qui tous ochis estre devroient,
Qu’on leur deüst les chiefz copper,
39150 N’en deüst q’ung seul eschapper,
Ung chascun Espérance aroit (116 b 1
Que ly eschappé il seroit.
Espérance en toute saison
Et Nature guerroient Raison.
39155 Raison dist l’homme : « Tu morras; »
Espérance dit : « Non feras. »
Nature recoeurt Raison sceure :
Ne m’y laisse penser nulle heure,
Et lui dit par parolle fiere :
39160 « Va vëoir les prez, la riviere,
Les jardins, les arbres, les bois;
Va quérir festes et degois;
Va toy liement maintenir ;
Mieulx mengeras au revenir,
39165 Quant venras des prez et des champs.
Laisse morir ces gens meschans
Que la mort ne poeuent tarder,
Et qui ne se scevent garder.
Qui toudis bien se garderoit,
39170 Jamais nul jour il ne moroit.
Nul ne se moeurt, a brief parler,
Que cil qui ne se scet garder. »
Ainsi fait Nature sçavoir,
Et Espérance dit : a C'est voir, »
39175 Raison argue du contraire,
Qui tousjours semont du contraire
Et dit au pecheur : « Tu as tort;
Vecy d’encoste toy la mort. »
Mais tant ne lui scet cecy dire
39180 Ne le monde aussi tant despire.
J a a cecy tu n’estudies.
Allons vëoir ces vins sur lies,
Ces delices et ces beaulx jeux ;
Si en vaulra Nature mieulx.
3pi85 Et par iceulx empcschemens,
Par telz maniérés d'argumens
Sont maintes personnes dampnées
Qui trop avant s’i sont boutées; (/ 1 6 c)
Et quant g'y pens, je bas ma coulpe,
39190 Et, voirs, Nature n’y a coulpe,
Car ice de Raison je tien
Que Dieu fist Nature en tout bien, •
Et quancques Dieu fist, est bien fait;
Donc n’a point Nature méfiait ;
39195 Se homs va en desordonnance,
Ce n’est fors par acoustumance.
39105 Et manque — 39129 grâce manque — 39137 Ayes esperaocc — 39175 Et r. — 39180 tant
manque
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
HUITIÈME BRANCHE
Et male acoustumance ont prise
Qu’ilz ont en leur nature mise,
Tant l’ont en eulx souvent murée
39200 Qu'ilz l’ont en eulx ennaturée.
Pour ce, vont en desordonnance
Par leur malvaise acoustumance
Et puis vont disant le contraire
Que Nature leur fait ce faire,
39205 Et que Nature ainsi le voeult,
Et qu’autrement faire ne poeult.
De ceste responce n'ay cure,
Que ja en maint mal nul n’a cure;
Celle que Dieu a en lui mise,
39210 Ne il ne Ta par lui acquise,
Mais on poeut bien telle acquérir
Qui la mainc jusqu’à périr.
Mais ce n'est pas celle nature
A qui Dieu a bailliet la cure
39213 D’homme faire vivre et sentir.
S’a celle se voeult consentir,
Ne poeut aller que bonne vove.
Mais ung aultre a qui il s'avoye,
A en sa complexion mise
39220 Et par acoustumance acquize,
Car par celle au monde s’avoye
Et laisse sa première voye.
Et pour ce que je ay compté
La grant honneur et la bonté
3q225 Que Dieu fait a homme qu’il aime(; 16 d )
Et qui en bon fait se demaine,
Quel joye et quel soûlas ara
Et a quel fin il en venra,
Et pense bien a quel fin viennent
39230 Tout ceulx qui au monde se tiennent.
Plus sont au monde, plus le voeullent.
Et plus s’i plongent quan qu’ilz peullent;
Cuident que jamais ne leur faille
Et que nulle aultre rien ne vaille.
39235 Mais s’ilz vëoient bien le monde,
Qui de toutes bontés est munde,
A quelle fin se partira
Et a quelle misere ira,
Le monde pas tant n’ameroient,
39240 Et, pour voir, ailleurs penseroient ;
Car le monde prent a sa part
Le fait et la ligne Regnart,
Et lait Raison, dont tout bien vient,
Et a l’oeuvre Regnart se tient,
39245 Qui ne pense ne estudie
Fors qu’a ceste présenté vie :
Au présent tent, le présent tent,
A nulle aultre fin il ne tent.
Pourveance du monde quierent,
39250 Et jusquez aulx cornes s’i fièrent ;
Pourveance font et labour
Pour le corpz vivre a grant honnour;
De l’autre siecle ne leur chault;
Hz ne criengnent ne froit ne chault,
39255 Mais pour cest siecle se pourvoient.
Mettent paine et cler y voient,
Et pourveance font pluseurs,
L’une bonne et l’autre meilleurz,
L’une grant et l’autre petitte ;
39260 N’y a nulle qui n’y proffîtte ;
Aucuns qui font leurs pourveances
D’avoir en y ver leurs chevances,( / 17 a)
Comment bons blez, bons vins aront
Et comment ilz se chaufferont.
39265 L’autre pourvoit de la santé
Pour eslongier l’anfermeté ;
L’autre se pourvoit de servir,
Comment poeut grâce desservir ;
Les aultres se pourvoient d’honneurz
39270 Et d’acointances de seigneurs;
L’autre se pourvoit d’amasser,
Comment puist deniers amasser,
Et l’autre forment s’estudie
Comment il sçaee assez clergie;
39275 Et l’autre en lire Auctorité,
L’autre en savoir Divinité
Pour crestïenté soustenir,
Et pour bonne vie tenir;
L’autre se pourvoit soir et main
39280 Comment il face ouvrer de main,
De hecquier, taillier, mesurer,
Et en belle oeuvre labourer.
Et trestoutes ces pourveances
Font pluseurs pour avoir chevances ;
39285 Et pluseurs si voeullent hanter
A bien sçavoir lire et chanter;
Les aultres en trouver beaulx ditz,
Et l’autre en instrumens jolis,
Les aultres en bien chevaucier,
39290 Les aultres en fores cerchier,
Les aultres en tournoiemens,
Et l’autre en tenir jugemens,
Les aultres en grant avarice.
Cellui fait est le pieur vice,
39293 Car envis avaricïeux
Sera ja nulz jour gracieux,
39197 Et manque — 39219 II a — 39271 pourvoie — 39275 Et manque — 39276 Et lautre; savoir
manque — 39288 Et manque — 39292 Et manqUe.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
176
RENART LE CONTREFAIT
Ains sont mat et plains de murmure ;
Dieu ne home n’a de tel gent cure.
Trestoutes ces subtillités (/ ij b )
39300 Sont trestousartz d’outilités,
Tant de coeur com d’honneur de mains;
Qui a l’un plus, a l’autre mains.
Or y a aultres pourvcances
Dont Regnart aprent les chevances,
3g3o5 Combien que celles cy devant
Sont fondées sur lui souvant,
Si com la danse et com la tresche
Et bien jouer a la grïesche,
Car maint si suient les escolles
39310 De mener danses et karolles,
D'eulx bien sçavoir humilier
Et bien le brach sçavoir ployer,
Sur la pointe du piet aller,
Les dois remeuvoir et baller,
3g3i5 Kaire le tour et le touret,
Et mettre la main au huvet,
Et puis prendre par les aissielles
Ces dames et ces damoiselles,
Mettre la main a la chainture;
39320 En telle oeuvre mettent leur cure.
Or en y a d’aultre mestier
Qui monlt se painent de cerchier
Et ad ce sont bien ordonné,
A bien congnoistre ung de plommé,
39325 Se ilz sont du moins ou du plus ;
En tel chose mettent leur us.
Bien assëoir sur le brelent;
Ce est leur joye et leur tallent
De venir quatre contre sept;
3933o Maistres est qui faire le scet,
Mais que sa canche adez lui viengne.
Et que son contraire remaingne,
L’autre se met a courreter,
Et l’autre va advocasser;
39335 Ce sont deux mestiers d’une main,
Et si sont deux frerez germains. (/ ijc )
L’autre a usure se voeult bouter;
L’autre se met a traict jetter,
Et ly aultre a sermonnement
39340 Et a faire subtillement,
A faire que le monde croye
Que cil va adès bonne voyc;
Et l’autre met sa pourvcance
En toute fausse contenance,
39345 En toute fausseté s'avoye
Et acquérir fausse monnove,
Et s’estudie en pas trouver
Comment on ne poeut riens prouver.
L’autre s’estudie en labeur,
3q35o Et l'autre en chemin desrobeur,
Et l'autre en apointier viandes,
Et l’autre en acointier truhandes,
L’autre en toutes wiseusetés
Prent sa vie sur vanités.
39353 En pluseurs choses s’estudient
Et en pluseurs choses se lient,
Et y a aultre pourveance
Qui passe trestoute science
Ou les gens ne voeullent penser,
39360 Ne nysun ne s’en scet mcrler.
De quoy on voit peu d’acquerans,
Au voir dire, et peu cler veans,
C’est pourveoir ou l’ame ira
Quant la povre charfenira
39365 Qui a pourreture devient,
Si comme faire le convient ;
En quel lieu l’ame est herbcgie,
Ou sera mise, et ou logie,
Qui sera qui la conduira,
39370 Et par devant quel juge ira,
Et qui respondra de ses fais
Qu’il ara en ce monde fais ;
Il respondra d’humilité (/ 17 d)
Et d’amour et de charité :
39375 Qui respondra de penitance
Et de pitié et d'abstinence ;
Qui dira de sobriettc
Et de soustenir vérité ;
Quelz garisons lui a baillié,
39380 Quel lit lui a appareillié,
En quel pourvoy a demouré
Tant comme il a cy labouré,
Que il a convoyé devant,
Combien qu’on lui a dit souvent :
39385 « T’ame s’en ira sans fenir,
Et si sera sans revenir ;
Pourvoy toy ou elle gerra
Et en quel lieu si demourra! »
De quoy se porra revengier
39390 De cellui qui point ne l'a chier;
Se garnison ne lui ayeue,
L’ame trouvera peu d’ayeue
Sur ses voisins, ne porra mie
Faire le pourvoy de sa vye
39395 Selle ne s’a de quoy couvrir ;
Mal guicet lui convient ouvrir,
39302 moins — 39307 et la — 3933o Maistre — 39333 courrcticr — 3g334 Lautre a advocassier —
39339 Et manque — 39350, 39351 et 39352Et manque — 3g37 1 et 39373 respondera.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
HUITIÈME BRANCHE
177
Se son lit el n’y fait devant,
Mesaise ara au coeur souvent.
Je voy qu’a ceste pourveancc
39400 II en est trop peu qui y pense,
Au corps aisier appareillié
Que les vers ont si tost mengié ;
De famé ne pourvoient point;
Peu sont qui pensent a ce point.
39405 Les chevalliers, et conte, et roy
N’en laissent faire nul arroy :
La gent mengüent et eschillent,
Le leur taullent, happent et pillent,
Sur poeuple font subvencions,
39410 Tailles et grans detractions, (118 a)
Les constraingnent a porter armes,
Et par ce oublient leurs âmes.
Or fault prester, or fault donner,
Or reffault garnison mener,
39415 Boeufs, et moutons, et vins, et blés.
Ainsi est le monde troublés
Par gentillesse qui l’argue,
Qui les corps et les âmes tue.
Nul n’a loisir de Dieu amer
39420 Ne de son coeur en Dieu semer ;
Tant a de persecucions
Et diverses occasions
Que de Dieu trop petit souvient,
Et quant, au fort, vivre convient.
39425 Trop est cil pechié communaulx,
Trop est publicque et generaulx,
Et chascun delez lui s’apreste,
Clerc, séculier, d’Eglise ou prestre.
Dont est vil chose, a dire voir,
39430 Que de viel homme amie avoir;
C’est grant punaisie et orreur,
Chascun en doit avoir grant peur.
Guide le dollent qu'elle l’aime
Combien que son amy le claime :
39435 « Ne soiez pas si tresdesvez
Qu’une femme en tel cas créez,
Car tost vous liroit la lechon
Que Dalida fist a Sanson,
Dont Isengrin en fist memore,
39440 Or en escoutés bien l’istore.
En la terre d’Aise jadis,
Si comme en la Bible le lis,
Le poeuple des Juïfz regnoit. -
Illecques ung preudomme estoit
39445 Qui Manuel fu appellé;
Selon la Loy fu marié.
Monlt bonne vie demenerent (jjS£)
Lui et sa femme, et Dieu amerent ;
En Dieu chascun d'eulx delittoit.
39450 Ung jour seulle sa .femme estoit;
La vint a lui ung jouvenceau,
Angle Dieu, gracieux et beau,
Qui lui dist : « Enchainte seras
Et de ton mary filz aras
39^55 Qui de tresgrant force seras;
De son chief ne sera rez ja »
Si tost comme celle l’oy,
Tantost a l’hostel s’en fuy
Et a son mary a compté
39460 Ce que l’angle lui a ditté :
• Ung filz arons, grant force ara
Ne ja son chief rés ne sera. »
Cil tantost en prinst jalouzie,
Et dist : « Di lui qu’il le me die.
39465 Aultrement je ne le croiray,
Et si te souspechonneray. »
Celle lui a dit : « Volontiers. »
Lors tourna arrier les sentiers;
L’angle trouva, si lui compta
39470 Ce que son mary dit lui a.
« Devant lui te pry que le dies,
Si me feras grand courtoisies.
— Certes volentiers, » cellui dit;
Et lui noncha sans contredit
39475 Ce que sa femme lui ot dit.
Lors le mary lui dit : « Amis,
Puis que de Dieu tu es tranmis,
Atens ung peu sans delayer,
39480 Car a toy voeul sacrifier. »
Et lors ungaignel ala querre
Et aluma le feu sur terre.
Maintenant devant lui Pardi,
Et sacriffice lui rendi,
39485 Et en icel lieu mené fu. (/ 18 c)
Avec la fumée du feu
L’angle si s’est esvanouy,
Puis ne fut veü ne ouy.
Lors crut le preudoms fermement
39490 Que c’est ung angle vraiement.
Aprez advint ce que deust estre
Que de ces deux deust ung filz naistre,
Qui Sanson le fort fu nommés,
Qui tant fu fort et renommés.
39495 Tant de chevelx comme il avoit
Tant forces d’hommes comprenoit.
39401 sont app. — 39426 Et publ. — 39430 De viel — 39436 Que f. — 39442 le manque — 39486
Avecques.
T. II. 12
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
i78
RENART LE CONTREFAIT
Quant il fu grant et parcreü,
Adoncquez s’est il esmeü
Et a guerrier il s’est mis
39500 Encontre tous les anemis
Qui le poeuple d’Israël gastoient,
Qui Sarrazins adonc estoient,
Qui plus yerent et qui plus furent
Que les Juïfz qui en Dieu crurent.
395o5 A ceulx emprist Sanson la guerre
Et les requist dedens leur terre;
Par toute Egipte les chassa,
Et hors d’Israël les bouta;
Nullui ne les peust contrester,
39510 Tant fut poissant, au vray compter.
Une fois les ot il chaciés,
Et pluseurs mors et despeciés,
Ung tresgrant sommeil lui est pris;
Adoncquez a dormir s’est mis,
395i5 Dessoubz ung arbre s’endormy.
La y vindrent ses anemy ;
Trestout bellement a lui vindrent,
En dormant son baston lui prindrent.
Et cil en dormant tressailli.
39520 Vit qu’a son baston ot failli :
Une joe a cheval trouva,
A celle joe s’esprouva, (/ 18 d)
Que je croy, qu’a plus de cincq cens
En toilli la vie et le sens.
39525 Tant en a ochis et cassés
Que il fu durement lassés.
Et lors une grant soif l’a pris,
Dont il fu forment entrepris;
Pria a Dieu dévotement
3953o Qu’il lui donnast atemprement.
Sanson la joe au cheval tint,
Et cel soif adez il soustint.
Delà joe ung des dens toilli
Et une fontaine en sailli
39535 Du pertuis ou le dent estoit;
Oncques plus clere veu n’avoit,
Plus belle ne plus gracïeuze,
Ne plus saine ne plus pïeuze ;
Et quant Sanson a ce veü,
39540 Trestout son saoul en a beii,
Tant que il fu bien rassazié.
Donc fu Dieu par lui gracié ;
Si se voult tousjours avoier
Aulx ennemis Dieu guerroier,
39545 Qui la loy Moyse grevoient,
Et ceulx qui le contredisoient.
?95o3 et plus — 39508 Et manque —
39564 a manque — 39584 priveement.
Monlt en ochist et guerroia,
Monlt en chassa et forvoia.
Car si fort estoit et si fier,
3955o Nul n’osoit contre lui drechier.
Les gens d'Israël acquitta,
Leurs anemis monlt débita.
En la fin se mist en diffame
Qu’il mist son coeur en une femme
39555 Qui n’estoit mie de sa loy,
De sa gent ne de son aloy ;
De la gent sarrazine estoit,
Et la loy païenne tenoit.
Il en pesa monlt a son pere, (119 a)
39560 Et grant meschief en ot sa mere,
Mais pour riens qu’il peüst venir,
Ne laissa celle a maintenir ;
Trop l’ama, trop s’i délita.
Celle avoit a nom Dalida;
3o565 Sage fut et malicïeuze,
Et en l’art d’amour venimeuze.
Bien le sceut attraire et sieuvir,
De son coeur, de son corps joyr.
Grande folie Sanson fist
39570 Quant ez lacz de femme se mist ;
Bien sens et raison renya,
Quant il en telz las se lya.
Et ses ennemis, quant le sceurent,
Grant joye et grant lyesse en eurent;
39575 Dirent : « Or ne nous fault que taire.
Par ce avons nous nostre affaire :
Femme de nostre loy a prise,
Et toute songnance en lui mist;
En lui a si tout son coeur mis,
39580 Car il ne fait qu’a son devis.
Or n’y a mais que vers lui traire;
Bien pourchassera nostre affaire. »
A lui vindrent secrettement,
A lui parlèrent privement;
39585 Dirent : « Amye, a toy venons ;
Tant pour amye te tenons
De nos gens et de nostre loy,
De nos pays, de nostre foy.
Tu dois bien ta foy soustenir
39590 Et eslever et maintenir,
Et tous ceulx haïr et grever
Qui mal nous voeullent demener.
Sanson le Fort que tant haions,
Qui la force a d'un millier d’homs,
39595 Voire certes plus de dix mille,
Nostre loy deffoule et avile ; (119 b)
39521 joe de — 39336 veue — 39537 joe du — 39541 quil - —
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
HUITIÈME BRANCHE
179
Adès le pense a aviller,
Et en la fin toute essillier;
Toute la conffondra si dure,
39600 Nous en sommes en adventure.
Si seroit grant desconvenue,
Se par lui estoit abatue.
Par lui abatue poeut estrc :
Pour ce envoions a vous no maistre,
39605 Car ilz scevent certainement
Que tant t'ayme parfaittement
N'est riens qu’il ne te decouvrist,
Ne nul secret qu'il ne t’ouvrist.
Saches, se tu le poeulx sçavoir,
39610 Comment force poeult tant avoir,
Ou le prent, ou elle lui dure.
Dalide, amie, mès y cure ;
Et se tu le scés bien enquerre,
Dame seras de nostre terre.
39615 La terre d’Israël arons,
Et nostre loy exsaulcerons,
Et en chasserons les Juïfz ;
Ad ce sommes nous tous veïs.
Tu en seras dame honnourée,
39620 Certainement sans demourée ;
Plus riche de toy n’y ara.
Se il poeult estre, ainsi sera.
Si nous en respons ta pensée;
Tenez ceste chose cellée. »
39625 Dist Dalida a ces mesages :
a Or soiez et cellans et sages,
Car je le feray de certain,
Car se en mes mains je le tain,
Nulle riens ne me cellera.
3y63o Ainsiques deceü sera. »
Les mesages si s’en partirent ;
Tout ainsi a leur seigneur dirent
Et s’en tindrent bien apayé. (//9 c)
Lors se tindrent peu esmayé,
3<>635 Ne me voulrent plus bataillier.
Dalida print a traveillier,
Et monlt forment s'estudioit,
Quant a lui de folz jeux jouoit,
Si com folz et folles privées
39640 De folles amours désirées,
Que les plus folz seullent hanter,
Et fol tenir et fol taster
Et mainte foie contenance
Et fol et foie en ce point pense
39645 Qui sont sans raison sans sçavoir,
Que nul ne doit ramentevoir.
En iceulx folz secretz privés
L’un disoit : a Vous me decevés ;
Tous mes secretz sçavés pour vray
39650 Et riens des vostres je ne sçay.
Bien devray avoir grant diffame,
Se je pers par vous corpz et ame.
Tant vous aim je ne sçay que faire ;
Vers vous ne puis celler ne taire
39655 De dire que je trop vous aim,
Dont j’ay le coeur et fol et vain,
Car cellui bien pour fol se claime
Quant il dit a femme : « Je t’aime, »
Puis qu’il a son voloir eü.
39660 Dès la est le fol decell.
Et je, qui mon coeur vous descoeuvre
Par droit experiment y troeuve
Que vous ne m’amés de noyent
Et par délit qui vous esprent
39665 Autant ung aultre en amerez ;
Et se cy morir ne vëez.
— Se je vous vëoye a meschief,
Tost me copperoye le chief;
Et se nulle riens je sçavoye
39670 Qui vous pleust, tost le vous diroye, (/ igd)
Et toute rien sans retarder
Que vous me vouldriez demander. »
Et celle tantost lui raconte
Qui trestout scet et mal et honte :
39675 0 Et qui est qui pellst sçavoir
Se ja femme pellst avoir
Si fort son coeur en homme mis
Que j’ay en vous, mon beaulx amis?
Ne le vous oze maintenir,
3q68o Ne du dire ne puis tenir ;
N’a sens ne raison qui me tiengne
Que Amour encontre ne viengne
Qui me dist : a Trestout lui diras
Nulle riens ne lui celeras ;
391)85 Amours, dont toute plaine suis,
Ad ce me met, celler nel puis,
Mon coeur, que en vous ay tout mis ;
Si vous prie, beau doulx amis,
De mon coeur estre congnoissans.
39690 Vous estes ungz homs monlt poissans,
Et sur tous devez estre amés.
Dites moy, foy que me devez,
Comment poëz vous si fort estre,
De tel nature et de tel estre,
39695 Comment si fort se conterra
Et comment tel durer porra.
3g6o3 Par sa force — 39604 envoient — 39612 Dalida — 39662 Tantost — 39688 tresdoulx.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
RENART LE CONTREFAIT
Trop habunda habundamment,
Quant a ung homme seulement
Donna tel force et tel pooir
39700 Qu’il poeut mil hommes decepvoir.
Dites moy comment poeut Nature
En une seulle créature
Avoir mis si tresgrant pooir.
Je le voulroye bien sçavoir.
39705 Se dire vous le me voulez,
Tresbien mon amy vous serez, «
Pluseurs telz requestezlui fist 9(i'JO a)
Et toudis cilz bourdes lui dist.
Une fois l’en vault apayer
39710 Et dist : « Qui me porroit lyer
De cordes de boeufs en dormant
Les deux puingz bien et fermement,
A trop peu de frais prins seroie ;
Jamais nul jour ne in’aideroie,
39715 Ne me porroie rcvengier;
Mais cellui ne m’aroit pas chier
Et trop petit il m’aimeroit,
Qui de telz jeux me serviroit. »
('elle qui plus néant ne dist,
39720 Ung jour tresbien boire le fist
Tant que trestout fut estourdy
Et que forment s’est endormy
Que il ne sceut ou il estoit.
Celle qui tousjours se doubtoit
39725 Ot des nerfs de boeufz déliés ;
Si lui en a les poingz lies.
Quant ilz furent tresbien loyé,
Celle n’y a plus délayé.
D’un manteau maintenant le coeuvre,
39730 Atant l’huis de sa chambre ele oeuvre,
Si s’en est aval avallée.
Et Sanson si l’a rappellée;
Si lui dist : « Dame, ou donc allez?
Et pour quoy lyer me vouliez?
39735 A moy grever metez grant paine. »
Lors les poingz l’un de l’autre esloingne
Et va ses lyens despechant,
S’encor en y eust plus ung cent.
Pluseurs aultres choses lui dist,
39740 Tout adez son secret soursist.
Ung jour ala s'amie veoir,
Que trop vault amer et seoir,
En la cité philistïenne,
Fondée de gent ancienne, (120 b)
39745 La ou s’amie demouroit,
Qui loy sarrazine crëoit ;
O lui fu, et nuit, et journée.
Celle qui fu endoctrinée
A servir les gens de sa terre
39750 Envoya tost les seigneurs querre
Et leur fist tresbien asçavoir
Qu’en cel lieu le poeuent avoir,
Qu’en leur cité est herbegié.
Le seigneur ne s’est pas targié
39755 Que Sanson ne poeuent combrer.
Tantost fist les portes fermer
Et jura ses dieux et ses loys
Que véoir l’ira sans delois.
Si comme sa gent amassa,
39760 Endementiers la nuit passa.
Quant Sanson a veü le jour,
Tantost se leva sans séjour,
Droit a la porte fist s’allée,
Close le trouva et fermée.
39765 Lors senti et pourveü fut
Qu’il ot esté appercheüt,
Congnut que ilz le poeuent prendre,
Et lors tantost, et sans attendre,
Les deux portes sur son col lieve,
39770 Ne nulle riens il ne lui griefve,
Si les emporte comme ung rain,
Chascune porte sur la main;
Sur une montaingne les met,
La les laisse, puis s’est retrait;
39775 Rien ne l’en pooit contrester,
Tant fu fort, tant fist a doubter.
Quant les Philistïens le virent,
De rechief a Dalida dirent
Qu’elle de bezongner pensast
39780 Comment sa grant force abaissast,
Et que mesist paine a sçavoir (120 c)
Com tel force pooit avoir.
Si fist elle certainement;
Tout y mist son entendement
39785 En promesses, en larmes faintes,
Convens jurés, flateries maintes,
Par folz atouchemens privés,
Trestout de traïson rivés,
Que il lui a trestout ouvert
39790 Et tout son secret descouvert;
Et celle ne s'en fist que rire :
:< Petit m’en chault, quant ce me dire,
Dire pieça le me deussiez
Sc parfaitement m’amissiez.
39795 Bien pert que m’avez peu amé,
Quant tant vous le m’avez cellé. »
39715 Ne ne — 397*9 lui dist — 39730 ele manque — 39733 donc manque — 39735 quoy manque
— 39744 de la g. — 39772 sur une.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
HUITIÈME BRANCHE
Quant Dalida a ce sceli,
Elle n’a oncquez paix eü
Jusqu’à donc que yvre le tint
39800 Et que dormir il le convint.
A lui decepvoir contendi
Qu’a unes forces le tondi.
Tous lui a ses cheveulx ostés,
Dont de sa force fu jettes;
39805 N’ot mais la force que d’un homme.
Et quant il s’esveilla du somme,
Et ses cheveulx trouva ostés,
Lors fut il tout desconfortés,
Mat, couroucié et esbahy,
39810 Et s’escria : « Je suis trahy!
Par femme suis mis a la mort. »
Celle hucha a grant effort
Ses amis qui si sont prouvés
Que les deux yeulx lui ont crevés.
3981 5 Tout ainsi le deffigurerent,
Et puis avec eulx le menèrent,
Et comme ung fol tout atourné,
S'en jouent com d’un forsené; {120 d )
Du pain a mengier lui donnèrent.
39820 Ainsi grant piece le gardèrent,
Et tout adez pour fol le tindrent
Tant que ses cheveulx lui revindrent
En moins de demy an creü.
Si s’en est bien appercell,
3q825 Car pour la longue demourée
A yl sa force recouvrée.
Ung jour de la solempnité,
Faisoient feste en la cité;
Cil qui du pays sires yere
39830 Faisoit tenir feste plainiere;
Des plus grans de toute la terre
Envoya en son palaix querre,
La vault tenir son parlement
De lui et de toute sa gent;
39835 Toute la grant sale estoit plaine
De tous les plus grans du demaine.
Quant Sanson la nouvelle oy,
Ung petit s'en est esjoy,
Comme fol trestous le tenoient,
39840 Et ainsi danser le faisoient.
Ne pensoient pas tant durast,
Que ja sa force recouvrast ;
Mais Sanson tresbien le sentoit
Que force en lui se remetoit;
39845 Sentoit ses cheveulx ragrandir.
Toute sa force revenir;
181
Et iceulx point ce ne pensoient,
Mais toudis pour fol le tenoient,
Le faisoient entre eulx danser.
39850 Pour lui escharnir et gaber,
De la prison Forent osté,
En la sale Forent mené.
Quant Sanson fu desprisonné,
Devant tous au palaix mené,
39855 Les palasins qui y estoient ( 121 a)
Sanson souvent danser faisoient,
Et cil qui pour fol s’est tenus
Sceut que ses cheveulx sont creüs
Et que la force a tout en lui
39860 Qu’il perdi quant on le tondi :
Au plus grant pillier du palaix,
Qui soustenoit trestout le fais,
Tout le fais du palaix portoit
De la ou tout cil poeuple estoit,
39865 (Aultrefois y avoit esté),
Sanson s’est illecq acosté,
Et toute sa force y a mise.
Le pillier tout desroche et brise.
Et lors chey tout a ung fais
39870 Toute la force du palaix,
Et tous furent ochis et mort;
Ceulx du palaix sans nul reffort,
Les grans maistres et palasin
Furent tous mors, ce fu la fin;
39875 Tous furent mors et soubité.
Et voire est, c’est auctorité;
Et quant sçavoir vous le voulrez,
En la Bible le trouverez.
Ainsi Sanson par foie amour
39880 Perdi corps, chevance et honnour.
Ainsi sont pluseurs qui par femme
Ont honte, meschief et diffame.
Pluseurs a honte s'en sont mis,
Honny et gasté leurs amis;
3«j8S5 Maint corps sont par ce condempné,
Maint en sont en enfer dampné.
Pour si petitte amour charnelle,
Et fesble, et fraible, et corporelle,
Pour foie amour qui si peu dure,
39890 Se mettent tout en adventure,
Pour amour qui si petit vault,
Et tost commence et tost deflault ; ( 1 2 1 b)
Tost fault a ceulx qui a bien viennent,
Mais les folz longuement le tiennent.
39895 En ceste amour deshonnourable,
Ordre, honteuze, abhominable,
39841 que tant — 39849 Et le — 39864 tout manque — 39876, 39888 et 39892 Et manque .
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
182
RENART LE CONTREFAIT
Dont on est a repentement,
Ceulx qui y voient clerement
Blasment le temps, vie et ouvrer;
39900 Mais néant est du recouvrer.
Dieu! com en grant dangier s’aplicque
Qui es lacz de femme se ficque,
En grant péril, en grant durté,
En grant trouble, en grant obscurté,
39905 Et subjection, et maistrisel
Poeuple est dangereux servise
Es lieux de enfer natureux
Plaisans, pénibles et morteux.
Bien le scet qui cest rommant fist :
399x0 Pluseurs jours en cest siégé sist
Du quel ne se pooit lever,
Ne esponchier ne se laver;
Et si congnoissoit bien sa vye
Que il maintenoit en folye.
39915 Folie n’est nulle pareille,
Ne scet se il dort ou s’il veille,
Et si ne s’en pooit retraire
Pour oeuvre que il peüst faire.
Et s’estoit, pour voir, congnoissans
39920 Que il estoit fol non sachans.
Bien sceüt aultrui chastïer,
Mais ne se sçavoit avoier.
Quant plus de partir s’en cuidoit,
Et plus en ce feu se boutoit,
39925 Ainsi com cil qui ne voit goûte,
Plus cuide fuir, plus s’i boute.
Maintes larmes en ot plourées,
Et maintes orisons orées,
Mais peu vault riens qu’on puisse faire ( 121 c)
39930 Affin qu’elles puissent desplaire,
N’enquirent nulle aultre rachine :
Seul fuir est la medecine.
Cil qui garder voeult son sçavoir,
S’honneur, sa santé, son avoir,
39935 S’ame, son corps, sa paix, sa vie,
Pense de eslongier s’amie,
Car eslongier par vérité
Fait entroublïer vanité;
Cui ainsiques faire le voeult
39940 Peu en est cui le coeur en docult.
Or se fault tenir du penser,
Par la poeut foie amour cesser.
Il n’est riens que l’homme n’oublie,
S’a l’eslongier bien s’estudie.
39945 Mais ung peu de fragilité
Fait continuer vanité.
Fragilité, comme est poissant,
Ne lait homme estre congnoissant ;
Fragilité conseil ne croit,
39950 Fragilité goûte ne voit,
Fragilité fait foloier
Ceulx qui deussent tout avoier;
Fragilité est une dame
Qui maine en enffer corps et ame;
39955 Fragilité fait perdre avoir,
Honneur, ame, corps et sçavoir ;
Fragilité voeult trestout faire
Quanqu’il lui plaist ou lui voeult plaire,
Ne voit ne guez, ne pont, ne rive,
39960 Toute sa volenté voeult sivre,
N’y voit perte, ne mort, ne vie;
Fragilité n’a ja envye
Fors de faire sa voulenté;
A tout a maint homme cousté,
39965 Et qui Fragilité croira
Jamais s’amie ne fuirra; {121 d)
Mais elle le porra bien fuire
Quant il n’ara de quoy déduire.
Car sachent tout jone et moyen,
39970 Riche, fol, sage et ancien,
Qu’els ne vous aiment n’ameront,
Que tant que gamy vous sçaront,
Tant vous vouldront blandir et sivre.
Je le sçay bien, qui fis cest livre :
39975 Quant el m’ot mis a petit port,
Elle me pourchassa ma mort.
Si prions Cellui qui tout poeut,
Qui tous biens donne et tous biens voeult,
Qui est sire de vanités
39980 Et de toutes fragilités,
Qu’il nous acroye cest honneur,
Que de nos corpz soions seigneur
Et qu’en foie amour ne soions,
Raison tousjours au coeur aions.
39985 Atant Thiebert son sermon fine,
Et vers son hostel s'achemine.
Cilz lui envoierent viande
Tant que de ce riens ne demande.
Et quant il ot assez preschié
39990 Et de pluseurs gens fu engié,
Plus l’eslongent, plus le congnurent,
Et moins a lui amer s’esmurent,
Car qui pluseurs bien congnoistroit,
On aime tel que on hairroit.
39995 Car pluseurs des choses nouvelles
Dient que sont bonnes et belles;
39908 pénible — 39912 se manque — 39930 Texte altéré — 39956 Corps h. ame et. — 39964 A maint
h., a tout — 39971 Quelles — 39975 elle.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
HUITIÈME BRANCHE
1 83
Quant hantées sont et congnues,
Elles sont peu chieres tenues.
Pour ce font bien aucun convent
40000 Qui muent leurs freres souvent,
Combien qu’en sont maint mal payé,
Car bien ont cel point apayé.
Hanter et longuement vëoir (122 a)
Fait maint peu plaire et peu seoir.
40005 Pluseurs font beau commencement,
Que puis ilz finent laidement;
Et pour ce, dist on de nouvcl
Tout est et gracieux et bel.
Et Thiebert, qui bien scet ce point,
40010 Se part et plus n’arreste point;
Si s’esmoeut en une aultre terre
Tant pour proflit que honneur querre.
Ainsi que son chemin aloit,
Tout au devant de lui venoit
40015 Une beste desordonnée,
Pale, le vis maigre, eschinée,
Grande comme ung asne et hidcuze,
Mate, monlt melencolïeuze.
Si tost que Thiebert l’a veüe,
40020 Monlt grant hideur en a eüe.
Bien le congnut, et sceut, et voit
De quel affaire elle servoit.
Comment et quelle est sa nature,
Ce qu’elle ayme et de quoy a cure;
40025 Si l’en a ung peu moins doublée.
Toutesvoiez l’a saluée,
Comme sage et bien enseigniez;
Dist : * Dame Tigre, bien vegniez!
Grand piece a que ne vous vis mais.( / 22 b)
40030 N’avez pas toudis eue paix,
Grant santé n’avez pas eüe,
Car je vous voy monlt deceüe.
Pour ce, me semble n’avez mie
Tout le soûlas de vostre vie.
4oo35— Thiebert amis, Dieu vous doint joye,
Et si m’amaint en telle voye
Que je puisse trouver santé I
J’ay partout cest pays hanté;
Sept ans a, ne finay d’aler;
40040 Mon vivre ne puis recouvrer.
Sept ans a que je ne mengay,
Viande en mon corpz ne boutay,
Ne ne sçay lieu pour moi repaistre.
Vëez donc se je doy maigre estre.
40045 Je ne m’en fais que traveillier,
40017 Grand — 40024 Ce manque — 40027 Com
— 40091 com je f. — 40092 Je lui b. tant.
Ne m'en sçay a qui consseillier ;
Se vous consseillier me poiez,
Tresgrant aumosne vous feriez. »
Lors dist Thiebert : « Quelle viande
4oo5o Vostre conplexion demande,
Et qui viengne a vostre nature?
Sçavoir si sçaray mettre cure,
Car se repaistre vous pooie,
Je cuid en vostre amour seroie.
4oo55 — Se je trouvoye femme feaulx
Qui fust vers son mary loiaulx,
Amast de coeur et obeïst
Et du tout son voloir feïst.
Tresvolentiers j’en mangeroie,
40060 Se aucunes je en trouvoye. »
Dist Thiebert : « Assez en arez ;
Par tant plus de cent en verrez
En ung marchié qu’est cy devant,
Où chascune son fillé vent,
40065 La demy millier en verrez;
lllec assés mengier porrés. (122 c)
— Alons y donc, » s’a dit la Tigre,
« Appareillie suis de suigre. »
Lors vers le marchié s’en allèrent
40070 Et monlt de femmes y trouvèrent.
Et lors Thiebert s'est escriez :
« Gardés, femmes, fuiez, fuiez!
Fuiez, vecy la male beste
Qui aulx bonnes femmes fait feste!
40075 Sachiez, icelle mengera
Qui le gré son mary fera,
Qui en pacïence demeure
Et qui bien le sert a toute heure,
Et qui lui porte loiaulté,
40080 Et de coeur fait sa volenté!
Fuiez, femmes, que ne vous voye! »
Adonc sault avant en la voye
Une qui huche : « Dampt Thiebert,
La Tigre cy son chemin pert.
40085 Monlt se forvoie quant cy vient :
Viande n’ara icy nient;
N’a cy femme qui lui affiere.
Moy meisme toute la première,
Vouldroye perdre ung de mes yeux,
40090 Et mon mary en perdist deux!
Dieu! com feroie bonne feste!
Tant lui batteroie la teste
Et tant trebuchier le feroie!
Je me mettroye en my la voye
40095 Vestue, gaillarde et parée,
— 40068 De vous s. — 40086 néant — 40089 Je v.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
184
RENÀRT LE CONTREFAIT
Pour estre la mieulx advisée,
Le chapellet en mon chief vert,
Ne g’erroye plus a couvert,
Quel temps, quel pluie que feïst
40100 On ne me veïst etoÿst;
Chanteroie qu'ung roussignolz.
Avec ces compagnons megnotz,
Par ces preaulx, en grant déduit, (1 22 d)
Partout m’cn irove de nuit ;
40105 Ne me feroie sommcillier,
Tant me feroie grapillier!
Aulx compagnons voulroie plaire!
Las! ou porrai tel joye querre?
Lasse! en quel lieu le trouveray?
401 10 Lasse! hé lasse! et que feray?
Trop puis en tel point demourer! »
Lors se print forment a plourer.
Dist l’autre : « Plourer ne doy mie,
Mais je doy bien plourer la vye
401 15 Que deables m’ont ou corps boutée,
Car je suis toute rassotée
De haine et de doleance.
De trestoute male voeullance
Que j’ay au coeur pesme et obscure
40120 De ce que mon mary tant dure;
Car j'aime ung joly clerc mignot,
Plus gay que n’est ung roussignot,
Qui souvent fait mon coeur joiant.
Hé, vray Dieu! et je l’aime tant
40125 Que trestout le coeur me sautelle
Si tost que l’oy et il m’appelle,
Car nulle fois il n’est lassés
De faire le jeu que tu scés;
Toudis vouldroit estre es archons
401 3o Et puis aulx jeux et aulx chançons;
A aultre chose ne voeult tendre,
Et mon mary, que on puist pendre,
Il ne me fait que traveillier,
De jour batre et de nuit grongnier;
4oi35 Et si ne poeut la chose faire.
Male mort le puist achief traire!
Quant je le voy, de docul je tremble,
De doeul me frémissent ly membre.
Morte fusse or, je vous plevis,
40140 Se ce ne fust mes chiers amis. ( / -j3 a)
Mon amv adès me confforte.
Et mon mary la mort m’aportc. »
Dist l'autre : « De vous ne m’esmay,
Car onequez mon mary n’amav,
40145 N’honneur ne fis ne rcverence
Fors par paour et par doubtance ;
Et s’a mon gré de lui estoit,
Anuit en la biere gerroit. »
Dist l’autre : « Aussi n’ay je pas garde,
401 5o Car quant mon mary me regarde,
Semble qu’il me doye férir
Et qu’il me doie sus courir;
Vouldroie les yeulx lui saulsissent
Et puis que les loups le tenissent ;
40i55 Car jaloux est (et cause y a)
Du beau varlet qui me pria
Pour Dieu que je fusse s’amie,
Et je ne lui en faillis mie,
Car souvent me fait le hary,
40160 Et il en poise a mon mary,
Lequel se puist le col brisier,
Tant le voeul amer et prisier ! »
Dist l’autre : « Je n’ay mie doubte
Que tu me faces de mal goûte,
40165 Que par toy soie couroucie,
Que nulle fois ne suis si lye.
Quant je voy mon mary venir,
Me semble mort me doit tenir,
Et quant amour monstrer me voeult,
40170 Trop durement le coeur me doeult ;
Tant m’annuie et tant il me griefve,
Par ung petit que je ne crieve,
Se ne fust la bonne esperance
De mon amy a quoy je pense,
40175 Qui a son voloir me tenrra,
Si com meschant mary morra. »
Dist l’autre : a De vous n’ay peür,(/ 23b)
Ains en suis trestout asseür,
Car j’aim bien, et si suis amée,
40180 Et si ay je m'amour donnée
A ung compagnon noble et cointte ;
Et je suis jeune, gente et joincte,
Sique bien nous entretenons
Et si prez a prez nous tenons
40185 Que on diroit, qui nous verroit,
De nous deux q’un seul y aroit,
Tant sommes tous deux d’un accord.
Et quant cil, cui Dieu doint la mort,
Qui tant me fait le coeur marry,
40190 Ce est a dire mon mary,
Quant il me voeult hurtebillier,
Vous nous orriez bien bataillier.
Tourner, esgratiner ou mordre,
Fuir, braire, tourner et tordre;
40195 Tant fort je crye et tant fort hue
40101 Et ch. — 40103 Je ne me — 40108 porroyc — 4011 5 monlt — 40149 pas manque — 401 53
que les — 40165 Ne que — 40171 il manque.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
HUITIÈME BRANCHE
1 85
Qu'on nous oit bien d’en my la rue ;
Viennent gens pour nous dessevrer,
Qu’avec lui n’ay cure d’ouvrer;
Tant le demaine et tost et tart
40200 Que son voloir de lui se part
Et me laisse ester par anuy.
Ainsi le hez, ainsi le fui,
Et toudis ay le coeur dollent
Tant que je le voy en présent. »
40205 Dist l’autre : « Vous faites que sage
Quant vous maintenez cest usage.
Encor sont cincquante ans passés
Qu’ailleurs ne furent mes pensés
Qu’Amours et compagnie sieuir
40210 Et toudis mon mary haÿr;
Mais oncquez tant Amourz n’amay,
Tant fusse je en juing ou en may,
Com je feroie maintenant
Se j'en vëoie aucun venant. (1 23 c)
40215 Mais je suis tant vile et Heutrie
Que nul n’a mais de moy envie.
Pour ce, m’estoeut de coeur marry
Malgré moy joyr mon mary,
Que s’aucun me voulsist joVr
40220 Mon mary ne daignasse oyr. »
Dist l’autre : « Qui est qui poeut faire
Que nul mary puisse ja plaire?
Nul ne porroit si puissant estre
Qu’il fist mary gracieux estre.
40225 Le mien par est si enuïeux,
Si pesant, si mal gracieux,
Et mon amy est si loiaulx,
Et si tresnoble, et si tresbeaulx,
Car, s’il vouloit, il voleroit
40230 Et droit en Paradis iroit ;
Mais ne le laisse que pour moy,
Car tant m’aime il en bonne foy,
Volé fust ore en Paradis,
Se il n’eust en moy son coeur mis.
40235 Trop cuideroit forment pechier
Le gracieux qui m’a tant chier,
S'en Paradis sans moy aloit.
Tost y seriesmes, s’il voloit. »
Dist l’autre : « Bien suis mal menée
40240 Et de trespute heure fus née,
Et toudis ay le coeur marry
De mon tresvielz puant mary,
Non scient et mal ordonné,
Quedeables ont a moy donné.
40245 A femme nulle n’a mestier,
De vin buvroit bien ung septier,
Tous les jours, sans faillir l’opine,
Et ne lui poeut lever l'echine,
Ne poeut monter ne soir ne main,
40250 Ne poeut ouvrer de quelque main;
Puis si s'endort, atant me lait. (1 23 d)
Lasse! dolente, qu’ay je fait?
Quant couchier avec lui me fault,
Morte fusse ore de deffault,
40255 Se ne fut ce qu’on m'a aprins,
Que j’ay aulx bons compagnons prins,
Qui scevent tresbien Bouchart batre
Trois fois le jour, et souvent quatre,
Si que frere Bouchart s’en loe.
40260 J’en fay a mon mary la moe;
La moe en doit il bien avoir
Qui n’a mais vertu ne sçavoir. »
Dist l’autre : « Pour néant en dittes,
Je daims trestous les maris quittes,
40265 Car mat sont, mort, frileux et lent,
Et senttent trestout le relent;
Bien scevent grouchier et grouller,
Mais ne scevent femmes lober.
Se Dieu, qui tous biens poeut aprendre,
40270 Venoit en terre femme prendre,
Puis que mary il devenroit,
Jamais jour amé ne seroit,
Mais devenroit lens et groucheux,
Et non poissant, et parecheux.
40275 Maris sont si trestost lassé,
Deffaillant, faintifz et cassé,
Et ne nous scevent apaier,
Et ne nous font mais qu’ennuier.
Car quant le mien mary je pris,
40280 II avoit tel los et tel pris
Qu’environ lui plus d’une lée
Il n’avoit femme demourée,
Jo;me, ne vielle, ne pucelle,
A qui il n’eust batu la selle;
40285 Nulle ne s’en pooit passer
Ne il ne s’en pooit lasser.
De Dieu cuiday estre arrousée.
Quant je devins son espousée,( / 24a)
Pensant qu’en déduit me tenroit
40290 Et que dormir ne me lairoit.
Or m’alaissié tout a ung fais
Que de ce ne lui souvient mais;
Bien fut trois jours en bon ordon :
Or ne vault son corps ung cordon .
40295 Je vouldroie qu’il fut en terre,
40212 je manque — 40228 Et manque — 40232 il manque.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
1 86
RENART LE CONTREFAIT
Demain iroye ung aultre querre,
Quant ainsi sont ores lassés,
Ces tresmeschans maris cassés.
Trop bien quatre jours me servi,
4o3ooOncquez puis son estât ne vi.
Par mon chief, deffaulte n’eüsse,
S’aultre chevance je sceüsse. »
Dist l’autre : « Femme, tant es sage.
Quant tu te tiens en tel usage.
4o3o5 Or vous tournez lez moy deçà,
Car je ne trouve mais pieça
Si sage femme que vous estes.
Nos maris nous tiennent pour bestes
(Ausquelz trestous Dieu doint les fievres!),
4o3io Mais ilz ne scevent ne que chievres,
Car se ilz nous laissent ouvrer
Et en nos sciences prouver,
Nous gouvernissions sagement,
Mieulx et plus proiffitablement,
4o3i5 Des choses qui cy aval sont
Cent mile fois que ilz ne font;
Mieulx feïssiesmes l’ordonnance
Et eussiesmes meilleur chevance
Cent mille fois que nous n’avons,
4o32oCar trop plus de bien nous sçavons,
Avec ce au dire les pointz,
Certes ce est ung malvais pointz,
Dont j’ay au cœur souvent couroux :
Mon mary fut or tout desroups,
4o3î5 Tant le bâtisse soir et main (124 b)
(Quant ad ce point pas je ne l’aim),
Que il ne pellst .viij. jours vivre,
Et Dieu ! tant en fusse delivre
De Tort vil vilain tout pugnaisl
4o33oJe n’en dy plus avant, me tais.
— Certes, » dit l’autre, « belle sœur,
Tu ne creroies a nul foeur
Com je suis tresmal mariée;
Bien m’a Dieu du tout oubliée.
40335 Mon mary se point sens eüst,
Bien prisié et honnouré fust,
Moy prisier jusqu’au deschaucier,
Car du tout l’ay fait avancier,
Com povre ribaut qu’il estoit
40340 Et en grant povreté regnoit.
Il print o moy si grant richesse
Qu’il est venu a grant haultesse.
Mais monlt bien le me scet merir,
Ce est souvent sur moy férir
40345 De puingz, de bastons sur ma teste;
De lui n’ay nul tempz aultre feste.
Trestous les menbres il me brise.
Or veez com le malvais me prise
Ne ne me hurtebille point;
4o35o Frere Bouchart il ne bat point,
Mais tient une aultre meschinette
Qui est gaye, mignote et nette,
Que il trop aime, a dire voir,
A qui il donne mon avoir,
4o355 Et sa joye avecquez lui maine;
Au moins se trois fois la sepmaine
Frere Bouchart batre vaulsist,
De ce qu’il fait ne mechausist.
Pour ce voeul a Dieu depüer
4o36o Que la mort lui voeulle envoier. »
Dist l’autre : « Je m’en vengeroie
Queparmonchiefcouxleferoie.(/ 24 c )
— Belle soeur, ad ce ne fault mie,
Car je suis a ung cler amie
4o365Qui souvent me fait le hary
Tout en despit de mon mary.
Plus en fesisse, se je peusse,
Et se l’aisement en ellsse. »
— Si fais deux amis, » ce dit l’aultre,
40370 «Ou trois qui bien batront ton paultre,
Tu ne feras pas grans merveilles. >•
Dist celle : «Tresbien me consseilles,
Mais il a les deux puingz si durs
Qu’il en abateroit deux murs.
40375 Pour ce, me convient supplier,
Contre mon coeur humilier;
Ne sçay que aultre chose en face.
Ses puingz fussent ores en glace,
Et sa teste de nesge fust,
4o38o Et sur lui eaue boullant plut,
Et fust aulx champs bien loingzde ville.
Ce dis pour ce que l’aim sans guille
Et que je sçay que il a tort;
Mais Dieu n’est pas de mon acord. »
4o385 Lors les aultres crient a ung fais :
« Dame Tigre cy riens ne fais.
Cy n'as tu pas trouvé ta proye,
Ne sçavons que droit cy t’avoye.
Toutes voulrions que nos maris
40390 Qui nous font si les coeurz marris,
Qu’a no gré ne poons amer,
Que tous fussent noyez en mer,
Qui boivent les bons vins sur lie,
Et puis nous donnent lez l’oÿe
40395 Siqu’en avons tous les yeulx pers.
4o3ii silz — 40322 poitz — 4o336 Lacune après ce vers[?).
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
HUITIÈME BRANCHE
D’eulx fust ores bouchié inffers,
Et Dieu que bon vin buveriesmes
Tant que toutes yvres seriesmes!
Puis nous feriesmes tant cuignier (124 d)
40400 Qu’on nous orroit de loingz vuignier.
Ne ja pour ce ne demourra,
Par le croix Dieu, bien y perra.
Nous ferons toutes no vouloir,
Combien qu’ilz s’en doivent doloir;
40405 Plus nous battront, plus roullerons,
Et toudis moins les priserons.
Le hault parler poeuent avoir,
Mais nous ferons nostre voloir;
Tant prendrons recreacion
40410 Que vouldra nostre intencion;
Bien sçarons nos amis attraire
Et jurer pour nostre paix faire,
Rire et acoller saintement
Et souvent baisier faulsement ;
40415 Fauveau torchié souvent sera.
Honnis soit qui aultre en fera!
Le corps et le semblant aront,
De l'avoir leur plaisir feront.
Nos amis aront jour et nuit
40420 Le coeur de nous et le déduit;
Et si ne leur siet si leur crouppe,
Nous leur ferons de leur pain souppe,
Car coux estre faillir ne poeuent;
Or en facent tout ce qu’ilz voeullent.
40425 Râlez vous ent, sire Thiebert,
Car qui cy demeure tout pert,
Et prengne la Tigre aultre cure ;
Pour lui n’a cy point de pasture.
Toutes sçavons bien, et nous membre
40430 De quoy, pour quoy sont nostre membre
Et comment on en doit user;
Nous ne les lairons pas muser
N’aviler par faulte d’ouvrer
40435 Et assez en recouvrerons
Tant comme souffrir en porrons,
Au moins celles qui belles sont( /25a)
Tant comme en beaulté dureront;
Et quant beaulté mais n’y sera,
40440 Lors Bouchart a repos sera,
Combien qu’au corpz bien en souvient.
Ainsi soit, ainsi le convient. »
Dist la Tigre : « J’ay fait mon fais.
Je croy ne mengeray jamais;
40445 Monlt a lonc temps que ne finay.
187
Par toutes villes esté ay,
Mais point n’y truis telle viande
Comme ma nature demande;
Et pour ce icy de cy m’en vois,
40450 Laissier moy morir en ung bois.
Et se ung recouvrier eüsse
Que je encore trouver peüsse
Ouvriers de bras qui deuement
Fissent journées loialment
40455 Et sans faintise et par raison,
Sans barat, sans male acoison,
Loiaulx journées voussist faire
Tant pour raison com a Dieu plaire,
Puis que femmes ne puis trouver,
40460 De ceulx voulroye recouvrer,
Fussent machon, ou Carpentier,
Ou'chareton, ou charetier,
Vigneron, torqueur, ou couvreur,
Bergier, courtillier, fauchillieur
40465 Et tous aultres de bras ouvriers,
D’eulx mengeroie volentiers.
Encore se de ceulx avoie,
Pas morir je ne me lairoie ;
Se trouvoie m’entencion,
40470 Prendroye recreacion.
Or en alons doncques quérir
Ou par deffault me fault morir.
Thiebert, pour Dieu or y metz paine ;
Es places des ouvriers me maine,(/ 25 b)
40475 La ou tous les ouvriers se loyent,
Que voye tous, et qu'ilz me voient. »
En une place sont venus
La ou sont tous ouvriers tenus,
Lou sont tous ouvriers atirés.
40480 lllec s’est Thiebert escrïés :
« Seigneurs ouvriers, or faittes feste.
Veez vous cy venue la beste
Qui les loyaulx ouvriers mengüe ;
Se nul en y a, ne s'en fue,
40485 Mais il viengne a nous humblement »,
Lors y est venu en présent
Ung recovreres qui la sist;
Tantost au devant d’eulx se mist,
De tous ses compagnons doubté,
40490 Par procuracion fondé
De leur oeuvre et leur ordonnance,
De leur fait, de leur contenance.
Lors dist : « Thiebert, cy suis venus
Pour tous ouvriers gros et menus;
40495 Si te dy pour mes compagnons.
40401 demoura — 40454 loialement — 40455 Et manque — 40466 De ceulx — 40469 Se je — 40470
Gy pr. — 40476 Que je — 40485 il manque — 40491 et ord.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
i88
RENART LE CONTREFAIT
Doubter, prisier ne te daignons,
Ne de nous ne te prengne envie
Que point n’aras de nous ta vye,
Ne n’ayes cure de nostre estre.
4o5oo Ailleurs te convient aller paistre. »
Dont dit la Tigre sans targier :
« Pour quoy ne te doi je mengier,
Ne tes compagnons ensement? »
Dist cil volentiers fermement :
4o5o5 « Au matinet a la levée,
Quant je doy faire ma journée,
Je suis plus matz et plus pesans,
Et plus entoumis, et plus lans,
Que le soir quant je m’en revieng.
4o5io Et touttesvoiez ce retien,
Combien que asseuré en soye, (j 25 c)
Et que bien sace ou ouvrer doie,
Pour ce que trop demeure face
Et pour le jour mettre en espace,
4o5i5 Séoir, muser, nouvelles vir
Et pour mes compagnons oyr,
Pour chascun demander ou oeuvre,
Ou chascun oeuvre et ce qu’il gaigne,
40520 Affin que plus de moy ne prengne,
S'aucun maistre son ouvrier songne,
J enquier de toute la bezongne
Se je me voy point decells
Que je ne prengne autant ou plus,
4o525 Et ma journée plus me vaille.
L’endemain voit ailleurs sans faille,
Et fusse je a ung an louez
Ou je y seray mieulx paiez.
Avant m’iray jesir au paultre
4o53o Que je me loue moins q’ung aultre.
Pour ce voyz au matin en place,
Et pour ce que le jour s’efface,
Quant je ay ce trestout sceU,
Lors suis vers mon maistre esmeü.
40535 Si me dist qu’ay trop demouré;
Ceste responce ay tost trouvé :
« A ung honme loué estoie,
Pour vous ung ouvrier y envoyé
Qui fera pour moy la bezongne,
40540 Mais il convient que je lui donne
Six deniers plus que ne donnés.
Et si m’en suis forment penez
Avant que je pour tant l’eüsse.
Mais jamais trompé ne vous eusse,
40545 Pour ce que convent vous avoic
Que jamais ne vous mentiroie.
Se six deniers y metz du mien.
Vous le resconpenserez bien;
Vous avez bonne conscience. » ( / 25 d)
4o55o Mais ung dy, et ung aultre pense.
Tous les matins ainsi me proeuve,
Tous les jours fais une controeuve,
Tous les matins vois en la place
Qui qu’en grongne ne qui qu’il plaice.
40555 Au matin une bourde aport,
Et pour mettre mon maistre a tort.
Tous ainsi nos maistres servons,
Ainsi tous accordé l’avons,
Machon, torqueur et Carpentier,
40560 Et aussi tout aultre mestier
Qui en place pour louer vont;
A cestui acord trestous sont.
Et quant je voy au jour ouvrer,
Mon varlet voeul o moy mener,
4o565 Que pour aprentis loueray
Et dont grant argent en aray ;
Au quel je fay journée prendre
Et ne scet monter ne descendre.
Envis scet il delez moy estre;
40570 Et je fay entendant au maistre
Que plus scet que de telz ouvriers
Gaignent tous les jours .xx. deniers,
« Mais pour .xi), vous servira,
Pour ce que je vous aim pieça;
40575 A ung aultre ne le douroye. »
Et tout ce metz a ma coroye.
Ainsi aprentis aprenons,
Et tout sur nos maistres prenons
Tant que nous faisons les enffans
40 5 80 Ouvriers pour nous a leurs despens.
Ores revenray a mon maistre
A qui je fay le mortier batre;
Je lui fay faire du mortier
Tandis que me voy sommeillier.
4o585 Et puis sur le toit monteray;
Illecques je me joueray {126 a).
D’une tuille trois fois ou quatre,
Feray le tour pour moi esbatre,
Car .viij. ou dix, se je vouloye,
40590 Tresbien assises en aroye
Avant que une soit assize,
Ne que une tieulle soit mize,
J’en metteroie une douzaine,
Et si n’en aroye ja paine.
40595 Sur le comble je chanteray,
4o5o8 Et manque — 40619 cc manque — 40523 deccu — 40527 je manque — 40556 Et manque —
40591 assise.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
HUITIÈME BRANCHE
189
Entre deux toitz je dormiray
Jusquez tant qu’est de desjuner,
Et puis aprez revois disner
Tant que voy le vespre venir.
40600 Ainsi me fay je maintenir;
Je feroy bien sans moy pener,
Ainsque j’oye prime sonner
Ce que je fay en la journée.
Mais quant on m'a tache donnée,
40605 La verriez jouer a deux mains
Que l’une plus que l’autre mains,
La verriez mains desgourdillier
L’une tourner et glacier,
L’une tourner, l’autre reprendre;
40610 A merveilles le porriez prendre;
La verrez vous mes mains voiler,
L’une a l’autre tieulles donner,
J’ay tantost ung grant toit couvert;
Lors porriez dire : « C’est ouvert. »
40615 Je fay plus en tache et ung jour,
Se Dieu me doint jove et honnour,
Que je ne fay en cincq journées.
La suis pesant comme plommées;
Mes mains entoumies et mortes
40620 Ne poeuent mouvoir ne que portes.
A toute heure je muirs de sommes.
Trestous de tel plumage sommes,
Et entaches sommes mouvans, (126 b)
Legiers et comme vent tournans,
40625 Car se nous volions bien ouvrer,
En ung jours nous porrions prouver
Qu’en six jours feriesmes sans paines
Ce dont nous metons trois sepmaines.
Aultrement que faire en ariesmes,
4o63o Et tant aussi ne gaigneriesmes.
Et s’aprendons nos aprentis
A estre tous lens et faintis,
Et adès gaigneront pour nous,
Et ainsi nous chevissons nous :
4o635 Nos maistres nous et varletz paient,
Quelque grevance qu’ilz en aient.
Grouchier poeuent et grouchcront,
Ja aultre chose n’en aront.
Que voulez vous que je vous die?
40640 Nous n’avons nulle fois envie,
Mais que il puist bientost nuit estre
Pour avoir l’argent nostre maistre;
Et s’un soubtil maistre sçavons,
Envis a lui a faire avons.
40645 Car il voit cler en son atfairc.
Pour ce pour lui ne voilons faire,
Car ilz voeullent estudïer
Et sur nostre oeuvre solfier;
Mais ces gens tout poissans tanneurs
4o65o Ou d’abbaÿe gouverneurs,
Ces despensiers, ces riches hommes,
Qui mettent en escript les sommes
D’une journée leur faisons deux :
Or me met double, et je suis seulx.
4o655 Et nous le sçavons bien mener,
Le bon vin boire et entonner,
Et mengier la tripe au matin.
Ainsi leur donnons le tatin.
Que voulez vous? il n’y a aultre.
40660 L’un poisson si se vit de l’autre (/ 26 c)
Je n’y suis que la matinée,
Et si lui compte la journée.
A telle gent fait bon ouvrer
Pour sa chevance recouvrer.
40665 Siques querez aultre sentier,
Que nous ne vous avons mestier. »
Lors ung Carpentier s’est drechiés,
Et si s’est forment hericiés.
Pour tous les aultres fu tramis,
40670 Si com des recouvreurs ay mis.
Pour tous envoyé y estoit,
Car tout leur affaire sçavoit,
Et de leur nature liez ;
Pour ce y estoit envoiez.
40675 Dist : « Beste, tu es forvoyé,
Et si es trop mal avoyé.
Je te diray nos ordonnances
Que nous faisons par aliances ;
Et qui aultrement le feroit
40680 Entre nous mie paix n’aroit,
Et qu’il ne fust forment hays
Et déboutés et esbahis.
Et monlt fort le diffameriesmes.
S’a nous contraire le trouviesmes.
40685 Tous les matins en place alons,
Et tout ainsi nous démenons,
Com les couvreurs font vraiement
Dont avez oÿ le convent
Icy devant en ceste page.
40690 Nous maintenons tout tel usage;
Ainsi nous sommes maintenus.
Or sommes en l’œuvre venus.
Contenance commenceray
Que trop bien bezongne feray;
40695 Ça et la iray, pour néant,
40606 moins — 40608 et manque — 40620 Ne se p. — 40649 tout manque.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
190
RENART LE CONTREFAIT
Et par ça et par la venant,
Diray : « Metz ces gantiers en place,(/ 2 6d)
De cest marien dole la face,
Oste cest ort, oste cest lait.
40700 — Volentiers, » dira le varlet.
Du fain me fault sans demourée
Pour tost faire de la charrée;
Du feu me fault, il n’y a el ;
Lignier me fault soeul et potel.
40705 Mon varlet ira besongnier,
Et g’iray ma hache aguisier,
Et aprez ma hache, ma soye,
Et trestout sur aultrui journée.
Ja aisément n’aguiseray
40710 Fors quant a aultrui jour seray.
La museray une grant piece,
Sur gantiers mettray une piece,
Par grant loisir cecy feray
Et puis ung peu l’adouberay,
40715 Et si en osteray le harlé
Qui n’y nuist mie ung oeuf pelé,
Fors ce que il en est plus beaulx,
Mais de nulle riens mieulx n’en vaultx.
Et puistantost le disner vient,
40720 Et puis a boire nous couvient.
En la taverne fay m’alée,
Et la fay longue demourée;
Et quant je ay bien prins mon aize,
Je reviens faire une mortaise.
40725 Je diray : « Par cy ligneras,
Et ce lachet y tailleras,
Et ceste filliere me pare. »
Je porte aiguisier ma tarelle,
Et si fais une noeufve mouche,
40730 Et lors reviens moullier ma bouce
A ung compagnon qui m’atent.
Illecquez demouray ja tant
Que je beu assez aray,
Et puis si m’en retourneray, (/ 27 a)
40735 O ma tarelle a mon costé.
Diray qu’il est bien acheré;
Ja fevre ne l’ara mouchié,
Ne ja homs n’y ara touchié.
A mon atelier revenray
40740 Et a mon varlet je diray :
« Fu cy nostre maistre ? Qu a dit?
— Oy bien, vous ay escondit. »
Et lors a ouvrer me prenray
Et ma robe desvestiray,
40745 Et feray illec une trace,
Et meteray marien sur face,
Jusques il est tant de disner.
Et la voeul assés demourer,
Et la je seray a séjour
40750 Jusqu'il sera nonne du jour.
Lors reprenray marien a batre ;
11 semble que je voeulle abatre
Ung grant chateau ou une tour.
Quant je voy mon maistre au retour,
40755 Je fay plus que ne feroient quatre;
Qui me orroit ce marien batre,
Pour néant seroie forsenés.
Si tost que mon maistre est alez,
Plus ne voeul batre ne bouter,
40760 Mais me convient aller gouster.
Ainsi la journée passerons,
Ne aultrement ne le ferons.
Nous ne poons plus dolens estre,
Quant riens demeure nostre maistre.
40765 Quant serons a aultrui journée,
Saciés, et c’est chose prouvée,
Nos aisemens aguiserons,
Et forgerons, et esmaurrons,
Et nos soies et nosgrans haches,
40770 De son bois et a ses dommages ;
A no pooir ainsi seront, (127 b)
Ja bon marchié de nous n’aront.
Je n’en voy oncques nulz lassés,
Mais j’en ay veli de cassés
40775 Si tost qu’aventure y venoit
Et que mal garde s’en donnoit.
Ce dy je pour les charpentiers
Et pour trestous aultres mestiers.
Especialment vignerons,
40780 Faucheurs, fauchillons. taillerons;
Nesun vous n’en y trouverez
De trestous ceulx que vous querez;
Et pardessus trestoute gent
Qui prendent loyer et argent,
40785 Fuiez ces deux sans approchier,
Ce sont charetons et bregier.
Ce sont les deux, a dire voir,
Qui font maint preudomme doloir;
Ce sont les pieurs, au voir querre,
40790 De toute la gent dessus terre
Et de pieur condicion,
De plus malvaise intencion,
Qui plus tost grant perte feront
Leur maistre et ceulx qu’ilz serviront,
40795 Ce seront ceulx pour qui labeurent
40712 metteray — 40736 O manque .
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
HUITIÈME BRANCHE
Et ceulx en quel hostel demeurent. ®
Dist la Tigre : « Plus je n’iray.
Jamais tel gent ne mengeray,
Ne jamais ne les quiers vëoir.
40800 Au deable puissent ilz sëoir !
Ma viande n’est pas cy preste.
Aucun trouver me faulsist certe
Qui ne fust point luxurieux,
Ataignans n’avaricïeux.
40805 Volontiers je m’en repeüsse,
S’en aucun lieu je les scellsse.
— Dame Tigre, » se dit Thiebert,
« Je n’en voy point cy en appert (/27c)
Que viande pour vous truissiez,
40810 Dont eschaper de mort puissiez.
Se vivre ne voulez compter
Aultre que ne vous oy nommer,
S’aultre viande ne prenez
De deffault tost la mort arez. »
40815 Dist la Tigre : « Je mengeroie
Volontiers, se je cy avoye,
Des marchans qui point ne juraissent
Et voirs de leurs denrrées comptaissent,
N’en voulsissent nul decepvoir.
40820 De ceulx voulsisse bien avoir,
De ceulx eussé je bien mestier
Qui loiaulment font leurz mestier,
Qui nulle fois ne menteïssent
Et a toutes fois voir desissent,
40825 Et le plus lait dehors boutaissent;
Ceulx la vie ou corps me boutaissent.
Et les loiaulx taverniers aim,
Preudommes, piteux, hostelain ;
Des advocatz voulroye avoir
4o83o Qui ne soustienncnt riens que voir,
Procureurs plains de pacîence
Et Lombars plains de souffisance;
Prenroye bien religieux
Qui ne sont avaricïeux,
4o835 Et sans luxure et sans envie
(De ceulx referoie ma vie),
Prélat, cui son estât soufist,
Et juge qui loialment dist
Sans riens prendre et sans rien clochier;
40840 Tel viande aroye je chier.
Si aim monlt piteux usuriers
Et véritables courretiers,
Gentilz homs humbles sans orgoeul ;
Se de ceulx tu vois nulz, j’en voeul;
40845 J’aim putain qui ne voeult riens prendre, ( 1 27 d)
I9I
Prestre qui ne scet la main tendre,
Seigneur terrien qui het argent
Et qui ne prent riens sur sa gent,
40849 Sergant raisonnable et piteux,
Marchant cui ce qu’il a soufist
Ne sans vouloir l’autrui si vist ;
Et se je trouvoie Prescheurs
Ou aucuns de ces sermonneurs
4o855 Qui preschent a tous abstinence,
Sobriété et pascïence,
Juner, veillier et aourer,
Et penitance, et labourer,
Que ce qu’ilz preschent ilz frissent,
40860 Leurs corps, leurs œuvres ad ce meissent,
Et ensieusissent telz sentiers
Tous ceulx qui sont d’aultres mestiers.
Or t’ay je assés nommé viande
Tel com ma nature demande;
40865 Tu ne te poeulx bien escondire
Que aucun ne m’en doie dire. »
Et dist Thiebert : « Je y penseray,
Et sur cecy conseil aray;
Mais je croy n’en trouveray nulz,
40870 Ne mal chaussiés, ne bien vestus. »
Dist la Tigre : « Bien y verrez
Et de icy vous vous en irez
Tant que ungde ceulx trouveray
Par qui respité je seray,
40875 Qui par cy devant passera,
Qui la vie me sauvera. »
Thiebert de lui se part atant,
Et la Tigre lait lamentant,
S’aucun par illec peust passer
40880 Dont elle se puist respasser.
Et illecques tant attendra
Que l’aventure lui vendra.
Or se gardent qui bien feront (/ 28 a)
Qui parcest chemin passeront,
40885 Car s’ilz font tresbien leur devoir,
La Tigre les vouldra avoir.
Or se gard bien qui la s'avoye,
Car s'aucun va par celle voye
Qui soit loial preudoms en s’oeuvre,
40890 Que la Tigre point ne le troeuve,
Tantost deglavié seroit,
Ja de mort il n’eschaperoit.
D’illec la Tigre avant n’yra,
Et le compte cy finera.
40895 S’en diray une aultre matière ;
40833 Si pr. — 40825 Et manque — 40857 j. et v. — 40838 Et manque — 40864 Telle — 40871 y
penserez — 40872 vous manque .
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
RENART LE CONTREFAIT
192
Or en entendez la maniéré.
Monlt est cil plain de grant science
Qui se scet vivre en pacïence,
Et cil n'est pas vuit de sçavoir.
40900 Qui scet bien pacïence avoir,
Quant au siecle qui or se tient
Et au siecle qui aprez vient;
Sages est qui se penera,
Qui pacïence en lui ara;
40905 Qui est cil qui ce porra faire,
Qui en meschief se peüst traire
Des horribles temptacions
Qui viennent aulx complexions
Des gens et de jour et de nuit ?
40910 En l’an mil. iijc. trente et uit
Et .xxxix. et trente et set,
N’ot bonne ville ne rechet
Ou gens fussent si bien muchiés
Que ilz ne fussent reverchiés ;
40915 Clerc, bourgois, gentil ne vilain
Ne demoura ne prez ne loing,
N’enfTant, ne varlet, ne pucelle,
A qui ne soit dit la nouvelle
D’aller en l’ost sans ostoyer
40920 Et en guerre sans guerroier. ( 128 b)
Qui n’y ala si envoia,
Toute sa finance paya,
Chateux, et corps, et paine, y mirent,
N’oncques colées y ferirent,
40925 Ne leurs ennemis n’approcherrent,
Virent ne sorent, n’encontrerent.
Ce fu guerre sans guerrier,
Mais ce ne fu pas sans paier.
Et puis qu'il eust bonne acoison
40930 D’acquérir deniers sans raison,
De gens firent arriéré ban
Ou nul ne fery fors roban
A son coussin et a son lit,
Ne nul n’en perdi son délit.
40935 A Amiens fist celle assemblée
Qui ne fut pas a tous emblée,
Car trestous les pays la murent
Et plus de cent milliers y furent.
N’y virent ne venant n’alant
40940 Qui leur desist fors bien vegnant,
N’y ot nul qui veist contraire,
Ne nul qui veist fors bien faire.
Ainsi com ilz furent mandés,
Ainsi en furent renvoies.
40945 Encor de rechief mandés furent
Qu’oncquez anemis n’y perchurent;
S’ilz ne hurtoient l’un a l’autre,
Oncquez n’y ot lance sur faultre.
A cestui dernier mandement
40950 Mist on a nom arriéré ban,
Qui aporta le bon loyer
Dont nul n’est quitte sans paier.
Puis que arriéré ban estoit,
Toutes gens paier convenoit;
40955 N’y ot ne varlet ne pucelle,
Ne chevalier, ne damoiselle,
Abbaye, franc clerc n’eglise, (128 c)
Sur qui somme grant ne fust mise,
L’une des sommes pour la guerre
40960 Qu’on disoit du roy d’Angleterre,
Et l’autre pour l'arriéré ban;
D’icellui ban nul n’estoit franc;
Pour arriéré ban ne pour querre,
N’y ot discencion ne guerre;
40965 N’y trouveront qui mal deïst
Ne qui destourbier leur feïst,
Ainsi les en fist envoier
Pour les subvencions paier,
Dont pluseurs sont en dureté
40970 Et maint jette a povreté.
Monlt estoit en ce temps scïens,
Qui vivoit comme pascïens;
Avec ce couroit tel monnoye
Dont on avoit petitte joye.
40975 Avec ce a gens de pays
Ostoit on charue et brebis ;
Les prairies furent gastées,
A pluseurs chevances ostées.
Qui est qui pascïence eüst,
40980 Ne qui en paix estre deüst ?
Pour aultrui fait, pour aultrui guerre,
On me vient ma chevance querre,
Dont je n'ay cause n’accion.
Et si m’oste on ma garnison
40985 Pour aultrui pais revengier
Qui ains ne m’ama ne tint chier !
Encores qui m’en seusist gré,
J’en montaisse sur ung degré,
Et en cuidaisse ung peu valoir,
40990 Et moins je n’en peusse doloir.
Encor y a brachès trachans
Remouvans et tout mal cerchans
Qui enquierent, cerchent, escoutent,
Et partout les secretz se boutent,}/ 28 d)
40901 ores — 40924 coles — 40949 dercnier — 40953 arric — 40978 leurs ch. — 40991 a il.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
HUITIEME BRANCHE
193
40995 Pour enquérir qui a méfiait;
Qui trop a dit ou trop a fait,
Qui a riens de l’autrui eüt
Qui aucun convine a scell,
Ou qui est trop desordonné.
41000 Tantost il est acoisonné,
Carenvis est ne joye ne ire,
Sur lequel on ne sace a dire.
Itelles accusacions
Font maintes percecusions,
4ioo5 Mengüent la gent et honnissent ;
Ame, corps et honneur périssent,
Et en sont fuitifs et lobé ;
Siques demanderez Thobé.
Puis qu’a passïence venons,
41010 Et de lui le sermon tenons.
Si en dirons donc ung petit
Pour nous donner bon appettit.
Qui bon appettit poeut combrer,
Envis poeut aprez mal user;
4ioi5 Pascïence fait maintes grâces
A cil qui voeult sieuir les traces;
Elle fait de peu riche homme estre,
De peu vestir et de peu paistre.
Qui pascïence prent en gré,
41020 Ne poeut sëoir sur bas degré ;
11 ne poeut povre devenir;
Pour chétif ne se poeut tenir ;
Ne scet qu’est meschief ne tristresse.
Mais son estât tient en richesse ;
41025 N’est mal couchié, n’est mal vestu,
De paine qu’il ait point batu;
Vilenies ne poeut oyr
Ne de ses œuvres mal joïr.
Ne mal temps ne lui poeut desplaire
4io3o Envis leur poeut nulz anuy faire ;
Nature lui a ce donné, (/ 2g a)
Trestout tient pour bien ordonné,
Tel comme et aultre ne voulroit,
Nulle aultre forme il ne prenroit
4io35 Sa forme lui plaist, sa nature ;
D’ajouster aultre a lui n’a cure,
D’aultre beaulté a lui adjoindre ;
Ne se voeult ne farder ne paindre ;
Si comme chapeaulx et vesture
41040 Qui enbellist ung peu nature
D’aultre substance acquérir,
Ne de chose qui puist périr;
De tout une noix ne dourroit,
Aultre com est, il ne voulroit.
41092 Et manque — 41093 seront manque.
Tome II.
Digitized by Google
41045 Isisdès dist : a Qui est en paix,
Il ne poeut porter pesant fais; »
Car qui son coeur voeult garder d'ire
Ne doit croire quanqu’il ot dire,
Car qui de s’oreille fait nasse
4io5o Grand tourment en son coeur amasse..
Ysidès dist : a Qui a pascience
Voit assez de ce que il pense. »
Quicuncquez vit et souffrir poeult
Il voit assez de ce qu’il voeult.
4io55 Senecques dit, et il dit voir,
Que bon fait fait pacience avoir.
Pascïence ne met en pris
Chapeau, couronne, vert ne gris ;
De tout cecy elle n’a cure,
41060 Mais prent en gré l’oeuvre nature,
Comme Thiesselin le Corbiaulx
Qui des oiseaulx n’est le plus beaulx;
Quant jouster vault a lui beaulté.
Dont il chey en grant vieulté,
41065 Et d’aultrui plumes se para,
Dont puis chierement compara.
Cy en orrez la cause dire :
L’Aigle qui des oiseaulx fu sire, ( / 2g b)
Et pour roy le doit on tenir,
41070 Ses oyseaulx fist a court venir;
Si leur manda par l’Esprevier
Que tous viennent sans delayer,
N’y ait nul qui derrier remaingncnt.
Tous s’esmurent, et tous y viengnent;
41075 Tous a la court du roy se tindrent,
Illec sagement se maintindrent ;
Dampt Thiesselin pas n'oublia
Qui aultrefois esté y a.
Sire Thiesselin ly Corbeaulx
41080 Regarda qu’il n’estoit pas beaulx,
Et maint tresbel oiseau iront
Qui a la court du roy seront ;
Noir et hideux s’i trouvera,
Et pour ce on le gabera
4io85 Quant ilz seront tous a conseil,
Blanc, vert, inde, bleu et vermeil,
Et vestus de pluseurs plumages
Et de coulleurs de grans parages;
Verra le cocq et le paon,
41090 Le orieul et le coulon,
Le terin, le cordonnereul,
Et la houppe et le lignereul ;
« Monlt seront cilz bel a vëoir,
Monlt deveront a tous sëoir;
i3
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
RENART LE CONTREFAIT
194
41095 Et cil tresbel oiseaulx de proye
Qui bien desservent qu’on les voye,
Monlt tresgrant honneur y aront,
Pour ce que bien vestus seront;
S’iront seoir avec les bons,
41 100 Et je seray noir q’un charbons,
Pute vesture et anuieuse,
Et pesant et mal gracieuse.
Nul n’est vestu de mon habit,
Qu’il ne soit tenu en despit,
4txo5Car a véoir noir meritable (727 c)
Habit noir sont espoeuetable,
Lais, et diffamés, et mesdis
Pardessus tous aultres habis,
Moins amé, prisié et creü.
41 1 10 En quelque lieu qu’il soit veü,
Car se Dieu les avoit vestus,
Si deveroit estre batus;
Mais oncques noir Dieu ne vesti,
Ne ne bailla, ne consenti
41 1 1 5 A ses apostles n’a aultrui.
Pour l’abit noir maleureux sui,
Pour ce plus je ne le suiray.
Moy las ! chétif, et que feray
Qu’avec nul ne porray sôoir?
41 120 Avec qui iray je manoir?
Avec les ennemis d'enffer
Qui sont aussi noir comme fer.
Nul ne fist compagnie si lie,
Se y suis, qui ne soit courcie.
41 125 Trestous aultres me despiront,
Et de mes ditz ne me creront,
Car mon habit est haineux.
Ilz me voulront crever les yeulx,
Car entre nulz biens je n’ay loy.
41 i3o En ung anglet me serray coy,
Car nul n’ara de moy que faire.
Mon habit ne poeut a nul plaire;
Et comment passer m’en porroye
Que je trouvaisse une aultre voye
41 1 3 5 Par quoy de beaulté ung peu eusse
Et que plus beau appareüsse,
Que me peüsse eslêechier.
Et ung peu sur mes pietz drechier. 0
Adonc pensa : « Par foy, feray
41 140 Tant que de leurs plumes aray,
Car bien ceste voye je voy,
Et puis les metteray sur moy. (12g d)
Lors seray blanc, jaunes et vers,
Quant je en seray bien couvers,
41 145 Beaulté n'est point sur eulx parant
Que sur moy on n’en voye autant;
Et quant je seray bien doré,
Je seray de tous honnouré,
Et lors dira on du Corbel :
4ii5o De tous oiseaulx c’est le plus bel. »
41 12 1 Avecquez — 4 1 1 39 je feray — 41 i5o On lit à la fin : Cy fine le second et derrenibr volume db
Rkgnart etc., puis le nom suivant : Jehan Duboys.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
NOTES DIVERSES
E T
VARIANTES CARACTÉRISTIQUES
DE LA PREMIÈRE RÉDACTION'
TROISIÈME BRANCHE
Cette branche, composée dans B, postérieurement à i328, correspond au commence¬
ment de la deuxième branche d’A (i32o) et à une autre partie intermédiaire de cette
branche, B ayant transporté dans sa quatrième branche près de i3oo vers où Renart se
plaint de son sort (A 24 c-27 a). Elle forme la partie initiale du Pèlerinage de Renart
que nous retrouvons dans la quatrième branche de B, et a pourpoint de départ, comme
dans le Roman de Renart (I, 265-267) la rencontre de Renart et d’un vilain. Cette
rencontre, en dehors de tout développement accessoire, constitue le seul trait de res¬
semblance des deux poèmes.
Vers 22415-23348. Dans cette branche assez courte, la rédaction A (2J c-24 c, 27 a-
3o d) a été remaniée et passablement allongée par B.
22615-22642. Au lieu de ces vers on lit dans A [24 c) une tirade de 12 vers parmi
lesquels les suivants :
... L’an mil trois cenz et dis et neuf,
Commansa cest livre tout neuf
Li clers qui oblier ne peut
Fortune qui chiès lui esteut;
Et il n’ot a faire néant.
• •
Pour ce s’ala esbeneant
Pour anichiller sun meschief
Dont il ne peut venir a chief...
22648. Après ce vers et les deux autres qui le suivent dans A (2 4 c), cette rédaction
e • • 9 •
qui confond dans sa deuxième branche les branches troisième et quatrièmé de B place
1. Cette première rédaction est tout entière contenue dans le ms. A (Paris, Bibl. nat. fr. i63o). ; Le
rédaction remaniée (B) occupe deux mss : B (Vienne, 2362; copie dans Bibl. nat. fr. 369) et B
(Bibl. nat. fr. 370), correspondant aux deux volumes de notre édition.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
RENART LE CONTREFAIT
196
les vers correspondants aux vers 23349-24636 de B ; il faut se reporter au fol. 27 a
d’A pour avoir les vers faisant suite au vers 22648 et remplaçant les vers 22649-22664.
22703-22704. Sur cette idée qu’on est vilain, non par la naissance, mais par les
sentiments, voy. Eustache Deschamps, Œuvres complètes, III, 1 6 1 -3 et IX, i5o-i.
22919-23000. Ce long passage sur l'orgueil n’existe pas dans A.
23ooi-23258. Le Chêne et le Jonc, devenu plus tard dans les fables de La Fontaine
Le Chêne et le Roseau , a été publié partiellement d’après B par Robert (I, 86-91).
L’auteur place ici la scène de ce petit poème à Troyes, en 1 3 1 8.
23097-23 t5o. Ces vers où il est fait allusion à la défaite des Flamands à Cassel en
i328 ont été ajoutés dans B.
23219-23258. Toute cette fin avec les exemples d’Enguerran, de Pierre Remy, etc.
est une addition de B.
QUATRIÈME BRANCHE
Cette branche comprend, en dehors du Pèlerinage, deux histoires empruntées au
vieux fonds de l’épopée animale ; la rédaction B correspond à une partie et à la fin de la
deuxième branche d’A (après i32o), ainsi qu’au commencement de la troisième; elle
a dû été écrite postérieurement à 1 338.
23349-24642. Dans cette première partie la rédaction A, quelque peu différente de B
(2 4 c-27 a) et aussi plus courte, ne présente pas la mention de Pierre Remy (v. 23q56-
23488), non plus que la rencontre de Renart avec Peur, Nature et Raison ; voy. dans
A [3o d) un passage différent sur le rôle de Nature.
24637. Pour retrouver la correspondance entre les deux rédactions assez dissembla¬
bles, il faut se reporter au folio 3o a d’A (cf. v. 22648).
24941-25234. Ces vers où Renart, et sans doute l’auteur, donne les détails sur sa vie
passée ne se trouvent pas dans A.
25299-25386. Au lieu des inconvénients qu’offre la vie en commun avec une vieille
femme, auxquels fait allusion la rédaction B, dans A [33 b-3ja) il n’est question que
des souffrances de la jalousie causée par une maîtresse :
S’il ne fuient ceste doulour, Et bien t’i pourras acorder,
Trestouz li pis en sera lour. Car tu les sez trestout par cuer,
Or te veil tes biens recorder Puis que i es sanz issir feur.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
NOTES ET VARIANTES
!97
.À premiers dont ies conforté,
C’est que ies an pechié morté :
Nuit et jour t’estet la pancer,
Que tu ne t’an peuz recenser
Et aveques se mal douloir.
Yez tu jalous et coubs, espoir ;
Par foi d’espoir, di ge folie,
Tuit le sont cil que famé lie;
Puis que elle espoussé ne l’a,
Ge ne pâlie point de sela,
Que celles ne le font pas toutes
Tant por honte conme por doutes.
Or retournerai a ta vie
Dont preudon n’ot onques anvie :
Tourjourstu viaux celle suir,
Cui trop miaux dellsses fuir,
Se an moustier la voiz aler
Tu querras qu’elle voist baler
Et c’elle est au sarmon alée,
Conbien qu’oies vehu s’alée,
N’iert que an doutance n’an soiz;
Se tourjours ou vis ne la voiz,
Et conbien que ou vis la voies,
Pances li cuers est autre[s] voies ;
S[e] elle est mate, el pance ailleurs
A un qui li sera meilleurs ;
S’elle est liée, por toi n’est mie,
Mès por un cui elle est amie ;
S’el couche tart, un autre atant ;
S’el couche tost, mal i antant ;
Se aucuns anvers li s’avoie,
Soit au moutier, ou soit an voie, [33 c)
Qui un sarmon li recitoit
Dira uns qu’aonez estoit
Qui d’amer la viaut anorter
Ou les nouvelles aporter.
Se a fenestre est ne an rue
Et son esgart nulle part rue,
Tu pances qu’aucuns doit venir,
Iqui te pourra decevir :
An quelconques leu qu’elle voise,
Tourjours ara an tuncuer noise ;
Panceras : trop a demouré,
Tourjours n’a elle pas oré;
Se trop tost revient, c’est deffaut,
Trouvé n’a pas se que li faut;
Ce elle a rien que tu ne li doigne,
Conbien que de son mari vaigne,
De son coussin ou de sa mere,
Tost an aras la bouche anmere ;
Diras de voir et panceras
Que ami a et cous seras.
De nuiz panceras a t’amie
Et diras que seulle n’est mie :
« Bien set qu’an mun lit sui couchiez
Et que mes huis est bien bouchiez ;
Mès ja ne sera si couvert
Que bien tost il ne soit ouvert I »
Iqui a toi t’aïreras
Et tantost toi lever iras ;
Face [ou] pluie, ou noif, ou vant,
Tu iras veoir a l’uis devant
S’il est faurs et nulz rien n’i oit;
Si croiras tu que il i soit ;
Diras : « Il y est, certains suis;
Se ge hurtoie ja a l’uis,
A lisir le deffermeroit ;
Andemantiers cilz s'an iroit 1
Par le cuer bé ! n’eschapera,
Car ge saré qu’elle fera ! »
La croupiras a ta fanestre
An un anglet ou an . i. estre (33 d)
Tant seras jalous ou destroit 1
La grulleras iqui de froit ;
Espoir la fievre t’an vandra
Et au matin il avandra,
S’elle son huis ouvre trop tart,
Panceras bien an a sa part :
Longuemant ont le main gehu I
Bien ont tout lor déduit ehul
Or ont il bien annuit ouvert!
Se l’uis est plus matin ouvert,
Panceras que issus an soit
Que ne veut pas que vehus soit.
S’elle a un po pale le vis
Ou les yaux anflez par avis
De trop dormir ou de veillier,
Tantost i voudras espeillier:
Sus un autre voudras gloser
Que ne l’a lessié reposer;
Jurt on ne jurt point, n'an croiras.
Par annui ansinque lairas
En disant : r MaleUrez sui
Con onques ge vostre(s) amis fui I «>
De nuiz ne pourras somme faire,
Mès que tournelles et tours faire ;
De jour ne feras que suïr
Et de santier an rue fuir.
Ja n’i orras a repos messe,
Ne sarmon ne nulle confesse ;
Quant ou moustier antrez seras,
La de ton pourfit po feras.
Ce ge vouloie venir a chief
De conter martire et meschief,
Les douleurs, les maux que cilz sant
Qui a telz doulour se consant,
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
RENART LE CONTREFAIT
I98
G'i metroie bien a delivre
Plus de mil queers de cest livre
A escrire la contenue
Que cilz a qui se continue :
Au dieble sont trestuit randu
Cilz qui sont a tel art tandu; (34 a)
L’art est mauvès et difamez
Et de touz bons si po anmez,
Car tuit vice a celui se lient
Si conme li docteur le dient.
255 1 1. Nouvelle allusion aux Vilains , cf. plus haut v. 22703-4.
256o6-25632. L’allusion à Pierre Remy est une addition de B.
25770. Après ce vers on lit dans A (35 d) le passage suivant relatif à la justice vas¬
sale de la Cour de Rome :
Le pouoir baillié ne m’a mie
Que ge t’asoille de tel(z) viel
— Atant, soit ! et aler i veuil! »
Atant feri son pié au seuil
Et dit que mès ne cessera
Jusqu’à la grant Rome cera, •
Que la demourent si parant
Qui vont avantures querant.
■ Con leur arai mes choses dites,
Tost cerai de mes pechiez quites;
Ce g’en avoie plus asez,
Mès que ge oie florins asez
Que je leur boute par les sains,
D’aus serai tenus por cors sains.
Foy suis quant j’acointai cetui
Ne conme onques a lui estui,
Mes amis n’est ne mes privez :
Conmant m’i suis or arivez?
G’irai viseter mes parans
Qui n’ont cure de sors harans,
De pain d’orge ne de racines,
Mès prennent les bones mecines
Et vivent aisse et a degois.
Et par saint Nicolas, g’i vois ! »
25771. Avec ce vers commence le pèlerinage proprement dit, dont le cadre présente
avec celui de la partie correspondante du Roman de Renart (l, 269-278) d’assez grandes
ressemblances.
25981-26048. La légende de saint Marcel a été publiée d’après A par Tarbé (p. 5i-
53); elle n’est pas sous cette forme dans la Légende dorée.
26069-26176. L’exemple des Deux frères , l’un religieux, l'autre mondain, n’est cer¬
tainement pas de l’invention de l’auteur de Renart le Contrefait] d’après la rédaction A
(38 a), elle sert de matière à un sermon.
26347-27030. Le Dit des Mestiers a été publié d’après A par Tarbé (p. 5 3-6 1 ).
#
26548-26720. Toute cette série de recettes médicales est une addition de B.
26851-26980. Ces vers relatifs aux métiers de Pelletier et de Tavernier ont été
ajoutés par B.
27023-27030. Ces vers ont remplacé dans B un assez long passage d’A (41 d-42 d],
au cours desquels Renart consulte un Vilain sur le métier de Laboureur :
Puis que li plest, ge m’i tandrai, Ne de son vouloir point n’issi.
Ja autre mestier nepanrai. » Lors va et quiert et se pourvoit
Adont de son ostel issi, (42 a) La ou sa voulante trouvoit.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
NOTES ET VARIANTES
199
Tant chemine, tant a rouvé
Qu’il a un grant vilain trouvé
Qui une charrue menoit
Cui tant duremant annuioit :
Miaux amast estre au geu des dez
Ou an la taverne mandez;
N’il chausist quel chemin tenist,
Mès que charrue ne tenist;
Voulantiers la vosist livrer
S’aucuns l’an vosist délivrer,
Fust par achat, fust par loier
Conbien que mal la deust payer.
Renars au vilain s’aresta,
Conbien que point ne l’aresta ;
Si li dist : « Dieux te gart, preudon,
A cui Dieux a donné bel don
Qui a labour t’a ordonné!
Autel m’eüst il ordonné
Ou le chemin ou qel prandroie,
Que voulantiers y antandroie,
Se ge pouoie par ancerchier
Trouver la chose que j’ai chier.
Pour ce te veil ge deprier,
Ce tu des mois ne hui ne ier
An as oï ne dit ne voir
Ou ge peüsse terre avoir,
Car voulantiers labour feroie,
Et bien fere ge le saroie. »
Li Vilains qui fu mont soutis (42 b)
Et a son vouloir antantis,
Dist : « Amis, ne me sanble point
Que de tel mestier veuilles point;
Il ne sanble pas a ta chiere
Que tu oies celle ouvre chiere,
Ne que ja jour fain an aiez;
Et par mun los ne l’essaiez ;
Miaux sanble a vostre demener
Que saüssiez dames mener
An une querole dancier
Et vilains a terre lancier,
Mener joie et oblier Deus,
Que mener charrue de beus.
Telle ouvre faire ne sariés,
Honte et danmaiche y ariés ;
Pour ce lo que vous an soufrez,
A vostre mestier vous offrez.
— Preudon », dit Renart, « bien peut estre
Que ge n'ai pas sanblant de l’estre;
Mais tu doiz savoir qu’an brieztans
Change voulantez et biaux tans :
Se j’ai un ordon maintenu
Et grant piece m’i suis tenu,
Or me plest un autre ordon prandre,
Bon fait torjors le bien a prandre
Et tout le mal chemin lessier.
Se tu cez qui veille lessier
Sa terre, et ge la prandroie,
Et mont bon loyer Tan randroie ;
N’i avroit faute ne lanté.
— Tu as trouvé ta voulanté, »
Dit li Vilains, « ge te promet
Ceste, c’ilec es mains te met, »
Dit li preudon, « d’or an avant. »
Lors fu ilec faiz le convant.
Lors dit Renars : « Que eür a? »
Tout maintenant l’asseüra ;
Pour arpant .v. sols li promet,
Et tantost an ouvre se met.
Renars est preudon devenus (42 c)
Et si c’est au labour tenus.
27098. Le ms. A (4J a) place ici 4 vers qui donnent la date de sa rédaction :
Qui de fain est mont debatus, Ce fu an l’an trois cenz et vint.
C’est an la forest anbatus ; Or antandez qu’il li avint.
27099-27426,. Cet épisode des aventures de Renart qui n'existe pas dans le Roman
de Renart , a pour origine une fable très ancienne où le rôle du Corbeau est tenu par
une Singesse. La version d’A [43 a-45 b) publiée par Robert (I, 348-352), est plus
logiquement placée dans l’ordre des branches avant le Plaid , où le Corbeau vient
déposer sa plainte contre Renart (voy. plus haut la note des v. 3725-3744).
27209. L’allusion à Pierre Remy manque dans A avec les v. 27201-27210.
27248. Ce vers rappelle la fable ésopique bien connue du Renard et du Corbeau
(Robert, I, 5-62).
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
200
RENART LE CONTREFAIT
27327-27370. L’exemple du Marchand de Cendres est une addition de la rédaction B.
27429-27442. En place de ces vers, la rédaction A contient une imprécation contre
le Vilain (45 b) :
Li piez li charge, et il fu Uns,
Et de trop mangier feu pesanz :
Mont s’an courrouce et [s’an] despite.
Lors a une parole dite :
c Li maus eürs soit hui doublé
Au vilain qui sema se blé,
Que ge n’an puis mes piez avoir!
Il eüst fait plus grant savoir
S’il eüst tout sest bief vandu
Qu’il a ci aval respandu,
Et de trestout les deniers pris,
Et achetez mangiers de pris,
Et chars, et tartres, et oisons,
Et ses tresbonnes venisons,
Et a moi et a mes amis
II eüst tout devant nous mis!
Nous les mangisiens voulantiers,
Que se est bien nostres mestiers.
Dahaz oit or qui lesse rien
A vilain qui ne set de bien ;
Vilains qui a honneur n'antant
Et (qui) a courtoisie ne tant,
Qui ne cert que de ranponner,
L’on li doit todre et rien donner
Ou est richece miaux perdue
C’an vilain qui adès manjue
Ne ne desirre autre mestier
Mès que tourjors boire et mangier?
Bien est an lui perdu pour voir,
Belle dame et grant avoir;
Grant bien fait cil qui tout li tost,
Mès que se soit et bien et tost,
Qui rien li lesse pechié fait.
Certes mal a li vilains fait
Qui a ci son bief respandu 1 [45 c)
Miaux li vausist estre pandu !
Ce ge lui connoistre onques puis
Et ge grever tresbien li puis,
Ce g’en devoie autrui prier
Ne m’an ferai ge ja prier.
27470. Après ce vers, B a supprimé un couplet d'A ( 45 d) sur le Grillon :
Li saiges avant pancer doit
A cui ne de coi palier doit
Celont la matière, et celui
Responde, opose et mete lui,
Car grans sanz est celont m’escole
De connoistre a cui l’an parole.
Ge connois Frobert de lonc tans,
Car saige[s] est et bien chantans ;
Il se met en chanbres a rois,
A chevaliers et a bourgois ;
De nuiz chante en leur fouier.
Ou plese ou doive ennuier ;
Mès li plusor volantiers l’oient,
Conbien que soit, pas ne le voient;
Hons ne beste n’ose hanter
Ou leu ou Frobers va chanter;
Nus métré ne s'i oseroit,
S’an li savoit, perdus seroit
Hons, chaz, ne chienz, ne autre beste
La ou Frobers moine sa feste.
Donc est il droit par saint Amour
C’on li doie porter honnour,
Quant sa nature est de hanter
En chambre ou nulz n’ose antrer,
De chanter et de mener feste
Ou nulz n’ose lever la teste.
27558. Après ce vers, B a supprimé un passage d'A relatif à la Perdrix [46 c-d) :
An la fin perdus en seras,
Sanblant a la Perdriz seras
Qui an tout l’air, l’aive et la terre,
Par tout peut son vivre aler querre
Et par tout esbatre se peut
En touz les leus que ePe veut :
Bois, yiaux, vignes, chanp sont a lé
Et ou elle a par (tres)tout aie,
Loin, haut et bas, tout sanz dangiers.
Et lors chiet elle an uns aliers,
Tant les seust et tant s’en costoie,
Qu'il la moinent la droite voie
Digitized by
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
NOTES ET VARIANTES
201
En la chauce de la tonnelle ;
La trestouz ses deduiz pert elle
Car oncques n’ot grant bandon
Con or a plus petit landont
Tout le monde a lessié ouvert
Et s’a si folemant ouvert (P).
Que sanble que tout l'air despise (46 d)
Qu’el s’est an une chauce mise.
Certes trop fol charge fet elle
Quant tout l’air change a la tonnelle,
Dont jamès issir ne pourra,
Mès bien prochienemant morra.
Renart, autel loier aras ;
Con assez foloié aras;
Lors cherras en une prison
Ou an si tresgrant marrison
De povreté et de malaige
Que jamès n’itras de servaige ;
An anfersera ta maison.
Tant ont cil qui guerroient Raison,
Se tu veuz l’Escriture croire
Qui tesmoigne parole voire.
27603-27622. Au lieu de ces vers, on lisait donc A [47 a) une satire contre les
Hospitaliers :
Mi ami estoient, si m’an poisse ;
Ancor me dout qu’elle ne voisse
Opiteliers anhaïssant,
Qu’el les va ja anvaïsant
Que por li ne veulent rien faire
Et sont dou tout si aversaire;
Voulantiers dire leur feïsse,
Car ge dout qu’el nés anvaïsse.
Il s’antrevont ja gourdoiant,
Chascuns an peut estre voiant.
Las 1 moi difamez an seroie,
Car un de mes manbres perdroie
Des plus grans après les geniis,
La suis ge le plus antantis ;
Icil sont mi plus mestre chief ;
De ceulz ne vandra ja a chief
Car se de ceulz a chief venoit
Et jusques a li les menoit .
27685-27688. L’allusion à la nouvelle persécution des Juifs en 1 320 est une addi¬
tion de B. (Cf. précédemment le texte en prose (1,294) et plus loin les v. 30844-30848;
voy. aussi la note des v. 31867-32096).
27707-27734. Ce passage où figurent les Flamands ne se trouve pas dans A.
27753-27756. Ces vers relatifs à Pierre Remy ont été ajoutés par B.
27787-28380. Cet épisode bien connu de l’épopée de Renart présente ici un état plus
ancien que le Roman de Renart (I, 1 5o- 1 5q). Le texte de A a été publié par Robert
(II, 3oo-3o7) et par Tarbé (p. 62-69); des résumés des fables d’Eudes de Cheriton
et de Jean de Sheppey ont été donnés par L. Hervieux [Les Fabulistes latins, IV,
192 et 441).
27823-27824. Ces deux vers ont remplacé dans B la tirade suivante d’A [48 b) :
Ge voi bien, nus si cler ne voit
Que an touz ses faiz saiges soit,
Nulz n'est si gaitans, ne soit pris,
Tant oit bien Elanches apris
Qui aprant conmant l’an se gart
De tresze branches de mun art.
Mès n’i vaut, tant apanre puisse
Qu’hon plus soutif de lui ne truisse,
Ne ja nulz tant d’art soutilz n'iere [48 c)
Que decevance ne le fiere.
Par moi ont été deceüs
Maint; or suis an bisme cheüs.
Digitized by
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
202
RENART LE CONTREFAIT
Ansinc m’a mené ma folie Se ge eüsse esté amis
Et la mesfaçon de ma vie A Raison et son vouloir fait,
Qui bien est a veoir an apert. Ancor n’eüsse pas se fait;
Voiremant, me dit voir Frobert; Mont l’ai despitée souvant.
Or suis an la tonnelle mis : Or voi qu’elle me tient couvant.
28089-28157. La tirade sur la gloutonnerie est une addition de B.
28319-28375. Ces vers où l’auteur se plaint de son siècle ne se trouvent pas dans A.
28381-29662. Avec cette longue suite de conseils donnés par Renart à sa maisnie,
la rédaction A commence une nouvelle branche, sa troisième, qui se rattache directe¬
ment à ce qui suit. La coupure est donc meilleure que dans B. On lit dans A [5 1 b) au
lieu des v. 28381-28388 de B :
• _
Ce fu an mai au temps nouvel Li valiez plore de grant fin
Que Renars tint son fils Rouvel Pour ce que a mangier n'avoit.
Sus son giron par un matin ; Renars a grant deul quant le voit....
28408. Après ce vers on lit dans A (5/ c) deux passages l’un sur Abel et Cayn,
l'autre sur Ponce Pilate, que n'a pas conservés la version B :
De perdre ame; cors et honneur ;
Foi que ge doi Nostre Seigneur,
Il a Ions tans que vous vivez
Et que vos malices suivez
Dès que K(a)yn occit Abel ;
N’est vostres mestiers bon ne bel,
Pour ce qu’Abel fu sanz malice ;
Quant il fasoit son sacrefice
La plus belle beste prenoit
De tout son troupel et l’ardoit,
Car son Créateur a/imoit mont ;
La fumée an aloit amont
Qu’il ouvroit sanz malicier.
Quayns a son sacrefier
La plus meschans beste prenoit
De toutes celles qu’il avoit
Et que il y pouoit onques querre;
La fumée an antroit an terre
Et aloit an anfer aval
Pour son malice et por sun mal,
Et pour le cuer qu’il ot si fel.
Et li sacrefices de Abel
Qu’il fasoit bien et doucemant
S’an aloit a Dieu propremant.
Quant Quayn vit se maléfice,
La fumée de son sacrefice
An anfer aval an fondoit
Et la son frere amont montoit,
Ne print pas garde au bon voloir
Que ses freres pouoit avoir
N[e] a sa mauvesse avarice
Qui est uns maus doulereus vice,
Si con cil qui son disme taille
Qui la plus meschans gerbe baille.
Pour ce print sus son frere anvie
Et pour ce li toli la vie.
Par vostre consoil occis fu,
Parvostre art dont Kayms plains fu.
Dès lores fustes vous maudiz,
Vos ouvres, vos faiz et vos diz,
Vostre lignie et vostre anfant.
Or savez vous bien se ge mant;
Or ne vous an courreciez mie (5/ d)
Se ge conte un po vostre vie,
Car ge suis famé, ne puis taire,
Car ge sai trestout vostre afaire.
Devant Ponz Pilate feüstes,
La grant conpaignie y eüstes
Iqui ou Dieux fu acussez,
Vous qui de mal malice ussez
Fustes generalmant voiant,
Ou Pilâtes dist touz oiant :
« Ne voi an cest home nul tort
Par coi il doie panre mort. »
Vous qui Raison acusoiez
Et qui grant paour avoiez
Digitized by
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
NOTES ET VARIANTES
203
Que vérité morte ne fust
Et vos mauvès conplirs ne fust,
Deites : a Pilate, met le a mort,
Ou soit a droit, ou soit a tort,
Et voulons que il soit pandus.
Par tel ses sanz soit espandus
Et sus nous et sus nos anfans ! »
Tout ce fu dit de vostre sanz.
Pour ceste causse occis fu.
Et tout par vostre consoil feu
Dont vous et vostre anfant vivroiz
En servaige, si con devroiz,
Et tourjours povremant vivrez
Et art de cusançon avrez.
Encor se vostre anfant elisse[n]t
Art par coi chevir se peüssent
Avant que issisiez de vie,
Adès leur alast il mi(?) vie.
28636. Après ce vers on trouve dans A (53 b-c ) une variante de l'anecdote attribuée
plus haut à Antigone. Voy. la note des v. 4799-4823 :
Dont il avint que un ribaut
Qui avoit le cuer fol et baut,
Mauvestus et an put aroy,
Enmi le chemin vint au roy
La ou son chemin chevauchoit ;
Si près se mist qu’a lui touchoit,
Et dist : « Rois, un don te requier.
— Quel? — Que me doignes un denier (53c)
— Non ferai. — Ha! sire, pour coi?
— N’est pas dons qui afiere a moi.
— Rois, cent livres me donne don,
Puis que tu ne viaux petit don. .
— Non feré, pour ce que n’avient
Que telz dons a toi n’apartient ».
Ensinques cilz partiz s'an est.
Pour ce vous di ge que bon est
De pancerquies tu qui donnes.
Et qui est cilz a cui tu donnes.
28775-28812. Ce fabliau de la Nonnette , dont il existe d’autres versions dans les textes
du moyen âge, a été publié dans la Romania (XXXIV, 279-283) d'après A et B. C’est
le Psautier de La Fontaine, imité de Boccace et autres.
28829-28870. Cette histoire de Diogène crachant au visage d'un propriétaire trop
luxueux se présente originellement dans la vie de Diogène insérée par Diogène Laërce
dans ses Vies des philosophes ; elle a été attribuée aussi à Aristippe. Voy. sur le livre
de Diogène Laërce, Eustache Deschamps (Œuvres complètes, XI, 214-5).
28893-28944. L’explication de l'esprit médisant de Keu par le fait qu’il aurait été
nourri par une femme de mauvaise nature est contraire à la tradition qui veut que le
roi Arthur et son séneschal aient été frères de lait.
291 17-29218. Ce long passage où l'auteur conseille de ne pas se mettre en amour de
femme , si funeste au clerc qui a écrit ce rommant , est une addition de B.
29231-29330. L’aventure de Dédale et d’Icare, {servant ici d'exemple pour enseigner
aux enfants à ne pas s'écarter des recommandations qu’ils ont reçues de leurs parents,
a sa source dans les Métamorphoses (VIII, 3) d’Ovide.
29345. Il a été fait plus haut une allusion beaucoup plus longue à Ferrant et à sa
mère. Voy. la note des v. 2645-2814.
29351-29650. La partie en prose du ms. B* (I, 227-228), présente déjà un abrégé des
Merveilles de Virgile , et plus loin un passage de B1 (v. 34289-34308) est relatif à la
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
204
RENART LE CONTREFAIT
mort du grand enchanteur. Le plus grand nombre des vers donnés ici par B’ ont été
publiés par Edelestand du Méril ( Mélanges arch. et litt., i85o, p. 440-4) et reproduits
sans changements par D. Comparetti [Virgilio nel medio evo , 2e éd., 1896, II, 207-21 1).
Sur Virgile dans la corbeille, voy. aussi Eustache Deschamps (XI, 25o-25i). Les v.
29331-29662 n’existent pas dans A.
CINQUIÈME BRANCHE
Cette branche de B contient trois histoires dont l’une n’est que le complément d’un
conte terminant la quatrième branche et dont les deux autres, œuvres personnelles,
semble-t-il, du clerc de Troyes, nous montrent Renart non plus victorieux, mais vic¬
time à son tour de deux animaux réputés par leur manque d’intelligence, Brichemer, le
Cerf, et Brun, l’Ours.
29663-29876. Cette histoire qui n’est que la suite de ce qui précède a été composée
dans A en i320 (v. 29871) et forme dans cette rédaction, en ne tenant pas compte des
v. 29331-29662 ajoutés par B, la fin de la troisième branche, qui de la sorte offre une
meilleure coupure- {5y d).
29723-29748. Cette partie relative aux faits et gestes du Vilain a été allongée dans B.
29824. B a supprimé après ce vers le discours tenu par Renart à son fils Rouvel
pour l’engager à fuir, et ainsi à lui sauver la vie (A. 5y b) :
Ge an veil mun fil anvoier
Pour eus faire touz desvoier. »
Renart se traï vers son fi
Qui de tout se riens n’antandi;
Si li dist mont piteussemant
De cuer courrecié et doulant;
b Biaux fils, foi que doi saint Bernart,
Tu retraiz mont bien a ton art;
Ge m’an tien mont bien apaiez
Car saiges iez et avissiez,
Car ta proie as bien tenue
Et saigemant l'as or ehue ;
Ta première chevalerie
Porteras ta mere m’amie,
Et la me salue bonnemant
Et touz les autres ansemant.
Ceste poule anporte avec toi;
Or tost I biaux filz, tost 1 haste toi I >
29871-29930. Ce prologue sur la Grâce est une addition de B.
29931-30344. Cette nouvelle histoire où paraît Brichemer commence dans A la cin¬
quième branche [14g b-i5i c), dont la scène se passe au moment où Renart quitte la
Cour du Lion.
3oo6i-3oio2. L’intervention de Grimbert le Taisson est une addition de B.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
NOTES ET VARIANTES
205
30246-30327. Cet exemple du Lombard et du Provençal que l’auteur donne comme
une aventure s’étant passée à Troyes, en i3oo, ne se lit pas dans A.
30344-30730. Dans ce nouveau conte où Renart est maltraité par Brun, on peut
comparer la balourdise de l'Ours avec celle qu’il montre dans la fable de La Fontaine
L’Ours et l' Amateur de jardins [ Robert, II, 1 3 5- 1 36).
3o49i-3o53o. Nous trouvons ici dans ce conte qui rappelle les Animaux malades de
la peste une allusion à un épisode aujourd'hui perdu du Roman de Renart.
3o539*3o662. L’exemple du vilain enrichi qui ne sait pas comprendre le conseil
donné par Salomon enfant et marie sa fille à un mauvais chevalier est une addition
de B.
30696. Après ce vers on lit dans A [i53 a) :
Sique ge ne sai ou ge vois, Qui un sac au devant tandroit,
Ne sai se sui an pré n’an bois ; Pour trop po dedans me metroit.
N’est-ce point là une allusion de l’épisode connu de Renart dans le sac ?
SIXIÈME BRANCHE
Cette branche de B, postérieure à 1 337, correspond à la suite de la cinquième branche
d’A(t32t); elle comprend, outre une aventure dont Renart est victime, le récit de
l’épisode de Chantecler le Coq et de Renart, noyé au milieu de citations d’auteurs et
d’histoires de tout genre. La rédaction B présente en général de nombreuses additions
au texte d’A ( i33 a-i6g d).
30856-30929. Ce long passage de B où il fait allusion aux malheurs de différents per¬
sonnages, cités déjà plus haut (v. 23221-23254) pour la plupart, ne sont représentés
dans A (i53 d) que par les 6 vers suivants :
Saiges, riches, jeunes ne biaux Et tourjourssa vie menay
Ne peut touz achever ses diaux ; Et de mener me sui penez
Renars ai esté, non an ay Et si n’an puis estre senez.
30940. La version A nomme l’évêque de Troyes (04 a) :
Guichars, que ge a (très) sage tien.
La partie de la rédaction B relative à l’évêque Guichart a été utilisée pour le Procès
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
20Ô
RENART LE CONTREFAIT
de Guichard, évêque de Troyes[ 1896), par M. Abel Rigault qui en a publié 146 vers
(p. 23o-235). La version d’A a été publiée par Tarbé (p. 90-93).
3iooo-3ioi8. En place de ces vers, qui font l’éloge de Jeanne, comtesse de Cham¬
pagne, fille de Philippe-le-Bel, A ne présentait que 4 vers insignifiants.
3io65. Dans A l’évêché qu’on offre à Guichart est situé en Grèce.
3io89-33258. L’épisode bien connu (R. de Renart , I, 91-104; cf. Romania,
XXVIII, 296-303) de Chantecler et de Renart est ici délayé au milieu de longs déve¬
loppements étrangers au sujet. Le résumé de cette histoire se trouve dans Eudes de
Chériton, Jean de Sheppey, Jean de Capoue et Baldo (L. Hervieux, Les Fabulistes
latins, IV, 198 et 446, et V, 200 et 371). Voy. aussi Sudre, p. 294 et 3i 1-317.
3 1 322-3 i359- L’allusion à Hector et à sa femme Andromède ne se trouvent pas
dans A, non plus que le souvenir de la mort du comte de Bar allant mourir en
Chypre, en 1 337, malgré les conseils de sa femme.
31617-31723. Le Vilain et l'Ane aux deux paniers a été publié d’après A par Tarbé
(p. 90-93).
3i753-3i758. La rédaction a ajouté ici quelques vers de satire contre les Béguines.
31787-31862. Le conte des Deux Aveugles de Rome qui figure plus tard dans
plusieurs recueils italiens du xv* siècle (Robert, I, cxlix), a été publié d'après A par
Tarbé (p. 93-96).
31867-32096. Les éléments de cette histoire Les deux Clercs et leur Seigneur, sont
empruntés à deux récits très répandus au moyen âge qui appartiennent à la Vie des
anciens Pères, l’un Du roi qui volt fere ardoir le fil\ de son seneschal (Méon, N. R.,
II, 33 1-36 1), et l’autre Dou Juïtel qui fu mis el four de voirre (Eug. Wolter, Der
Judenknabe, t. II, 1879, de la Bibliotheca normannica de M. Suchier). Dans la
version B, c’est Chantecler qui parle; c’est Renart au contraire dans la version A,
publiée par Tarbé (p. 98-104), laquelle après quelques vers faisant suite au v. 32096
ajoute ( 160 c) un passage sur la persécution des Juifs en 1 3 2 1 , placé plus haut dans B
(v. 27679-684) :
Pour ce te di ge, Chantecler,
Ce tu te viaux an Dieu joïr
Et mun sarmon souvant oïr,
Tu seras gardez de touz maus,
En la fin en Paradis saus.
Trè toi vers moi, ge t’asorrai,
Et plus ci ge ne demourai.
G’irai preschier aus moines noirs,
Qui plus dient bourdes que voirs;
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
Car dès lors vit il quelz il fu.
Par Dieu belle miracle feu :
Tresbon fait tel seigneur servir,
Qui si bien le set deservir.
Cilz qui ne le cert, se forvoie ;
Pour ce me sui mis an sa voie,
Traiz a Dieu et dou siegle ostez
Qui est mauvès de touz costez.
Li saige le voient bien cler
Digitized by
Google
NOTES ET VARIANTES
207
Le monde vont trop décevant,
Moi meimes grievent il souvant. »
Adonques c’est Renart tehu
Et Chantecler c’est esmehu.
« Taiz toi, » dist il, « tresmauvès lerres,
Touz faus et mauvès bareterres,
Pires que loups, pires que chiens,
Ge ne te croiroie de riens ;
Me cuides tu a dormir trere,
Ne par tes paroles atrere? (160 d)
Juïs mesiaux plus tost querroie
Et plus grant fiance y avroie
Qu’an l’an mil trois cenz un et vint
Si grant meschance leur avint,
Ja soit ce que il fussent ars,
Par touz pals, par toutes pars
Pour les yaux qu'il anpousonnerent
Et pour les pousons qu’il donnèrent,
Mirent es puis et es fontaines
Dont il souffrirent plusseurs poines;
Tout le monde tuer vouloient,
Cil qui an cest ordon estoient,
Par touz pais ansinques firent
Siconme il meïmes dirent ;
Tuit connurent et connoissoient
Conme de la mort angoissoient
Que Juif lor avoient bailliés
Itieux pouissons a ce tailliés.
Dieux qui touz bons a pourvehus
Souffri que cilz faiz fust seüs.
Car tous le monde estoit traïz
Et a male mort anvaïz
Par celz ordes vis créatures
Qui an cel art mirent lor cures;
Li Juif les pousons baillèrent
A ceulz qui es iaux les giterent,
Et li Juif pris les avoient
Aus Sarradins qui leur dévoient
Baillier par ceste ocission
La terre de Promision;
Li Sarredin sa venissient
Et li Juif la alisient;
Ansinc les couvenancefs] furent
Siconme il connoistre le durent.
Pour ce furent si avillié,
Ars et banni, et essillié,
Ains furent assez an prison
Jusqu’an sot voir la mesprison,
Ne que iceulz ne te croiroie
Ne an toi fiance n’aroie.
32415-32421. Ces vers où l’auteur se défend de viser dans ses satires les Moines
noirs, les Moines gris et les Chanoines réguliers, ne se trouvent pas dans A.
32533-32556. Au lieu de ces vers, la version A ( i63 b) présente un passage beau¬
coup plus long relatif à la jeunesse de Renart (c’est toujours la continuation du
dialogue entre Renart et Chantecler) :
Li philosofes mist ou livre,
Catons qui ne fu fol ne yvre :
« Tant vaut qui oit et rien n’antant,
Con cilz qui chace et rien ne prant. »
Pour ce te pri ge d’escouter
Et a antandre sanz douter.
— Volantiers certes, or di voir.
— Tu doiz très . savoir :
Pere et mere oi, jeunes hon fui,
Conbien que a ores viaus [sui].
Mes peres n’ot d’anfans que moy, (i63 cj
Et il feu de si grant pourvoy
De tel fait et de tel mémoire
Que ancor le mantoit hon ore.
Riches hon feu et si ouvroit
Que touz besoigneus recouvroit
Tant con il avoient que paier.
Mès quant les veoit esmaier
De grant povreté et d’annui,
Telz estoit et bien le connui,
Jamès aidier ne lor vosist,
Mès a son pouoir lor nuisist ;
Povre home ainz ne vost conforter,
Solacier ne honnor porter;
Richece suï voulantiers,
Et tant an suï les santiers
Que si grans riches hon devint
Que chascuns a vaillant le tint
Et touz li mondes le prisoit
Et toutes honneurs li disoit.
Ge, pour la hautece ou ge estoie,
Tout an vaine gloire metoie,
Si con font ores maint foliaux
Qui demoinent trop grans aviaux ;
Con pere et mere riche santent,
Les foies compaignies hantent,
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
208
RENART LE CONTREFAIT
L’un juie aus dez, l’autre festoie,
Li uns jouste, l’autres ostoie,
Plusor plusors despans maintienent
Que cil qui le paient et dont vienent
.iij. deniers ne lor croiroient mie ;
Mès tout le voir ne sevent mie.
Maint font despans et po s’esmaient,
N’an sevent gré ceulz qui les paient
Ne li paieur pas n’oseroient
Tieux despans, ne le cuer n’aroient
. n tesins aus filz des riches
....il est po d’avers ne chiches,
Tuit sont large et planteüreux
Tourjours pancent estre eüreus,
Ne sevent dont li avoirs vient ; [i63 d)
Tourjours pancent qu’an tel point sient,
Giete son conte, pance et taille,
Pance que jamès ne li faille,
Cuide que tuit soient ses amis
Qui le hraz li ont au col mis,
Bien cuident que Flandres périssent
Se la guerre an anperissent,
Mès quant pere et mere faut,
Lor treuvent lor conte an defaut.
Ansinque le mien mal trouvé,
Conme anfes folement ouvré,
Par touz leus fasoie meslées
Et donnoie de grans colées,
Par coi chascuns me redouta
Et arrier de lui me bouta
Qui me sanbloit par foies joies
Que rois par ranz gardast mes oies.
Ge sivoie les conpaignies
326o3-328i6. La version A [164c) de Ta
parTarbé (p. 104-106), est différente de B
ainsi après le v. 32614 :
Un jour fu a Rome la Grant;
Si li print une fain si grant
Qu’an l’yglise Saint Pere antrast
Et pour ce qu’a touz se montrast,
Non pour rien ou Dieux eüst part.
Tantost s’an tourne celle part,
Mès onques pour pouoir qu’eüst
Ne por passer qu’ele seüst
El ne pot antrer ou moutier
Ne par chemin ne par santier;
Si n’estoit pas le leu estroit,
Car bien vit chascuns y antroit.
D’iqui se parti et vëoit
Que Dieux son ostel li vëoit.
Digitized by Google
Et les desordonnées vies;
Tuit disoient : g Taissiez! taisiez 1
Que trop est ses peres aissiez;
Se nus de nous le despisoit,
Mal seroit s’il s’an avisoit! »
Tant l’un a l'autre le conta
Que uns chascuns me redouta.
Mès con mes peres me failli
Et la povreté m’asailli, .
Et raison qui ne manja mie,
Qui ja jor ne sera m’amie,
Tout sanz rien lessier me toli,
Dont ge cruelmant me doli
Sique ge n’oi mès que despandre
Ne ne poi mès que la main tandre.
Lors fui de toz montrez au doi,
Ancor bien souvenir m’an doi.
Lors cil cui méfiait rien n’avoie,
Juigerent que mors les avoie,
Et cil cui donné le mien oy,
Dirent que decehus les oy,
Et cil qui se dirent ami {164 a)
Se gaberent par tout de mi.
Dès lors dès iqui n’avisai
Et male vie despisai,
Car povreté me fist savoir
Quaus amis ge pouoie avoir
Et touz connoistre les me fist,
Du moins tant de grâce me fist,
D’iqui a repantir me pris
De se que ge avoie ampris,
Et conmansai a labourer,
[Et] a preschier et a orer.
Vie de sainte Marie l' Egyptienne, publiée
et beaucoup plus abrégée. Elle se termine
Maintenant repantance print
Et tantost danrée de pain prist,
Con chetive et lasse se tint,
Repantance et plorer maintint ;
Dist : « Lasse, chetive, desvée,
Droit a qui son ostel me vée,
Dieux qui tout fist et deffera,
Conme sa volantez sera,
Vers qui j’ai mespris et méfiait ;
Merci quier de moi, merci ait. »
Lors grant contrucion menant,
Vuide la ville an li penant
Et as grans foretz s’an fui.
Tant Dieu et son voloir suy
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
NOTES ET VARIANTES
En menant vie aspre et pesanz,
Sans robe et sanz solers. xij. anz,
Pain fors sa danrée ne manja,
Ne dessouz toit ne herberja, (164 d )
Et con tamptacion santoit,
De granz courgies se batôit,
De racines estoit pehue,
De ses chevolz estoit vestue^
Tant fîst qüe Dieux an ot pitié
Et qu’il la print en amitié. •
Il est à remarquer qu’il existe au moins 4 Vies en vers de cette sainte (voy. P. Meyer,
Hist. litt. de la Fr.} XXXIII, 36;-368).
32839-32842. Dans le passage d'A ( 164 d) qui est représenté par ces vers, H est fait
une allusion au Pèlerinage Renar t : *
Et ancor ge sui pourveüs,
Car ge sui dès ci pourveüs
Outremer aler sanz venir
Pour voie de sauvemant tenir;
Preschant irai et povremant,
32845-32866. Ces vers satiriques contre
particuliers à la version B.
Nulle autre rien ge ne demant, . .
Paiz quier et a toz la paiz doin, •
Confort et umilité moin,
Et pour moi oster de. grans poines,.
Pour Dieu ! que tu la paiz me doines l
•
les Franciscains et les Dominicains sont
32876. Après ce vers A ajoute [i65 a) :
Lors print Renars a pr[e]eschier :
« Amis », dist il, « que tant ai chier,
Car me veilles un po oïr
Et de ma parole joïr;
Oy ma parole bone et voire,
Escrite est, dont miax la doiz croire.
Quant Dieux par mi la terre aloit
Conme hon et preschier y vouloit
Pour les non creans convertir,
Car pour ce y vint il sanz mantir,
Li mescreant li amenèrent
Une famé et Pacuserent (ms. la cusurent)
Pour santir sé lui desevoir
Le pourroient pour lor savoir
Pour savoir s’il le pourroient prandre
A ce que il peüst mesprandre,
Dirent : « Tu preesches pitié,
Droiture, voir et amitié;
Toute mesprisson tu deffans
Etviaux les dix commandemans,
Tu viaux jutice maintenir
Et bonne ordonnance tenir,
Tu commandes pitié et droit :
Ceste famé ici androit
Prise est an fornicacion.
Or di quelle est t’antancion,
La loi viaut que l’an la lapide
Et pitiez viaut que Pan Paquite;
Pour ce te demandons conmant
Tu an feras cest juigemant. »
Lors dist [il] : « Cil qui ci seront
Qui nul pechié an eus n’aront
Et sus cui il n’a que anquierre, (1 65 b)
Icil li gietent une pierre ! »
Cil Poïrent et se santirent,
Tout maintenant d’iqui partirent,
Toute seulle leissent la famé,
Et Dieux qui ne viaut nul difame
Dist : * Quant sus toi nus ne dit rien
Va t’an et de pechier te tien ! »
Chantecler, ansinc fere doiz ;
Se de touz pechiez nez te voiz,
Hardiemant acuser me peus
Et mont difamer, se tu veuz ;
Mès tant con an toi santiras
Mal, ja mal ne me diras.
Se bien es de san avisiez,
Car bien doit estre desprisiez
Ancourpez qu’ancourpé laidange.
Di, Chantecler, par ta foi, mange.
32885-32929. La Vie de saint Urbain a été publiée d'après A par Tarbé (p. 106-107).
Tome II. **
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
2(0
RENART LE CONTREFAIT
33027-33 1 56. L’histoire de Loth est une addition de B.
33239-33256. L’auteur a déjà parlé plus haut (v. 3oi 77-30328) des inconvénients
de la gaité. Le passage manque ici dans A.
33548-336i6. Cette histoire d’un prêtre abandonné par sa concubine quand il est
privé de sa cure a été ajoutée par la rédaction B qui l’a mise dans le nom d’un curé de
l’Épine; elle se retrouve dans les Exemples de Jacques de Vitry (éd. Crâne, 1890,
p. 100) où Étienne de Bourbon est venu la prendre ( Anecdotes historiques... éd.
Lecoy de la Marche, 1877, p. 406).
33683. La rédaction B renvoie ici à un passage précédent où la Vie de Catilina est
longuement racontée (v. 20881-21442).
33716-13732. Il a été déjà fait allusion plus haut (v. 20337-20348) au meurtre de
Lucrèce par Tarquin.
33736-33773. L’auteur prend thème de l’exemple de Catilina et de Tarquin pour
émettre une idée qui se montre déjà dans A [184 c-186 a) à propos de Chilpéric, et
de Brulé de Troyes et de Herman de Provins et ( 64 d-65 d) à propos du chanoine
Guillaume Brulé et s’est développée dans B (v. 38593-38g58), à savoir que l’homme
est toujours l'artisan de ses propres malheurs, témoin encore ce Jean de Coste, bour.
geois de Troyes, qui par sa faute en i3io fut ruiné et emprisonné (v. 33774-33804,
dans la rédaction B).
33833-33868. On retrouve dans A [ip4 c-d) un éloge de la patience, plus développé
dans B (v. 40891-41 144).
SEPTIÈME BRANCHE
Cette septième branche, qui date au plus tôt de 1 342 (allusion faite par le v. 38649
aux monnaies ayant cours en cette année), correspond à la fin de la cinquième branche
d’A, augmentée de trois histoires dont l’une est empruntée à la quatrième branche d’A.
Elle montre mieux que tout le reste de l’œuvre du Clerc de Troyes (exception faite
de la dernière branche qui offre une version totalement différente dans A et dans B) de
queile façon l’auteur a remanié et surtout allongé le texte d’A pour en contituer la
rédaction B. Le récit primitif, analogue dans sa contexture générale à la Confession
de la septième branche du R. de R. (I, 241-264 ;cf. Sudre, loc. cit. p. 3i i-3 1 7), compte
dans A 728 vers et devient dans B un interminable récit de 5 1 56 vers.
33899-34364. Ce long sermon, addition de B, n’est représentée dans A (/70 a) que
par 8 vers.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
NOTES ET VARIANTES
21 I
34144. Sur les Sept arts, voy. Y Image du Monde dans VHist. litt. de la Fr., XXIII,
3o5 .
34289-34308. Compte dans Ylmage du monde ( Hist . litt. de la Fr., XXIII, 3 1 6-
317), Virgile, bossu et de petite taille, est un grand astronome. Voy. plus haut la note
des v. 29351-29650; sur la légende du tombeau de Virgile, voy. plus spécialement
D. Comparetti Virgilio nelmedio evo, 2* éd., II, 23 ss.
34369. Il a déjà été question à deux reprises des Sept péchés capitaux, dont Renart
s'accuse ici successivement (voy. v. 6150-6284 et v 6615-6670). Dans un passage de
Renart le Nouvel (éd. Méon, IV, 172-182), on voit Orgueil assisté en Enfer par six
dames personnifiant les autres péchés capitaux et couronné roi par Renart.
34531-34754. Ce long développement où se retrouvent des notions fournies par
Ylmage du monde (Hist. litt. de la Fr., XXIII , 3o6 et 3i 1), sur l’Éther, les Quatre
éléments de l’Enfer, est une addition de B.
34819-35282. B a substitué ici à quelques vers de A (77/ a-b ) un long passage sur
l’Envie, les Sept planètes (cf. Hist. litt. de la Fr., XXIII, 3 1 3), le Calendrier et
l’Influence des astres.
35397-35862. Addition de B.
35485. Sur Judas poussé au suicide par Désespérance, voy. le Mistère de la Passion
d’Arnoul Greban, p. p. G. Paris et G. Raynaud (1878), p. 285-288.
35821-35854. Cet exemple de l’homme ramant contre le courant, qui représente la
lutte persévérante de l’homme contre le péché, se retrouve dans une Vie de saint Alexis
inédite composée au xive siècle (Bibl. nat., nouv. acq. fr. 6835, 2' partie, fol. 58 b et
Bibl. d’Avranches, 244, fol. 79 a-b).
35910-35954. Le Bailli et les Plaideurs, fabliau qui rappelle certains détails de la
la fable de Y Huître et les Plaideurs (Robert, II, 217) est une satire qui ne se trouve
pas dans A.
35983-36oi2. Satire contre les colombiers, addition de B.
36047-36098. En place de ces vers hostiles aux Jongleurs, aux Ménétriers et aux
Danses, on lit dans A un apologue publié par Tarbé (p. 108-109) qui met en scène un
Archer blasphémateur :
Con cil héraut qui vont criant
Cil jugleur juglerie trouvant;
Tuit autre fol geu pour gueaing
Font trop a l’ame grant mehaing.
Dont il avint c’uns archiers ot [17 2 c)
Perdu aus tables se que il ot.
Digitized by
Original from
UNIVERSITYOF MICHIGAN
212
RENART LE CONTREFAIT
Dieu maugroia et anvaÿ ;
Tant conme il pot a Dieu trav
De sa salete ancontremont.
Ne ne cuida pas pechier mont.
Mès la saïete ne revint
Ancontremont, an l’air se tint ;
Cilz point garde ne se s'an donnoit
Pour le courrouz qui le tenoit.
L’andemain au geu se rasist ;
Siconme a lui trop li geus sist.
Celle saïete qu’il trahi
Tout ammi l'eschaquier chai
Le fer dessouz ou bois fichié
Qui touz estoit de sanc tochié ;
De sanc estoit toz li fers plains
Dont cil se fist de dolor plains
Et vit que mont avoit mespris,
Quant anvers Dieu ot guerre pris.
Voiremant tuit i prannent guerre
Qui gens contre lui veullent querre.
Cette histoire se retrouve dans Etienne de Bourbon [Anecdotes historiques, éd. Lecoy
de la Marche, p. 341-342). Elle a son origine en Extrême-Orient, en Chine probable¬
ment, d’où elle a pénétré en Occident par l’intermédiaire des Persans, des Arabes et
des Juifs (J. Darmestetcr, La Flèche de Nemrod dans le Journal asiatique, 1 885) ; elle
existe aussi au Japon (M. Revon, Le Shinntoïsme, 1907, I, 255 et 25y).
36099-36178. Addition de B.
36183-36462. Addition de B.
36473*36496. Addition de B.
36555-36644. Addition de B.
36795-38682. Cette addition de B est une longue diatribe contre l’état social du
xive siècle, qui montre aussi que plus heureux que les Vilains et que les Nobles pres¬
surés par leurs Seigneurs et leurs Suzerains, les Bourgeois d’alors menaient vie tran¬
quille et assurée.
36981-37015. Sur cette idée que Ninus fonda la Chevalerie, voy. plus haut les
v. 8 3 1 9 ss et 19391-19392.
37057-37175. L’exemple des Deux enfants juifs tend à prouver que l’usure a été
inventée par les Juifs.
37395-37550. La rédaction A nous a offert plus haut i3g d-140 d ; t. I, p. 352-354)
quelques récits légendaires relatifs à l’histoire poétique de Charlemagne, entre autres
son départ pour l'Espagne. A cette chevauchée se rattache le récit de la fondation de
Provins et de l’établissement de la taille.
37560-37690. D’après notre auteur, c’est un chevalierbourguignon, un nommé Othon,
qui le premier établit contre tout droit naturel l’impôt de formatage.
37973-38012. Il est fait ici allusion à l’heureux achat fait au comte de Champagne
par le roi Louis IX, le roi « que on dit saint », de la mouvance des comtés de Blois, de
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
NOTES ET VARIANTES 2l3
Chartres et de Sancerre, ainsi que de la vicomté de Chàteaudun, achat que le roi ne
voulut jamais annuler.
38195-38217. L’histoire de la Dame de Doches (i3oo) est une épisode dont l'auteur
a pu être le témoin.
38599-38682. Nous avons déjà rencontré cette théorie fataliste de Renart (voy. la note
des v. 33736-33764) prétendant que tout ce qui doit arriver arrive ; elle est combattue
ici par le Milan qui soutient que l'homme est l'artisan de ses propres malheurs, et
raconte à l'appui de sa thèse les histoires de Guillaume Brulé, de Brulé de Troyeset de
Hémart ou Hermant de Provins.
38683-38754. L'histoire du chanoine Brulé, vivant à Troyes en 1 3 1 6 et battant ses
gens qui le tuent, est placée dans A [64 d-65 d), dans la quatrième branche, au milieu
d'une partie que B n’a pas reproduite (voy. I, 3o6 et 3 18) ; elle a été publiée par Tarbé
(p. i2Ô-i3o) d'après ce ms. B ajoute ici sur la folie humaine quelques considérations
dont l’idée, sinon la forme, se trouve longuement exprimée dans la sixième branche
d’A (777 b-184 d). Ce texte est donné plus loin (II, 219-231).
38758-38958. Les deux autres anecdotes de Brulé de Troyes, victime, en 1 280, de son
amour du gain, et de Hémart (= Hermant) de Provins, victime de sa bêtise, en i322
appartiennent à la sixième branche d'A [184 d-186 a) et ont été publiées par Tarbé
(p. 1 3o- 1 3 1 ) d'après ce ms.
38959-38962. Ces vers de B’, avec lesquels recommence la concordance régulière
avec la cinquième branche d’A (iy3 c-174 a) jusqu'à la fin de la branche (v. 39018),
tiennent la place d'un passage d'A plus développé :
« Por Dieu itieux deliz eschivc
Ne ne consan que nulz le suive.
Desor assez conté m’aras,
Une autre foiz ci me raras;
Si t’orrai tout a ton plaisir,
N’ai plus de demourer lisir,
Car aler m’an estet atant. »
Quant Renars le provoire antant,
Sa conciance li chanja,
Et pance que lui ne manja,
Et la fain duremant l’asproie
Ne il ne set ou truisse proie,
Se bien près de lui ne la prant.
Lors Renart a dire li prant :
« Sire, por néant vous aroie
Diz mes pechiez s’asolz n’estoie;
Asolucion me doigniez
Et a voz plesir reveigniez ;
Plus ne veil dire se qu’ai dit.
— Se ne t’ière ja contredit
De se qu’as dit, ge t’asorray.
Autre diras quant revanrai,
Pour coi ne puis ci estre antan :
Car Hersan, la famé Coustan,
De pucins a une niée
Et ge l’ai mont bien espiée.
An son cortil les a lessiez,
Et ge cerai tost abaissiez,
N’i lesserai grant ne petit
Dont ge ne praigne l’apetit:
Onques pucins ne poi despire. »
Renars l’escoute, si sopire ;
Pance que vèoir les ira,
Mès ains a son prestre lira
La liçon dont li aprantiz
Se sont plusorfoiz mal santiz.
Digitized by
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
214
RENART LE CONTREFAIT
39010. L'allusion à Chantecler se rapporte ici à un épisode précédent (v. 33217-
33238), où le Coq échappe par sa malice à la gueule du Renart.
HUITIÈME BRANCHE
t
La huitième et dernière branche de B (composée comme la précédente après 1342) et
la dernière et sixième branche d’A, postérieure à i322, année du couronnement du roi
Charles-le-Bel (voy. fol. i~5 c), n'offrent entre elles que fort peu de ressemblance. On
trouve en effet dans les deux rédactions une centaine de vers pareils tout au commen¬
cement ; on y remarque la présence de Tibert le Chat, mêlée à des événements d’ailleurs
très différents; on y peut constater aussi un esprit de dénigrement systématique à
l’adresse de sa femme. Mais là s’arrêtent les points communs; pour tout le reste de la
narration les deux versions se séparent absolument. Les exemples empruntés à l’his¬
toire littéraire ou inspirés par des contes d’animaux ou le Roman de Renart , appa¬
raissent nombreux dans A, qui d’ailleurs présente certains passages dont la forme et le
fond se rattachent à la sixième et à la septième branche de B (voy. plus haut les notes
des v. 33736, 33833, 38599, 38683 et 38758). Dans B au contraire, où ne figure même
pas Renart, dominent les réflexions morales et les satires contre les états du siècle.
39025-39196. Cette partie seule de la huitième branche de B est commune à A
[174 a-b ) et B.
39435-39878. Cette longue histoire de Sanson et de Dalila, souvent invoquée au
moyen âge comme exemple de la duplicité des femmes, suit dans tous ses détails le
récit biblique [Juges, xui-xvi) et non pas partiellement comme le Mistère du Viel Tes¬
tament (IV, 1-48).
39985. Ce vers nous montre que depuis le commencement de la branche nous avons
affaire à un sermon de Tibert, dont nous entendons parler ici pour la première fois
dans cette branche, l’auteur ayant sans doute oublié combien profondément il avait
remanié toute cette partie de la rédaction A, où Tibert apparaît et joue un rôle dès le
commencement de cette branche.
40028 40054. Le rôle prêté ici à la Tigresse n’est point celui qu’elle est habituée à
jouer dans la littérature du moyen âge. La légende veut en effet, telle que la rapportent
Brunet Latin ( Trésor , p. 25 1-252) et Richart de Fournival ( Bestiaire d' Amours,
éd. Hippeau, p. 70-71) que les chasseurs, pour éviter sa poursuite, quand ils lui ont
pris ses petits, sèment sur son passage des miroirs, qu’elle s’attarde à contempler,
comptant y reconnaître l’image des siens.
40082-40442. Les plaintes des femmes contre leurs maris et le récit qu'elles font
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
NOTES ET VARIANTES 2l5
de leurs trahisons conjugales rappellent certains passages des Lamentations de
Matheolus.
40897. L’éloge delà patience qui occupe toute la fin du poème revient plus loin dans
la rédaction A [ig4 c).
40910-40978. Il est fait ici allusion à la misère qui régna en France durant les années
1337-1339, où, en prévision d’une guerre avec l’Angleterre, tout le monde dut payer de
sa personne ou de son argent (voy. les Grandes Chroniques, V, 374-375).
41061-41444. Cette fable du Corbeau paré des plumes d'autrui a été publiée par
Robert (I, 249-251) à propos de la fable de La Fontaine, Le Geai paré des plumes du
Paon. Il existe en français au moins quatre autres versions de cette fable : celle de
Marie de France, Dou Corbel qui volt resambler Paon, p. p. Roquefort (II, 248-249) et
K. Warnke (i,e éd., p. 217-218), celle des deux Isopet, Du Corbiau qui se para des
plumes du Paori et Comment le Geai s'enourgueilli et cuidoit resambler au Paon, p. p.
Robert (I, 251-254); celle enfin que Robert a publiée (I, 248-249), en l'attribuant
faussement à Marie de France, De la Corneille qui se vesti de plumes de tous oisiaux,
et que L. Hervieux a rééditée dans les Fabulistes latins (I, 752-753) ; éd. plus complète
dans P. Meyer, Rec. d'anc. textes, p. 385. Il est fait mention de cette fable dans les
Lamentations de Matheolus (éd. Van Hamel, I, i32).
41444. La rédaction B finit ainsi avec la fable du Corbeau, sans autre conclusion,
comme du reste la rédaction A.
FIN DE LA SIXIÈME ET DERNIÈRE BRANCHE DANS A
Nous avons vu plus haut qu’à partir du v. 39191 les deux rédactions devenaient toutes
différentes. Voici le texte d’ A (174 c) jusqu’à la fin de cette branche qui termine le
poème :
. Telz coustumance d’anfer vient
Qui gent an mal fere maintient ;
Anfers est de Dieu annemis
•
Pour ce est cil trop fox qui est mis
Ou mambornisement d’amfer;
Bien lesse l’or et prant le fer,
Bien lesse l’or et prant la terre ( / 74
Et pis se ge le savoie querre ;
Mès quant ge y ay assez pancé,
Ge m'avisse du temps passé.
Ains que Dieux vosist avenir,
Nus ne savoit quelz voie tenir,
L’uns Juïs, (et) l’autres païens,
Tuit peuent estre (se) clervoiens ;
Li un crëoient plusors dieux,
Li autre pansoient fere mieux
Et li autre sacrefïoient;
Li autre le souloil crëoient,
Lor dieux avoient et lor déesses
d) Dont il fasoient joient et lëçsses,
Sicon firent li Troyen
Et tuit li Macidonïen,
Li Strapïen, et cil de Perce
Et de maint région diverce,
Qui crëoient déesses et diex
Pour ce que ne savoient miex;
Digitized by
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
RENART LE CONTREFAIT
246
C&r lois n’estoit ancor donnée
Ne ferme créance afiée.
En Judée, en Jherusalam
La loy des Juïs tenait l’an;
A plusors leus ravoient lor cure,
Et lor creance ou dieu de nature
Qui fasoit bief et herbe naître,
Home.norrir et bestes paistre,
Sicon firent les Yndïens
%
Et li pats des Bramïens;
Grantmant mie ne mesprenoient
Celles gent qui tel loy tenoient;
Point d’estroit conmanderaant n’orent ;
Por ce firent dou miax que sorent;
Creance n’estoit ancor donnée
Ne parfetemant afiée,
Sique bien sauver sepouoient
Trestuit cil qui bon cuer avoient.
Mès or est il acertenez
.Et li conmandemans donnez
De croire une loy sans faucer,
Nus ne s’an peut bien escuser.
S’il ne l’a fait, que ne mespraingne (175 *1)
Et que celle meimes ne taingne
Et que il ne recort an lui
Les biens que Dieux a faiz por lui,
Le travoil qu’a por lui soufert
Et le bien qu’il li a offert,
S’il se viaut a lui acorder.
Pour tout se, veuilge recorder.
Que grant merveille puis avoir
Quant sus se ne fait son devoir
An lui obëir et ainmer
Ou peut panre se cuer antner
Et le vouloir dont Dieu guerroie
Bien voi tant pancer n’i saroie
Par voie que Raison tenist
Que vëisse dont se venist
Fors que de désordonnée cure
Dont Dieux ne Raison n’a ja cure
Qui les cuers ansinque forvoie •
Et aus granz vanitez avoie.
Toutevoie se miaux ne seust,
Bonne pancée avoir deüst
Et susist bonne conpaignie
Qui li destournast male vie ;
Car qui bonne conpaignie hante
Anviz peut que bien ne se santé,
Et qui suit conpaignie mauvaise
Anviz peut il ja gésir aisse
Qui ne soit contre Dieu temptez
Ne que ja lonc li durt santez
Que ne perde honneur ou avoir.
Qui ne set fere grant savoir,
Au moins bonne conpaignie suive
Et males paroles eschive,
Et de mal dire veuille tere.
S’il ne set autre chose fere,
Pour escusé ge le tanrai,
Et se miaux [set] ge le panrai
Qu’amandemans n’est pas pechiez
S’il est dou cors ampêeschiez
Que conpaignie seure ne puisse,
Face que biaux etbonsdiz truisse,
Et delitables, et plaissans, (i?5 b)
Biens nuisables et bien faissans,
Et de touz descomfors se gart,
Touz bons espoirs taigne a sa part.
G’en voi pluseurs qui prison tienent,
Qu’a lor voloir ne vont ne viennent,
Ou que non puissant ou lit gisent.
Pour ce n’est il pas que nè lisent
Et es sarmons et es estoires
Treuvent maintes belles mémoires
Ou pluseur peuent example prandre
Et ou pluseur peulent aprandre ;
Qui ne peut fere un autre face
Et tourjours oit devant sa face
Dieu qui toutes grâces départ,
Et de housiveté se gart,
Adès estudit, adès lise,
Adès oit a ouvre main mise,
An lire, an rimez, an trouver;
Nus ne doit estre oiseus de ouver,
Car an oiseus diables se boute,
Tuit saichent se sanz nulle doute;
Maus vouloirs, maus pancers an vient,
Et puis mal ouvre aprez se tient.
Pour ce hon conbien qu’an prison soit
Ne doit qu’an ouvre adès ne soit.
Donque a bien loy qui n’i est mie
De mener bonne et nete vie
Par que ousiveté non tant oit.
S’il devoit descouvrir son toit,
Sa robe descoudre et refaire,
Doit il adès quelque rien faire
Que oiseur est chambre a l’Annemi.
Pour ce ge ne jour ne demi
Ne pance point a oiseus estre ;
Ge iroie avant l’erbe pestre
Ou cuillir les chardons des chans
Que je fusse si non saichans,
Car ge me veuil estudïer
En tresbiaux diz vercefïer
Dont j'ai an mun cuer les estours ;
Si an voudrai fere mémoires ('7^
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
NOTES ET VARIANTES
*17
A ceulz qui voudront escouter,
Car les bons faiz doit l’an conter
Jusques cilz tans puisse passer,
Et c’on puit fortune quasser,
Car qui se set si avoier,
Qui laist Fortune tournoier
Jusqu’elle faille a son prepos,
Ge ne di mie qu’il soit fox,
Car Fortune tournoie adès;
Or ne faut que lui tenir pès
Sanz lui movoir sanz efTraer
Et se qu’elle donne graer,
Jusqu’elle oit tant tomé sa roe
Qu’elle soit cheüe an la boe.
Par souffrir vaincre la couvient
Et aucunes foiz il avient
Qu’aucuns par force vaincre viaut;
Mès quant plus s’efforce et plus diaut
N’i avoie que dou souffrir.
Pour ce veil ge mun cuer offrir
A pacïance et a taire,
Déduire an belles rime[s] faire
Jusque Fortune oit fait son cours
Qui ne s’an fuit mie le cours ;
Mès elle vient grans cours et saus
Donner grans cos et grans asaus,
Et s’an reva si bellemant
L’an anviz un pas seullemant.
Qui ansinc fere le pourra
Pour voir de Fortune jorra
Et pour la meniere aprandre
Conment bien nous i puissons prandre
A Fortune vaincre et chacier
Qui fleuve est qui bien set luitier
Prierons Renart que nous consaut
Conmant puissiens fere tel saut.
Que nous la puissiens tressaillir
Et fere a son prepos faillir,
Car se il nous veut conseillier,
Nous Tarons sanz trop traveiller.
Car qui Renart croire voudra,
Par sus Fortune tressaudra, (ij5 d)
Qu’anviz li pourra rien grever,
S'acertes veut par li ouvrer.
Puis que ouisiveté me tient
Et talant de rimer me vient
Seullemant por temps trespaser
Que pour fortune adès quasser
Qui souvant le cuer me detranche,
Ferai de Renart une branche,
Fete en l’an que fu queronnez
Challes, filz Phelippe mainnez.
Fil Phelippe tuit troi esturent,
Digitized by Google
En moins de .vij. ans tuit roy furent,
Dont Challes le plus jeunes iere.
Qui ne m’an croit, si an anquiere.
M’estoire est anconmancié[e];
Or veille Dieux qu’elle a toz ciée!
C’est de Renart de cui ge juie,
Qui a maint dolant cuer aiduie;
Qui bien le sevent maintenir,
Leur fait a leur propos venir;
Qui de Renart bons mestres iert
Anviz est qu’il n’oit se qu’il quiert.
Mès tiex souvant s’an fait ouvriers,
Qui an est simples escoliers;
Tiex an cuide estre albes souvant,
Qui set po por estre an couvant.
Renars fu an un sien pourpris,
Dès qu[e] il ot prestre Humbert pris
Et qu’il ot Fortune contraire;
Ne s’osa il hors d’ostel traire ;
Mès quant il vit que il fu temps
Et qu’il ot bien pasé le temps
Qu’elle dut estre trespasée,
Si conpansa an sa pancée
Que bien dut avoir fait son cors.
Adonc de chiez lui issi hors;
Si s’an antra en la prarie,
Bellemant déduisant sa vie,
Et dist : « Interpone(?) tuis
Inter Jum (?) gaudia curis! »
Puis dist : « Povretez soit maleoite
Et richece et plantez beneoite, (/76 a)
Que ja de pevreté, se cuit,
N’itra bon son ne bon déduit ;
Biauté, joie, grâce n’aront
Cil qui la povreté suirront.
Or la lais; Dieux la puist haïr, 0
Ne la puis véoir ne oïr,
Car el m'a tant fait de hutin
Que la maudis chascun matin,
Nés par mun chief, quant m’an sovient,
Touz mes sans toubles an devient,
Qu’an li n’a solaz ne délit.
Si pri Renart qu’il m’an délit
Et certes, qui bien le querra
L’orde vix vielle trop herra,
Que elle affiert bien a haïr.
Pour ce veuil ge Renart suïr,
Puis que par Renart veuil ouvrer,
Et par lui pance a recouvrer
Mon eür et Fortune abatre,
Dont me veuil déduire et esbatre
A fere une nouvelle estoire
De lui que j’ai an mun mémoire,
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
2 1 8
RENART LE CONTREFAIT
Et en fasant m’i antandrai
Et bon ellr y atandrai
Cui goûtes font es piez tenir
Si fort que il ne peut venir,
Trop fort a an lui esloichier
Par coi puisse a moi aproichier.
Un fusicïen couvandroit
Qui bon eür meist si adroit
Et si tresbien le visetast
Que s’ainfermeté li ostast,
Afin que chevauchier peüst
Et que venir a moi deüst.
A tel mal faut fusicïen
Qui saiche de praucticïen,
Car trop ceroit gariz a tart
Se il ne savoit de cel art.
Car ja bien ne saura fusique (776 b)
Se il ne sest de la prautique,
Et cel art ou le trouverai ?
A Renart m’an conseillerai
Qui est li mestres anciens
De trestouz les prauticïans.
A lui quérir veuil traveillier
Conmant me puisse conseillier
D’un praucticïen recouvrer
Qui veuille seur eür ouvrer
Et garir si qu’il vaigne a moi;
Nulle autre voie ge n’i voi :
Desoranavant ge i vois. »
Renart qui estoit an un bois,
Un manoir y ot bel et gent
Qui n’estoit pas cuvers de gent;
Loing estoit de toute murmure,
Car de trop grant presse il n’ot cure,
Ne trop de vesins il n’ot mie.
Telz fu sa nature et sa vie,
Ne ne viaut pas sa nacion
Estre en grant habitacion,
Car naturelmant bien savoit
Et bien an sa nature voit
Que ne pouroit ses ouvres faire
An multitude, sanz contraire.
Se l’un ne voit, l’autres escoute,
Se l’un est selïr, l’autre doute;
Se l’un se taist, l’autre parole.
Par un peut conmancier querole
Et par un pout estre amflamée
Une conmune renonmée,
Par coi un fait est tost veüs
Et après le vëoir sehus,
Dont péril an pouroit venir.
Pour ce veut il ce (qui soit) maintenir,
Et vouloir cil qu’il le vous die.
Nus saiges ne fox ne doit mie
Demourer an conmune rue
Ou chescuns giete et chascuns rue
Ses regars, ses faiz et ses diz, (776 c )
Car pluseurs fois est biens sordiz
Et plusors foiz maus eslevez.
Oy dire a pluseurs l’avez,
Ne saiges ne fox ne viaut mie
Que chascuns congnoise sa vie
Et a savoir la couvanra,
Quant an conmun il demourra,
De caichier si ne s’a povoir,
Que aucuns nel puisse vëoir
Et uns un millier an esvoille.
Ansinques con fait la chandoille,
Mil alumer an i peut l’an;
Ja pour ce moins feu n’i voit l’an,
Et cant a chascune feu pris,
Con celle a an cuil el l'a pris;
Ansinc dou bourdeeur est il,
Sa bourde peut conter a mil
Ja pour ce moins bourde n’avra
Et autant chascuns an savra,
N’il n’est nus qui tant puisse plere
Qui ne puisse ou trop ou po fere
Dont il peut maint foiz honte avoir
Se aucun le peuent savoir ;
Pour ce dit Renars : « Fox ne saige
Ne praigne an grant rue son estage;
Se il est saiges, ou qu’il soit,
L’an saura bien tost son reçoit
Et demourast bien bas soz terre,
Car adès doit hon le s’anquerre,
Et sanz est adès an saison.
Pour ce set l'an bien sa maison,
Mès chiès le fol nulz n[e] iera.
Mès uns chascuns le despira,
Pour ce au fol mestier fellst.
Qui demeur loing de gent eüst,
Par coi, tant ne seüssent mie
Sa niceté ne sa folie
Car quant plus est le fol sehus,
Plus est ses doumaiches crehus.
Pour ce au fol, au saige conmande (/ 76 d)
Qui ja a demoure ne tande
Ne vin ne fautre au co de ville,
Car po s’acroist et bien s’aville ;
Gent moien i soient tandant,
Qui de danrées sont vandant
Et tiex gent qui a se s’atandent,
Qui pain gueaignent et pain despandent,
Gent bourdeeur et losangier,
Qui n’ont honneur fors de mangier
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
NOTES ET VARIANTES
219
Qui conme chien s'antregroignoient
Et plusors foiz s’antrepoignoient,
Et s’antredient hontes et laiz,
Et lendemain est fete paiz;
Tuit tienent folie a honneur,
Et li mestre et li meneur
Ne sevent qu’est honnor ne pris,
Ne il ne l'[avr]ont mie apris.
Bon fait ne bon dit ne savroient
Conseiller, mès honte an avroient;
Bien sevent acheter et vandre,
A autre honnor ne sevent tandre. »
Renart tint se a non savoir
Pour ce ne vost il mie avoir
Antre itieux gent [mis] son estaige.
Pour ce demoura ou boquaige,
Et dist bien trouver le savront
Cil qui de lui mestier avront,
Car renome court (et) bas et haut,
Qui chascun set que chascuns vaut.
Renars en son chastel estoit,
Qui grant estudie metoit
En ses males ouvres couvrir
Et an ses honestez courir.
Pour ce demore voulantiers
Loing de gent an secrez santiers;
Mont an grant pancée se tint
De mal ellr qui tant le tint
Si lenguement et sanz cesser
Qu’il ne le poveit trespasser;
Mont an feu ses cors ampiriez, (777 fl)
Et mont an feu an cuer iriez.
Que que cilz pancers le tenoit,
Ez vous Thiebert qui la venoit 1 ;
A son conpaignon venoit dire
Et son meschief et son grant ire,
Sa povreté, son mal eür,
Conmant i! est mal assellr.
Renart mont bienveignant li dist,
Maintenant ceoir lez lui le fist
Et li demanda : « Quelz nouvelles? »
Se dist Thiebert : « Bonnes ne beles ;
Tant sui formant desconfortez
Qu’a po qu’a mort ne sui portez.
Chiès .j. preste ge sui alez
Qui avoit deus bacons salez;
Chascuns ot demi pié de lart.
G’en cuidai bien avoir ma part
Et porter une piece antiere ;
Mès il ota une pouliere
Cilz qui ancores iert pandu,
Un fort laz de chanve tandu ;
N’an sai mot jusque ou col me tint,
Et maugrez moi il me retint ;
Escremirs, sauters que seüsse
Ne valut que prins ne fellsse;
De se trop malemant joy,
Car tantost li prestes l’oy,
Antre lui, son fil et sa fanme.
Tant me firent honte et difame
Que tous les os m’ont moloiez,
Dont ge morrai, certains soiez,
Mès a chascun cop que ge avoie
Au retourner le laz mordoie.
Tant les mordi, tant les hapai,
Qu’il ronpirent, et ge eschapai.
Quant ge cuidai estre a garant
Et lors me vindrent aparant
Li chien d’un vilain chaceeur
Qui meschief m'ont fait et peeur ;
Tant m’ont et sus et jus tourné, (177 b)
Que il m’ont le cors atourné;
Plaies y a, et rompu cuir.
Renart, biaux conpains, ge me muir;
Tant ai or le cors tormanté,
Jamès seont n’arai santé.
Se avenir estre ne deust,
Pour voir, la mort prise m’eüst
De desespoir, de descomfort ;
Mès an ce ai ehu comfort,
Et seci me fait soutenir
Que il m’estet a avenir
Ne ne m’an pouoie garder,
Combien que me peüst tarder.
Trestout se que m'a comforté,
C’est ce que j’ai le fais porté
Que porter couvenoit sanz doute. »
Renars son conpaignon escoute;
De ce qu’il dist c’est mal paiez
Si li dist qu’il est desvoiez,
Etli prie que plus ne maintaingne
Que maus (pour) par couvenir avaingne,
« Et que couvaingne que maus soit,
Telz creance, conpains, te desoit,
Ne croire jamès qu’il couvaigne^
Que maus ne nul meschief avaingne,
Conbien qu’il soit a avenir,
Ne croire plus dou couvenir.
Bien peuz dire : « A (a)venir m’estoit,
Mès ja couvenir n’i estoit. »
1 Ce vers et les 53 suivants rapportent un épisode analogue à celui que nous avons déjà vu dans
A (I, 324-325).
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
220
RENART LE CONTREFAIT
Dist Thiebert : « Ge ne croirai mie ! 1 »
Et dist Renart : a C’est grant folie;
Plusor ont esté mis a mort
Par leur ouvraige et par leur tort,
Et pluseurs ont ehus contraire
Par folour qui lor fasoit fere;
Se il tresbien se gardissient,
Mort ne contraire n’eüssient.
D’un roy de France te souvaigne
Qu’avint, por coi airoier te taigne (?),
Qui Chilperic fu apelés. (/ 77 c)
Ses estaz ne t’iert pas celez,
Mès avant orras dont il vint
Et pour coi le royaume tint ;
Dont il vint orras tire a tire,
Conbien c’un po i mete a dire
Conmant li roy an France vindrent,
Quel fin, quel chief et quel loy tindrent,
Quel furent et de quel mestiers,
Dou premier roy, secont et tiers,
Et de roy an roy maintandrai,
Jusqu’à cel Chilperic vandrai,
Dont il vindrent te vodrai lire;
Or antan que ge te veuil dire.
Après que feu destruite Troye,
Quant Eneas se mist an voie,
Gent assambla et gent porquist,
Dedans Lonbardie se mist
Ou nulle ville ancor n’estoit
Ne nulz ou pais n’abitoit.
Chastiaux, habitacions firent
Ou leurs cors a sauvetc mirent,
Quant que Romme fondée fust
Ne que nulz renoms de li fust.
Une cité firent Sicambre,
Sicon l’estoire me remambre.
Puis aprez fu Romme bastie
Qui fu li chiés de Lombardie ;
Aprez se, maintes citez firent
An Lombardie, et lois y mirent ;
Desouz Romme anclin touz estoient
Et le trehu y trametoient
A saus qui souverain en erent.
Tant leur peuple monteplïerent
Et leur generacion tint
Jusque au temps que Valantins vint.
Après le crucefïemant
Et après tout Tavenemant,
En l’an trois cenz sissante six,
Fu ycilz Valantins assis.
Cilz Valantins li amperere (777 d )
Antreprint guerre mont anmere
A une gent c’on dist Alains ;
Mont y traveilla les Romains.
Mès travaus po valu eüst,
Se autre santier quis n’eüst.
Mès il con saiges a vells
C’est d’une voie pourvehus
De ceulz qui Sicambre fondèrent,
Qui mont grant peuple [y] habitèrent
Qui de Troye furent (ja) venu,
Qui aus Romains estoient tenu
A un trehu chacun an rambre
Por tout le pals de Sicambre.
Valantins par letres mandans
A ceulz que li fusent aidans
Contre Alains et il quite estoient
X. ans dou trehu que dévoient,
Et par .x. ans quite seroient
S’avec lui am bataille aloient.
Quant cil la parole antandirent
De cuer por ce secours li firent.
Lors furent Alains descomfis,
Dechacié, et prins, et occis.
Celle gent .j. seigneur avoient
Haut homme François l’apeloient;
François ot non a son droit non
Pour ce gent François orent non.
Cilz François partout franchisoit
Sa gent par la ou marchisoit,
Fors fu, courageus et hardiz.
Pour leur seigneur Frans furent diz
Que por vérité franc estoient
Pour ce que touz soz eus dontoient
Ne nelui ne voloient criembre,
Mès trestout seurmarcher et caimbre,
Cil Franc quant celle vitoire orent
Et il franc de trehu se sorent;
Cuer printrent, conquester alerent
Vers la Dynoe cheminèrent
Jusques au Rin, la terre printrent (178 a)
Et la seignorie par tout tindrent,
En leur faiz se monteplïerent,
En leurs nobleces se fièrent
Sique grant terre tenir porent
Ne d’autrui rie[n] tenir ne vorent;
Franc se dirent et franc cerons,
Ja dessus nous, seigneur n’arons,
Ne devons mie avoir seigneur,
Car atrait sonmes de Tanneur
1 Sur cette théorie fataliste qui domine la rédaction A jusqu'au fol. 186 ay voyr . la Note des
v. 3373o 33764.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
NOTES ET VARIANTES
221
Des nobles gens des Troyens,
Dont sires et roys fu Prians,
Qu’ains d’autrui ne daigna tenir,
Bien devons s’anneur maintenir;
Celle gent tuit paien estoient,
Point crestianté ne tenoient.
Après se conquistrent Gaulin
Qui est dit Gaula an latin
(Gaula an grec, c’est let a dire ;
Let est dous a touz, doit soufire,
Gaula, c’est dous et dous est frans);
Por ce, fu cilz pais diz frans
Avec tout se franc fu lor sire,
S’an vodrent douce France dire;
Hii la[c]tea colla sont ,
Ansinc dou poete dit sont,
Par coi nous de Gaula cheï
Et li nons de France suï ;
France ot non Gaule a premiers.
Or vous retournerè[s] arriers,
Quant icil .x. ans pasé furent
Qu’a l’empereur leur trehu durent,
Sicon devant ai recité,
Qu[e] a .x. ans leur estoit quite.
Por l’aide que fait li orent,
Plus de trehu paier ne vorent.
Valantins les an a requis
Et seur eus son trehu a quis.
Cil dirent que point n’an dévoient,
De leur sanc acheté l’avoient,
Jamès jour trehu ne devront, (/y# b)
Ançois la mort tuit recevront;
A l’ampereur despit an print,
Por ce son ost assamblez print,
Et sus Sicambre le mena,
Et mont duremant les pena.
Cil de Sicambre .iij. dux firent,
An cui garde trestuit se mirent,
Et par cui seront esmeüs.
Li uns ot non Machomeüs,
Li autres ot non Genebaut,
L’autre Signoimes, saige et baut.
Lors de Sicambre s’an issirent
Et an Alemaigne se mirent ;
Por despit de se la estoit
Que cilz trehu leur demandoit ;
Assez printrent villes, chastiax,
En la Dinoe, grans et biaux;
Et par sus le Rin s’an alerent,
Par le pais se hesbergerent,
Car ja si grant planté estoient
Que nulle rien il ne doutoient,
Ne nulz nés osoit contredire
N’an nulle maniéré despire.
N’onques ne les pot Valantin
Mener par guerre a nulle fin.
Lors tuit li plus grant s’asanblerent
Des chevaliers qui de Rome erent;
Trestout Peffors de Rome printrent
Et sus icelz François an vindrent.
Eracles et Théodosiens
Qui estoient des plus anciens,
Des plus grans, des plus seurmontez,
Par cui tuit autre estoient dontez,
Y alerent a grant effors
Et les cuiderent chacier fors.
Mont grant occision y orent ;
Mès onques chacier ne les porent :
Ançois qui ussent granmant sis,
Des Romains y ot mains occis ;
La perde toute an vint sus eus. [178 c)
Pour ce, tournèrent an leur leus,
Tuit mat et tuit desconforté,
Car le piour an ont porté.
Mont fu sus Romains grant morie;
Li Franc orent la seignorie.
D’iqui li renons d’aus dura,
Ne nus contre eus ne murmura,
Ne nus ne fu si grans ne fors
Que contre eus montrast effors
Ne qui contre eus s’osast bougier.
Mès mirent les grans an dongier,
Nés cil grant paor an avoient
Quides François parler ooient,
Nus ne fu si fors se il ot guerre
Qui pellst son vouloir aquerre
Ne vangence avoir n’an savoit,
Se par les François ne l’avoit,
Ne nushon ne pouvoit sa terre
Recouvrer par force de guerre,
Se li François ne l'an aidoient,
C’estoient cil qui a fin metoient
Toutes guerres et tout desroy.
Parconmun consoil firent roy
Qui fu d’aus Faramont clamez;
D’aus touz fu cheriz et anmez,
Filz le duc Machomenes fu,
Icilz touz li premiers rois fu;
La seignorie d'aus li donnèrent
Et roy des François le nonmerent ;
Li premiers rois de France estoit.
Mors fu, que a morir estoit.
Pour le pere qu’il honorèrent,
Son fils aprez lui queronnerent
Qu’autre n’i ont point esleü,
Roy Clodyo le chevelu.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
222
RENART LE CONTREFAIT
Chevelus fu con se eüst treces.
Cilz fu de mont fieres aspreces,
Et maintes choses antreprist.
Cilz la cité de Quambrai prist
Et les Romains touz anchasa, < / 7 8 d 1
Et leur seignorie quassa.
Jusqu'à la rivi[er]e deSayne
Acrut sa terre par sa poyne.
Après, quant Clodio mors fu,
D'aus touz uns rois esleüs fu,
Qui avoit a non Meronné,
Dou lignaige Clodio né.
An cel temps qui est anciens
Furent nonmé Meronïens
Cil qui or se dient François,
Pour ce que Meronné fu rois.
Quant Meronné fu dcfeüs,
Chilperic fu rois esleüs,
Qui fu filz le roy Moronné,
Celui firent roy queronné,
Mès mauves conmancemant prit,
Car maintes damoiselles prit
A force et les efiorçoit,
Et les pucelles ravissoit;
Et pour ce fu si effaciez,
Que il fu do royaume chaciez,
Car tuit li furent mal vesin.
Lors s'an ala au roy Bissin
Qui de Looraigne rois estoit;
Mainz pais soz li souzmetoit.
Cilz rois a grant honnor le tint,
Et tant son bon voloir maintint,
Et tant de poine an vost avoir
Qu’il pot aus François paiz avoir,
Et que François le rapelerent
Et toz meflaiz li pardonnèrent,
Et il leur promist estre amis.
Mès an Bissine ot son cuer mis
Qui famé roy Bissin estoit,
Que, corne s'amante y metoit,
Ne vit pas a la courtoissie
Que Bissin li ot pourchacie
Qui toute sa paiz li refist
Quant sa famé a lui venir fist
Et l’espoussa a grant honneur, 1/79 j>
Combien que elle eust seignor,
Conme paien bien le pot faire.
Cilz conquist Orlïens sus Loire ;
Un conte romain an chassa.
Après se, la mort l’anchaussa ;
An son régné d'ans vint et trois.
Après fu ses filz Cloovis rois *.
De la royne Bissine vint;
Pour ce Looraine li avint.
Plus fu grans et plus redouté
De touz ceulz qui orent esté ;
Biaux, saiges, hardiz, courageus,
De bons faiz plains et de biax geus,
Grant fierté an son vis avoit;
Toute honnouret tout bien savoit,
Les mauvès et les fox dontoit
Et les preudonmes amontoit,
A touz montroit bone doctrine.
A son temps, print il Agripine,
Une cité de grant renon,
Qui orandroit Couloigne a non;
Et Trêves print il meimemant,
Se li veraiz escriz ne mant,
Qu’a cel temps Romains maintenoient ;
De tout le Rin seigneur estoient,
Fors tant que dechacié an furent
Des François qui devant esturent.
Uns princes alors la tenoit,
Qui Gilles nommez an estoit;
Li roys Clovis a celui temps
Estoit mont fort antremetans :
Par lui et par maint soudoier
De Sainte Yglisse guerroier
Et Sainte Yglisse destruissoit,
Et quanque il pouoit, nuissoit ;
Ne riens n’an estoit esmaians
Pour ce que il estoit paiens ;
Paiens fu, si ne li chaloit
Se Sainte Yglisse se doloit.
An l'an de l’incarnacion (779 b)
Celui qui soufTri paission
Droit quatre cenz et quarante ans,
Ot esté rovs Cloovis .x. ans.
Lors une tresbonne pucelle,
Qui Dieu fu amie et ancelle.
Fille au roy de Bregoigne estoit.
Ancel temps point meilleur n’estoit;
La pucelle Goheut ot non,
Qui tant ot an Dieu bon renon ;
La veraie creance an li maintint
Tant conme an cest siegle se tint.
Il conme paiens la requist,
Sa grant santé et son bienquist,
Car il print celle ou Dieux otpart
Qui puis le tourna a sa part.
1 Ce vers et les 1C4 suivants ont été publiés , sous le titre de Baptême de Clovis, par Tarbc ,
p. iofj-ii3.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
NOTES ET VARIANTES
223
Païens estoit, quant l’espousa
Il qui maint hardemant osa,
Looraigne, Provance conquist,
Au royaume de France (l’)aquist;
De conquérir ne quist essoine,
Tout conquesta jusques a Sayne.
Un sien mestre avoit conseilliez
Qui por grâce avoir vost veillier
Et pour son temps métré a honnor
N'i regarda grant ne menour;
Melelln print et conquesta,
Et trestouz les félons osta;
An duchée le tint de Cloovis.
An cel temps que ge vous devis,
Cons[e]üt Goheust de Cleovis,
Un fil bel de cors et de vis
(Nus ne sot plus bel devisier).
La royne le fist bautisier,
Mès roy Cloovis ne le sot mie ;
Celle qui ordonna sa vie
A antandre et a preschier,
A son seigneur qu elle ot tant chier
Qu’il recehust la sainte loy,
Bautesme recehust an foy.
Clovis ja croire non vouloit, (!79 c)
Et de cel sarmon se douloit
Conme cilz qui estoit paiens,
An Sainte Yglise non creans.
Igoines cilz amfes ot non,
Mès petit dura son renon,
Car po aprez se que nez feu,
Siconme il plot a Dieu, mors fu.
Li peres an fu mont plai[n]s d’ire,
Et dist a sa famé par ire
Ce l’amfes a ma loy feüst,
Pour voir ancor mors ne feüst.
Mont s’an pot la royne doloir.
Dieu an pria de bon vouloir
Que son seigneur montrer deüst
Que la bonne loy recellst
Et le vouloir de Dieu feïst,
Et loy païenne regeïst;
Et Dieux an oy la prïere
De celle qui toute a li yere :
Un autre fil a concehu,
Dont li rois a grant joie ehu,
Plus grant joie ne pourroit l’an dire.
L’anfant mirent nom Clodomire ;
La royne le fist bautisier,
Et ne finoit ja d’atisier ;
Le roy adès remantevoit
Que feïst se que il devoit ;
Le rois si dist : « Dame, or[e] parra ;
Saichiez, cil amfes se morra,
Siconme l’autres sans deloy,
Por ce que n’est pas a ma loy.
N’avons amfant qui ja vis soit
Longuemant qui bautisiez soit ! »
Lors la royne sanz detrïer
Conmansa Dieu mont a prier
Qu’il vosist fere ceste honnor
Que sc bautissast son seignour.
Et elle quant plus li prioit
Adès Cloovis li nioit,
Ne nulle rien n’an voloit faire.
Adès li conmandoit a taire. [iyg d )
An cel termine il avint
Que Cloovis a guerre vint
An champ contre les Alemans
Dont il souffri plusors tormens.
Li pires devers lui an feu,
Dont maz et doumaichiez an feu.
Lors pria il devostemant
« Que biaux sire Dieux qui ne mant,
An cui ma famé a sa creance
Et son espoir et sa fiance,
Dont chascun jor me fait mémoire,
Or me veilles donner vitoire,
Et désormais an toi croirai
Et ton nom ge assaucerai,
Monteplïerai tes amis
Et confondrai tes annemis ! »
Ses mains de cuer au ciel tandi,
Et lors Jhesucriz l’antandi,
Et le fist honneur et aiduie
Qualemant vindrent a la fuie,
Et li rois ot toute vitoire;
Bien le retint an son mémoire,
Tout quanque il ot a Dieu promis
A il trestout a effet mis.
N’i quist respit jour ne demi ;
A Rains an vint a saint Remi
Qui de Rains arcevesques fu,
De lui an fons bautisiez feu,
Et sains Remi Dieu l’antroduit ;
A veraie creance le conduit.
Clovis vost paiens despisier,
Plussorsil an fist bautisier.
D’iqui vint France an seürté
Et se maintint en meürté,
Et pour voir, ge le te devis,
Car chrestiannez fu Cloovis
Xv. ans après se qu’il fu rois.
Lors atourna il ses arois,
Et se vost duremant haster
De conquérir et d’aquester.
»
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
224
RENART LE CONTREFAIT
Aquitaine et Tours conquist ( 1 80 a)
Et puis an Toulousain se mist.
Mont bonne vie demena,
Pour l’amor de Dieu se pena
Et gracia de cuer antier,
Et Dieux le mist an son santier.
Trante ans fu rois et puis fu mors,
Et anfouïz fu li siens cors
Ou moutier Saint Po et Saint Pere
Qui de par lui faiz fondez ere.
Or li ont remué son non,
Car Sainte Genevieve a non.
Quatre filz lessa Cleovis
Dont les nons d’eus ge te devis
Et por voir ge le te veil dire :
Childebert, Thierriz, Clodomire,
Et li quarz avoit non Lotaire.
De Cleovis me veil or taire
Et de leur terres qu’il partirent,
Conmant regnerent, conmant firent
Que trop a conter an aroie
Se touz lor faiz conter voloie.
Mès rois demoura Childebers
Qui tant fu saiges et apers ;
Vint et trois ans rois gouverna
Jusques mors a fin le mena.
Rois fu ses filz, Theodebaus,
Qui ne fu fox, musars ne baus ;
A Dieu dou tout s'abandonna,
Cuer et cors, et tout, li donna;
Trestouz preudes honmes suy
Et mauvès et félons fuj*.
Bons justiciers fu a son temps,
Mès il ne régna que . viij. ans.
Clotaire qui son frere estoit
Et cui il mont de cuer anmoit,
Son royaume et trésor (li) conmist
Et trestout an sa main li mist
[Et] Ions tamps puis si f[e]ü mors,
Et a Seissons fu mis son cors,
A Saint Marc, que mont honora.
De lui quatre filz demoura, (180 b)
Dont Charambers li aignez fu,
Qu’après lui rois de France feu.
Cilz luxurïeus fu formant,
Cilz, se li voirs escriz ne mant,
Sa famé chasa de son lit.
Sanz plus, por avoir le délit
D’une chamberiere qu’avoit.
Telz male voulanté avoit,
Tant estoit de l’Annemi plains.
Tost morut et petit fu plains.
A Blaives, a Saint Romain, gist,
La ou maint esdefice mist,
Maintes rames y estora.
Chilperic, son filz, demoura ;
Roiz fu cest cilz por cui te dis,
Et por cui le sarmon te fis,
Et pour cui ge veuil maintenir
Que mal ne couvient avenir,
Conbien que maus a home avaigne
N’est pas pour ce que le couvaigne.
Siconme ci devant dit t’est;
Chascuns se fait telz conme il est ;
Qui mal quiert, maus est a venir;
Pour ce n’est pas le couvenir.
Pour cest roy t’ai se recité ;
Oi de sa vie la vérité.
S'il fist mal et mal li avint;
Avenir iert, mès n’an couvint.
Tant fu cilz rois tanres de famés
Qu’il an resut plusors difames.
Troiz filz ot qui pute fin tindrent
Et qui tuit a lede mort vindrent.
Se tu viaux bien se retenir,
Diras : non couvient avenir;
Diras de cuer que ansinc iert
Que nulzn'a mal, s’il ne le quiert.
Or antan dont que il avint
Dou roy et par lui quelz fin tint.
Chilperic roys de France feu* ( 180c )
Qui filz le roy Charambert fu,
Qui de France andui furent roi.
Chilperic metoit son aroy,
Et touz ses désirs, et sa cure,
Desus toute rien an luxure ;
Pluseurs famés ot a sa vie,
Mès il avoit plus grant anvie
De grant biauté que de noblece
Ne que de nulle grant hautece,
Ne n’an crëoit home do monde.
A Seissons print il Fredegondc,
Une dame de grant biauté,
N’i garda droit ne loiauté
Fors son plesir tant seulemant.
Celle dame il tint longuemant
Que amfant n’an po recouvrer.
Por ce, s’an vost il desevrer,
Et a une autre s’avoia,
Et tantost quérir l’anvoia,
x Cette Histoire de Frédcgonde, comprenant ce vers et les 433 suivants a été publiée presque entiè »
rement par Tarbê , p. 114-126.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
notes et Variantes
225
Belle et bone, gentis et saige,
Et de treshautisme lignaige ;
Et grant terre tint an demaine,
Gasonde, seur le roy d’Espaigne,
Et promist li et ses amis
Que ses cuers seroit an li mis,
Et toutes autres lesseroit
Si tost con a famé l’aroit.
Tant fu legiers qu’il an jura
Que jamès n’an départira,
Ne dessaisizil n’an orroit,
Ne do royaume [n’en] partiroit1.
Ansinc les noces fetes furent;
.Un grant temps firent ce que durent.
Fredegonde qui mont savoit.
Qui au cuer grant meschief avoit,
De se qu'elle estoit dessaisie
Fasoit sanblant d’estre apaisie,
De porter au roi feautc
Et d’avoir au cuer loiauté.
Lez la roync adès demoura, (/<Vo d )
Et par samblant mont l’onora;
Et la royne la crëoit,
Et por samblant mont s’i fïoit.
Celle qui ot le cuer marri
Tandi a ravoir son mari,
Et pansa qu’elle le ravra,
Ou an li san ne art n’avra.
Un jour fu que elle au roy vint,
Et a un grant secré le tint,
Et li dist que poussons savoit
Des quelz li rois morir devoit
Que sa famé apareillie ot;
Pour .j. cui son cuer donné ot,
Ceste avoustire li fasoit
Et tantost murtrir le devoit.
A ce vost li rois nient antandre;
Tantost il fist sa famé prandre
Mal talantis conme sangler,
Et tantost la fist estrangler
Par le consoil de Fredegonde,
Qui tant savoit barat et honte,
Toute vestue de faus samblant
Qui toute joie va ambiant,
Qu’el pançoit li rois la preïst
Et qu’aveque li la meïst.
Mès non fist [et] print Acoere,
Qui une hautime dame ere,
Dont Fredegonde ot mont mesaise;
An son cuer jamès n'ara aisse,
Ne de cuer joie ne fera
Jusque arrier royne vera.
Li rois Acoere maintint.
Et tant l’ama et tant la tint
Qu’il an ot .iij. amfans toz vis,
Meronné, Chodebert, Clovis,
Dont li rois [très] grant joie avoit.
Et Fredegonde adcs sivoit
Acoere qui roÿne iere;
Estoit toute sa conseilliere * :
Fait estoit se que li plesoit. (181 <r)
Et tout adès son cuer taisoit;
Par samblant la roync honora,
Adès avec li demoura.
Un jour pot Chilperic cëoir
Qu’il alast son frere vëoir
Childebert, qui estoit an guerre
Vers Mez, aus Saynes, pour sa terre.
La fist Chilperic demorëe
Et laissa la royne Adorée
Ancinte avec[que] Fredegonde,
Qui de trestouz biens estoit monde.
De la royne li temps vint
Que acouchier il la couvint :
D’une fille c’est délivrée,
Et lors la royne Adorée,
Qu an Fredegonde se fia,
De cuer bonnemant li pria,
Parrains et marraignes querist
A cui l’amfant tenir feïst.
« Lors, » dist celle, « royne Adorée,
Seur toutes dames honorée,
Ou pourroie parrains quérir
Qui a toi doient aferir?
Ge n’an sai nul qui digne soient
Qui le tien amfant tenir doient. »
La royne qui mal n’antandi,
A Fredegonde respondi :
« Par Dieu, bautisier le faudra ;
Por Dieu, querez qui le tandra.
— Dame, » ce dist la despissant,
« Ge ne sai nul sisouffisant
Conme vous qui porté l’avez ;
Seur touz miax tenir le devez,
Par vous sera des fons levée
Et si avra nom Adorée.
Nus n’an est dignes, se vous non ;
Pour ce lo qu'el port vostre non. »
Lors la royne debonnere
Li demanda : « Le puis ge fere? »
i Dans ce vers et plus loin le mot royaume semble compte pour 2 syllabes — 2 Toute est. s. cons.
Tome II. i5
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
RENART LE CONTREFAIT
226
Dist Fredegonde : a Ouïl, de voir ; ( 181 b)
Miaux consoil ne pouez avoir;
Plus haut de vous non peut tenir. »
Pour ce fist l’an l’amfant venir;
Par cel consoil l’evesques vint,
Bautisa, la mere le tint;
Ansinc fu l'amfant bautisié
Par fol consoil desavisié.
Après le roys a Paris vint ;
A Fredegonde bien souvint
De la tresgrant desconvenue.
Devant li roy s’an est venue;
Si dist : « Rois, une fille avez ;
Nulle plus belle ne savez,
Cui tenue a fons a sa mere ;
Vostre famé est vostre conmere,
Dont je suis trite et doulante.
Ne cuidiez pas que ge vous mante,
Que ge le vous di tout de voir. »
Et dist li rois : « Se il est voir,
An mun lit ge te remetrai
Et de cest prepos point n’itrai. »
Lors li rois monta ou palais.
La royne a grant estais
Li est tout au devant venue,
Et de loial cuer le salue.
Dist li rois : « Ne vous salu mie ;
N’(i) estes ma famé, ne m’amie,
Ma famé estre plus ne povez,
Quant mon amfant tenu avez,
Mauvès est eüs vostres sors :
De moi, (et) dou royaume estes hors,
Tenir ne vous puis par raison,
Trop avez fet grant mesprison,
Mès pour ce ne devez périr. »
Lors li rois anvoia quérir
L’evesque qui le dédia,
Et an essil il l'anvoia.
Et sa famé conme esbaïe
A il misse an une abaye ;
Et la fille aveque li reste. (181 c )
Vie li fist donner honeste1,
Tost con ses consaus li aprist ;
Li roys Fredegonde reprist.
Après avint .j. po de temps
Qu’il conmansa .j. grant contans
Dou roy et Childebert, son frere,
Et y ot guerre mont anmere.
Childebers qui grant grâce avoit
Honneur et touz atraiz savoit ;
1 Hon. vie donnr et li fist.
Digitized by Google
Touz les haus barons de la terre
A trait a lui et a sa guerre
Et le roy Chilperic laiserent,
Et quanque porent rabaissèrent.
Childebers savoit bien donner,
Et bien prometre et bien mener,
Sique si tous les atray,
Que vers le roy nulz ne tray
Quant il ot le peuple a lui mis;
Lors c’est contre son frere mis.
Li roys qui formant c’est doutez,
S’an est dedans Tournay antrez
Et fist toutes les portes clorre,
Contre son frere ne pot sorre.
La fu a Tournay ansarrez.
Et bienanclos, et bien barrez,
O po de gent a grant difame,
Avec Fredegonde, sa famé,
Qui mont savoit art et malice,
Et tost ot pancé .j. grant vice.
Cil troi amfant lez lui esturent,
Qui fil de Adorée furent,
Dont ge ay parlé ci devant.
Li roys ne sot arrier n’avant,
Consoil ne sot ne sauvemant
Qu’an Fredegonde seulemant;
Elle dist : « Roys, ne l’esmaier ;
Lai moi mun consoil essaier,
Carge bien te conseilleray
Par les ouvres que ge feray. »
Li roi dist : « Dame, or an pancez ( 181 d)
Conmant puissions estre tancez
A honneur de ceste anhastie. »
Lors s’an est la royne partie
Qui tant sot de mal retenir ;
A li fist deus valiez venir,
Fors et hardiz, fox, outrageus,
Plains de mal art et de maus geus ;
Et leur dist : « Ge vous anmerai
Et d’armes bien vous armeray,
Sique ja riens ne douterez.
La fors a Childebert irez ;
An quelque leu que le voiez,
L’espée ou cors li anvoiez.
A lui irez par droite tire
Ansinc con por mesaige dire.
Tantost que devant lui cerez,
D’espées ou cors le ferez,
Que mors soit et ne demeurt point.
Se vous y estes mal a point,
Original from
UNIVERSITYOF MICHIGAN
NOTES ET VARIANTES
227
Par coi soiez ne prins ne mors,
Ge vous jure et ame et cors,
Et anneur, et santé, et vie,
Pour vous fonderay abaye
De moines blans, de moines noirs
Que touz i courra mes avoirs ;
Tourjors mès pour vous chanteront
Et tant de servisses feront
Que s’an avoiez tuez (tieux) dix,
Que vous metront an Paradis
Ains que soit passez cestui mois,
Ge vous an jur Dieu et ses lois.
Et s’avient qu’eschapez soiez,
Chascuns une cité aiez. »
Celle lor jure et il la croient,
Et de bien fere il la proient.
Sus ce se sunt acheminé
Et si vont tant ne quant finé
Jusque ou tref Childebert s’en q[u]irent
Chascuns se fiert, tantost l’ocirent.
Et tantost li glouton pris furent (182 a)
Par justice, siconme ils durent.
Quant tuit si grant baron se virent.
Lors ou vouloir do roy se mirent,
Et chescuns quist a la paiz trere ;
Li roys print la famé son frere ;
En une abaye la mist
Et tout son avoir prandre fist.
Breneheust la dame avoit non,
Saige et plaine de grant renon.
Lors fu Chilperic asseür
Et pansa estre au bon eür.
.lij. filz ot de la bonne dame
Adorée qui feu sa famé,
Que ge ci devant vous devis,
Meronné, Chodebert, Clovis.
Meronnez ala veoir sa mere,
Et sanz le consoil de son pere
La famé son oncle ala veoir.
Meronné tant li pot céoir
Qu’il ne vit honneur ne difame
Que tantost n[e l]a prist a fanme.
Li rois mont fort l'an despisa;
Et Fredegonde l’atissa
Et dist : « Vostres filz vous seurquiert ;
Vostre deseritance quiert. »
Tant l’annorta qu’il le fist qucrre,
Et fu occis an une guerre.
Les autres deus qui demourerent,
Par Fredegonde a fin alerent;
Leur male mort leur consanti
Pour ce que ancinte se santi.
Des .iij. filz que li rois avoit (182 b)
De Adorée que tant anmoit,
Par li furent tuit mesalé
A mort et a la fin alé.
Fredegonde maint mal fasoit;
Mont anma un fil qu’elle avoit
Pour que li royaumes fust siens ceulz ;
Fist elle touz destruire ceulz
Par coi nus nel feist contraire.
L’amfes fu apelez Clotaire ;
Nul plus bel ne seüst l’an querre.
Pour joie fist li rois par sa terre
Et par grant leesce de cuer
Trestouz prisonniers giter feur
Et trestoutes prisons ouvrir,
Et trestout Paris fist couvrir,
Trestuit prisonnier quite furent
Pour quel cas qu’an prison esturent.
Fredegonde an fu mont lie,
Et pour ce ne lessa el mie
A son malice demener;
Mès adès y vouloit pener.
Li rois estoit si anchantez
Qu’a tout son vouloir fu tantez;
Les haus barons fist abaissier
Et leurs grans tenemans laissier;
Touz les grans a povreté mist
Et des garçons les seigneurs fist,
Charruier li plusor devindrent
Qui granz terres et honneurs tindrent;
Et par le consoil Fredegonde
Qui savoit tout le mal dou monde
Seur toute rien le roy flatoit
Ne de s’amour point n’i mctoit,
Mès le hëoit cuvertemant,
Et trop l’anmoit uvertemant.
Son cuer an un conte avoit mis
Qui estoit de cuer ses amis,
Et faisoit de li son vouloir
Qui qu’an deüst rire ou doloir.
Li quens Landriz avoit a non, (182 c)
Ne elle n’anmoit se li non.
Li rois s'an print a aparseuvre,
Et connut .j. petit de l’ouvre.
La royne bien a aparçut
Que li roys an doutant le seut
Et que ja pallé an avoit,
Et anqueste fere an fasoit;
Et s’avisa quant il parra
Tout l’or do mont ne la garra
Que ne resoive male mort.
Celle qui sot mainte mal sort
Un sénéchal que fait avoit
Qui tout son couvine savoit,
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
228
RENART LE CONTREFAIT
A lui secréement conseilla
Et cil pour li se traveilla
Conmant conseiller la peüst.
Par coi sa grâce adès eüst.
.Ij. escuiers fuitiz mandèrent
Et cest afaire leur contèrent,
Conmant tourjours riche seront
Et a tourjours lor paiz aront,
Mès que le délivrent dou roy.
Cil atournerent leur aroy
Pour fere se qu’il ont couvant.
Li rois aloit chacier souvant;
An repairier, quant il revint,
Chascuns d’iceulz lez li se tint,
Ne virent nul, ne nul ne doutent.
Les coustiaux ou vantre li boutent,
Et li rois cheï mors a terre.
Cil s'an fuient, l’an nés sot ou querre.
Dessus Chielle cilz cos avint, [182 d)
L’evesquez de Sanliz seurvint;
Ileques le roy mort trouva.
L’evesques mont bien s’i prova,
Sa gent toute a raliée,
Une nef a apareilliée,
Le cors le roi an la nef mistrent
Et briement a Paris an vindrent.
Tout le peuple après le suÿ ;
A Saint Vincent fu anfuy
Qui Sainte Genevieve est diz.
Cilz murtres fu sa famé diz;
Trestouz les biens que elle avoit
Et tout le meuble qu’el savoit
A Nostre Dame tout tandi,
Et son cors meïme i randi.
Et lors li baron son fil prindrent,
A roy et a seignor le tindrent.
Par les bonnes villes alerent,
L’amfant aveques eus menèrent
Qui estoit apelez Clotaire,
Et li firent feauté faire.
Clotaires fu pour rois tenus,
Mès mont fu jeunes et menus,
Et pour ce que trop anfes feu,
Bons gardeor bailliez li feu,
Un sien oncle, Gontranz ot non;
Saiges fu et de haut renon.
Cils Gontrans fu frere son pere,
An cui garde le mist sa mere.
Li peuples por roi le tenoit
Pour ce que l’amfant maintenoit.
An son bail rois Clotaire fu;
Quant que li plot fere, fait feu.
Maintefoiz pansa an son cuer,
Digitized by Google
Ne dou panz ne pot issir feur
Conmant son frere Chilperiz
Ot esté murtriz et periz,
Et plus soutivemant qu’il pot
Anquist do fait ou miax que pot.
Tant an anquist, sanz fere plait, \j83 a)
Qu’il sot que sa famé l’ot fait
Par le consoil, par le souhoit
D’un sénéchal que elle avoit,
Qui senechauz fu Chilperic,
Que l’an apeloit Eburic ;
Chiés et traitierres ot esté
De faire ceste grant durté,
Li et la royne Fredegonde.
Lors jura touz les sainz do monde
Que vanchiez Chilperic seroit;
Pour nulle rien ne le leroit.
Eberic bien s’an avisa
Et pour ce pallemant quis a
A Fredegonde et li a dit
Se qu’aucuns amis li ot dit.
Si li dist : « Dame, ge me deuil,
Et pour voir destourner me veil,
Car li rois c’est aparcehu
Et toute nostre ouvre a sehu,
Sicon qu’il m’an voudra suïr,
Pour ce, dame, m’an veil fuir. »
Dist Fredegonde : « Non feras,
Que de moi bon garant aras.
Mes filz est rois, ge te garrai
Et tourjours sus moi te panrai. »
Mès por chosse qu’elle li die.
Ne consantoit il, ne se fie,
Et dit : cf Por rien ne demorroie,
Car por certain la mort aroie. »
Lors Fredegonde an traïson
Qui ot fete la mesprison,
Sicon devant ge vous ai dit,
Vint à Gontran, si li a dit :
« Rois Gontran, ge te certefie
Que Eburic toli la vie
Au roy Chilperic monseigneur
Dont j’ai perdue toute honneur. »>
Et lors li rois Gontrans jura
Que il Eburic destruira
Et son lignaige jusque a vint. (i83 b)
Mal de se faire li souvint,
Par coi autre s’i chastiront
Que talant dou fere n’arront.
Quant Eburic sot veraiemant
Que Gontran ot fait sairemant,
Et lors se mist il an franchisse
Dedans Saint Martin aml'iglisse.
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
NOTES ET VARIANTES
Par Claudïen saichiez an fu,
Et tost le chief colpez lui feu.
Quant Gontrans ot régné .xx. ans,
Il plot a Dieu que il feut temps
Que il morust, et il mors feu;
Mès ains Bregoigne donnée feu
Qui estoit soue an eritaige
A un sien neveu preu et saige.
Childebert ansinque non ot;
Nonques cilz Gontrans famé n’ot,
Et Clotaires rois demoura.
Mauvesse generacion
Et bonne generacion
Anma et suï conme saige,
Combien qu’el n’i mut de lignaige
De par mere ne de par pere.
Preudon et saiges adès ere,
Bons justiciers fu et hardiz,
Saiges et an faiz et an diz.
Famé print qui Gertru ot non,
De noble estât, de grant renon,
Dont ot .j. fil gent et apert
Que Tan apela Dagobert.
Mont fu preuz et de bonne part.
An cel temps dévoient li Lombart
Au roy de France toz les ans
Dou pals dont estoient tenans
Douze mil sols, de trehu durent.
Ou celui temps quité lor furent.
Quant .xxxix. ans ot Clotaire
Régné, adont li plot a faire
Par consoil et par bon aroy (i83 c)
De son amfant Dagobert roy,
Et li donne a son venir
Le royaume de Galte a tenir ;
Bien le tint et bien i parut.
Fanme li donna Gomarut ;
Longuemant le royaume maintint,
Mès Clotaire morir couvint.
Dagobert tint la royauté
Et que an retint la feauté
Tout ansinc conme raisons fu.
De sa famé desevrés feu
Pour ce qu’amfans ne pot avoir,
Dont il chanja si son savoir
Qu’a merveille crueus devint
Et crueussemant se maintint.
Il fist les grans portes deffaire
De l’iglise de Saint Ylaire
De Poitiers qui de cuivre furent ;
A Paris menées estre durent,
Dont puis au cuer grant coureoz ot.
Par consoil une autre famé ot ;
Digitized by Google
229
Mont se penoit d’estudïer
A Saint Denis estofïer;
Ses portes de cuivre i mist
Que il de Poitiers venir fist ;
T[rest]oute sa cure estoit misse
A bien aorner celle yglissc
De coulomnes, de pavemans
Et de touz biaux aornemans.
Les autres yglises lessoit
Et celle sanz plus apaissoit;
Plus y mist, et de cuer antier,
Que tuit si autre devantier.
Mont anma cilz rois Saint Denis
A la parfin, i fu il mis §
Quant de cest siegle trespasa.
Mès mont Sainte Yglisc quasa
Pour ce que les biens lor toloit
Et aus gentis hommes donnoit.
Pour ce aucuns aprez sa mort dist
Que l’ostel d’anfer an aquist.
Clovis, ses filz, régna après (i83 d)
Qui de mal fere fu angrès;
Famé print bele et bien cenée,
Dou lignaige des Saynes née.
An cel temps qui est anciens
Li abbasde Saint Marc d’Orliens
Une abaïe i fonda
Ou mont de biens y abonda,
Et si li mist non Champflori.
Un po après ce il mori,
Et or a non, c’est chose voire,
L’iglisse Saint Benar sus Loire.
Clovis qui adont rois regnoit
Qui folemant se demenoit,
Il fasoit mal et ancor pis;
Le cors monseigneur Saint Denis
Bani mont deshonestemant
Que l’an porta vilainemant,
De Paris a force l’osta
Que Dieu ne home n’an douta;
L’un des braz li brisa a force,
Dont an l’eure aparut por ce
Que il antra an frenisie,
Dont il n’isi puis an sa vie.
Mont fu cilz rois desmesurez
Et an touz maus asseürez;
Glouz fu, yvrais, luxurïeus,
Lechierres, lierres, anvïeus,
Mansongiers et de mauvès famé;
Mès il ot une bonne famé
C’on clamoit la royne Batant.
De li me soufferrai atant;
.Iij. filz ot de courtois afaire :
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
23o
RENART LE CONTREFAIT
Thierri, Childeric et Clotaire.
Tuit furent roy aprez lor pere;
La royne Batant lor mere
Qui mont de cuer Dieu honora,
.lj. abayes estora,
Ançois qu’elle partist de vie,
L’une Chielle, l’autre Corbie,
Riches sont et bien aornées
Et de rantes bien estorées.
.Ij. ans estut an cel malaige (184 fl)
Clovis li roys an [i] tel raige,
.Xv. ans ot régné, puis fu mors;
A Saint Denis fu mis ses cors,
Mès ançois que il moreüst,
[Pria] Dieux que avant esleüst,
Que roys de France fu Clotaire
Ses filz qui po i sot bien faire,
.Iiij. ans vesqui, plus ne le feu.
Cilderic, son freres, rois feu;
Ebroyns fu ses conduisierres,
De tout le royaume antroduisierres.
Cilz n’ot [pas] Sainte Yglise chier :
L’evesque d’Ostun saint Legier
Fist il anmedeus les yax traire
Et assez d’autres tormans faire.
Uns gentis hon, Mainfroi ot non,
De grant san et de grant renon,
Cui Ebroyn ot fet ineschief,
Cilz Mainfroiz li colpa le chief
Et fu an son leu mis garans
Qui a Childebert fu parans.
Quant rois Childeric fu finez,
Si fu rois Thierriz li mainnez.
Quant li rois Thierris vint a fin,
Si fu esleüs roi Pépins ;
Antegresil ot non son pere,
Et dame Bege ot non sa mere.
Par les barons esleüs feu.
Mont fu Pépins bon justiciers
Et de cuer courageus et fiers;
De tout son royaume anmez fu,
Ne nus ses contreres ne feu.
Si baron li donnèrent famé,
Petrus, une mont haute dame.
De celle dame .ij. filz orent,
Grimoars et Dreves non orent.
Cilz Dreves quens de Champaignc fu
Et Grimoars atandans feu
Au royaume que son pere avoit, (184 b)
Siconme tenir le devoit.
Toutevoie mist mont sa cure
Rois Pépin ou fet de luxure,
Au vivant et au tens sa famé.
Fist il de ce mainte difame
Albande, une noble pucelle,
Fude Pépin ancinte celle.
Seur fu un haut baron nonmé
Qui Dydoine[s] estoit clamé.
De celle pucelle .j. fil ot
Qui Challes Martiax puis non ot.
De cestui anfant te lairay.
Des autres .ij. te conteray :
Grimoars, qui fu dous et saige,
Aloit an un pelerinaige
A Saint Lambert que li aidast,
Et que s’onneuril li comtast;
Un traïstes sergens Raimbaut,
Qui ot le cuer mauvès et baut,
A cui Ions tans ot contancié,
Li a ou cors .j. dart lancié.
L’autres freres po se maintint ;
Dreves (fors) .ij. ans se terre tint.
Mors fu, autremant ne pot estre,
Ansinque plot a Dieu le mestre.
Pépins an fu maz et angrès,
Petit de temps vesqui aprez.
Mors fu Pépins a grant honnor,
Et ses fils Challes tint l’onnor,
Qui ses filz de bast ot esté,
Ansinque com ge t’ai conté.
Rois fu, mès grant destorbe y ot.
Car fors et bons amis y ot,
Et la force outre pasa
Li fors tout le fleuve quassa (?).
Ansinc fu rois Challe Martiax
Qui fist a mains prodommes diaux,
Fors, fier et féal, chiere despite,
Et la conciance petite.
En raison po fere a nelui, (184 c)
Et chascuns se plaignoit de lui.
A celui temps li Vandre vindrent,
Sarradin qui fort se contindrent,
Cil [qui] la cité de Sanz prindrent
Et a Troyes an Champaigne vindrent;
Mont grant gent antr’aus habonderent,
Vandeuvre le chastel fondèrent.
Challes Martiaux les effasa,
Et de son pais les chaca.
Un fil ot qui ot non Pépin,
Qui souffri mainte grant hutin.
Petiz fu, mès mont fu hardiz,
Saiges an faiz, courtois an diz.
Quant Challes fu mors, roi le firent
Et an la royauté le mirent.
Quant que son pere avoit tolu,
Tout refu par le fil solu ;
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
NOTES ET VARIANTES
23l
Challes ot tolu aus yglises
Et deseritées et mal misses.
Pépins nés mist pas an obli :
Trestout randi et restabli;
Tuit li baron mont l’onorerent
Mont haute dame li donnèrent
Qui tuit grant terre et grant demoine.
De celle issi roys Challemaine
Qui Dieux tant de grâce montra
Et tantes grans guerres outra
Que ancor an parle l’an souvant.
Ge ne t’an dirai plus avant;
A mun prepos veuil revenir
Por coi ge t’ai ci fait tenir
Por le fait Chilperic savoir
Qui ot po san et grant avoir.
Pour ce, Thiebert, t’ai recité
Trestoute ceste autorité,
Pour ce que ne croies qu’il couvaigne
Que nulle meschance n’avaigne,
Combien qu’el soit a avenir,
Qu’an peut bien tel chemin tenir
Dont l’issue fine an péri.
Remambre toi de Chilperi
Quelz fin il et si anfant tindrent [184 d)
Et par quel fait il se contindrent. '
Tout parle consoil de sa famé
Ot il se mal et se difame,
Par trop croire et an li fier
Celle qui trop deust annuier.
S’il n’eust Fre[de]gonde crehue,
N’eüst ains telz mort recehue.
Sa bonne famé estrangler fist
Et l’autre an la région mist;
S’il eüst bon consoil tracié
Et le mauvès arrier chacié,
N’eüst pas ce dont c'est doulu,
Mais pour ce la qu’il l’a voulu. . • .1
J a ce avenu n’il fellst ! ■
Se il voussist et il seüst,
Donques estre non couvenoit,
Mès par sa folour avenoit.
Qui esveille le chien qui dort,
Non couvicnt pas se il le mort.
Mordre ne couvenoit venir
S’il desveillier vossist tenir.
S’avenir qui est couvenist,
• I. hon trestouz coiz se tenist
An son lit trestouz coiz gisans
Sanz aprandre, il seroit lisans,
Sanz aprandre clergie savroit
Et toute autre sciance avroit,
Deniers, richeces li vandroit,
J a pour chacier n’i couvandroit
Pourchaz, poine, ouvre de mains,
J a ne vaudroit ne plus ne mains.
Pour coi ja poine an maintanroit
Quant par couvenir il vanroit.
Qui me croit, a ce se ravra,
Qni bien quiert, et bien li vaura,
Et qui saigement se maintient
Bon chemin et bonne fin tient;
Ne cujdés pas que ge me saigne.. .
La rédaction A place ici les histoires de Brulé de Troyes et' de Hermant un peu
allongées dans B, où elles sont représentées par les v. 38752-38958 :
— Conpains, ge m’an tien apaiez, [18 6 a)
Et dou dire grant bien aiez! »
Thiebert a congié demandé :
Renars l’a a Dieu conmandé,
Et li proie que tost revaigne
Et que longuemant ne remaigne.
Des paroles li aportoit
C’on dist ou pais et mantoit,
Car voulantiers nouvelles oit.
C’est une rien dont cuers s’esjoit.
Cilz li dit que tost revandra
Et des nouvelles aprandra.
Atant s’anva, Renars demeure;
Atantezvous an icelle eure,
An leur paroles defenir,
Un simple preudonme venir
Qui a Renars consoil queroit
D’un sien désir que il feroit.
Près de Renars c’est aprochié,
De son vouloir li a touchié :
« Renars, ge suis a vous venus
Con a cel qui estes tenus
Des homes li plus avisiés,
De san et d’onneur plus prisiés,
De bon consoil donner et dire.
Vostre per ne saroit l’an lire,
Li renons an court generaus.
Et par les mons, et par les vaus,
Pour le renon, por le savoir,
Que chascun vous tesmoigne avoir.
Telz estes vous partout tenus;
Pour ce suis ci a vous venus.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
232
RENART LE CONTREFAIT
Ce il vous plest, si m’an orrez
Et vostre plesir m’an sorrez.
— Amis, dites vostre devis. »
Lors c’est li hon lez lui assis
Si li conmance a retraire
Le mal dont il ne se peut taire :
« Renart, » dit il, « ge me consoil
D’un mal dont ge formant me deuil
Et qui n’a nul mestier d'essoigne. [i 86 b)
Mes vouloirs est que ge me doigne
A une jeune dame belle ;
N’ai voulante que le vous celle :
G’i ai mun cueret mun vouloir,
Soit a joie, soit a douloir.
Bonne, belle est, saige tenue,
Que an la ville n’an la rue
N’a de meilleur condicion
Celonc la leur antancion;
Belle maniéré et gente tient
Et mont humblemant se maintient,
Bonne, saige, coie et doutant ;
Seur li n’a a dire que tant
Folie fist, anma par amours ;
Ce sont toutes mes grans doulours.
Difamee fu conmunalmant,
Or c’est repantie bonnemant,
Jure et promet plus non fera;
Bonne, ferme et loial ccra;
A vous consoil se la croirai,
Ou se dou tout ge m’an fuirai;
A vostre los g’en veil ouvrer,
Ou dou prandre, ou de decevrer.
— Preudon, garde bien que tu fais 1 ;
Tu viaux an charger trop grant fais,
Quant de famé qui cet anmer
Amprandre viaux toi fere anmer.
Puisqu’a anmé, ne t’anmera
Ne d’a[n]mer bien ne te fera.
Preudon, pance bien a ceste ouvre;
Garde telz famé ne recouvre
Qui a aprins a cul brooier;
A vuiz se tanra de froier;
Bien te saura fere la musse,
Car tels mestiers an tel art usse
Ce li mesdiz el se tera
Ce li conmandes, el fera,
De choses connûmes a dire :
Obéira, gardera t’ire;
Mes tourjours Poil au broust avra,
Ja nus si garder nel savra,
Sicon Barbue la Chievre ot. ( / 86 c)
Uns hons prise an sa vigne Pot ;
Pour ce an sa prison la mist,
Cel cui estoit savoir le fist;
Cil vint, et sa Chievre demande.
Et li autres requist l’amande
Et le doumaiche qu’elle a fait
An sa vigne, ains que il l’ait.
Dist cil : « An ma vigne est ehue
Et la m’a gastée et pahue ;
Doumaiche y ay, c’est voir prové. »
Dist l’autre : « Ja n’iere trouvé
C’onques elle y seüst la voie,
Ne qu'amande por li an doie. »
Dist l’autre : <* Or le fason bien. »
D’une corde ta Chievre tien
Et la lie tant con tu pourras;
Par devant ma vigne vanras.
Se ja samblant d’antrer n’i fait.
Ge te clain quite dou méfiait.
Ce elle y a d’aler désir,
Dou defTandre te doiz taisir,
S’esté y a, bien le verras,
Car ja si tenir n’a[n] pourras
Qu’el ne braie ou qu’el n’i regart
Ou qu’el ne tande celle part.
S’onques n’i feu, ja n’i tandra,
Trestoute quite demourra. »
Cilz cui la Chievre fu, l’otroie.
Atant se metent a la voie ;
Cilz pansa si la lïeroit
Que ja ne cuers ne cors n’ieroit ;
Lors l’a cilz si antraveilliée
Par cornes, par musel liée
Qu'el ne pouoit tourner ne braire,
N’estarder ne nus sanblant faire ;
Se Chievre costé lui tenoit
Et pas a pas il la menoit.
Quant elle au droit la vigne vint,
Cilz bien par la teste la tint
Qu’anviz estoit elle voiant.
La Chievre pansa : « C’est noiant,
Cilz vilains me fera faillir; [186 d)
Si court me tient ne puis saillir,
Mès ses tenirs ja n’i vaurra,
Car, par le cuer bé, il faurra ! »
Lors fort a reculer se prist,
Ses mestres garde ne s’an prist,
i Ce vers et les -b suivants , Barbue la Chèvre, ont été publics presqu intégralement par Tarbê ,
p . ih-i.'CC
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
NOTES ET VARIANTES
233
Tant recula qu'est eschapée,
Onques si bien ne fu doutée
An la vigne dedans sailly;
Ansinc ot ses mestres failli.
Et lors dist il : « De ceste voie
Certes garde ne m’an prenoie ;
Ge ne garroie que l’aler
Et elle juie au reculer 1
Plus fox est que berbiz ne lievre,
Qui de brouster viaut tenir chievre! »
Ansinc te di ge pour lians,
Tant soies saiges ne scians
Ne por battre, ne por blandir,
Por dire voir, ne pour mantir,
Por paitre, vestir, plenïer,
Le broust nel feras oblïer.
Ce tu la viaux tenir d’aler,
Elle juïra au reculer;
Avant de costil s'an [i]roit
Voire certes, ains voleroit
Que ne se boutoit an la vigne,
Con fist Barbue, qui que la tigne,
Et bien pourras estre ou conroi
Ou Fradegonde mist le roy;
Et ancor se mis n’i estoies,
Et tu de li amfans seroies
A eus sera remantehus
Li faiz de famé qui aihu
Est et cera de plusseurs gens, j)
Cilz renons n est ne biax ne gens.
Avec ce tu ceras jalous,
Onques ne chiens, ne chaz, ne lous,
Plus mauvès morcel ne manja,
Ne pire oste ne hesberja;
Garde bien qu'elle ne te taigne.
Jadis ot un roy an Bretaigne 1
Qui or est nonmée Amgletere;
Sires estoit de mont grant terre
Qui marchisoit d’Escoce an Gales,
Riches menoirs ot et grans sales,
Sicon ge truis an vielle estoire;
Cilz riches rois ot nom Odoire,
Dou roy Artus an fié tenoit
La terre que il maintenoit.
Viaux fu, et po dou siegle aprist,
Car une jeune dame prist.
Gentille ot non, de grant gent née,
Saige, courtoise et bien cenée ;
Seur toutes a cel temps bele iere,
Gente de cors, simple maniéré,
Gracïeusse et plesans estoit.
Grant antante li rois metoit
A li servir de grans richeces
Et de souveraines nobleces
Siconjme] d’ornemans honestes,
De court tenir, de suir festes,
De déduire et de charroier,
De chacier et d’esbenoier.
Et de baisier et d’ambracier,
Le vouloit adès soulacier.
An tout li fasoit son délit
De deduiz de cors fors dou lit.
Mesique jouer ne savoil
Que le puissance n'an avoit ;
Dont il demouroit a dongier.
Lez son palais ot .j. vergier
Plain d’aubres et plain de verdeur
Qui gitoit mont tresbonne odeur.
Sus cel vergier de l'autre part
A droite voie, a droit esgart,
Tout droit au chief de cel pourpris, {187 b)
Uns nobles hon saiges, de pris,
Avoit ileques son manoir,
Et ileques vost remanoir,
Jeunes, fors et legiers, et saiges;
Droit an cel leu fu ses estaiges,
Plains de toute jolive vie;
Tant fist Gentille fu s’amie ;
Tant l’anma la royne et anma
Que tout son cuer an li cerna.
Bien lor priveté fere sorent
Et un acort antr’aus deus orent
Que a leur fenestres seroient,
Chascun matin s’antreverroient,
Et disoient qu’après cel veïr
Nulz maus ne les pouoit suïr.
Chascun matin montoient aus estres
De leur plus hautismes fenestres,
Et d’ileques s'antrevëoient
Et leursambloit plus mal n'avoient.
Avec ce .j. rosignoz estoit
Qui an celui vergier chantoit.
Pour contenances de l’oïr
S’aloient aus fenestres ceïr,
Disoient Toisel escoutoient;
Mès leurs cuers ansamble metoient.
1 Ce vers et les 1 54 suivants ont été publiés par Tarbé, p. i33-i38. Ils comprennent Lai de Laus-
tic, dont une autre rédaction , œuvre de Marie de France a été publiée par Roquefort (/, 3 14-42 j) et
par Warnke (/r” ed.y p. 146). Pour les rapprochements , voy. l cd. Warnke, (p. xcv-xcvi).
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
RENART LE CONTREFAIT
234
Ansinc de l’oissel se couvrirent
Et par ce souvant s’antrevirent,
Iqui avoient leur cuvregon
Dou rosignot et de son son ;
Tant que par nature couvint
Que li viaux rois jalous devint.
Sanz faire samblant n’ataïne,
S’apersut bien que la royne
Chascun matin aloit cëoir, (187 c )
Aus fenestres pour hors vëoir,
Et vit ou elle regardoit
Et an partie a coi tandoit.
Un jour li dist : « Dame, qu’avez,
Qui chascun jour si main levez,
Que dormir ne pouez au lit?
Quel part avez vostre délit *?
Pour coi vous levez? ge demant. »
La royne mont saigemant
Dist: « Munseigneur, ne vousannuit;
Ne puis pas bien dormir de nuit,
Et si n’ai ge riens dont me doille
Fors dou rosignot qui m’esvoille ;
Le rosignoz lever me fait ;
Saichiez, ni a autre mefFait,
Quel meschief pourroie [je] avoir ?
Ja tout solaz et tout avoir,
Tout deduiz aveques moi maint
Et s’ai santé qui trestout vaint.»
La grant royne de Bretaigne,
Ne cuit ja telz solaz l’ataigne,
Conbien que elle eit plus d’avoir.
« Vous m’amés, et ge vous, de voir ;
Fere le doi, et vous devez ;
Vo vouloir sai, le mien savez ;
Touz mes désirs m’asuvisiez
Se terre perdre an deüssiez.
Ge ne pourroie miax estre asise
An Paradis, an nulle guise.
Soiez aisse et asseür,
Car nous sonmes an bon ellr ;
Et pancez de vous solacier,
Moi acoler et ambracier
Tant con li poins et li temps dure;
Quant mort cerons, n’an arons cure. »»
Li roys [a] la royne antant ;
Bien oit et voit ou ses cuers tant,
Mès samblant montrer ne l’an vost.
Cuvertemant a ses diz sost :
« Dame, puis que l’oisel vous nuit,
Qui ne vous lait dormir de nuit,
i désir.
Courrouz ai de vostre meschief; [187 d)
G’en tandrai a venir a chief.
De l’oisel ge vous vancheray;
Ge ferai tant que ge l’aray. »
Lors a touz ses sergens conmande
Que chascuns au rosignot tande
Gluz ou filé, ou tel souhait,
Que chascuns a son pouoir l’ait,
Que touz les mains an se jardin
Nus peut demener tel hustin.
Tuit et chascuns i antandirent,
Tant i soutivent et tandirent,
Tant s’i sonttrestuit antandus
Qu’il fu prins et au roy randus.
Distli rois: « Dame, or avroiz
Ce que par coi dormir devroiz ;
Ge l’ai, jamès ne vous cuira,
Ne a dormir ne vous nuira.
— Sire, et por l’amor de moy,
S'il vous plest, vif donnez le moy ;
De cuer bon gré vous an savrai
Et plus anmer vous an devray. »
Lors li rois le prant et le tue,
Et tout mort devant li le rue.
La royne voit la despise ;
De cuer fort a plorer c’est prise
Et dist : « Sire, petit m’anmez,
Combien qu’amie me clamez,
Quant se petit oissel m’avez
Refusé, et tué l’avez ! »
Lors la royne s’an est partie,
Qui fu moins que devant s’amie,
Et plus le chevalier anma,
Et plus son cuer an lui cerna.
A lui palla an recelée;
Dou roy son seigneur c’est clamée,
Car or voit elle fermemant
Qu’il la despise voiremant.
Cilz ne l’a pas an obli mis;
Partout a mandé ses amis,
Guerre li fist et anvaïe
Telle ou li rois perdi la vie.
Miaux li vaussist qu’il eust tehu. (188 a)
Qu’il n’eüst rien dou fait sahu !
Face qui anchiet an cest quas
D’une oye cline et d’autre sas.
Ne pansoit pas que par mestrise
Il doie aler par autre guisse,
Et s’il fait que mestrise i soit,
Trop ara poine et po esploit.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
NOTES ET VARIANTES
235
Trop est cilz fox qui se marie *.
En famé de jolive vie,
Ce dou tout ne se viaut soufrir
Et lui a toute honte offrir
An touz periz d’ame et de cors,
Dont il ne sera ja jour hors,
Et qui leurs cuers bien conneüst,
J a an telz periz ne feüst.
Mès por ce nés connoist nus mais,
Quar un te di, autre te fais.
Par Biclaret le peuz savoir
Qui tresbien t’an dira le voir.
Biclarel fu uns chevaliers
Hardiz, et courageus, et fiers,
Plains de noblece et de vertu,
De la meson le roy Artu.
Mès de ce trop a blâmer fist
Qu’il crut se que sa famé dist;
Acez de tieux an est ancore.
Amours courut Biclarel sore;
Son cuer an une dame mist
Et si formant anmer le fist,
An li si formant se fia
Que a li panre se lia.
Mont c’est an home folie mise,
Quant il pert sa bonne franchise
Et se lie pour sa vie user
An ce qu’il deüst refuser.
Biclarel la dame espoussa,
Et quanqu’elle dist il losa ;
Mont l’anma et mont la prisoit
Et el lui, sicon el disoit.
Biclarel, sicon Dieu plaissi,
Ot une taiche qui taissi
Et que nulz fors lui ne sellst, (188 b)
Se sa folie ne fellst.
Po avient que hons telz taiche dit :
Quar chascun mois besteil estoit;
Deus jours trestoz antiers ou trois
Demouroit beste par le bois ;
Avec autres bestes onjoit
Et char de beste crue manjoit.
Et conme loups grans et corsus
Fort cuir et de mambres ossus;
Ne pour ce ne perdoit son san,
Sa mémoire ne son asan.
Ge te conte tout vérité,
Et certain conme autorité
Ou livre dou Grael est mis;
La l'orras, se tu tout le lis.
Trois jours se fu ou bois tenus
Quant a l’ostel fu revenus.
Quant Biclarel dou bois revint,
Sa famé delez lui se tint
Qui son cuer tout donné avoit
A un chevalier qu’elle anmoit.
Lors l’a par faintise aprochié,
Et par faus samblant atouchié
[Tresjhumble, antre plorer et rire.
Piteussement li print a dire :
c Sire, quant Dieux qui tout créa
L’asambler de nous otrea
Et vost qu’antre nous deus fusiens,
Uns cors et .j. cuer ellssiens,
Uns sanc et une voulanté,
L’uns fust ansinc an l’autre anté,
Sanz couvrir et sanz decevrer,
Ansinc devons andui ouvrer.
S’ansinque n’est, nous meferrons,
Et ancontre Dieu mont errons. —
Androit de moi n’i erre mie,
De cuer de cors suis vostre amie
Sanz couvrir fet ne voulanté,
N’onques mes cuers ne fu tante
De vous celer rien que je santé;
Ne cuidiez pas que ge vous mante
S’un de mes pancers vous celoie, (188 c)
Ge croi qu’an celle hore morroie.
Dieux ne nous vost pas assambler
Pour les pancers l’un l’autre anbler,
Ne por estre coiz ne cuvers,
Mès por estre a l’un l'autre u(n)vers,
Car se de moi vous vous couvrez,
Au darrier le pis an avrez.
Quant famé et mariz sont ansamble,
Et l’uns le chastel a l’autre amble,
Et chascuns fait sa bourse coie,
Il ne peuent tenir bonne voie,
Ne bonne fin tenir ne peulent;
Et conme dui conpaignon veulent
Chascuns fere sa tiranlire,
Lonc temps ne peuent estre sanz ire.
Conpaignie tout un doit estre,
Ne doit couverture ne mestre,
Car quant l’an celle ou met a part,
Bonne conpaignie se départ,
1. Ce vers et les 45g suivants, forment la Loi de Béclarel, ont été publiés par Tarbé, presque inté¬
gralement, p. r38-i5i. Voy. une autre .version sous le nom de Loi de Bisclavret dans les poésies de
Marie de France, p. p. Roquefort (I, 178-201) et Warnke (i* éd., p. 75-85). Pour les rapprochements ,
voy. l'éd. Warnke ( p . lxxiv-lxxxi).
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
236
RENART LE CONTREFAIT
Ne jusques lors ne partira
Que li uns par ouvrir ira,
Ou par desdain, ou par malice.
Conpaignie se part par tel vice,
Et Dieux meïmes s’an départ
Si tost con chascuns met a part.
Androit de moi, ge n’i met mie,
Ge n’ai ne sai que ne vous die,
Mès vous savez et si ouvrez,
Par coi conpaignie decevrez
Que vostre cuer me celez tout;
Dieu vous an herra, ge m’an dout.
Ge conparrai vostre pechié
Et si n'i suis point antaichié.
— Pour coi, » dist Biclarel, « avez
Se mantehu si non savez?
Ce j’ai rien méfiait, si le dites.
Tant respondrai que g’iere quites.
— Par foi, » dit elle, « et dite soit!
Vous avez ne sai quel reçoit.
Et a celai quelle privée voie
Qu’il n[e] est nus qui la vous voie
Fors que isaus que vous voulez (/£<$ d)
Et cest afaire me celez.
Ne sai se i alez pour bien,
Mès androit moi pour mal le tien,
Et désir ai que le vous die.
A moi qui sui si vostre amie
Conmant pouez vous ja celer
Vostre venir ne vostre aler?
Autre amie querez de moi.
Certes, sire, se poise moi
G’en ai au cuer si grant annui,
S’il est voir c'onques vous connui.
Car bien suis de vous départie,
Quant contre moi fetes partie
Et alez vos chemins cuvers
Qui a moi dussent estre uvers.
Certes desor ne quier plus vivre,
Quant d’amour ne me volez sivre. »
Lors se print la dame a plorer,
Et sus li fort la mort orer,
Et dist : « Trop suis pute eürée!
Miaux me vausist estre acourée
Qu’avoir prins mari qui me het,
Qui [a] nulle achoison n’i set! »
Biclarel fu mont esbaÿ,
Quant sa famé ansinques oy :
« Dame, » dist il, « ne panccz mie
Que ge oie fors vous nulle amie ;
Miaux voudroie estre detranchiez
Que g’en fusse ja antaichiez !
Mès j’ai un mien secret couvinc
Que nulz ne set ne ne devine
(Fors a Dieu ge ne le diroie),
Que jamès jor honneur n’aroie
N’an nulle court n’iere prisiez,
Se chascuns an iere avisiez.
Desplaisir avoir n’an devez
Ce celle chose ne savez,
Car contre vous an rien ne peiche
Ne contre autrui que ge Ile] saiche. »
Quant ses paroles furent dites
Ne fu pas a la dame quites
Qui formant a plorer se prist, {*8g j)
Conme ses moz de lui aprist :
« Sire, » dist elle, « or vaut pis;
Or me tenez vous trop pour vis,
Por sote et por bourderesse,
Pour hayneusse et tanceresse,
Mauvesse, faillant, plainne d'ire,
Quant vos secrez ne m’osez dire.
Or nous tenons pour decevrez;
Lit et ostel par vous avrez
Et par vous vous gouverneroiz,
Et an autrui fiance avroiz.
Puis que ge ne sui dou savoir
Digne, autrui vous estet avoir.
Decehue seur toutes fammes
Suis, et a honte et a difames,
Quant j’ai perdu et ame et cors ;
Or me demeure trop la mors. »
Quant Biclarel vit ceste vie
Et voit que il ne durra mie;
« Dame, » dist il, « vous le sarez,
Mès par tel couvenant Tarez
Et dou cuer le m’afiërez
Qu’a personne ne le direz.
— Sire, » dist elle, « or n'i failliez ;
Se jou di, le col me tailliez.
Conmant pancez que gie le die?
Vous estes mes cuers et ma vie,
M’esperance et m’atandue;
La foi de Dieu [av]roic perdue
Et d’anfer portière ceroie,
Se vostre secré reveloie;
An vostre secré gist m’anneur
Ce se vent tuit, grant et meneur;
Vostre cecrez, c’est ma chevance.
C’est ce qui m’onneure et avance ;
Vostre secrez an vie me tient;
C’est ce qui toute me soutient;
Monlt [ge] cherroie an mal degré,
Ce reveloie vostre secré ;
Mont [ge] seroie or famé a droit,
Mès ge non suis pas ci androit;
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
NOTES Et VARIANTES
2$7
An cest cas famé ne suis mie. (/S9 b\
Miaux ameroie perdre la vie
Que vos secrez vous descouvrisse
Ne que ja vostre honte ouvrisse.
Ancor n’avez gaires vehu
Que mes vesines oient sahu
Ne vostre courroux, ne vostre ire,
Pour ce que ne lor ai que dire;
Et certes mont a loër fais
De ce c’onques ne fu me tais
Car maintes aferment et jurent
Les choses que onques ne seurent;
Ge ne suis pas de tel nature,
Car de controuver ge n'ai cure.
Mal avez vostre vie usée,
Quant chose a tere m’est celée. »
Lors Biclarel li a ouvert
Ce qu’il avoit adès couvert :
« Dame, » dit il, « j’ai tel eür
Sanz mal avoir et sanz peeur,
Carchascun mois beste devien ;
Ou bois an la forest me tien,
An un secret me vois tapir
Et toute robe desvestir.
Et lors sui ge deus jors ou trois
Beste sauvaige par le bois;
Et tant con g’i suis, ge manjue
Conme autre beste [la] char crue;
Con j’ai la esté, ge me velz
Et d’icelui cecret leu elz.
Mèz qui ma robe m’osteroit,
Trop grant durté il me feroit,
Car a tourjours beste ceroic
Jusqu’atant que ge la ravroic
Ou jusque ge devroie morir
Que nulz ne m’an pourroit garir.
Et pour ce me met ge an repost
Que nulzhon ma robe ne m’ost.
Or vous ai ge dit mun secré;
Or le veilliez si panre an gré
Que nulz ne connoisse ma taiche
Ne mun couvine ja ne saiche. »
Quant la dame le escouta, ( rSg c)
Moins l’an cremut et moins douta,
Et pansa : « Or ai ge asuvi
Ce que ge ai Ions tans suÿ ! o
Et dist : « Ge me tien apaiée;
[Mes] amiz soiez, ge vostre amie.
Gecroi tout se que vous me dites,
De touz maus voloirs soiez quites.
Tant ai le cuer dous, debonnere
i de.
Digitized by Google
Que ge ne sai fors que paiz fere. »
Atant se taist, et plus n’a dist.
An son cuer se qu’elle oï mist.
Li tans vint que aler s’an dut,
Biclarel au bois se resmut.
Sa famé mont po antanti.
Mès conme [d’Jaler l’an santi,
Tout bellemant l’a pourcehu
Jusque[s] ou secret l’a vehu.
Bien vit ou il sa robe a misse.
Bien vit sa maniéré et sa guisse.
Sa robe prant et si l’an porte,
Mont se déduit, mont se déporté.
Dist : « De mari suis desevrée
Pour estre a mun ami livrée! »
Lors a son ami fist savoir
Que orpouoit sa joie avoir
Et que ses mariz mors estoit,
Et que mès lui rien ne 1 doutoit.
Li chevaliers cui fu amie
Sus se que oï ne tarda mie;
S’amie que il tant losa
De son bon gré il l'espousa
Et longuemant il la maintint.
Biclarel a sa robe vint ;
Quant n’a treuvé, c’est esmeUs,
Desor voit qu’il est deccüs
Par sa famé qui l’a traï.
Et lors ou bois se retraï
Et conme beste se maintint
Au miaux que il pot se contint.
De lui vous lesserai ester,
Sa avant m’an orroiz conter.
Dou roi Artus te veil retrairc, (/<?9 d )
Qu’a touz bons jors siaut feste faire,
Panthecoste, Toz Sains, Noé,
Dont il estoit par tout loé ;
Touz les barons y assambloit,
Dont an son cuer il se mambroit ;
Dames, escuier y venoient,
Et tuit cil, qui de lui tenoient;
Ansinques s’ordonnance fu.
A une Panthecouste feu
Que li rois vost aler chacier
Por sa grant feste solacier.
Devant cel jor, .iij. jors ou quatre,
Tant pour chacier con pour esbatre,
Et pour panre la venison
Por fere sa grant garnison,
De chacier formant se pena,
Et des chiens assez i mena.
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
238
RENART LE CONTREFAIT
Ou bois se fièrent sanz arest ;
Biclarel fu an la forest
Conme beste orible et sauvage.
Li chien qui furent ou boquaige
Qui mont menèrent grant tampeste
Ont acuillie celle beste,
Mont la suient a grant effors.
Biclarel qui fu fiers et fors
Les chiens de néant n’atandi,
Mès a bien fuir s’antandi ;
De son san n’estoit desnuez,
Combien qu’an beste fust muez.
Vers le roi est venus fuiant,
Et li chien après lui suiant.
Droit a Pestrier Artus an vint,
Et ilequestouz coiz se tint.
Chiere li fist d’umilité.
Au roi an print mont grant pité,
Quant il vit la beste aparant
Qui a lui venoit a garant ;
Etdist : « Beste, a garant me tiens,
Et ge te garderai des chiens 1 »
Lors les chiens de lui dévia,
Et adès cilz s’umilia.
Au roi Artus pitié an print ; (190 a)
Ses chevaliers apeler print.
La beste a genouillons estoit,
Qu’an umilité se metoit.
Chascuns mont s’an mereveilla,
Plussors foiz chascuns se seigna,
Et dirent tuit an audiance
Que se est grant senefiance :
« Ceste beste a raison an li ;
Rois, or aiez pitié de li.
Ne souffrez qu’elle soit occisse
Par veneeurs ne par chiens mal mise ! »
Et li rois leur a otroié.
Atant li rois c’est avoié ;
An sa cité arriéré vint.
La beste adès lez lui se tint ;
Delez son estrier se metoit;
Umilians adès estoit
An toz chemins, an toz santiers.
Li rois la vëoit voulantiers,
Et point il ne la despisoit ;
A Puis de sa chambre gisoit.
Li jors vint, li chevalier vindrent
Qui mont noblemant se contindrent;
Dames y ot et chevaliers
Plus de deus cenz et deus milliers.
La famé Biclarel i feu
Qui de nouvel marié feu,
Qui fu [et] noble et honorée
De sandez, de pailles dorée ;
Mont noblemant se contenoit
An grant estât qu’elle menoit.
Mont y ot gent de toutes guises,
Es sales furent tables mises.
Chascuns chevaliers se sëoit,
Et sa famé lez lui avoit.
La beste adès le roi suï
Et mont formant le conjoï.
Lors la beste antra ou palais,
A col tandu, a grant estais;
Sa famé a la table v[e]oit,
Qui antre plussors se cëoit.
Bien ascesmée et bien assise. (190 b\
Par les treces Pa aus dans prisse,
Grant col li fiert an mi la face,
Par po le vis ne li efTace;
A la terre Pa estandue,
Ja li eust mérité randue,
Quant li chevalier li coururent
Qui tuit mereveillié an furent ;
Ja li ussent fait grant desroy,
Ce ne fust por l’amour dou roy.
Quant li roys se fait a sahu,
Grant mereveille an a ehu,
Et dist : « Sanz causse n'est ce mie
Que la beste Pa anvaye.
Or lessons vëoirque cera
Et que la beste ancor fera,
Qui vers touz se porte humblamant
Fors vers celi tant seullemant ! »
Cel soir tuit au souper revindrent,
Aus tables et aus dois se tindrent;
Mès celle dame pas n'i feu
Pour ce que trop pooureuse feu,
Car de la beste bien savoit
Qui elle iere et quel cuer avoit.
Forfaite anvers li se santi ;
Pour ce au venir ne s’asanti.
Li rois conmande que la beste
Alast autour par mi la feste
Pour savoir s’a nul greveroit,
Ne s’a nelui annui feroit.
Ansinc fu con li rois le dist;
La beste nul samblant ne fist :
Touz les ancline et humelie,
Car fors a touz bien ne vost mie.
Mès quant sa famé n’a trouvé
Qui d’onnor Pa tout decevré,
Si conmance grant deul a faire;
Lors hors dou palais se va traire
Et si avale les degrez ;
En la ville s’an est antrez.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
NOTES ET VARIANTES
La dame qui blecie estoit,
Savoit mont bien de coi c’estoit,
Pour ce a congié rouvé et quis, (igo c)
Pour pëeur qu’elle n’eüst pis.
La beste avale le degré
Qui n’a mie ancor fet son gré.
Tant quist qu’il a celle trouvé
Qui sus un cheval fu montée,
Pour ce que aler s’an vouloit.
Si tost con la beste la voit.
Au piz li lance, aus dans la serre,
Dou cheval l’abat jus a terre,
[Et] sus li lance a grant alée.
Ja l’elist morte et devourée,
Quant la gent li ont rescuye,
Et elle qui cria : « Haye ! »
La beste arrier[e] s’an repaire,
Qui conmance grant deul a faire,
Et crie, et brait a grant eslais,
Sique il n’ot nul ou palais
Qui ne s’an soit mereveilliez.
Meime li rois s'an est seigniez
Et jure que il viaut savoir
De celle avanture le voir.
Tantost la dame prandre fist
Et an tresmaus lians la mist,
Et jure qu'il la destruira,
Ou ele vérité dira.
Quant celle le roy antandi,
Sauve sa vie se randi,
Toute la vérité jay,
Et conmant son seigneur tray
Par sa mansonge et par sa lobe;
Et ancor li garde sa robe.
Trestuit mont de se s’esbaïrent
Quant il ses paroles oïrent.
Biclarel ont la amené
Qui par sa famé est si pené.
Li rois fist que la robe vint;
Dedans se boute et hon devint.
Lors a tout son meschief conté,
Conmant sa famé l’a donté ;
Si requiert qu’elle soit occisse,
Et lors fu elle antre murs mise
Dont onquespuis el n’issi hors. ( / £? o d)
Ceste avanture avint [a]lors.
Dont voiz tu que folemant ouvre
239
Qui a sa famé se descouvre
Dou secré qui fait a celer,
S’a touz ne le viaut reveller,
Biaux amis, et sus se t'avisse;
Ce tu iés bien qui te souffisse,
Tu iés bien et privéemant,
N’as qui ton secré te demant.
Ne desirre famé a avoir
Dont perdes honneur et avoir,
Miaux te vaut estre an moien point,
Et tu ne soies an péril point,
An longue vie et asseür
Qu’an plus grant estât, an pëeur,
Ne peut hon estre an bon eür,
Conbien qu’il ait, s'il n’est ceür.
Miaux vaut dou pain et do potaige
Panre aseür an son estaige,
Couchier, lèvera son vouloir
Qu'estre an sales, et lui doloir,
Ou tresgrans devices mangier
Dont l’an peut venir a dongier,
Car qui se moine bellemant,
Moine sa vie longuemant.
Ne pance ja a avoir famé,
Dont tu puisses avoir difame.
Cilz qui tant plus aise a gésir
Que seus a Dieu doit desplesir,
Car si li saiges honme mant,
Meilleur pain quiert que de fronmant.
Quier repos, seürté et aisse *;
Toute autre richece se taissel
De se example te conterai,
Et puis atant ge m’entairoi,
De deus suriz qui s'antramoient;
Conmeres l’une l’autre estoient.
L'une an un bois ot sa maison,
La manoit an toute saison,
La sa garnison allnoit,
Par sa poine a vie se menoit.
De bief et de noiz garnie yere, (igi a)
Bien fu garnie sa clotiere ;
Po vouloit autre gent ongier,
Rondemant vivoit sanz dongier,
Paour n’avoit c'en l’oceïst
Ne que hon sus li nul mal meist ;
Trop grant société ne quist,
Tout rondemant sa vie aquist;
1 Ce vers et les 14g suivants ont été publiés par Robert ( 1 , 48-53) et par Tarbé [p. tïi-i53). C est
la fable du Rat de ville et du Rat des champs, dont on a deux autres rédactions française , lune dans
un Isopet ( Robert , /, 53-56), Vautre dans Marie de France ( Roquefort , //, go-g4 et Warnke , p. 33-
3 7). Pour les rapprochements , voy. Robert (/, 48 ), Hervieux (Les Fabulistes latins, //, y y 2) et dans la
collection des Grands Écrivains, les Œuvres de Jean de La Fontaine ( 1 , 85).
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
ftENART LE CONTREFAIT
440
Nuit et jour sanz paour estoit ;
Celonc sonpourchaz despandoit,
Dormoit, reposoit an ceür.
Adès estoit an cest eür,
Nulle foiz n'iert ses huis hurtez
Por li faire nulles durtez.
L’autre suriz an la ville yere,
Qui trop par fu et noble et ficre ;
El demouroit chiez .j. bourgeois,
Chiès cui elle avoit a son chois
Trestoutes garnisons mondaines.
Sanz ja andurer nulles poines
Autres ne que tu m’orras dire
(Bien te conterai tire a tire),
Pains, vins, chars, fromages, pesons,
Et trestoutes autres paisons,
Des quelz qu’elle vouloit user,
On pouoit panre sanz muser.
Un jour pot a li mont cëoir
Qu’alast (a) sa conmere venir;
Longuemant fu qu'el n’ot vehue.
Lors c*est a la voie esmehuc.
Chiès sa conmere s’an ala
Et dès Puis devant l’apella,
Celle issi hors, si la salue :
« Conmere, bien soiez venue!
Venez vëoir nostre maison,
S’avroiz de nostre garnison,
Telle con Dieux la m*a donnée. »»
Lors a sa conmere menée,
De ce qu’elle ot, devant li mist ;
Mès ains chiere celle n’an fist,
Mès tout quanqu’elle voit despisc,
Que n’ot pas telz viande aprisse,
Qu'elle li fu povre et anmcrc. (nji b)
Lors dist la riche a sa conmere :
« Certes, mont povre vie menez,
Conmant an vie vous tenez?
Certes .viij. jours ne vivroic mie,
Se ge estoie a vostre vie ;
Telz vie doit estre la maudite,
Quanque ci avez je clain quitc;
Ansinc vous si ferez savoir.
Ge vous donrai cent temps d’avoir
Qui vostres touz quites cera
Et qui riens ne vous coustera.
Bien vous doit telz presanz cëoir;
Conmere, venez moi vëoir,
Ge vous mettrai aisse sanz poine. »
Celle la crut, atant l’an moine
De ses honneurs se va vantant,
Et l’autre se va guermantant,
Et tant leurs paroles maintindrent
Qu’anmedeus chiès le borgois vindrent.
Et maintenant et sanz tardier
Celle la mena ou lardier :
« Voiz ci bacons, voiz ci savn,
Voiz ci fronmaiges de gavn,
Voiz ci char fresche et ci andouilles 1
Manjue tant que tu te doilles,
Ja n'i parra,et mil fussiens,
Et feïssiens pis que peussiens! »
Dou lardier ou grenier la moine :
« Voiz ci fronmant, voiz ci avoine,
Et voiz ci pois, et voiz ci noiz.
Dame an suis de jors et de noiz
Tant a grans garnisons céans,
Ne le querroit nus hon voians. »
Dist la povre : « Ge non savoie,
Or suis venue a bonne voie,
Car se piesa ge le seüsse,
Mon povre ostel lessic eüsse.
La riche la va a destrant,
De chambre an chambre va antrant.
Ansinc con par leans aloient
Et les richeces regardoient,
Dont la povre s'esjoVssoit, (1 yi c
De [telz] planté s'esbaïssoit,
Lors ont vehu frere Thiebert,
Qui fu grant et fort, et apert,
Qui sus un grenier planchëoit,
Et bien tout autour li vëoit.
Conme la povre l’a vehu,
Hide et paour an a ehu ;
Si [li] dist : « Conmere, et qui iert
Cilz grans mestres la, et que quiert?
— C'est, » dist celle, « noz gardians
Qui est custodes de céans;
Tost nous feroit noz fins venir.
Sans pâtes nous pouoit tenir ;
C’est cil qui jusque a mort [nous] fiert,
Nulle autre rien fors nous ne quiert. »
Lors plus de paroles ne distrent,
Mès andeus an fuir se mistrent;
L’une l’autre n’i regarda,
Mais qui miaux pot, si se garda;
La povre fu an tel destroit,
Por paour se mist si estroit
A po que la mort n’an a pris;
N’ot pas tel pourvëeur apris,
Li cuers li bat, et cors, et voines,
Mont a iqui soufTertes poines;
Tout le jour fu an tel martire,
N'osa muer, plaindre ne dire,
Jusque l’autre l’a apelée
Qui sot bien de Thiebert Talée
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
NOTES ET VARIANTES
24I
Et miaux le couvine savoit ;
Car plus de foiz vehu l'avoit
Par coi si grief ne Tan fu mie.
Si la huicha : « Conmere, amie,
Issiez hors et ne vous douiez !
F reres Thiehers s'an est alez
Espoir urnes ne revandra;
N’aiez paour, ne vous tandra! »
Lors c’est la povre esvenuïe,
Quant elle a saconmere oÿe.
Et dist : « Conmere, arrier m’an vois
An ma povre maison ou bois. (1 g 1 J)
Ge ain miaux simple povreté
Et demourer an ceürté
Que richece et honneur tenir,
Dont péril et mort peut venir.
J’ain mun povre et seür osté,
A vëoir cler il n’y a té,
N’ai que fere por mélodie
Acourcir m’onnor ne ma vie ;
Ge vivrai tantcon ge pourrai,
Ancortrop tost ge me morrai,
Ne nulz avoir sanz ceürté
Ne peut venir a mellrté,
Pour ce, conmere, ge m’an vois
An ma povre maison ou buis.
Amis, pance a la suriz
Qui fui donmaiche et periz,
Anneur perilleusse haï,
Povreté seüre joï,
Pour ce lo que tu n'aconpaigncs
Conpaignie dont por fox te taignes;
Ja par autrui tant mal n’aras
Con celui que tu te feras.
Nus ne se peut tant goulouser
Con par male famé espouser :
De celle famé ne pran point.
Amis, va a Dieu qui te moint. »
Cilz s’an va, Renars remaint seus.
En l’an mil trois cens vint et deus,
Fu Renars seus an sa maison
Jusques an la douce saison,
Que estelz chace [l’Jyver fors.
Lors de son chastel issi hors,
Dist qu’il s’iroit esbenoier,
Quérir son vivre et donoier.
Lors c’est Renart acheminé,
Jusques a prime n’a fine.
En pluseurs pancées estoit,
L’une iert an paiz, l’autre doutoit,
L’une couart, l’autre hardie,
L’une taire, et l’autre qu’il die,
Mont ot de cogitacions (igza)
Et diverces antancions,
Pour ce qu’il estoit solitaire.
Adont ne se vost [il| plus taire;
Qui seus maint, an periz demeure.
Seus ne doit hon estre nulle heure,
C’il veut joïr de son savoir,
Puis qu’il puist conpaignie avoir,
Car trop est uns seulz hon tantez
Et de pancées tormantez,
Et peut chëoir an mains pechiez
Dont a* fin se treuve taichiez.
Sicon Renart a lui palloit 1
Et d’estre seus il se doloit,
Si vit Yssangrin, son conpere:
N’onques jor, foi qu’il doit son pere,
Ne pot il tant beste haïr.
Issangrin vcnoit par air.
Si a Renart mis a raison :
« Renart, ains an nulle saison,
lîn bon morciau ne me donnastes,
Ne dou donner ne vous penastes,
Et ge adcs vous en ai donné;
An maint bon leu vous ay mené
Que vous avez par moi sahus,
Dont plusor bien vous sont venus.
Ancor an un leu vous manrai
Et telz proie presant vous panrai.
Dont vous aroiz tresbonne part.
Antandez, comperes Renart,
Onques si bon morciau n’ellstes,
Ne nul leu vous ne le seiistes.
Ge vous an ferai hui le don.
— Conperes, or me dites don.
D’aler ne veil pas estre quites,
Mes ou est ce que vous me dites?
Dou bien, quant ge par vous l’arrai,
Mont grant merciz vous an dirai;
Mès de se dont ge rien n’aroie,
Mercier ne vous an saroie.
— Renart, tu yés de fier couraige, (ig2 b)
Ou trop iés fox, ou trop es saige :
Tu ne croiz rien c’on t'oit promis.
Jusqu'il te soit an la main mis.
1 Ce vers et les 102 suivants se rapportent à une fable qui a etc publiée par Robert (II, 365-3~i) à
propos de celle de La Fontaine , le Renart, le Loup et le Cheval, et par Tarbé (p. 22g-J 60). Il en existe
dans le R. de R. II, 248220) une forme beaucoup plus voisine du thème primitif [cf Sudre . loc. cit-,
P • 338).
Tome II. 16
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
242
RENART LE CONTREFAIT
— Car ge veil, « dit Renaî t, « coopéré
Avant le gré savoir dons pore,
Car promesse sanz ti porter,
(-‘est pour amfans reconforter;
F.n trop de leus iert mes cuers mis
S'an touz promcteurs cstoit mis,
Pour ce, por promesse que j’oie,
Se dons ne vient, ja m'an esjoie.
— Sire, et vous aroiz cest couvant ;
Or me suiez g’irai devant.
Dame Fauve a un poulain;
Tanres, jeunes est, pour ce Tain ;
N’a pas Ions temp qifel poulena,
Nul respit de se elle n'a
Que jusques cresticnncz soit.
Puis a mun vouloir qu’il an soit.
Et mes vouloirs si est mangier;
Autremant non quier cstrangicr.
De ce ne soies ja doutant,
File est ci près ; elle m'atant
En ceste prarie ou cl paist. »
Renars l’escoute, et si se tait,
Pance qu’ancor ne l’a il mie,
Quelque chose que il li die.
Tant ont andui chemin tenu
Qu’il sont an la pracrie venu,
[Par] la ou dame Fauve estoit
Et son poulain qui lasuioit,
Qui .xv. jors ancor n’ot mie.
Li lous ne pot tere ne die :
Rcnart, est cestui gras et tandre
Qui t’an vouroit .j. quartier tandre,
Di moi conbien tu t'en donroies.
Tant mes amis eslre pourroies
Que un quartier t'an departiroie. »
Et dit Renart : « Bien le vouroie !
Mes quant ses .iij. quartiers aroiz, 1 iyj o
Si vous plest, le quart me lairoiz.
— Di moy, Renart, conbien il vaut.
— Conperes, ja dire non faut.
Quant assez mangié an avrez,
Tout a temps la valeur saviez, »
Dit Ysengrin : « Tost le savroiz,
Et tost vostre quartier avroiz. «
Lors s'an est a Fauve venus,
Devant li an estant tenus,
Et dist : « Fauve, delivre moy
Ce poulain que ge cilec voi,
Car por mun droit le doi avoir.
Or tost, si an fai ton devoir! »>
Dit Fauve : «< Non contredi mie,
1 Faucc.
Ge sui dou faire apareillie
Mes que bautisiez soit avant,
Non ait, et puis jou te couvant
Car telle ordonnance an menons.
— Or di, Fauve \ quelz iert ses nons ?
Ge m'i otroy par Jhesucrit. •>
Et dist Fauve : « Il est cscrit
Dedans la sole de mon pie.
Dont tu doiz avoir le cuer lié ;
Or garde mon quel non y a. »
Fauve le pie tandu li a.
« Le non cilec trouver devez ;
Isangrin, se lire savez,
Yëez quel non il doit avoir;
Puis si an faites vo devoir. »
I.ors dist Issangrin a Renart :
« Compères, vcez, se Dieux vous gart,
Vous savez trop miax de moi lire ;
Baisiez vous, saichicz le m'adire. »>
Dist Renars : « J'ai la ruine ehuc,
Par coi j'ai toublée la vehue,
Qui par les vaux touz me dessant,
l’or coi toz aveugles me sant :
Et si n'ai ge lehu qu'an lois :
Si ne sai point lire françois.
Anviz verroiz bon clerc bien lire (1 (j i> J.
En nul romant, ne bien escrire,
Sique par se ge ne saroie,
Aveques se ge ne pourroie. >»
Lors a Renars les vaux couvers,
Le borne fait et le travers,
Et dist : « N'i voi goûte, comperc ;
Ge ne pourroie letre 1ère;
11 couvient que vous me meigniez,
Et que par la main me taigniez.
Délivrez vous, lisiez la letre;
(îe voudroic ja en messon estre.
Ce ne fust por vous conpaignier,
(ie me leüsse hui faiz seignier
Et por le rume et por la touz. »
Lors met Issangrin a genouz,
Sa teste dessouz le pié boute
Et dist : « Fauve, ge n i voi goûte,
Tu ne cez le pié a point métré. >*
Lors dist Fauve : « Voiz ci la letre! »
Dou pié le iiert sus le sommet,
Sique anvers a terre le met,
Touz estandus, touz estormiz ;
Pour néant fust il andormiz.
Fauve s'an fuît et ses poulains.
Et dant Renars ne fu pas vains :
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
NOTES ET VARIANTES
243
An une haie tost se boute,
Dès iqui Issangrin escoute
Quel contenances il fera,
Ou ce por cel cob mors sera.
Miaux H vausist estre an maison.
Adès n'a pas clcrgie saison.
Or voy ge bien tout an apert (79.? a)
Que clergie bien sa saison pert ;
Aucunes foiz vilain gueaignent.
Es leus ou li clerc se mehainnent :
S'Isangrin lire ne salist,
Ancor ceste prune il n’eiist.
Issangrin de paumison vient
Qui por fox decehus se tient;
Mont se guermante et dit : « Pour voir;
Ge ne fis mie grant savoir,
Quant ge vouloie clers devenir;
Ge m'an sai bien a coi tenir ;
Tel mestier n’ai ge mie chier :
Ge ain trop miax estre bouchier.
Desores m'an irai ailleurs
Quérir avantures meilleurs.
Qu'elle m'a si grant cob donné
Que tout lcchief m'a estonné.
Ne quiertpas m'amor deservir
Qui de telz dons me set servir;
De telz nul ne donroie feuille,
N iert jamès lcchief ne me deuille
Tourjours mes souvenir m’an doit. »
Et Renart qui le regardoit,
San est mont formant esjoïz,
Dist : « Or est mal eür fuiz ;
S'snsinc conme antan i feûsse,
Ceste aumosne aquisse fg' eüsse,
Mes Dieux m’an a mont bien gardé
Qui m’a ccst presant retardé.
Est cui cura Dei ,
Nemo noce bit ey . >»
Lors s’an départ les saus menus ;
Touz liez et joians c’est tenus,
Et dist : « Fox est bien, l'ose dire,
Qui au pié de cheval se mire;
Jamès jor ne m*i mireray,
Quant de ceste liçon liray.
Juvenaus nous an dit tout voir
Que grant san a celui por voir
Qui set son annui retarder [*1)3 b)
Par autrui annui regarder;
De cetui soit Dieux graciez ! »
Adont a ses piez deslïez,
A fuir prant, de fain moroit
Et mont pour ce a Dieu oroit.
Si choisi une grant montaigne
Qui d'oisiaux estoit toute plaine,
Qui s'aloient iqui reposer.
Et Renars qui mont peut osser
A mont grant chose^sj antreprandre,
Le cuer prant a ses oisiax tandre
Et pance que tant d'art savra
Qu'aucun de ses oissiaux avra ;
De sa lamgue durer li peut,
Il avra de ce que il veut.
Cors s'an est Renars esmehu,
Que li oisel ne l’ont vehu ;
Con cilz qui tresbien fu apris,
Plain son poin a de rainsiax pris ;
An un haut leu s'an est montez,
Si c'est de ses rainsiax dontez,
Formant se bat, formant se plaint,
Et mont de sa couleur sc taint ;
Mont pleure et mont se gremantc,
Samblant fait que mont se repante,
Et disoit : « Or tien, char mauvesse,
Et ta gloutonnie et ton esse,
Que tu as adès recehue,
Et » an] toute ta vie ehue! »
Mont tresgrans cos il se feroit,
Et un po après il oroit
A Dieu de cuer piteussemant [t'j3 c)
Et se menoit mont humblemant.
Aucun de scs oissiaux le virent
Qui aus autres oissiaux le dirent :
« Véez, seigneur, » dient il, « merveilles,
Conques ne veistes les pareilles! u
Lors s’an sont tuit vers li volé
Et pour la pitié adolé.
Et de tiex i ot qui gémirent,
Quant an tel povreté le virent.
Lors dist Renars : « Seigneur, oèz ;
Vous trestuit, le nom Dieu loèz,
Car qui bien le loera de voir,
Il peut trestoute joie avoir;
Chascun sa Paternostre die
Et delez moi un po s'asie.
Conter vous veuil autorité
Qui vanra tout de vérité.
Ce cil ne mant qui ci m'anvoie,
Si li pri que si saiges soie
Et que il la grâce me doigne
Que telz parole vous maintaigne,
Que vous oez devostemant,
Qui vous moinent a sauvemant,
Et au Paradis trestout droit !
Dites : « Amen ! Que Dieux l’otroit ! »
Adont li oissel s'arouterent,
Et Renart trestuit escoutcrcnt,
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
244
RENART LE CONTREFAIT
Qui devant eus a fait s'acisse.
L’une jame sus l’autre mise.
D'une des mains an l’autre fiert
Et dist : « Bonne gent il afliert
A vous qui le sarmon oiez, ( ig3 d)
Que humble et près de moi soiez,
Par coi vous me pussiez oïr,
Et l’euvre de Dieu conjoïr,
Et an vos cuers si recevoir,
Que g’en puisse loange avoir,
Et que le mérité an aiez !
Bonne gent, ami Dieu oiez !
Seigneur, ge vous veil mantevoir
De Sainte Escriture le voir.
Qui croira, et crestïens iert,
Pour voir, Paradis li afiert.
Mes an croire sont plusor point :
Premiers, que bonne vie moint,
Taigne les .x. conmandemans,
Ce est tresbons conmancemans.
Mainz sont de ce mont mal taichié
Qui ne croient pas de pechié
Ne de meffait que pechiez soit :
An tel creance trop se desoit
Et dit : Conciance n’an fais
Donques poin ce pechié ne fais
Sicon de fomicacion,
Ou de mauvesse aquision,
Ou d’estre an mal consanteour,
Ou mesdisanz ou bourdeour.
A maintes gens il n’an souvient
Et dit que por pechié non tient;
Pour ce qu’il nel tient, il n'est mie.
Veritez viaut que ge vous die
Que c’est uns rains de bougrerie
Et fauce creance assourrie.
Asourré sont an cest ordon,
J a de ceci n’aront pardon,
Quant il errent an mescreance
Et si n’an font pas conciance,
Ne point amander ne s’an veullent,
Ne point de ce il ne se deullent :
l)ient : « Ge croi et bautisiez suis,
Et par tant, ge touz sauvez suis. »
Pour ce di ge qu’an croire faut ( / <j4 j>
Aler celonc Dieu, sanz dcllaut,
Et oit adès sa cure mise
A obéir a Sainte Yglise.
Obéissance est noble chose,
Sicon pour voir tesmoigner l’ose,
Car qui est inobedians
Il est liez de maus lians ;
Bien le sot li rois Pharaon.
Autrefoiz, dit nous Araon
Que desobeïrs fu adiré,
Quand il ne vost randre l’ampire
A Moysse, quand li requist,
Quar quant Dieux a Moysse dist :
« Va, » dist il, u le peuple requerre
Que Pharaon tient an sa terre ;
De par moi, tu li requerras.
Et bien [tu] sa responce orras. »
Moïssès qui a Dieu se tint,
Tantosta Pharaon an vint,
Siconme Dieux li conmanda,
Et le peuple li demanda :
« Rois Pharaon »>, dist il, « escoute :
Ge vien ci de par Dieu, sanz doute,
Son peuple que tu tiens me baille,
Car il viaut qu’an autre leu aille.
Le peuple d’Egite demant,
Et de par Dieu le te commant
Que le me randes sanz respit. »
Pharaons ot de ce despit,
A tout se il désobéi,
Mes trop leidement an joy.
Car l’andemain, quant il levèrent
Sus trestouz leur aubres trouvèrent
Les quenetons qui touz manjoient
Trestouz les fruiz que il avoient,
Dont chascuns esbaïz se tint.
Et Moïssès a Dieu revint
Et dist : «J’ai requis ton vouloir,
Mes trop petit l'an peut chaloir. >»
Et Dieux li dist : « Arrier iras ; [tg4b\
Ancor de par moi li diras
Que mun peuple te delivroit. »
Ci!z qui adès pour Dieu ouvroit.
Tourne arrier, ancor au roy dist
Et le peuple Dieu li requist.
Pharaon an ot mont grant ire,
Et Moïsse an print a despire,
Ne pour ce ne li vost baillier.
L’andemain a leur esveillier
An touz lor prez que il avoient
Es bonnes herbes qu’il anmoient
Trouvèrent trestoz doumagiez
Et de l'aoute touz mangiez;
Touz lor prez trouvèrent gastez,
Bien connurent se feu lastez,
Et virent que il meffasoient,
Et qu’a plain desobeïssoient ;
i Sur les plaies d'Égypte ici longuement décrites , voy . la note des v. 4429-449° CA 32.1).
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
NOTES ET VARIANTES
245
Meimes li rois esbalz feu.
Moïssès qui au retour feu
Dist a Dieu : « Ge ai la esté,
Mèsge n’i ai rien aquesté
Un autre y anvoiez que moi,
Que ne veut rien fere pour moi. »
Lors dist Dieux : « Ancores iras,
Et tierce foiz tu li diras. »
Moïssès arriéré repaire,
Pour Dieu, por son mesaige faire;
De par Dieu ancor li rouva ;
Désobéissant le trouva,
De obéir n’a riens voulu,
Dont li peuples c’est mont dolu
Et li roys [tout] meïmemant,
Cartouz blez, orges et fromman \
Et trestoutes leurs garnisons
Qu’il avoient an lor mesons
Trouvèrent plaines de vermine,
Et lors crièrent il famine,
Car tant de vermine y avoit
Nulz le nombre il n’an savoit.
Autrez foiz les raignes trouvèrent, (194 c)
Tant que sus lor vis lor montèrent,
Dont par po que des sanz jusoient
Quar toz les vis lor conpisoient
Tant que Moyssès s’nïra,
Et dist que plus il ne ira a
« Si feras, » dist Dieux, « tu iras;
Ancor ma requeste diras. »>
Lors Moysse arrier retourna;
Li' rois tout a bourde tourna ;
Il n’obeï ne que devant,
Et dist Moyssès par couvant:
« Jade mun peuple point n’aras;
Ja tant requeste n’an feras ;
Or i peuz estre a grant séjour. »
Mès quant se vint au point do jor,
Chascuns sa beste trouva mort,
Dont il n’orent point de déport;
Et cilz qui beste point n’avoit.
Son amfant mort il le trouvoit ;
Meime li rois son aigné fil
Trouva mort, dont se clama vil.
Ce furent les plaies d’Egite
Dont ge vous ai mémoire dite.
Quant li rois et li peuples virent,
Lors le vouloir Moysse firent;
Virent que durer ne pourroient
Se contre Dieu aler vouloient ;
Dont li feu li peuple bailliez,
Mès avant, furent bien tailliez.
Lors Moyssès les a aduiz,
Parmi la Mer Rouge conduiz,
Que eus devant eus partir virent
Et lors es dessers il se mirent
Jusque dou revenir fu temps;
La demourerent quarante ans,
Et ne vivoient fors que de manne
Qui mont estoit et douce et bonne ;
[Tuit j cil qui paciance avoient
Toute saveur il y trouvoient,
Et cil qui n’estoient paeïens ', ( 194 d)
Qui estoient inobedians,
Ne la trouvoient fort que fade,
Ne lor estoit bonne ne sade;
Conbien que vivre couvenoit,
Ansinque leur an avenoit.
Pour ce pouez vous ci oïr
Que despire et non obéir
Faitdoulor et plaindre a meschief,
Et ne peut tourner a bon chief.
Li désobéissant perdirent
Que tost le vouloir Dieu ne firent,
Et si fu fait parfaitemant,
Et perdirent secondemant
An se qu’an la manne qu’il orent
Conbien qu’il vivoient, goust n’orent ;
Li paciant rien ne perdoient,
Et tout goust an la manne avoient ;
Pour [ce] est au sougis grant erreur.
Quant desobeïst son seigneur,
Et cilz qui tost obéir viaut,
Tost an joit bien et point n’an diaut.
Cilz qui obéît a Raison
Ne peut fonder meilleur meson.
Pour ce vous veuil touz requérir
Por la grâce Dieu aquerir,
Que vous avec moi an veigniez,
Et les samiers de Dieu taigniez,
Et telle part vous veuil mener
Ou an joie seroiz sanz pener,
Et quanque vous voudroiz aroiz,
Et tuit apaiez vous tanroiz,
Et se vous ne vous an venez,
Vous ceroiz tuit ansinc penez
De plaies con cil dEgite furent,
Conbien que a la parfin s’esmurent
Ansinc a fin vous esmovroiz;
Mès avant grant tonnant aroiz .
Si vous lo que vous me suiez.
Et tant ne quant n’i delaiez ;
1 frommans — 2 niera — 3 Cf. les v. 40X97 et suivants de la rédaction B.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
REKART LE CONTREFAIT
246
De par Dieu, ge le vous requier, (if)S a
Nulle autre rien ci ge ne quier.
— Di, Renars, et ou nous manras
Quant an ton vouloir nous tanras?»
Dist il : « Au Paradis terrestre.
Iqui ferons nous luit nostre estre ;
Iqui n’a il ne chaut, ne froit.
Ne trop large, ne trop cstroit.
Toute souftisance i demeure,
Ne nul meschief n*ia nulle oure;
Iqui viaut Dieux que ge vous moine,
Jusques plus grant grâce il vous doignc. »
Tant leur a Renars rccordé
Que tost se fussent acordé
Que tuit son vouloir teïssicnt
Et a sa voie se mcissient,
Ne fust uns meschiez qui Ii vint
Que Issangrins iqui scurvint.
An haut li crie : N’i garras,
Faus traïstes, pandus seras ! >»
Quant Renars amant la nouvelle.
Qui tant ne quant ne li lu belle,
Aus oissiax a dit de cuer trist :
« Mi ami, vez ci Antecrist,
Gui li maus feus puist tormanter,
Qui vient cil ec por moi tanter !
Une autre foiz ge revanrai,
Et compaignie vous tanrai ».
Lors dist antre bouche et cuillier:
« Avient il souvant amconbrier :
G'estoie sus voie d’avoir ma proie,
Or la me tostcilz qui m’asproic! »
Lors se mist Renars a la fuite,
Et Issangrin fort a la suite,
Dist : « Lierres fuir ne vaudra,
Par moi venir te couvandra;
Le cuer dou vantre te trairai,
Ja autre chose n’an ferai. »
Issangrin fu fort et legier,
Renart print mont a asegier;
Renart de courre ne se faint (;p5 b)
Tant que par po que ne c’estaint.
Et Issangrins par son ellbrs
Tost li fust sailliz sus le cors,
Et tantost mchaignié l'eiist,
S’une avanture ne feüst
Qui est avenue a Renart.
Il vint par devant .j. essart
Où jadis un manoir avoit
Qui a un escuier estoit.
Maisons y ot et four de terre,
Mes tant ot suÿe la guerre
Et tant les tournoiemans suïz,
Que ses monbles s’an fu fuïz
Lors le couvint an foire métré
Et baillier plege et fere letre;
Ne bailla sort ne coustemans,
Tant que saillirent mandemant
Premier, secont, et quart, et quint.
L’escuier au fuir se tint,
Tielles, chevron furent vandu,
Et par sergens tout despandu :
N’i remest fors le four de terre
Ou nulz ne sot néant aquerre,
Qui ancore fu an estant.
Renart le voit, celle part tant;
Tant fu lassez, po(t) vit il goûte,
Tout maintenant ou four se boute,
Et Issangrin vint à la bouche.
De haut parole, et au four touche :
« Lierres, » dit-il, « par ci saurras
Que par mon chief or i morras.
A cestui cop vanchiez serai.
— Par Dieu, » dist Renart, « non ferai.
Pour paor de toi n’an istré
Fors que par la ou g’i antre. »
Lors c’est li Loups pour fox tenus.
Darrier le four s’an est venus,
Trouver cuida une autre bouche,
Et Renart jaut fors, si s’antouche (r),
Que que li Lous darrier querroit, ( / p5 c)
Et Renars tout adès couroit.
Quant ne treuve point de pertuis,
Arrier est retournez a l’uis,
Et jure jamès non querra,
Dedans le four s’an anterra.
Dedans le four c’est il boutez,
Et lors se tint pour asotez,
Quant Renart n’i a pas trouvé,
Pour ce se claime fox prouvé,
Et dit pour ce ne demourra
Avant jusqu’à mer le querra;
« Ou me randrai an abaïe ;
La par mon san et par m’aïc,
Ge devanrai uns grans abbez,
La sera il par moi gabez.
Par mes cscuicrs sera pris,
Ja n’avra tant malice apris.
Tout vif escorchicr le ferai.
Famé et amfans puis destruirai
Jusques au cinquesme degré :
Ansinc avrai de lui mun gré. »
Ansinc li Loups se delitoit,
Et ses sors sus Renars giloit;
Et li samble ja que le taigne
Et tout quanque il juige avaigne;
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
NOTES ET VARIANTES
247
Ansinc son juigement mis a.
Mès Renart qui po le prissa,
S’an ala déduisant sa vie
Par le bois et par la prarie.
Des saus ne des galoz n’i fi
Jusqucs de la forest issi.
Choisi une haute montaigne;
Lors a désir que la se taigne.
Souz la montaigne .j. auhrc avoit ;
Desouz csgarde, et Thiebcrt voit
Qui dessouz l’aubre couchiez fu
Pour ce que trop traveilliez feu ;
Par po que il ne sommeilloit,
Quant oit Renart qui si bruioit,
Qui venoit celle part le saut. (ig5 J)
Thiebcrt l’oit, touz ellraez saut;
Si se seigna de son poin destre :
« E Dieux! » dist il « que peut se esire?
Certes li cuers bien me disoit
C’uns grans maus pour moi se gisoit,
Et si me vanroit tost ou tart;
Mès ne savoie de quclz part.
Hui morrai se Dieux ne m’aiduie ! 0
Atant ez Renars qui le huic :
« Par Dieu, Thiebcrt, n’i dormirez :
An .iiij. lévriers vous mirez.
Qui vienent a cours et a saus,
Ja vous livreront grans asaus,
Plus courrant sont que arondel.
Ne desirrent que vostre pel ;
Il sont tuit contre vous huré,
De vous occirre ont tuit jure.
Ja m’ont si prins par les costez
Que touz li cuirs m’an est ostez ;
Tant m’ont plumé par cel chemin
Que plus blans suis que parchemin;
Touz li cuers do vantre me mant.
Or sus! lierres, ynellemanr,
Voiz les ci! g'en san la fumiere;
Véoir les peuz tout sanz lumière;
N’i vaut regarders ne ganchirs,
Tous ces remedes c’est fuïrs. »
Quant Thiebert amant la nouvelle,
Li cuers li bat soz la mamelle,
n Las! » dist Thiebert, « bien le savoie,
Qu’aujord’ui tanroie male voie!
Certes trop tost ist de sa porte
Qui males nouvelles aporte.
Ja tant n’iere hon asseür
Trop tost ne vaigne mal eür! »
Lors fu Thiebert an tresgrant ire;
Sanz regarder et sanz plus dire,
Sus ses .iiij. picz va saillir ;
Digitized by Google
Le pré conmancé a pour saillir
Au travers, ne set ou il va. (ig (j a)
Et Renars adès après va ;
Li huichc ja le pré ne taigne :
« Thiebert, met toi a la montaigne,
An haut, Thiebert, an haut, an haut !
Certes, Thiebert, rien ne nous vaut.
Vous esparniés vos piez d’aler!
Les voulez vous mètre saler?
Faites tost si les desnoëz,
Les lévriers darriers vousoëz! »
Qui veïst Thiebert remuer,
Et quanqu’il peut esvertuer.
Contremont court de randonnée,
Et tourjours la goule baée
Que l’alaine ne li faussist
Et que li cors ne defaussist
Pour ce que plus male voie taigne,
Lou moine Thiebert la montaigne,
Tourjour le rapelle et semont :
« Amont ! » dit il, « Thiebert, amont!
Car li levrier sont près de toi !
Amont! lierres, efforce toi ! »
Qui dont veïst Thiebert jaillir
Et la montaigne tressaillir,
Tant est de courre saoulez,
Que il est aval rooulez
Par la voie qu’il a venue,
Adont escrie : « Dieux ! a hue !
Soiez moi aujord’ui ami,
Et me gardez le cors de mi ! »
Adans c‘est a terre couchiez,
Par un petit que n’est onchiez;
Son Credo dit, sa courpe bat,
T ouz li cors de paour li bat,
Et tout li sans li bout et meut.
Renars voit bien que plus ne peut ;
Si se traï un po an sus,
Et si dist : « Thiebert, levez sus !
Les lévriers ai touz devourez,
Un seul n'an i est demorez ;
A po que il ne m’ont occis ! » (igO b)
Lors c’est T hiebert lez lui asis :
« As tu voir dit, se Dieux te gart ?
— Ouil, certes, » ce dist Renart ;
Quant vi qu’a moi fu li retours,
Adont lor donnai de mes tours,
Tant que trestuit il sunt tué,
Sanz avoir ne brait ne hué.
Por Pamor de toi garantir,
Lor ai ge fet la mort santir.
Sanz jamès nul jor revenir,
Mont me doiz por ami tenir. »
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
248
RENART LE CONTREFAIT
Quant Thiebert se fu avisiez,
Si c’est mont formant despisiez,
Et dist :« Ge suis tout clervoïant,
Que courre m’as fait pour noiant.
— Se ne feroie an nul androit,
Mès qui acheter te voudroit
Pour bien courrans ceroies locz,
Sanz estre ronz ne ancloëz ».
Que que ansinc pallant aloient,
Darriercus escoutent et voient
Deus escuiers qui chevauchoient,
Et deus lévriers qui les suioient,
Mont yniaux et faiz pour aler.
Dist Renars: « Pansons de l’aler :
Ce cist noustienent, mors serons.
— Elas! » dist Thiebert, « que ferons ?
Ge n’eüsse mestier de corre ;
Tant an ai fait ne puis plus sorre. »
Dist Renars : « Donques dcmorras ;
Miaux que tu peuz, si te garras,
Car ge gueaignerai a fuir,
Fors seront se me peuent suir,
Et tant te di ge de certain,
Ne vivras gaires, d’aus le tain.
Dès ier mont bien ge le Savoie,
Car menacier 01 cil voie.
Morir c’estet, plus ne peuz vivre ;
Confesse toi, et te delivre,
Car ta vie ne pris un pois. (796' c)
Or demeure, que ge m’an vois ;
Mors iés, autre consoil n’i voi ! »
Lors demoura Thiebert tout coi,
Lui guermantant a grant maniéré,
Et dist : « Renart, ja sauvez n’icre
Que de tieux comfors s'est cervir.
Malle mort te puisse aservir,
Que oneques de ton conforter
Ne se pot preudon déporter ;
Mès ge suis de courre si las
Que anviz puis aler le pas;
De courre suis ge tou/, failli/,
Dont g’en crien estre mal bailliz,
Mès adès me conforterai,
Ge ferai miaux que ge sarai ;
Qui prant confort, Dieux li ahuc :
J’ai dans agues, clerc vehue
J’ai les ongles et grans, et fors,
J’ai cucur antier et sain le cors ;
Ce Dieux dans et ongles me garde.
De ses .ij. lévriers ge n’ai garde.
Bonne Espérance me dit bien
Quege m’an eschaperai bien. »
Lors a un aubre regardé :
De monter sus n’a pas tardé.
Quant il fu sus, (sus) sus une branche,
A dant Thiebert mise sa hanche,
Iqui les escuiers atant
Qui a haste vienent batant.
Dient : « Dant Thiebert, n’i garroiz !
Par mun chief, vous nous demorroiz,
Puis qu'aperceü vous avons,
Et autre chose ne trouvons! »
Lors s’an sont souz l’aubre venu ;
Iquileques se sont tenu.
Leur chien prennent a abaier,
Thiebert se prant a esmaier.
Et an la garde Dieu c'est mis,
Pour ce qu'il ne voit nus amis.
Li escuier ont prinses pierres 1 :
« Or jus, » font il 0 Thiebert li lierres,
Car bien garder ne vous i faut,
Ne tour que vous faciez n’i vaut! »
Lors li ruient de grant alée,
Donné li ont mainte colée.
Mès Thiebert mont bien se revanche,
Son cors metoit contre une branche,
Sique anviz le peuent acener;
Toutevoie mont le font pener.
Thiebers lor dit : « Dant escuier,
Veoir vous puisse ge essuier,
Que tantes foiz m’avez pené,
Souvant batu. po bien donné,
Antre vous qui vivez de proie !
Ja Dieux an bon leu ne vous voie,
Vous fetes tant, gros et menu,
Que vous estes po chier tenu,
Et si ne peut demourer gaire
Que vous n'aiez tuit trop a faire,
Car li peuples vous haïra,
Et puis si vous anvaïra
Pour l'orguel que vous demenez,
Et de plus an plus vous penez.
11 vous samble an voz juigemans
Que soiez nez de dÿamans,
Et de rubiz, et de thopaces,
Ne n’oit an vous fors biens et grâces,
Roman vie Renart {//. i-m . dont Robert (//, 22O-22S) a public quelques vers. La source primitive est
une ancienne fable [ Hervieux , Les Fabulistes latins. //, 76), dont une version française se trouve dan*
Marie de France { Roquefort , //, et W'arnkc , /r® cJ ., p. J/5-.V/éf).
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
NOTES ET VARIANTES
249
Et que tuit autre soient de boe,
Et que son temps pert qui les loe.
Mès se bien vous regardoiez,
Trop petit vous priseroiez;
Ains Dieux apostres qu'il eüst,
Ne vost que gentis hon feüst,
Ains gentis hon n’i mist le pié,
Ne hon qui ja tenist de lié,
Ne qui deist de honme mun vilain,
Ne qui ains levast morte main,
Ne qui de tailles vosist vivre;
Onques Dieux ne vost telz gens suivre,
Car tuit cil qui de raison usent ( / p 7 a)
Eus croire, ammer, suïr refusent,
Car tout orguel doit l'an haïr
Qui fait devant Dieu a puïr.
Et tost Dieux vous delaisera,
Et dvables vous abaissera.
Et si veuil que il vous apere
Que l’Escriture vous compere
A l'esprivier et au faucon,
Et le simple home au chapon.
La causse pour coi, vous l’orrez :
L’esprivier est mont honorez,
Trop est avant qui a lui tuiche,
An la chambre le roi se juiche
Sus une perche noble et pointe,
Souz ses piez houce ou cointepointe,
Pour se que plus aisse se taigne.
Plus est haus* hon et plus l’aplaigne
Par josier, par vantre et par queue;
Quant il est tans que il manjue,
Pijon ou de poulie la cuisse
Il an avra, s'iert que hon la truisse,
Et si convient que an le veilloit
Tieux qui ja point ne sonmeilloit;
Et bien est gardez de deffaut,
S’il est trop plains, plumce li faut,
Fusicïen li faut et mestre.
Et puis an une mue métré,
Une grant piece iqui tenir
Pour la plume ne mie venir.
Ansinc vit a honnor son cors,
Et tantost que icilz est mors,
L’an est de lui si annuiez
Qu’il est ou vis fumier ruiez.
A telz fin convient il qu’il vaigne ;
Tant est vilz rien prandre non daigne.
Voiz ci sa fin, voiz ci s’onneur.
Ansinques estes vous, seigneur,
Et an tel honnor vous vivez;
Le roy, le pallemant sivez ;
Au roy estes si conseiller, (igj b)
A son dormir, a son veillier
De sa chambre li plus privé;
Adès y estes arivé.
A telz honnors vivent voz cors,
Et si tost con vous estes mors,
De Dieu yestes tuit debitié
Et ou fumier d’amfer gitié
Qui est si vix et si punais,
Dont vous ne partiroiz jamais.
Et dou chapon le voir 9arez
Qu’aus meimes gens est conparez :
Li chapons se va pourchasant,
Grain a grain sa vie trasant ;
Par ses fumiers, par ses estrains
Va il querant ses povres grains.
Ansinque fere li esteut,
Se soutenir sa vie veut,
Toute jorgrateou paillier,
An la boe et ou fumier,
Et si ne fait ne plait ne noise;
S’il fait qu’ant riche chambre voisse,
A grans bastons est chaciez fors,
Par huis, par fenestres mis hors ;
Nulz ne le lait an chambre antrer,
Voist an celle boe grater ;
Nus an chambre ne le hesberge
Ne nus n’il fait juichier ne perche,
Et dient tuit que trop est ors.
Por ce est de touz chaciez fors.
Nulle honnor ne li est portée;
Mès quant la vie li est ostée,
Plumez est et cuiz bel et gent,
Et mis antre platiax d'argent,
Presantez par tresgrant aroy
Par chevaliers devant le roy,
A sa table, devant sa bouche,
Lors est trop avant qui i touche ;
Honte ota vie, a mort honnor!
Quant li preudon tient son labeur,
Sa marchandise ou sa charrue, (797 c)
Chascuns de vous le gabe et hue ;
De vous est apelez vilains
Et dechacicz et soirs et mains.
Mès quant a la mort est venus,
Lors est des anges chier tenus,
Car devant le roy il le portent
Et an lui portant se déportent.
Devant le Grant Roy qui tout peut *.
Ansinc l'Escriture vous veut
1 Une variante de cet exemple de V Epcrvicr et du Chapon se lit dans le \lenagiana(éd. 1729, 111,278-279'.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
2bo
RENART LE CONTREFAIT
Touz comparer celonc noz meurs
Qui sont de males an pieurs.
L’anneur an cest siegle aroiz,
Mort ou fumier d’amfcr iroiz,
Ge le vous juige, et Dieux le veille,
Que d'amfer fors vous nulz ne deuille
Tuit cil qui m'oient a amandient,
Qu'an morison part filj n'aient!
Lessiez m'ester, Diex vous maudie!
Rien ne vous meflis an ma vie.
De même que pour la rédaction B, aucune conclusion ne termine ici la
sion A.
ver-
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
GLOSSAIRE
Les chiffres indiquent les numéros des vers ; pour la partie en prose, nous donnons la
mention du tome, suivie de celles de la page et du paragraphe ; enfin pour les variantes nous
renvoyons au tome et à la page, faisant suivre cette dernière mention de la lettre a si le mot
se trouve dans la seconde colonne.
A, avec, 18029, 18040, etc.
A par lui, pour soi seul , 208,
7826, etc.
Aancrer (s'), mettre l'ancre ,
9.=»°7.
Aati, ati, ath i, empressé, 1612,
10498, 38298.
Abaissier ( intrans .), baisser, di¬
minuer, 3240.
Abnteïs, chose abattue , renver¬
sée \ monceau de cadavres ,
18608.
Abay, a boy, cri , aboiement ,
9577, 33206, etc.
A bayer, abbayer, aboyer , crier ,
11768, 33236, etc.; { trans .),
aboyer contre, 22461, 33233,
etc.
Abbas, abbes (nom.), abbé, I.
229 a et II, 217 a.
Abbie, abbaye , 30954.
Abeilir, être agréable , plaire ,
* 3470.
Abcrgicr, abréger, I, 299.
Abcrgicr, voy. Hcrbcrgicr.
Abigois (ne prisier un), compter
pour rien, 3 1 179.
Abillicr (s’), se hâter, 19037.
Abitemcnt, habitation, 19971.
Abiai, blé, moisson, 36938.
Aboy, voy. abay.
Abre, aubre, arbre, 30409, I,
3iy a, etc.
Abrefviacion, abrègement, I,
242, § 3o.
Abruvé, imbibé, 16911.
Abruvcr, abreuver, 8887, 18219,
etc.
Abuision, abusion, tromperie ,
I, 329 a ; 33799.
Accide, ennui de vivre, 3332 1,
35323, etc.
\ccid'iei), neurasthénique, 3b36H
Acco- voy. Aco*.
Accuseur,/èm. accuscresse, ac¬
cusateur, 4909; voy. Acusoier.
Acertené, assuré , sur, II, 216.
Accrtcs, certainement , 34747.
Acheminer, venir, 1 3836, 36 1 b-,
etc.
Achcré, en acier, 12667,
18421, etc.
Achicr, acier, 4736, 15427, etc.
Achiever, terminer , achever,
1 3253 .
Acocudrc, acueudrc, prendre,
commencer, 27425, 30407,
33871, etc.
Acointancc, commerce galant,
23754, 24400, etc.
Acointc, plaisir (î), 22228.
Acointticr, approcher, avoir un
commerce aimable, 9185;
rencontrer, 24190.
Acoisié, calmé, 9962, 10794, etc.
Acoison, cause, raison, 1 1 3 2 ,
4722, etc.
Acoisonnc, inquiet, 41000.
Acoler, embrasser, 22429,
36849, etc.
Acolistre, acolyte , degré du
sous-diaconat, 1, 338
Acomplir, achever, 233- b.
Aconter, compter pour, priser ,
23io3.
Acord (être a 1*) être prêt à,
9234.
Acordancc, accord, conven¬
tion, 20930 ; bon accord, con¬
corde 24455.
Acordc, accord, 4741, 18095,
etc.
Acordement, accord, conven¬
tion, 20922.
Acorder, chercher à s'accorder
avec , 2431 1 ; tomber d'accord
627 ; — (s'), conclure un ac¬
cord, se ranger à un accord,
396, 625, 1209, etc.
Acosté, à côté, côte à côte,
12372.
Acoster, acouster, aborder,
8946.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
252
Acoter (s’), s'approcher , io366,
18451 .
Acoucher, s'aliter, ibi2; I, 338
§ i9i *ic.
Acourchier, acourchir, rac¬
courcir \ 19772, 25719, etc ,
A cou ré, à qui on a arrache le
cœur , II, 2 36.
Acouster voy. Acoster.
Acoustumance, habitude , 2840,
6285, etc. ; coutumes , /ois,
14681 .
Acoustumcment, habitude ,
6354.
Acoustuméemcnt, habituelle¬
ment, 2 1720 ; I, 229 § 5, e/c.
Acoustumer (sw/>s/.), habitude ,
6297.
Acouter (s*), s'accouder , 10173.
Acquerre, acquérir , 26, e/c.
Acquestcr, acqueter, acquérir ,
2937, 24766, etc.
Acquis, conquis , soumis, 17673;
(subst.) partisan , 21070.
Acraventcr, écraser, accabler ,
19084.
Acroirc, donner à crédit, 343,
345, e/c.; prendre à crédit ,
2740; croire, 281 38.
Acteur, auteur, 5899,1 3955, e/c.
Acueudre, voy-. Accrudrc.
Acusoier, accuser , II, 202 a ;
Accuseur.
Adaigncr, agréer, 32469.
Adais, vq>'. Adès.
Adens, sur /a /ace, à f/a/ re//-
/re, 32922.
Adès, adez, adais, aussitôt ,
toujours , 474, 677, e/c.
Adcscr, toucher , approcher
charnellement , 846.
Adestrcr, accompagner,! I, 240 a.
Adcz, i»oy. Adès.
Adhuy, aujourd'hui , 1207.
Adiré (?) II, 242 a et 244 a.
Adjoustc, fini, marié, 3/238.
Adjoustcr, admettre , 5878.
Administrcur, ce//// <71/1 admi¬
nistre, 2936, 20(110, e/c.
Admonnestcmcnt, admonesta¬
tion, 37022. l o>'. Amoncster.
Adoler (s*; se désoler , II,
243 a.
RENART LE CONTREFAIT
Adon,adonc, adont, adoneques,
alors, 35, 324, 1 3 1 4, e/c.
Adonner (s*) (a&so///me/if), 13279
Adouber, armer chevalier,
8352 ; mettre en état, 40714 ;
— (s’), se p^/i’r, I, 280 § 1 18.
Adrechier, adrecier, adreschjer,
adressicr, mettre droit remet¬
tre en bon état , 5260, 5432,
e/c; instruire , 10402 ; se di-
rigev vers, \b7\b, 38809,
e/c ; — (s’) se diriger vers,
Ô457, 20914, etc.', se tour¬
ner, 21 386.
Aduit, emmené , II, 243 a.
Advenant, avenant, 32622.
Adventure, hasard , 647.
Adversier, ennemi, adversaire,
3933.
Adverssc, objection, 13777.
Advis, esprit , jugement , 981,
1918.
Advisc, reconnu , 9468 ; sewse,
io3i5, e/c.
Adviser, conseiller , 5179.
Advisement, réflexion, idée,
9852.
Advision, avis, idée, 5174,7859,
etc.
Advocasser, /a /Ve /e métier
d'avocat , 39334.
Aelle, ai/e, 16049, 16^40, r/c.
Aer, air, I, 232 § 10.
Aerdrc, aherdre, saisir, 4368,
22o33, e/c. ; — (s*) à, s'atta¬
cher à, 253oS.
Afaicticr, apprivoiser, dresser,
19339, 23834, e/c. ; — (s*), se
préparer, se disposer, 33916.
Afcrir, convenir, 1240, i3o5,
etc.
Afermer, affirmer, I, 25 1 S 52 ;
voy. Afremé.
Art — voy Af —
Afichès, afflquets , 26002.
A fichier, aticquier, affirmer,
déclarer, 1463, 19942, e/c;
— • (s*), se tenir ferme, s'ar¬
rêter, 18876.
Afier. assurer, affirmer. 4028,
6682, etc.
A tin, parent, allié, proche,
12249.
Afin, cachette (?), 24722.
Afin [adv.), finement (:), 26601.
Afoiblir, afoibloier, affaiblir ,
48; 1, 346 a.
Afolé, blessé sans effusion de
sang, 5721 ; I, 352.
A fonder, faire une fondation
charitable , 8660, 14194, etc.
A freine, affirmé, 16470 ; voy.
Afermer.
Afuler, agrafer, revêtir , 2388i.
Agait, embuscade, 27092.
Agaitier, guetter, I, 324 a.
Agailtcur, brigand , 25q83.
Agencier, faire pousser , 33oo3.
Agenouller, se mettre à ge¬
noux, 9121.
Agent, argent, I, 282 S 1 2 3 .
Agraper, s'accrocher, à, agrip¬
per, 32379-80.
A grevé, sur chat gé, grevé, 3Go 1 1 ;
fatigué, 11854.
Agu, aigu, coupant, 15427,
i543o, etc.
Aguet, ruse, fraude, 29041,
3225o, etc.
A gu il Ion, aiguillon , 25820,
27770, etc.
Aguisé, aguisié, d'esprit fin ,
averti, 26229, 28333, etc.
Aguisier, aiguiser, 11670,
40707, etc.
Ahan, hahen, aham, peine, en¬
nui, 3855, 7603 ; I, 347 a ;
terre labourable , 22899.
Ahancr, labourer , cultiver ,
19912.
Aherdre, voy Acrdre.
Ahontcr, couvrir de honte, 3402,
223o5, etc.
Ahosté, hébergé 33o58.
Ahurtc, obstiné, I, 291 § 1 5 1 .
Ahuy, aujourd'huy, 2293.
Aide, aide , 160, 161, etc.
Aiduie, aide, II, 223 a.
Aignc, voy. Ainsnc.
Aigne1,aigniaulx(f///r.;agncJM,
14616, 13896, etc.
Aignclet, agnelet , 24497.
Aigouture, ce qui tombe en
gouttes, 2 5322.
Aigue, aivc, eau,\, 332, et 367 a,
II, 200, etc.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
GLOSSAIRE
253
Aiguier, aiguière , I, 357 a-
Ail lie, gousse d'ail , c/iose de
peu de prix , 23.90.
[Aimant] aymant, acier /rés
dur, 13978.
Ainchois, ainçois, plutôt , 482,
1578, e/c.
Aincor, voy. Ancor.
Ainfermeté, voy . Enfermcté.
Ains, mais, 53, 95 1, etc.; avant,
732, 932, e/c.; — que, avant
573.
Ainsinques, ainsiques, ensin-
que, ainsi , 681 3, 7^04, I,
3 1 1 , e/c.
Ainsné, 8941, 8945, c/c. ; aigné,
II, 245, aîné.
Aïr, aÿr, colère , fureur , 24652 ;
I, 3 17 a, e/c.
Aire, extraction , 22237.
Aire, au/e/, I, 232 § io.
Aïrer (s*), s’aÿrer, s'irriter , se
fâcher ,7232, 1 1 353. etc.
Aise, plaisir, 816; 1, 2 33 § 11,
etc.
Aisément, faculté , possibilité ,
848, 4o368 ; ustensiles , ins-
truments , 29733, etc.
[Aisicr] aysicr, plaisir , 832.
Aïtant, aÿtant, autant , 9221,
10770, e/c.
Aive, voy. Aigue.
Ajonction, ajunccion, adjonc¬
tion , 1473 1, 37220, c/c.
Alainc, haleine , 73 1 5, i566i,
etc.
Albes, corr. Abbcs ; voy. Ab-
bas.
AI-, Voy. Ail.
Aler, haler, 16304.
Alevcr, élever, nourrir , 3883,
35262, etc.
Alexandrin, originaire d'Ale-
0
xandrie d'Egypte , 3772,
17864, e/c.
Alier, halier , I, 3 19a ; II, 200 a.
Allaittier, allaiter , 14119, I,
228 § 5, e/c.
[Allé], aie, qui a de l'allant ,
2335g.
[Allée], alée, action d'aller , 754.
Allcgrissier (s*), se réjouir , se
livrer à la joie , I, 352.
Allcntir, ralentir , 49; alanguir ,
i525, i3852, e/c.; — (s’),
devenir plus lent , 6852.
Aller (au long), à /a /în, 27743.
Allie, réuni , 22098.
Allïcr (s*), se réunir , s'assembler ,
10367.
Alligcment , allègement , 1 ,
346 a.
Allonge, retard , dé/ai, 4371.
Allongement, retard , 443.
Allosengicr, flatter, 20828.
Al loyer, /aire l'essai d'un métal ,
26477.
Allyance, union de plusieurs
personnes , 2o383.
Amaladi, abattu , 23041.
Amanrir, voy. Amenrir.
Amasse, qui possède des biens ,
20901.
Amati, fatigué , abattu , 7174.
Amatir, abattre, dompter , io835;
— (s*). 5e fatiguer , 28233.
Ambcdui, 2294; ambedeulx,
14222, anmeJcus, II, 23o-
240 a ; andui. II, 224 a ; an-
deus, I, 240 a, /011s /es deujr.
Amechon, hameçon , 13392,
31404, e/c.
Amender, profiter , s'améliorer,
13985, 17968.
Amenrir, amanrir, amoindre,
amoindrir , 25720, 28589 ; I,
281 § 120.
Amcnuisir, diminuer , 34964.
Amer, amertume , 18022, 34794,
etc.
Amer, anmer, aimer , i3o,
i3o66, e/c.
Amcrtumcmcnt, avec amertu¬
me, 6788.
Amesurer (s’), garder la mesu¬
re , se modérer, 1, 3 1 3 a.
Amiable, aimable , 3672.
Amiablement, aimablement ,
9740.
Aministrer, donner les sacre¬
ments, I, 246 ^ 44 » adminis¬
trer , I, 248, S 47-
Amiraut, émir, 17860.
Amislié, amitié , 29008, 29980,
etc.
Amoindre, 1*09'. Amenrir.
Amoisonner, affermer , 38491.
Amoistir, mouiller, 6840, 6843,
etc.
Amolir, s'amollir , se relâcher ,
6833.
Amonnester, avertir, conseiller,
17458, 21541, 1, 248? 47, e/c.
voy. Admonnestement.
Amont, amonlt, en /iau/, 2932,
3432, etc.
Amonter, élever, faire monter,
I, 222 a.
Amordrc (s’), s'attacher, prêter
attention, 5323, 13620, etc.
A mors (subst.), leurre, appas,
1 3 3g 3 ; — (par/, passé), pris à
l'amorce , 333o5.
Amoureux, compatissant , 7096.
Amyablc, voy. Amiable.
Anaize, voy. Enaize.
Ane, jamais, 28125.
Ancellc, aneele, servante ,
2 53o2, 32734, e/c.
Anceller, flairer (?), 31845.
Ancesscrie, origine, extraction,
1, 333.
Ancheoir, voy. Enchcoir.
Anchïen, ancien, 81, 710; mais
ancienne, 263.
Anchiennour, anchïenneour,
ancien, 5io3, ioq83, e/c.
Anchiscric, antiquité, 192 12,
19266, e/c.
Anchisour, ancêtres , 22165.
Anconmancicr, voy. Encom-
menccr.
Ancor, ancorc, 19203, 19533,
e/c.; aincor, 1 3 1 16, encore.
Ancourpé, vo.y. Encourpé.
Andcus, voy. Ambedui.
Anel, anneau, 16283, I, 260
§ 73»
Ancmi, ennemi, 8258, e/c.
Anfermeté, voy-. Enfermctc.
Anfes (nom.), enfant, I, 345 a.
Ange, angle, I, 229 § 6; e/c.
Angevin, petite pièce de mon¬
naie, I, 366 a.
Angle, ange, 4261 ; I, 228 § 5,
etc.
Angleçon, pc/i7 coin, 31483.
Anglet, recoin, I, 262 g 81 ;
41 1 3o.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
RENART LE CONTREFAIT
2 54
Angoisscux, angoissant , 1 54.53,
17084, etc.
Anhastic, voy. Enhastic.
Anichillcr, annihiler , II, ig5 a.
Anmedeus, voy. Ambedui.
Anmer, voy. Amer.
Anneur, voy. Honour.
Annuieux, voy. Ennuieux.
Anor, voy. Honour.
Anoy, voy. Ennoy.
Anorier, voy. Ennorter.
Ansugant, voy. Ensuiant.
Anperir. voy. Emperir.
Ampousonner, voy. Empou-
sonner.
Ansarré, voy . Ensserre.
Anten, l'année d'avant , 33içp.
Anier, voy. Hanter.
Anterin, voy. Enterin.
Anterrer (s’), voy. Entcrcr.
An tours, voy. Entour.
Antravcillié, voy . Entravcillic.
Antroduirc, voy. Entroduirc.
Antroduisierres, voy. Entro-
duisour.
Anuir, voy. Ennoir.
Anunchicr, anuncicr, prédire ,
annoncer , 2 3883 et 2 3883, etc.
Anuit, anuyt, cette nuit , 4629,
101 38, etc.
Anuy. anuyt, voy. Ennoy.
Aorcr, nourer, adorer , 4309,
4314, etc.
Aornetnent , parure, 7 1 54, 9470,
etc.
Aorner, parer , 1716, 42.32, etc.
Aoutc, sauterelle , II, 244 a.
Apaicr, apaiser , iG63, 3049,
etc.
Aparant, brillant , clair , 2387.
Apareil.fré^. rt///, 2748,18324,
etc.
A pareil I i<5 , f . disposé à , 2 1 2 8 ;
équipé , 12267.
Aparcillier, apprêter , 5o22,
1092 1, e/c.
Aparer (s*), se conformer , 1,233,
8*1.
Aparoir, apparaître , 976, 402 r ;
“ (O» apparaître y sc montrer.
20787, 38446, e/c.
A p a r te 11 i r ( l w/*ers .) , co w ve/i / r,
6327.
Apendre, être soumis, dépen¬
dre, 5747, 13741, e/c.
Apcnscmcnt, qualité d'un être
qui pense , 19323.
Apcnser (s’)f penser, réfléchir ,
se demander , 2894, 8836, c/c.
Apenssc, qui a de la prudence ,
réfléchi , 8338, 14368, e/c.; —
de, qui songe à, 24944.
A per, prendre y 4604.
Apert, aspert, 41/1 possède l’en¬
semble des qualités physiques.
3 122, 3268, e/c.
Apert (en), ouvertement , 122,
47**7» e/c.
Apcrtcllc, courageux , vaillant ,
2o3oi .
Apertemcnt, ouvertement, 9008,
i 3492, e/c. : vivement % promp¬
tement , 1373, 12431, e/c.
Apcsandir (s*), devenir pesant ,
23730.
Apetichicr, apetissier, apetin-
chicr, apctincicr, diminuer ,
7430, 7970, e/c. ; diminuer de
valeur , 6643 ; I, 268 $ 96, e/c.
A pe t i ssa bl c, appét : ssa n f , 2 66 1 4 ;
affamé y 248-9.
Apichicr (s*), s'apitoyer , pe/i-
dre pitié y 19727.
Aplaigncr, aplanicr, caresser
du plat de la main, 10373 ;
II, 249, e/c.
Apoindir, disposer , 8699.
Apoint [adj.)% piqué , cousu, fa¬
briqué, 13973.
Apointié(mal), en mauvais état,
*9894.
Apointicr, marquer, fixer , I,
24S. § 47-
Apoplisie, apoplexie , I, 2 33,
§ 36.
Apostat, dignitaire romain,
20272, 20448, e/c.
Apostolc, pape, 333, 11423, etc.
Apostumc. <7/// <2 ///1 apostume,
24179.
Apovrir, devenir pauvre, 16839.
Apoyer (s'), se ranger à un avis,
24602.
App., vor. Ap.
Aprement, durement, violem¬
ment, 1 332 2 .
Aprendrc, prendre, saisir ,
*7794.
A presser, presser, serrer, 3 1 749;
presser moralement, 28348.
Aprcsté, équipé, armé , 12055.
A p roc h e m e n t , />ro a- i 01 t /e . 34929.
Aprins, acquis, fortune, 212.
Apropricr, s'approprier , 3Ôoi8.
A prouve , prouvé , déclaré .
3079, 207*3.
Aprouver, prouver , démontrer,
24091.
Apuïr, co# r. à prier, II, 249.
Aqucster, acquérir, 614, 9494,
etc.
Aquision , ac/ion d'acquérir ,
n, 244.
Aquiter, délivrer , I, 1 32 a.
Araisonncr, adresser la parole
à, interpeller, I, 3o8.
Arain, airain, 9460, i3o87, c/c.
Arcanglc, archange, 36408.
Arccchapclain, archichapelain ,
I, 268 § 93.
Arche, tombeau, I, 263 § 90.
Archcdiacre, archidiacre , I, 284
§ 1 33.
Archeprestre , archiprétrc ,
23783.
Archcvcsquic, archevêché, I.
28 § 1 19.
Archon, arcow, 286, 2ii83,e/c.;
— (estre es), faire l'amour,
40129.
Ard, adresse , voy. Art.
Ardrc, ardoir, brûler , 970, 3387,
etc.
Ardure, brûlure, I, 277 S 1 »3 ;
et 3 io a, etc.
Arec, champ labouré, 27427.
Arcr, labourer, 9268, 14333,
etc.
Arguer, tourmenter , presser,
6273.
Arimesticque, arismcticque,
arithmétique, I, 2 32 § 54,
23204, etc.
Armaire, armoire , 433i, 4356,
etc.
Arme, âme, i?785.
Arm cure, armure, 10953.
Armicr, peintre d'armoiries ,
36049.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
GLOSSAIRE
Aromastiquc, aromatique , I,
287 § 141.
Aron Je!, hirondelle , II, 247.
A rouscr, arroser, garnir, 1 3446,
18484, etc.
A router [s'), se former en troupe ,
II, 243 a.
Arraignier, interpeller , 32074.
Arragic, enragé , furieux ,
19402-3.
Arresté, sensé, 52 3.
Arrcstcü, arrêté , cesse daller ,
I 3252.
Art icmcnt, vor. Erremcnt.
Arrier, 01 arrière , 6087, 6342,
e/c.; de nouveau , 6509.
Arrière main, revers de la
main, 4435.
Arroy, eorys de bataille, 2672 ;
— équipage , /raiu, 42 5«>f
5oGo ; — richesse, 9292 ;
— ordre, arrangement , 33q2,
3G32, etc.; manière d'être,
3 0060.
Arroycr, arrayer, préparer,
mo32, 0403, e/e.; établir,
3688 1.
Ars, //ni/e, 3912, 4009, e/e.
Art, ard, adresse , 290, 33o4,
e/e .
Artcr, arré/er, 13917.
Art illeux, artificieux , 9340.
Asancion de mai, l'Ascension
par opposition à i Ascencion
d'aout ou Assomption, I, 3 1 G.
Asccsmé, pare. II, 238 a.
Asorrc, voy. Assolir.
Aspcrt, voy. Apcrt.
Asprece, courage, II, 222.
Asprcment, avec force, 19081.
Asproicr, tourmenter, harceler,
poursuivre , 2181; I, 317, e/e.
Assaicr, essayer, 7985.
Assailleur, assautcur, bandit,
brigand, 37317 ; I, 367.
Assamblcr, réunir, 421, 4607,
etc.
Assaucier, exhausser, honorer ,
II, 223 a.
Assauteur, voy. Assailleur.
Asscgicr, assiéger, 821 5, 8227,
e/e.
Assené, sensé, 10189; assuré,
I, 291 § i5o; partagé, loti ,
9602.
i Assener, assenner, assigner,
I 3 1 80. 4480, etc.; nantir, lotir,
| 46 18.
Assens, asan, idée, pensée,
21479 y e/c.
Assens (par), de coutume, 1 b(j$5.
Asscntcment, assentiment, !,
245 $ 39 ; I, 271 § 1 o3.
Assentir s’?, consentir, 3i358.
Asseoir, assiéger, 8225 ; mettre ,
placer, 15477.
Asscrisier. calmer, tranquilli¬
ser, 1776, 1 m 32, etc.
Assés, accès, I, 292 § 1 52.
Asseûr, assuré , 4738, no36t
etc.
Asscürc, assourie (fém.), en
sûreté, 1 106 ; II, 244.
Asscürcr (s ;, je mettre, se sen¬
tir en sécurité , 3129, 3734,
etc.
Assiégé (être;, avoir une situa¬
tion, être fixé, 27826.
Assiette, assiette, évaluation,
20080.
Assis, établi, constitué , fixé,
1 688, 1 345o, etc.; posé, calme,
22088.
Assolir, asorrc, absoudre, I,
3 Go a ; II, 21 3 a, etc.
Assoungicr, calmer, I, 346 a.
Assoufli, satisfait , repu, 28io3.
Assoulagicr, soulager , 27083.
Assourie, voy. Asséuré.
Assouvi, satisfait, 13346.
Assouvir, asuvir, achever , ac-
cumplir , 7651; 11, 237, e/e.
Astcnir, abstenir, 28816.
Astralabc.astralabre, as/ro/a6e,
I, 273 ü io5 ; 9442, e/e.
Astronomien, astronome, I. 229
$ 6, e/c.
Asuvir, voy. Assouvir.
Asaignant, querelleur. 40804.
Ataindrc, atteindre, chercher
3149, 3141, etc.
Ataingna minent, convenable¬
ment, d'une manière appro¬
priée, 10100.
Ataïne, ataÿne, querelle , noise,
14512 ; I, 3io a, etc.
255
Atant, à ce point, Ic-dessus, 874,
3579, etc.
Atapiner (s’), se blottir , se ca¬
cher, 18379.
Atargeincnt, retard, 8722.
A te mp rdc ment, avec modéra¬
tion, avec tempérance , 14521.
Atcmprcmcnt, moyen de modé¬
rer, de calmer, 3y53o.
Atcndancc, attente, 21674.
Atenduc, objet de l'attente, de
l'espérance, 8180, 23639, etc.
Atenrrc (s’), s'attendre, 27214.
Atcnir, se retenir, 341 1 1.
Atenu, tenu, conservé, 2244.
Atcrrcr, jeter à terre, abattre,
1 3655.
Athi, voy. Aati.
Athysier, voy. Atisier.
Ati, voy. Aati.
Atiricr (s ), se parer, s'équiper,
1 2280.
Alisier, athysier, atisscr, exci¬
ter, provoquer, 2817, byb4,
II, 227.
Atouchicr, toucher , 27255.
Atour, toilette , vêtement, 7100.
Atourncment, aménagement,
décoration, 28842.
Atourncr, disposer , arranger,
préparer, 12293, 1 33 46, etc.
Atout, avec, 10920, 18834.
Atrairc, attrairc, attirer , faire
venir, 42b, 3683, etc.
Atrait, atret, attiré , 2356o ;
tracé, reproduit, 17838;
( subst.),adresse , 2 1 32 1 ; ( adv .),
lentement , posément, 6376.
Atrcmpance, qualité, 36345.
Atrempé, modéré , dont toutes
les qualités sont bien tempé¬
rées, 7883 ; I, 240 S 24, etc.
Atrcmpcment , tempérament ,
20978.
A tremper, tempérer, modérer,
543o ; I, 229 § 6, etc.
Atret, voy. atrait.
Atuichicr, survenir, I, 319.
Atuichicr (s*), atteindre , [un
endroit), I, 3i 3. *
Auble, aube , vêtement blanc ,
1 1474.
Aubre, voy. Abre.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
2 56
Aubun, blanc de l'œuf , 34541,
34625, etc.
Aucer, hausser , 3ooi.
Aucqueton, hoqueton, r 4 1 5 5 .
Auctorisié, revêtu d'une auto¬
rité, 2743, 6190, etc.
Auctorisier (s’), prendre de Vau-
torite ’, 19495, 19505.
Auctoritcs (les), les écrits , 2640,
3333, etc.; sentence , 13290.
Aucube, tente, 7887.
Auffcrant, cheval bouillant, im¬
pétueux, 18415.
Aufroy, broderie en bordure ,
24406.
Aultoir, ostour, autour , oiseau
de proie , 63o3, 19560, etc.
Aumachour, émir , gouverneur ,
17860.
Aumairc, armoire , 29818.
Aünce, réunion , 20149.
Aûner, assembler , 12362,
16819, e/e.
Auquez, quelque peu , assef,
3i376.
Auté, otage, 3919.
Autel (adj.), pareil , tel , 933 1,
26247, e/c.
Autemcnt, hautement , 4647.
Authonne, automne , 19381.
Autre (pronom), autre chose ,
33922.
Autresi, également , I, 358 <1.
Autrctel, </e même, pareille¬
ment, I, 274 ? 106.
Autrier, avant-hier , 3554.
Autrui (T), /e bien d'autrui ,63,
14569, e/c.
Auyr, voj'. Oir.
Avaine, avoine, i85o8, 25700,
etc.
Aval (tout) l’année, tout le long
de l'année , 27664.
Aval, en 6js, 3432, 60 3o,
etc.
Avaler , descendre , baisser
4378, 6335, e/c. ; — (s’), venir
en bas . descendre , 7340,
12176, e/c.
Avanchier, avancer, 4681, 6174,
e/c. ; favoriser, pousser, 4870*
7375, e/c.; —(s), sortir,
i5938.
RENART LE CONTREFAIT
Avanchir, prévenir, devancer ,
28^10.
Avarice, cupidité, 6649, 14485,
etc.
Avenir, arriver, 1076, 1 100, e/c.
Aver, avare. 4802, 33841, e/c.
Avcrir, vérifier, 680, 2097, e/c.
Avesprir, /aire soir, 10143.
Aviel, bonne chère , bombance ,
joie, 2227, 50747»
Avilcnir, avilir, 22686.
Avilcr, avillier, avilir, mettre
dans une mauvaise situation,
5642, 1 1596, e/c.
Avironner. l'or. Environner.
Avis (par), /?ar aventure, II,
197 a.
Avis est que, 1/ semble que,
9032.
A visé ment, prudemment, sage¬
ment , *4074.
Avisicr, Advisicr, reconnaître,
1 9 1 6* 7781, e/c.; regarder,
remarquer, 9548, 14833, e/c.;
avertir, 1 3657 î — (O se
porter, aller, 20694.
Avision, vision, songe, 9833.
Avoc, protecteur, I, 3 19.
Avoié, disposé , mis en vo/e,
12667, 12814, e/c.
Avoultrce, avoultrie, avoulterie,
avoustirc, violation de la Joi
conjugale. I, 25 1 g 5 1 , 21061,
11,223, e/c.
Avoy, avanie, 9239.
Avoÿc (fém.), voy. A voie.
Avoyer, diriger, conduire , 996,
8488, e/c. ; s'acheminer, 443 7;
enseigner, 19917; — (s ), s‘a-
chemincr , 523g, 8460, etc.
Avuglc, aveugle. 34393.
Av! cri de souffrance , 597,
Ave, aic/e, 523o, 5499, e/c.;
vertu. 10041.
Aver, aider, 18007, 37921.
Aycue, ait/e. 21, 5o, e/c.
Aycuer, aider, 4670.
Avmant. vor. Aimant.
•
Avr, vo)'. Air.
Ayrer (s*), voy. Aircr (s’).
Aysicr, voy. Aisicr.
Aytant, voy. Ai tant.
Bacheler, Baceler , jeune noble,
4'7*> 4772, 18947.
Bachclerie, ensemble de jeunes
nobles, 18717.
Bachin, bassin , 9433, 9437, etc.
Bachinct, casque, bassinet,
3836 1.
Bacin, bachin, bassin. I, 35» 7 a,
266o5, etc.
Bacon, pièce de lard , II, 219
240 a.
Bagncr, baigner, 37068.
[ Baïf ] baÿs (nom.), désireux.
porté à, 11527, 13730.
Bail, tutèle, II, 228.
Bail lie , pouvoir , possession ,
4832, 17528, etc.
Bai 1 lier, donner, 170, i8i.de.
Bailly (mal), mal balli, mal¬
traité, malmené, 5428, 5?4;.
etc.
Baingnicr, séduire, délecter , !,
.>09.
Baïs, nom. de Baïf.
Balaine, baleine , 1 0 3 5 1 .
Baler, balier, ballcr, baloycr.
s'agiter , 2940, 5083 ; I, 3 1 1 J,
etc. ; danser , 39314.
Ballance (en) , en risque ,
202 1 .
Bandon, liberté de s'amuser,
II, 201; — (a), à discrétion,
24760.
Ban i crc, partie de la crête qui
se trouve en dessous du bec de
l'oiseau, 16039.
Barat, fraude, tromperie , 4^7*
4787, etc.
Barbes (les), barbe, 27084.
Barbion, joubarbe , 26714.
Bareticre, voy. Bartcre.
Barettcr , tromper, chercher
chicane, 17302.
Barguignier, disputer sur un
prix, 26463.
Barncss e, femme de qualité , I,
32 2.
Baronnie, ensemble des barons,
338, 10349, etc '< de
baron , noblesse , 1 3a 1 9.
Barrer, attacher à une barre,
1 3583, i3586, etc. ; fermer ,
18622.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
GLOSSAIRE
Barterc, barctierre, trompeur ,
fripon , 5730 ; 1,326, etc.
Bast (fils de), bâtard , II, 23o a.
Bastir, machiner , comploter ,
2189t.
Bataille, troupe de combattants,
10047.
Bataillié, /or/i/fe, 19285.
Bataillicr, bateillicr, attaquer ,
livrer bataille à, 18391; 1,353.
Batant, aussitôt, 12449,18453;
— rapidement , vite, 12149.
Batesme, voy. Bautcsme.
Batison, action de battre, 49.S9.
Batisscr, voy. Bautissicr.
Batrc , tomber, descendre, 1 5679;
— à soi, attirer à soi, 20899.
Baturc, action de battre , 22040.
Baubelit, savate, 29676.
Baud, bault, gai, ardent , 2713,
3ot 16, e/c.
Baudcmcnf, hardiment , 20748.
Baudour, joie, gaité , 2773,
12289, r/c.
Bautcsme, batesme, baptême ,
8537, II, 223.
Bautessicr, Bautissicr, balisser,
baptiser, I, 345, 338 J ; II, 2 2 3.
Baÿs nom. c/e Baïf ; voy. ce mo/.
Bazilique, basilic, 34797.
Bc (par le cuer) corbleu , II,
*97 *•
Beance, désir, 317, 34421, e/c.
Bée, ouvert , 7068.
Beer, aspirer, désirer , 56 1,
4952, e/c.
Behitre, dispute , contestation,
19644.
Benelchon, beneïsson, bénédic¬
tion, 6763, 27167, etc.; —
impérial, sacre, I, 271 § tôt.
Ben igné, doux , sa/ts colère,
4265.
Begninement, beguinement,
comme de bonnes gens, 1 8554,
36833.
Bcncüreté, béatitude, I, 2 33
§58.
Benivolcncc, bienveillance. I,
232 § 10.
Benoit, 6éwi, 2430, 19777, e/c.
Benque, banque, 38333.
Berbis, brebis, II, 233.
Tome II.
Bcrch, berceau , 9017, 9029
etc.
Berscr, percer, I, 247 § 44.
Besant» monnaie d'or , 4803,
4820, e/c.
Besongnant, qui est dans le be¬
soin, 5 134.
Bcsongnier, travailler, I, 242
§ 32140703, etc.
Besté (?), 32397.
Bcsteil, bête, II, 235.
Bcstcllette, petite bête, I, 269
§ 97-
Bestial, stupide, bête, 3342,
14871, etc.
Bcstïaument, bestiaulment, à
la façon des bêtes, 8127,
14871, etc.
Bestourné, tourné à l envers,
mal tourné , 12713, 16431,
etc.
Bestourner, betourner, détour¬
ner, I, 3oo ; faire tourner la
tête, rendre fou, 2665o.
Beté, battu, fustigé, 4340.
Betourner, voy. Bestourner.
Beubancc, arrogance, présomp¬
tion, 4677.
Biauté, beaultc, beauté, 27300,
27301.
Bienheûrc, heureux, 383 1,
8167, etc.
Bicnveignant, bienveillant, II,
219.
Biffer, truquer, 27009, 27012,
etc.
Biffetter (?), 26490.
Bigain (?), 34472.
Bigarurc, habit de deux cou¬
leurs, I, 237, § 65.
Billier (aller), s'en aller, I, 3oo.
Bistnc, abîme, enfer, II, 201 a.
Bisse, lin très fin , 9470.
Bixcste, jour bissextile, 34998.
Blandir,y?a//er, 32297 ; II, 233,
etc.
BlanJisscur, flatteur, ?5yi3.
Blcchié, blessé, 3171, 3 397,
etc.
Bloisicr, bégayer , hésiter ,
26.80, 5149, etc.
Bobant, ajustement , habit
luxueux , I, 357.
257
Bocage, bois de construction,
19033.
Boche, bosse, 35663.
Bochu, bossu , 34306.
Boe, boue, 7746.
Boidie, boisdie, fraude, I,
329 a, 36174.
Bon, brave, 21427.
Bondir, faire retentir , 18769,
18873, etc.
Boneureté, bonheur, 5 1 38.
Bonne, borne, !43o3.
Bonnet (chappcau de), coiffure
sans rebord, 25124.
Bonté, hauts faits, mérite,
19762.
Bordel, lupanar, 2io65.
Bordelage , mauvaise vie ,
32686.
Bordelicr, débauché, 2 5 1 83.
Borne, borgne, II, 242 a.
Boscagc, bocage, 28026.
Bot, crapaud, I, 347 a.
Botercl, crapaud, 1121 5.
Boucc, bouche, 2463, 8896, etc.
Bouchcaulx ( plur .), lucarne ,
26526.
Boudry, ventre, 867.
Bougre, pédéraste, 26944,
29135, etc.
Bougric, bouguerie, vice hon¬
teux , pédérastie , 34447 ,
31026.
Bouguerant, étoffe fine, 28857.
Bouguerie, voy. Bougrie.
Bouïau, boyau, I, 347.
Boulant, boullant, bouillant,
12387; I, 242 § 3o.
Boulé, roulé, précipité comme
une boule, 716.
Boullant, voy. Boulant.
Boulye, fraude, 30486.
Boulye, bouillie, soupe, 30486.
Bourde, mensonge, 787, 2457,
etc.
Bourder, mentir, 6938.
Bourdeur, bourderres '(nom.),
bourderesse (/cm.), diseur de
bourdes, menteur, 58, 5254,
II, 236 a, etc.
Bourgois, bourgeois , 3i 180.
Bournc, borne, 3y3i ; frontière,
1 3282, voy. Bonne.
'7
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
2S8
Bourrel, bourreau , I, 242 § $4.
Boursée, contenu d'une bourse ,
25226.
Boursette, petite bourse , 11731.
Boutcculons (a), à reculons,
31754.
Bouter, mettre , 602, 66o, 987,
e/c.; — arriéré, repousser ,
84*
Brach, bras , 435o, 4365, e/c.
Brachet, bracquet, c/iien de
chasse , braque , 23712, 30737,
etc.
Brai, cri, gémissement , 23909,
25i37-
Braie, braye, pantalon, 16001,
16070.
Braire, gémir , 17191 .
Branc,dfde, 1 55a 1 , 18606, e/c.
Branche, (flu/g\) 3g, 97.
Branler, remuer , 16288.
Brasser, tramer , machiner ,
i83i5, 18785, e/c.
Braye, voy. Braie.
Brcgier/.^er^er, 20004.
Brchaigne, stérile , sans en-
/an/, 10734.
Brelent, table à jouer , 39327.
Brief, /e//re, i65i3, 37429.
Briefment, briemant, briève¬
ment , 65; I, 367 <1, e/c.
Briseté, fragilité, 23410.
Brisier, briser , 1 5 1 2 2 .
Brochier, éperonner , 18875.
Broion, mortier , I, 3 19 fl, e/c.
Brooier cul, /fl ire l'amour , If,
232.
Brouct, nourriture , II, 232 et
233.
Bruire, /aire du 6rui7, 15642,
e/c .
Bruit, bruict, brûlé, 3911,
5071, e/c.
Bruni, po/i an brunissoir ,
349DO.
Bruvagc, boisson , 1 1 1 3 3,
16937, e/c.
Bruÿnc, nuage , I, 242 S 3o.
Buchicr, frapper , heurter ,
24632.
Buée, lessive , 895.
Bufle, soufflet, coup de poing ,
3o3i8.
RENART LE CONTREFAIT
Bugle, buffle, 30469, 34396, e/c.
Buiche, 601s, I, 3 1 5.
Builleux, buillon, panier ,
25819, 3i65o.
Buisine, trompette , 18736,
18873, etc .
Buisse, bûche, 28266.
Bureau, sorte de 6ure, 22751.
Bus, tronc, 6ns/ef i342 5,
17693.
Cachier, chasser , poursuivre ,
1 1 885, 11887, 1 35 1 3, e/c
Cadrent, cadran , 9442.
Cnfectin (et non rafectin),
sor/e de 51/cre, 26602.
Caicl, (an /Sff.) méchant , mau¬
vais, 1 56 1 3-
Caillcu, caillou, 31649, 36g36,
e/c.
Caillier, chasseur de cailles ,
13395.
Caillouel (pomme de)': se dit
généralement des poires ,
36752.
Caimbrc (?), II, 220 fl.
Calandre, alouette, oiseau ,
15698-9, etc.
[Calandres) qualandrcs, ca-
lendes, I, 355.
Caliport (?), P « Historia de
praeliis Alexandri » porte
« porcus », 15426.
Camamile, camomille, 26765,
26774, e/c.
Camiaulx, chameaux , i5225.
Canchc, chance, 3()33 1. V'oy.
Cheancc.
Cangler, changer, I,3i5.
Cantité, quantité , i56oo,
i5625, etc .
Capcron, chaperon, 26783.
[Caplc], capple, carnage , mas¬
sacre , 18607.
Caplcmcnt, carnage, massacre ,
10876.
Car, chariot , 18384.
Carattere, caractère, 25iii.
CarJamoine , cardamome ,
26700.
Cardonnal, cardinal, I, 338 a,
e/ 362 a, e/c.
Carnalité, voy. Charnalité.
Carnier, corr. caruier, labou¬
reur, 2 55 1 3 .
Carole, karolle, querole, danse ,
18246; I, 275 § 108; II, 199 a.
e/c.
Carpentier, charpentier, 18677,
40461, e/c.
Carpobalsamon, /rui7 du 6au-
rnicr de Judée , 1 5936.
Carre, quarre, coté, face, 3897,
3898, e/c.
[Carreaulx] quarreaux (f/ur.),
carreau , 19287.
Carrel, /rai7 d'arbalète , 83 16,
15524, e/c.
[Carreûre] quarreûre, façade ,
côté, 8o85.
Caspain, dn pays de Casye,
1 366g.
Casteté, chasteté, 586a-3.
Casuble, chasuble, 11474.
Casser , cesser , s'éteindre ,
1 3 1 86.
Casson, sor/e de sucre, 26836.
Catir, cacher, 2i5o, 1 5520, e/c.
Caup. Koy. Cop.
Caux soi ris, chauve-souris ,
34774-
Cel, ciel, 34583.
Celer, cheler, cacher, 1482,
3704, e/c.
Celée, flc/ion de cacher, 4384.
Celestre, dn cie/, 5994.
Celestial, 6/eu du cie/, i6o3i.
Cendal, étoffe de soie , 3773,
15902, e/c.
Cengle, sangle, 18428.
Centisme, centoisme, centième,
15258; I, 355.
Cerchier, Chercer, chercher ,
363, 108 16, e/c.; visiter,
4220, 14167.
Ccrcus, sarcus, cercueil, I, 279,
§ 1 1 5, e/c.
Cerne (le), cercle, 8700, 36247.
Certcffier, certifier , 22232.
Certes (a), sérieusement, pour
tout de bon, 4474.
Cervel, cerveau , 29638.
Cesser, s'arrêter, 14311 ; — (se)
même sens, 19062.
Cesy, ceci, 5588.
Cha,dece coté, 1588,4564, e/c.;
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
GLOSSAIRE
259
— avant, plus loin , 403, 4324,
etc .
Chaainne,cheyne, c/iaine, «9o3;
I, 245 J 42.
Chabot, sabot , jeu , 11727,
11755.
Chaiere, siég-e, chaise, 1 22 3 1 ,
16173, etc.
Chaindre, ceindre , 21721; —
(se), se ceindre , s'entourer les
reins , 20304, 2o5o6, etc.
Chainture, ceinture , 33584-5,
etc.
Chaitif, ro>'. Chciif.
Chalemel, chalumeau , flûte,
1 3389.
Chalemeller, jouer du chalu¬
meau , 13389.
Chalengerre (nom), yixi/jr accu-
sateur , calomniateur , 20432.
Chaliour, chaleur , 26607.
Chaloir, importer , 339, 1008,
etc.
Chambre (aller a), a//er à la
garde-robe , 26683.
Chambrelcn, c/iam5e//an, 17010.
Champaigne, campagne, I, 3 1 3.
Chanoenne, chanoine , 32457.
Chanonnie, collège de chanoi¬
nes, 37272.
Chanu, 6/anc, 9703.
Chambcriere , chanbcrierc,
chanbriere, servante , 8382,
I, 242 J 34, etc.
Chandeille, chandelle , I, 270
8 99-
Chappe, grand manteau , 461,
2780, etc.
Chapeau, couronne, 21715.
Chapelet, petite couronne de
fleurs , 3169.
Char, chair, 2404, 3026, etc.
Chareton, charretier , 23994,
26005, etc.
Chariere, chemin , 2944.
Charmes, « carmina », gestes,
1, 267 § 93.
Charmcrie, charme, enchante¬
ment , 1 1 1 3.
Charmier, sorcier , 37789.
Charnalité, Camalité, c//oses
de la chair , 6269, 28982.
Charroier, charroyer, se rendre
en char , a//er, 2992, 15404,
etc.
Charruier, laboureur, II, 227 a;
vqx- Carnier.
Chartre, acte authentique, cons¬
titution, 75 1, 11 63, etc.
Chartre, prison, 3977; I, 238
§ 20, etc.
Chasserres, nom. de chasseur,
30736.
Chastel, chatel,c/iafeai/, 1 38og,
13932, etc.
Chastiement , avertissement ,
instruction , 2931 1.
Chastier (se), se corriger ,
31907.
[Chastoy] Chatoy, avertisse¬
ment, instruction , 29230.
Chastoier, donner des avertis¬
sements, des enseignements,
28475.
Chaté, Chatcl, t»ien, propriété,
636, 53o8, etc.
Chatois, ro^. Chastoy.
Chauant, cheuant, chat-huant,
I, 238 § 19; I, 240 § 23.
Chauce de la tonnelle (?), II,
201, etc.
Chaudcron, casserole, I, 276,
§ 1 1 3.
Chault, chaleur , 3762, 8004.
Chausetier, tailleur qui fabri¬
que les chausses, I, 282 §123.
Chaussement, chaussure, 71 53,
22241.
Cheance, coup de d^, 4599.
4'o^. Canchc.
Cheant (su6sf.), situation,
36 1 10.
Cheant (bien), eu 6onne situa¬
tion, I, 3o8.
Cheler, voy. celer.
Chelicr, cellier, 23444.
Chelui, ce/ui, 100.
Chené, chenal, 19366.
Chenelle, 6aie rouge de l'au¬
bépine et du houx, 19901 .
Chenete, petite chaîne, I, 357 a.
Cheraphin, séraphin, sorte
d'anges , 7449; I, 273 § 104.
Chercer, voy. Cerchier.
Cherf, cerf, 1 8 1 33 .
Cherge, charge, 33444.
Chergier, porter, 17226.
Chervelle, cerveau, I, 247
§ 44-
Chétif, chaitif, quetif, captif,
11607; I, 241 § 28; miséra¬
ble, 434, 25742, etc.; mé¬
chant, 194.
Chetiveté, misère, infortune,
tourment, 635 o, 6751, etc.;
captivité, I, 2 58 § 74.
Cheuant, voy. Chauant.
Cheval (a), cavalièrement, 2347.
Chevalerie, qualités chevale¬
resques, 17649, 18119; en¬
semble des chevaliers, 18008.
Chevancc , argent, fortune, 3 16,
3 18, etc.
Chevaucheur, cavalier, 8299.
Chevauchier, aller à cheval,
être monté à cheval, 8328.
io3o8, etc. ; parcourir à che¬
val, 14168.
Chevetainc, capitaine , 21427.
Chevir, chievir, s'occuper de,
venir à bout, i8523, 2io32,
etc. ; — (se), se nourrir, se sus¬
tenter, 53o8, 8960, etc. ; se
tirer d'affaire, 3o8o3.
Cheyne, voy. Chaaine.
Chice, avare, 4802.
Chicqueté, déchiqueté , tailladé,
38536.
Chiee, tombée, 46.
Chief, chies et chiez (nom.),
tète, 2 1 53, 3i6q, etc.; insti¬
gateur, II, 228 a; capitale , II,
220; — de (au), au bout de,
14105 ; — (sans), sans fin,
23027; — (traire, venir a),
venir à bout, 27080, 2 1 63,
2299, etc.
Chier (?), 5244.
Chier, cher, 1 38 .
Chiere, mine, visage, 1046,
6668, etc.; — (faire), faire
mine, 1 53 1 2.
Chierir, chérir, 10426, io8o3.
Chierté, tendresse , affection,
18178.
Chicux, deux, 65o5,658i, etc.;
voyej Cel.
Chiès, chiez, chef, 2i83, 4552,
etc.
Digitized by
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
2Ô0
Chievre,c/iévre,3o465; — (tenir
pour), tenir pour fou, 324.
Chincq, cinq , 1 1 276, 1 8362, etc.
Chiment, ciment , 29243.
Chire, cire, 9436, 29316, etc .
Chirop, 5iro>p, 26829.
Chisel, ciseau, 15846.
Chitole, instrument de musique
à corde , 7889.
Chois, préférence donnée à une
personne , 2868.
Choisir, apercevoir , 4424 ,
17506, e/c.
Choler, ;o//er à /a 5011/e, 3o386.
Chrestianner, crestïenner, cris-
tïenner, faire chrétien , 5ap-
fiier, II, 223 a ; 22291 ; I,
307 a et 246 § 42.
Chucre, voy. Çucre.
Chuctte, chouette , 34774.
Ciccle, eyeele, siéc/e, 146,460,
etc. \ âge, cycle , 7920, 7942,
etc .
Cieute, suite, I, 304 a.
Cilec, Cileques, ici, I, 32 1 a, II,
242 et 242 <2, e/c.
Circonstance, banlieue , envi¬
rons, 17394.
Circuite, enceinte , 8852, 20168,
etc.
Cirurgien, chirurgien , 3176.
Claircté, clairté, c/ar/ê, 23903,
6000, e/c.
Clamé, dit , réputé, 434.
Clamer, appeler . 547, i5o3o,
e/c.; demander , 817;— (se), se
plaindre, 746, II, 234 a; se
nommer , 32432.
Clameur, clamour, appel, plain¬
te, 3708, i5o55, e/c.
Clariant, brillant , I, 246 S 42.
Cler, illustre, I, 289 § i43.
Clerceliere, cellerière , I, 260
§75.
Clerchon, voj'. Clcrjon.
Clcrgie, science , savoir, 137,
5534, e/c.; clèricature , 1494.
Clerjon, clerchon, jeune clerc ,
I» 277 ? ; 31967, e/c.
Clervoiant, 5icn éclaire du so¬
leil, 19376.
Cliner, pencher , 16932, 28339,
etc.
RENART LE CONTREFAIT
Clochier, boiter, 314, 1470, e/c.
Cloison, enceinte, retranche¬
ment, 20364.
Clotiere, endroit clos , retraite ,
II, 239 a.
Cloÿ, c/os, enfermé , 1 3552.
Coasy, tranquille, 37470.
Coche (mettre en), 29499.
Cochet, petit coq , 3226.
Cocodrille, crocodile , 14372.
Coeuloeuvre, coulœuvre, con-
leuvre, 16225, 16228. e/c.
Coeullir, prendre, accueillir ,
8714.
Coeur (porter), porter ran¬
cœur, 20877.
Coeuvrechief , couvre-chef ,
28784.
Cogitacion, pensée , 22417 ; II,
241 a.
Cognoitre, congnistre, con-
naitre , 2 5345 ; — (se), se re¬
connaître, s'avouer, 975.
Coicment, doucement, paisible¬
ment, 423, 2 1 5 1 , e/c.
Coingnie, cognée, 38711.
Cointc, habile, sage , prudent,
5845, 5854, c/c.
Cointepointe, courtepointe , II,
249.
Cointier, préparer, I, 325 ;
/aire la connaissance de, fré¬
quenter, 36i57; (subst.) pru¬
dence, adresse, 5847, 5853,
e/c. ; parure, ajustement ,
36i 53.
Coivrc, cuivre, 4306, i356o, e/c.
Col, voy\ Cop.
Colacion, entretien, conférence,
25o58.
Colce, collée, coup sur /a wn-
ÿiie, 5126, 5196, e/c.
Collicge, collège de chanoines,
37271.
Collier (se mettre a bon), se
mettre à bonne école, 19757.
Corn, con, comme, 384, e/c.
Combler, remplir , 9434.
Combrer, se rendre maître de,
39755, 41013.
Comithc (?), I, 263 § 86.
Command, précepte, comman¬
dement, 9093, I, 357 a, e/c.
Commanderre (nom.), celui qui
commande , 2935.
Commencier (si/5s/.), commen¬
cement, 29790.
Commenier, communiquer, I,
23o § 8.
Commettre, confier, 7718.
Commocion, émeute, soulève¬
ment, I, 292 § 1 5 1.
Communal, commun, à tous,
6977, 30937 ; (arfv.) commu¬
nément, 832g.
Communément, communément ,
ig5i 1, 19925, etc.
Compaigne, compagne, compa¬
gnie, réunion, 58y8, 18060,
etc.
Compagnïer, accompagner ,
8270, 28903, etc.
Compain, compagnon, 14871.
7383, 7385, etc.
Comparoir (se), se comparer,
6953.
Compas, règle de conduite,
24390 ; — (a), à point, exac¬
tement, 3775, 8092, etc. ; —
(par), même sens, 39063.
Compassé, réglé, 34249.
Com passer, ordonner , disposer,
485, 8084, etc.; mesurer,
8097-8.
Compenser, réfléchir, II, 217a.
Comperer, acquérir , 16689,
16705 ; payer, expier , 2733,
2738, etc. ; subir 10900.
Compisser, compiscr, arroser
de son urine, 3233, II, 245,
etc.
Complaindrc (se), se plaindre,
gémir, 5262, 2335 1, etc.
Complecion, complesion, com-
plétion, 25725; I, 234 g 1 3.
Complir, mettre à exécution ,
43 io,I, 309 a; (subst.), action,
1I,2o3.
Comprendre, envahir , 12001.
Comprins, contenu, 32.
Compte, conte, 2134.
Concheü, conçu, 5gi, 2832,
etc.
Concitoire, consistoire, I, 362 a.
Concordance, concorde, 23926.
Concquerre, conquérir, 2698.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
GLOSSAIRE
Concroire, confier , 33453.
Condandre (sc), se conduire , It
366 a.
Condempner, condamner , I,
284 § 1 3 « .
Condigne, juste , raisonnable ,
I, 343 § 32.
Conduiseu r, conduisierrcs
(nom.), chef, 23 149; II, 23o, e/c.
Confanonnier, voy. Gonfanon-
nicr.
Confermer, confirmer , 8621, I,
265 § 90.
Confesse, confession , 24706.
Confies, confiez, con/esse, 36644,
38976.
Confit, conserve, condit , 26731.
Confondre, renverser , détruire ,
4860, 15098, etc.
Confort, encouragement , 1 3906.
Conforter, affermir , 1024 ; con-
soler , 1228, 1447, e/c.
Confraccion, action de briser ,
I, 262 § 80.
Congnisserres (nom.), cc/mi 4///'
connaît , 32128.
Congnistre, voy. cognoilre.
Con joindre (se) entrer en con¬
jonction , I, 233 8 n, c/c.
Conjoir, bien accueillir , 2687,
6657, c/c.
Conjure, conjuration , 2 1 333.
Conjurement, sor/, conjuration ,
4123, 4128, c/c.
Conjurison, sor/, conjuration ,
4129; conspiration , 33634.
Conm-, Conp-, w/. Comm-,
Comp-.
Connin, lapin, 3224, 4943, c/c.
Conquest, conquête , 10524.
Conquester conquérir , 8957,
9493, c/c.
Conraé, muni, équipé , préparé ,
17493.
Conroi, courroi, équipement ,
harnais, 10292, c/c. ; sui/e,
train, 10436, 14214, e/c.
Consaulx, conseils , 10995 ; H,
226.
Conseiller, demander conseil,
1 5o83.
Conscnteur, consanteour, con-
sentant , 355o; II, 244.
Consieuir, consuir, se confor¬
mer à , imiter , 18211, 1, 233,
§ 1 1 ; poursuivre , I, 3 1 1 a.
Consille (tenir), tenir conseil ,
i, 267 § 94.
Consi rer, considérer , estimer,
27135.
Consitoire, réunion , 21943.
Conssille, concile , I, 248 § 47,
etc.
Constreter, constretter, voy.
Contrester.
Consuir, voy. Consieuir.
Contcmp, insulte, offense , r 2o3o.
Contenances (mettre scs), jeter
son dévolu, 29412.
Contenchon , querelle, différend,
20933, 27897, e/c.
Contendre, s'efforcer , tendre à,
5934; I, 232 § 10, e/c.
Contenement, con</ui7e, manière
d'être, 19356.
Contenir (subst.), contenance,
maintien, 22671.
Contenir (se), avoir une conte¬
nance, 5o5, 544.
Content, désaccord , lutte, 20704;
I, 268 § 97, e/c.
Contenu, se comportant, 2602.
Contenue, conduite, 29199.
Conticrrcs (nom.), conteur, I,
299 a.
Continuement, persévérance,
14652.
Continuer, (subst.), continua
tion, 623o.
Contraire, adversaire , 13907,
22537, c/c.; c/iose ou action
dirigé contre quelqu'un,
1 1696, 1 2432, c/c.
Contrairier, agir contre, 13799,
I, 263 §85.
Contrait, estropié , I, 271 §
100.
Contralier, s'opposer, résister ,
28718.
Contramont, voy. Contremonlt.
Contraulx, contrats, 32439.
Contrcdaigner, témoigner de la
considération, 17289; 1, 35o.
etc.
Contredire, défendre, interdire,
66o5, 8917, e/c.
261
Contredisant, opposant, qui fait
de la résistance, io5i6.
Contredit, fait de nier, 154;
re/us, opposition, 18169.
Contrefaire, représenter, 21514,
23983, e/c.
Contremant, excuse dilatoire,
1 1 858.
Contremoié, contremoyé, ^ui-
/161V, 30441, 3 1 632.
Contremonlt, contramont, en
Aan/, 4085, I, 358 a, e/c.
Contrepenser, pensée opposée ,
2176.
Contrester, constreter, /u//er
contre, résister , 6963, 11919,
etc.
Contrctenir, repousser, arrêter,
3863, 38604, e/c.
Contreval, en Z>as, 4066.
Contrceuve (la), invention, fable,
conte, 34789, 40552.
Controuver, découvrir , inven¬
ter, 61, 28202, 31029.
Controuvcur, menteur, by.
Controversie, controverse, I,
272 § io3.
Convenance, traité, accord ,
17633.
[Convenancier] Couvenancier,
celui qui a conclu un accord,
1, 366a.
Convcnencheur, celui qui fait
un accord, 27228.
Convenant, convenant, couve-
nent, promesse, accord, 12604,
i265i, 15329, etc.
Convent, couvent, engagement,
promesse, b6y, 1674, etc. ;
promis, 14925, 27288, etc. ;
ce qui doit arriver , 3oo5o.
Conventer, promettre , I, 322 a.
Converser, Conversser, /r^-
quenter, vivre avec, 10690; I,
255 § 58.
Convine, manière d'être, con¬
duite, 368o, 2 1 244, e/c.
Convoiteux, cupide , 14504; I,
236 § 17.
Convoyer, accompagner, 338i.
Cop, caup, col, coup, 4432,
3o866 ; II, 238 a ; — (a un),
ensemble, 1424.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
2Ô2
RENART LE CONTREFAIT
Copcr, copper, couper , tran¬
cher, 1294, 1 53 1 .
Coppie, abondance , I, 233 §
10.
Coraige, Corraige, esprit , pen¬
sée , coeur , 281 3, 5435, etc .
Corbel, corbeau , 7955, 79^9»
etc.
Corbcliot, petit corbeau , 27194.
Cordiaulx, lacets, 33463.
Cordonnereul, chardonneret ,
41091.
Cordouannier, cordonnier , I,
365 J.
Corgie, courgic, cowrro/c, la¬
nière, 13087; II, 209 a.
Corigicr, corriger , I, 229 § 6.
Corner, sonner du cor, 63o6;
annoncer à son de trompe ,
1 1416.
Cornet, cornard , cocu, 1691.
Coroumpu, corrompu , 1, 286 §
1 36.
Coroye, corroyé, ceinture , fonde
de ci/«r, 4391, 6234, e/c.
Corrctier, courtier , I, 3oo.
Corrigion (?) I, 3oo.
Corsage, taille du corps humain ,
i595o.
Corsu, robuste , II, 233.
Cossette, pe/ife cosse, 9436.
Costc (le), co/é, 19067, 2585g,
36583, e/c.; — (de) à cd/é de,
1875.
Costier, longer , 17126.
Costil, co/e, II, 233.
Costoyer (se), longer , II, 200 fl.
Couardic, couardise , 3 1371,
31449, e/c
Couati, caché (c/. catir), 6709.
Couler, passer , s’en fl//er, 1 6972.
Coulles , testicules , 19880 ,
19894.
Coullour, couleur , 21464,
34958.
Coulombe,Coulonbe, Colonne,
voy. Coulonne.
Coulombiere. pigeonnier ,
35983, 35987, e/c.
Cou Ion, pigeon , 7966, 41090.
Coulonne, Coulombe, Cou-
lonbe, colonne , I, 347 a;
14003, 14882, 15477,
Coulpe, couppc, faute, 1943,
18646, e/c.; peine, 11781.
Coultivement,flc/ion d' honorer,
culte , I, 2 3 1 § 10.
Coumander, commander, 12226,
13792, e/c.
Coup(a), promptement , 18845.
Coupe, voy. Coux.
Couppe, voy\ Coulpe.
Courchié, courcié, courecié,
voy. Courouchié.
Courgie, i»qy. Corgie.
Courinc, dépit, mauvaise hu¬
meur , colère, 4655.
Couronne, tonsure , 3 193. l'or.
Queronnc.
Courochic, voy. Courouchié.
Couroucheux, irritable , 3o54.
[Courouchié], courecié, 81 5;
courcié, 41124; courchié
2594; courochic, 21 385, ir-
rité.
Courouchicr (se), se fâcher ,
35o6.
Courre, queurre, poursuivre ,
8289; couler, 1, 2 3 1 § 10 c/
277 § n3.
Courretage, courtage, 3712b.
Courreter, /flire /e métier de
courretier, 39333.
Courrctier, commissionnaire,
courtier , 34603.
Courroi, voy. Conroi.
Cours (à grant) en courant, en
grande hâte, io858.
Cours (aler le), courir, 2io56,
33267.
Court, cour, 489.
Courtil, jardin, verger, 2193.
Courtillier, jardinier, 40464.
Coustcl, coutel, couteau, I,
227 § 4 et 2°4 § 88-
Coustement,coût,2i72 3,2 2 101,
etc.
Coustumance, habitude, 6219.
Coûte, coude, 32729.
Coûte, coudée , 14238-9.
Coûtée, coudée , I, 264 g 86.
Coutel, voy. Coustel.
Couvcclc, couvercle, I, 279,
§ 1 1 5.
Couvcnancier, vov. Convcnan-
cicr.
Couvenant, couvenent. Foy.
Convenent.
Couvenir, convenir, 5460, e/c.
Couvent, voy. Convcnt.
Couvert, sournois, 20983.
Couvertement, sournoisement ,
3o8o.
Couvertoir, couverture, i3ooo.
Couvertour, couverture, pièce
d'étoffe, 2883 1, 28848, etc.
Couverture, défense , flrgwwen/,
24077.
Couvrir, cacher, celer, 769,
4785, e/c. ; protéger , défendre ,
i5334.
Coux, coupe [fém.), cocu. 519,
3499,
Coy, quoy, tranquille , 401,
3384, e/c.
Crant, serment, promesse, I,
322fl.
Cras, gras, 841 .
Cravcnter, briser , renverser,
1 1 304, 1 1 379, etc.
Creance, croyance, 73o5, 17408,
etc.
Créant, créancier, 38412.
C rean ter, promettre, assurer ,
6929, 8559, e/c.
Cranpy, courbé, 31289.
Cremir, 9797, 986.S, etc. \
criembre, II, 220fl ; criendrc,
6252, craindre.
Cremu, craint, redouté , 5838,
io3o6, etc.
Crestc .fier, orgueilleux, 35937.
Crcsteau, cretiaulx, créneau,
meurtrière, 4428, 18403.
Crestîenncr, voy. Chrestian-
ner.
Crever, poindre , 9820.
Criembre, criendre, voy. Cre¬
mir.
Cristere, clistère, 26607.
CristFcnner, voy. Chrestian-
ner.
Crochon, courbé, tordu, 16742.
Crochu, armé de crocs , 3 28 10.
Croisme, crème de la confirma¬
tion, 1, 358.
Croissir, briser, rompre, 18770.
Crolemcnt, crollement, voy.
Croulement.
• * * «
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
GLOSSAIRE
Croquctcr, faire le bruit de
croquer avec , 28045.
Acropir (s*), s’accroupir , I,
3 1 1 a.
Croule, ébranlement , secousse,
9987.
[Croulement], crolement,crol-
lement, tremblement , ébranle¬
ment , I, 258 § 72 e/ 275 § 107,
etc .
Crouler, crouller, trembler ,
bouger, 9976, 172 19.
Croupir, je tenir accroupi, 946,
952.
Crouscr, creuser, 10297, 14261.
Croye, craie, 26867, 26896,
etc.
Cruccfier, crucifier, I, 34D.
Crucefix (douaire du), domaine
de l'Église, 253.
Crucifiement, crucifixion, 1,244
i 36.
Crueulx, crueus, cruel, 5412,
21372, etc.
Crueussemant, cruellement, II,
229.
Crutture, crue, 7949.
Cryer, appeler , convoquer,
12708.
Çucre, chucre, sucre, 26629,
26832, etc.
Cuidance , pensée, opinion ,
3i375.
Cuiderie, présomption, igo3i.
Cuidier, penser, 1014, 2162,
etc. ; (subst.) pensée, 137,
2965, e/c.
Cuignier, cogner, 40399.
Cuillierée, cuillerée , 26605,
26612, etc.
Cuisanchon, cuisenchon, cusan-
çon, souci, tourment, 991,
27053, I, 2o3<x, etc.
Culiere, selle, I, 367.
Cuqu, coucou, oiseau, 1246.
Cure, soin, 59, 6108, etc.; goût,
6908; souci , 4988; — (avoir)
avoir souci de, 52, 6907, etc.
Curatier, curratier, curateur,
procureur , 24954, 37771,
etc.
Curieux, rempli desoins, 21664.
Curratier, vojr. Curatier.
Cuvregon, couverture, prétexte,
II, 234. !
Cÿens, céans, 3i 1 16.
Cymentiere, cimetière , i3o5i.
Dahaz, malédiction , II, 200.
Daintié ( fém .), bon morceau,
friandise, 13498.
Damaticque, dalmatiquc, vête¬
ment, I, 270 § 98.
Damedieu, le Seigneur Dieu,
1, 329, etc.
Damoysel, dansiel, jeune //omme,
4247,4120..
Dampnation,desfrwc/ion,i5433.
Dampnement, damnation, 1933,
2806, etc.; destruction, 8709,
! 3202, etc.
Dampncr, damner, 6871 ; dé¬
truire, 13574, 13576, etc.
Dampt, seigneur , 2206, 3493,
etc .
Dangier (faire), refuser, faire
difficulté, 27163.
Danrée, voy. Denrée.
Dansiel, voy. Damoysel.
Darricn, voy. Derrain.
Darricr (en), en dernier lieu,
enfin, I, 307a.
Dé, dieu , 1 1096; I, 3b3a, etc.
Deablie, Dyablie, diablerie,
sortilège, 931, 2980.
Dean, divine de degrés , I, 23i
l 8.
Debatre, battre (en parlant des
flots), 8456; — (se), se battre,
3041 1.
Debatu, battu, accablé , II,
199.
Débité, voy. Debte.
Débonnairement, en homme de
bien, 24583.
Débonnaireté, bonté, 7367.
Débouter, repousser , renvoyer,
io53i, 17435, etc.
Debte, débité, dette, 20874,
11 583.
Debteur, débiteur, 20875.
Decachier, voy. Dechacier.
Decevir, tromper, II, 197.
Dechacier, I, 367 a; dechasser,
23843 ; decachier, 16989,
chasser, bannir.
263
Dechasseller, chasser, bannir,
27738.
Decheû, trompé, 223, 451, 464,
etc.
Dechevable, décevant, 27847.
Dechevance, tromperie, 5304,
5828, etc.
Dechevrer (se), voy. Dessevrer.
Dechez, décès, I, 273 § 104.
Dcchiet, déchet, 26483, 26493,
etc.
Deciple, disciple, I, 345.
Déclin, ruine, désastre, dé¬
route, 14224.
Décliné, ruine, désastre, 6194.
Décliner, 29142.
Décliner, écarter, 29142; par¬
tir, I, 275, § 109.
Decoler, Décoller, décapiter,
5706, 8422, etc.
Dccours, déclin, 35092, 35096,
etc.
Decret, avis, 3045.
Dedcns, dans, 186, etc.
Dedicacion, dedicasion, dédi¬
cace, I, 259 S 73, etc.
Dédier, vouer, II, 226.
Déduire, amuser, 2270, 5o6i,
etc.; se réjouir, 1 5358.
Déduit, plaisir , 945.
Defaillant, qui manque, 15916,
20947, etc.
Défaillir, cesser, 19250.
Défaire, détruire, S3q.
Défait, réduit à un état misé¬
rable, 837.
Default, manque, 44, 62, etc. ;
. — faute, tort, 4363, 6798,
etc.
Default e, faute, 3443.
Defens, défense, résistance
1 3665 .
Deferer, déchaîner, délivrer, I,
262 § 79.
Defenir, finir, mourir, 2249.
Defermer, ouvrir, 15282, II,
1 97 a-
Defeüs, défunt, II, 222.
Deff- voy. Def-.
Definer, mourir, 2782, 7688,
etc.
Definement, fin, mort, 2, 1934,
etc.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
264
Defoeur, dehors , 26426.
Deforgier, s'emparer de, i35gi.
Defouler, écraser , 39296.
Defraudé, trompé , I, 290$ 148.
Dcfroissir, meurtrir , écraser ,
I, 273 § io3 .
De fuir, /m'r, éviter , 10998,
3192 1 .
Degancr, tromper , 28005.
Dcgaster, dévaster , I, 268 $ 96.
Degigncr, tromper, 27962.
Dcglavic, tué, 40891 .
Degois, joie , plaisir , I, 3 16,
263oo, C/C.
D ego i sa nt, se réjouissant, 27429.
Degré, escalier , 1 2841 ; marche ,
12844.
Degré (haut), haut rang , di-
gnitc, i3o8o.
Dcgrouchicr, se plaindre, mur¬
murer, 30870 ; — (se), même
sens, 383 14.
Déguerpir, délaisser , abandon¬
ner, i634, 1992, e/c.
Dchaler, deshaler, exténuer,
harasser de coups, 4377,
17664, e/c.
Dcjcter, expulser, 7.248.
Delaiemcnt, retard , délai,
1 2 3o2 .
Delaissicr, abandonner, renon¬
cer, 3442.
Délayer, tarder, 6338, 7208,
etc.
Dclez, auprès, 1 266, 2289, e/c.
Delictablc, rq>'. dclitablc.
Délié, léger, moelleux, 13914.
Délit, delyt, plaisir, joie, 1413,
5962, e/c.
Delitablc, dclictab le, dê/ec/a5/e,
88, 3994, e/c.
Dclitablemcnt, agi éablcment,
2082.
Délite, plaisir, joie, 14479.
Dclitcux, délicieux, agréable,
36768.
Deliticr (sc), p ' endre d// plaisir,
86.
Delivre, //5/e, exempt, 2120,
1874.2, e/c. ; — (a à /.i d/s-
positiun, 24612, 24927, e/c.
Délivrer, achever, 1966.
Deloy, dé/j#, 11, 2 23 a.
RENART LE CONTREFAIT
Dcluge, malheur , calamité,
447°-
Demaine, domaine, 2.269, 3379,
etc.
Demaler, se lamenter , 29194;
— (se), même sens, 33878.
Demander, imputer , rendre
responsable, 3 3 28.
Demené, conduit, 1947.
Demcncmcnt, conduite, niantere
d’agir, 22446.
Dcmcner (sc}, se conduire, 916,
2148, etc.
Dcmcner ( subst .), allure , con¬
tenance, II, 199 a.
Dementer (sc), se lamenter,
9940, 12706, etc.
Démentir, manquer, défaillir ,
ibiG.
Dcmettre, déposer , I, 280 § 1 19.
Demeure, voy. Demour.
Demoniacle, possédé, démo¬
niaque, I, 280 § 1 19, etc.
Dcmonstrancc, dcmonstrance,
dcsmonstrancc, action de
montrer , 17219, 18214,21864,
etc.
Demonslroison, démonstration,
3362 3, 3633o, etc.
Demour, 1896S, 39210; de¬
meure, 1999, 7217, retard.
Detnourance, ce qui reste ,
3848; séjour, 6428, 6722, etc.
Dcmouree, retard, 2378, 2606,
e/c. ; séjour, 6727.
Demourcmcnt, demeure, habi¬
tation, 20029.
Demourer, tarder, 7802.
Dcnicre, 24729.
Dcnonchicr, dénoncer, 28723.
Deamcc, danréc, valeur d'un
denier, 22423, il, 208 a, II,
209.
Departeur, celui qui fait les
parts, 20920.
Départie, séparée, bbj.
Départir, partager, distribuer ,
144, 169, e/c.; donner les
parts, K976; partir, s'en aller,
17428; — (subst.) départ,
14163, 17939, etc.
Dcpcrt, perte, dommage, 2204.
Déport, joie, 1091 1, 22736, etc.
Déporter, amuser , réjouir, 672,
836, etc. ; renoncer, s'abste¬
nir, 14264 ; — (sc), se dis¬
penser, renoncer à, 22199.
Deprîer, prier, 91 27, 14226, etc.
Depüer, 40329.
Deputaire, mauvais, pervers ,
27579.
Députer, disputer, discuter, I,
283 § 126.
Dcrrain, 635, 14384, etc. ; des-
rain, 22i83 ; darrien, I, 3oo,
dernier ; (subst.) fin, extré¬
mité, Ô793 ; — (au), enfin,
23246.
Dcrricr, derrière, 3934.
Dcrrcnier, dernier, 18392 ; I,
241 § 27.
De rompre, De r rompre, déchi¬
rer, briser, 3 121, 12141, e/c.
Derouz, desroupt biisé, rompu,
30141, 40324.
Desaccorder, rester en désac¬
cord, 616.
Dcsanjcr, détruire, anéantir, I,
3o8 et 3o8 a, etc.
Dcsaparoir (sc), disparaître , I,
274 § 106; I, 278 § n 3,
etc.
Dcsasscurc, inquiet, troublé,
17268.
Desaûné, sépare, 20194, 20199,
etc.
Dcsavancier, causer du dom¬
mage à, perdre, 31412.
Dcsavisic, imprudent, ignorant,
II, 226.
Dcsbarctcr, mettre en fuite,
vaincre, 12441, 12447, etc.
Descendue, descendance, 14122.
Descergier (se), se décharger,
35996.
Dcschaulx, sans chaussures,
7164, 7177, etc.
Desclairchir, expliquer, 28309.
Descl ai rement, déclaration,
avertissement, 9860.
Desclairiement, clairement,
8536.
Dcsclairicr, déclarer, 834,
34139.
Dcsclorc , exposer , 3 38 1 1 ,
333 1 1.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
GLOSSAIRE
Descoeuvrir (se), se charger
d'hypothèques, 30979.
Descombrer, déboucher, 26563,
26567, etc.
Desconfort, découragement,
1271, 1274, etc.
Desconforté, découragé, 1821,
1 835, etc.
Descon fortcr, décourager, 1871,
1 2 3 1 5, etc.
Desconvenable, qui ne convient
pas, 61 55.
Descordance, dispute, querelle,
20398.
Descordant, en désaccord,
t743o.
Descordé, en désaccord, 19144.
Descorder, faire une fausse
note, J, 275 § 109; — (se),
entrer en désaccord, 58o3.
Desdire, renier, s'opposer à,
1 « 65, 27841. etc.
Dcsdonc, dès lors, depuis lors,
5707, 28353, etc.
Deseriiance, voy. Dcsheritance.
Deserte, voy. Desserte.
Deserté, abandonné, 27872.
Dcserter, desserter, dépeupler,
14673, 36988.
Desespcrance, désespoir, I, 3 38
§ 19.
Dcsgiel, dégel, I, 296 § 162.
Dcsgoiser (sc), se réjouir, 3o 1 2 1 .
Voy. Degoie.
Dcsgourdiilier, agiter, 40607.
Detgmsé, extraordinaire, 1 6o58.
Deshaler, voy. Dchaler.
Desheritance, exhérédation,
désliéritement, 11619; II, 227.
Deshireter, ruiner, 1 1923.
Désirant, désireux, qui désire,
9966.
Desircmcnt, désir, 36522.
Desiricr, désir, souhait , 9290,
21733, etc.
Desirrcr, déchirer , I, 3 16.
Dcsja, déjà, 19030.
Desjointié, disjoint, {, 3u a.
Desjuncr, déjeuner , 40597; —
(se), meme sens , I, 2 38 §
19.
Dcsîealment, mal, déloyale¬
ment, 35375.
Deslier, découvrir , dévoiler,
28461 ; se délier , 3711.
Desmenbrer, arracher les
membres, 4160.
Desmesurance (a), avec excès,
15423.
Desmesuré, orgueilleux à l'ex¬
cès, arrogant, 6562 ; sorti de
la mesure , troublé, 36609 >
fou, 17410; II, 229 a, etc.
Desor, dessus, 620b ; là-dessus,
6643.
Desordonnance, vie désor¬
donnée, 39201.
Desordonné, qui agit mal, cou¬
pable, 6747.
Desordonnéement, d'une ma¬
nière désordonnée, 35885.
DesorJonner (se), mal agir,
6280.
Desore, à présent, 31164.
Desoremais,7<zmdf$ plus, 893 1 .
Desorendroit, désormais, 12777.
Despareil, différent, 16274,
32433, etc.
Despechier, despecier, mettre
en pièces, 11886, 39512, etc.
Despendre, dépenser, 3297,
5517, etc.
Despens, dépense, 3o6oi.
Despenseur, qui dépense, 167.
Despers, effrayant , terrible ,
37437.
Despicher, débarrasser, déli¬
vrer. 968.
Despire, mépriser, rabaisser,
82, 3570, etc.
Despisance, mépris, 26924.
Dcspisanr, méprisant, hautain,
6782.
Despise, injure, II, 234 a.
Despisier, mépriser , 29127.
Despit, injure, I, 264 § 88.
Despitance, mépris, 63 16.
Despit, (adj.) méprisant, io5j,
8356, etc. ; (subst.) mépris,
injure, 2880, 3449, etc.
Despitcr, mépriser, faire peu
de cas de, 4534. 24291, etc.
Despiteux, méprisant, insolent ,
344, 31887, ; irritable,
10459.
| Desplaindre, plaindre, 3459.
265
Desplaisir, parole déplaisante,
30259.
Desploier, déplier , 18070.
Desposser, déposer , I, 362 a.
Despouillier, dévêtir, 16070,
19160, etc. ; priver , 19880.
Despoulle, dépouille, 37282.
Dcspourveù, dépourvu de raison,
stupide, 2426.
Dcspourveuement, au dépour¬
vu, à V improviste, 20908,
3o8i5.
Despreschier, prêcher contre,
I. 259 § 74.
Despriser, déprécier, 646.
Desprisonner, délivrer, mettre
hors de prison, 17441, 17443,
etc.
Despuceller, faire femme,
21007, 21009, etc.
Desraez, emporté, I, 327.
Desraier, mettre en mauvais
état, 18770.
Desrain, voy. Derrain.
Desrainier, défendre soutenir,
1481 1.
Desraison, attentat au droit,
injustice, 15096.
Desrfié, emporté, désordonné,
8206.
Desrenierement, finalement, I,
264 § 88.
Desrivé, emporté, déchaîné, I,
240 § 25.
Desrobcr, dépouiller, voler qqn,
3418, 4942, etc.
Desrochier, renverser, démolir ,
39868.
Dcsroupt, voy. Derouz.
Desroy, désordre, trouble, 4163.
8744, etc. ; dommage, 4202,
6792, etc.
Dessambier, séparer, 6134,
38521.
Desseparer, disjoindre, 22544.
Desserrer, ouvrir, 38209.
Desserte, deserte, ce qu'on a
mérité, 5444, 13093, 19157,
etc.
Desservir, mériter, 7214, 10284,
etc.
Desserter, voy. Deserter.
Desscsir, dessaisir, 2 56o5.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
266
Desseure (au), par dessus ,
23997, 24184, etc.
Dessevrer, 1610, 9076, etc. ;
dessoeuvrer, 2603 1 ; deche-
vrer, 27301, 332 38, séparer.
Dessus, sur, 437.
Destalcnter, décourager , dé-
goùter , 5363.
Destendre (se), se séparer , se
dispenser , 29318.
Destortillier, délivrer, 4639.
Destoubier, vok. Destourbicr.
Destour, situation pénible , en¬
nui, 383 14.
Destourbe, discorde , tuf te,
18086, 20716; trouble , II,
23o a.
Destourber, troubler , 37256.
Destourbier, destoubier, trou-
Mc, vexation , 13712, 27666.
Destraindre, tourmenter , 9944,
27889, efc.
Dest râper, débarrasser , dd/i-
vrer, 385o, 19701.
Destre, dextre, droit, 3878,
4159, etc.
Destroit, tourmenté, angoissé ,
2638, II, 197 a.
Destroit, passage , I, 292 § 1 5 « .
Destrier, cheval de bataille ,
2475, I4i53, etc.
Destruiscment , destruction ,
2654.
Desuner, séparer, 15599,26863.
Desvaler (se), descendre , i6525,
33877.
Desvé, /ou, insensé , 39435.
Desveillier, réveiller , II, 2 3 1.
Desveroullier, ouvrir le verrou ,
28780.
Desvetir (se), se dépouiller, 428 1 .
Desveric, /0/1'e, 25334.
Desvois, égarement ?, 30092.
Desvolcper, dévêtir de langes ,
9027.
Desvoyé, égaré , /ou, 8266,
13044, etc.
Desvoyer (se), s'écarter , 9843,
10S90, etc.
Desvoyer (sans), sans détour,
1 3435.
Determinoison, décision , o/?i-
MKW, I, 294 § I 57.
RENART LE CONTREFAIT
Detirer, tirer, arracher, 3 1 5 1,
6767.
Détordre, tordre, i85o, 9939,
etc.
Dctraction, calomnie, 39103,
39410, etc.
Detrenchement, action de cou¬
der, 20489.
Detrenchie, décapité,], 242 §3o,
Detrenchier, tailler en pièces.
io85o, I, 240 | 25, efc.
Detrier, s'attarder, 6y33, 9072,
etc.
Deuement, comme il faut, 6544.
Devaler, abaisser, 748.
Devanchier, devancier, 10965.
Devant, devent, auparavant ,
6093, 14436.
Deveer, défendre, interdire,
140, 2202.
Devent, voy\ Devant.
Devïé, mort, i3i28; tué, I,
289 § 143.
Devier, mourir, 9022; {subst.)
la mort, 8924.
Devis, avis, 22114; ordre,
disposition, 15974. ; — (a), à
souhait, à plaisir ; 3343; —
(par), en 6e/ ordre, i633q.
Devise, volonté , désir, 55o3 ;
manière, sorte, 19310; — (a),
à gre, à souhait, 3824, 4437,
etc.
Deviser, diviser, partager, 3y6b,
1 , 261 § 77 î Parler, raconter,
5281 ; /aire un /?/an, 8077,
8081, etc.; — (bien), 6ien
lotir, donner une belle part,
9547-
Dévoilé, envolé, 32i5o.
Devorer, voy. Devourer.
Devourable, dévorant, 25711,
23733, efc.
Devourer, devorer, dévorer,
3956, 5276, etc.; tuer, 1870.
Dey té, divinité , F, 23 1 § 10.
Diacaparis, électuaire dont
l'écorce de câprier était la
base, 2656i.
Diacitonitem, cotignacfait avec
du miel, 26574.
Dialectique, dialectique , 34196.
Diamargariton, confection dont
les deux sortes de perles
étaient la base, 26352.
Diapré, drap de soie à fleurs ,
à ramages, 3771, 17863, efc.
Diau, diaux, diaulx, deuil ,
3o839, 1» 3°9 et 352.
Dicateur, dictateur, 20374.
20424, efc.
Dicencion, dissention, 8480.
Discipliner, châtier, battre,
1 1 885.
Dictié, dictier, voy. Dittié.
Difamc, honte , déshonneur,
934, 988, etc. ; {adj.) honteux,
6x58.
Diffamemant, déshonneur, I,
322.
Diffamer, injurier, 10469 ; —
(se), se frapper, 16976.
Different, différence, 14976.
Diffinir, finir, cesser , 6384.
Diffinicion, fin , 23907.
Dilacion, mesure dilatoire, I,
295 § 159; retard , 1179.
Dilater (se), s'étendre, gagner
du territoire, I, 2 52 § 54.
Diligamment, avec diligence, I
276 § 1 12.
Dimence, dymence, dimanche,
34485, 22077, etc.
Discipé, disjoint, séparé , I,
289 § 144.
Discipline (faire), faire justice ,
21403.
Discord, contestation , 629, 2067,
etc.
Discorder, empêcher, 628.
Discrection, discrétion , I, 293
§§ 1 54-1 53. etc.
Diserre, orateur, 1465.
Dislatcr, étendre, I, 267 §94-
Disme (le), la dixième partie ,
26841 .
Disponer, ordonner, I, 36 1.
Dissolucion, dérèglement de
mœurs, débauche, 61 52, 6199.
Dit, conte, 1 25, 413, etc.; ditz,
pièces de vers, yb.
Ditter, composer, 33.
Dittié, dictié, dictier, écrit,
œuvre littéraire, 85, 1 387,
5778, etc.
Dittier, enseigner, 20143.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
GLOSSAIRE
Divinité, théologie , 2 36o, 25197,
etc.
Dixisme , dixième , 1 52 5j ,
2 3839, etc .
Doct rind, instruit , 16291,2 3668.
etc.
Doeul, chagrin , 3252.
Dois, ffl6/e seigneuriale , 4329,
II, 238 a, e/c.
Dolent, dolanr, dollent, triste,
malheureux . 1604, 4182, e/c.
Dolleur, peine, 11070, 21137,
etc.
Doloir, souffrir ; i5, 960, e/c.;
se douloir, 746, 3g63, e/c. ;
(subst.) souffrance , 6730,
etc.
Douloureux, gui souffre , 23879.
Dolouser, doulouser, doulou-
zcr,se lamenter , 4833; — (se),
même sens, 1601, 23717, e/c.
Dommageux, qui cause des
dommages , I, 29D § 159.
Dommagier, porter dommage,
4844, 4843, e/c.
Don, donc, 4273.
Dongier, danger , II, 221 fl e/
233 fl.
Donné, gratifié d'un don , 6402 ;
adonné , 19404.
Donneeur, Donneur, ce/111 fui
donne, 28327, 28537, e/c.
ûonoier, p laisir, II, 241.
Dont, d'où, 1784, 21409, e/c.
Dopter, 28993.
Dopter (se), 11529.
Dorloter, enrubanner , 26872.
Dortouer, dortour, dortoir, I,
266 § 92 ; 27801.
Douaire, don, I, 233 § 11.
Double, p/ein dcduplicité , 2795,
2804, e/c.
Doubtance, crainte, 20675.
Doubtance , doute , 6207 ;
crainte, 14571.
Doubtcr, redouter, craindre,
742, 942, 1216, e/c.
Douchcreux, doucereux, doux ,
29147.
Douloir (se), vo^. Doloir.
Doulouser, doulouzer, vq>'.
Dolouser.
Dousor, douceur. I, 346 fl.
Douzime, douzième, 35623.
Doye, doy, doigt, 8989, i6o35,
etc.
Drapcaulx, langes , 7627, 8467,
etc.
Drechier, dreschier, dresser ,
276; se dresser , 5 2 3 1 ; mon¬
ter, apparaître, 1 58o3 ; — (se),
se /eycr, 5o54, t33o4, e/c .; —
a paie, satisfaire à un paie¬
ment, 20867.
Droict, droit, juste, équitable ,
1434 ; vrai , 36g, 1961 ; (fldv.)
exactement , 14944; 1 497 1 ,
e/c.
Droitement, droittement, fli»ec
adresse , 1 3 147* exactement ,
justement, 14311.
Droicture, droitture, droiture,
droit , 3o65, 4231, e/c.; — (a),
directement , 6919.
Droicturier, juste, équitable,
5i67.
Droituricremcnt, conformément
à la justice , 861 5.
Dromont, vaissseau rapide,
5374, 1 1 3 1 3, e/c.
Dru, solide, 3i23o; vaillant ,
I, 3i4.
Duire, convenir, 17836; con¬
duire, éduquer, 342, 4010,
etc .; — (se), se façonner, s'ac¬
coutumer, 61 63, 6180, e/c.
Duisant, convenable , 19054.
Duit, exercé , expérimenté ,98 1 8,
26564,
Duque, jusque, I, 314.
Durer, rester, résister, 721,
2280, etc. ; s'étendre, 1 8365 .
Durté, souffrance morale, doute,
2362, 6459, etc.
Dy. Koy-. Di.
Eage, Age, 81 55, 8177, e/c.
Eaue, eflu, 191, 5736, e/c.
Ebrieu , langue hébraïque ,
19861, I, 23 1 § 8.
Echôoite, succession , 27914.
Echignc , eschigne , échine
31641, 31671 , e/c.
Eddiffier, planter , 8161.
Effachier, effaicer, effaichicr,
effaser, /flire disparaître, II,
2 3o a, 36o34; effacer, 8797, I,
257 § 66; abroger, 8606.
Effaiccment, action d'effacer ,
8524.
Efficace, efficacité, S680.
Effondrer, aller au fond, 9451.
Efforchier, presser, animer ,
,9°79*
Effraer, effrayer, II, 217.
Effroyer (s*), s'effrayer, 9843.
Electuarium ducis, electuaire
contre l'indigestion , la ven¬
tosité et la pierre, lôbôo.
Electuarium reginc, electua¬
rium regium de Mé sué, 26592.
Ellement, élément, 343 12 ,
34615, e/c.
Embatre (s%), s’enbatre, se pré¬
cipiter, fondre, 7996; I, 256,
8 59.
Emblcr, vo/cr, 2Ôo3, 2694, e/c.;
— (scn), se dérober, s'esqui¬
ver, 10043.
Etnbourser, mettre dans sa
bourse, 37127.
Embrachier, embrasser, 3o38g.
Emmuselé, muselé, 10272.
Emmerele, plante, 26773.
Empalé, $ui fl la langue dé¬
liée, bavard, 529.
Empaleté, rapiécé, 26864.
Empali, pâle, 27039.
Emparler, adresser la parole,
interpeller, 23959.
Emparlier, éloquent, 8348.
Empereïs, empereriz , cm-
preïs, impératrice , I, 295
§ i58, 346 e/ 266 § 93.
Empereres (nom.), enpcrcour
(flcc.), empreur, empereur,
436, 11604, I, 241 § 29, e/c.
Empereriz, voy. Empereïs.
[Emperir] anperir, ordonner,
commander, II, 208.
Empescheur, celui qui empê¬
che, 23716.
Empeschier , Empeeschier ,
nuire à, 1940; entraver, 22477.
Empirié, en plus mauvais état,
1450, 3884, etc.
Empire (ciel), empyrèe, 36366.
Empirier, malmener , maltrai¬
ter, 1 1970.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
268
RENART LE CONTREFAIT
Employer, tenir un emploi ,
66 1.
Empoitrachié, 25293.
Empole, ampoule , I, 264 § 88.
[Empousonner], anpousonner,
enpousonner, empoisonner ,
II, 207 ; I, 309.
Empreïs, voy. Empcreïs.
Emprendrc, prendre , 14236,
25910, etc .; (intr.) entre -
prendre , commettre une ac¬
tion , 3oi, 2638o, e/c.
Empreur, voy. Emperercs.
Emprcz, <2 côté de, 8339, 10341,
e/c.; — (cT) même sewj, I, 248
§ 47-
Emprinse, emprise, action en¬
treprise , 4452, 30197.
Empugnaisi, empuanti , 36447.
Empunaisier (s’), prendre une
mauvaise odeur , 202.
En droit de moy, pour ce qui
me concerne , 299, 338, 352.
En (1*), /on, 4255, 7722, e/c.
Enaize, 24868.
Enamer, prendre en affection ,
concevoir de l'amour , 6656.
Enamourer, aimer, 17843.
Ença (en), en arrière , 22176.
Encacher, voy. Enchassier.
Encerchier, voy. Encherchier.
Enchaindre, entourer , I, 287
§ *40.
Enchaintc (*<(/.) , enceinte ,
grosse, 9789, 9803, e/c.;
(5m6j/.) 35697.
Enchantement, charme , 9322,
9323, e/c.
Enchanteur, euchantour, sor¬
cier, 2 1833, 1, 25) J 74.
Enchargier, encergier , prendre,
porter , 18014, IbiHj ; obli¬
ger à, 14967.
Encharné , incarné , 7341 ,
e/c. ; possédé , occupé (abstr.),
25297.
Enchartré, emprisonné , 8407.
Enchassier, 9186; enchausser,
II, 222; encacher, 13946,
poursuivre .
[Encheoir] anchcoir, tomber,
encourir, I, 320 et II, 234 a.
Encherchier, encerchier, re¬
chercher, 1839, I, 229 § 6,
etc.
Enclin , salut , inclination ,
io36i, 23i68, etc.
Enclin é, penché, 9681.
Enclinement, inclination , 9636,
9652, etc.
Ëncliiier, saluer, baisser la
tête, 11 249; ( verbe trans.),
saluer , honorer , 1 1 î>2 1 , 1 1 526,
etc. ; — ($’), se soumettre,
1 171 1 .
Encoir, encore, 390, 3g.|,
etc.
Encombrer, emplir , 27924.
Encombrier, embarras ,
culté , 2187, 8200, e/c.
Encommencement, commence¬
ment, 3683 i .
[Encommcncicr] anconmcn -
cier, commencer, I, 353.
Encontre, rencontre, 2200,
0406, etc.; (adv.) contre,
1 1699, 1 1700, etc.
encontrcr, rencontrer, 3267,
17498, e/c.
Encorder, /iei- de cordes, 2747.
Encoste (d*), à co/é de, 1896,
30287, etc.; — (par d*), sur le
coté, 14898.
[Encourpé] ancourpc, coupable,
fautif 1 Il, 209a.
Encourtiné, garni de tapisse¬
ries, de tentures, 2777.
Encouvencier, cncouvcnencicr,
faire une convention, pro¬
mettre, 12567, 17637.
Endcmain (l'J, le jour suivant ,
1686, etc.
Endementiers , pendant ce
temps, io323 ; — que, pen¬
dant que, 12123, 1 236 1 , etc.
Endoctriner, instruire , 9224.
Endroit (adv.), quant à, en ce
qui regarde, 11423, 35 2 14,
etc.
Endurer (s* ), s'endurcir, 24139.
Entfance, naïveté , parole d'en¬
fant, 1486s ; folie, 12107.
Enfanchon, enllanchon, petit
enfant, 347, 141 16, etc.
Enfermcté, 58 87, 6888, etc.;
anfermeté, 39266 ; ainfer-
meté, II, 2i 8, infirmité , ma¬
ladie.
Enffez, nom. de enflant, 23733.
Enfondrer, enffondrer, renver¬
ser, briser, 12933, 12942,
15448, etc.
Enforcier, fortifier, 26260.
En former, former, conformer,
1 1670.
Enfouir, enterrer , I, 272 § io3.
Enfouir (s1), s'enfuir, 14268.
Enfrumer, enfermer, 1 6853 .
Engellé, gelé, glacé, I, 264
§ 86.
Engellcr, geler, 30848.
Engenrcr, engerrer, engendrer,
22719. 24032, etc.
Engien, engin, esprit, 478, 7? i ,
etc.; instrument de chasse ou
de pêche, 14547, *4549» etc-
Engier, onchier, ongier, élever ,
exalter , 27164, 39990; fré¬
quenter, I, 307 et 3 10 a, etc.;
presser , II, 247.
Engignier, tromper, 26464,
29724, etc.
Englc corr. église, I, 249 § 49.
Engorger, avaler , 3291, 3392,
etc.
Engoullcr, avaler, engloutir,
23563, 39139, etc.
Engrant, désireux, 3144.
Engresser, graisser, 27084.
Engrcsser, presser, tourmen¬
ter, 34836; s'efforcer, 32707.
Engrez, ardent, emporte , de
mauvaise humeur , 9349 ,
9384, etc.; désireux uo3o.
Enhair , détester , 22820 ,
23337, etc.
Enhaster (s*), se hâter, 22812.
[Enhastic] anhastie, malheur,
accident, II, 226 a.
Enhorter, voy. Ennorter.
Enimitié , acte d'hostilité,
14875.
Enluminer, illuminer, éclairer ,
I, 233 § 1 1 ; illustrer, I, 232
§34; rendre la vue, 1,237
S 18.
F.nmalcr, mettre dans une
malle, 26270.
Ennaturé, inné, 39200.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
GLOSSAIRE
Ennaturer (s'), s'incorporer ,
5i.
Ennoir, ig66 ; anuir, 1973;
ennoicr, 27669, ennuyer.
Ennortement, conseil , 2808,
3947» «te.
[Ennorter] anorter, I, 3 16 a;
enhorter, 2724; enorter ,
23930, conseiller , pousser à.
[Ennoy], anoy, 27114; anuy,
anuyt, 871, 2144, ennui .
[Ennuieux] annuieux, ennuyé ,
22424.
Enp-, voj'. Emp-.
Enquerquier, rechercher , pour¬
suivre, 6635.
Enqucrre, enquérir , recher¬
cher x , 3248, 5g65, e/c.
Enrachiné, muni de racines ,
23oi5.
Enrachiner, prendre racine ,
58ig; — (s’), même sens, 6ig3.
Ens, ans, dedans , 2193, 3634,
etc.
Ensay, 2488, 2496, c/c.
Ensaycr, ensaier, essayer ,
23269, 25i65, c/c.
Enscianmcnt , sciemment ,
26372, 26375, c/c.
Enscicnt (a), ensient, sciem¬
ment, 25707, 25724, c/c. ; —
(en), 3839 ;— (par) 22?o8,
même sens.
Enseignié, instruit , po/i, 18149.
Enscller, seller, 18570.
Ensement, de même, égale¬
ment, 1 1 387, i3o3i, c/c.
Ensengne, enseigne, marque ,
4071, 27224, c/c.; signal,
24633.
Ensengnement, enseignement ,
3583.
Enserré, ansarré, enferme,
1 2976, II, 226 J, c/c.
Enserrer, ensserrer, enfer¬
mer, 12 368, 1356g, e*c-
Ensi, ainsi, I, 263 § 90.
Ensîent, vo>\ Enscicnt.
Ensicuir , 40861; ensivre ,
10186, suivre.
Eusoigne, ensongne, ensonne,
excuse, empêchement , 4 3g,
3749.
Ensongner (s'), s'occuper , s’in-
quièter , 29002.
Enss- voj'. Ens-.
Ensuiant, ansugant, ensuivant,
I, 244 § 35 ; I, 353.
Ent, en, de ce/a, 5484, 6430,
etc.
Entachier, couvrir de tâches,
34963.
Entaillié, gravée, 14884; taillé ,
sculpté , 15227.
Entamir, entamer, 48.
Enté, greffé, 16014.
Entcchier, entacher, 5817, 6980,
etc.
Entenclon, avis, pensée, 16781 ;
intention , 30447.
Entendre à, s'occuper de,
101 1.
Entendu t, habileté, 1 32 56 .
Entente, pensée , désir, 14033.
Ententifment, attentivement,
9398.
Ententis, attentif , appliqué ,
i5oo, 1748, c/c.
Enter, inventer , 19780.
[Enterer (s*)] s anterrer, entrer,
245 ; vok. Entrer.
Enterin, loyal, de coeur pur,
i5oio, 32771, c/c.
Entériner, contracter, I, 263
§86.
Entier, sincère, loyal , pur,
4283, 8800, etc.
Entonner, avaler, engloutir,
3663 1 .
Entoumi, engourdi , 40508,
406 1 9 .
Entour, autour de, 889, 1864,
c/c.; Entours (su6s/.), envi-
roiis, 3794.
Entourser, mettre en paquet,
37128.
Entracordcr (s‘), sc mettre d’ac¬
cord, 8142.
Entraller (s ), a//cr /'un contre
Vautre, II, 201.
Entramer (s1), s'aimer , 8141,
14494, etc.
Entra ppc, tombe dans un piège,
36379-
[Entravcillié], antravcillié, en¬
travé, II, 232 a.
269
Entrebatre, combattre l'un
Vautre, 25179.
Entreconbatrc (s*), se battre
entre eux, 36o3.
Entrecontrer (s’j, se rencontrer ,
ioo5o-i, 10874, etc.
Entredire (s*), se dire l'un à
Vautre, II, 219.
Entredonner (s*), se donner mu¬
tuellement, 17591, 18423, etc.
Entrefaire (s’), se faire Vun à
Vautre, 18427.
Entrefaire (s'), se faire Vm
l'autre , 13224.
Entreferir (s'), se frapper mu¬
tuellement, 14238, 18425, etc.
Entrefiancer (s*), se promettre
mutuellement , I, 282 § 1 2 5.
Entregroigner (s '), grogner Vun
contre l'autre, II, 219.
Entrehurter, se heurter Vun
contre Vautre, 10049, «2322.
Entrelaissier, laisser , omettre,
35858.
Entrcmcffaire (s’), se faire du
tort réciproquement , 38279.
Entremez, démêlés, 2129.
Entrcmonstrer (s’), se montrer
mutuellement, 30271.
Entrepoindrc (s*), se frapper
mutuellement, II, 219.
Entreprendre, saisir, attaquer,
5463, 17584, etc.; {subst.),
entreprise , ii6o3.
Entrer (s*), s'introduire , 18901.
Entrcscripre (s'), se mander
des lettres, 13797.
Entresol acier (s’), sc réjouir
ensemble, 2 1 536.
Entressanbler (s’), se ressem¬
bler, 10025.
Entretenant, tenant ensemble,
ne faisant qu'un, 18688.
Entretenir (s’), se tenir mutuel¬
lement, 15217.
Entretrouver, se rencontrer,
3633, 38407, etc.
Entrevale, interruption, inter¬
valle, 35841.
Entrevoir (s*), sc rencontrer,
30268.
Entroduire, antroduire, ins¬
truit-, J, 289 § 145 ; II, 223 a.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
270
[Entroduiseur] antroduisicrrcs
(ttom.), maître , professeur ,
II, a3o.
Entroir, entrer , I, 353
Entule, eniullc, /ou, insensé ,
35414, 25967, e/c.
Envahie, envaÿe,<i//<i£Me, 1 1 83.
17646, e/c.
Envahir, attaquer , 766, 790,
e/c.; — (s’), attaquer , ii5o.
Enveillir, envyellir, devenir
vieux , 22940, 23419.
Envenimeux, venimeux , 37461.
Envers, renversé , 7839, 30770,
etc.
Enversser, renverser, 3936.
Enviault , rfç/f , provocation ,
5190; — plaisir , joie , 72.
Envioux, envieux , 5532.
Environner, avironner, entou¬
rer , 8245, 8288, e/c.
Envis, malgré lui , 46, 426,
etc.
Envoiseüre, gaîté, joie, 23987.
Epillcnce, épilepsie , 1,239 § 74-
Epitle (masc.) lettre, 11677;
(/em.) 1 1753, e/c.
Erbuc, herbage, ioio.
Erdre, s'attacher, I, 3 1 1 .
Eregc, hérétique , I, 366 a.
Ente, hérétique, I, 33o a.
Ermine, hermine, 17861.
Errammcnt, prom/j tement, 242 1 ,
3 162, e/c.
Errant, esrant, promptement ,
1 533. 4301.
Erre, oirre, bagage, 1781,
12293, e/c. ; — (a grant), en
grande hâte, 5966, 31990.
Erre, arrhe, 38828.
Erremant, conduite, manière,
I, 32t.
[Erremcnt] arricmcnt, action
d'errer, 36347.
Errer, csrer, vqj'j^cr, 11738,
18054.
Errier, voyageur, 1 363 1 .
Ersoir, /lier soir, 1963.
Esbahy, étonné, effrayé , 636,
1 143, e/c.
Esbanycr, se réjouir, se diver¬
tir, 21 335 ; — (s*), même sens,
7986.
RENART LE CONTREFAIT
Esbatement , divertissement ,
1 o3 2 2, 17851, etc.
Esbatre, se divertir, io333,
3o373 ; — (s’), m^me sens,
2582.
Esbaudir, briller, 10182.
Esbleuy, ébloui, émerveillé ,
13271.
Escarbotie, escarbot, scarabée,
35233.
Escarlatc, </rap /on Jn ras, 24403.
Escarnir, escharnir, railler, se
moquer de, 8014, 2632 1, e/c.
Escars, eschars, étroit, res¬
serré, 538 1 ; jvjre, 15916.
Escarssement , étroitement ,
35888.
Eschangier, changer, 81 1 3.
Eschaquier, échiquier, 1 1, 2 1 2 a.
Eschar, moquerie , raillerie,
14569.
Escharnic, voy. Escarnir.
Escharpe, escherpe, sacoche,
bourse, 26772, 25791, etc.
Eschars, voy. Escars.
Eschaulder, échauder, 19574.
EschaufTeture , irritation, I,
266 § 93.
Esches, jeu d échecs, I, 265,
l 9°*
Eschevcr, 6480 ; eschieuver,
977 ; cschivcr, II, 2 16 a ; es-
chicier, 38406, esquiver, évi¬
ter.
Eschiclle, échelle, 19080 ; corps
de bataille, 18589.
Eschiet, butin, 12467.
Eschieuver, voy. Eschcvcr.
Eschillier, voy. Essilicr.
Eschiné, efflanqué, 40016.
Eschinée, eschine, 658.
Eschiver, cschuier, voy. Esche¬
vcr.
Escïammcnt, cscïanmcnt, sans
le savoir, à son insu, 7471,
8783, etc. — Est opposé d
sciemment.
Esclarchir, csclarcir, esclcrcir,
éclaircir, 2 36o ; — (s), s'é¬
claircir, 33971; se réjouir, \,
333.
Esclarir, éclairer , 32232.
Esclipscr, éclipser, cacher,
1 58 1 1 ; subir une éclipse ,
disparaître, I, 262 § 79 et
276 § 112.
Esclistre, éclair, yoib.
Escochois, écossais , I, 266 § 92.
Escondire, repousser , écon-
duire , refuser, 128, 376.
Escondit, refus, excuse , 4460,
23402, etc.
Escommcnier, excommunier, I.
263 § 90 et 287 § 1 39.
Esconser, cacher, j3 5o.
Escorcier, Escorchier, écorcher,
3872,9670.
Escorgie, étrivières, fouet,
1 1727, 1 1 88 1 , etc.
Escorpion , scorpion, 6958,
33368, etc.
Escoufle, milan, oiseau de
proie , 33883.
Escouller, priver des testicules,
19879.
Escourchier, Escoursser, re¬
trousser, 24963, 29614; —
(s*), accourir , 7742 .
Escourre , secouer , agiter,
3o379.
Escoursser, voy. Escourchier.
Escoussure, criblure , poussière ,
2 532 t.
Escremir [subst.], fait de s'es¬
crimer, II, 219 a.
Escrignet, Escringnct, coffret ,
8438, 8455, e/c.
Escrin, coffre, 9119, 23444, e/c.
Escrycr, crier, appeler, 1 8539,
18627, etc.
Escroe, morceau de parchemin ,
cédule, I, 2 35 § 1 5.
Escrois, coup de tonnerre, I,
329.
Esgaré, attristé, misérable,
23a83.
Escu, bouclier. 1 38 1 2, 141 14, e/c.
Escurcur, escuriaulx, écureuil,
30439, 30748.
Esgard, Esgart, jugement, ar¬
rêt , 2798, 23840, etc.; atten¬
tion, 382 2-3, etc.; précaution,
13826; regard , II, 197.
Esgardcr , regarder , 200 1 ,
7206, etc. ; — veiller à, faire
attention à, 4765.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
GLOSSAIRE
27I
Esgart, voy. Esgard.
Egratiner, égratigner , 40193.
Esjoïr (s’), se réjouir , 1000»
1218, etc .
Esjoïr (su6s/.), plaisir , 31875.
Eslais (a), rapidement , 8449,
io858, e/c.
Esle, aile , 29244, 29257, e/c.
Esleeschier, eslechier, réjouir ,
mettre en liesse , 1016, 1 1943.
Eslevé, peint , relevé de , 13274,
1 3981.
Eslcver, nommer , 2o366.
Eslochier, disloquer , ébranler ,
23oi5, 23i37, etc-
Eslongier, éloigner, 1642,3109,
e/c.; — s'éloigner , 3522 1.
Eslut, choix y élection , 22182, 1,
237 § 17, e/c.
Esmaurcr, éguiser , affiler y
40768.
Esmayer, effrayer , troubler ,
800, io85, e/c.
Es:ner, apprécier y estimer y 1991
3855, etc. ; — (su6s/.), appré-
ciationy 29573.
Esmocusin, fouety 3o638.
Esmolu, e/î/é, 221 5.
Esmouvemcnt, instigation, im¬
pulsion, 38898 ; soulèvementy
émeute , 9995, 17474.
Esmovoir, se mettre en mouve -
men/, 23 19, 8470, e/c.; — (s'),
même sens, 3266, 3621,
etc.
Espan, empan , mesure de lon¬
gueur, I, 267 § 94, e/c.
Espandre, verser, répandret
4268, 8866, e/c.
Espanir, s'épanouir , 28382.
Espanir, expier, 29483.
Espanter, voy. Espouantcr.
Espaouri, épouvanté , 16780.
Espars, étendu y 34538.
Espart, éclair, 9987.
Espasse, moment , 19047.
Especîal, puissant, 5189.
Especïalmcnt, especïaulment,
spécialement, 764, 6498,
etc.
Espeller, cspcillier, expliquer
15398; II, 197 j.
Esperanche, espérance, 3oo.
Esperdu, troublé , déconcerté,
9609.
Espéré, sphère . 25 112.
Esperir, voy. Espirer.
Esperir (s'), se réveiller , repren¬
dre ses esprits, 4411,7316,
etc.
Esperit, esprit, 6435, 6431,
etc.
Esperite, même sens, 7674.
Espcritualité, espiritualité, cho¬
ses spirituelles, 7144, 2o5i6,
20834,
Espès, égais, 6444, 6448 e/c.;
(subst.) épaisseur, 18371.
Espessement, d'une manière
épaisse , dru, serré , 6417.
Espices, espisses, épices, 1591 5.
Espichicr, épicier , apothicaire ,
25129, 26471,
Espie [subst.), espion, 18265,
18295, e/c.
Espincheur, celui qui taille ,
coupe, 25714.
Espiner (s*), se piquer à une
épine, 29143.
Espirer, esperir, mourir, 102 38,
17217, e/c.
Espi rituel, spirituel , 6484,
32934.
Espiritualité, voy. Esperiiualité.
[Esploit (par)] exploit, avec em-
pr essement, avec ardeur ,3894.
Esploitier, cxploiticr, agir,
produire un effet utile, 1,32 5;
se hâter, s'empresser , 15687,
18034.
Esplouré, mouillé de larmes,
4182.
Esplucquicr, éplucher, 25io5.
Espocnter, voy. Espouanter.
Esponch ier, déguerpir, 39912.
Espondre, expliquer , exposer,
1 1818, 3i3o3.
Espons, répandu, I, 279 § 117.
Espouanter, espanter, espoen-
ter, espoeuenter, espoeulter,
effrayer , 7072, 9805, 24478,
e/c.
Espoantablement, d’une ma¬
nière terrible, 6695.
Espoeuetable, laid, 41106.
Espousée,/emme, 9308.
Esprendre, allumer, enflam¬
mer, 3792, I, 257 J 67, e/c.
Es presser, presser, x 1 358 .
Esprevier, esprivier, épervier,
63o3, 19562, e/c.
Esprins, allumé, enflammé, 6923,
9554.
Esprivier, voy. Esprevier.
Esprou ver, /aire répreuve, 7221;
— (s’), se montrer, faire ses
preuves , 39522.
Espurgier, purger, 45i5.
Esqucrre (a), a esquieres, eu
/,’tfl,*s, rangé au cordeau ,
15228, 23oo8.
Esquipper, /aire glisser de côté,
3o8oi.
Esrachier, arracher , 18396,
21709, e/c.
Esragié, enragé, 70b 1, 10264,
etc.
Esrant, csrer, voy. Errant,
errer.
Essart, destruction, 12326,
i6o55, etc.
Essauchi è, surélevé, 3797.
Essauchier,exauchier,exaucier,
exaulcier, exsaulcier, gravir,
2 *429 ; glorifier , exalta -,
5i5o, 6913, e/c.
Esse, voy. Aise.
Esservelcr, Priser /a /é/c, /aire
sauta- la cervelle, I, 35q.
Esseulé, iso/é, sew/, 9496.
Essil, eATiV, 20358.
Essillicr, exislicr, ruiner , dé-
tmire, 3912, 12948, etc., exi¬
ler, 1 1602, 1 1607, e/c.
Essoi ne, délai, 15170 II, 223,
etc.
Estable, durable, 8601 ; I, 271
§ 101.
Estableté, stabilité , 36559.
Estache, attache, lien, 13421.
Estage, /ai//e, stature , 20184.
Estaige, habitation, demeure,
logement, 7384, 7930, e/c.
Estair., fermé, clos, 19128.
Estains, /aine peignée destinée
à former la chaîne du drap ,
466.
Estaint, esteint, 274; I, 244
§ 35.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
272
Estai (donner), tenir tête, 4*33.
Estamp, étang , vivier, 30968.
Estampie, estanpic, air à dan¬
ser , chanson avec accompa¬
gnement ', 89, 26299, e/c.
Eslanchier, empêcher , prévenir ,
9536, 13350, e/c.
Estant (en), debout, i3 269,
23077.
Estature, taille , stature , 33 140,
Estelle, 36089, 33o3i ; e/c.;
esteille, 36204, ^/ji/e.
Estelletie, /?e/i/e <?/o//e, 10187.
Estendce, étendue , longueur ,
22761 .
Ester, s'arrêter, 53gi , 11169.
Estivaulx, estiviaulx, bottines ,
29783, 32437.
Estofïer, embellir, orner , II,
229 <1.
Estonner, étourdir, 10834,
18424, e/c.
Estordre, échapper, I, 323 ; —
(s*), se tordre, 9970*
Estorement, équipement 821 3.
Estorcr, construire, instaurer ,
8220, 1 2 1 33,
Estormi, engourdi, II, 242 J.
Estoupé, fermé, 29834.
Estour, mêlée, combat , 3g3o,
10822, e/c.
Estourbailler, tourbillonner, se
démener, 30621.
Estourdi, abattu, 16806.
Estovoir, falloir, 961, 1087,
etc.
Estraier, bannir , I. 363.
Estrain, paille, II, 249 J.
Estraindre, serrer, étouffer,
comprimer , 3142, i3i53,
etc.
Estraine, chance, fortune, 3 1 347.
Estraingier, estrangier, éloi¬
gner, repousser, 3336, 3408,
etc.
Estrait, issm, né, 13219, i3222,
etc.
Esirange, étranger, 1844,6026,
etc.
Estrangier, voy. Estraingier.
Estrc, /acon d'être, 1737; mai¬
son, demeure, 7488,7310.
Estriel, étrier, IGobj.
RENART LE CONTREFAIT
Estriver , lutter , combattre ,
i 3o39,3332Ô \ faire ses efforts
pour, 16549.
Estroit, étroitement, 4320.
Estroittement, à Vétroit , 191 63;
exactement , 19146, I, 2 33,
§ 14-
Estudie, étude, 19743, 22654*
etc.
Esture, statue, port, maintien ,
37471.
Esuer, essuyer, faire disparaî¬
tre, 8 1 94.
Esvanouîr, esvanuïr, tomber en
faiblesse , 1919; — (s*), dispa¬
raître, 39487.
Esvenui. évanoui, 11,241.
Eûr, hôur, chance , bonheur,
1097, 2754, etc.
Eûré, heureux, 2265.
Eures, livre d'heures, I, 367.
Eureté, bonheur , 3o85.
Eûreux, heureux, 4718.
Exaltacion, culmination d'un
astre, I, 23 4 § i3.
Exauchier, exaucier,. cxaulcicr,
voy. Essauchicr.
Excecucion, exécution, I, 291
§ 1 3 1 .
Exccllcntcment, très bien, I,
244 § 34-
Excommunimcnt, excommuni¬
cation, I, 237 § 63.
Excusacion, excuse, 26407, I,
272 § io3.
Excusancc, excuse, 36864.
Exislier, voy. cssillicr.
Ex périment, expérience, action
d'éprouver, 39662.
Exemplaire, modèle, 18682,
28378, etc.
Exploit, exploitier, voy. Ex¬
ploit, cxploitier.
Expositeur, commentateur, I,
241 $ 28.
Exsaulcicr, voy. essauchicr.
[Fable], fcablc, fable, conte ,
27416.
Fabler, conter des fables, des
mensonges , 469 3 .
Fachon, faiçon, manière d'être,
aspect , 9328, 10287, etc.
Faice, visage, 18343.
Faiçon, voy. Fachon.
Faicture, voy. Faiturc.
Faille, manque, faute, 2683,
2718, e/c.; nécessité, manque,
5341.
Failli, fini, manquant, 5427,
3a787.
Faillir, manquer, 936, 2903, etc.;
perdre rarantage, 720; ces¬
ser, 21442.
Fain (1 e),faim, 27083.
Faih,/om, 40701 .
FainJrc (se), sc reculer, s'abs¬
tenir , manquer de courage ,
1 17, 3263.
Faine, fouine, 3i568.
Fa internent, par feinte, 12197.
Faintié, feintise, 2io3, io683,
etc.
Faintif, faux , trompeur , 2089
20902, etc.; paresseux, 29723.
Faintisc, tromperie, 2419,474*.
Faintiscment, d'une manière
feinte, mollement, 29731.
Faiturc, faicture, faitture, créa¬
ture, production for me,
14973, i393i, etc.
Fal, voy. Fcl.
Faon, petit d'animal, I, 3 14 J,
etc.
Famé, renommée, 1682, 2o338,
etc.
Famé, femme, \3y?o.
Fannoicr, s'égarer, perdre la
raison, I, 353 a.
Fauchillicur, celui qui coupe
avec une faucille , 40464.
Fauchillon, petite faux, 40780.
Faulcon, faucon, 921.
Faultre, 5oi8.
Faultrc (battre son), voy. Paul-
tre, 4980.
Fausser, mentir, se dérober,
1 172 ; faire défaut , 21223.
Fausseté, Faulsctté, mensonge,
5336, 5439, etc.
Feable, voy. Fable.
Féal, feaulx, fidèle, i3o8,
1 636, etc.
Feaulment, loyalement, 26027.
Feaulté, fidélité, 1460.
Fel, fal, félon, cruel, méchant,
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
GLOSSAIRE
violent , 5915, 83 2 3, I, 3 10,
etc .
Felonneusemcnt, en félon, 2794.
Femcnin, de femme , 1707,
1728.
Fendre, être brisé, 10458.
Fendur e, fente, I, 275 § 107.
Fenis, fenix, phénix, oiseau
fabuleux, 16043, I, 240 § 24.
Fenncr, répandre , 19594.
Fcrcïs, choc, combat, 18607.
Fe ri r, frapper, 867, 2702, etc.;
— (se), se jeter , se précipiter
avec ardeur, 14394,18761 ,etc.
Fermette, ferté, ville forte , for¬
teresse , 8128, 14046, 1 83G5,
etc.
Ferré, garni de ferrures, 8439;
chargé de fers, 1 3585.
Fers (nom.), ferme, rigide , I,
36 1.
Ferlé, voy. Fermette.
Fcrvanment, avec ferveur, I,
274 § 106.
Fervctu, revêtu d'une armure ,
i8834.
Fcsble, ttesbc, flcsve, faible,
23o5, 7174, 1D673.
Festïer, fêter , bien accueillir,
1 6604 ; (intr.) s'amuser, 2 2447.
Fcucz (?) 1819.
Fcurre, foeurre, fuerre, four¬
rage, 3o52g; — (aller en),
fourrager, radier, 82i3,
19432.
Fcvre, forgeron, 7897, 25557,
etc.
Fez, fais ,faix, 35872, 36496,
etc.
Fiance, confiance, 4700, 4702,
etc.
Fiche, fixe, I, 229 § 6.
Fichier, fixer, 5780.
Fie, {y t, fois, 4682, 1 1728, etc.
Fié, fief, I, 290 § 149.
Fiefvé,f05$esseur de fief, 383 1 7,
38389, etc.
Yicn, fumier, 1 g385, 19394.
Fier, violent, terrible, 19086.
Ficrement, sauvagement, cruel¬
lement, i36o6.
Fierté, audace, violence\ 18950,
Fiex (nom.), fils, 8392.
Tome II.
Fillardc, brochet, 36745.
Fil lé, filet, 19553, 10572, etc.
Fillicre, pièce de bois qui sup¬
porte les chevrons du toit,
40727.
Finablemcnt, finalement, I, 261
§ 76.
Finance, fin, terme , 35491,
35498, etc.
Finement, fin, terme , 63go.
Finer, terminer, achever, 733,
1285, etc.; arriver, 12286.
Finir, terminer, 1 1 ; mourir, 7;
— (se), mourir, 63g3.
l is, 2 56, 6430 ; fy, 3i 140, sûr,
assuré.
Fiscl, voy. Fuiscl.
Flaboier, raconter des fables,
berner, 24750.
Flaiol, flajocul, flageolet,
?6o53, I, 277 § 11 3, etc .
Flaircur, odeur, 3 1 835, 3 1839,
etc.
Flambe, flamme, 3791, 3798,
etc.
Flamblcur, lumière, 34939.
Y\an, flanc, 19135.
Flatcressc, flatteuse, 4910.
Flatrir, flatrir, lancer, jeter à
terre , I, 3 1 3 ; 283 19.
Flesbe, flesve, voy. Fcsble.
Fieu, flun, fleuve, 32759, 3777,
etc.
Fleutri, flétri, 40215.
Florir, flourir, fleurir, 2838 1,
I, 25g § 72.
Flour, fleur, 14439.
Flourin,_/7orm, 33oi, 35o3, etc.
Flourir, voy. Florir.
Flun, voy. Fieu.
Vo, fol, 32537.
Foculctte, petite feuille, 1 3983.
Foculle, feuille, 363o8, 363 11,
etc. ; feuille de plante médici¬
nale, 29186.
Focur, dehors, 123, 10756,
etc.
Foeur (a nul) à aucun prix, en
aucune manière, 1 7926, 1 9996,
20878, etc.
Foeurre, voy. Feurrc.
Foiron, fuiro n, furet, I, 3oo.
Foison, quantité, 5070.
273
Foleur, foulour, folie , sottise ,
3o6, 1029, io53, 1102, etc.
Folial, fou, II, 207.
Folïer, entraîner à des folies.
5773.
Folir, être fou, 36614.
Foloyc , folie, action folle , 552 2.
Foloycr, /dire des folies, 33241.
Fondeur, fondateur, I, 244 § 35
et 262 § 92.
Fondre, détruire, 3g 1 3, 8147,
etc.; être détruit, 8190; —
(se), s'écouler, II, 202.
Fons, fonts baptismaux, I, 260
§75.
Forain, étranger, 21239; exté¬
rieur, 20389.
Fore, vente, foire, 32722.
[Forfaire], fourfaire, commettre
une mauvaise action, 1119,
1 1701, etc.
Forfaiture, punition, 3978.
Forjurer, renoncer par serment,
renier, 1812, 34209.
Forligncr (se), dégénérer, 36o.
Forma riage, mariage conclu
entre deux personnes appar¬
tenant à des seigneurs diffé¬
rents, 23481.
Forment, fourment, froment ,
14779, 36964.
Forment, fortement, 8451, 1016,
etc.
Fors, hors, hormis, 22, etc. ; —
que, plus que, 4246.
Forsener, perdre la raison, être
furieux, i3ig3, 18910, etc.
Forscnerie, folie, I, 261 § 76,
34430, etc.
Fort (au), en fin de compte , après
tout, 5g3.
Fortraire, fourtraire, enlever,
détourner, 33o3, 4793, etc.
Fortresse, forteresse, ng83,
2 1 369.
Forvoier, fourvoyer , fourvoyer,
égarer, 6536, 14690, etc. ;
(intr.) perdre le bon chemin,
6557.
Fourvoy, forvoye, fourvoie¬
ment, 2g383, 38376.
Fouicr, foyer, II, 200.
Fouir, fuir, 724, 2759, etc.
18
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
274
RENART LE CONTREFAIT
Fouler, maltraiter , 3091 5.
Fou lié, fatigué, 21161.
Fourcelle, poitrine , gorge ,
3i755.
Fourches (les), gibet , 2914,
2922, e/c.
Fourniaulx, fourneaux, 13923.
Foudre, foudre, 8191, 17218,
etc.
Fourdroyer, frapper de la fou¬
dre % 33146.
Fourfaire, voy. Forfaire.
Fourme, aspect , 9526, 9528, etc.
Fourmcnt, voy. Forment.
Fourni, robuste, grand , 14369.
Fournir, exécuter , accomplir ,
18066.
Fourvoyer, voy. Forvoier.
Foy, assuré , II, 198 a.
Fraible, fragile, 39888.
Fraichon, frayeur , 2 1701.
Frailaissc,/n2£ï/j/é, 25410.
Frain,/reiw, 19098.
Fraindre, enfraindre , 703.
Fraiour, />ewr, 1430.
France, corr. frainte, tumulte ,
querelle , 35889.
Francemcnt , franchement ,
37797-
Franchir, affranchir, 16623.
Francise, /rjwc/i/$e, 36855.
Fraser, écosser, peler, 25835.
Fremer, fermer, enfermer , e/i-
c/ore, 8243, 8704, etc.\ for¬
tifier, 16329.
Fremé, fourmi, 1243, 2472.
Fremïcr, frémir, s'agiter , 824,
20 10, etc.
Frénésie, folie furieuse, II, 229.
Frcschet, gaillard , dispos ,
3o738.
Frevicr, frevrer, février, I, 264
§ 86, 35174, e/c.
Frichon, frisson, 21703.
Froideur,/roid,/roi<fi/re,i2552.
Froier, se frotter, faire l'amour ,
II, 232.
Froissié, cosse, vieux, I, 290
§ 148.
Fronchic, froncé, 21722.
Frondolc, fronton d'un édifice ,
I, 240 § 25.
Fu, fuy,/e//, 932, 6692.
Fucrrc, voy. Fcurre.
Fuie,/a//e, 13944.
Fuir (se), s'enfuir, 18828.
Fuiron, voy. Foiron.
Fuisel, fisel, éclat de bois ,
18319, 23io5.
Fuison, quantité, foison, 18746.
Fuitif, fugitif , 10014, 12723,
etc.
Fumelle, femelle, 3599, 36o8,
etc.
Fumicre. fumet, odeur, II, 247.
Furgon. tige de fer servant à
attiser le feu, I, 354.
Fus, 18397, corr. jus.
Fusicïen, voy. Phisicicn.
Fusique, voy. Phisiquc.
Fust, bois, 5297, 13976, etc.
Fuy, voy. Fu.
Fuye, fuite, I, 261 g 77.
Gaaignage, gaignage, gain, pro¬
fit, 23582, 27069.
Gaain, gain, iyby3, 20042, etc.
Gab, (plur.) gas, moquerie, plai¬
santerie, 801 5.
Gaber, plaisanter, 3417, 23873,
etc.; — (se), se moquer, 3+5 1 5.
Gabcric, plaisanterie, 10743.
Gaiant, géant, 8638, 8667, etc-
Gaignage, voy. Gaaignage.
Gaignc (la), gaing, 23534,
25558, etc.
Gaignc cheval (a), à toute bride,
23379.
Gaigncmcnt, gain, 37822.
Gaigncric , métairie , ferme ,
28025.
Gaigneur, guaigneur, celui qui
gagne, 20139, 235io, etc.
Gaitant, prudent, attentif, II,
201 .
Gaiteus, qui guette, qui tend
des pièges, 14504.
Gaittcr, guccticr, guetter, <jbG,
2 194; — (se), se méfier, 388q3.
Game, jambe (.'), 288. Voy.
Jamc.
Ganche, souplesse, agilité, 441 2;
feinte, ruse, I, 3 10.
Ganchir, action de se détour¬
ner, II, 247.
Ganne, voy. Gaune.
Gantier, chantier , 40697, 407 1 2,
etc.
Garandir, garantir, protéger,
* 4 1 9» 1 996, etc.; promettre,
32754.
Garant (a), en sûreté , io83i,
11610, etc.; — (aller a), de¬
mander protection, 6784.
Garche, fille, 3i3y.
Garchon, voy. Garson.
Garde corps, manteau, 23762.
Gardeor, tuteur, II, 228.
Garder, regarder, i3833 ; se
garder de, prendre garde,
2553, 2821, etc.
Gardin, jardin, i5oii, 25841,
etc.
Gardinct, jardin, 24044.
Garingal, racine d'une plante
aromatique des Indes, Ma-
ranta galanga, 1601 5.
Garir, guérir, i568, 4386, etc.
Garison, guérison, 1024.
Cmrilé, garni de guérites, i38i o.
Garnement, habillement, 6170,
2 1 549, etc,
Garni, prêt, armé , 2 1 363, 2 1 >78,
etc.
Garnison, provision, 1023,4475,
etc.
Garson, garchon, homme de
peu, vaurien 285-6, 14677;
gars, jeune homme, 3237,
3241, e/c.
Gastc, solitaire , abandonné,
\0\b2, I, 3 1 3, etc.
Gaster, perdre, ruiner, 2528,
4753, etc.
Gastcur, gatteur, pillard , dé¬
vastateur, 20991; I, 366 a.
Gasturc, pillage , 36014.
Gatteur, voy. Gastcur.
Gaudine,/ewi//de, bocage, 2178,
19970, etc.
Gaulx, bois, forêt, bocage, 6296.
Gaune, ganne, jaune, 14309,
15945, etc.
Gay (a bec de), en forme de bec
du geai , 34473.
Gayn (fronmaige de), fromage
fait du lait tiré après la mois¬
son, II, 240^2.
Gchir, confesser , avouer , 5638.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITYOF MICHIGAN
GLOSSAIRE
Gcline, gline, gucline, poule ,
455, 29698, 29679, etc.
Gelinier, poulailler , 3o3oo.
Gcllée, gelée , 657.
Gémir (verbe trans .), regretter ,
6736.
Gcneracion, ac/ion d'engendrer,
7527 ; origine, 2oo37.
General (en), en public , 22066.
Gcncralment , generaulment,
généralement , 195 1 3, 28247,
etc.
Generaulx, ic/écs générales ,
34i43.
Gcnner, voy. Juner.
Gcnouillons (a), agenouillé , II,
238.
Gent, gentil , 759, e/c.
Gentil, Gcntieulx, 5i'en ne, 2069,
19056, e/c.
Gentillesse, noblesse (au fig.),
461 1, 19203, e/c.
Gerpir, voy. guerpir.
Gésir, coucher , se coucher ,3232;
— (se), être couché , 9840.
Geste (de male), 4111 se com¬
porte ma/, 21014.
Gcüne (le), jeune, I, 337a.
Gierillon, voy. Guerillon.
Giet, portée d'une arme de
jet y 19290; retroussis, I,
279S«i7-
Giometric, géométrie , 25201.
Gitier, giter, jeter , 10226, II,
233a.
Glachicr, glacier, glisser, 2792 3,
40608.
Glatir, crier, hurler, 2451.
Glatissement, cri, 6rwi7, 30742.
Glave, glaive , épée, 3934, 4262,
etc.
Gline, voy. Gcline.
Glon, gland , 19902.
Glore, gloire , 27490-
Glose, explication , 3093.
Gloseur, glossateur , 27364,
29555.
Glout , glouton , gourmand ,
goinfre , 43, 6362 ; terme in¬
jurieux, pendard, gredin,
io5, 901 1, 10600, e/c.
Gloutcr , avaler , engloutir,
28107.
Glouton, poy. Glout.
Gloutonneusemcnt, ma/, 2563o;
en glouton , 28090.
Gloutonneux, c/eg/on/on, 36769.
Gloutonie, 25 1, 5790, e/c.,
gloutrcnie, 36643, 36634,
e/c.; gloutonnerie ; 22373,
dévergondage.
Gluy, g/ue, 29245, 29316, e/c.
Goant, se réjouissant, 29984.
Gode, 5on, 24987.
Goïr, goyr, jouir, 3478, 14660,
etc.
Gonfanonnicr, porte-étendard,
2736, 8486, e/c.
Gonnc, cotte, 24989.
Goullc, gueule , 7068.
Goulouscr (se), II, 241, coït.
Doulouser (se), vo_y. ce mo/.
Goupy, renard, 2 3837. l’oy.
Houpis.
Gourd, /ou rd,nia is. hébété, 9252.
Gourdoicr, maltraiter , m-
doyer, H, 201.
Goûte, essence , 25524.
Goûte, maladie , I, 3o7 a, c/c.
Goûté, tacheté , 467.
Gouvernant, se dirigeant, se
gouvernant, 7006.
Gouvernau, gouvernail, 3o755.
Gouvernerres, nom. c/e gouver¬
neur, (/cm.) gouverneresse,
27812, 29542.
Goyr, voy. Goïr.
Gracier, remercier, îo578,
i23o5, e/c.
Gracieux, p/eiit c/e /a grâce di¬
vine, 7095.
Graer, approuver, II, 217.
Gramenter (se), 17811 ; I, 235
§ 38 ; se guermanter, II, 240,
se lamenter.
Gramment, grandement [de
temps], 73oi.
Grance , granchc , grange,
16254, 29702, e/c.
Grandesimc, /rés grand, 23340.
Grand, grandeur, 20184, 2 1 5 17.
Grapillier, cansser amoureu¬
sement, 40106.
Gravclcus, sablonneux, 14169.
Gravclle, sa /7e, 12076, 26147,
etc.
275
Grcce, graisse, 34628.
Greffe (/ém .), poignard, 2 2036.
Grcgois, grec, 16068.
Greigncur, greignour, plus
grand, 3433, 91 52, etc.
Grevain, pesant, pénible, 24026,
35435.
Grevance, tort, préjudice, 58 14,
io3oo, etc.
Grief, difficile , dur, 1 1 66 x ;
triste, malheureux, 21811.
Grieftc, peine, douleur, 9806,
1941 1, etc.
Grïeschc, sorte de jeu, 3g3o8.
Gris, fourrure, 15895.
Gros (en), 17793.
Gros, pièce de monnaie,
3 i834.
Gros, grosseur, 2 1 5 1 7 ; sens
grossier, 8544.
Grossement, grossièrement,
302 1 2.
Groucheux, grognon, 40273.
Grouchicr, grousser, grogner ,
gronder, 35o5, 40267, etc.
Grouller, crier, 40267.
Grousser, voy. Grouchicr.
Grumelcr, grommeler, I, 309 a.
Guaigncur, voy. Gaigncur.
Guaircs, guère, 528, 4684, etc.
Guarir, guérir, 1211.
Guectier, voy. Gaitter.
Gucline, voy. Gcline.
Gueredon, guerredon, prix, ré¬
compense, 1 366, 1 i8o5,i3363,
etc.
Gucrcdonncr , guerredonner,
donner en récompense, 1 3332,
285 1 1, etc.
Guermanter (se), voy. Gramen¬
ter (se).
Guerpir, gerpir, quitter , aban¬
donner, i63o, 2880, etc.
Guerredon, guerredonner, voy.
Gueredon, gueredonner.
Guerrier, faire la guerre à,
8233, 25696, etc.
Gucrrillon, gierillon, grillon,
27450, 27472, etc.
Guerroier ( subst .), guerrier,
18045, 19359.
Guet, prudent, 29942.
Guicet, guichet, 39396.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
276
Guïer, diriger y guider , 3148,
8270, etc .
Guille, tromperie , 467, 4837,
etc.
Guisterne, instrument à cordes ,
36 1 37 .
Habunder, abonder , regorger ,
x 3679, i3683.
Hachie, tourment y angoisse,
37727.
Hahay! /ié/as! 27375.
Hahcn, voy. Ahan.
Haïncux, haïssable , 41 127.
H aire , angoisse , tourment ,
19176.
Haitié, en 6on é/a/, gai , 4992,
29681, e/c.
Haitier, plaire, 3352.
Halle, grande salle , 22028.
Hanap, hanas (nom.), />o/,
2652 3 ; (sens 36oo3.
Hanté, visité , en relations avec ,
1804.
Hanter, antcr, avoir commerce
avec , 32! 3, 6547, 7085, e/c.
Hardement, hardiesse , audace ,
10394, 1 1873, e/c.
Harer, exciter un animal après
une proie , 19557, 33340.
Harlé, 40715.
Harnois, bagage, 12903.
Hart, corde de gibet, 744,
12088, e/c.
Hary, tourment , angoisse tf),
37248.
Hary (faire le), /aire l'amour ,
40159, 4o365.
llastier, broche , 18481.
Hastif, prompt, 3oy3S.
Hastivement, vi/e, rapidement,
1 6336, 17577.
Hastiveté, résolution hâtive ,
30094.
Haubert, co/Ze de maille, 37693,
38324, e/c.
Haubregon, petit haubert,
3836o; I, 264 § 90.
Haulchier, lever, 9067.
Hault (tout en), à /rés /lan/e
voix, 1 88 1 .
Haultain, gui occupe un rang
élevé , 19200.
RENART LE CONTREFAIT
Haultement, à /ian/e voix,
21 100.
Haultcsse, hauteur, haute si¬
tuation, i3373, 21086, e/c.
Haulticsme, aultisme, /rés
/ian/, 12564, 13189, e/c.
Hauyer, piocher, 29822.
Haye, haine, 9688.
Hé, haine, 1, 366.
Heamme, haume, 18452.
Hecquier, fendre du bois, 3928 1 .
Hener, hennir , barir, 13918.
Herbegement, logement, 9481.
Hcrbergerie, /ogïs, 32778.
Herbergier, abergier, hesber-
ger, loger , 1493,6665, 25387;
II, 221, e/c.
Herbregagc, logement, 4378,
9478.
Herbue, herbage, 3 1 55.
Hcre, ici en saxon, I, 269 § 97.
Heren, hareng, 3oig5.
Hercse, hérésiarque, I, 247 § 4 3.
Herese (subst.), hérétique, I,
261 § 77.
Herichié, hérissé, 5o53.
Heritaige, bien-fonds, 1117.
Hérité, hérétique, I, 2 5o § 5o,
I, 257 § 68, etc.
Hérité, celui qui hérite, 37356.
Hérité, 28480; ireté, ii63o,
bien, fortune.
Hcsberger, voy. Herbergier.
Heu! hélas ! 27727.
Hcûr, voy. Eûr.
Heusse, houscau, I, 367.
Hide, effroi, frayeur, 25342;
II, 240 a.
[Hideur], ydeur, chose horri¬
ble, 7015.
Hirechié, irrité, 27338, 3338g.
Histoirement, récit, 19232.
Histore, histoire, to.
Hochet, leurre, 3225.
Hochier, lever, 30799.
Hoir, héritier , 3906, 9764, etc.
Homaige, hommage, 438.
Hommanmcnt , virilement ,
22871 .
Honltoyer, faire honte à, hon¬
nir, 10657.
Honm-, voy. Homm-,
Honni, souillé , sali, 7746.
Honneurer, honnourer, hono¬
rer, io3o; garder son hon¬
neur , io3i.
Honour, anneur, anor, hon¬
neur, I, 366, II, 221; etc.)
pouvoir, possession, i8o38.
Honnourablement, honorable¬
ment, I, 264 l 86.
Honter, avoir honte, 31970.
Hontoyer, porter honte, 12340.
Hordure, ordure, 61*77; wy.
Lordure.
Hostage , demeure , 23276 ,
36240.
Hosté, hôtel , demeure, 27152.
Hostelain, hospitalier, 40828.
Hosteler (s*), s’osteller, s'éta -
blir, loger , 20022, 29914,
8175, etc.
Hoster, enlever, Ô70.
Houche , manteau, 2 5 1 1 0 ,
34469.
Houchepiner, hucepincr. hous¬
piller, 29705; I, 3oi a.
Houllerie, mauvaise vie, 37490.
H ou Hier, débauché, libertin,
25184, 26943, etc.
Houpis, goupil, renard, 5475.
Voy. Goupy.
Houppe, huppe, oiseau, 41092.
Hours, dehors, 3 56 16.
Hours, ours , 6291.
Housiveté, voy. Oiscuseté.
Houssoir, balai, I, 260 § 73.
Hucepincr, voy. Houchepiner.
Huchicï, coffre , 15917.
H uc h ie r, appeler, 192, 597, etc.
HuCr, crier, parler haut , 1881,
26296, etc.) insulter, 12913.
Hui, huy, aujourd'hui , 2202,
2236, etc.
Huisset, petite porte, 19129.
Humblesse, humilité, 37747.
Humelier, saluer humblement ,
II, 238 a.
Humer, jeter à terrefi), 338o8.
Humiliant, qui a de rhumilitc,
2837.
Humilité (faire), s'abaisser ,
22917.
Huré, hérissé, excité. II, 247.
Hurtebillier, frapper, battre,
401 91, 40349, etc.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITYOF MICHIGAN
GLOSSAIRE
Hurler 9 frapper, 12164, etc .
Mutin, hustin, bniit, querelle ,
3 182, 61 54, etc.; combat ,
4214, 10824, etc.
Huvct, bonnet , 39316.
Huy, voy. Hui.
Hydeur, voy. Hideur.
Hymaige, image , 6964.
laus, 21467.
îce, cela , 22 1 .
Icetui, celui-ci, I, 33 1.
Icil, celui-ci , 2738.
Iglisse, église, I, 363.
Ignoramment, sans savoir,
26433.
lia, /à, 4212.
Illec, illecques, là , 1004, 1261,
etc.
Imperer, anpircr, régner , I,
333, 336, e/c.
Inde, ynde, v/o/e/ tirant sur le
bleu, 13268, 15945, etc.
Indicion, indiction , I, 262 § 79;
annonce, proclamation, I, 267
§ 94.
Indoien, indien, 15911.
Indois, indien, 16067.
Incllemant, voy. Isnellemcnt.
Infer, enfer , 24312.
Ingai (par), également, 36197,
37633.
Ingremancc, ingromance, né¬
cromancie, 93 1 3, 14028, etc.
Ingromatif, magique , I, 2 33
l *3.
Iniaulx, voy. Isniaulx.
Injurieux, qui fait du tort,
6320.
Innobedient, qui n'obéit pas,
33390.
Inobedïencc, manque d'obéis¬
sance , 27898.
Inquisition, enquête, recherche.
I, 229 § 6, etc.
Instrument, écrit , acte . 77,
17311, etc.
Intant, autant , 33623.
Intencion, pensée, opinion,
1 35o3 ; projet, 17964.
Intcrine, plante?, 26700.
Introduire, instruire, 10062.
Iquileques, /à, I, 3i 7.
Ire, colère, 876, 983, etc.
Iré, yrié, en colère, 1403,
1449.
Irer, se fâcher , 6767.
Ircement, en colère, 27890,
Ireté, voy. Hérité.
Ireux, enclin à la colère, 20975,
22444, etc.
Islusion, illusion, I, 280 § 117.
Isnellement, inellement, rapi¬
dement, 14067, II, 247, etc.
Isniaulx, iniaulx, prompt, agile,
18952, 28899.
Issir, sortir, 1159, i3ii,e/c.
Issue, action de sortir , I, 233
§ 1 1 ; rentes, revenus, 27049,
3844?, etc.
Istoire, tableau , statue, 15942.
Itant, autant , 13781.
Ivrais, (fém.) ivraisse, ivrogne,
1 1, 229 a et I, 326.
Ja, déjà , 416, 449, etc.
Jame, jambe, I, 319 a et 620 a,
etc. Voy. Game.
Jangleur, jengleur, jugleur,
(fém.) jangleresse, jongleur,
6164, 28261, II, 21 1, etc.
Jenne, voy. Jonc.
Jennesse, jeunesse , 24298.
Jenoul, genou, 16072.
Jettcr, mettre dehors, faire sor¬
tir, 17723.
Joe, joue. 8632; mâchoire,
39521-2, etc.
Joicl, joyel, joyau, 27760,
36297.
Joinct, bien fait, gracieux,
24988. 40182.
Joing, joint, 23594.
Joing , jonc, 23oo2, 23oi8. etc.
Joings, 38229.
Joir, bien accueillir , caresser,
19990.
Jolivc,/cm. de joli, II, 233.
Joliveté, gaité, entrain, 26747;
I, 3o6ü.
Jone, josne, jenne, jeune, 46,
2523, 24314, etc.
Joncss e, jeunesse, 10989.
Josier, gésier, II, 249.
Josne, voy. Jone.
Jouste, combat, 18760.
277
Jouste, auprès de, I,3n; selon ,
21587.
Jouster, réunir , 41063; lutter,
18435, 18771.
Jouvence, Jouvente, jeunesse ,
1 1 1 38, 25718, etc.
Jouvence!, jeu ne homme, 2io63.
Jovcnccaulx, jeunes gens, 10987,
33o8i, etc.
Joyant, joiant, joyeux , 12346,
14012, etc. Voy. Goant.
Joyel, voy. Joiel.
ïo,jeu, 2 1 33g.
Juer, jouer, 5062.
Juglerie, jonglerie. II, 211.
Jugleur, voy. Jangleur.
Juichier (se), se jucher, II,
249.
}u\%cmani, jugement, II, 209 a.
Jullct, juillet, I, 262 | 79 et
282 § 126.
Juner, genner, jeûner, 2221, I,
3 10, etc.
Jung(a), à jeun, 325.
Juré, conjuré, 21070.
Jus, en bas, par terre , 767,
2349, etc •
Justichier, exécuter, supplicier,
1,243 s 34.
Kallendrier, calendrier, 34990.
Kyryele, chœur des anges ou des
saints, 7441 .
Labour, travail, 14537.
Labourer, travailler, 1029,
3903, etc.
Lâchement, d'une façon lâche,
peu serré, 2 1721.
Lachct, Jî/ef, moulure en relief,
40726.
Lai, lay, laïc, 35; I, 248 § 47.
Laidement, mal, 23664.
Laidengier, lendengier, insul¬
ter, injurier, maltraiter , 649,
2946, etc.
Laidir, maltraiter , 1 1574,24708,
etc.
Laidoyer, insulter, 33423.
Laidurc, vilaine action, 4791,
I, 292 § 1 52, etc.
Laiens, voy. Leans.
Lais, testament, 17082.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
278
Lais, instrument de musique ,
27569.
Laissier, abandonner , tarder ,
i655, 18034, etc.; — at ma«-
de, négliger , I, 241 § 29.
Lait, injure , 957, jo543.
Laituairc, lectuairc, électuairc ,
26549, 26582, etc.
Lamenter, pleurer , 7654.
Lanche sur faultre, la lance sur
l'arrêt fixé à la cuirasse , péf
<2 combattre , 24332.
Lanchier, lancer un javelot ,
4409i *2427, etc.
Landont, bâton sert den-
trave, II, 201 .
Languste, laouste, sauterelle ,
4448; I, 269 § 97, etc.
Lant, pays, 19312.
Lanté, repos, apa/sement, I, 3i 1.
Lapider, maltraiter détruire ,
«o344, 17763, etc.
Lapre, /épre, I, 349 a.
Larder, percer, blesser, 1421.
Lardier, endroit ou Von conserve
le lard , garde-manger, II,
240 j.
Larechin, voy. Larrcchin.
Large, généreux, prodigue,
io3i7.
Largesse, largeur , 5765.
Larmier, larmoyer, pleurer ,
10919, 19017.
Larrechin, larechin, larccin,
vo/, larcin, 466,25984, 3o3i5,
etc.
Larrechineusement, en voleur,
1 1690.
Larris, /awde, bruyère, 3o34Ô.
Larron, lerre et lierres, (nom.)
larrcnesse (fèm.), voleur ,
4663, 4537, 9041, etc.
Larronceaul , Larronchcaul ,
/ewne voleur, 11750, 25683,
etc .
Las, fatigué, malheureux, 819,
3729, etc.
Lassus, là-dessus, 34583.
Lnsté, manque, misère , I, 3 1 5 ;
27894.
Lay, voy. Lai.
Layt, /a/d, 6735.
Le, large , ioo3, 11 63, etc.
RENÀRT LE CONTREFAIT
Leal, voy. Loyel.
Leans, lPens, laiens, là-dedans,
8705, 1 5936, 1, 280 § 1 1 9, etc.
Leaulx, loyal, 3961.
Lechierrcs (nom.), débauché,
II, 229a.
Lcchon, lichon, liçon, leçon,
348, 29488; I, 35o a, etc.
Lecture, recette de médecin,
ordonnance, 26701.
Lee, lieue, I, 352.
Léens, voy. Leans.
Léesche, largueur, 33577.
Lôesse, lÿesse,;o/e, gai té, 1102,
1 109, etc.
Legicr (de), facilement, I, 325,
etc.
Legiercment, facilement, I, 228
§ 3 et 285 § 1 35, etc.
Legierté, habileté, 21474.
Lcndcngicr, voy. Laidcngicr.
Lcntessc, lenteur, 23996.
Lenteté, lenteur, 2704, 2707, etc.
Lerme, larme , 24457.
Lerre, voy. Larron.
Lés, voy. Lez.
Letanie, litanie, I, 337.
Lettre, ce qui est écrit, 21449.
Leu, lieu, endroit , 1 3936, II,
197, etc.
Leu, loup, 5448.
Levé, puissant , 2865.
Lcvee(a la), au moment du lever,
4o5o5.
Lever, élever , rendre puissant,
747 ; — (se). se lever* 16933,
16928, etc.
Lez, lés, coté, 1 8856, 19059, etc.;
— à côté de, 1477, * 865, etc. ;
au — de, le long de, 18704.
Lichon, liçon, voy. Lechon.
Lie (vin sur), vin qu’on a laissé
reposer , 40393.
Liemcnt, lyenient, gaiment,
1416, 3598, etc.
Liés, lyez, lye (fém.), gai, \ob-j,
1093, 2293, etc.
Liepart, lupart, luppart, léo¬
pard, I, 283 g 126, 10022,
1 1645, etc.
Licuéc, lieue, 18373, 21242, etc.
Lignage, 1799, 2886, etc., linage,
20477, famille.
Ligne, mesure de longueu r
valant 14000 pas, 8086-7.
Lignereul, linotte, 41092.
Lignie, lignage, postérité, 3870,
7462, etc.
Lignier, tracer une ligne , 8697,
40704, etc.
Lin, lignage, lignée , 20739.
Lin, lynx, 2389, 2391, etc.
Lire, enseigner , 336, 28278,
etc.
Liseur, professeur, lecteur ,
29556.
Lisir, voy. Loisir.
Lisse, lyssc, chienne, 1 3 1 6 ,
i32o, etc.
Litargie, léthargie , 21592.
Lobe, mensonge, perfidie, IL
239.
Lober, enjôler, séduire par des
paroles flatteuses, 4941,5306,
etc.; — (se), se moquer, 25736.
Lochier, branler, ballotter, 3 11,
2 3 1 39, etc.
Locucion, élocution, parole , I,
234 § 11.
Loenge, louange, 36410.
Locr, louer, 2 53 1, 3041, etc.
Loge, tente, .7886.
Loicn, corr. loier, I, 3 17a ; voy.
Loyer.
Loirre, leurre, igbGb.
Loingnicr, s'éloigner, I, 317.
Loisir, lisir, être permis, 1 1796;
loisir , II, 197 a \ — (par\ à son
aise, 635g.
Longicr, allonger, 27507.
Longues, longtemps, 29200,
235 1 1, etc.
Loorain, lorrain , I, 35a.
Lopins (aimer), aimer les bons
morceaux, les repas fins ,
30982.
Loquencc, faconde, 25107.
Lordure, ordure, 7289; voy.
Hordurc.
Loricr, laurier, 21715, 21718,
etc.
Los, voy. Loz.
Losengier, flatter , tromper,
3256i.
Losengier, lozengier, flatteur
menteur, 3333, 3407, etc.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
GLOSSAIRE
Loscr, approuver , louer , 11,
235 et ïl-ja.
Lot, rétribution , 2 5o68.
Lou, /à où, 16692, 17359,
etc.
Lourdesse, lourdeur , 30471.
Lourt, grossier , 6317.
Louviaux, louviaulx, louvicux,
louveteau, 3233; 1,3 10; 24782.
Loyal té, loyaulté, loyauté ,
18780 ; — action loyale , 1 5 1 .
Loyé, /ié, 2772, 7207, e/c.
Loyel, leal, loyal, 1 63 2, 3076,
etc.
Loyen, //cm, 7207.
I-oyer, lier , i3368.
Loyer, salaire , récompense ,
2863, 38 1 3, e/c.
Loysir, voy. Loisir.
Loz, los, louange , honneur ,
1456, 1814, e/c.
Lueur, luour, lumière , 9623;
éblouissement , 3929.
Luite, /n//e, 3835.
Luiticr, luiter, luittyer, lutter,
24193, 3o387, 7o53, e/c.
Luour, voy. Lueur.
Lupart, luppart, vo_y. Licpart.
Lymechon, limace, 14374.
Lyqucur, lycqueur, liquide ,
6841, 6847, e/c.
Mâche, masse d'arme , 14361.
Machon, maçon, 13233,40461,
etc.
Mâchonner, massonner (in/r.),
faire œuvre de maçon, 19911 ;
(/rans.), maçonner, 19286,
19288, e/c. j fabriquer, 13993.
Machue, massue , 3o363.
Magicque, magie, g3i5, 9464,
etc.
Maignie, noy. Maisnie.
Maille, petite pièce de monnaie,
26752, 32773.
M ail li er, frapper, battre, 124 12,
i5778.
Main, matin, 34, 1938, e/c.
Mainer, mener, 74, 1219.
Mainné, voy. Maisné.
Mains, moins, 198, 772, e/c.
Maintenant, immédiatement ,
aussitôt, 7219, 17311, e/c.
Mainteneur, celui qui maintient ,
continue, 36oo2.
Maintenir, tenir, mener , 3646,
3666, e/c.; affirmer , 405 1,
5455, e/c.; — (se), se con¬
duire, II, 229.
Mais, mauvais, 782, 1 1 35, e/c.
Mais, jamais, 19663; — (ne...)
ne... /dns, 873; — (toujours),
à jamais, 378 ; — que, ji7o/
1. 243 § 32.
Maiscment [adv.), mal, 13899;
I, 269 §97, efc.
Maisné, mainné, dernier ni , ca-
de/, 8958; II, 217.
Maisnie, maignie, personnel do¬
mestique, 672, 3o32, e/c.
Maison, une des 12 parties du
ciel , I, 233 § 10.
Maisonner, voy. Messonner.
Maistre hosteulx, résidence fa¬
vorite, 21872.
Maistric, /a/en/ merveilleux,
329, 8062, e/c.; art, 34166.
Maistrier, régenter, 33o, 2 3o3,
etc.
Maistrisc, prédominance, 36835.
Mal, mauvais, 2968, 3463, e/c.
Malage, malaige, maladie, ma¬
laise, I, 346 a; II, 201 a.
Malefachon, mauvaise action ,
1, 255 § 57.
Maleïchon, malichon, malédic¬
tion , 6764, 31024, e/c.
[Maleüré] malheûré, maudit ,
accablé de malchance, 33333
Maleûreté, malheureté, ma/-
chance, malheur , 1 187,30859,
etc.
Malfaichon, malfaiçon, méfait ,
mauvaise action, 225 1, 6164,
etc.
Malfait, mauvaise action, 2968,
20137, *fc-
Malfaiturc, méfait, 6773.
Malheûré, malheurctc, voy.
Maleüré, maleûreté.
Malichc, malice, mâchante
action , 2736; (masc.) 12662.
Malicïer, ruser, 29773.
Malinité, malice, bbSgb.
Malivole, malveillant, I, 232
§ to.
Mallement, mal , méchamment,
12140, 20859, etc.
Malmis, mis à mal, 53oo, 5548,
etc.
Maloit, maudit , I, 3o2 a.
Malotru, malheureux, 12711;
malostrue, mauvaise femme -,
I, 276 g 100.
Maltalent, mautalent, irrita
tion, colère, 5g56, 21601,
28071, etc.
Malvaiscment, d'une façon mau¬
vaise, 35887.
Malvaistié, maulvaistié, mal-
vaistic, méchanceté , I, 240
§ 25, 471 1, 25190, etc.
Mambornisement, curatelle,
tutelle, II, 21 5.
Mamburnir, protéger , 3o3o.
Manechier, manecier, menacer,
13941, 37254, etc.
Manier, habile , adroit, 118.
Maniéré, hauteur, orgueil, 2868,
2943, etc.
Mangonncl,mang,onnean,i852o.
Manoir, menoir, rester, yobo ;
(su&s/.) demeure, habitation ,
10539; II, 233; etc.
Manour, voy. Meneur.
Manoycr, posséder, adminis¬
trer , 21 160.
Mansion, mension, demeure,
3629, 4371, etc.
Mantel, manteau, 18946; I, 247
§44.
Mantevoir, mentionner, rap¬
porter, II, 207 et 2 36.
Mar, malheureusement, mal à
propos , 23672, I, 3ao a.
Marchandie (faux), convention
frauduleuse , 358g6.
Marchandise, négoce, com¬
merce, 36io3.
Marcheant, marechant, mere-
chant marchand, 26990-1,
36109, 36 1 13, etc.
Marchier (verbe trans.), fouler,
3664; I, 3 18, etc.
Marchir, être limitrophe , rive¬
rain, contigu, i366o, 17151,
e/c.; — sur, écraser, fouler,
2 1 496.
Marchis, marquis, 16944.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
280
RENART LE CONTREFAIT
Marcchant, voy. Marcheant.
Mareglier, marguillier , I, 23 1
§ 52, etc..
Margueritte, perle , *3990,
21729, etc.
Marien, bois à bâtir , 2392,
13809, e/c.
Marin, bord de la mer, 19072.
Marine, mer , ij335.
Marinier, matelot , I, 309.
Marie, masle, 7 786, 8421, e/c.
Marraigne, marraine , II, 220 a.
Marriment, peine, désolation ,
17079, 21970, e/c.
Marrison, morison, tristesse ,
825 ; II, 23o.
Martire, peine, supplice, 1951,
2027.
Martirer, martyriser , I, 349 a;
Martiricr, martyriser , 9178, I,
240 § 23.
Mascis, massis, lourd , 1601 5;
puissant , 1 8683 .
Massonncr, voy. Mâchonner.
Mat, abattu, accablé , 1 833,
1849, c/c.; vaincu , 35687.
Maternent, d'un air abattu ,
2 1 362.
Mater, matter, vaincre , 3ooo,
5423, c/c.
Matere, matière , sii/e/, 762,
558o, c/c.
Mati,/<x/ig'i«*, abattu, 7173.
Matin, chien, 1 3 1 5, i3ig, c/c.
Matinet, an/>e, /?c//7 matin,
32781, 33882.
Matir, vaincre , 2983.
Mauffé, /m/i>i, diable , 9822.
Maugré, malgré , I, 243 § 33;
II, 219 a.
Maugricr, maulgrier, mau-
groicr, injurier , insulter ,
35293, II, 2 12 ; 39099.
Maul, wj/, 32379.
Maulgrier, voy. Maugricr.
Maulvais, méchant , 276.
Maulvaistic, voy. Malvaistic.
Mauvcstu, ma/ vt1///, II. 2o3.
Mccinc, médecine , I, 307 a et
II, 198 il.
Médecine, élixir , 1377, 12611.
Mcdccincr, so/g-ncr, 3820.
Méfia ire, /aire d// /or/, nuire,
2332, 3 154; — (se), sc mettre
en mauvais cas , sc ma/ con¬
duire, 5545.
Megnot, voy. Mignot.
Mehaignicr, mutiler , blesser ,
maltraiter , 12470, 25277,
etc.
Mchain, meshaing, ma/, ma/a-
die, 5o23, 28956, c/c.
Meïsmement, pareillement , 67,
9207, 9279, c/c.
Melencolie, merencolye,me/an-
colie, tristesse, 41 32, 26383,
etc.
Melencolïeuze (/cm.), mélanco¬
lique, 40018.
Mélodie, agrément , charme ,
1 85 1 6.
Mcmore, mémoire, mémoire , 9,
27491; (fém.) chronique ,
23o-i.
Mcnbrer, souvenir, 16668,
16921, c/c.
Menchongne, voy. Mcnsongne.
Menchongneur, menteur, 20982.
Mcndiers (nom.), mendiant ,
4615.
Mendre, 164, 3364, c/c.; mou¬
dre, 1, 262 § 80, moindre .
Mener (se), agïr, sc conduire,
23541.
Mcnestrel, joueur d'instrument ,
480.3, 21834, etc.
Meneur, menour, manour, mi¬
neur, petit, 370, 1 3o2 ; I, 3 18,
etc.
Mcngier, manger, 1042, 1 1 2 3,
c/c.; piller, 39407; (snès/.)
repas, 1,278 g 117; 30284.
Mengison, démangeaison, 826.
Menoir, voy. Manoir.
Mension, voy. Mansion.
Mensongnc, menchongne, men¬
songe 76, ii3, c/c.; (/cm.)
280.
Menteric, mensonge, 28897.
Menterrcs (nom.),mcn/ci/r,63 18.
Menu, peuple , populace, 19016.
Mcnucment, en détail, 21078;
— (aller, a//er à petits pas, I,
3i 1 a.
Merchy, merci, p/ie, miséri¬
corde, 1359, 1367, c/c.
Merchïer, mercier, remercier,
098, 18691.
Mercurial (secte), I. 23 1 § 10.
Merderie, c/iosc de peu de va¬
leur, 37239.
Merechant, voy. Marcheant.
Merellier, tablier du jeu de
merele, 37753.
Merencolye, voy. Melencolie.
Meriel, jeu, 24150.
Merir, récompenser, 5000,7229.
Meritable, méritoire, 41 io3.
Merlee, merlcr (se), voy. Mes-
lee, mesler (se).
Merveiller (se), s'e/onner, 1 1 762.
1 5g56, c/c.
Mès, aliments, i336r, 19110.
Mès, mez, maison, I, 309 a;
29678.
Mès, messager, envoyé, 14937.
Mesage, messager, 8509, 9 3 73,
etc.
Mesaisc, peine, malheur, 3835,
6753, c/c.
Mcsaviser, donner un mauvais
conseil, 3o33.
Meschance, meschcance, ma/-
chance, 5483, 12714, etc,
Mescheant , méchant, 219.
Mcscheoir, arriver du mal,
3459.
Meschief, malheur, ennui ,
1599, 1872, c/c.
Meschinette, jeune fille , 4o35t.
Mescongnoistre, ignorer, 1 6896.
Mcsconter, tricher, 25 161,
25249,
Mcscreü, mécréant, 1, 352 a;
3i 195.
Mcscroirc, ne pas croire , re/u¬
ser de croire, 33o8, 33 10.
Mesdire, insulter, 10487.
Meseau,mesel,mesielx,/c/?rc//-x%
53o ; I, 249, § 49; 386, etc.
Meselcrie, mezelcrie, lèpre, 1,
249 g 49 et 346 a.
Mcsfaçon, mauvaise façon , II,
202.
Mcsiclx, voy. Mescau.
Mesiquc, musique , II, 233 a.
Mcsléc, merlée, bataille , <?ne-
relle, 939, 12324, etc.
Mesler (se),sc mcrler, sc quercl -
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
GLOSSAIRE
28l
1er , se battre, 1873, 4224, etc ;
s'occuper de , 6068.
Meson, maison , II, 24.S a.
Mesporter (se), je mal conduire ,
1227,
Mesprendre, commettre une
faute, 1646, 1887, etc .
Mesprison, mesproison, erreur ,
méprise , 1622, 1767, 1890,
etc.
Messe, message , 22012.
Messon, moisson , 14200.
Messonner, maisonncr, mou-
sonner, 27038, 19913.
Mestier, besoin, 6626 ; —
(avoir), avoir besoin , i33,
157, e/c.; — (avoir bon),
faire son profit , 30778.
Mesure, manière d'agir modé¬
rée , 1 2 19 ; — (a), d une maniè¬
re régulière , 6629 ; — (par),
m(fme jens, 6323.
Meta il, mé/a/, I, 277 § x 1 3.
Mete, borne y limite , 20160.
Metropolie (iglise), cathédrale ,
I, 363.
Métropolite, archevêque . I,
269 § 97.
Meudrc, voy. Mendre.
Meudre, i/oy. Miaudrc.
Meure, miire, /mif, 19991.
Meurs, mœurs, mi, 1704, e/c.
Meûrté, maturité , II, 223 a.
Mez, pqy\ Mès, maison.
Mezelerie, voy. Meselerie.
Miaudre, mieudrc, meudre,
meilleur , I, 3i6a; ioo38,
14783, e/c.; voy. Milleur.
Mignonnement, joliment , e/é-
gammenty 7102.
Mignot, mcgnot, mignon , gen - v
/*’/, joli, 8915, 40102, e/c.
Mille (la), mesure de longueur y
3368o.
Milleur, meilleur, 9261, 3ocj33,
e/c.; voy. Miaudre.
Miracle (la), I, 332 a.
Mire, médecin , 3 180, 12602,
etc.
Miroucr, miroir , 14702, 16481.
etc.
Mirre (plus dur que), I, 346.
Mis, frappé à mort , 19092.
Mise, dépense , 27046.
Mocion, désir y envie , 14362.
Mocquier, plaisanter, 2234,
2236.
Moe, moue, grimace, 28823,
40260, e/c.
Moienneté, moyenneté, ;i/j/e
milieu , 22840, 30236.
Moieuf, jaune de T œuf, 34626-
7, e/c.
Moillon, moellon , 8093.
Moindain, fui appartient au
monde , 7149.
Moïste, humide , 35 121.
Moisteur, moitteur, humidité,
6822, 6829, e/c.
Moleste, dommage , peine,
2961 1.
Molin, moulin , 18367, 23829,
etc.
Molir, mâcher, 1, 347.
Molissement, ramollissement ,
6832.
Moloier, moudre , rompre , 11,
219 a.
Molue. morue , 36744.
Monbles, meubles , II, 246 a.
Moncel, monchiel, /<ij, 14373,
i582o; par monchiaulx, cm
quantité , 15893.
Mond, mont, monde , 5373,
5622, e/c.
Monde, pur, privé, 3 1 5, 676.
Mondifié, purifié, 7533.
Monicion, avertissement, i3j63.
Monlt, beaucoup, 3g, etc.
Monnoier, monnayeur , 26944.
Monté, van/e, />r/jé, 19761.
Montée, montagne, 1 1 107.
Montcplier, multiplier, publier ,
I, 359 a, 21777 — (sc), pros¬
pérer, 21677, 31790.
Monter, signifier, vouloir dire,
9982, 14044, e/c.
Morelle, morelle noire, a Sola-
num nigrum » L., 26714.
Morie, mortalité , II, 221 a.
Moriginé, qui a de bonnes
mœurs , 1715.
Morison, voy. Marrison.
Mors, mordu, 33368.
Morsel, morceau, 3ia3, 24949,
etc.
Mort, /ue', 1942, io65o, e/c.
Mortalité, mort, I, 23 1 § 10.
Mortefié, mortifié , 14651.
Mortoire, mortalité, 35127.
Mortiffier, détruire, 55, 14722,
etc.
Mo te, voy. Mou te.
Mouche, pointe d'un instru¬
ment, 40729.
Mouchette, petite mouche,
35232.
Mouchier, aiguiser en pointe,
40737.
Moule, masse des humeurs,
35094.
Mouillier. voy. Moullier.
Mouller, moullyer, mouiller ,
685 1, 32730, 32732, e/c.
Moullier, mouillier, femme ,
épouse, 3884, 4639, e/c.
Moullyer, voy. Mouller.
Mourme, 23728; mourne,
8884, 2335o, e/c., triste.
Moustier, monastère ou église,
•. 249 § 49. 9'37-
Moustrer, montrer, n5oi.
Moute, mote, motte, 27445,
27447, e/c.; colline, I, 268
§ 93*
Mouvablc, qui peut bouger, I,
229 § 6.
Mouvoir, a//er, 1 32 5 1 ; être
dans la mouvance, 3 39 3 3 .
Moye, mienne, 1 3733, i3882,
etc.
Moyenneté, voy. Moienneté.
Moyennie, état d'âme ni gai, ni
triste, 563o.
Muchier, cacher, 1 79, 273, e/c.;
disparaitre , 19260,
Mucyer (se), je cacher, I, 227 g 2.
Mue, muette, 1 1 8 1 , 3o83, etc. ;
(subst.) cachette, 3oo3o ;
cage, II, 249.
Muer, remuer , 1, 236 g 16.
Muer, changer, 43 4, 1182, e/c.
Mulon, meule , /aj, 33879,
33888, e/c.
Multiplier, voy*. Montcplïer.
Murdre, meurtre, 1893, 1965,
etc.
Murdrier, meurtrier, 43, 1879,
etc.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITYOF MICHIGAN
*82
Murdrir, murtrir, tuer, 5327,
II, 225.
Murer, construire un mur ,
20078.
Murer une bourse ?, 25o32.
Murmure, débat , querelle ,
5790, 18122, etc.
Murtrir, voy. Murdrir.
Musardie,/o//e, bêtise , 30187.
Musart, stupide , /o//, 2996,
9082, etc.
Muser, penser , réfléchir , 106 ;
perdre son temps , 552, 4868;
— (se), sens, 36523.
Musiel, museau, 13924,16341.
Musse (faire la), tromper II,
232.
My (cm), a;/ milieu, G08 ; —
(par), d travers , 2392.
Nache, /esse, 3o8io, 3o823,
e/c.
Nacion, naissance, extraction,
6i5y, i r 168, etc.
Nage, navigation, voyage par
eau, 8711, 9477, e/c.
Nager, naviguer, 9502, 18695,
etc.
Nageur, nageour, batelier,
3583 1 , 35833, etc .
Naïf, natif, originaire , 9975»
io328, e/c. ; éru/, non ta/7/e,
14373.
Nannin, voy. Ncnnil.
Nativité, naissance, 6349, etc •
Nature de, enclin par nature
à, 28428.
Naturclment, naturellement, 3 1 .
Nave, bateau, 16292.
Navie, vaisseau, embarcation ,
2.S72, 9492, e/c.
Navrer, blesser, 83 17, 9003,
e/c.
Ne, wi, 14, etc. ; que... ne, 96,
etc.
Ne, nef, vaisseau, embarcation ,
20669, 5375, e/c.
Néant, nient, noiant, noyent,
rien, 220, 2626, etc.
Nef, voy. Né.
Nege, voy. Noif.
Négligente ment, négligemment,
I, 281 § 119.
RENART LE CONTREFAIT
Neis, même, 341 3, 6986, etc.
Neisge, voy. Noif.
Nennil, nannin, non , I, 282 §
125 et 349 a, etc.
Nés que, nez coin, pas plus
que, 2472, 30195.
Nesgc, voy. noif.
Nesun, aucun, 13670, 16000,
etc.
Nettrc, naitre, 38470.
Neupches, voy. Nopches.
Nice, niche, sot, niais , 3342,
5 137, 28774, etc.
Nichemcnt, sottement, 27470.
Nicps, niez (nom.), neveu ,
23235 ; I, 355.
Nif, ny, nid, I, 3oy a; 27102.
Nobleté, noblesse , 11402.
Nochoicr (se), voy. Nopchoycr.
Noc (a), à la nage, 0489.
Nocr, nager , 4897, 652 1, etc.
Noeufvcs ?, 15471.
Noier, nier , 2862, 7295, etc.
Noif, II, 197 a ; nois, 1 59 1 4 ;
noiz (nom.), 23 1 3 1 ; nege, I,
276 8 1 1 3 ; neisge, 637; nesgc,
1730, neige.
Noirchi, noir, pervers, 6376,
6787, etc.
Nois, voy. Noif.
Noise, bruit, 1 36 1 8, 14390, etc.
Noiz, voy. Noif.
Sombrer, noinbbrcr, compter ,
dénombrer , 122 58, 1 3807, etc.
Nomparcil, unique , sans pareil ,
16061, 16497,
Nonchaloir, négligence, insou -
ciance, 14833, 14874, etc.
Nonchicr, annoncer , raconter ,
6597, 16584, e/c.
Noncion, nuncion, annonce,
nouvelle , 242, 1 6366, e/c.
Nonnain, nonne, 3722.
Nonne, 3 heures de l'après-mi¬
di, 3 168 3.
Non pourquant, nonobstant,
14819, 1, 249 g 20, etc.
Nopches, neupches, noces, 42 1 6,
1344t.
Nopchoycr, nochoicr, épouser ,
io658; — (sc), se marier,
i3436.
Notable, sentence, 88, 4696, e/c.
Note, chanson, 89.
Noucion ?, 1 1 5 1 t.
Nourechon, nourrechon, nour¬
risson, 10017, 14113, etc. ;
bétail, 81 3 1, 26323, etc.
Nourreture, éducation, 1719,
8625, etc.; ensemble des ser¬
viteurs, 1789, 16722, etc. ;
bétail, 8137, 8144, etc.
Nourrichc, nourrice, 4323.
Nourrir, élever, 1784, 41 52, etc.
Nouvelletd, nouveauté, 7647.
Noyent, voy. Néant.
Noyer, se jeter à la nage , 724
Nuôschc, nuage, 34953.
Nuiseur, celui qui fait du mal
1374.
Nuitic, nuitée , nuit, 18740.
Nul, nu, 7763, 1 1608.
Nullui,à personne, 140.
Nuysant, nuisible, 909.
Ny, voy. Nif.
Nyée, nichée, 27082.
O, avec, 2642.
Obedience, obéissance, io3Ô2.
Oblivion, terre d'oubli, nom de
l'enfer, 34743.
Obnublc, obscur, sombre ( sens
fig.), 33325.
Obprobrc, opprobre, 20984.
[Obscur], Ocur, désagréable .
horrible, I, 346 a.
Obscurcux, sombre, 34826.
Obscurté, ocurté, obscurité,
10216; embarras, 16121;
chose horrible, I, 346.
Occire, ochirc, tuer, 1876,
1943, etc.
Occision, voy. Ochision.
Ochis, tué, 3 160.
Ochision, 22975 ; occision.
1 1 12, meurtre.
Ocison, couchant, occident , I,
233 § 10.
Ocur, ocurtc, voy \ Obscur,
obscurté.
Œul, oil, œil, 2941; II, 232, etc.
Œulle, oille, oylle, ucullc,
huile , 7231 , 7670, I, 242 § 3o,
et 227 § 1, etc.
Official, titulaire d'un office,
25664.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
GLOSSAIRE
283
Oir, air, 27940.
Oïr (s’), s'entendre , 79.
Oirre, voy. Erre.
Oisel, oysel, oiseul, oiseau ,
5226, 7007, etc.
Oiseur, oi^euf, oisif \ 92, II,
216 a, etc.
[Oiseuse], Oyseuse, oisiveté ,
5522.
Oiscusctc, 45; oyscuseté, 33;
oizeuzeté, 94; housiveté,
ouisiveté, II, 216a; ousiveté,
II, 217 ; wiseuseté, 39353,
oisiveté.
Oissel, (plur. :) oisiaus, ois-
siaux, oiseau , II, 243 a.
Oliphant, Olliphant, éléphant ,
i3666, t38o6, etc.
Oloir, sentir, flairer, 907, 1 2o3.
Onchier, voy. Engier.
Oncques, jamais , 800, 6096,
etc.
Onde (lieu)?, ioi52.
Ongicr voy. Engier.
Onni, uni, continu , 11642,
21466, etc.
Onnor, voy. Honour.
On te, honte, 6681.
Opine, réputation (?), 40247.
Or, ore, orez, maintenant, 55g,
^4*79, 608, etc •
Orbe, sombre , obscur, 2460.
Ord, ort, ordre (fém.), vil, mi¬
sérable, 834, 3585, 20576,
etc.
Ordon, ordre , classe , 330g;
état, situation, 17407, etc.
Ordonnaire ( subst .), ordinaire,
évêque, I, 359 a.
Ordonnance, agencement, 25o;
— (en male), en mauvaise si¬
tuation, 6220.
Ordonnement, commandement,
précepte , 4487, 6176, etc.;
(adv.) en ordre, 2 1071.
Ordonner, mettre en ordre ,
1 858 1 .
Ordonnere (nom.), celui qui or¬
donne, 2936.
Ordre, voy. Ord.
Ordre, ordre religieux, 69,
149.
Ore, voy. Or.
Oreille, bord, lisière, 2o563.
Oreiller, écouter, tendre l'o¬
reille, 27460, 3 1161.
Orendroit, maintenant , présen¬
tement, 8947, i3o28, etc.
Orer, ourer, prier, 4284, 6799,
etc.; (subst.) prière , 27648.
Orfaveric, orfèvrerie, 26471.
Orge (être en Y), faire une or¬
gie, I, 3 17 a.
Orguil, orgoeul, orgueil , 6592,
14493, etc.
Orguilleux, orgueilleux, 58.
Orguillir (s'), s'enorgueillir,
601 3, 6025, etc.
Oricul, loriot , 41090.
Orinc, origine , 37575,
Orine, urine, I, 277 § 1 13.
Orison, oraison, prière, Zx-jbi,
36364, etc.
Orphanté, état misérable ,
12720.
Orte?, 7950.
Ortïer, frotter, piquer d'orties ,
2009.
Os, de ost.
Os, ose, osé, hardi, 6962,
10377.
Ossu, solide, II, 235.
Ost, ot, (plur. :) os, armée ,
65g, 19153, 2756, etc.
Ostarin, ostorin, étoffe de pour -
P'-e, 3771, 17863.
Ostcllcr (s'), voy. Hostclcr.
Ostcr, quitter, abandonner,
7143; enlever (un vètemeut),
7*48.
Ostoier, ostoyer, guerroyer,
19321, 40919.
Ostoier, recevoir des hôtes, II,
208.
Ostorin, voy. Ostarin.
Ostoyer, voy. Ostoier.
Ostour, voy. Autour.
Ottroi, don , action de donner,
d'accorder, 16094.
Ottroycr, accorder, 3 1 18.
Ou, en quoi , 2997.
Oubliance, oubli, 34435.
Oublye, oubli, 2647.
Oudeur, oudour, odeur, 14354,
14458, etc.
Ouffrir(s'), 7389, corr. souffrir.
Ouisiveté, voy. Oiseuseté.
Oultrage (a), avec excès, 35974.
Oultrageux, hardi, téméraire,
2019.
Oultrance (mettre a), vaincre,
15626.
Oultrc, outrecuidant, 12079.
Oultrecuidié , outrecuidant ,
65o6, 10467, etc.
Oultrecuider (s*), être plein de
présomption, 2896.
Oultrer, oustrer, outrer, passer
outre , dépasser, 2 3o5o; vain¬
cre, io3i6, 10800, etc.; ga¬
gner (une bataille), I, 353.
Ourdir, disposer, 341 58.
Ourer, voy. Orer.
Ourme, orme, 29719.
Ousiveté, voy. Oiseuseté.
Oussi, aussi, 23173, 23994, etc.
Oustrer, voy. Oultrer.
Outilité, utilité , 3g3oo.
Outrer, voy. Oultrer.
Ouvc, plein, gros, 36049.
Ouvert, manifeste, évident,
4289; — (en), en public,
22066.
Ouvre, travail, I, 356.
Ouvrer, travailler, 62, 3228,
etc.; agir, 21090-1, etc. ;
(subst.) travail, 36o37.
Ouvrier, artisan, fauteur, 944.
Ouvrir, s'ouvrir, 3654; mon¬
trer, découvrir, i3i, 770, etc.
Ouÿl, oÿ, oui , I, 239 § 20;
a397.
Oyllc, voy. (Eulle.
Oyseuse, oyseusctc, voy. Oi¬
seuse, oiseuseté.
Pagu, voy. Peü.
Paille, manteau de soie orien¬
tale, 3772, 17864, etc.
Paille, riche drap d'or, 15943.
Paillier, grenier à paille , 9249;
tas de paille, fumier, II, 249 a.
Paindre, poindre, peindre, ma¬
quiller, 3785, 27009, etc.
Pain e, peine, 1 355, 1 363, etc.
Paison, nourriture, II, 240.
Paistre, paitre, pestre, nourrir,
893, 921.
Paistre?, 22822.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITYOF MICHIGAN
284
Paix tranche, accommodement,
35943, 33953, etc.
Palardise, paillardise , I, 276 §
1 1 o.
Palasin, palatin , courtisan ,
39855, 39873, e/c.
Paletel, pièce qu'on met à un
vieil habit , 26864.
Palios, étoffe de soie ou de
laine , 28837.
Palis, palissade y 31099.
Pallcfroi, cheval de promenade ,
18372.
Pallcmant, entretien , I, 32 1 a;
H, 228 a.
Palier, parler, 1214.
Palme, pamme, paume de la
main , 25040;!, 297 § 117.
Panrc, prendre , I, 3o6 a.
Panz noCz, avec /es pa>is re/c-
ve$ e/ noués, pour courir plus
vite , 24101.
Paour, pCur, peur, 1044, 1048,
etc.
Paourcusement, comme un peu -
veux , 22872.
Paoureux, peureux , 4717.
Paourir, pourrir , 6463.
Pappalité, papauté , I, 259 g 74.
Pappelart, hypocrite, 29136.
Pappcllardie, fausseté , ri/sc,
23184.
Par ( particule augmentativc )
10289, 37.
Paradvenir, survenir, i2o3o.
Parafe , parure , ornement ,
32709.
Parant, visible , manifeste , bj5o,
34928.
Parchonnicr , participant ,
1 3169.
Parcrcü, arrivé au terme de la
croissance , 39497.
Pardurablc, éternel , 24348; I,
23 1 S 9, */c.
Pardurablement , éternelle -
wew/, 23633, I, 273 § 104, e/c.
Parement, vêtement de gala ,
14507, 24401, e/c.
Parecheux, parcschcux, pares¬
seux, négligent , 63 18, 24138.
Parent (bien), ie 6o>we *2/7* a-
rewee, I, 2 38 § 19.
RENART LE CONTREFAIT
Paresis, sou parisis , I, 294 g 154.
Parfaire, achever , 7717, 1 1 199,
e/c.
Parfait, achèvement , 5494.
Parfin, Jîji, 5908, x55o8, e/c.
Parfiner, achever , 1 1 190.
Parfondement, profondément ,
i6o3, 1847, e/c.
Parfont, profond, 41 o3, ioi5i,
e/c.
Parfont (en), au tréfonds , I,
227 g 2.
Parforcer, forcer , I, 263 § 86,
I, 272 § io3, e/c.
Parfuïr, poursuivre (?) I, 269 §
97-
Parir, mettre bas , 223o.
Parjur, ce/1/1 ftii a /ai/ un /aur
serment , 1, 282 g 124.
Parjurer, enfreindre son ser¬
ment , 21930.
Parjurcrcs (nom.), parjure ,
24945.
Parle, pi/e, 23746.
Parlcûre, voir, 1 5645 ; — (a
droitte), i proprement par¬
ler , 20487.
Parlicrs, parleur , 5857.
Parmanant, permanent, 5 1 33.
Parmontcr, monter jusqu'au
bout , 29471.
Paroir, paraître , 402 1 .
Paroit, paroi, 34938, 34941,
etc.
Parolier, parler , I, 241 g 28.
Parpooir, é/re /ou/ i /ai/ ca-
pa/>/e de, 30425.
Parsicuir , poursuivre , conti¬
nuer , 11181.
Parsoivrc, advenir , !, 3 1 5 .
Part, parti, 390 (celle), /i,
14217; — (quel), ou, 4535 ;
— (mettre a sa), mettre à
part soi , 184.
Parti, partagé , 4429, 23726,
e/c.
Partie, partage, I, 268 g 96.
Partir, partager, 8973 ; avoir
sa ffli-r, 7377, 1 3 1 70; — (sc)
se séparer, se quitter , 1221;
s ew a//er, 5337, 6-4ÎP, e/c.
Parvivre , achever sa vie ,
35375.
Pas, passage , g'ué', 13282,
15497, e/c.
Passage (fém.), 18697.
Passement, passage, action de
passer , 85a3.
Passer, dépasser, être plus éle¬
vé que , 16141.
Passerat, pe/i/ moineau , !, 307 a.
Pastis, pâturage, 18377.
Pastour, berger, 2461, 3440,
etc.
Pasture, prairie, 4008.
Pasturer, paitre , ioo5, 6522.
Paticier, pâtissier, 25176.
Patrenotre, patenotre , 24747.
Patriache, patriarche, 4101,1,
256 § 60, etc.
Patrimone, patrimoine, !, 233
g 10.
Pau, poy, peu, 3o865, 173, e/c.
Paultre , pautre , paillasse ,
19764, 25756, etc. ; — (battre
le), /aire l'amour, 4980,
40370.
Paumison, pâmoison, II, 243.
Pavillon, /ew/e, 3763, e/c.
Pecherrcs (nom.), pecheour,
pécheur, 2 5o65, 27861, e/c.
Pccune, argent, fortune, I,
237 g 18; 24876.
Pel, poi/, 5 10, 21709, e/c.
Pci, (plur. :) peux, pieu, 1, 273
g io5 ; 23440, etc.
Pclain, pelage , 25376, 36070,
etc.
Peler, dépouiller, I, 3o8.
Peliche, plice, pelisse, fourrure
24965, 33273.
Penance, pénitence , 22360.
Penanchier, pénitencier, I, 294
l *57.
Pcnau, morceau d'étoffe, 30735.
Pencant, p^ti/ew/, 357; I,3o2 a;
etc.
Pener, faire souffrir , malme¬
ner, 2820, 2919, etc. ; — (sc),
se préoccuper de, s'employer
à, 78 1 S.
Penne, plume, i6o32, 29317,
etc.
Pcnon, oriflamme, i8388.
Pensé , pensée , intention ,
32878.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
GLOSSAIRE
285
Pensement, pensée , 9635.
Pensif a, qui pense à, 11696.
Pensis (nom.), pensif ', 484.
Per, (adj.) pair , 16944; (subst.)
pair , I, 353 a.
Percevant,
intelligent ,
avisé,
10075.
Percevoir,
perchevoir
» per-
choivre,
voir, 5353,
i835'i,
27302, etc .
Perchant, violent, fort, 1 685 1 ,
i6858, e/c.
Percher, perchier, transpercer ,
3933, 12725, e/c.
Percheux, 3o53; voy. Pres-
cheux.
Perchoivrc, voy . Percevoir.
Perde, per/e, I 328 a.
Perforcement , contrainte , I,
282 g 126.
Péri, péril, fer//, danger , II,
23 1 ; (adj.) en danger , 2o3o6.
Perier, poirier , I, 32 3.
Péril, voy. Péri.
Périlleux, dangereux (en par¬
lant d'une personne ), 9916.
Perilz, fi/*, 12975.
Périr, détruire , //lire périr,
5472, 1 3574, efc.
Perre, poire, 33783.
Perriere, machine à lancer des
pierres , i852o.
Perron, Moc c/e pierre , rocher,
19080.
Pers, perdu , 40395.
Pcrs, 6/en /once', 14509, 15945,
etc.
Persant, langue persane, 1 9862.
Pcrtris, perdrix, 30464, 30487,
etc.
Pcrtuis, froi/, io355.
Pertuisier, percer de trous, I,
3*7 a.
Pervers, mauvais, 15424.
Pès, fdiar, 345 16; II, 217.
Pesance , peine , souffrance ,
3341, 6726, efc.
Pesandeur, pesanteur , 6828.
Pesandir, devenir pesant, 6823.
Pesant, $1/1 a de la peine à se
mouvoir, 6781, 2i552, efc.
Pesme, frès mauvais , 98 ,
36686, etc.
Pcson, pesson, poisson, II, 240;
I, 335.
Pesteler, piler , écraser avec un
pilon, écraser , piétiner , I,
347 a.
Pestillencc, malheur, 19522,
21407, efc.
Pestre, voy. Paistre.
Petissier, diminuer, 7971.
Petiot (un), i/n peu, 36io8.
Petit, peu, 1 320, 21 15, etc.
Petrice, patrice, I, 262 § 81.
Peu (a), peu s'en faut, 10438.
Pcù, pahu, nourri , 654 ; mangé,
avalé , II, 2 32 a.
Peusse, pouce , 35678.
Peuture, nourriture, 28942.
Peux ( plur .), pieux, 29783.
Phisicïcn, fusicïen, médecin,
2255, 4994, efc.
Phisicquc, fusique, médecine ,
4990, 5888, 1, 307 a.
Picquicr, piquer, frapper à coup
de pique, 19132, 19167, etc.
Pieça, piccha, depuis longtemps,
967, i825o , etc.
Pièce, espace de temps, 1 3,
1766, etc.
Picrrctc, orné de pierres, I, 332.
Pierric, pierrerie, I, 247 §44.
Pieu (adj.), pieux, 9159.
Picur, pyeur, pire , plus mau¬
vais, i6o5, 1738.
Pigne, peigne, 4362.
Pignier, peigner, 2 1 556, 26423.
Pile, pille, pillule, 26637,
26694. etc.
Piller, pillier, colonne, pilier ,
22127, 37337, efc.; (au fi g.)
soutien , 36968.
Pillier, maltraiter, 31040.
Pi prend, petit poisson, sparus,
24950.
Pis, pi z, poitrine, 10023, 1 1478,
etc.
Pitablc , plein de pitié , 25734.
Pité, pitié, 3i 1 1, 3i28, etc.
Piteusement, avec pitié , 8019,
825 1, etc. ; pitoyablement,
11609, 12455, etc.
Piteux, plein de pitié , 2552,
3117, etc.
Pi z, voy. Pis.
Placeturc, marque, tache d'une
fourrure, 26910.
Plaidicr, plaidoyer, 1189.
Plaier, blesser, 13194, i3559,
etc.
Plaige, plege, garantie, 33433;
— (mettre en), garantir, as¬
surer, 32761.
Plain (subst.), plan, niveau ( sens
fii?-)* 37619; — (a et au), direc¬
tement, 3545, 4807, etc. ; —
(de), sans obstacle, I, 307.
Plain, plein, 291, etc.; — (tout),
beaucoup, 3555, 10288, etc.
Plaindre, se plaindre , gémir ,
33275.
Plainement, complètement,
4672.
Plainier, grand, vaste, i8383.
Plainier de, qui possède en
abondance, 5798.
Plaissié (subst.), enclos, 27098,
3 i23o.
Plaissier faire, courber , 3394.
Plait, querelle , discussion,
2252, 33*9; procès, 23 10,
5:24, efc.; cour de justice ,
8975.
P lance, planche, 7741.
Plancheer, être étendu sur le
plancher , II, 240 a.
Planchier, plancher, I, 261577.
Plcgc, voy. Plaige.
Plenté, grande quantité, 44,
1469, etc. ; abondance, ri¬
chesse, 7497, 25723, etc.
Plenturcux, riche, 9573, 14196,
etc.
Plevir, garantir, 17683, 40139
etc.
Plice, voy. Pclichc.
Ploi, pli, I, 367.
Plommé, garni de plomb,
39324, 40618.
Plong, plomb, 14880 ; [plur. :)
ploms, sceaux de plomb,
702.
Plour, pleur , deuil, 4240.
Plourer, pleurer , 4383.
Plovoir, pleuvoir, 2 3856.
Piuieux,f/uv/ei/jc, 35 125.
Pluiseurs, pluseurs, plusieurs ,
73, 1 16, etc.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
286
Poesté, puissance , pouvoir ,
ï79°9-
Poindre, piquer , 3174, 18844,
etc.
Point (être) (impers.), convenir ,
2i363.
Point (être en son), demeurer
dans son état , 2972.
Poison, poisson (fém.), pouson,
pouisson, poison , 18277,
18785, II, 207 e/ 207 e/c.
Poissant, puissant, 1328, 7239,
etc.
Poisson, vo)'. Poison.
Poix, /?ois, légume , 3iGo3.
Pomme, 6o///e placé au sommet
d'un édifice , 3og56.
Pooir, pouvoir , 1 1 33, 3146, c/c.
Porquerre, procurer , fournir ,
I, 333 a.
Port, a/de, secours , 14097; —
(a droit), directement , 10777.
Portai, portail , 20209.
Portant, qui porte des fruits ,
7545.
Posicion, /e/ me de droit : con¬
clusion, 2793.
Potanic, hippopotame , 14370.
Potel,//e//7 /?o/, 40704.
Potcnt, /wissa///, 33220.
Potcstcz, Puissances, sorte d'an¬
ges, 74 3o.
Pouchin, pucin, poussin , 2472 r ,
II, 2i3 a, e/c.
Pouliere, por/e pour /es poules ,
I, 323 a ; 11, 219.
Pourcachicr, pourchassicr,
pourchasser , 3779, 6148, c/c.;
rechercher, chercher à obte¬
nir , 16639, F, 239 § 20.
Pourcel, pourceau, I, 284 § 1 29.
Pourchas, pourchatz, effort fait
pour obtenir qq. chose , 24821,
3 I43o.
Pourchassicr, voy. Pourcachicr*
Pourchatz, voy. Pourchas.
Pourchcllet,;e//we /?orc, 28o33.
Pourdre, voy. Pourre.
Pourfit, pourftït, profit, 2296,
3924, e/c.
Pourfitablc, profitable, 3027.
Pourmener, conduire , 23943.
Pourpenscr, projeter , 4237.
RENART LE CONTREFAIT
Pourpre (masc.), e/q/e violette,
22084; JM^ce d'étoffe 14993.
Pourprendre, occuper, prendre
de force, i63o8, 29832,
etc.
Pourpris, enclos, enceinte,
10147, 10149, e/c.
Pourre, pourdre, poudre , i6o33,
22125.
Pourreture, pourriture, 7309,
7796, e/c.
Poursuir, poursuivre, 3oii3.
Pourtraicturc, portrait, 14978,
15283.
Pourtrairc, /ai/ e des portraits ,
481, 486, e/c.
Pourtrait, représenté, peint ,
3857, 3923, e/c.; orné, a$re-
menté, 4679.
Pourveancc, provision, 1 2 3 1 ,
12 32, e/c. ; prévoya nce, pré¬
caution, 55o4, 53 1 3, e/c.
Pourvcoir, pourvoir, examiner,
regarder, 13260,35787.
Pourveü, prudent , sa#c, 3404,
25743, e/c.
Pou rveuement, a vec/>reca////ow,
avec prudence, 20079.
Pourvoy, précaution, prudence,
3oi5, II, 207, e/c.
Pouson, pouisson, voy. Poison.
Poux, vers me//i/s, I, 217 g 100.
Poy, poyc,po/A:, 29243, 29317.
Poy, voy. Pau.
Praicl, p/e, prairie, 24044,
24394.
Prarie, voy. Praycric.
Praticien, prauticïen, qui pra¬
tique, 21666; II, 218; méde¬
cin, 5021.
Prautiquc , pratique, II, 218.
Prayelle, prairie , 1738.
Praycric, prarie, prairie, 1001,
II, 217 a, etc.
Precin, petit pré, 3o3o2,
3o3i6, etc.
Prcdcr, piller, ravager, 27439.
Premcrain, premicrain, pre¬
mier , 4904, 6762, etc.
Premier, première [adv.), d'a¬
bord , 19201, 17872.
Prendre à, se mettre à, 984,
3322, etc.
Prescheür, prédicateur, 4004,
| 4558, e/e.
Prescheux, 194; vov. Percheux.
Présenter, donner en présent,
22288.
Presse, foule, 2018.
Preste, prêtre , II, 219.
Preu, profit, avantage , 2646,
3042, etc.
Preu, sage, 1074; courageux,
travailleur , 29733.
Preud'homme, preudom, pro-
dome, homme de bien, 1348,
2029, I, 33 1 , etc.
Prcvoirc, provoire, pr<?/rc, 2498,
I, 356 a, etc. Voy. Preste.
Pricux, tribulation ?, 22881.
Prïcuze, prieure, 24958.
Prime, 6 heures du matin,
32033.
Primes, tout d'abord, première¬
ment, 2142, 4337, etc.
Princhc, prince, 3ylt.
Prioré, prieuré, 30973.
Prinse, valeur , 10040.
Prir, périr, 3755.
Pris, valeur, estime, réputation,
53, io3i2, 10702, etc.
Prisier, estimer, 8097, i33o4,
etc.
Prison jurée, prison étroite ?
3??33-
Prison, prisonnier, t8652.
Privé, familier , 9671, 12444,
12960, etc.; — (mal), sau¬
vage, 15408.
Privcemcnt, en particulier, en
secret, 17841.
Privctc, affaire privée , amitié
particulière, caresse amou¬
reuse, 17836; bien propre,
36969.
Prochiencment, dans peu de
temps , II, 201 a.
Procurcres (/10m.), procurour
(acc.), procureur, 2067 1 ,
20684, etc-
Prodomc, voy. Preudhommc.
Proesse, vaillance, 3925, 1 3668,
etc.
ProlTecion, déclaration, I, 228
§ 5.
Proicr, prier , I, 353.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
GLOSSAIRE
Prophesie, prophétie , 7770,
7803, etc.
Propos, sujet , 9, i35o.
Proprement, propprement, à
proprement parler , ejrac/e-
wiew/, !93y3, 2283o, e/c.
Prouvable, possible à prouver ,
I, 229 § 6 et 23o § 7.
Prouvancier, ce/cri appro¬
visionne , 170D7.
Prouvé, reconnu, éprouvé, 32 32,
904!, e/c.
Prouver, éprouver, 913, e/c.; —
(se), s'essayer , 3882 ; sVm-
ployer , 9779 ; se montrer,
4947-
Proveoir, pourvoir, I 266 ; 92.
Provoire, vo>-. Prcvoire.
Psalmc, psaume , 2411 1.
Psalmier, pseaulmer, psalmo¬
dier, 8893, 237S3,e/c.
Publier, peupler , 16732.
Pucellettc,yemie pucclle, 7783.
Puche, p//ce, 37014.
Puch, voy. Puich.
Pucin, voy. Pouchin.
Pugnais, punais, puant, infect ,
3386, 4760, e/c.
Pugnicion, c//ose désagréable,
pénible, 34791.
Pugnir, punir, 3435, 6913, e/c.
Puich, puig, puis, puch, p//i/s,
27815, 27823, 27916, e/c.
Puichicr, puch icr, puiser, 197,
201, e/c.
Puignic, poignée, 26822.
Puing, foiftf, 39712.
Puïr, pi/er, 36717.
Puis, voy. Puich.
Puissance (a), f/e /orce, 18705,
i88o5, e/c.
Pulent, pullcnt, puant, dégoû¬
tant, infect, 11162, 16107.
etc.
Pulle (en) ?, 17361 .
Punaisic, chose puante , /dûfe,
19452; (abstr.) 3632 1.
Puour, puanteur, 23540.
Purté, pureté, 32264.
Putage, vie déshonnête, 29121.
Pute, mauvais, 3407, 4750, etc.
Putoir, putois, 3 1 568.
Quairr C, quérir, 1 85 1 .
Qualandrcs, voy. Calandres.
Quancques, quanque, tout ce
que, tant que, 3699, 4373,
etc.
Quant, combien, 5733*6, 7438,
etc.
Quarel, voy. Carrcl.
Quaronique, chronique , I, 36t.
Quarre, voy. Carre.
Quarrcaulx, voy. Carrcaulx.
Quarreürc, voy. Carreüre.
Quart, quatrième, 63 1 9.
Quartainc (fièvre), fièvre quar¬
te, 20562.
Quartiers (les), corps de l'ani¬
mal, qu'on coupe en quatre
pour le manger , 2210.
Quas (être), être brisé , 13407.
Que, comme, 12982-3, etc.
Queer, cahier , II, 198.
Qucncton, petit canard, II
244 a.
Qucns (nom.), comte, 2649; ••
352.
Querolc, voy. Carole.
Qucronne, couronne, I, 329,
e/c.; tonsure, I, 357 a •
Qucronner, couronner , I, 35 1.
Quesnc, chêne, 1 8683 .
Qucste, caisse, 12519.
Qucste, recherche, 3764.
Questif, voy. Chétif.
Qucurrc, voy. Courre.
Queutté, mesure de longueur
valant i5 pas, 8090-1, 8094»
etc.
Quictc, quicticr, voy. Quitte,
quitter.
Quinonc, équinoxe, I, 228
§ 5.
Quint, cinquième, 3q6, 652 1,
etc.
Quintaine, mannequin pour la
joute, 10061, 10064, etc.
Quis , trouvé, 12958.
Quitte, quicte, acquitté, payé,
11584; à Vabri de toute re¬
vendication, 8047.
Quittemenl ( adv.)% sans charge
ni redevance, complètement,
10433, i3735, etc.
Quitter, quicticr, renoncer à
287
une créance , tenir quitte ,
6370, 1 i575, etc.
Quoy, voy. Coy.
Rabillier, réparer, 38459.
Rachinc, racine, 7659.
Racoler, serrer de près, 4974.
Rachier, racquer, cracher ,
28200, 28832, etc.
Rade, rapide, impétueux, i328,
10266, etc.
Radcment, raddement, impé¬
tueusement, io3o5, 18825,
etc.
Radouber, raccommoder, 29676.
Racnçon, voy. Ronchon.
Rafcctin, voy. Cafectin.
Ragrandir, grandir de nouveau.
39845.
Raige (dire), dire une chose
extraordinaire , 1950.
Raigne, grenouille, II, 245.
Rain, ren, rien, chose, 107,
39771, etc.
Rain, branche, rameau, 7967,
13983, etc.
Rain, rein, I, 267 § 94, 26557,
etc.
RainsicI, petite branche, 36846,
II, 243 a, etc.
Raire, rayonner, 34986.
Rallcr, retourner, revenir , 3378,
9427, etc.
Rambre, payer une rançon , ra¬
cheter, II, 220 a.
Ramcmbrancc, souvenir , 5572,
19606, etc.
Ramembrer, remembrer, rap¬
peler , 859, 14 14, etc.
Ramentevoir, rappeler, 25 12,
263 1, etc.
Ramier, rameau, branche ,
19052.
Ramille, branche, 19058.
Ramon, balai, 878.
Ramponner, railler avec ai¬
greur, quereller, insulter , II,
200 a.
Randon (a grant), avec rapidité ,
avec force, 1 3688.
Raparellier, réparer, 38460.
Rapeler (se), se rétracter, I,
237 § 68.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITYOF MICHIGAN
288
RENART LE CONTREFAIT
Rapincr, voler , dérober ,
i 2049.
Rapoter, restituer , 38 1 36 -
Rassacquier, retirer , 3 2 1 33 .
Rassoté, devenu sot , 40116.
Rataindre, rattraper , 25534-
Ravaller, descendre , 24338.
Raviser, ravisier, reconnaître ,
1343,9366, etc.
Ravisseaulx corr. rainsscaulx
petites branches , 36846.
Ravoir, avoir /rowrsa part , 1207,
17 1 56, e/c.
Ravolcr?, 29783.
Ravoyé, remis dans la bonne
voie, 29288.
Ravoyer (se), reprendre le bon
chemin , 3568.
Ray, rayon, 7782, 10180, e/c.
Réalité, royalité, royauté, 5259,
16382.
Rebellé, révolté , 2i3go.
Rebeller, pousser à la révolte ,
I, 2 3g § 20; — (se), se révol¬
ter, I, 228 § 3, e/c.
Rcbourcicr, rebrousser , écor-
c/ier, I, 317 a e/ 326, etc.
Rebouter, repousser, 18826; I,
263 § 84.
Rcbrachier, relever , retrousser ,
24964.
Recelé, cac/ie, 1 56.
Recelé, recelée, cachette , 2149;
II, 234 a.
Receler (se), se cacher , 2i5o.
Rcccpt, rcchet, cachette , 4600,
40912, e/c.
Rechanter, chanter de nouveau,
I, 277 § 1 1 3.
Rcchasser, poursuivre , recher¬
cher, 30849.
Rcchet, voy. Reccpt.
Rechcvcur, receveur , 21 198.
Recité, réputé, 33o38.
Reclaim, réclamation , 12167,
3 1 8 1 1, e/c.
Recocullir, accueillir, 4207,
10470, e/c.
Recocuvrir de, s'occuper de,
30980.
Reçoit, voy. Rcçoy.
Recoler, repasser dans l'esprit ,
rappeler, 5425.
Recompenser, voy. Resconpen-
ser.
Reconsillicr, reconssillier, re-
concilier, I, 270 § 98 e/ 277 S
1 1 3 ; se réconcilier avec, I,
227 § 2.
Reconvoicr, reconduire , 161 18.
Record, récif, 4843 ; prescrip¬
tion, sentence, 53 1 3 ; — (ad/),
se souvenant, 6090.
Recorder, rappeler , 35 1, 61 5,
620, etc.
Recostoier, longer, être limi¬
trophe avec, 17377.
Recourre, voy. Rescourrc.
Recouvrement, secours, 222b 1.
Recouvrer, secourir , II, 207.
Recouvrier, rccovrcrcs (nom.),
couvreur t 40451.
Recoy, reçoit, requoy, /«cm re/i-
re, cachette, 1 6 1 , 3629, 1 5 3 1 9,
etc.
Rccrcacion, ce qui ranime ,
24017, 24148, e/c.
Recréant, <7111 renonce à soute¬
nir sa cause, I, 3o6 a.
Recrchu, rccrcû, fatigué, épui¬
sé, I. 3o6 a ; 3o384-
Recroire, renoncer, s'abstenir ,
12690, 14132 e/c.; — (se),
se lasser, 13048.
Rccrutté, nu, I, 263 $ 90.
Rccullée, retraite , 26206.
Rcdarduer, piquer de nouveau ,
32241 .
Rcdescroistrc, décroître de nou¬
veau, 14433.
Redevoir, devoir, 30910.
Redondcr, rejaillir , rebondir,
34943.
Rcdrcchicr (se), se relever,
1 7 394-
Rccstrc, é/rc t/e son co/ê, /?o«/r
sa part, 2921, 3656, e/c.
Refaillir, manquer de son côté,
2040 1 .
Refaire, /aire pour sa f?ar/,
25723.
Rellcction, réconfort, I, 273
§ 104.
Rcfcrir, frapper de nouveau ,
3 1 58, 34938.
Rcfl-, voy. Ref-.
Reflamboiant , resplendissant ,
15943.
Reflamboyer, renvoyer la lu¬
mière, 34951.
Refraindre, arrêter, modérer ,
10618, 33458, etc.
Refraint, arrêté, retenu, 36oi.
Refroidier, refroidir , i6o5o,
26713.
Refroidir, devenir plus froid,
6824.
Refronchié, renfrogné , 10662.
Regarder (se), regarder autour
de soi , 1 2977.
Rcgardure, aspect, physiono¬
mie, I, 267 §94.
Rcgart, apparence, 13486.
Regnyer, renier, I, 23 1 § 32.
Regrcter (se), se lamenter ,
1 2448, 12703, e/c.
Rclainquir, relcnquir, laisser ,
10672, I, 348, e/c.
Relent, odenr puante , infecte,
40266.
Relevée, fait de se lever de son
ouvrage , de se reposer , 29737.
Relever, se remettre , 737.
Relever, droit payé pour rele¬
ver un fief , 23oo, 23o3, c/c.
Relier, attacher , 29782.
Religion, communauté religieu¬
se, 4328, 2i655, e/c.
Remanant, res/e, 6746, 11697,
etc.
Remandé, mandé de nouveau,
3357i.
Rcmander, demander de son
côté, 10444.
Remanoir, rester, 2102, 3324,
etc.
Remembrer, voy. Ramcmbrcr.
Re mener, ramener , 1 3 3 1 4 ,
13744, e/c.
Remeuvoir, voy. Remouvoir.
Rc mirer, regarder, 25822,
Re monstrance, apparition , ré¬
vélation, 7699.
Remontrer, démontrer, I, 247
§ 44-
Remordre avoir des remords ,
5176; — (se), se repentir ,
3644.
Remouvoir, remeuvoir, resmo-
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
GLOSSAIRE
voir, remuer , 39814,40992;
— (se), aller de nouveau , II,
237 a.
Remuer, changer , 433 ; réfor¬
mer, 5433.
Ren, voy. Rain.
Ren, rang , 1 5 1 33.
Renard \e, fourberie, 388, 6o35,
etc .
Rcnchon , raençon, rançon ,
12774, 17684, I, 276 § 112,
etc.
Rcnchonncr, frapper de taxes ,
I, 263 8 85.
Rencluze, recluse , 32675.
Rendeur, ce/ui 4111 rend, 2187,
37108.
Rendre de mon eage/, 32710.
Rendu, fait moine , cloître ,
27891.
Rengné , royaume, 16079,
161 3 1 1 e/c.
Rengner, régner , 4226.
Renier, renoycr, renier, 11621;
I, 257 § 68; e/c.; renoncer,
899.
Renoié, renégat , I, 319 e/ 347,
etc.
Renoirie, renoncement , 3443 1 .
Renonmer ( mtr.), glorifier , cé-
lébrer, 201 5 1.
Renoyer, voy. Renier.
Reon ?, I, 339 a.
Rfiont, rond, 34537.
Reonde, ronde, 11698.
Repaicr, donner en retour , 797.
Repaire (5116s/.), retour , 9520,
9540, e/c.
Rcpairier, revenir , 8199, 8483,
e/c.; habiter , 19982.
Repentance, repentir , 6437,
21618, e/c.
Repentemcnt, repentir , 8714,
I, 3o3 j.
Replection, plénitude , 7493.
Repondre, cacher , 58 16.
Reportement, nouvelle transla¬
tion , 1, 271 § 100.
Reposement, repos, 3656 1.
Repost, repot, caché , I, 283
§ 1 33, 32 2 5o, e/c.
Repovoir, pouvoir pour sa part ,
28660.
Tome II.
Reprendre, prendre pour soi ,
18017; recommencer , 5636;
/aire des reproches à , 21740.
Reprocuche, reprouche, repro¬
che, 14994» I» 264 § 88.
Reputer, blâmer, I, 233 § 14.
Requenner, incliner de nou¬
veau \ 25793.
Requerre, rechercher , 16359;
attaquer , 10304, 2 1210; re¬
conquérir, 3265 1.
Requoy, voy. Rccoy.
Rcre, raser, 9466, 21 556.
Resaillir, ressauter, sauter de
nouveau , 18882.
Resambler (/rans.), 17834.
Resavoir, apprendre, savoir , 1,
320 d.
Resbaud i r, encourager , exciter ,
18874.
Rcsconpensation, compensation,
8837, 36007, e/c.
Rcsconpenser, recompenser, ré¬
parer, donner une compensa¬
tion, 22653, 2474t.
Rcscourrc, reprendre , sauver,
1426; combattre , repousser ,
17370, 39137; — [subst.), se¬
cours, 18431.
Rescous, repris, 4213.
Rcscrirc, écrire de nouveau ,
3837 ; répondre par écrit ,
14946, I, 263 § 83, c/c.
Rcscuy, secouru, II, 239.
Rescl, _/î/c/, 4602, 4624, e/c.
Rcsmovoir(sc), voy. Rcmcuvoir.
Rcspasser, restaurer, nourrir,
I, 3i4 ; 40880.
Rcspitc, Sduvé, délivré , 826 1 .
Rcspiticr, ajourner , 3 1 1 2 ,
37877, e/c.; sauver, délivrer,
1 i8o3, 1 1816, e/c.
Resplendir, illuminer , 13971.
Resplcndisseur, éc/d/, 3 1 63,
9626.
Resplendour (le),ec/d/, lumière,
34348, 36402.
Respons, retiré , I, 236 § 17;
voy. Repost.
Respons, réponse, 8484, 11817
etc.
Rcssiner, collation de f après-
midi, 29728.
289
Ressort, restriction, 24279.
Ressortir, se retirer , reculer ,
1420, 30772 ; — (se), cesser,
4107.
Resté, retenu , 16677.
Rcstor(sans), sdns recours, sans
remède, 8191.
Resveiller(sn6s/.),révei/, 28779.
Retargier (se), tarder , différer
de faire une chose , 552g.
Rctaulir, reprendre, 4174.
Rethoriquement, se/on /es ré-
g/es de /d rhétorique, I, 234
8 i*.
Retournée, action de revenir
en arrière, 38952.
Retourner, retour, 19637.
Rctraire, rapporter, 2109,2981,
e/c.; —(se), renoncer à, 62 10,
3256o.
Retrait, refuge, logis, 1255.
Retraiter, retirer , I, 291 § 1 5 1 .
Reûs, accusé , coupable, 5258.
Revel , joie, divertissement,
3 168, 9g3i, e/c.
Révéler, réjouir, 24534.
Reveller , montrer , révéler ,
14855, 21281.
Revetnent, songe, 1 1 1 3.
Revengier, venger, défendre,
3948, 14705, e/c. ; — (se), se
venger, se défendre, 2289,
4926, e/c.
Revenir, venir dn devdn/, 18416,
18600, e/c. ; (sn6s/.), retour,
5329.
Rcvcranmcnt, avec respect, I,
269 § 97.
Reverchier, reverser, retour¬
ner, 410, 3i 174, etc.
Revenir, revenir, 1 1 35 1, 12642,
etc.
Rcvcstir, investir , 4282.
Rcviscter, passer en revue,
15791.
Rcvoloir, vouloir de nouveau,
6169, 12264, etc.
Rianment, en riant, 22429.
Ribaudye, paillardise , 2o336.
Ribault, ribaut, débauché , hom¬
me méprisable , 43, 6563.
Richeté, richesse, 10720, 13949,
etc.
>9
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
290
Rien, voy. Rain.
Rîglc, règle, I, 2b2 § 34, 37213,
etc .
Rime, vers , 3229.
Rimer, mettre en vers , 9774,
22199, etc-
Riotc, querelle , dispute , discus¬
sion, 3488, 9906, e/c.
Ris, rire, ricanement , 12106,
17851, e/c.
Rivé, attaché {sens fig .), 39788.
Roban, ruban , 40932.
Robe ?, 6998.
Rober, voler, dépouiller, 13689,
3o5o7, e/c.
Roberie, vo/, déprédation , I,
29D § 1 58.
Robeur, voleur, 20981, 20992,
etc.
Rocque, rocher , 263 10.
Roe, roi/e, 2 5557; cercle , orbite,
10190.
Roine, royaume , paye, 3780.
Roigir, rougir, 13912.
Roisin, raisin, 13987.
Roix, racine, souche , 25375.
Roller, rouler, 19138.
Romant, rommant, Tournant,
langue française , 78, 9280;
roman, conte en français,
120, 408, 2973, e/c.
Rompre, je briser, 18428.
Ronche, ronce, 19969.
Ronchin, cheval de bat et de
trait, 11737.
Rondement, en rond, 11895.
Rondesse, rond, courbe , 6334-
5.
Rongnicr, tailler, 21 355.
Roolc, /race d’i/n o6;e/ <71/1 rou¬
te, 27953. .
Rosé, Jirop de roJCJ, 26636.
Rosignot, voj'. Roussignol.
Rotelenge, rotruange, chanson
à refrain, 90.
Rouffler, ronfler , 31739.
Roumant, voy. Romant.
Rouséc, rosée, 14441.
Rousc, rose, I, 304.
Roussignol, roussignot, rosi¬
gnot, rossignol, 4010t. 40122 ;
II, 233 a; etc.
Rout, rompu, I, 3 18.
RENÀRT le contrefait
Rouver, demander, 4803, 9037,
etc.; supplier, 27506.
Royalité, voy. Réalité.
Roye, raie, sillon , 3697; I,
278 § 1 1 5 ; fente, I, 3 12.
Royé, rayé, I, 237 § 64.
Rudde, grossier , 3007.
Ruer, ruir, jeter, faire tomber ,
737, 30770, e/c.; assener,
4426 ; aller, 27034.
Ruisier, reculer, s'éloigner , I,
3 1 7 a.
Ruissel, ruisseau, 19134.
Ruit, rut, 3oo58.
Ry-, v°y- Ri-.
Sab\on, sable, 26491, 26497, etc.
Sachant, savant, 1 1 233.
Sachier, sacquier, tirer, arra¬
cher, 7745, 1 552 1 , I, 269
§ 97-
Sacrifiement, sacrijice, 1461*3,
Saiettc, sayette, flèche, 8987,
19348, I, 247 §44, etc.
Saillant, alerte, 29942.
Saillir, sauter, 3o3Hy; sortir ,
t333, 1424, etc.
Sain, sein, 9616.
Sainctihe, sacré, 16073.
Santtifl'ier, sanctifier, 9166.
Saintime, sainttisme, très saint.
I, 343 a ; 32687.
Saintuaire (drap), suaire, I,
346 a,
Saisine (être en), être saisi de,
entrer en possession , 335gg.
Saisir, entrer en possession de,
17316.
Saison (en), en faveur, 717.
Saison (gaster sa), perdre son
temps, 4735.
Sale (faire), a cheterf, 28178.
Saller, mettre au saloir, 2404.
Samblancc, ressemblance, 6307.
Samblaut, semblant, appa¬
rence, 27, 383.
Samblant à, semblablement à
12635.
Sambler, sembler, 180.
Sammedy, samedi, 2792.
Sanbue , housse de selle ,
141 56.
Sandc, étoffe, II, 2 38 a.
Saner, sener, guérir , 3179,
12633, etc.
Sangler, sanglier, II, 22 3.
Sanme, voy. Senne.
Sanne (le) ? I, 307 a.
Santeret, petit sentier, I, 307.
Saouler, rassasier. I, 23 1 § 8
et 237 § 17.
Sapience, sapiance , sagesse,
1 1018, 1 1688, etc.
Sarmon, sermon , II, 216 a.
Sarrasin, mécréant, I, 237 S 66.
Sarrasinois, appartenant aux
Sarrasins, 19078.
Sarterion,sartarion, psal tenon ,
I, 367 ; 27569, efc.
Sas ?, II, 234 a.
Satifacion, satisfaction , 24740.
Saudoier, voy. Soldoyer.
Saufve [adj. au masc.), I, 263
§ 9°*
Saulder, souder. 14263, 26477,
etc.
Sauldure, soudure, 26497.
Saulier, voy. Solier.
Sauller, voy. Soler.
Saultier, voy. Sautier.
Saulvement, voy. Sauvement.
Saulx, saule , t3i8.
Saumc, psaume, I, 35g.
Sausse, sauce, 19576.
Sauteler, sautiller, 40123.
Sautier, saultier, psautier, I,
278 § 1 1 5 et 367.
Sauvement, saulvement, salut
éternel , 43 12, 68o5, e/c. ; —
[adv.], sain et sauf, en sûreté,
5o58, i5i62, etc.
Sauveté, salut, 8443 ; — (a\
en sûreté, 8271, 2601 3, etc.
Sauvieres (nom), sauveur, I, 332.
Savoir [subst.), sagesse 583,
788, etc.
Savé, sauvé, 20i53, 25io3, etc.
Sayette, voy. Saiette.
Saÿn, saindoux, II, 240 a.
Sccû (sans le), à rinsu , 21746 ;
I, 236 § i3.
Sceüreté, voy. Seûreté.
Scïcncîeux, savant, I, 2 37 § 69.
Scient, sciant, sachant, 19680,
19932, etc.
Scicntement, sciemment, 24283.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
GLOSSAIRE
29I
Seance, qualité de ce qui con¬
vient, 34422.
Séant (mal), désagréable , I,
3io.
Sebclin [adj.), garni de gibeline,
18946.
Sebeline, gibeline, 17862.
Secourre, scscourre, secourir ,
4369, 14281, etc .
Secque, soiche, fém. de scc,
3i735 ; I, 3 1 5 .
Secré, voy. Secret.
Secréement, secrètement , II,
228.
Sccrcstain, souscrctain, sacris¬
tain, I, 276 § 1 10.
Secret, secré, secret , 17333 ;
parties génitales , 6690-1,
8012, etc . ; lieu retiré, 8885 ;
ami, familier, i5o65.
Sécularité, siècle, monde, 7 143.
Sceller, sceller, 11783, 12485,
etc.
Segnifiance. voy. Sencfiancc.
Seignier, sengnier, signer, bénir
d'un signe de croix , 7212,
24634, etc.
Seignier, saignier, saigner, ou¬
vrir les veines, 2834.
Seignoragc, seigneurie, I, 333 a.
Seignourer, seignourir, domi¬
ner, 19216, 25403, etc.
Seignouri, seigneur dominant,
8357, 1 1681, etc.
Seignouric, seigneurie , 10403,
10931, 1 1892, etc.
Seignourissant, qui exerce le
pouvoir d'un seigneur, 12041,
12392, etc.
Seille, seau, 27820, 28081, etc.
Séjour, arrêt, retard, 1170;
— (a), en repos, 2720, 7906.
etc.
Sel, sceau, lettre , 18020, 1 S 1 33,
etc.
Sel (mettre en)?, 2271.
Selle, cellule , I, 2 33 § 38; celle,
dépendance d'une abbaye, I,
271 § io.
Semblant, voy. Samblant.
Semer, essaimer , 20114.
Semillier, agiter , préparer,
'2^97-
Scmondrc, semonre, inviter ,
i3i3, 2074, etc.
Scmous, invité , 10579.
Scnatoire, dignité sénatoriale,
I, 290 § 148.
Séné, sensé , intelligent . 8164,
10007, etc.
Senefiancc, segnifiance, signi¬
fication, xii 83, I, 366 a;
voy. Signifiance.
Sencstre, gauche, 14112.
Sengne, signe , 27234.
Sengnicr, voy. Seignier, signer.
Senne, sanmc, sy*node, con¬
cile, I, 25o § 5o et 358 a, etc.
Seoir, sir, être assis, 946,
291 14; — (se), s'asseoir,
i5o82.
Sepmainc, semaine, 4379.
Scptier, setier, 40246.
Septrc, sceptre, I, 227 g 1.
Scrain, calme, tranquillité,
94^9-
Serai ne, sirène, être mi-femme
et mi-poisson, 1 6343 .
Sercu, cercueil , 21952.
Scremcnt, serment, 3716,5149,
Scrgant, sergent , serviteur,
7059, 8172, etc.; homme
d'armes, 12379, i38o3, etc.
Scri, serein , calme, 3o33i .
Sermonncment, sermon, 3g33(j.
Serre, serrure , 3 1572.
Serrer, fermer, 18621; enfer¬
mer, i5638.
Servant, serviteur, 7130,8898,
etc.
Servise, service , 3999, 3282,
etc.; office religieux, 28114.
Sescourrc, voy. Secourre.
Sessier, céder , reculer, 7076.
Seuranner, voy. Souranner.
Seure, sccurc, sus, 4060, 533 1,
etc.
Seurement, en sécurité, 19696.
Seüreté, sceüreté, sécurité,
12319, 12321, etc.
Seurmarcher, voy. Sourmar-
chier.
Scurnon, voy. Sournon.
Scurqucrre, voy. Sourqucrre.
Sexte, secte, I, 235 § 14, etc.
Siche, chiche , 346.
Sicglc, siècle, II, 233.
Sïence, science, 374, 1080.
Sierge, cierge, 221 17.
Sieuir, sivre, suigre, suivre,
2760, 5 108, 40068, etc.
Sieute, suite, 33279.
Siex, chef, I, 243 § 34.
Signator, sénateur, I, 346.
Signe de (en), en forme de,
6808.
Signifiance, sens, signification,
5484, 21 863, etc.
Significment, signifficment,
action de signifier, de porter
à la connaissance, 12129,
12222, etc.
Sil, celui, 5307, etc.
Silence (la), I, 276 § 1 10.
Simple, débonnaire, 5435.
Simplessc,sinplesse. simplicité,
douceur , 543 1, 5434, etc.
Sinacle, signe, marque, I, 23o
§ 5o.
Singlant, cinglant, 11749.
Siqucs, ainsi , i3io, 2363, etc.
Sir, voy. Seoir.
Sire, seigneur, 436, i8o5, etc.
Sissonne ?, I, 354 a.
Sivre, voy. Sieuir.
Sociable a, allié, ami, 12042.
Sodoicr, voy. Soldoycr.
Soeul, seuil, 2 533o, 40704.
Soiche, voy. Secque.
Soie, soue, sienne , à lui, 1 2827 ;
I, 329.
Soier, couper, 20486.
Soihyé, moissonné, 4447.
Soi Ile, seigle, 3i6o3.
Soiris ?, 3852 1 .
Soiris, soyris, soris, suriz, sou¬
ris, 1243, 1263; I, 283 § 126,
II, 2.39 a, etc.
Solacier, divertir, amuser,
24,46; se divertir, prendre
du plaisir, 30040, 34689.
Solas, soûlas, plaisir , 9929 ; I,
232 § 10, etc.
Solaux {nom.), souloil, soleil,
34970 ; II, 2î5 a, etc.
Soldoyer, saudoier, sodoier,
homme d'armes, mercenaire ,
10771, i38o5, etc.
Soldrc, solrc, sou I dre, payer,
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
292
RENART LE CONTREFAIT
16916, 12086 ; résoudre .com¬
prendre^ 30484 ; expliquer ,
33o39.
Solefïcr, solfïer, solphïer, lire
un morceau de musique en le
chantant , 28717; ratiociner,
59, 40648.
Soler, sauller, soûler, sorlé,
soulier , 29782; I, 248 § 47,
320 a ; II, 209.
Solfier, voy . Solcfîer.
Solier, saulier, logement , cham¬
bre \ 23429, 24394, etc.
Solitairetc, solitude , 201 33.
Solphïer, voy. Solefïer.
Solre, voy. Soldre.
Solu, résolu , satisfait , 3 166,
7843, etc.
Solzt (rime), des sous , /e 20e de
la livre , 26934.
Sommeillier ( trans.), endormir ,
40103 ; — (se), s'endormir ,
3388i.
Sommer, payer, 27308.
Sommier, bête de somme ,
1 5836, 18384, e/c.
Sommilleux, remuant , inquiet ,
20332.
Son, chanson , 1 1849 î II, 234.
Songer, voir en rêve, 4978.
Songnable, digne de soins ,
32270.
Songnance, pensée , 39578.
Songnement, excuse , retard ,
5040.
Songner, s’inquiéter , s'occuper ,
24322.
Sonner, /aire entendre , dire,
I, 3o8.
Sonm-. voy. Somm-.
Sonnet, son, 6ri<i/, I, 264 § 87.
Sophime, sophisme, 2386o.
Sophiquc, sophisque, sophis¬
tique, 27^6, 3091.
Sophiquement,sophisqucmcnt,
sophistiquement, 2787, 3o86,
etc.
Sor, jaune, doré, 1491 2, i6o3o,
etc.
Soradjousté , voy. Sourad-
jousté.
Sorcillierje/er des sor/s, 20542.
Sorcrir ?, I, 3oi .
Sore, voy'. Scure.
Sorel, sorte de poire, 36731.
Sorir, /aire sécher le hareng à
la fumée , 3 1260.
Soris, voy. Soiris.
Sorlé, voy. Soler.
Sort (prendre son), /ixer sa /for¬
tune, son destin, 20076.
Sortir, prédire , 12353 ; parve¬
nir par sa destinée, 27723.
Sote de corps, /o//e de son
corps, 806.
Soubité, mor/ de morf vio-
lente, 39875.
Soubticver, soustiever, s'appli¬
quer à , 3373 , 1 5 2 5 1 .
Soubtil, adroit, fin, 3268; léger,
subtil, 6487.
Soubtillcment, soubtieument,
subtilement, 24, 77, 1 83o6, e/c.
Soubtillicr, manœuvrer habile¬
ment, 28997.
Soubtivetc, adresse, finesse,
26964.
Soudaidicr, souhaiter, 36733.
Soudan, sultan, \, 270 § 98.
Soue, voy. Soie.
Soucf, si/avc, 23539.
Souffire, suffi r, 6177.
Souffisance, ce qui est suffisant,
6473, 28104, etc.;modération,
sagesse, 33843, 33833, e/c.
Souffler (subst.), action de souf¬
fler, 7319, 7320, e/c.
Souhaidcr, désirer, souhaiter,
3952, 26 1 3 1 .
Soûlas, voy. Solas.
Souldrc, voy. Soldre.
Soulcr, voy. Soler.
Soulliere, chaussure?, 26107.
Souloil, voy. Solaulx.
Souloir, avoir coutume, 2427.
Soulx, soi/s (prep.), 10060.
Soupechon, souppechon, soup¬
çon, 1 i83o, 1 k 853 , e/c.
[Souppechonner] souspechon-
ner, souspeçonner, soupçon¬
ner, 2292; — (se), se douter,
18279.
[Souradjouste], soradjousté,
ajoute en sus, 26865.
[Souranncr], scuranncr, pas¬
ser l'année, I, 307 a.
Sourdre, jaillir, sortir , 392 2,
1 1 172, etc.
Sourcuidance, outrecuidance ,
34506.
[Sourmarchier], seurmarchicr,
fouler aux pieds, écraser,
II, 220 a.
[Sournon], seurnon, renom,
réputation, 5865.
Sourquerre, seurquerre, exi¬
ger des choses exorbitantes ,
tourmenter, 3 1 55, 7244 , etc.
Sourseoir, réserver, 39740.
• Sourvcnir, se présenter, arri¬
ver, 13499.
Souscretaincric, sacristie , I,
276 § 1 10.
Souscretain, voy. Secrestain.
Souspeçonner, voy. Souppe¬
chonner.
Sousprins, entraîné , 4809 ;
épris, séduit, 9553, 26223, etc.
Soustenance, subsistance, 36863
Soustenir, supporter, 7394.
Soustiever, voy. Soubtievcr.
Soutivement, adroitement , II,
228 a.
Sou vente ffoi s, souvent, 3637 1.
Soye, scie, 40707, 40769, etc.
Soyris, voy. Soiris.
Spécula ri té, faculté spéculati¬
ve, 25937.
Subjeccion, I, 256 § 62; sub-
jeetion, 20641 ; subgiection,
38269, soumission.
Subjict, sujet , 21143.
Sud juguier, vaincre, subjuguer ,
18728.
Subler, siffler, I, 280 § 1 18.
Submetre, soumettre, 24287.
Submis, soumis , 4277, 4576,
etc.
Subornicr, suborner , I, 25 1
§ 5i.
Substance, bien, moyens d'exis¬
tence, 20929 ; I, 233 $ 10.
Sugant, suivant, I, 348 a.
Sugescion, suggestion, I, 290
§ i5o.
Suigre, voy. Sieuir.
Suor, sueur, I, 346 a.
Suppeditcr, fouler aux pieds,
19507.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
Surcot, manteau, 27677.
Surgîcn, chirurgien, 12 532.
Suris, voy. Soiris.
Surmonter, dépasser , dominer ,
73o, 741, 2657.
Surné, né, survenu en plus ,
34996.
Sus, suz, en haut , 2349, efc.
Suscesion, sussession, lignée ,
race, J, 228 8 5 ef 263 § 85.
Tables, tric-trac. 36045, 37491,
etc.
Tabour, tambour, 29853.
Tachic, qui a telle qualité , fc/
désir, 35 1 1.
Taille, tranchant de l'épée ,
4426.
Tailleron, ouvrier qui taille ,
40780.
Taillié, capable , susceptible ,
6066.
Taillicr, couper , 487 ; sculpter ,
480 ; frapper du tranchant
de l’épée, 10974 ; — (en), en
agir, 13396.
Taillicr, frapper d'impositions ,
6072, 11868, etc.
Taint, changé de couleur ,
1923, 23746, efc.
Taire, se taire, iljib, 32 r 1 5,
etc.
Taisis, silencieux , 19994.
Talemetier, pâtissier , I, 3 19 fi¬
xaient, tallent, désir, volonté
2207, 2268, efc.
Talentir (se)?, 14657.
T alentis(mal), irrité, courroucé ,
II, 225.
Tamps, temps, 229, 373.
Tanceresse, vo_y. Tcncercssc.
Taner, enm/yer, fatiguer,
36913 ; — (se), se fatiguer, se
lasser , 3958.
Tant ne quant, m feu ni f>ean-
coup, pas du tout, 19336.
Tantost, à l'instant , 8438.
Tapir, cacher , dissimuler, qj 14;
se cacher, 20564.
Tardif, d’wne démarche lente,
14374.
Tarelle, tarière, 40728, 40733,
etc.
GLOSSAIRE
Targicr, tarder , 10710, 18104,
etc.
Tarnière, tanière , 19570.
Tart (a), quand le besoin en est
passé , 2326, 3447, efc.
Tartre, terfe, II, 200.
Taster,/rap/?er, 4756.
Tatin, Life, horion, 32 3 14,
4o658.
Taulier, broyer, 13710.
Tauxer , compter, taxer , 2 3368;
fixer, 17232.
Tcde, fiéde, 2663o.
Tempès, tempête, 29940.
Tem peste, tracas , tourment ,
6960.
Tempestcr, tourmenter , 3523.
Te m pora 1 i lé, choses temporelles,
2o3i5, 2o853, efc.
Tenant, solide, 8439, 10278;
(subst.) qui dépend de, sujet,
i377o.
[Tcnceresse] tanceresse, (/em.
de tcncecur), chercheur de
querelles , II, 236 <1.
Tenchc, querelle, dispute ,
3i438.
Tenchier, quereller , gronder,
654, 974» *01 5, efc.; — (se),
se défendre , 23418.
Tcnchon, querelle , dispute'
2252, 6 1 63, efc.
Tendre (fransif.), viser, 56o ;
prendre attention, 2$ bl ; tâ¬
cher, s'appliquer, 238o.
Tcndrour, tendresse , 16627.
Tellement , tenemant , /îe/ ,
il 388, i32oi, efc.; action de
tenir, direction, 1 1900,
Teneur (masc.), garant, 37107.
Teneur (/cm.), compréhension,
persuasion, 2 1 886 ; possession,
propriété, 20792.
Tenir, rester , demeurer, 1260;
— de, éfre soumis à, 21433 ;
— a (se), éfre soumis à,
20729, 20731, efc.
Tenrcsche, tenreté, mollesse.
35339, 35341, efc.
Tenscr (se), voy. Tenchier.
Teragier, tenancier d'une terre
soumise au droit de terrage ,
38 1 34.
293
Terin, ser in, 41091 .
Termine, espace de temps,
terme, 33976, 35664.
Terminer, déterminer, déclarer,
I, 296 § 160.
Termineras (nom.), termineur,
créancier à terme, 25 1 85,
25700, efc.
Ternir, couvrir de honte , 27204.
Terrien, de ce monde terrestre,
663, 709, efc.; (si/àsf.), fid&i-
tant , 12496.
Tcrriennetés, £iens terrestres ,
22839, 23323, efc.
Teschc, qualité bonne ou mau¬
vaise, 4803, 8796-7, efc.
Tesinoigner, prendre à témoin,
6007, 6473, efc.
Tctrachc, tctrarche, tétrarque,
I 2 38 8 *9 cf 239 § 20, efc.
Tcstout, voy. Trestout.
Tcuxtc, texte, 29648, 29653,
etc.
Texcon, taisson, blaireau, 30067 .
Thirus, serpent dont on tire la
thériaque , 35 19, 3521, efc.
Thopacc, thopasse, voy. Top-
pase.
Thoricl, voy. Tor.
Tielic, voy. Tieulle.
Tiers, tierch, troisième, 4463,
33048, efc.
Tieulle, tielic, fni/e, 36479; H,
246 <3.
Ticulx, fe/, 8720, 12489, efc.
Timbre, 6i//of, 23291.
Tinc, tonneau, 25562.
Tiranlire (faire sa), firer c/in-
cun de son côté (?), 11, 235 a.
Tirant, tyran, I, 246 8 43; bour¬
reau, I, 247 § 44*
Tire, espèce, sorte, 26872.
Tire (a), aussitôt, 2o35; — (par
droite), directement, II, 226a ;
— a tire, successivement ,
1952, 4340, efc.
Tirelire, bourse, 29215, 34720.
Tisson, pièce de bots, 1, 324 a.
Tissu, tissé, 24434.
Titlc, livre , écrit, 2o635 ; ins¬
cription, 232 § 10.
Tollcur, tollerres (nom.), ravis¬
seur, 25712, 37366, etc.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
*94
Tollir, 636, etc. ; toillir, 36981,
enlever , ravir.
Tolst, vol, 26933.
Tombel, tombeau, 1 3424, 21960,
etc.
Tonncl, tonneau , 16273-7, etc.
Tonnelle, conduit , I, 319 a.
Toppase, thopace, thopasse,
topaze, 13991, 21729, II,
248 a.
Tor, torel, thoriel, taureau ,
8691, 8693, 1460, e/c.
Torche Fauvel , menteur ,
3 i 195.
Tord, dommage , 5441.
Torfait, /or/, dommage , 3433 ;
I, 278 § 1 1 5.
Torqueur, ouvrier qui enduit
les murs de torchis , 40463,
40339, e/c.
Torsse, de/onr, 21473.
Tortir, tordre , rendre tordu ,
6338.
Touble, troublé , II, 217 a.
Toubler, troubler, I, 329; voj-.
Troublir.
Touchicr, toucier, toucher , 3 1 1 ,
36646 ; a^o/r quelque chose
de commun avec , 3528; /aire
far/, confier, 23 16, 22575.
Toudis, toujours , 1954, 4686,
e/c.
Toupin, sa/>o/, toupie, bobSy.
Tour (avoir), ^/re en nsage,
1 3930.
Tour (de beau), de belle forme ,
9617.
Tourbe, /on/e, I, 279 § 117,
32649, c/c.
T ourbleur,p erturbateur,2bj 1 7 .
Tourct, diminutif de tour , petit
tour de danse , 3931 3.
Tourment, tourmente , orage ,
1, 276 § 112.
Tourmenter, ravager , 1 5573 .
Tournant, agile, 12983.
Tournelle, Zowr, tournée , II,
*97 a.
Tourner. a//ei\ 2824 ; — a,
appartenir , revenir à, 234; —
(en), s'en retourner , 3379; —
(s’en), 5 en aller , 7043.
Tournier, tourner , 16227.
RENART LE CONTREFAIT
Tournoiement, tournoi , io32i,
19563, e/c.
Tournoier, Tournoyer, tourner,
2738, 2761, e/c.; prendre
part à un tournoi , 2757.
Tournois, monnaie , 31814,
3 1854, c/c.
Touttefois, toutes les fois ,
30272.
Toutesvoiez, toutefois , 17297.
Trache, action , 21687.
Trachedeour, escamoteur , jon¬
cteur faisant des tours
d'adresse , 36048.
Trachier, fouiller , traquer ,
poursuivre , 8289, 10840, e/c.
Traire, Zirer, 526, 36t5, e/c.;
tirer, s'en aller , 426, 5 347,
e/c. ; — (se), se porter vers ,
20863.
Trait (a), lentement , posément,
17497, 21078, e/c.
Trait (mal), mauvais traitement ,
3684.
Traiteur, traïtour, (nom. :) trai-
tierres, traïttre, traître , 5339,
3347 *» H* £ ; c/c.
Traittrement, trailreuscment,
27287.
Traizainc, ensemble de treize
jours , 33293.
Tramctrc, envoyer, ibÿb, 7533,
e/c.
T ra nsfi gu rat ion , métamorphose ,
9914.
Transfigurer, métamorphoser,
93ï3. 9467.
Transgloutir, avaler, engloutir,
12493.
Transir, trépasser , mourir,
2oG35.
Translater, transporter, 73 1 1 ;
I, 243 § 42, e/c., traduire , 78,
9770, e/c.
Transmigracion, émigration ,
83o8, 19374. e/c.
Transmis, trasmis, envoyé ,
7640, 3208?, etc.
Transmuer, tresmuer, changer,
transformer, 7539, 1086t.
Trasmis, roy*. Transmis.
Travcil, travoil, travail , 1 3 33 ;
II, 216, e/c.
T raveillier, travillier,/r<u'd///er,
479, 31769, <r/c.
Travers, bigle, II, 242 a.
Travers de, an travers i/e,
8449.
Travoil, voy., Traveil.
Trebuchier, renverser , 734,
3798, e/c. ; se renverser, tom¬
ber, I, 23 1 § 9.
Trcchiet, peigné, tressé, 33390.
Trcf, /en/e, 3784, 3841, e/c.
Trenchié, fossé, 25678.
Trenchier, couper , 2858,4414,
e/c. ; — son chief, se /aire
tailler les cheveux et la barbe,
21557.
Treppcr, frapper du pied, sau¬
ter, danser , 5673, I, 27 5 S
108, e/c.
Tresanuit, tard cette nuit , 23 1 1.
Trcschc, danse, bal, 3g3o7-
Trcschc, tresse, 4360.
Tresgrandcur, immensité ,
36261.
Trcsime, treizième, 2439.
Tresmuer, vqj*. Transmuer.
Trcsoir, trésor, I, 329.
Trcspas, passage, 27657-8, etc.
T respassant (le), passan/, 3 j 6S7,
31700, e/c.
Trespassement, trépas , 22962.
Trcspasser, passer, franchir,
12 32, 5593, e/c.; /rans-
gresser, 6749.
Tressaudre, sauter, II, 217.
Tressucr, sner ife penr, 9846.
Trestramblcr, trembler très
fortement, 824.
Trestoumer, détourner, écar¬
ter, 6356.
Trcstout, testout, /on/, 6438,
16779, e/c.
Trcu, /row, 19133, 19166, e/c.
Treû, tribut, 2541, 1071 1, e/c.
Treuage, tribut, I, 228 S -s î
37484.
Tribler, broyer, 1 3568.
Trichcrres (nom.), tricheur ,
63 17, 25o66, e/c.
Trichier, tromper, 19728.
Trichy, tricherie, tromperie,
38373.
Triplice (tfd/\), triple, I, 234
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
GLOSSAIRE
§ 1 1 ; (subst.) , réunion de
trois étoiles , I, 234 § i3.
Tristcur , tristour , tristesse ,
16986, 27834.
Tristre, tritc, Iris/e, 81 3; II,
226; etc.
Tristresse, tritrcsse, tristesse ,
1 104, 3a5i, e/c.
Tritc, voy\ Tristre.
Triuc, trêve , I, 33 1.
Troeuve, trouvaille , 33920.
T roi, /rois, I, 348 a.
Tronchier, corr. trouchicr, /ro¬
quer, échanger , 30270.
Tronons, Trônes , sor/e d’dn-
7447-
Troublcmcnt, trouble , 1967.
Troublir, troubler , 33379; wy*
Toublcr.
Trousseau, paquet, 3b+bo.
Trousser, attacher , paqueter ,
charger , 10245, I, 277 § u3,
etc.
Trouver, composer , 75, e/c.
Truander, /dire /e métier de
truand , 367.
Truandie, mauvaise action , 1,
302 d.
Truffeur, homme qui ne s'occu¬
pe que de futilités , 21854.
Truhande, yf//e de mauvaise
vie , 39352.
Truhant, ribaud, 2 1 1 39.
Tuleus?, 141 70.
Turner, s'agiter , se démener ,
sauter , 2957, 5673, e/c.; tom¬
ber, 38i52.
Tur (la), tour, I, 354.
Tÿois, tudesque , I, 265 § 93.
Ueulie, vo/. Oeulle.
Uit, /iki7, ioo3i .
Umbrer, umbrir, s'obscurcir ,
10337, 33744.
Umès, aujourd'hui mais, 11,241.
Unzaine?, 25699.
Us, usage, coutume , 5463 ,
6210, e/c.
User (/rditj.), /dire usage de ,
260.
Ussaige, manière d'être, 1, 352 d.
Vacelaige, vqjr. Vasselage.
Vaillance, qualité , ver/u, 28616.
Vaillant, bien, fortune, 20947.
Vain, vaintz, faible , abattu ,
sd/is force, 65 10, 27039,
27790, e/c.
Vaine, veine, 844, 33090, e/c.
Vair, bigarré , 21467.
Vair, fourrure de l'écureuil du
Nord, 15895.
Vaissel, vdse, tonneau , 4760,
16293, e/c.
Vaissellemente, vaisselle , usten¬
siles de ménage , 14034.
Vallet, voy. Varlet.
Value, /trur, valeur, 27534.
Vanchicr, venger , 1, 3o3d.
Vantauce, vantardise , 26947.
Vante, corr. vautc, sd//e voûtée,
29618.
Vanterres (nom.), vantard,
34454.
Variance, variété , 249.
Varier (sans), fermement, 8723.
Varlet, vallct, vd/e/, 2637,
5oi2 , etc.; jeune homme, 7 161,
41 5i, e/c.
Vassal, chevalier à la suite d'un
seigneur, 18767, 18780, e/c.;
(ddj.), 6rdve, vaillant , 8567.
Vasselage, vacelaige, valeur,
noblesse , 1 1 635 ; I, 33a d.
Vast t,pays ravagé, inculte, ter¬
rain abandonné, 17361.
Vavassour, vassal, 17839.
Veance, vue, I, 309 d.
Veci, voici, 17956, 18473, e/c.
Veer, refuser, defendre, 36 10,
63oo, e/c.
Veï?, 39618.
Vel, vedi/, 3124.
Velin, venin, I, 347 d.
Vengance, vengeance, 17913,
17936, etc.
Venison, venoison, II, 200.
Venredi, vendredi, 2233o.
Venter, d^i/er au vent , 997.
Ventoux, venteux, 33 122.
Ventrée, portée, 19962.
Verai, vrdi, I, 329.
Veraiement, vraiment, 1, 307 d.
Vcrde, /dm. de vert, 1 5943.
Verdeur, couleur verte, 16034;
verdure , II, 2 33 d.
295
Vergongne, honte, 1860, 2237,
etc.
\
Vergue, verg-e, 1 1749-
Vermaulx [adj. plur .), ver-
meilles , 274.
Verminette, j?e/i7 vers, 3 3 2 3 f .
Vers, verset , 2439.
Verté, véri/é, 8755.
Vertueusement , courageuse -
ment , 21 147.
Vertueux, doi/d de qualités ma¬
giques. 13448.
Vcsture, vêtement, 12472.
Vesve, vei/ve, 36475, I, 284
§ i3°.
Viande, viende, aliments, vivres,
902 ; I, 273 § 104, e/c.
Viaux, viez, Weiix, II, 233; I,
352.
Victore, victoire, 9438.
Viciller, viellcr, veiller , 26221,
37338.
Vicllesse, vieillesse, 3 177.
Viende, voy. Viande.
Vieultance, mépris, affront,
2768.
Viculté, vilté, ê/d/ vil, 46,
2527, e/c.
Vieultoyer, viltoyer, maltrai¬
ter, injurier, 10487,21139.
Vieulx, vi/# 43 1 3, 6781, e/c.
Viez, vqy. Viaux.
Vif, vivant , 9028, 9030, e/c.
Vigné, voisinage , I, 3i9d.
Vignette, /?e/»/e vigne , 13981.
Vigreussemant , viguereuse -
ment, fortement, 11239; I,
307 d; e/c.
Viguereux, vigoureux , 17656.
Viielle, vie//e, instrument de
musique, 263 12.
Vilenye, villonye, offense, in¬
jure, 10471, io558, e/c.
Villener, villonner, malmener,
3 1 44, 3571, e/c.; outrager, 804.
Vil 1er, outrager , vilipender,
3o573.
Villette, j>e/i7e ville , 13047,
i3o35, e/c.
Villoner, outrager, avilir, 804.
Viltoyer, voy*. Vieultoyer.
Vindication, vengeance, I, 259
§ 74-
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
296
Violât, sucre rosat , 26609.
Vir, voir, 275x3, 29398, etc .
Vis, viz, visage, 1788, 2431, etc.
Vis, vivant , 16046.
Visain ( adj.)1 , 34471.
Viser, s'occuper de , D486, 63 1 5,
e/c. ; projeter , 8082.
Viseter, visiter , II, 198 a e/ 218.
Vistement, rapidement , 26017.
Vitaillc, vivres , 10976.
Vitance, mépris , affront , 4g3o.
Vitoire, victoire , II, 220 <2.
Vitupéré, blâme , honte, action
honteuse , 10570, 20451, etc.
Vitupérer, vitiperer, blâmer ,
/air* des reproches , 20780, I,
328 a, e/c. ; — (se), je lamen¬
ter, 16976.
Vivre, provisions , nourriture ,
1256, 21292.
Yocul , volonté , désir, gré,
1 3i 28, 20008, e/c.
RENART LE CONTREFAIT
Vocullance, volonté, désir ,
14578, 32444.
Voianmcnt, visiblement , 21 52.
Voille (le), rideau , 35201.
Voille (la), volonté , désir, g368.
Voir (51*65/.), vérité , 76,1 1 3, e/c.;
(*4/fî *7°2 î 7403, e/c. ;
(adv.) vraiment , 1062; —
(de), m/me jc/is, 12063.
Voirement, vraiment : 14040, I,
25i § 5i.
Voirre, verre, 16278, 26636, e/c.
Voirricr, verrier, 32oi5.
Voloir, volloir, volonté , désir,
2497, 21735.
Vretu, bonite action , 1, 35g a.
Vritc, vérité, 24831.
Vuide, vuist, wit, vide, 33og,
6045, e/c.
Vuidier, wuidier, widicr, vider,
979, 6o5i, e/c.; quitter, 1,317.
Vuignier, grogner, 40400.
Vuis (un), une partie vide , un
Zrou, I, 324.
Widier, voy. Vuidier.
Wiseuseté, voy. Oiseuscté.
Wuidier, voy. Vuidier.
Y- voy. I-.
Y'au, yiau, eau, 11,207 ^ 200 a.
Yaux, eux, 1471.
Yaus, yeux, II, 2 3o.
Yiau, vo_y. Yau.
Ydolle, ido/e, 4309, 9127, e/c.
Ymage, ido/e, 9147, 13964, e/c.
Ymaginer, fabriquer des sta¬
tues, 14965.
Ypropisie, hydropisie , I, 260
§ 75-
Yssy, ici, I, 229 g 5.
Ytropique, hydropique, 2243,
2247, e/c.
Ytropisic, hydropisie, 2242.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
TABLE
ALPHABÉTIQUE
DES NOMS PROPRES
ET DES PRINCIPALES MATIÈRES
Les noms de personne et les noms de lieu sont imprimés en petites capitales. Si la forme de
ces noms qui figure dans le texte, diffère de celle qui est généralement en usage, nous avons pris
comme vedette et imprimé en petites capitales la forme usuelle, réservant les caractères italiques aux
diverses formes employées par l'auteur.
A aron, frère de Moïse, Araon ,
lï, 244 a.
Aavila , voy. Avila.
Abaularl , voy. Abélard.
Abel, fils d’Adam, sa mort,
4777-4783; I. 367 a, 11, 202 ;
7563.
Abélard (Pierre), Pierre Abau-
lart , Pietre Aboelart , scs
écrits sont condamnés, I,
284 g 1 3 1.
#
Abgar, roi d’Edesse, Abgarc%
reçoit une lettre de Jésus
Christ, I, 24D g 42.
Abiathar, prêtre des Hébreux,
Abrachar , 880 3.
Abigois , voy. Albigeois.
Aboelart , voy. Abélard.
Aboul Hassan, auteur d’un
traité d’astronomie, Jasaine ,
23394.
Abrachar , corr. Abiathar, voy.
ce mot.
Abraham, patriarche, Abrahans,
Abram , Abras , son histoire,
8163-8184, 8376-8400 ; 7707 ,
8029, 8 1 53, 8370, 19331,
19335 ; I, 228 § 3 ; 33o45,
33047, 33128, 37177.
Absalon, fils de Salomon, son
histoire, 4223-4264, 8807-
8814 ; 12985.
Absimare Tibère, empereur,
Thibere, son règne, I, *62 §
82.
Abstinence, personnifiée, 29900,
37749-
Accide, personnifiée, 3532 1 -
35395.
#
Achanus, fils d'Enée, roi du
Latium, 19821-19830.
Achille, Achilès , Achillès, tue
Hector, 3ÿ32-3g36 ; 8667,
19666 ; I, 329 a ; 23293,
3 1340.
Aciiim, Achitty fils de Sadoch,
de la lignée de David, I, 228
§ 5.
Acocrc, voy. Audovere.
Acquilonke, région située à
l'est de l’Hyrcanic, 1 35 1 6.
Acquitaine , voy. Aquitaine.
Acre, ville de Syrie, son siège,
I, 286 g 1 36 ; I, 288 § 143 ;
est repris par les Sarrasins,
I, 290 g 149 ; 26759 ; sa perte,
27652-27666.
Acris, roi, fils de Ninus, 19383-
19466 ; sa descendance,
19333-19538.
Acteur y voy. Auteur.
Ada, première femme de La-
mech, Adanyr, 7879.
Adam, le premier homme, sa
création, 7291-7324 ; son pé¬
ché, 6682-6868 ; sa vie, sa
descendance, 7463-7688 ,
7861-8200; 2734,4251, 5986,
6017, 6069,6410, 6523,658o,
6973, 7072.3, 7338, 7689,
7695, 7724, 7841, 14525,
14587, 16988, 19341 ; I, 228
§ 5; 22955, 22966, 27023,
34962, 35691, 36624, 37160,
37175, 37617.
Adama ville de la Pentapolc,
détruite par le feu du ciel,
8193.
Adamas, ville d’Espagne, prise
par Charlemagne [et détruite
comme Luiserne], I, 354 a.
Adanyy voy. Ada.
Adclle , voy. Alix.
Adkodat, pape, Dicuxdonne%y
son règne, I, 36 1 a.
Adorée , voy. Audovère.
Adrien [ Ier], pape, i4dr/an,4dri-
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
298
anus, son règne, I, 265 § 90
et 36a.
Adrien [III], pape, Adrian ,
successeur [de Marin et non]
de Benoit IV, I, 362 a.
Adrien [IV], pape, Anglais,
Adrian , son règne, I, 364 a.
Advenement [du Messie], 85 16.
Aegidius, prince des Romains,
Gilles , battu par Clovis, II,
22a a.
Aelia Capitolina, nom donné
à la ville bâtie par Hadrien
à la place de Jérusalem, Elye,
11,344 135.
Afrique, Auffricque , Aufrique ,
est conquise par Alexandre,
11079-11086; 8040, I73i5,
i8o38. Roi : [Alaric] (?),
Agolant.
Agabibe, Ile Alhucemas?, I,
354 a.
Agace (Dame), femme du prê¬
tre dont Tibert voulut man¬
ger le lard, I, 324 a.
Agamemnon, roi de Grèce, Aga-
menon , 10761.
Agapit, pape, Agripit , son
règne, I, 36o a et 257
§ 69.
Agapit [II], pape, I, 355 fl.
Agapite, abbé, reconnaît le
véritable sexe de sainte
Enphrosine, I, a56 § 58
Agar, concubine d’Abraham,
Aguasala , son histoire, 8383-
8390.
Agathe (sainte), Agate, son
martyre, I, 246 § 43 et 349.
Agathon, pape, Sicilien, Asse-
tns , son règne, I, 36 1 fl.
Agaùnb, aujourd'hui Saint-
Maurice-en-Valais, lieu du
martyre de la Légion thé-
baine, I, 247 § 47.
Agens, à la mort d’Alexandre
reçoit la Gascogne, 17397-8.
Aglaé, noble dame dont saint
Boniface fut l’intendant,
Aglaos , Aglaye , I, 248 § 47.
Agnès (sainte), sainte Annès ,
1, 349.
Agolant, roi d'Espagne et
RENART LE CONTREFAIT
d’Afrique, Agoulant , Angou-
lant, sa guerre contre Char¬
lemagne, I, 353 ; 37411.
Agrapine , voy. Cologne.
Agrbpitus, à la mort d'Alexan¬
dre reçoit la Médie, 17109.
Agrippa, fils d’Hérode Agrippa,
Agrippe, succède à son père,
1, 340 § 33.
Agripine , voy. Cologne.
Agripit, voy. Agapit.
[Agrippine], mère de Néron,
Néron lui fait ouvrir le ven¬
tre, I, 240 $ 25.
Aguasala, voy. Agar.
Aigle, roi des oiseaux, réunit
sa cour, 41068-41075.
Aigulle , voy. Ayoul.
Aimeri de Narbonne, Aymeri
de Nerbonne au cuer hardi,
marie sa fille à Louis le
Débonnaire, 1, 355 fl.
Angleterre , voy. Angleterre.
Aise, Aislen, voy. Asie.
Aix-la-Chapelle (Prusse rhé¬
nane, Ai^ Ay\, Aii la Cha¬
pelle, I, 267 § 94, 270 § 98
et 355.
Alains, peuple germanique,
A lins, battus par les Francs,
I, 256 § 39; II, 220-221.
Alamans, peuple germanique,
Alemans , sont battus par
Clovis, II, 223 fl.
Alandaluf , voy. Andalousie.
[Alaric], roi d’Afrique (?), s’em¬
pare de Rome, I, 256 § 62.
Alaudaluf, corr. : Alandaluf ,
voy. Andalousie.
Albacete, (prov. de Valence),
Argalete , I, 354
Albanansis , voy . Albano.
Albande, voy . Alpaïde.
Albanès, (Barsaîntès ?), grand
dépensier de Darius, tue son
maître, 1 3070- 1 3 1 24 ; son
châtiment, 13297-13426.
Albanie, région située au nord
»
de l’Epire, Olbanie, i656o.
Albano (prov. de Rome), pa¬
trie de saint Sirice, I, 339.
[Albert 1er d’Autriche], empe¬
reur, a une entrevue avec
Philippe le Bel à Vaucou-
leurs, I, 291 § i5o.
Albigeois, région voisine d’Al-
bi, Abigois, Aubigois , pays
d’hérétiques, I, 286-7 § 1 38
et 365; — habitants d’AIbi,
31179.
Albumasar, astronome, auteur
de 1* « Introduction d’astro¬
nomie », Albimasar , Albima -
iar, 1, 23o-i § 8; 232 § 10
et 235 § i3.
Alcala [de Henares], (prov.
de Madrid), Auchala, I, 334 fl.
Alchabitius, al Kabit, astro¬
nome arabe, Arcabutius, I,
23a § 10.
Alcidès, marchand, son fils
est victime de sa crédulité, I,
308-9.
Alcora (?) (prov. de Castellon),
Alcoros, I, 354 fl.
Alcuin, Aubin, son histoire, I,
263-6 § 92.
Alemans, voy. Alamans.
Alemant, voy. Allemagne.
Alençon (Orne), Allencon, le
comte d’A. est annexé à la
couronne, I, 287 § 141.
Alexandre (saint), pape, son
règne, 1,357; instaure l’usage
de l’eau bénite, I, 245 § 37.
Alexandre [II], pape, Milanais,
son règne, I, 363 fl.
Alexandre III, pape, Alixandre,
vient en France, I, 285 § « 33 ;
son règne, I, 334 a •
Alexandre [IV], pape, con¬
damne le livre de Guillaume
de Saint-Amour, I, 289 8 144 ;
so mort § 145; son règne,
I, 365 a.
Alexandre [Sèvèrb], empe¬
reur, son règne, I, 245-6
§§ 42-43 et 348.
Alexandre (?), empereur de
Grèce, Alixandre, battu par
Robert Guiscard, I, 271 § 99.
Alexandre, roi de Macédoine,
Alixandre, à un chevalier qui
lui demandait une terre, don¬
ne une ville à prendre, 4824-
4834 ; 5oio, 9227, 9232,
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
TABLE ALPHABÉTIQUE DES NOMS PROPRES
299
9275 ; fils de Nectanebo et
d’Olympias, prodiges qui ac¬
compagnent sa naissance,
9969-9984 ; Philippe lui
donne le nom d’Alex., 9985-
10017 ; son portrait, 10018-
10027; son enfance, 10028-
10095; tue Nectanebo, 10096-
10260; il dompte Bucéphale,
10261- 10422 ; vainc Nicolas,
#
roi dc4 Elidïens, 10423-10522;
apprenant que Ph. avait ré¬
pudié Olympias et allait
épouser Cléopâtre, il revient,
empêche le mariage de s'ac¬
complir et réconcilie Ph.
avecOlympias, 10522-10686;
refuse de payer le tribut à
Darius, 10687-10746 ; fait
une expédition en Arménie,
10775-10806; revient d’Ar¬
ménie et tue Pausanias qui
voulait enlever Olympias,
10851-10927 ; son couron¬
nement, sa harangue aux
soldats, 10928-11028; con¬
quiert Tarant , Escalonne et
l'Italie, 11029-11078; passe
en Afrique, puis s’empare
de Thoposin , 1 «079-1 1098 ; à
sa prière le dieu Sérapis dé¬
place une montagne pour lui
permettre de bâtir une ville,
nommée Alexandrie, 11099-
112(6; va à Sidon 11217-
»
11220; va en Egypte, y voit
la statue de Nectanebo, éle¬
vée par Artaxerxès, 11221-
1 1254 ; conquête de la Syrie,
11255-11269; va à Damas,
puis à Oseette , 11270-8;
assiège Tyr, 11279-11306;
conquiert la Sicile et la
Crête, 1 1 307 - 1 1 3 1 8 ; s’em¬
pare de Jadiny cité aux Juifs,
11319-11392 ; conquête de
Tyr, de Sidon, de Tallant
et du Portugal, des roy¬
aumes de Suece , de Meny de
Norvée , de l’Andalousie, va
jusqu a Cathay, 11393-1 1410;
conquête de la Judée, ses
dévotions à Jérusalem, 1 141 1-
11 585 ; reçoit une lettre de
Darius, 1 1 586-1 1822 ; sa ré¬
ponse, 11823-11908; lettre
du satrape d’Antioche à
Darius, se plaignant d’Alex,
et réponse de Darius, 1 1909-
11960; nouvelle lettre du
satrape à Darius, 11961-
12022 ; seconde lettre de Da¬
rius à Alex., i2023-i2io5;
conquête de l’Asie Mineure,
12106-12124; conquête de la
cité de Transigora , 121 25-
12148; conquête d’Athènes,
12149-12174; va à Bride, puis
s'empare de la cité de Sa¬
trape , 12175-12216; Darius
réunit contre lui 600.000
hommes, 12217-12262 ; lui-
même a une armée de 34.000
hommes, 12263-12272 ; va
voir sa mère, qu’on lui disait
malade et la trouve gué¬
rie, i2273-i23o5; met sa
confiance en Ammon, i23o6-
1 23 18; livre bataille à Darius,
mais doit se retirer, 12319-
12346; réunit scs barons, le
prince d’Estrape, ceux de
Cappadoce, de Syrie, de
Sicile, de Pellagenie et de
Grèce, 12347-12360; le dieu
Ammon lui conseille d’atta¬
quer Dariusdans la montagne,
12361-12372 ; s’empare de
Tarse et s’y baigne, étant en
sueur, 12373-12398; il triom¬
phe de Darius, s’empare de
son camp et de ses femmes,
12399-12482; sa lettre à ses
sujets, leur demandant du
cuir et 1.000 peaux d’âne,
12483-12520; sa maladie, sa
magnanimité envers le mé¬
decin Philippe, 12521-12640;
revient en Arménie, manque
d’être assassiné à l’instiga¬
tion de Darius, 12641-12692;
Darius, de retour à Persé-
polis lui demande vainement
la paix, 12693-12836 ; mar¬
che sur Persépolis, bat les
Perses et les Indiens, venus à
leur secours, 12837-12954 ;
arrive sur les bords du Tigre
là où sont enterrés les héros
de Troie, il les pleure, 12955»
i3oo5; date du règne d’Alex.,
i3oi5-i3o3o; trouve Darius
mourant, i3o3 1-13246; entre
à Persépolis, visite le palais,
13247-13277 ; se fait cou¬
ronner et enterre Darius,
13278-13292; harangue ses
sujets, punit les meurtriers
de Darius, 13293-13426 ; ses
noces avec Roxane, 13427-
13462 ; va à Tauris, capitale
de la Perse, 13463-13470; va
en Hyrcanie, paya d'anthropo¬
phages, 13471-13481 ; va dans
une contrée dont les habitants
ne mangeaient que de la chair
crue, 1 3482-13506 ; il les bat,
les exile en Acquilonne, en¬
clôt la région de montagnes
et ferme la seule voie qui y
menait d’une porte de bronze,
13507-13571; là furent en¬
fermés Gog et Magog, 13572-
i?5g2; retourne en Hyrcanie
où il a à souffrir des serpents,
i3593-i 3602; va à Caspc et
bat les Caspiens dont il tue
les chiens en les attirant avec
des porcs , i36o3-i3628 ;
marche vers l'Inde, 13629-
13670; reçoit une lettre de
Porus, 13671-13716 ; sa ré¬
ponse, 13717-13736; seconde
lettre de Porus, 13737-13796;
convient d’un jour pour la
bataille contre Porus, les
préparatifs, 13797-13828 ;
ses soldats se plaignent
de la dureté de la cam¬
pagne dans l’Inde, 13829-
1 3856 ; il les réconforte
1 3857-* 3894 ; la bataille; il
lance contre les éléphants de
Porus des statues de métal,
rougies au feu et placées dans
des chars, et s'assure ainsi la
victoire, 13895-13947; entre
dans le palais de Porus, des¬
cription du palais, 13948-
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITYOF MICHIGAN
3oo
RENART LE CONTREFAIT
14044; occupe l'Inde, 14043-
14060 ; envoie un message à
Thalestris, reine de Femenie,
réponse de celle-ci, 14061-
14122; lettre d’A. à Thales¬
tris, leur entrevue, 14123-
14166; parcourt l'Inde, 14167-
14210; rencontre Porus en
combat singulier, le tue,
mort de Bucéphale, 14211-
14252 ; revient à Calchas, y
trouve des statues pleines
d'or, 14253-14265 ; va au
Mont Hercule, où est le terme
du monde, 14266-143 18 ; va
à Ramis, Dacquc, etc., 14319-
i435o; arrive dans un pays
où il n'y a que des femmes,
14351-14364; rencontre un
monstre ressemblant à un
hippopotame, 14365-14382 ;
entre dans une foret pleine
d’éléphants, 14383-14396 ;
trouve dans une autre foret
des femmes velues, 14397-
14414; rencontre en une lie
des femmes cornues, 144 14-
14442 ; arrive dans la contrée
des Oxydraqucs. pays plein
de neige, 14443-14462 ; re¬
çoit une lettre du roi des
Brahmanes, 14463-14832; sa
réponse, il fait clevcr une
colonne indiquant qu'il s'est
arrêté devant ce pays, 14833-
14899; rencontre des hom¬
mes ayant un œil sur la
poitrine, des femmes à demi
poissons, 14900-14923 ; ar¬
rive devant Candcs, et
demande à Candace de sa¬
crifier à Apollon, refus de
celle-ci, 14924-15014 ; se
rend auprès de la reine Can-
dacc, en se faisant prendre
pour Ptoléméc, la reine lui
témoigne son amour, i5oi5-
i335o; continue scs voyages,
voit en songe Sérapis, 1 533 1 -
13400 ; arrive dans une con¬
trée pleine de serpents, 15401.
13419; entre au Val Péril¬
leux où sont des bœufs sau¬
vages et des griffons, 15420-
i5455; passe près dun fleuve
peuplé de femmes très
amoureuses, 15456-15472 ;
arrive aux Colonnes d’Her-
cule, 15473-15494; conquiert
le pays de Madifaubardis,
15495-15540; conquiert la
cité d'Oubriamon, le dieu
Ammon lui donne l'herbe qui
guérit les blessures, 1 5541-
1 5576 ; côtoie la Mer Rouge,
15577-15591 ; entre en un
désert plein de serpents,
1 5592-i56c8; s'empare d’une
montagne où habitaient des
êtres à tête de cheval, 13609-
1 5636 ; passe dans une île
habitée par des Cyclopes,
1 5637-1 5668 ; va dans une
île habitée par des hommes
jaunes sans tête, 15669-1 5686;
arrive au palais de Xcrsès
roi des Lydiens, où sont les
oiscauxCalandres dont la vue
guérit les malades, 15687-
15712 ; s'empare du château
de Subagrc et de la ville de
Madrie, 1 57 1 3- 1 5756 ; prend
Danmantin, 1 5757-1 5788 ; vi-
sitclcchâteau duSolcil, 15789-
15938 ; un vieillard le con¬
duit à l’arbre du Soleil qui
lui prédit la date de sa mort,
15939-16118; traverse l’Inde
et s’arrête sur une montagne
près de la Mer Rouge, haran¬
gue ses soldats, 161 19-16162 ;
monte dans le ciel au moyen
d’un char attelé de griffons,
i6i63-i6258 ; se fait des¬
cendre au fond de la mer
dans un tonneau de verre,
16259-16388 ; sa science,
16389- 16442; s’en retourne
à Babylone, 16443-16510;
fait écrire pour sa mère le
récit de scs aventures, 1 65 1 1-
iG552 ; reçoit les tributs de
toutes les nations, 1 65 53-
16596; sa mère reçoit son
message, le montre à Aris¬
tote qui lui écrit une lettre
pour lui conseiller de se
méfier des fils d'Antipater,
16597-16772; la naissance
d'un enfant monstrueux pré¬
sage sa mort, 16773-16826 ;
Antipater machine sa mort,
16827-16939 ; Iolas, fils
d’Antipater, l'empoisonne,
1 6940- 1 6974; lamentations de
Roxane, 16973-16996; dicte
ses dernières volontés et
meurt, 16997-17287; est en¬
terré à Alexandrie, 17217-
17244; ses hauts faits, son
épitaphe, 17245-17216; dis¬
corde entre ses héritiers,
17285-17700 ; mort de sa
mère, 17701-17823; ven¬
geance de sa mort, 17823-
19195 ; sa cupidité et scs lar¬
gesses, 24904-24920; 20413,
20419, 20421; I, 3i8, 328,
33 1 a\ 233 17, 24858, 2923?,
30899, ^0908.
Alexandre (?), à la mort d’Ale¬
xandre le Grand, reçoit la
région du fleuve Graniquc,
17357-8.
Alexandre, patriarche de Cons¬
tantinople, assiste au concile
de Nicée, II, 25o § 5o.
Alexandre, évêque de Grèce
(?), cause du schisme, est ré¬
concilié par Hormisdas, I,
36o a.
Alexandre [de Traites], méde¬
cin, 23393, 25o83.
Alexandrie d’Égypte, Alexan¬
dre, sa fondation, 1 x 146-
1 1 2 1 6 ; est donnée à Ariolon,
17147-8; Alexandre y est en¬
terré, 1 7224-17244; Philon
écrit un livre sur l'église d'A.,
I, 239 § 21 ; 1, 23o § 5o, 25 1 §
5 1 , 252 §54, 346, 35o, 32629;
— alexandrin , 3772 ; évéque :
Archilles.
Alfred [le Grand], roi d’Angle¬
terre, Euffroy , son règne, I,
270 ? 99.
Alik (?), région de l’Asie Mineu¬
re [par une confusion proba¬
ble avec le fleuve Halys],94io.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
TABLE ALPHABÉTIQUE DES NOMS PROPRES
3oi
[Aliénor] d'Angleterre, femme
d’Henri III de Bar, I, 291
§ i3o.
Aliénor de Guyenne, son di¬
vorce d'avec Louis VII, scs
filles [Mahaut, Aliénor et
Jeanne], I, 284 § 1 3a.
[Aliénor], fille d’Aliénor de
Guyenne, femme d'[Alphon-
se] de Castille, I, 284 g i32.
A lins, voy. Alains.
Alix, fille de Thibaud deCham-
pagne, femme de Louis VII,
Adelle , Edeline, 1, 284 §§ i3o
et 1 32 ; 283 § 1 34.
A lixandre, voy. Alexandre et
Alexandrie.
Aliz [Dame), nom de ménagère,
93 1 .
Allemagne, pays, Allemaignc ,
Alemaigne , I, 2 36 S 3g, 267
§ 94, 368 s 93, 269 s 97, 270
§ 98, 283 § 129, 287 § 140,
363 a , 366 a, 27634, II, 221;
Alemant , 8119.
Allencon , voy. Alençon.
Almageste, œuvre de Ptoléméc,
Amagieste, I, 229 $ 6; 362 1 3.
Alméria (prov. de Grenade),
Almarie , I, 334 a- Voy. Au-
M A RIE.
Alpaîde, Albande , mère de
Charles-Martel, ll,23ort.
Alpliius, voy. Appius Claudius.
[Alphonse III], roi de Castille,
père de Blanche de Castille,
I, 284 § 1 3a.
Alphonse [de Poitiers], épouse
[Jeanne], fille de [Rai¬
mond VI] de Toulouse, I, 284
§ 1 3a ; sa mort, I, 289 § 146.
Altamota , voy. Zamora (;).
Amadre , voy. Amator.
Amagieste , voy. Almageste.
Amator (saint), évêque [d'Au
xerre], Amadre , I, 247 5 44
Amazones, peuple de femmes
Masonicnne , 14 127; voy
Fembnie.
Ambition, personnifiée, 34419
Ambroise (saint), évêque de Mi
lan, Enbroisse 3o55, I, 232
§ 54, 236 § 60, 33o ; 32341
Amenie , mère de Romulus et
Remus, voy. Riiea Silvia.
Angleterre, voy. Angleterre.
Ami et Amile, leur histoire, I,
264-3 § 90.
Amiens, en Picardie, Philippe VI
y réunit le ban et l'arrièrc-
ban pour faire la guerre au
roi d'Angleterre en 1337-9,
40910-40944:1, 248547.
Amites, à la mort d’Alexandre,
gouverne les Dracîcns et les
Éligicns, 17383-8.
Ammarie , voy. A un a rie.
Ammon, dieu de Lybic, Amon,
sa puissance, 9698-9704; Nec-
tanebo feint d'être A. pour
satisfaire sa passion pour
Olympia, 9733-9848; dévo¬
tion d'Alexandre pour A.,
i23o8, 1 2 3 1 8 ; il lui apparaît
en songe, 1 3334- 1 3 3;6 ; 1 483 1 .
ylmoiis, fils de Lameth, corr.
Jubal, voy. ce mot.
Amour, personnifié, opposé à
Raison 27397-27404; 39682,
39683, 40209, 4021 1.
Amour (saint), II, 200 a .
Ampiiion, vit à Thèbcs, 865o ;
est tué par Hercule, 8667.
Amphipoi.is, ville de Macédoine,
Pli ilorca n ie, C a ssan dre y tient
Roxanc prisonnière, 17803-
17823.
Anaclet (saint), pape, le même
que Clet (voy. ce mot) son
règne, I, 337.
Anaclet, antipape, auparavant
Pierre de Léon, I, 284 $§ 129-
i3o.
Asagni (prov. de Rome), 'nom¬
mé à tort) Avignon , I, 292
S f 3 1 .
Anam , voy. le suivant.
Akanias, père d'un certain Jésus
qui annonçait la destruction
de Jérusalem, Anam , I, 240
S 23.
Anastaise voy. Anastase, Atiia-
nase; — (sainte), voy. Asas-
tasik .
Anastase (saint), pape, Anes¬
taisse, originaire [de Rome et
non] d'Albano, son règne, I,
33g.
Anastase II (saint), pape, Anas¬
taise, Anestaisse, son règne,
I, 36o ; I, 257 § 66.
Anastase [IV], pape, Anestais¬
se, son règne, I, 364 a.
Anastase !•«■, empereur, Anas¬
taise, Anestaisse , I, 237 § 67
et 35o a.
Anastase II, empereur de By¬
zance, Anastaise, I, 263 § 83.
Anastasie (sainte), sainte Anas¬
taise, sainte Anastaisse , I,
24» S 47-
Ance, voy. Anseau.
Ancelme (saint), voy. Anselme.
Anciiisr, frère du roi Priam,
Anchisès, ig655-6.
Anchise, héritier d’Alexandre,
Anchisès , 17133-4.
Anciiisklès (?), trace le plan et
construit Alexandrie, 1 1 1 33-
1 1 160.
Anchus , 20 3 19, voy. An eus
Marcius.
Ancise, médecin, peut-être
Alkindus, 23394.
Ancus Marcius, roi de Rome,
Anchus , 2o3 19-20322; 2o323.
Andalousie, terre a Laudalus,
terre Alandaluf, est conquise
par Alexandre, 11407; est
conquise par Charlemagne,
1,353.
André, probablement l’Inde,
3-/73.
André (saint), apôtre, Andri,
Andrieu, sa crucifixion, I,
240 § 25 et 345 a .
Andri, Andrieu voy. le précé¬
dent.
Andromaquk, femme d’Hector,
Andromada, conseille en vain
à Hector de ne pas combat¬
tre Achille, 3i323-3i34o.
Ane (T), voy. Bernard, Fro-
mont et Timer.
Anemi, 2480, voy. Fnnemi.
Anestaisse, voy. Anastase et
Anastasie.
Angers (Maine-et-Loire), An-
giers , Théodulf y est mis en
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
302
RENART LE CONTREFAIT
prison, 1,268 § 90; le comté
est annexé à la couronne, I,
287 § 141; il est donné à
Ch. de Valois, I, 290 § 149;
évéque : Maurille (saint).
Voir : Foulques le Noir,
Geoffroi-Martel, Charles
d'Anjou, Charles de Valois,
Philippe de Valois.
Anglais, Anglois, Angloi\ ,
s’emparent de la Grande-Bre¬
tagne, I, 256 § 3g et 285 § 1 33;
sont battus à Hastings, I,
280-1 § 1 19 ; défont et tuent
Simon de Montfort, I, 289
g 144; sont battus par les
Écossais, I, 295 § 1 58 ; 8119;
I, 278 § 1 *4*
Angleterre, Angleterre, An¬
gleterre \ Engleterre , est con¬
quise par César, 21447-8,
21471-21 480, 2 1 62 5 ; est occu¬
pée par les Anglais, I, 236 §
59 et 28.S § 1 33 ; un mort y
ressuscite, I, 261 § 77; dé¬
vastée par les Danois, I, 269
§ 97; conquise par les Nor¬
mands, I, 271 8 99 y ^jour
de Louis d’Outremer en A.,
I, 271 §§ io2-3; histoire d’une
femme emportée par les dé¬
mons, I, 278-9 8 116; prend
part à la ir* croisade, I, 282
§ 1 26 ; est consacrée par Jean-
Sans-Terre au Saint-Siège,
I, 287 § 140 ; I, 262 § 81, 265
§ 92, 272 § io3, 364 a , 366
a; 40960; II, 233; rois :
Alfred le Grand, Edouard
!•* dit l'Ancien, Edmond, Ha¬
rold, Guillaume le Conqué¬
rant, Guill. Il, Henri II,
Richard-Cœur-de-Lion, Jean-
» *
Sans-Terre, Edouard I#r, II
et III; reines : [Isabelle] ;
Voy. Philippe, fils de l’empe¬
reur Henri IV (?); Aliénor;
voy. aussi Bretagne (Grande-).
Anglois , Angloi\, voy. Anglais.
Angora, ville de Phrygie, An-
gorien , est donnée par Ale¬
xandre à Candalus, 17139-
17140.
Angorien, voy. le précédent.
Angoulant , voy. Agolant.
Anicet (saint), pape, Anicius,
originaire d’Aquitaine, son
règne, I, 357.
Anicius, voy. Anicet.
Anjorrans , voy. Enguerran de
Marigny.
Anjou, province française, I,
287 § 141 ; comtes : Foul¬
ques le Noir, Geofproi-Mar-
tbl , Charles d’A., Charles
de Valois, Philippe de
Valois.
Anne (sainte), I, 237 8 17.
Annemy , 2487, voy. Ennemi.
Annès (sainte), voy. Agnès.
Anseau [II) de Ribemont, comte
de Mons, Ance, part pour la
croisade, I, 282 § 126.
Anségisèlb, père de Pépin
d’Héristal, Antegresil , II, 23o.
Anselme (saint), Ancelme, exilé
par Guillaume II d’Angle¬
terre, I, 281-2 § 123.
Antéchrist (1’), Antecrist,
13589; I, 2 3o§8 et 235 § 1 3 ;
II, 246.
Antegresil , voy. Anségiséle.
Antklla (prov. de Valence)
Aurélie c/iastiaus , I, 354 *•
Antèrk (saint), pape, Enthoros ,
Eutheros , I, 348 a; son règne,
I, 358.
Anthigonus, voy. Antigone.
Anthioche, Anthiochiens, voy.
Antioche.
Anthipater, voy. Antipater.
Anthoine, voy. Antoine.
Anthoine le Débonnaire , voy.
Antonin le Pieux.
Anthopatras , voy. Atropatès.
Anthoyne , voy. Caracalla.
Antigone , compagnon d’A¬
lexandre le Grand, Anthigo¬
nus , Antigonus, accompagne
Alexandre au château du So¬
leil, 1 5837-1 5840; s’empare
de la Phrygie, 17325-6; sa
guerre contre Perdiccas,
17533-17556; sa guerre con¬
tre Eumène, 17619-17700;
reçoit un message d’Élior,
1 8026- i8o3o; exemple de son
avarice, 4800-4821 et II, 2o3.
Antioche, ville de Syrie, An-
thioche, 9201, 11912, I23i8;
I, 256 g 60, 267 8 94» 343,
356 a et 36 1 a; — (habitants
d’), Anthiochiens , 11940,
11971, i2o36.
Antiochus, compagnon d’Ale¬
xandre, 17357-8.
Antipater, procureur des Juifs,
9199; I, 2*7, § I.
Antipater, compagnon d’Ale¬
xandre le Grand, Anthipater ,
Olympias met Alexandre en
garde contre lui, 16629-
16770; fait empoisonner Ale¬
xandre, 16827-16974; les
Athéniens se révoltent contre
lui, 17473-17520; lutte contre
Eumène; 17557-17605; se¬
court Eumène, 17619-17700;
est assiégé dans Rochefort,
pris et supplicié, 1 7824-
19186; 17120, 17341.
Antoine (saint), abbé, saint
Anthoine, 9107; I, 244 g 35,
246 8 44. 25 1 g 5i, 348, 349 j
et 338 a.
Antoine, Lombard, changeur
à Troyes, se venge d’un Pro¬
vençal, 30246-30327.
Antoine (Marc), Anthoine , scs
amours avec Cléopâtre, sa
mort, I, 227 8 2 ; I, 232 8 i°-
Antoine (saint) [de Padoue],
nomme auparavant Ferrent ,
I, 2S8 § 143 et 349 a .
Antonin le Pieux, empereur,
Anthoine le Débonnaire , son
règne, I, 244-5 §§ 37-38 et
348.
Apocalypse (1'), Apocaliplie,
36444.
Apollon, dieu, Apolin, prédit
à Laios qu’il sera tué par
Œdipe, 3868-3874; Apoli-
nam, déesse de la médecine
et de la musique, 14795-
14798; Apolinée , déesse de
Tagant, est honorée par Ale¬
xandre, 11037-1 1044: Apoli-
nus , 14943; Apollo , invente
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
TABLE ALPHABÉTIQUE DES NOMS PROPRES
3o3
la harpe, crée la médecine,
fonde la ville de Cillon,865«-
8656 ; I, a3 1 g 9.
Appius Clauoius, décemvir,
[l'auteur a fait deux person¬
nages de] Alphius et Claudius
le malvais terre , son histoire
avec Virginia, 20429-30432.
Aprbmont, lieu où fut fondé
Provins, 37463-8.
Aquaire , voy. Verseau.
Aquarie [saint), corr. Zacharie,
patriarche, voy. ce mot.
Aquila [traducteur de la Bible],
A quille, interpréteur après
les lxx.9 I, 244 § 35.
Aquitaine, Acquitaine , est con¬
quise par Philippe Auguste, I,
287 §141; famine, I, 288 g 143;
massacre de lépreux, I, 294
8 «56; I, 263 g 86, 265 8 9».
274 8 106, 282 8 126, 284
§ 8 «3o et 1 32, 296 8 161,
357 a; II, 734.
Arabie, Arabe , Arabten , Arra-
bie, 8189,9407, 12497, i73i5;
I, 240 § 24; 33o37; — (habi¬
tants de P), Arabes, Arrabes,
Arrabtens, 10936, 11449,
ii5i4, 11972, !2o35, 13299,
17100; I, 359 g 74.
Arachosie, région méridionale
de l'Afganistan, Arragonnois ,
échoit à Sibyrtios, 17379-
17380; voy. Confise.
Aragon, royaume d'Espagne,
Arragon, histoire de la croi¬
sade d’A., I, 290 gg 148-9;
rois : Jacques I", Pierre III;
voy. Isabelle, Constance.
Aram, 61s de Sem, Aron, 8o3i.
Aram, 61s de Tharé, Aras,
8370-1.
Araon, voy . Aaron.
Aras, voy. Aram, 61s de Tharé.
Arbui.e en Espagne, peut-être
Huelva, I, 354 a-
Arcabutius, voy. Alchabitius.
Arcade, voy. Cardia.
Arcadius, empereur, Archade ,
son règne, I, 35o a.
Ar caressés, Arcarressès , voy.
Artaxrrxès.
Arcesilaus, Aucte's, à la mort
d’Alexandre reçoit l’Assyrie,
17123-8.
Archade, voy . Arcadius.
Archaresse^, voy. Artaxbrxès.
Archbdbclin (saint), le marié
des noces de Cana, nom pro¬
pre formé sur le mot latin
architriclinus , maître d’hôtel,
f. 237 8 «7-
Archer (P) blasphémateur, II,
21 1*212.
Archillès (?), évêque d'Alexan¬
drie, assiste au concile d’Aix-
la-Chapelle, I, 267 8 94. [Cet
évêque est nommé Achille
dans Vincent de Beauvais].
Arcos (Ios), ville de Navarre,
Uracia quae dicitur Arcus ,
I, 354 a.
Ardenne, contrée du nord de la
France, saint Eustache chasse
dans la forêt d’A., I, 242
S 32.
Aretin (Guy), voy. Gui d’Arezzo.
Av gale te , voy. Albacete.
Argentan (Orne), Argentes, est
donnée à un moine de Fé-
camp par Richard, duc de
Normandie, 1, 276 g no.
Argos, ville de Grèce, Arges,
se révolte contre Antipater,
17476-8.
Argus, aux cent yeux, 28205 ;
cité avec Euclidc, 473, avec
Boèce, 5017.
Argyraspides [soldats de la
garde d’Alexandre et non]
une gentfort et anchiens , Si -
raspidiclens , Siraspidlens f
livrent Eumène à Antigone,
17647-17700.
Aridlen, voy. Arrhidée.
Ariche, voy. Ariste.
Ariens, hérétiques, Arriens,
calomnient saint Athanase,
persécutent les catholiques,
I, 25i 8 5i.
Ariolum, maître de Philippe et
d’Alexandre le Grand, expli¬
que un songe à Ph.f 9833-
9876 ; son oracle au sujet de
Bucéphale, 10293-103 r 1 ; ex¬
plique le songe de la grappe
à Alexandre, 1 1 36i-i 1 3y5 ;
explique un présage à Alexan¬
dre, 16773-16806; héritier
d’Alexandre, 17147-8.
Ariste, compagnon d’Alexan¬
dre, Ariche , aide Élior à ven¬
ger la mort de son père,
17964-19186.
Aristïbns(?), peuple d’Asie,
vaincu par Alexandre, 14330.
Aristote, philosophe, maître
d'Alexandre, 103x3-5 et I,
3x8; reçoit une lettre d’Alex.,
13427-13462; autres lettres,
i653 1 - 1 655x, 16597-16048;
lettre d’Ar., 16649-16772 ; re¬
çoit en héritage d’Alex, le
pays de Damas, 17149-17152;
citations extraites du livre des
• Secrets », I, x32 8 1 1 » 235
§ 1 3 ; 4742, 5oi3, 5770,9224,
25200, 32 33g; — Le Maistre ,
23862, 28376, 28555, 28682,
28693; — le Philosophe ,
171, «461,1467,15878,28772,
32143.
Arithmétique, un des sept arts,
34215-34226.
Arius, hérésiarque, Arrie , Ar-
rius, I, 249 8 48 et x5 1, 8 5o.
Arménie, Ermenie, Hermenie,
est conquise par Alexandre,
10795- «0806; ix563, 1 x63o,
12642, 26757; les— s, revien¬
nent à Fractaferus à la mort
d'Alex., 1741 1-2; 8099, i656«,
20438; — (Haute), 12498;
— la Majour , io85x; — (Pe¬
tite), l'arche de Noé y atter-
rit, 7976"7998» Arméniens,
Hermenlens, se révoltent con¬
tre Philippe, «0775-10806;
9411, iog38.
Arnoul (saint), 1,257 8 66, 35o a
et 36 1 .
Arnoul (saint), père de Pépin
le Bref(?), évêque de Metz, I,
260 8 75.
Arnoul, empereur, son règne,
I, 271 g 100.
Arnoul, archevêque de Reims,
est déposé, I, 273 g io5.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
3o4
Arode% voy. Harold.
Aron , voy. A ram.
Arrabe , Arrabic, Arrabien ,
voy. Arabie.
^rrag-on, voy. Aragon.
Avragonnois , voy. Araciiosie.
Arras (Pas-de-Calais), miracle
de Thostie sanglante, I, 285
§ 1 35.
Arrhidée [bâtard de Philippe
de Macédoine], Aridien , est
mis à mort par Olympias,
17701-17771.
i4rrie, /trrius, voy. Arius.
Arrogance, personnitiée,
345o3, 34509.
Artabucius, corr. : Arcauutius,
voy. Alchabitius.
Artaxerxès, roi de Perse, Ar-
charesse\ , 4 redressés, Arcar-
ressès, s’empare de l'Egypte
pour punir Nectanebo d'être
magicien, 93 1 1-9640; a pour
fils Darius, 10687-10706;
avait élevé une statue en
Égypte, 1 1221-1 1242.
Artois, prov. de France, com¬
tes : Robert, Charles.
Arts (les sept), 34143-34362.
Artur (le roi), Arlu , Artus , son
histoire, 4325*4422; est nour¬
ri par la mère de Kcu,
28909-28944; reçoit auprès
de lui BéclarcI, transformé
en bête, et le venge, II, 233-
269; I, 266 § 63, 3 1 5 et
629 a .
Asandros, Orianccnder, à la
mort d’Alexandre reçoit la
Carie (Kaire), 17115.
Ascalon, ville du sud de la Pa¬
lestine, Ascalonne , patrie
d’Hérode, I, 227 § 2.
Asclépios, interlocuteur d’Hcr-
mèsTrismégiste,quc l’auteur
a pris pour une ville, Eclopé ,
li 23 1 § 9.
Asie, partie du monde, Aise ,
Ayse , 8o38, 8042, 8668,8640,
8643, 10623, 11946, 14161,
2o633, 39441; — Mineure,
A ise la Menour , 12109; A 1-
sien , habitant de l’Asie, 8641.
RENART LE CONTREFAIT
Assetus, voy. Agathon.
Assiate, terre voisine de l’Inde,
.7375.
Assirïens, voy. Assyriens.
.Assise, ou refuge des voleurs
fondé par Romulus, voy.
Rome.
Assur, fils de Scm, Asur ,
8o5i.
Assyriens, Assirïcns , 8633,
17126.
Astinïens (les), peut-être les
Éthiopiens, 8696.
Astinis , corr. Ascinis, voy. Es-
chine.
Astorga (prov. de Léon), Ans -
turgia , I 354^.
Astriciies, île, probablement
l’ile Scillonta à l'embouchure
de l’indus, 14332.
Astronomie, un des sept arts,
34228-34362 , 34631-34764,
34883-33270, 353 1 3, 35536-
33700, 36200-36427.
Astronomïcn (P), s’étant vêtu
de plumes, se jette d’une
tour, pensant voler, I, 280 §
1 18.
Astolpiie, roi des Lombards,
Hasluphe , est battu par Pé¬
pin le Bref, I, 263 § 86; sa
mort, I, 264 § 86.
Asturks (?), astronome, I, 23 1
§ 8-
Asur , voy. Assur.
Atiianase (saint), évêque d'Ale¬
xandrie, Anastaise , A nais -
taise , saint Attestais , saint
Anestaisse , I, 260 § 5o, 261
S 5 1 , 349 a , 358 a.
Athènes, en Grèce, Athaines,
A theines, est prise par Ale¬
xandre, 12 149-1 2 174; se ré¬
volte contre Antipatcr, 17473-
17620; croisade de 1 336,
3 1 34 1 -8 ; 4162, 10328,17141,
21623,1, 246 § 43; les Athai-
niens , \7b0b.
Athis, Athys , Hatis , histoire
de Porphirias et d’A., 1486-
2o33, 2 1 3o, 2 1 33, 2 1 35 ; ma¬
rié à Gaite, 4139-4216.
Atiiye, ville de Lombardie,
VAtille ou Atilie des chansons
de geste, Catilina s’y réfugie,
9209-9210.
Athys , voy. Athis.
Atise, homme qui aperçoit en
rêve Benoît VIII, 1, 278 S
1 13.
Atropatès, Anthopatras, à la
mort d’Alexandre a la Médic,
17323-4.
Atropos, l’une des Parques,
Atropo , 16100.
Aubefort, ville d’Arménie,
17413.
Aubert, nom d’un des danseurs
maudits, I, 275 § 108.
Anbery , voy. Aubry.
Aubigois , voy. Albigeois.
Aubin , voy. Alcuin.
Aubry, archevêque de Bourges,
Aubery, I, 284 g 1 3 1 •
Aucerre, voy. Auxerre.
Auctàs, voy. Arcesilais.
Aucton , voy. Octon.
Audoverb, Acocre , Adcrée, 2e
(sic) femme de Chilpéric, est
reléguée dans un cloître, à
l’instigation de Frédégondc,
II, 225-227 a.
Auffricque , voy. Afrique.
Auffriquaire (?), pays d’Afri¬
que, échoit à Antigone lors
du partage de l'empire d’A¬
lexandre, 17327.
Aufrique , voy. Afrique.
Auguste, empereur, Octhcvien ,
Octovien, Ce\ar Auguste , son
histoire, 22167-22212; I, 226
$§ 1-4 et 344; reçoit l’ora¬
cle de la Sibille, refuse d'être
adoré, I, 23i-2 § 10; 22066;
1, 23o§ 8, 236 §§ 1 5- 1 6, 294
i 164; 23046.
Auguste (?), peuple d'Asie,
9408, 9454.
Augustin (saint), évêque d'Hip-
pone, sa valeur comme écri¬
vain, 1, 253-3 § 54; I, 227-8,
$ 3, 23o § 8, 23i § 9, 256 §§ 61
et 63; 23533, 25948, 28462,
32320, 32347.
Aumarie, Ammarie , royaume
sarrazin, tirant son nom de
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
TABLE ALPHABÉTIQUE DES NOMS PROPRES
3o5
la ville espagnole cI'Almkria
[voy. aussi ce mot). 7 3,
1 1589, 18044, *^391 .
Aurée (sainte), abbesse, scs
miracles, I, 260 § y5.
Aurele , voy. Aurélien.
Aurele Commode , voy. Com¬
mode.
Aurelianas , voy. Orensk.
Aurclie , chastiaus , voy. An-
TBLLA.
Aurélien, empereur romain,
-dme/c, son règne, I, 246-7
44-43 et 349.
Enserre, voy. Auxerre.
Austrasie, royaume, Galte ,
Clotaire II en confie le gou¬
vernement à son fils Dago¬
bert, II, 229.
Austregisile (saint), saint Ans-
tregelere , evesque de Bout -
I, a5g § 72.
Austurgia, voy . Astorga.
Auteur (P), les autorités, les
écrivains, Aucteur , /Icfci/r,
14277, 14434, 1386g, 23497,
2 -*499 î — Mais très, 734 1 .
[Auteur (P) de Rcnart le Con¬
trefait], j4c/cur, est originaire
de Troyes, écrit pour ne pas
rester oisif, exposition du su¬
jet, commence à rédiger en
1 3 1 gt 3 1 -4 1 4 et II, 195 ; doit
quitter la clcricature pour
causede bigamie, 3 1 86-3 198 ;
traduit l’histoire d'Alexan¬
dre du latin en roman en
1320,9278-9290 et 9770-
9782 ; a eu à se plaindre des
faux amis , 22449-22642 ;
mena une mauvaise vie
29189 - 29202 ; écrivait en
i328, mit i3 ans à parfaire
son roman, 34321-34334;
écrit pour éviter l'oisiveté,
33323-35535 et II, 216*1-217;
fut épicier, 36 11 3-8; 2915,
2973, 5575 - 558o, 5608-9,
802, 29871-6, 3o25o-4 ,
33j83-33i9o, 33239-33249,
39909.
Autry, voy. Auxerre.
Autun (Saône-et-Loire), Ostun
T. IL
Othun, évêque : Léger (saint).
Auvergne, province française,
I, 249 S 48 et 264 §90; voy.
Pierre d*A.
Auxerre (Yonne), Aucerrc , Au -
serre , Autry, évangélisé par
saint Pèlerin, I, 244 § 35 ; pa¬
trie de saint Germain, 1,247
§ 44; les prisonniers portent
leurs chaînes à Notre-Dame
sur le tombeau de saint Vi¬
gile, I, 262 .5 79; le roi de
France, Raoul, meurt à A., I.
271 § io3; évêques : Pèlerin
(saint), Germain (saint), Vi-
gile (saint), Hugues de Ma¬
çon ; voy. Rémi d’A.
Avarice, personnifiée, disser¬
tation sur PA. 35871*36199;
36438, 36497.
Aveugles, exemple des deux A.
de Rome, à chacun desquels
le pape donne un pâté, 3 1793-
3 1866.
Avicenne, médecin arabe, Avi-
ccnc , Avisante, 5ooy, 1, 2 3o
§ 8, 233q3, 25o8o.
Avignon (Vaucluse), est pris
par Louis VIII, I, 288 S *42î
confondu avec Anagni, I, 292
S 1 5 1 jévêque : Jacques, Jean
XXII.
Avila (Nouv. Castille), Aavila ,
1, 334 a.
Aviz(Dame), « qui tost fait mal
et bien envis »,(job.
Aymeri, voy. Aimeri.
Ayoul, moine de Fleury-sur-
Loirc, Aigulle, amène à
Fleury-sur-Loirc le corps de
saint Benoit, 1,261 $ 78.
Ayse, voy. Asie.
Ayj , voy. Aix-la-Chapelle.
Azor, fils d’Eliacim, de la des¬
cendance de David, I, 228
§ 5.
Babel (la tour de), est construite
par Nemrod , 3893*3902 ,
8o?9-8i52, I, 333 ; Ninus
tente en vain de s’en empa¬
rer, 83 1 3-83 18.
Babylone, capitale de la Chal-
déc, Babiloine , Babilone le
Grant, Babilonne, Nemrod lui
donne des lois, 8i25-8i52,
8571-8388; est assiégée par
Ninus, 8214-8318 ; Balthazar
y règne, 9203-4; les Juifs lui
paient tribu, 1 1 565- 1 1 5 74 ;
l'arbre du Soleil prédit à
Alexandre qu’il y mourra,
16081*6; Alexandre s’en em¬
pare, 16443-16510; une
femme y met au monde un
enfant moitié homme et moi¬
tié béte, 16773-16826; les
fils d’Antipater y trament la
mort d'Alexandre, 16901-
16974; Alexandre y meurt,
1721 1-17225 et 17898-17902;
le port de B., 17416-17424;
fut fondée par Noé, son his¬
toire, 19265-19466; sa des¬
truction, 19477-8, 36988-9;
la captivité de B., I, 229 § 5 ;
astronomes de B, I, 232 § 10
et 234 § 1 1 ; 17136,— (habi¬
tants de), les Babilones gens ,
19306, Babiloniens , 19316.
#
Babylone [d'Egypte] , auj.
Vieux-Caire, Babiloine , Ba-
bilonne , 3779; I, 270 § 98.
Bacchus, Dionisius Bachus qui
fu per es a tous les dieux , ne
put conquérir l’Inde, 13764-
1 3775; Marcus , dieu des bras ,
14765-8.’
Bâcles [terre des), voy. Bas¬
ques (Pays).
Badajoz (Estrémadure), Ba-
doice , I, 334 a.
Baeza (prov. de Jaen), Baetia,
I, 354 a.
Ba géras, voy. Najera.
Bailli (le) et les plaideurs,
33910-35954.
Baiona , voy. Bayonne.
Balaan , voy. Bari.aam.
Balaam, patriarche, Balan ,
19340.
Balance (la), signe du zodia"
que, le Livre , I, 234 §§ 12-
i 3.
Balant [père de Ficrabras], I,
3oo.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
3o(>
Balknus, magicien, g3i3,
23207.
Bai.icant, roi des Sarrasins, I,
333 <7.
Balisii-: {?'•, Athénien, 10327.
Balthasar, roi de Babylone,
Baltasar , Q2o3.
Bar-i.e-Duc: (Meuse , comtes :
#
Henri III, Edouard 1".
Bar-si r-Auuk (Aube;, I, 3 19 a.
Barat, tils de Renart, 2S443.
Barbagale.chastiaus , voy. Bkr-
BKGAI. .
Barbarie, région de l'Afrique
du Nord, 1 i33o, I, 334 a.
Barbastro (Aragon), Barbastre .
I, 33q a.
Barbeaux, près Melun, Barbel ,
l’abbaye est fondée par
Louis VII qui y est enterre,
L 283 S 1H4.
Barbue, la Chèvre, histoire de
B. et d'Iscngrin, ioo4-3i83;
1, 3o3; B. entre en reculant
dans un pré où on l'empê¬
chait d’avancer, II, 23a a -
233.
Barce, voy. Barse.
Barcelone (Catalogne), Barcel -
lonnc , Barcinona , est cédée à
la France. 1, 289 g 144; I,
334 a.
Bari (Bouille), le corps de saint
Nicolas y est transféré, I,
281 $ 122.
Barlaam .saint), Balaan , com¬
ment il convertit Josaphat, I,
233 § 36.
Barnabe (saint), Barnabas, sa
mort, I, 240 § 23 et 346.
Barse, rivière, affluent de la
Seine, Barce , I, 332 a.
Barthélémy (saint), Bcrthclo -
me , saint Bcrtholony , 1,291
$ i3o; son martyre dans
l'Inde, I, 3q3 a.
Basile le Grand (saint;, évê¬
que de Cappadocc, Basilic ,
sa vision, 1, 23 1-2 § 32 ; sa
règle, I, 23a S 24.
Basine, femme de Childéric et
mère de Clovis, Bissine , son
histoire, II, 222 et 222 a.
RENART LE CONTREFAIT
Basques (Pays), terre des Bâ¬
cles , I, 333.
Batant , voy. Batiiii.de.
Batelier, Nageur, exemple
du B. qui rame contre le
courant, 3383 1 -338q3.
Batiiii.de (sainte), reine de
France, femme de Clovis II,
Batant, don lignai ge de
Saynes , sainte Bailleur, sa
vie, II, 229 j-2 3o: fonde les
abbayes de Corbic et de
Chelles, I, 261 § 76.
B muant, le Porc, Bauchant.
333, 342.
•
Baiuant. cheval d'Flior, Bail -
chant, 18844.
Baudouin de Constantinople,
comte de Flandre, fausse¬
ment identifié avec son père
Baudouin V de Hainaut, I,
286 § 1 36, s'empare de Cons¬
tantinople et devient empe¬
reur, $ 137.
Baudouin [rr], comte de Flan¬
dre, enlève Judith, fille de
Charles le Chauve et devient
comte de F landre, I, 269-270,
S 9*-
[Baudouin IF. comte de Flan¬
dre, épouse F'Istrude, I, 270,
S 99-
Baudouin [V] de Hainaut, de¬
vient comte de Flandre à la
mort de Philippe d'Alsace,
est confondu avec son fils
Baudouin de Constantinople,
I, 286 S 1 36.
Baudouin [ier;, roi de Jérusa¬
lem, Bauduin , frère de Gode-
froi de Bouillon, I, 282 § 1 26;
succède à son frère sur le
trône de Jérusalem, I, 283
S 126.
Bauduinet, tils d'ügier le Da¬
nois, I. 263 §
Bautcur sainte] voy. Batiulde.
Bavière, royaume, Bauiers ,
1740A, I, 273 § 108.
Bayonne (Basses - Pyrénées),
Baiona I, 334 a.
Beau Parler , personnifié ,
2990 1 .
Beau Saluer, personnifié ,
29901.
Beauvais Oise , lcvèque de¬
vient comte de B., I, 273,
S 109; évêque : Jean de Ma-
R I « « N Y .
Béüryuis ou Phrygiens, Bri-
cors, Briens. Alexandre dé¬
fend Candalo contre le roi
des B., i3o27-i3i42.
Bec (Le) vEure), Le Becq. ab¬
baye, I, 280 § 1 19.
Béclarel BiclareL Biclaret, se
change en bête tous les
mois ; est trahi par sa femme,
sa vengeance, II. 233-239 a.
Becq (Le), voy. Bec (Le).
Bkdk le Vknéradle, BcJe
l'Honnourable, II, 228 § 3,
237 § 17, 261 S 77» 262 S 81.
266 S 92, 270 S 99-
Bkou.a, mère de Pépin d'IIéris-
tal. Bege, II, 2 3o.
Béguine (saint', voy. Béni¬
gne.
Bélier (le), signe du zodiaque,
le Mouton, I, 229 $ 6 et 2A4
SS *2 et 1 3.
B»:lin, le Mouton, Renart, dans
son pèlerinage le rencontre
et l’emmène, 20263-263^6;
3qo, 30473, 30480.
Belle (temple de), probable¬
ment Baal, I, 227 § 2.
Bellus, fils de Nemrod et père
de Ninus, son règuc, S207-
82 1 1.
Belvia, voy. Elnes.
Benedic , voy. Benoit. Bcnedic
[Caietan],\ oy. Bonifack VIII.
Benedit , Bencoit , voy. Benoit.
Bknévent, ville de Campanie.
Bonivant , I, 364 a.
Bénigne (saint), Béguine, son
martyre, 1, 246 § 44.
Benoit (saint), saint Bencoit,
fondateur de l'abbaye du
Mont-Cassin, 1, 263 S 86 et
33 1 ; son corps est porté à
Fleury-sur-Loire, I, 261-2
S 78 ; 3 1 2 1 ; L 36 1 .
Benoit [Bonose], pape, Benedit ,
son règne, I, 36 1 .
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
Table alphabétique des noms propres
Benoit [IUT* pape, son règne,
I, 362.
Benoit [IV ], pape, Bcnedic ,
son règne, I, 36a a .
Benoit [V], pape, Benedic,
Benedit , son élection, I, 272
§ io3; apparaît à saint Odi-
lon, I, 274 § 106 ; son règne,
I, 363.
Benoit [VI], pape, Benedit ,
disparaît un soir de Noël, I,
363.
Benoit [VII], pape, Benedit ,
son règne, I, 363.
Benoit [VIII], pape, Benedic ,
Benedit , apparaît après sa
mort, I, 278 § 1 ib et 336 ;
son règne, I, 363.
Benoit IX, pape, Benedic . sa
vie scandaleuse, I, 278 § 1 1 3.
Benoit [XI], pape, auparavant
[Nicolas Bocasin], Nicole,
evesque d' Os tienne , Frère
Prêcheur, I, 292 § 1 5 1 ; sa
mort, § 262.
Berangier , voy. Bérenger.
Berbegal (prov. de Huesca),
Barba gale chastiaus, I, 334 a.
Bérenger, empereur, Bcran-
gier, son régne, I, 333 a.
Bérenger [roi d'Italie], Ber an-
gier [petit-]. tils du precedent,
I, 333 a.
Bérenger, Bérengier , à la mort
d'Alexandre s'empare du Pa-
latinat et de la Bavière,
17403-4.
Berlanga (prov. de Soria), I,
334 a.
Bernard, nom d'homme, 29739.
BERNARD(Frère),nom de moine,
32439; nom que sc donne
Rcnart pour amadouer
Chantecler, 32334-
Bernard (saint), abbé de Clair-
vaux, fait disparaître un
loup qui terrorisait le pays,
7041-7077; fonde Clairvaux,
I, 283 § 128 et 364; termine
le schisme d'Anaclet, I, 284
§ i3o; 2356, 3064, 7040; 1,
284 § x 3 1 ; II, 204.
Bernard, l’Ane, Bernard l'ar-
cheprestre , père de Fromont
et Timer, 339 * Renart le
rencontre dans son pèleri¬
nage, 25785-26239 ; accom¬
pagne Rcnart à Rome, 30491-
3o548.
Bernard, fils de Pépin, roi
d'Italie, Bernart , I, 353.
Bernon, d’abord comte, abbé
de Gigny, puis de Cluny,
Berno , I, 271 § 100.
Berry, prov. française, I, 264
§ 9°, 273 § 109, 285 § 1 34.
Bersabée, voy. Bf.thsabée.
Bertiie, fille d'Héraclius, fem¬
me de Pépin le Bref, I, 264
§ 89 et 352 a ; II, 23 1 .
Bcrthelomé et Bertholomy
(saint), voy. Barthélemy.
Bertran [de Got], voy. Clé¬
ment V.
Bertrudk, femme de Clo¬
taire II. Gertru , mère de
Dagobert, II, 229.
Bkrtulf, archevêque de Trêves,
Rechuluch , I, 269 § 97.
Besançon, Befençon , l’arche¬
vêque ( ?) de B. est porté en
une nuit à Rome par des
démons, 2479-2483.
Besoing, personnifié, 1288-
1 304.
Bessus, conseiller de Darius,
Besus , met à mal son maître,
1 3o57- 1 3 1 24 ; son châti -
ment, 13297-13426.
Bethanyc, voy. Bitiiynie.
Betiileem , ville de Judée,
Betheleen , Bethlëen , patrie
de Goliath, 8763*, Alexandre
y vient, 1 1415 ; patrie de Jo¬
seph, I, 228 § 5; les rois
mages y viennent, I, 236
§ 1 5; Baudouin y est couronné
roi de Jérusalem, I, 283 8
126.
Rethsabée, femme d'Uric, Bcr-
sabée , épouse le roi David,
8777-879°-
Be\ençon , voy. Besançon.
Bible (La), 4472, 5078, 7307,
8048, 8373, 19753 ; I, 3oo a ;
2 3 199, 39442, 39878.
3o7
Bicars (terre des), voy. Biscaye.
Biclarel, Biclaret , voy. Bécla-
rel.
Bien A4mbr, personnifié, Bien
Amer, 29902.
Bigorre, contrée pyrénéenne,
est cédé à la France, I, 286
§ >44-
Bilas, roy de Bille qui com¬
prenait toute Secille , reçoit
d'Evas sa fille Gaite, qui lui
est reprise par Athis, 4i3g-
4216.
Bille, royaume de Bilas,
4141-2.
Bisance, voy. Byzance.
Biscaye, prov. d'Espagne,
terre des Bicars, I, 353.
Bisente, voy. Byzance.
Bissin (?), roi de Lorraine, sa
femme (Basine), est enlevée
par Childéric, II, 222.
Bissine , voy. Basine.
Bitagorre, fils d'Octès, héritier
d’Alexandre, 17131-2
Bitannïennk ( ?), ville de l’Inde,
Alexandre la conquiert, ses
délices, 14191-14208.
Bithanie, Bithinie , voy. le suiv.
Bitiiynie, royaume d’Asie Mi¬
neure, Betlianye, Bithanie ,
Bithinie , Cicéron y envoie
Jules César, 20623-20715;
saint Luc y subit le martyre,
I, 240 § 25 et 346 ; — (cité
de), voy. [Nicée].
Blaise tsaint), saint Blesue,
I, 2488 47.
Blaye (Gironde), Blaives, Ca-
ribert serait enterré à Saint-
Romain ( ?), Il, 224 a.
Blanche [de Bourgogne], fem¬
me de Charles IV le Bel,
accusée d'adultère, meurt en
prison, I, 2<j3 § 1 54 et 293
§ 1 38.
Blanche de Castille, reine de
France, I, 284 8 i32 et 287
$ *42.
Blesue (saint), voy. Blaise.
Blois (Loir-et-Cher), comtes :
0
Tiiibaud, Etienne.
Boéce, grant philosophe, 4763,
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
3o8
5017; I, 237 §§ 66-68 et 270
§ 99; I, 325 a ; 28734, 32345.
Boillebant, xoy. Willibert.
Bologne, en Romagne, Eou-
longne, sépulture de saint
Dominique, I, 287 § 141.
Boni/ace, I, 36 1 a, devenu
pape sous le nom de Donus,
voy. ce mot.
Bonifacb (saint), son martyre,
1, 248 § 47.
Bonifacb (saint), pape, son
règne, I, 35g a.
Boniface [II], pape, son règne,
I, 36o a ; I, 35 1 .
Boniface [III], pape, son rè¬
gne, I, 36 1 .
Boniface [IV], pape, son rè¬
gne, I, 36 1 ; I, 35 « .
Bonifacb |V], pape, iiep de
Champaigne (Campanie), I,
258 g 72 et 268 § 95.
Bonifacb [VI], pape, son rè¬
gne, I, 36a a.
Boniface [VII], pape, son rè¬
gne, I, 363.
Bonifacb VIII, pape, aupara¬
vant Benedic [Caietan], fait
déposer Célestin V, canonise
saint Louis, II, 290 § i5o;
son différend avec Philippe
le Bel, I, 291-292 § 1 5 1 .
Boniface (saint), archevêque
de Mayence, sacre Pépin,
fonde l’abbaye de Fulda, I,
263 § 86.
Bonivant, voy. Bévévent.
Bonne Espérance, personnifiée,
29907 ; II, 248 a.
Bonne Fin, personnifiée, 29907.
Bonne Foi, personnifiée, 37729.
Bonne Persévérance, person¬
nifiée, 29908.
Bonne Société, personnifiée,
29906.
Bonté, personnifiée, 29905.
Boquus [le roi de Gétulic, Jar-
bas, a été sans doute confon¬
du avec Bocchus qui livra Ju-
gurtha], donne à Didon le
terrain pour construire Car¬
thage, 8686-8706.
BoRDEAüx(Gironde),iîordejN/AT,
RENART LE CONTREFAIT
conquis par Geoffroy Martel,
I, 282 §124; archevêque:
Bertran dk Got.
Borfore , voy. le suivant.
Bosphore, de Thrace, Borfore ,
9408.
Bouchart (Frère), nom donné
aux parties sexuelles de la
femme, 40257, 40259, 4o33o,
40357, 40440.
Bouche d'Or (saint Jehan), voy.
Jean Chrysostome.
Bougie (Algérie), Bugie , cité à
voy, I, 354a.
Boulongne , voy. Bologne.
Bourc de Dieu , voy. Déols.
Bourdin, x oy. Maurice B.
Bourgeois (les), avantages de
leur état, 38323-38574.
Bourges (Cher), I, 289 g 144 et
363 a ; — archevêques :
Austregisile, Raoul, Aubry,
Henri de Sully, saint Guil¬
laume.
Bourgogne, Bourgongne , Bre-
goigne, histoire du témoin
de B., I, 320-i; cas de forma¬
tage en B., 37560-37693; I,
232 § 54, 258 § 71, 264 § 87,
280 § 118, 282 § 126, 292
§ 1 52, 366 a ; 37903; II, 222 a
et 229;— Bourguignons, 3ioi 1;
comte : Girard de Roussil¬
lon; duc : Raoul.
Bouvines (Nord), bataille, 2643-
2814; I, 287 § 14t.
Brabant, duché, Brebant, voy.
Marie de B.
Braga (Portugal), Brachara , I,
334 a.
Brahmanes, considérés comme
un peuple de l’Inde, Bramiens,
Bramion , II, 2 16 ; roi : Dindi-
mus.
Brai-kn-Champagnk, Bray , foire
de B , 38928.
Braine (Aisne), comte : Jean V
de Roucy.
Bramiens , Bramion, voy. Brah¬
manes.
Brandis , voy. Brindisi.
Brante , corr. : Brauce , voy. le
suivant.
Braux (Aube), Brauce , Sorence,
château de Grifon, est voisin
de B., I, 319.
Bray , voy. Brai-en-Champa-
gne.
Braye , voy. Brie- [Comte- Ro¬
bert].
Brebant , voy. Brabant.
Brèce, roi de Grèce, 19467.
Brèce, royaume, appartient à
Philippe de Macédoine,
1 1 3 3o ; puis à Alexandre,
20438.
Bregoignc, voy. Bourgogne.
Breneheust, x oy. Brunehaut.
Bretagne (Grande-), Bretaigne ,
Bretaigne le Grand, pays
d’originede Pausanias, 10745;
à la mort d’Alexandre est lé¬
guée à Philotas et Homère,
1715 5-8, mais elle revient à
Louis et son frère, 17399-
17402; Scptime Sévère y
meurt, 1, 245g 4i;est prisepar
les Angles, I, 256 § 59; pays
de natal de l’enchanteur Mer¬
lin, I, 256 § 63; est évangé¬
lisée par saint Germain et
saint Leu, I, 258 g 66; pays
natal d’Alcuin, I, 265 892;
I, 285 § 1 33 et 349 a; II, 2 33
et 234;— (mer de), la Manche,
I, 268-9 § 97 ; roi : Lucius;
voy. Angleterre.
Bretagne armoricaine, Bretai¬
gne , un monstre y vit, du
temps de Lanfranc, I, 280
8119; I, 282 § 126.
Brichbmkr, le Cerf, 33y ; mal¬
traite Renart, 3oo37-3o344*,
3o75i .
Bricors, voy. Bébryces.
Bride, ville, est conquise par
Alexandre, 12175*12201.
Bride [sainte), voy. Brigitte.
Brie, région voisinede la Cham¬
pagne, 27633; forêt, 24737.
Brie [-Comte-Robert] (Seinc-
et-Marne), Braye , Philippe-
Auguste y fait brûler 80 juifs
parce qu’ils avaient crucifié
un chrétien, I, 286 g 1 36.
Brlens, voy. Bébryces.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
TABLE ALPHABÉTIQUE DES NOMS PROPRES
Briet, nom de chien, 30740.
Brigitte (sainte), sainte Bride ,
enchaîne le diable, I, 2bj
§68.
Brindisi (Calabre), Brandis ,
Virgile y meurt, I, 227 § 3.
Broyés ^Marne, canton de Su¬
zanne), Grifon y est suppli¬
cié, I, 3 1 g a.
Bruges (Flandre occidentale),
les matines brugeoises, I, 291
§ x 3o ; 38363.
Brulé, homme de Troyes, va
en Flandre pour éviter de
mourir dans son pays, mais
il revient et est pendu, 38/58-
38920; — (Guillaume), voy.
Guillaume B.
Bruma , lire : Brunia et corr. :
Crunia , voy. Corogne (La).
Brumbras, voy. Caradoc.
Brun, l’Ours, en s’amusant
donne un fort coup cie patte
à Renart, 3o345-3o677 ; 3oy5 1 .
Brunbau, le Taureau, Bru-
niaulle Tor , 537.
Brunehaut, femme de Sigc-
bert,Breneheust,csi enfermée
dans une abbaye par Chilpé-
ric, 11,227.
Bruniaul le 7or, v oy. Brunbau.
Brutus (Marcus Junius), Mar¬
que Brut , 21760 ; meurtrier
de César, 22045-6.
BucÉPHALE,ÆMci/<a/i/5,est domp¬
té par Alexandre, 10261-
10400; sa mort, 1 240-1; I,
33 1 •
Bucifalus , voy. le précédent.
Bucoliques (les) de Virgile, Bu-
coriques , 19588; I, 2 3o § 8.
Bucoriqnes , voy. le précédent.
Bugie, voy. Bougie.
Buillon , voy. Godefroi de
Bouillon.
Bulgares (les;, Bulgres , se
convertissent au christianis¬
me, I, 269 § 97.
Bulgre, voy. le précédent.
Buraces (?), ville de Politainc,
détruite par le feu du ciel, I,
329.
Burgas , voy. le suivant.
Burgos (Vieille-Castille), Bur¬
gas, I, 354 a.
Burriana (prov. de Castillon de
la Plana), Burrienne , I, 334 a-
Burrienne , voy. le précédent.
Byzance, Bisance , Bisente , est
appelée Constantinople, I,
23o§ 49 et 2678 93; voy.
Constantinople .
[Cadalus, évéque de Parme
et non] les Car dieux, adver¬
saire du pape Alexandre II,
I, 363 a.
Caday , voy. Cathay.
Cadix (Espagne), Jacinthe , en
laquelle gist sainf Tur quins,
I, 354
Caen (Orne), l’abbaye (de Saint-
Étienne] est fondée par Guil¬
laume le Conquérant, I, 280
§ 119; abbé : Lanfranc.
Caiius Julius Ce\ar, voy. César.
Caïn, fils d’Adam, Caym ,
Quaym , meurtrier d’Abel,
4777-4783; I, 3Gy a ; II, 202-
202 a.
Caïn a n, patriarche, Caynan,
7833-7855.
C aï pue, grand prêtre de Jéru¬
salem, Cayphas , achète son
office à Valèrc, I, 236 § 17.
#
Caire (le Grant) en Egypte,
22431.
Calabre, province de l'Italie
méridionale, Callabre, est
conquise par RobertGuiscard,
I. 271, § 99; i656o, 20725,
2 1 36S; I, 227 § 3 et 282 § 1 26;
Comte : Raimond.
Cai.ahorra (Vieille Castille),
K[a]gurria, I, 354 a.
Calandres, oiseaux merveil¬
leux dont le regard guérit
les malades, 15697-15712.
Calatayud (Aragon), Klatens
(corr. Klateus ), I, 334 a*
Calatrava (Nouv. Castille),
Kalaterva , I, 334 a-
Calcas, ville de l’Inde, devant
laquelle Alexandre se bat
contre Porus, 14210-14252.
Caldee, Caldiens , voy. Chaldke.
309
Caligula, empereur romain,
Gaulus, Gaye , Gayus, son
règne, I, 238-9 §§ 19-23, 344-
343.
Caliopatre , voy. Cléopâtre.
Caliste , voy. Calixte.
Calistere , voy. Callisthène.
Calistrida , corr. Talistrida ,
voy. Thalestris.
Calixte (saint), pape, Caliste,
son règne, I, 357
Calixte [II], pape, Caliste, son
règne, I, 364.
Callabre , voy. Calabre.
Callisthène, maître d’Alexan-
dre(?), Calistere, 1, 328.
Calsander , Calsandra, voy.
Cassandbr.
Cai.us (?), est conquis par Ale¬
xandre, 12019.
CAUERAi(Hord), Cambrai, Quam-
brai, est pris par Clodion, II,
222; évéque : Philippe de Ma-
rigny.
Campanie, prov. de l’Italie mé¬
ridionale, Canpaingne , Cham¬
pagne, l’empereur Hadrien y
meurt, 1, 244 § 36; I, a58
§ 72, 357 a, 36o a, 36 1 ,
265.
Canales (prov. de Guadala-
jara), Carabas, I, 354 <*•
Canbies (?), ville grecque, en¬
voie des barques et des sol¬
dats à Athènes pour lutter
contre Antipater, 17476-8.
Canbrai, voy. Cambrai.
Cancer, signe du zodiaque,
Chancre , 1, 234 §§ 1 2-1 3.
Canda, voy. Candas.
Candace, Cleophilem Candace,
reine de Candes, cité de
PInde, sa rencontre et ses
aventures avec Alexandre,
14927-15350; conseille à son
*
fils Elior de venger la mort
d’Alexandre, 17824-19186.
Candalo, fils de la reine Can¬
dace, Candalaux, Candalem ,
Candalon, Candalus, 14938;
Alexandre l’aide à reprendre
sa femme, 15021-15178 ; à la
mort d’Alexandre, reçoit An-
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
3io
gora, 17139-17140; 17831,
0
18326; aide Eliorà venger la
mort d’Alexandre, i85g3-
19186.
Candalu (?),est réclamé par les
démons aprèssa mort, 23779-
2 3 806.
Candas, hérite d’Alexandre la
Roiioine (?), 171 33.
Candas ou Canda de Mklor,
roi, veut mettre en prison
Olympias, 17707-17720.
Candes, Cande, ville de l’Inde,
pays de la reine Candacc,
14932, 15667.
Carton, voy. Conon.
Canpaigne , voy. Campanie.
Cantorbery (Kent), Cantorbie .
Cantorbtere , Quantorbier ;
archevêques : saint Dunstan,
Lanfranc, saint Thomas (Bec-
ket), saint Edmond.
Capadoce , voy. Cappadocp..
Capoue (Campanie;, l’évéquc
de C. et non de Pardelle,
voit en songe Benoît VIII ; I,
278 § u5; cl. Vincent de
Beauvais, Spect. Inst, livre
25 ch. 21.
Capitoile, Capitoirc , le Capi¬
tole, voy. Rome.
Cappadoce, région de l’Asie
Mineure, Capadoce , à la mort
d’Alexandre est donné à Eu-
mène, 171 11-2 et 17337-9; la
cité de C.cst assiégée par Pcr-
diccas 17521-17534; 10262,
12355, 12495, 12517; évê¬
que : Basile le Grand (saint).
Cappara (ville d’Espagne dé¬
truite par Charlemagne, cf.
Pscudo-Turpin § 4), I, 35q a.
Cappct { Hue ), voy. Hugues Ca-
PKT.
Capricorne, signe du zodiaque,
I, 2 3q JS 1 2-1 3.
('ara bas, voy. C anales.
Caracai.i.a, etnpercur, An-
thoyne , Caracalles, son rè¬
gne, I, 24? § 42 et >48.
Caradoc Briébras, Carados
B) umbras, son aventure avec
le serpent, 4325-4422.
RENART LE CONTREFAIT
Carbone , chastiaux , voy. Car-
dona.
Carcassonne (Aude), Carca-
sonne, est cédée à la France,
I, 289 § 144.
Cardia, ville de la Chersonèse
de Thrace, Arcade , patrie
d’Eumènc, 17337.
Gardiennes, contrées, qui sont
vers les Indes moyennes,
17389-17390.
Cardieux , voy. Cadalus.
Cardona (Catalogne), Carbone ,
chastiaus , I, 334 a-
Cardionnet, femme d’Athis,
Cardionès , Cardionnàs , Car-
dionet, 1512-1824.
Caribert, fils de Clotaire I«r,
Charambert , son règne, est
donné comme le père de
Chilpéric (?), II, 224 et 224 a.
Carie, région de l'Asie mi¬
neure, Kaire, 17113.
Carloman, frère de Charle¬
magne, Charlemaine, sc fait
moine à Rome, I, 263 § 86;
est couronné h Soissons,
meurt 3 ans après, I, 264,
[Carloman] fils de Louis le
Germanique [appelé à tort]
Charles, I, 269 § 98.
Carloman, fils de Charles le
Chauve, Charlemaine , est
aveuglé par son père, I, 269
§ 97-
Carloman, fils de Louis le
Bègue, Charlemaine , son rè¬
gne, I, 270 § 99.
Caropolin, [nom que Charles
le Chauve voulait donner à
Compiègne et non] ville fon¬
dée par lui, 1, 270 § 98.
Carpkntras (Vaucluse), Clé¬
ment V meurt à C., I, 293
§ 124.
Carrion de los Condes (Na¬
varre), Karrioncm, I, 334 a.
Carscl, voy. Casskl.
Cartage , Cartaigc, voy. le
suivant.
Carthage, ville d'Afrique, Car¬
tage, Cartaigc , Qnartaige,
est représentée sur la tente
de Renart, 3857 î sa fonda-
0
tion, la venue d’Enée, 8671-
8743; 19613-19620; 19700-
19736; les évêques Olinpius
et Octianus y sont brûlés par
le feu du ciel pour avoir mal
parlé de la sainte Trinité, I.
257 § 67; I, 329 ; éveque :
Cyprif.n (saint).
Carthagène (prov. de Murcie),
Kartago , I, 354 <2.
Carus, empereur romain. Ka-
res , son règne, I. 247 $ 46 et
349-
Casidore, vov. Cassiodore.
Caspains (les), voy. le suivant.
Caspe, région située entre
l’Hyrcanie et la Médie, est
conquise par Alexandre,
i36o3-î3629; — (habitants
de), Caspains, Ibid, et 1 3637-
Cassandre, fils d’Antipatcr, Cal -
sandra,Calsandei\ 1 689 1 ; em¬
poisonne Alexandre, 16901-
16974; héritier d’Alexandre,
171 19-17 122 ; 17341-17356;
met en prison Roxane, 17765-
17823 ; son duel avec Dan-
clin. 18438-18453; 18459.
Cassbl en Flandre, Carscl , la
bataille, 23109.
Cassidore , voy. le suivant.
Cassiodore, Casidore , Cassi¬
dore le docteur , 233 14, 2332Q,
27839.
Castille, royaume, terre aus
Chastiaux , I, 353 ; voy. Al¬
phonse VIII, Blanche.
Catalogne, province d’Espa¬
gne, Cathelongne , est cédée
à la France, I, 289 § 144.
Catanf. (Sicile), Catherine, pays
de sainte Agate, I, 246 $ 43.
Cathay, [la Chine et non] une
grande cité, Caday , est con¬
quise par Alexandre, 1 1408-
1 1410.
Cathelongne , voy. Catalogne.
Cathcnne, voy. Catane.
Catiiera (?), est conquis par
Alexandre, 12019.
Catherine (sainte), sainte Ka -
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
TABLE ALPHABÉTIQUE DES NOMS PROPRES
theline , sainte Katherine ,
sainte Quatheline , son mar¬
tyre, I, 249 § 48 ; I, 349 a ;
I, 358 a.
Cathon , voy. Caton.
Catilina, Katheline , sa conju¬
ration, 9207-9210, 20881-
21442, 33653-33702.
Caton [le Censeur], Cathon,
1275, 4727; I, 3ia a-, 22476,
24827,288l5, 2889I, 28952,
29548-9, 32 I 39, 32239, 32298,
32336 ; II, 207.
Catu, voy. le suivant.
Catulle, poète latin, Catu,
32343.
Caÿm , voy. Caïn , excepté
pour 8039. voy. Ciiam.
Caÿnan , voy. Caïnan.
Cayphas , voy. Caïpiie.
Cécile (sainte), Cecille , sainte
Sefile, son martyre, I, 2.p
§ 42 et 357 a ; I, 348 <1.
Cecile, Cecille , voy. Sicile.
Cécrops, fils aîné de Jupiter,
Cecros , 19599.
Cecros , voy. le précédent.
Cklestin (saint), pape, son rè¬
gne, I, 359 a.
Cklestin [II], pape, son règne,
I, 364 a.
Cklestin [III], pape, son rè¬
gne, I, 365.
Célestin IV, pape, son court
règne, 1, 288 § 143.
Célf.stin V, pape, auparavant
Pierre de Murrone , hermite ,
sa démission, I, 290-1 § i5o.
Célestins, Bénédictins réfor¬
més, 32847.
Cp.lus, ûls d'Acris, père de Sa¬
turne, 19536-7 ; I, 333 a.
Célion, montagne près d'Ephè-
se, Celyon , les sept Dor¬
mants se réfugient dans une
grotte du C., I, 246 \ 43 et
278 S * 14-
Cerf (le), voy. Brichemer.
Cerssonnc , voy. Chkrsonksi:.
Cervilia , voy. Servilia.
Cesaire , voy. le suivant.
César (Caius Julius», J1//17,
Julius Ce;ar, Cesare Julius ,
Cesaire , Sesaire , est pontife à
Rome, 9203-6; son histoire,
20440-22166 ; I, 226 § 1, 23 1
S 10, 335, 344, 345; 25043,.
33655.
César Auguste, voy. Svra-
oosse.
Césarion, 61s de César et Cléo¬
pâtre, 21770-4.
Cevestre , voy. Silvestre.
CV^jr /41/g-iiS/e, voy. Auguste.
Ch a a lis, près d’Ermenonville
(Oise), abbé : Guillaume
(saint).
Chaînes (?;, peuple, envoient
des messagers à Alexandre,
i6563.
Ciialdkk, Caldee , astronomes
de C. I. 23o S 8, 233-4 §11;
— Chaldéens, Caldee , Cal-
dicn , 9408, 9434, 1 1449»
1 1 5 14, i33oo, I, 232 § 10.
Châles ( le roy ), voy. Charles
d’Anjou.
Challemaine , Challcs , Challes
maigne , voy. Charlemagne.
Challes , 61s de Charlemagne,
voy. Charlot.
Challes Martiaus. voy. Charles
Martel.
Challon 'roy), voy. Charle¬
magne.
Ciialmana, 611e d’Adam, 7’rt/a*
mon, 7562.
(’iiàlons (Marne), voy. Saint-
Pierre de C .
Ciiam, 61s de Noé. Caym,
8039.
Champ Mars , Champ Martin ,
voy. Rome.
Champagne, province française,
Champaignc , Chanpagne , est
dévastée par le comte de
Bar, I, 291 § 1 5o ; caractère
des Champenois, 1, 366 a;
ordonnance de Louis le Hu¬
lin pour protéger les bour¬
geois, 38284-383i 1 ; fâcheuse
condition des bourgeois,
38537-3856o ; 1, 365 a , 27633,
37904, 38o66, 387 38, 3 880 3 ;
— (habitants de;, Champc -
gnois, 31007: comtes : Dno-
3 I I
gon, Eudes, Thibaud, Thi-
baud V le Jeune, Jeanne.
Champagne , Champaigne , I,
244 § 36 et 258 § 72, voy.
Campanie.
Champegnois , voy. Champagne.
Champjlori , voy. Saint-Benoit-
sur-Loire.
Chancre (signe du), voy. Can¬
cer.
Chandelle (exemple de la), qui
peut en allumer mille autres,
II, 218 a.
Changeurs, satire sur leur mé¬
tier, 26353-26386.
Chanoines réguliers, Régu¬
liers , 32417 ; critique contre
eux, 32455-32462; 32860-2.
Chanpagne , voy. Champagne.
Cii antecler, le Coq, 545 ; dé¬
pose contre Rcnart, à la cour
de Noble, 52 1 1-5474; se iouc
de Renart, 31272-33284,
Cltarambert, voy. Caribp.rt.
Charenton (Cher), voy. Her¬
bert de C.
Charité, personnihée, 23699,
26276, 29896, 37732, 37735.
Charité, fille de sainte Sophie,
I, 244 § 33.
Charité-sur-Loire (la) (Nièvre),
sa fondation, I, 363 a,
Charlemagne, empereur, Char -
lemaine , Challemaine , Chal¬
les maignes, Charles le Grant ,
Charles le Glorieux , Challes ,
Challon , son règne, I, 264-7
$8 89-95 et 332 a-335 a;
voit en rôve saint Jacques qui
lui ordonne d aller délivrer
î’Kspagnc, I, 353 a-354 a et
37395-37550; les cent villes
qu’il priten Espagne, I, 354 a~
353 ; fin de son règne, I,*353 ;
I, 256 8 âg, 260873, 263 §86,
2705598, 272 8 104. 273 § io3,
287 8 142, 329 a et 35 1 at
IL 2 3 1 .
Charlcmainc , voy. Carloman,
Charlemagne.
Charlcmainc , L'272 § io3, voy.
Charles, fils de Louis d’Ou-
tremer.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
3l2
Charles (le roi), 2882-2902, voy.
Charles de Valois.
Charles le Glorieux , Charles le
Grand , voy. Charlemagne.
Charles Martel, roi de France,
Challes Martiaus , 1, 262 § 82,
263 §§ 84- 85 ; donne aux gen¬
tils hommesles biensd’église,
chasse les Sarrazins, I, 332
et II, 23o a.
Charles le Chauve, roi de
France, son histoire, I, 268
§ 96 et 355 a; fait crever les
yeux à son fils Carloman, I,
269 § 97; empereur, I, 269
§ 98 ; son caractère, I, 270
§ 98 ; sa mort, I, 270 g 99.
[Charles] le Gros, fils de Louis
le Germanique, I, 269 § 98 ;
devient empereur, I § 2yo§99,
et 353 a ; est donné fausse¬
ment pour le fils de Lothaire,
I, 355 a; donne la Neustrie
aux Normands, I, 270 § 99 ;
I, 271 § 100.
Charles le Simple, roi de
France, fils posthume de
Louis le Bègue, I; 270 § 99 ;
son règne, I, 271 § 102; se
laisse prendre la Normandie,
I, 286 § 137 ; I, 271 § 100.
Charles [IV] le Bel, roi de
France, auparavant comte de
la Marche, I, 293 § 154; son
règne, I, 295 §§ 1 58- x 59 et
296-7 §§ 161-164; 23468-9;
II, 2 1 7 et 2 17 a,
Charles, roi de France, par
confusion au lieudcLothaire,
I, 272 § 104.
Charles, second fils de Charles
le Chauve, est tué par un che¬
valier, I, 269 § 97.
Charles, fils de Louis d’Outrc-
mer, Charlcmaine , meurt à
Rouen, I, 272 § io3.
Charles d'Anjou, frère de saint
Louis, roi de Sicile, le voy
Charles , bat Manfred et Con-
radin, 2819-2820; fait élever
le corps de sainte Marie-
Madeleine, I, 263 § 85; part
pour la croisade, I, 289 ?; r.;3 ;
RENART LE CONTREFAIT
reçoit d’Urbain IV la Sicile et
la Pouille, I, 289 § 145; est
dépouillé de la Sicile par
Nicolas III, lutte contre le roi
d’Aragon, 1,290 $§ 148-9.
Charles le Grand, comte d’AR-
tois, assiste au couronnement
de Philippe le Hardi, I, 289
S 146.
Charles, duc de Lorraine, héri¬
tier de la couronne de France, 1
est dépouille par Hugues
Capet, I, 272 104 ; I, 273 §
io3.
Charles de Valois et d’Angers,
2° fils de Philippe le Hardi,
son inimitiécontre Engucrran
de Marigny, 2882-2902 ; reçoit
du pape le royaume d’Ara¬
gon, I, 290 § 148; épouse
Marguerite d’Anjou, § 149;
mène campagne en Gascogne
én 1324, I, 295 § 159; sa
mort, I, 296 S 1 63 ; I, 297 g
164.
Ciiarlot, fils de Charlemagne,
Challes , I, 265 § 90, et 335.
Charpentiers (les), comment ils
s’arrangent pour ne rien faire
quand on les paie à la jour¬
née, 40667-40776.
Chartres (Eure-et-Loir), in¬
cendie de la ville et de la
cathédrale,!, 286 ^ 1 36 ; évê¬
que : Fulbert, Yves de Beau¬
vais, Geoffroi.
Chastiaux (terre ans), voy.
Castille.
Chat (le), voy. Tibkrt.
Ciiatflfort, ville de Lombar-
dic, défendue par Ogier le
Danois, I, 265 § 90.
Ciiatili.os ? , saint Marcel y
exerçait le brigandage ,
25987, 25991.
Ciikli.ks (Seine - et - Marne),
Chelle , Chielle , l’abbaye est
fondée par sainte Clotildc et
sainte BathilJc, I, 261 § 76;
meurtre de Chilpéric, II, 228;
fondations de BathilJe, II,
23o.
Ciiersonèse, Cerssonne, Justi¬
nien II y est envoyé en exil,
I, 262 § 82.
Cheval (le), 540.
Chevalerie, est fondée par Ni-
nus, 36919-37036.
Chevalier (fabliau du laid , est
conté par Tibert , 3329 '
33/4-
Chèvre (la), voy. Barbue.
Chideri , Chideric , voy. Childî-
ric
Chief de Mars , premier nom
de Florence, 9212, 21413-8.
Cliielle , voy. Chelles.
Chievre (la), voy. Barbue.
Childebert, fils de Clovis, roi
de Paris, son règne, II, 224.
Childebert [II], neveu de Gon-
tran, hérite de la Bourgogne,
II, 229 ; II, 23o.
Childebert , frère de Chilpéric
corr. Sigebert, voy. ce mol.
Childéric [1"), roi de France,
Chideri , Chideric, Chilpéric ,
I, 35o a ; son histoire, II, 222.
Childéric [II], fils de Clovis II,
Ci Id éric, I, 262 § 79 ; II, 2?o.
Cihldéric [111], roi de France,
Hildric, est détrôné par
Pépin le Bref, I, 263 § 83.
Chilpéric, roi des Francs, II,
220; son histoire, II, 224 a-
228 ; II, 23i.
Chilpéric , II, 222, voy. Chil¬
déric Ier.
ChipprCy voy. Chypre.
Chires, cité conquise par
Alexandre, probablement
Sidon, 11387-11397.
Chodebert , voy. Tiiéoderert.
CholàSy voy. Nicolas C.
Chollety voy. Jean Chollet.
Chrétiens, Christiens , Cres-
tienSy Cristiens, la France est
leur pays d’élection, 21 663-
8 ; persécution de Néron,
I, 240 g 23 ; 2e persécution,
I, 242 § 3o ; 3e persécution, I,
242 § 3 1 : Hadrien et Anto-
nin le Pieux ne font point de
mal aux C., I, 244 §§ 36-37 ;
persécution de Septime Sé¬
vère, I. 245 JS 43 et 348 j;
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
TABLE ALPHABÉTIQUE DES NOMS PROPRES
3 1 3
persécution d’Aurélien, I 247
§ 44 ; persécution de Dio¬
clétien, I, 248 §47; persécu¬
tion de Galère, I, 2498 48;
persécution de Julien, I, 3 5 1
§ 5a; partent pour la 2# croi¬
sade, I, 282-3 § 126; I, 25g §
74, 260 § 73, 264 § 88, 265 §
90, 290 § 149, 294 § 1 56, 35 1 ,
363 a; 27661, 30846, 3 1 5 1 9,
34267, 34284.
Christ iens, voy. le précédent.
Christophe (saint), saint Cris -
toffe, son martyre, I, 249
§48.
Ciirodbgang, évéque de Metz,
Cvodegant , fonde l'abbaye de
Gorsc, I, 264 § 6.
Chronique ( cronique ) de Bède
le Vénérable, I, 270 § 99.
Chronique d'Eusèbe de Césa-
rée, I, 241 § 28.
Chronique de Sigebert de Gcm-
bloux, 1, 266 § 93.
Chronographe (Le), 268 § 97 ;
et. Th. Lindner, Der Chro-
nographus bei Vincentius von
Beauvais, Ztsft des Aache-
ner Geschichtsvereins, t. xiv,
p. 208-212.
Chrysocone (saint), saint Gri -
goire Grisogone , Grissogo-
nus% I, 248 § 47 et 349.
Chypre, Ile, Chippre , Cypre ,
l’apôtre saint Barnabé y est
décapité, I, 346; voy. Spiri-
dion. I
Cibuttes , voy. Sibyrtios.
Cicéron, Cicero Marcus Tul¬
lius , Marcus, Marcus Tulius,
Tulle, Thule, Thulle , doit
lutter contre Catilina 20890-
i ; envoie César en Asie ,
20629-20630; invoqué comme
autorité, 1378, 1387, 1473,
1672, 2083, 2091,2104, 3oi 1,
3o57, 3198, 528r, 3417, 3453,
5495, 53o3, 53 1 2, 533o, 5847,
21787, 22484, 23521, 24296,
24844, 24854, 25413, 25968,
28227, 28278, 28457, 285o5,
2853i, 28583, 28588, 28592,
28397, 28626, 28638. 28642.
2865o, 29008, 32247, 32336,
3235 1 , 32391.
Cillon (?), ville fondée par
Apollon, 8654.
Cilderic , voy. Chilpéric II.
Cimber Tullius, voy. Mp.tellus
ClMBER.
C*r, voy. Cyr (saint).
Cirus , voy. Cyrus.
C jstïens, peuple d’Asie, vaincu
par Alexandre, 14329.
Citéde Dieu (la), œuvre de saint
Augustin, !,23o§ 8, et 23 1 S 9.
Cîtbaux (Côte-d’Or), Citiaux ,
fondation de l'ordre, I, 282
8, 126 et 364; I, 283 § 128;
1 2 abbés de l’ordre de C. sont
envoyés dans l'Albigeois, I,
286 § 1 38.
Citiaux , voy. le précédent.
Clairvaux (Aube), Clerevaus ,
Clervaulx , fondation de l’ab¬
baye, I, 283 S 128 et 364.
Clarence, fontaine de la ville
de Rochcfort, forteresse d’An-
tipater, 1 83 c 1-4.
Clarus , pape, voy. Hilaire
(saint).
Claude, empereur romain,
Claudius , son histoire, I, 239
§§ 23; I, .240 § 24 et 25; I,
345.
Claude II, empereur romain,
Claudius , I, 246 g 44, et 349.
Claude, émissaire de Gontran,
Claudien , fait sortir Éberulf
de Saint Martin où il s'était
réfugié, pour le tuer, II, 229.
Claude, [évéque de Turin] I,
266 8 92.
Claudien , voy. Claude, émis¬
saire de Gontran.
Claudius , voy. Claude, empe¬
reur.
Claudius , 20431, voy. Appius
Claudius.
Clemant, voy. Clément.
Clément, nom de moine, Frere
Climent , 32440.
Clément (saint), pape, Clemant,
saint Climant , I, 240 § 24 ;
sa mort sous Trajan, I, 242
8 3 1 ; I, 343 a, et 336 a.
Clément [il], pape, Clemans ,
son règne, I, 363 a.
Clément [III], pape élevé par
l'empereur Henri IV contre
Grégoire VII, I, 281 § 121;
son règne, I, 363.
Clément [IV] pape, auparavant
Guiq [Foulquois], son règne,
I, 366.
Clément V, pape, Climent le
quint, auparavant Bertran [de
Got], archevêque de Bor¬
deaux, se fixe en France, 1,292
§ i52, supprime l’ordre des
Templiers, I, 293 8 1 32 ; con¬
firme l’élection d’Henri VII, se
fait prêcher lacroisade,§ 1 53 ;
meurt à Carpentras S 1 54.
Cléopâtre, Caliopatre , 2» fem¬
me de Philippe de Macé¬
doine, 10529-10593; 17102.
Cléopâtre, reine d’Égypte, est
aimée de César et en a un fils,
Césarion, 2176^-21774; est
aimée d'Antoine, I, 227 § 2.
Cleophilem , voy. Candace.
Cleoppe , voy. Cyclopes.
Cleovis , voy. Clovis.
Clerc, (histoire du) mis dans
un four par son maître,
31867-32096.
Clerevaus , voy. Clairvaux.
Cleri , voy. Clerus.
Clermont de l’Oise, le comté
est annexé à la couronne par
Philippe Auguste, I, 287
S «4* •
Clermont- [Ferrand] (Puy-de-
Dôme), I, 261 § 77; concile,
I, 282 g 126.
Clerus, 4e pape (?), Cleri, son
règne, I, 242 8 3o, 3q6, 336 a .
Clervaulx, voy. Clairvaux.
Clet (saint), 3* pape (le même
que saint Anaclet, voy. ce
mot), Cletus, I, 356 a .
Cliciion, est dans l'anncc d'E-
lior au siège de Rochetort,
19120-4.
Cligny , voy. Cluny.
Climent, \ oy. Clément.
Clocloe, voy. Clothilde.
Ci.odion, roi des Francs, tils de
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITYOF MICHIGAN
3i4
Pharamond, Clodyo le clic -
velu , son règne, II, 221 a-
222; Clodovant , est donné
comme père de Clovis. I,
237 § 66.
Ci.odomir, fils de Clovis, Clo-
domire , II, 223. 223 a et
224.
Clodovant , voy. Ci.odion.
Clodoveus , voy. Clovis.
Clodyo le chevelu , voy. C1.0-
DION.
Cloheut (sainte), voy. Clo¬
thilde.
Cloovis , voy. Clovis.
Clotaire [Pr], roi de Soissons,
fils de Clovis, Lotaire ; suc¬
cède à Childebert, laisse
4 fils, II, 224.
Clotaire [II], fils de Chilpcric
et dé Frédégondc, sa nais¬
sance, II, 227 a ; son règne,
II, 228-229 a; fait venir à
Paris une cloche de Saint-
Étienne de Sens, I, 238 § 71 ;
I, 35 1 a.
Clotaire [III], roi de France,
fils de Clovis II, Lothairc ,
I, 261 § 76 et II, 23o.
Clothilde (sainte), reine de
France, Clocloe , sainte Cio -
heut, Gohcut , I, 237 § 66 :
fonde le monastère de Chel¬
les, I, 261 § 76 ; convertit
Clovis, II, 222 a- 223.
Cloto, une des Parques, 16 100.
Clovis, roi des Francs, Clodo-
vetiSy Cloovis , Cleovis , sa
conversion, II. 237 8$ 66-67 ï
I. 261 § 76, 287 § 142, 36o ;
son histoire, II, 222 a-224.
Clovis [II], fils de Dagobert,
son règne, sa folie, I, 261
§ 76 et II, 229 <i-23o.
Clovis, fils de Chilpéric et de
Audovère, II, 22 3 a ; sa mort,
II, 2 2 y .
Clusy (Côte-d'Or), Cligny , Clu-
gny, abbaye, sa fondation, I,
271 §8 ioo-ioi;I, 274 $ 106,
280 § 118, 363 a, 32846;
abbés : saint Odos, saint
Odilon, saint Hugues.
RENART LE CONTREFAIT
Code (le)[de Justinien], 23193.
Codrus, roi de Perse, Cosdrus ,
s’empare du Saint-Sépulcre,
I, 238 S 71.
CojidcSy voy. Otifai.s.
Coïmdre (Portugal), Colunbria ,
1, 334 a.
Coing (le grant ). voy. Kiian.
Cologne (Prusse rhénane),
A gr a fine t Agripine. Gripinc, |
C.oulogne , Couloignc , Cou - ,
longue , à la mort d’Alexandre
est donnée à Octons, 1 7403-4;
I, 2378 64; consécration de
l’église Saint-Pierre, I ; 269
§ 97 ; l’empereur fait un prêtre
très laid archevêque de C.
I, 273 8 109 ; reçoit les corps
des rois mages, I, 283 8 1 33 ;
est prise par Clovis, 11,222 a ;
archevêques : Willirert, Hé¬
ribert, Reinold von Das-
sel.
Colon b an (saint), saint Cohnn -
bain, I, 238 8 72, 262 8 82;
269 8 97 •
Colombe (sainte,, sainte Cou -
tombe , sa décollation, 1, 247
S 44-
Colombiers, plaintes contre les
c. seigneuriaux, 33971 -
36040.
Colutnbain , voy. Colomba s.
Colunbria , voy. Coïmdre.
Comk (saint:, saint Cosme , I.
24S 8 47.
Comcde. vov. Commode.
* «
Commkrcy (Meuse), une pu-
cellc de 12 ans, après avoir
communié, se passe de pain
pendant 10 mois et de nour¬
riture et de boisson pendant
3 ans, I, 268 8 9?.
Commode, empereur, A urcle
Commode , Comcde , son. règne,
I, 243 8$ ''9-40 et 348.
CoMiMKGNK Oise., Compiengnc ,
Charles le Chauve fonde
Saint-Cornillc, 1, 270 8 98.
CoNcnt erre (:). peuple voisin
de la Mer R«»ugc est vaincu
par Alexandre, i36ii-i3636.
Confise. Arnchosie ?. est con¬
quise par Alexandre, 14336-
14342.
Confort, personnifié, 23q33,
23o6o, 23963,23983,24127.
Conos. pape, Canon , son règne,
I, 36 1 a.
(' onpostclla , voy. Saint-Jacques
de C.
Conrad [I I], empereur, Contrat,
Corrat , son règne, I, 271
§ 101, 376-7 §§ 1 1 1 - 1 1 3, 336.
Conrad III, empereur, Cont rat ,
son règne, I, 284 § 1 3 1 .
Conrad [IV], empereur, Cor-
rat , I, 336.
Conradin, Coradin , empereur,
battu par Charles d'Anjou,
2813-2820 ; 23240-7.
Contrat y voy. Conrad.
Conscience, personnifiée, 372 52.
Consolation (De la), œuvre de
Boècc, I, 270 8 99.
Constance, empereur, son
règne, I, 23 1 § 3i.
Constance Chlore, empereur
romain, Constance , Constan¬
tin , son règne, I, 248-98 48.
349 j.
[Constance d’Aragon], seconde
femme de Louis VII, I, 284
8 «32.
[Constance de Sicile], fille de
Manfred, épouse Pierre III
d’Aragon, I, 290 8 148.
Constant , nom d'homme ,
Cous tan. 333, 29758 ; II.
2 1 3 a (frère), nom de
moine, 32441.
Constant, Dampt Constant, le
fil; Regnier , nom de paysan,
39677.
Constant II, empereur, Con -
tantin , II, 261 8 76-77 et
35 1.
Constant des Noues ou des
N oc s, I, 3 1 3 ; 23849.
Constantin, pope, son règne,
I, 362.
[Constantin!, antipape, est dé¬
posé après un court règne,
I. 265 8 9°-
Constantin , empereur, I, 349 a.
voy. Constance Chlore.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
TABLE ALPHABÉTIQUE DES NOMS PROPRES
3 1 5
Constantin lb Grand, empe¬
reur, Constentin , son règne,
I, 249-25! §§ 49-52 et 349 *ï
86o5 ; I, 23o § 8, 267 § 93,
358 a; 26047.
Constantin III, empereur, I,
261-2 § 77-80.
Constantin IV , empereur,
Constentin , I, 2b3 8$ 85-86 ;
persécute les chrétiens, I,
265 §§ 90-1.
Constantin V, empereur, Cons¬
tentin , I, 264 § 88 ; I, 265
S 92, 266 § 93 ; autorise Pé¬
pin le Bref (?) à prendre le
titre de roi, I, 352.
Constantin [l'Africain], méde¬
cin, 5oo7, 23391, 23395,
25o8i .
Constantin, 5f roi des Ro¬
mains ;?), 2o325-8.
Constantinople, Constantino -
ble , Constentinoble, Contan-
tinoble la Grant , l'histoire
d’Alexandre y fut écrite,
9270-5; Bysance prend le
nom de C., I, 25o § 49 et
27 § 936 ; le chef de saint
Jean y est porté, I, 256 § 61 ;
Léon y fait porter les statues
de Rome, I, 257 § 64 ; Héra-
clius y porte la sainte Croix,
I, 260 § 75; concile œcumé¬
nique, I, 261 § 77; est pris
par les Sarrazins, I, 263 § 84;
Constantin IV y prend les
images d'or et d'argent des
églises, I, 263 S 85; décou¬
verte d’un crâne miraculeux,
I, 265 § 92 ; est prise par
Baudouin de Flandre, I, 286
SS 1 36-7 ; 2o3i8 ; I, 267 § 94,
270 8 98 et 349 a; patriarches :
Alexandre, Jean Chrysos-
tome (saint); voy. Baudouin
de C. ; Byzance.
Constentin , voy. Constantin.
Constentin , 1, 2 58 § 71 et 260-1
§§ 76*77» v°y. Heraclius
Constantin.
Constentinoble , voy. Constan¬
tinople.
C onstrainte, voy. Contrainte.
Contantin, voy. Constant II.
Contentinoble , voy. Constan¬
tinople.
Contrainte, pcrsonnifiéc,Coii5-
trainte , 37749.
[Contum ki.iosis] , évêque de
Riez, évoque de Rie w, est con¬
damné par le pape Jean II, I,
3 60 a.
Convoitise, personnifiée, 3587 7.
Coy(lc), voy. Chant eci. er .
Coradin , voy. Con radin.
Corbeau (le), voy. Tikcei.in.
Cor b 1 e (Somme), Corbyc , l’ab¬
baye est fondée par sainte
Bathildc, I, 26* S 76 ; II, 2?o.
Cordeliers , voy. Frères Mi¬
neurs.
Cordon (saint; (?», 24671.
Cordouk, ville d'Espagne, Gor-
dube, 1, 3?4 a.
[Cormer y) (Indre-et-Loire;, l’ab¬
baye Saint-Pol est fondée par
Ithicr, cf. J. Bourassé, Car -
tulairc de Cormery [Mém.
Soc. arch. Touraine, XII,
1861, p. ix-x], I, 266 8 92.
Corneille (saint), pape, Cor¬
net i, Cornélius . son règne, I,
348 J- 349 et 358.
Corneli , voy. le précédent.
Cornkli a, seconde femme de
César, Cornille, son mariage,
20339-20541.
Cornélius, voy. Corneille.
Cornillc , voy. Cornelia.
Corogne (La), port de Galice,
[Crunia et non] Brunia , I,
354 a.
Corrat, voy. Conrad.
Cors, voy. Rivière deCorps La).
Corvées, 37911-37923.
Cosdrus , voy. Codrus.
Cosme (saint), voy. Co.mk.
Cossutia. ire femme de César,
Cossnsia. 2o325-2o338.
Couhgnc , Couloigne , Cou lon¬
gue, voy. Cologne.
Coulombc (sainte;, voy. Co¬
lombe.
Courtiers, satire contre les C.,
I, 3oo.
Court is, voy. Rémi de Coire.
[Courtr ai] en Flandre, la ba¬
taille, I, 292 § 1 5 1 .
Coustan , voy. Constant.
Couvreurs, comment ils s'ar¬
rangent pour ne rien faire,
quand ils sont payés à la
journée, 40486-40666.
Crassus (Marcus Licinus),
Marcus Crassus prend part
à la conjuration de Catilina,
2093 1 .
Créateur, Creatour, voy. Dieu.
Crépin (saint), saint Crespin ,
son histoire, I, 248, § 47.
Crépine (sainte), sainte Cres -
pine, son histoire, I, 248 § 47.
Cressant (saint), voy. Crisant.
Crestiens , voy. Chrétiens.
CRÉsus.roi des Lydiens, son
histoire, 2534-2566.
Crète, lie, Crist , est conquise
par les soldats d'Alexandre,
11 309-11 3 18; royaume fondé
par Dardanus, 19602.
Criel, voy. Savary de C.
Crisant (saint), saint Cressant ,
son martyre, I, 247 § 46.
Crist , voy. Jésus Christ.
Crist (is/e de), voy. Crête.
Crist (?}, ville où naquit le fils
de Ninus. Acris, 19386,
19A93.
Cristtens , voy. Chrétiens.
Cristofe, voy. Christophe.
Critini s. fils de Dédale, roi de
Grèce, 19608-19612.
Crodegant, voy. Chrodegang.
Croix (la sainte), l’arbre de la
Croix, 7713-7845; son in¬
vention, I, 249849,231 §§ 3o
et 52; est prise par les Sar¬
razins, I, 258 8 71; I, 260
§ 73; est transportée à Cons¬
tantinople, I, 260 § 73.
Cronicquc, voy. Chronique.
Cronographe , voy. Chronogra-
phe.
Crucifie (le), voy. Jésus Christ.
Crucifix (argent du), Cruccfix ,
le domaine de l'Kglise, 37718,
38049.
Cucalon :), fut pendu, 23669.
Cuisse (forêt dcv, ancien nom
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITÉ OF MICHIGAN
3 1 6
la forêt de Villers-Cotte-
rets, I, 262 § 79.
Cume, ville de Campanie,
23o §8.
Cupidimus , voy. le suivant.
Cupidon, dieu de l'amour, Cu-
pidos, Cupidimus , 14769-
14778, 14803-8.
Curius ( Mer chu s), voy. Cur-
T1US.
Curtius (Marcus), chevalier
romain, Mer chus Curius , sa
mort tragique, I, 329.
Cycambre , voy. Sicambre.
Cyclops, Cleoppe, peuple de
géants, ayant un œil sur le
nombril, sont vaincus par
Alexandre, 1 5637-1 3668.
Cypre , voy. Chypre.
Cyprien (saint), évêque de Car¬
thage, Cyprian , I, 246 § 44.
Cyprien (saint) [évêque de Sar-
ragosse], saint Cyprian , 1,
34# §47-
Cyr (saint), Cir, saint Sire ,
son martyre, I, 2q5 § 42;
23179.
Cyriaque (saint), saint Quirias -
gué, auparavant nommé Ju¬
das, son martyre, 1, 25 1 § 52.
Cyrus, roi de Perse, Cirus ,
avait bâti le palais de Persé-
polis, 13275-6.
Dacquk, peuple de l'Inde
vaincu par Alexandre, 14324-
14328.
Dagesme, pays de l'Inde con¬
quis par Alexandre, 13741-
1 5756.
Dagobert, roi de France, Dan -
gobert , Daugobert , n’est pas
le premier fondateur de
Saint-Denis, I, 244 § 35 ; son
histoire, I, 25g § 73, 260 § 73,
II, 229-229 a; sa mort, 261
S 76; I, 33 x a et 352.
[Daïmbkrt] , archevêque de
Sens, sacre Louis VI, I, 283
S 127.
Daire , voy. Darius.
Daire (sainte), voy. Daria.
Dalila, femme philistinc, Da-
RENART LE CONTREFAIT
lida, son histoire, 39435-
39984.
Dam (Le) (Flandre occ.). Le
Dand, 38364-
Dama, voy. Dénia.
Damaissi , Damaissius , voy. Da-
masb.
Damas, ville de Syrie, Adam y
demeura, 6729; 1 1270, 17150,
26760.
Damascene (Pierre), voy.
Pierre Damien.
Damase, pape, Damaissi, Da¬
maissius, son procès, I, 224
§54; I, 33o; son règne, 1, 33g.
Damase [II], pape, Damasius ,
son règne, I, 363 a.
Damasius, voy. le précédent.
Damasse (Pierre), voy. Pierre.
Damien.
Damclin , Damelin , voy. Dan-
clin.
Damien (saint), I, 248 § 47.
#
Damiette, port d'Egypte, Da -
miete, 1, 365 a .
Dampus, voy . Donus II.
Danclin, Damclin , Damelin ,
0
aide Elior à venger la mort
d’Alexandre, 17824-19186.
Dand (le), voy. Dam (Le).
Danemark, Danemarche, 1, 268
g 93, et 286 § 1 36 ; — les Da¬
nois dévastent l'Angleterre,
I, 269 § 97; ils se conver¬
tissent, I, 272 § io3.
Daugobert, voy. Dagobert.
Daniel, prophète, 1 1 532.
Dani f, voy. Denis, pape.
Danmantin, château de l'Inde,
est pris par Alexandre 1 37D7-
1 5789.
Danois, voy. Danemark.
Danube, fleuve, Dinoe , Dynoé,
II, 220 a et 221 ; voy. Riiin.
Dardanon, ville de Grèce, fon¬
dée par Dardanus, 19604-6.
Dardanus, Dardanon, second
fils de Jupiter, 19600-19610.
Daria 'vsaintc), sainte Daire .
son martyre, I, 247 § 46.
Darius, roi de Perse, Daire,
sa guerre contre Philippe,
1070?- 1 0S90 ; ses guerres con¬
tre Alexandre, 11386-13292;
châtiment de ses meurtriers,
13293-13426; scs malheurs,
233o5-233i8; 11228, 1 1236,
ii334, * 1 344, 11348, 1 1 3 5o ;
13428, 13437, 13716, 13747,
i323o, 17359; 1, 328; 23299,
23325, 3 o893.
Daugobert, voy. Dagobert.
David, roi d'Israël, sa vie, 8753,
8902; son tombeau est pillé
par Hérode, I, 227 8 2; 2437,
2 5 1 o, 2791,4229, 4257,426.3,
77*L77i3.77*6, 8748,8732;
9099, 19857, I, 228 g 5, I,
334 a; 22869, 22877, 22883,
238i6, 24078, 24083, 24304,
24553, 24559, 24703, 3o549i
3o38t, 3o583, 3o5gi, 3o6i8,
• 32 1 35, 32237, 32.346, 34791,
36462; voy. Psautier.
Dé, voy. Dif.u.
Decc, voy. le suivant.
Dkcius, empereur, Decc, son
règne, I, 346 $ 43-44; I» 348 a.
Decret Gracicn , compilé par
Isidore de Séville, I, 25g §
72; Decret compilé par Isi¬
dore, puis par Yves de Beau¬
vais, puis par Graticn, 1,
281 8 122.
Décrétales (les), I, 291 8 1 3o ;
publiées par Léon VIII, 1,
363.
Dédale, Dedalus, 8663; son
fils Icare, malgré ses conseils,
vole trop haut, 29231-29330.
Déiphobe, fils de Pi iam et d'Hé-
cube, Deyphebus , 3843, 8366.
Deité (le Père de), voy. Dieu.
Delbora, fille d’Adam, femme
de Seth, Delcora , 7564, 7574.
Delcora, voy. le précédent.
Dénia (prov. de Valence^
Dama, I, 354 a-
Denis, (saint), pape, Daniy , son
règne, I, 338 a .
Denis (saint), évéque, son mar¬
tyre, I, 242 § 3o; I, 261 8 76;
sa main est envoyée à Henri
l'Oiseleur, l, 271 g 102; son
corps est porté à Paris par
Clovis II, II, 229 a.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
TABLE ALPHABÉTIQUE DES NOMS PROPRES
Denis [de ChamcuvonJ, doyen du
chapitre de Troyes, Denise ,
favorise l'élection de Gui¬
chard à l'évêché de Troyes,
30992-6.
Denise , voy. le précédent.
Denys le tyran, Dionisses li ti¬
tans, I, 329.
Déols (Cher), Æourc de Dieu ,
miracle à la fin du xn* siècle,
!» 2863 1 36 ; cf. Fauconneau-
Dufresne (Dr), Hist. de Déols ,
I. 78-81.
Dés (jeu de), 3775 1 -5 .
Desconfort, personnifié, 24163,
24490, 33482.
Désespérance , personnifiée ,
237*7i 24*65, 35324, 33394,
33480, 37314.
DhsiKR,roi des Lombards, Desi -
fier , duc en Tusqueyoi de Pa-
vie, roi de Lombardie , I, 264
S 86; est fait prisonnier par
Charlemagne, I, 265 § 90.
Desirier . voy. le précédent.
Desloyauté , personnifiée ,
34413.
Despit, personnifié, 34415.
Desrenier Péril du Monde, (Du)
œuvre de Guillaume de
Saint-Amour, I, 289 S 144.
Destrier évité (exemple du), I,
323.
Deusdedit (saint), pape, Dieu-
donné, son règne, I, 36 1 ; !,
35 1 .
Deyphebus , voy. Dêipiiobe.
Diane, déesse, 12987.
Didaque , voy. Diego de Acebes.
Didime d'Alixandre , voy. Di-
dymb l'Aveugle.
Didimus , roi des Bramions ,
voy. Dindimus.
Didon, fonde Carthage, 8671-
8706; sa mort, 8710-8738;
ses amours et sa mort, 19714-
19728; 3858, 19616, 19798,
20469.
Didyme l'Aveugle , Père de
0
l’Eglise, Didime d'Alixandre ,
I, 252 § 54.
Diego [de Acebes], évêque
d’Osma, Didaque, assiste
saint Dominique contre les
Albigeois, I, 286 § 1 38.
Dieu, Dé, 4, 14741, etc.; crée
l’homme, 7282-7324; raisons
métaphysiques de la créa¬
tion, 33923*34145; la ré¬
demption, 7333-7436; diffé¬
rents noms qui lui sont don¬
nés : Créateur, Creatour%
3442, 5 1 35, etc.; Dieu de na¬
ture, 17934, 17987, etc.; Dieu
le Pere , 4884, 6954, etc.; le
grant Juge, 22767 ; Pere
tout poissant, 6y38, 14586;
Pere premerain, 14630; vrai
Pere , 14827; Pere du mond ,
27206; Pere de la Deité ,
11491;/* Roy celestre, 5994,
7063, 7809 ; le Roy de glore,
2824; le grant Roy , 3442,
34063, II, 249 a ; Roy de na-
ture , 7754; le Souverain Roy,
78 1 2 ; le treshault Roy ,
8442 ; le Seigneur, 582, 91 5 1 ;
le grant Seignour, 24578,
37234; le Tout Poissant ,
33946; invocations : Corps
Dé, 594, 1210, les entrailles
Dé, 29787.
Dieudonné , voy. Deusdedit.
Dieuxdonnes, voy. Adéodat.
Digeste (le) de Justinien, 23195.
Dijon (Côte-d’Or), I, 246 § 44.
Dimc (la), 37137-37192.
Dinagratès , voy. Dinocratès.
Dindimus, roi des Brahmanes,
Didimus, roi des Bramions ,
détourne Alexandre de son
pays, 14463-14899.
Dinocratès, architecte, Dina¬
gratès, trace le plan et
construit Alexandrie, 1 1 1 35-
1 1 160.
Dinoè, voy. Danube.
Dioclès [de Carystc], médecin
grec, Dyoclesien , 5oi5.
Dioclétien, empereur romain,
Dioclecien , Dyocleclen , son
règne, I, 247-8 §§ 47-8 et
349.
Diogène le cynique, Diogen'es,
Dyogcnès , crache à la figure
d’un homme qui lui montre
3 1 7
sa maison, 28829-28870;
4693, 10329, 12117, 13957;
I, 328; 32347.
Dionisius , voy. Bacchus.
Dionisses li tir an s, voy. Denys
le Tyran.
Divinus Pater, est fait prison¬
nier au siège de Rochefort,
19096.
Doches (Aube, canton de Pe-
ney), Doclie , la dame de D.
fait déterrer une morte en
i3oo, pour lui enlever son
linceul, 38195-38217.
Dodon , voy. Doon.
Domicianus , Domiclen , voy.
Domitien.
Dominicaines, Prescherresses ,
ont un couvent à Montargis,
I, 295 § 1 58.
Dominicains, voy. Frères Prê¬
cheurs.
Dominique (saint), sous-prieur
des chanoines d’Osma, saint
Dominicque, 4559 ; fonde
l’ordre des Frères Prêcheurs,
I, 286-7 § *38; meurt à Bo¬
logne, I, 287 § 141 ; 32836.
Domitien, empereur, Domi¬
cianus, Domiclen , son règne,
I, 242 3o-3i et 347 a; fait
mettre saint Jean dans une
chaudière d’huile bouillante,
7246-7258.
Donat, grammairien, Donnet,
I, 2 5 1 § 5t.
Donnet , voy. Donat.
Donus, pape, Boni/ace, son
règne, I, 36 v a .
Donus, [II], pape, Dampus, son
règne, I, 363.
Doon, frère d’Alpaïde, Dodon,
Dydoine , fait assassiner saint
Lambert, I, 262 § 82: II,
23o a .
Dorcanes , voy. Hyrcanie.
0
Dormants d’Ephèse (les sept),
leur histoire, I, 246 J 43;
apparaissent à Édouard le
Confesseur, I, 278 § 114.
Dorstan (saint), Dostan (saint),
voy. Dunstan.
Douai (Nord), 38564-
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
3 1 8
[Doice d'Aragon], mère de
Ferrant, comte de Flandre,
ses sorcelleries, 2661-2720;
29345-29350.
Doullojr, personnifié, 37294.
Dracïens (les), à la mort d’Ale¬
xandre sont gouvernés par
Amite, 17383-8.
Dracionois , voy. Gédrosie.
Drapiers, satire contre leur
métier, 26387-26470.
Dreves , voy. Drogon.
Drogon, fils de Pépin d’Héris-
tal, Dràves , fut comte de
Champagne, II, 23o.
Droï.n le Moineau, Drouÿne
son aventure avec Rcnart, I,
3o6 32i ; blâme Brun d'avoir
joué trop brutalement avec
Rcnart, 30409-30491.
Drouÿne 7, voy. Dr ois.
Drusus Néron, fils de Tibcre,
Druse , I, 238 § 19.
Duboys (Jehan), voy. Jean Du-
boys.
Dumia, non loin de Braga,
Duma , I, 354 a.
Dlnstan (saint), archevêque de
Cantorbcry, saint Dorstan et
Dos tan, I, 272-3 $3 103-104.
Dydoinc, voy. Doon.
Dynoé (la), voy. Danube.
Dyoclecten , voy. Dioclétien.
Dy oc le sien, médecin, voy. Dio-
CLÈS.
Dyogenès, voy. Diogène.
Dyone (la], voy. Riiin.
Eaumont, fils du roi Agolant,
Hvaumont , I, 353.
»
Eberic , voy. Eberulf.
•
Eberulf, sénéchal de Ch i I pc-
rïc, Eberic, Eburic , assassine
son maitre, sa mort, II, 228 a-
229.
Éurïens (?), à la mort d’Ale¬
xandre passent sous l’auto¬
rité de Philipater, 17320-2
Ebrieux , voy. Juifs.
Ébroïn, maire du palais, Ebi on,
seneschal de France, fait
martyriser saint Léger, I,
262 § 79: II, 2 3o.
RENART LE CONTREFAIT
0
Ebron, (val d ), Ebnin, Elbron,
l'ange ordonne à Scih d'y
enterrer son père, 7677-7688,
772 1 ; Jacob et Rachel y sont
enterres, 36874-8.
0
Eburic, voy. Eberulf.
Éclopé, ville, voy. Asclépios.
Écosse, Escoce , Escoclie , I,
237 § 68, 282 \ 126; 11, 233 ;
— Escochois, battent les An¬
glais, I, 293 § i38.
Écriture (T) sainte, Escripture,
262, 2363, etc. ; la vraye
Escripture, 8656; l'Escript ,
36669.
Ector, voy. Hector.
Ecuba, voy. Hécube.
Edeline , voy. Alix.
Édessf., ville de Syrie, Edi^c,
1, 245 § 42.
Edi\e, voy. le précédent.
Edmond (saint), archevêque de
Cantorbéry, saint Ennout,
élève à l'Université de Paris,
enterré à Montigny, I, 288
§ 143.
Edmond, roi d'Angleterre, Ed-
mont% est tué par les Danois,
I, 269 § 97.
Edmond, comte de Kent, Hay-
mes , défend la Réolcen 1324,
I, 295 § 139.
Édouard, roi d’Angleterre,
Odoire , héros du Lai du
Laustic, II, 233-234 a.
[ Edouard Ier l’Ancien], roi
d’Angleterre, père d’Ogivc,
clùve à sa cour Louis d'Ou-
tremer, I, 271 § 102.
Édouard [III], roi d’Angleterre,
aperçoit dans une vision les
sept Dormants, I, 277-8 S
1 *4*
Edouard Ier, roi d’Angleterre,
commence la guerre en Gas¬
cogne en 1293, I, 290 § 149;
épouse Marguerite de France,
I, 291 § 1 5o ; se croise, I,
293 § 1 53.
0
Edouard II, roi d'Angleterre,
fait décapiter le comte de
Lancastre, I, 293 §1 58; fait
la guerre en Gascogne § 139;
I, 296 § 161 ; est déposé, 1,
296-7 § 1 63.
0
Edouard [III], roi d’Angle¬
terre, accompagne sa mère
en France, I, 296 g 161; son
couronnement, I, 297 § 1 63 .
0
[Edouard !,r], comte de Bar,
duc de Bar, meurt [en 1 337
et non] en 1 3 36, eu allant
conquérir Athènes, 3 1 34 1 -
3 1 36o.
Egigisope , voy. Hégésippe.
Égypte, Egipte , Joseph en E.
est représenté sur la tente de
Rcnart, 3936-41 38; y sont
représentées aussi les plaies
et la fuite d'É., 4436-4490;
les plaies d'É., II, 244 4-243 a;
règne de Nectancbo, 93 1 1 -
9540 ; est conquise par Ale¬
xandre, 1 1221-1 1254 ; 10694,
11178, 1091, 17052, 1 73 1 3,
17350, 17608, 18001, 18004,
20317, 20733, 20738, 20929,
21764, 21810; I, 227 g 2,
2 3o § 8, 2 3 1 § 9, 226 g 1 5,
240 § 24; 32621, 32629,
36865 , 39507 ; Egipcïens ,
Egiptiens , Esgipciens , 8210,
8482-3, 8295, 9563, 9567,
9587, 17099; i. 233 s 11 ;
32649.
Église (l'J, 240, 2818, 5io6,
19783; I, 235 § 1 3, 239 g 21,
248 g 47, 2 5 1 §§ 5o-5 1, 232
g 34, 263 §83, 263 § 90, 267
§94,27* § IOI> 2 74 § «06;-
de France, I, 284 g 1 3 1 et 283
§i35.
El \m, fils de Sem, Elamy ,
8o32.
Elanche, voy. Elcnchus.
Elbron (val d'), voy. Ebron.
Eléazar, Elia^ar, fils d’Eliud,
de la lignée de David, 1,228
§5.
Éléments (les quatre), 34G 1 5-
34660.
Elenchus, Blanches, traité, II,
201 .
0
Eleuthère (saint), pape, Elus -
terius, son règne, 1, 357 a.
Eliachan (?), ville de Politaine,
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
TABLE ALPHABÉTIQUE DES NOMS PROPRES
détruite par le le u du ciel. 1,
329.
0
Eliacim, Eliachin , de la lignée
Je David, I, 228 § 3.
0
Eliaçar, voy. Eléazar.
0
Elidïens, sujets du roi Nicolas,
Eligiens , 10447 ; à *a mort
d’Alexandre sont gouvernés
par Amite, 17383-8.
Eligiens, voy. le précédent.
0
Eue, prophète, Helye , appa¬
raîtra au Jugement dernier,
7908-7911.
Elie , voy. Pertinax.
*
Elior, fils d’Alexandre et de
Candace, venge la mort
d’Alexandre, 17824-19186;
23327-2333o.
0
Elisabeth (sainte), mère de
saint Jean-Baptiste, Elisa¬
beth, I, 228 §g 4 et 3 : 237 $
*7*
#
Elisabeth de Hongrie (sainte),
sainte Elisabeth, ressuscite
16 morts, I, 288 S 143.
Eliud, fils d’Achim, de la des¬
cendance de David, I, 228
§ 5.
Elnes en Roussillon. Helvia ,
I, 354
Éloi (saint), évêque de Noyon,
I. 260 § 73.
Elphese , voy. Émièse.
Elusterius , voy. Éleutiilrb.
[Elstrude] fille d'Alfred le
Grand, épouse Baudouin II,
comte de Flandre, I. 270 §
99.
E/ye, voy. Aelia Capitolina.
Emaülx, voy. E.mmaüs.
Emerita , voy. Merida.
Eminidus, voy. Elmèni:.
Emmaüs, ville située entre Jéru¬
salem et Jaffa, Emaillx , I,
236 § 61.
Emmeline, femme de Renart,
Enmeline , reproche à Renart
de laisser mourir de faim scs
enfants, 28402-28440.
Embroisse , voy. Ambroise.
Enée, fils d’Anchise, Eneas,
scs aventures, 383o-3864 ;
19683-19701 ; 1971219826 ;
aime Didon, 8710-8738; son
arrivée en Italie, I, 33q;
épouse la fille du roi Latin,
20463-20472 ; 19636, 2oo33,
20494, 21938; II, 220.
0
Enée, roi du Latium, Eneas ,
1983.L4.
Enfer, place au centre de la
terre, 34661-34734.
Enfferimcr d'), voy. Mer Morte.
Engebourc , voy. Ingeburge.
Engleterre , voy. Angleterre.
Esguerras de Ma r ig nv, Me-
sircs Enguerans, chevalier
de Normandie, Anjorrans,
307» 7-*9» 2493; son histoire,
2864-2920, 23223*7; safaveur
auprès de Philppe le Bel, I,
292 § 1 32 ; est pendu, I, 293 §
134; I, 3 1 3 ; 30923.
Enmeline , voy. Emmeline.
Ennemi (P), le Diable, Anemi,
Annemi, 2480, 2487, etc. ; le
Malvais , 9749.
Ennout [saint ;, voy. Edmond
(saint).
0
Enoch , voy. Enos et IIénocii.
Enociiouin, ville fondée par
Hcnoch, 7876.
»
Enos, fils de Set h, Enoch, sa
vie, 7370-7373, 7832-3, 7903.
En t lioros, voy. Antkre.
Envie, personnifiée, disserta¬
tion sur PE. 34739-34884 ;
2998, 33o34, 33273, .>3280,
3619?.
Eodaldes, chrétien venu à
Rome du temps de saint
Pierre, I, 343 a.
Eoly Jonas , voy. Iollas.
Epervier (P), Esprevier, 4 1071.
0
Epcrvier P} et le chapon, exem-
rie, ii, 2-19-249 *«•
Epiiése, ville de Lydie, Elphese,
1, 246 g 43 ; I. 278 ï 114.
Epiciers, satire de leur métier,
26333 268:0.
Epine (Notre-Dame de t.*], son
cure renonce à la cure pour
rester avec sa concubine et
celle-ci l’abandonne dès qu’il
n’a plus de moyens d’exis¬
tence, 33348-33624.
3ig
Epipiiane, Epiphaine , un grand
faiseur d istoires, I, 237 g 18.
0
Epiphanie ou fête des rois,
Thyphaine, Tiphaine , I, 2 36-
237 s 17-
Epines (les) des apôtres, epitle ,
espitle , . 3287 » Epi très saint
Pol. I, 266 § 92, 32589 ;
Gloses sur les Épitres S. Pol
de P. Lombard, I, 284 § 1 3 3.
Eraclc , voy. Heraclius.
Eraclone , voy. Heracllonas.
Erculàs, voy. Hercule.
Eride, la grande et la petite É.
font partie de l'empire
d’Alexandre, 17107-8.
Eritree , voy. Sibille d Ery¬
thrée.
Erius. fils d’Alcidès, marchand,
est victime de sa crédulité,
I, 3o8-3o9.
Ermenfride, Mainfroi, fait pé-
0
rir Ebroïn, II, 2 3o.
Ermenie , voy. Arménie.
Ermite (De P), œuvre d’Alcuin,
I, 266 § 92.
Erythrée, Eritree , voy. Si-
0
HYLLK d’E.
Esaù, fils d’ Isaac, 37373.
Escalona (prov. de Scgovie),
Escalonne , I, 334 <*•
Escalonne, [Calccdonia dans
l'Historia de praeliis], 1 1043.
1 1047.
Eschine, orateur athénien, As-
cinis , 10327-9.
Esclavonnie, royaume conquis
par Alexandre, 11390.
Esclesiastes , [fausse lecture de
l’auteur pour] « Histoire
auguste », I, 246 g 42.
Escoce , Escoche, Escochois ,
voy. Ecosse.
E scorpion, voy. Scorpion.
Escot (/ ), voy. Jean Scot Éri-
GKNE.
Escript (/’), VEscripture , voy.
#
Ecriture.
Esecs , voy. Esséniens.
Esgipciens , voy. Egypte.
0
Esope, le fabuliste, Isope le
sage , 28288.
Espagne, Espaigne, Hvspan-
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITÉ OF MICHIGAN
320
RENART LE CONTREFAIT
>t/a, est évangélisée du temps
de Constantin, I, 349 a ;
campagne de Charlemagne
en E., I, 33a a- 335, 37395-
3733o ; 21207, 22*97 ; I, 241
$ 26, 259 § 72, 263 § 84, 263
§ 9C 267 § 94, 273 § io3, 282
§ 126, 283 § 128 ; 32266; If,
223 ; Espagnols, 8120 ; I, 290
§ 148; voy. Constance d’Ara-
gon.
Espalle , voy. Séville.
Espaulavt (Jaques), voy. Jac¬
ques de Vit r y.
Espérance, personnifiée, 23699,
23935 ; les avantages qu’elle
offre à ses adeptes, 24 1 1 3-
24302, 3540I-333io, 39137-
39184.
Espérance, fille de sainte So¬
phie, I, 244 § 35.
Esperite (saint), voy. Esprit.
Espinart, le Hérisson, 535.
Espitle, voy. Épitrcs (les).
Esprevier voy. Épervier.
Esprit (le saint), saint Espe-
rite, 4884, 7698 ; I, 229 § 6,
236 § 17» 237 § 18; 29916,
34806, 3481 1 .
Essénikns, Esées, secte juive,
I, 233-6 § 14.
Estella (Navarre), Stella, I,
334 a.
0
Estiene, Estienne,\ oy. Etienne.
Estor,\oy. Hector.
Estrape, voy. Satrape.
Estunii/s , voy. Joseph Iscasi s.
Éther, région supérieure de
l'atmosphère, 34531-34620.
Éthiopiens (les), 8481, 8489,
8493.
Étienne (saint), Estienne , son
martyre, I, 237 § 18.
0
Etienne (saint), pape, Estiene,
son règne, I, 358.
É tienne [II], pape, I, 263 §
86.
Étienne [111], pape, saint Es¬
tiene, son règne, est marty¬
risé par Constantin IV, I,
265 § 90.
Étienne [IV], pape, Estiene ,
son règne, I, 362.
0
Etienne [V], pape, son règne,
I, 36j a.
0
Etienne [IX], pape, Estiene,
son règne, I, 363 a .
0
Etienne, comte de Blois, Es¬
tienne, part pour la croisade,
I, 282 § 126.
0
Etienne (saint), fondateur de
Tordre de Grandmont, saint
Estiene , I, 281 § 120.
#
[Etienne Tempibr], évéque de
Paris, couronne Mariede Bra¬
bant, I, 290 § 147.
Etymologies (Livre des), com¬
posé par Isidore de Séville, I,
239 § 72.
Euclide, mathématicien grec,
Euclidès , 473.
Eudes, comte de Champagne,
échange la comté de Beau¬
vais contre Sancerre, I, 276
t. *09.
[Eudes], comte de Poitiers, est
fait prisonnier par Geoffroy
Martel, I, 282 $ 124.
Eudes de Sens, jurisconsulte,
maistre Obert de Sens , 2467.
Eudes de Sully, évêque de
Paris, I, 286 § 137.
Euffralès, Eufratès, voy. Eu¬
phrate.
Euffroy, voy. Alfred leGrand.
Eugène (sainte), son histoire,
I, 245 § 3q.
Eugène (saint), pape, Eugenius ,
son règne, I, 36 1 a .
Eugène [II], pape, I, 268 § 95.
Eugène [III], pope, condamne
Gilbert de La Porée, I, 284
8 1 3 1 ; son règne, I, 364 a.
Eugenius, voy. Eugène.
Eugenius, I, 357, v°y* Hygin;
20430, voy. Virginius.
Eumène de Cardia, Syméon ,
clerc privé d’Alexandre, fait
le testament de son maître,
17043-17188; Eminide , Emi-
nidus, à la mort d’Alexandre
reçoit le Cappadoce; sa
guerre contre Neoptolème,
17557-17605; sa guerre con¬
tre Antigone et sa mort,
17619-17700.
Euphrate, fieuve, Eufratès ,
Euffratès , 17416-1 7424 ;
19290-19302; 19353; fleuve
du Paradis terrestre, 3778.
Eupiirosine (sainte), en religion
frère Marade\ (Smaragdus),
son histoire, I, 255-6 § 58.
Europe, partie du Monde,
8047» 9478, 10623, i253q,
1 4 1 3 1 9 16573.
Eurydice, femme d'Arrhidcc,
Occudite, Octudite, est mise
à mort parOlympias, 17701-
,777l*
Eusèbe (saint), pape, Eusebin,
son règne, I, 338 a.
Eusèbe de Césarée, auteur de
Y Eclcsiatique histore, 1, 2 32
§ 10, 238 § 18, 241 § 28.
Eusebin, voy. Eusèbe (saint).
Eustachk (saint), saint Eusta-
ce, sa mort, I, 242 g 3 1 .
Eustaciie [III de Boulogne],
frère de Godefroi de Bouil¬
lon, Eustace , f, 282 § 126.
Eutheros, voy. Antère.
Eutichien (saint), pape, Eutio-
chien . nef Turqulens, son
règne, I, 358 a.
Eutiochien , voy. le précé¬
dent.
Eutropp, historien latin, I, 242
§32.
Euvangeliste, voy. Jean (saint'.
Euvangille , voy. Évangile.
Euverte (saint), évêque d’Or¬
léans, Saint Evurce , fonde
Sainte-Croix d’O., I, 25o-i
§ 5o.
Evain, voy. Ève.
Evangelistre (T), voy. Jean
(saint).
Evangile, Euvangille, Ewan-
gille, histoire du clerc qui ne
voulait pas chanter l'évangile
devant l’empereur Henri III,
I/277 § 43; 3288, 8 309,
19753; I, 229 § 5, 236 §§ i3
et 17, 320; 25745, 25842,
3 1 3 1 7, 34811 ; — selon saint
Mathieu, 32821.
»
Eve, Evain , la première fem¬
me, 6524, 6595, 6611, 6694,
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
TABLE ALPHABÉTIQUE DES NOMS PROPRES
321
6791, 68o3, 681 3, 14587,
37634.
Évaristb (saint), pape, I,
357.
*
Evas, père de Porphirias,
donne sa fille Gaïte à Bilas,
4139-4216.
Évreux (Eure), se rend à Phi¬
lippe Auguste, I, 286 § 137.
Evurce (saint), voy. Euverte.
#
Ewangille, voy. Evangile.
Exiona , voy. Hésionb.
Ejecta, voy. Uceoa.
Fabianus , Fabiem , voy. le sui¬
vant.
Fabien (saint), pape, Fabiem ,
Fabianus , son règne, I, 358;
I, 348 a\ I, 246 § 43.
Fabien , pape,I, 36 1, voy. Sabi-
nien.
Fais des Roumains, voy. « Ges-
ta Romanorum •.
Faramont , voy. Pharamond.
Fare (sainte), Jointe Phare , I,
252 § 72.
Faron ( saint ), [évêque de
Meaux], saint Pharaon , 1,
258 S 72*
Faucellej , voy. Vaucelles.
Fauve (Dame), la Jument, 543;
le Renart, le Loup et Dame
F., II, 242-243.
Fauveau , voy. le suivant.
Fauvel Fauveau , Fauvillon,
dans l’expression torchier
Fauvel (tromper, commettre
un mensonge), 280, 612,
1695, 4869, 5539, 27763-
27770, 40415.
Fauvillon , voy. le précédent.
Faux Semblant, personnifié,
33375, 37749.
Fécamp (Seine-Inférieure), Fe-
camps, Fesquamcq , l'abbaye,
I, 262 § 80; terminée par
Richard, I, 276 § 1 10.
Federic, voy . Frédéric II.
Fedris , voy. Frédéric Ier.
Felis, voy. Félix.
Félix, pape, Felis, son règne,
I, 35o; ne règne que pendant
l’exil de Libère, I, 359.
T. II.
Félix [II] (saint), pape, Felis ,
son règne, I, 36o.
Félix [III], pape, Felis, de
Sabres nef, son règne, I, 36o
o; I, 35 1 .
Fémenib, pays des Amazones,
14062.
Femme (la) adultère de l'Evan¬
gile, II, 209.
Femmes, plaintes des mau¬
vaises f. contre leur mari,
4006 1 -40443 .
Fenis (le mont), i8o32.
Ferrand de Portugal, comte
de Flandre, Ferrant, son
histoire, 2643-2814; est pris
au pont de Rames, I, 287
§ 141 ; 29345-29350.
Ferrent, voy. Antoine de Pa-
doub (saint).
Ferréol (saint), saint Ferreole ,
son martyre, I, 249 §48.
Fesquamcq, voy. Fécamp.
Fkstus [procurateur de Judée],
Fétus , envoie saint Paul à
Rome, 20692.
Fétus , voy. Festus.
Feuillen (saint), frère de saint
Fursi, Folien , fonde Pabbaye
de Fosses, I, 261 § 76.
Fielle, voy. Fiesolb.
Fiesole, près Florence, Fielle,
9211, 21389, 2141 1.
Fil lot ès , Filotes, voy. Philo¬
tas.
Filf (le) de Dieu, voy. Jésus
Christ.
Flamains, Flamencs, Flamengs,
Flamens , voy. Flandre.
Flandre (la), fondation du
comté, I, 269-270 §§ 98-99;
allusion aux guerres de F.,
Il, 208; 2649; 29« § ,5°;
38788, 38793 ; - les Fla¬
mands, Flamains , Flamencs,
Flamengs . Flamens , sont
battus à Bouvines, 2751-
2768; I, 287 § 141 ; auraient
soudoyé Enguerran de Mari-
gny, 28999-2900 1 ; vainqueurs
à Rosbecque, I, 2928 1 5 1 ;
tiennent en prison Louis de
N'evcrs, I, 296 § 16 1 ; sont
battus par Ph. le Bel et Ph.
VI, 23097-23 i5o; leur haine
contre les nobles, 27719-
27736; 2322! ; — comtea :
Baudouin, Robbrt II, Phi¬
lippe d’Alsace, Baudouin de
Constantinople, Fbrrand de
Portugal, Gui de Dampierre,
Louis de Nevers.
Florence, capitale de la Tos¬
cane , Flourence , appelée
d’abord Fielle (?), puis Chief
de Mars, 921 1-2; 21411-
21422 ; Florentins, 21420.
Florent, fils d’Antipater, Flou -
rent, 18409; combat contre
Élior, 18416-18466; 18487,
18491, 1H546, 18577; com¬
bat l'armée d’Élior, est fait
prisonnier, relâché et repris,
18587-19186.
Florien, empereur romain,
Florian , I, 247 § 4 3 et 349.
Florum, dieu de la Luxure,
37786-37794.
Flory , voy. Saint- Bbnoit-sur-
Loirb.
Flotte (Pierre), voy. Pierre F.
Flourence, voy. Florence.
Flourent , voy. Florent.
Foi, personnifiée, 23699.
Foi, fille de sainte Sophie,
Foy, I, 244 § 35.
Foires (droit sur les), 37793-
37910.
Folien, voy. Feuillen.
Fontainebleau (Seine-et-Mar-
ne), Fontainebliaust, Philippe
le Bel y meurt, I, 293 8 i54.
Fontknai [en Puisaye], bataille
entre les fils de Louis le Dé¬
bonnaire, I, 268 §96.
Forcb, personnifiée, 24219,
37325.
Forcin (saint), voy. Fortin.
Formatage, dissertation sur
le F., 37193-37306 ; son in¬
troduction en France par la
Bourgogne, 37560-37696.
Formentera, Ile, une des Ba¬
léares, Formantaire, 1,354 a.
Formosb, pape, Formosus , son
règne, I, 362 a.
21
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITYOF MICHIGAN
322
RENART LE CONTREFAIT
Forsbnnerie f personnifiée ,
34430.
Fortin (saint), saint Forcin , I,
242 § 3 o, I, 347 a.
Fortune, personnifiée, 2943,
2958, 2960, 2964, 2967, 2985,
2993, 3oo3, 3887, 4680, 5794-
5, 1271 3; I, 3 1 3; 22537, 2 3265,
233oo, 28734, 30078, 30874,
30894, 30924, 30927, 33807,
338i2, 338i5, 338i7, 33825,
33857; II, 195 et 217.
Fosses, près Liège, les Fosses ,
abbaye fondée par saint
Feuillen, I, 261 § 76.
Foude , voy. Fulda.
Foulques [III le Noir], comte
d’Anjou, Fouques , son pèleri¬
nage à Jérusalem, I, 282
§ 124.
Foy, voy. Foi.
Frac/fl/eruj,voy.PHRATAPHERNE.
Fradegonde, voy . Frédégonde.
France (la), devenue la pre¬
mière des nations depuis le
temps de César, 21628-2 1700 ;
famine, I, 288 § 143; croisade
préchéejen 1 3 10, 27632-3, et
en f 3 1 3, I, 293 § 1 53 ; massa¬
cre de lépreux, I, 296 § 162;
suite des rois : II, 220-23 1 ;
8662, 15896, 19732, 2oo5o,
21447; I. 247 44 et 47.
252-3 § 54, 256 § 59, 260
§ 75, 261 § 76, 263 § 84, 264
§ 87, 265-6 § 92; 267 § 94,
268 §§ 95-96, 270 § 99, 271
§§ 100 et (02, 272 § 104, 276
S 1 12, 284 129-130, 285
§ 1 33, 287 § 1 38, 292 § 1 32,
294 § 1 55, 35o, 355 a, 359,
36oa, 365, 366a; — les Fran¬
çais, François , Franchois ,
2747, 2867, 8120; I, 256 §39,
263 §§ 85-86, 267 § 93, 269
S 97. 270 § 98-99, 271 § 100-
io3, 272 § 104, 284 § 129,
288 § 142, 291 § 1 5o, 292
S 1 5 1 , 355 a, 359 ; II, 221 a,
222, 222 a; — ducs : Hugues
le Grand, Hugues Capet.
Franchois t voy. François.
Franchois (les) , voy. France.
Francion, roi des Francs, I, 256,
§ 39.
Francoine , voy. Franconie.
François (les), voy. France.
François d’Assisk (saint), saint
Franchois % précheauxoiseaux,
4545-4546; fonde l'ordre des
frères Mineurs, I, 287 § x 38 ;
433o, 4534, 4539, 32853.
François, seigneur franc, af¬
franchit sa nation, II, 220 a.
Franconie, Francoine , I, 256,
s 39.
Francs (les), Frans , I, 355 a;
II, 220 a.
Frédégonde, femme de Chil-
péric, Fradegonde , son his¬
toire, II, 224 a-228; II, 23l
et 233.
Frédéric Ier, empereur, Fedris ,
son règne, I, 284 § 1 33, 356 ;
sa mort, I, 286 § x 36 ; I, 287
§ *39.
Frédéric II, empereur, Fede-
ric , son règne, I, 287 § 140;
est excommunié, I, 288 § 143 ;
1, 289 § 145; qualifié roi de
Sicile, I, 335 a.
Frères Mineurs ou Cordeliers ,
fondation de l’ordre, I, 287
5 1 38 ; I, 288 § 143; Jean de
Pouilly leur conteste le droit
de confesser, I, 294 § 1 57 ; 353,
827; I, 3 16 a; 23177, 25579.
27703, 32463, 32846, 36 1 66 ;
moines gris , 32417.
Frères Prêcheurs ou Domini-
nicains, dits Jacobins et Jaco-
pinSy fondés par saint Domi¬
nique, I, 286-7 § *38 et
27692-27702 ; Jean de Pouilly
leur conteste le droit de prô-
cher, I, 294 § J 5; ; 333, 85;;
1, 288 § i43, 290 § 148, 292
§ i3i, 293 § 1D4, 363; 23177,
25379, 32463, 40833 ; — géne-
rai de l’ordre : Jourdain de
Saxe ; — cf. Pierre (saint)
martyr.
Frise, prov. de Hollande, ceux
de F. envahissent la France
avec les Normands, I, 268
§ 96-
Frise , Frisiensy voy. Phrygie.
Frobert le Grillon, Frobert
Roussiaulx , le gierillon sire
Frobert ; 541 ; sa rencontre
avec Renart, 27444-27829;
II, 200 et 202.
Fromont l’Ane, Fromont près -
tre, I, 322 ; suit Renart dans
son pèlerinage, 25787-26346.
Fulbert, évêque de Chartres,
Philibert , I, 274 § 106.
Fulda (Hesse-Nassau), Foude,
l’abbaye, sa fondation, I, 203
§ 86; I, 277 § 1 1 3.
Fulvia, maîtresse de Quintus
[Curius], dévoile la conjura¬
tion de Catilina, 2 1 283-2 1 365.
Furet (le), voy. Porchat.
Fursi (saint), saint Fursee,
fonde l’abbaye de Lagny, I,
261 g 76.
Gabinus (Aulus), Gabifiy sa
femme [Lollia] est séduite
par César, 21749-50.
Gablan , seconde femme de
Lamech, corr. : Sella, voy.
ce mot.
Gabriel l'angle , I, 259 § 74.
Gaiette (Gérard), voy. Gérard
de la Guette.
Gaïtb, Gayette , fille d’Evas,
est accordée à Bilat, mais
finit par épouser Athis, 4143-
4216.
Galba, empereur, Galbe , I, 241
§ 26-27; I, 346.
Galcarinus, roi des Mardissan-
sardis, est vaincu par Ale¬
xandre, i55oi-i554o.
Galéas [Visconti], Galliathe,
viconte de M élan, Jean XXII
prêche la croisade contre lui,
I, 295-6 § 160.
Galère, empereur romain, Gal-
lerc , I, 248-9 § 48-9.
Gales , voy. Galles.
Galeswinthe, soeur du roi
d’Espagne, femme de Chil-
péric, Gasonde , est tuée.
II, 225.
Galice, royaume d’Espagne,
I, 239 | 2 3, 334; villes de G.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
TABLE ALPHABÉTIQUE DES NOMS PROPRES
prises par Charlemagne, I,
354 a ; I, 355; 37405.
Galien , empereur, voy. Gal¬
icien.
Galibn, monlt notable fisicien ,
5oo6; I, 244 § 35, 245 § 37,
348; 23389, 23393, 25078.
Galilée, région de la Pales¬
tine, Galliléc, I, 239 § 20; —
(mer de) 1, 354.
Galle, voy. Gallus.
Galle {la), voy. Gaule.
Gallere , voy. Galère.
Galles (pays de). Gales, est
conquis parPhilippe Auguste
I, 287 § 141 ; 11, 233.
Galliathe, viconte de Melan ,
voy. Galéas Visconti.
Gallien, empereur, Galien, I,
246 g 44 et 349.
Gallilée , voy. Galilée.
Gallus, empereur, Galle, 1,
2468 44 et 349.
Galle, mauvaise lecture de
l'auteur pour « Austria », voy.
Austrasie.
Gand (Flandre orientale),
38563.
Ganelon, Guenelon , Guennelon ,
sa trahison, I, 267 § 94,
353 a.
Gascogne, province française,
Gascongne, 17397; I, 290
§ 149, 295 § 1 58; campagne
de Charles de Valois en 1324,
§ 159 ; I, 296 8 *61.
Gasonde , voy. Galeswintiie.
Gastices, peuple de l’Inde,
i433i.
Gatinais, région de France,
Gastinois , I, 248 § 47.
Gauius , voy. Calîgula.
Gaule (la), Galle , Gaulle , Gau-
lin (acc.), Gaula, 8661 , x656o,
2°o5i ; I, 244 § 34, 247 § 47,
253 g 54, 267 § 94; 35o, 359;
II, 221; — les Gaulois, les
Gaules, viennent habiter la
France sous Valentinien, I,
252 g 54.
Gaulles (les), les Gaulois, voy.
le mot précédent.
Gautier, nom d’homme, 26766.
Gautier d’AuNOY, accusé d'a¬
dultère avec Marguerite de
Navarre, est supplicié, I, 293
§ 154.
Gautier de Chatillon, conné¬
table, dévaste le Barrois, I,
291 g i5o.
Gaye, voy. Calîgula.
Gayette , voy. Gaïte.
Gayus, voy. Calîgula.
Gédrosie, Béloutchistan, Dra-
cionois, échoit à Sibyrtios,
17379-17380.
Geffroy, voy . Geoffroi.
Gklase (saint), pape, Gelaisse ,
son règne, I, 36o.
[Gélasb II] pape, auparavant
Jean [Gaetani], Gelaisse, I,
283 g 128 et 364..
Gémeaux (les), signe du Zodia¬
que, Jumeaulx , Juvenaulx ,
I, 229 g 6 et 234 gg 1 2- 1 3.
Genebaut, chef franc, II, 221.
Geneviève (sainte), sainte Gene-
viesvc, I, 257 g 66, 35o a,
36o a .
Genèvrk (la reine), femme du
roi Artur, 4427 ; I, 256 g 63.
Gbngoul (saint), saint Jangou,
son histoire, I, 264 § 87.
Genofosistes, voy. Gymnoso-
PHISTBS •
Gentille, femme du roi
Édouard, héroïne du lai du
Laustic, II, 233 <1-234 a .
Geo, pape, voy. Jean [v.].
Geoffroi, évéque de Langres,
Gcuffroy, I, 284 § 1 3 1 .
Geoffroi [de Lèves] évéque de
Chartres, Geffroy , termine
le schisme d’Anaclet, I, 284
§ i3o; g 1 3 1 -
Geoffroi Martel, comte d'An¬
jou, Geuffroy, ses guerres,
I, 282 § 124.
Georacïen, peuple d’Asie Mi¬
neure, 9412.
Georges (saint), chevalier, saint
George, sainf J orge s, anec¬
dote sur lui, I, 240 § 24 et
248 g 47.
Géorgiques (les) de Virgile,
Gioricques, 19587.
Gérard (saint), saint Girars, I,
356.
Gérard de La Guette, surin¬
tendant des finances sous
Philippe V,mis à la torture en
1 322, Gérard Gaiette, 30925.
Gérard de Roussillon, voy.
Girard de R.
Gerbert, voy. Silvestre IL
Germain l’Auxbrrois (saint),
son histoire, I, 247 g 44; son
voyage en Angleterre, I, 257
§ 66.
Germanie, I, 241 g 26, 263 g 86,
271 § 100, 282 g 126; — les
Germains, Germiniens,\, 348.
Germiniens, voy. Germanie.
Gérone (Catalogne), Gerunda,
I, 354 a.
Gerosme, voy. Jérôme.
Gertru , voy. Bertrudb.
Gerunda, voy. Gérone.
Gbrvais (saint), I, 256 g 60 et
349.
■ Gesta Romanorum », Fais
des Roumains, I, 232 g 10.
Gbtrisus, au partage de l'em¬
pire d’Alexandre, reçoit la
Provence, 17393-6.
Geuffroy, voy. Geoffroi.
Ghislain (saint), [abbé de Hai-
naut], saint Guilain, 27245.
Gibraltar (Espagne), Gisbas-
taire, I, 354 a •
Gif (Seine-et-Oise, arr. de Ver¬
sailles), Giffe, abbaye fondée
par Maurice de Sully, I, 286
§ «37.
Gigny (Jura, arr. de Lons-lc-
Saulnier), abbaye, I, 271 §§
100-10 1.
Giiion, fleuve du Paradis ter¬
restre, Gy on, 3778.
Gilbert de la Porée, évéque
de Poitiers ; ses écrits sont
condamnés, I, 284 § i3i.
Gilbert, archevêque de Ra-
venne, voy. Guibert.
Gille [saint), voy. Gilles (saint).
Gillc, I, 270 § 99, voy. Gisèle.
Gilles (saint), saint Gille,
saint Gille\ de Prouvence, I,
262 § 82, 32197.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
RENART LE CONTREFAIT
Gilles , prince des Romains,
voy. Aegidius.
[Gilles Cornu], archevêque de
Sens, I, 290 § 147.
Gillef (saint), voy. Gilles.
Gioricques , voy. Géorgiques.
Girard de Roussillon, comte
de Bourgogne, I, 263 § 84.
Girars (sains), voy. Gérard
(saint).
Gisbastaire , voy. Gibraltar.
Gisèle, fille] [de Charles le
Simple et non de] Charles le
Gros, Gille , épouse Rollon,
1,270999.
Gloses sur les Épitres de saint
Paul, par Pierre Lombard, I,
384 § i33.
Gloutonnerie, personnifiée,
Gloutonnie, Gloutrenie ,2809 1-
281 36; tirade sur la G.,
36645-36794.
Godefar, voy. Guadalajara.
Godefroî de Bouillon, Godef-
froy , duc de Lorraine , Gor-
defroy de Butllon, conduit la
croisade, I, 282-3 § 126.
Goc, démon, Gof, 1 3584-5.
Goheut , voy. Clothilde.
Goliath, Golias , Golyas , 8764,
8766, 19858, 36917.
Gomarut , voy. le suivant.
Gomatrude, femme de Dago¬
bert, Gomarut , II, 229.
Gombaulx (frère), 1 3 1 7, 1 3 2 3 .
Gombert le Pourry (frère), vi¬
lain ?, 1 3 16.
Gomore, ville de la Pentapolc,
détruite par le feu du ciel,
8192, 33040.
Gontran, roi de Bourgogne,
tuteur de Clotaire II, II, 228-
229.
Goran , voy. Oran.
Gordefroy , voy. Godefroî.
Gordian , voy. Gordien.
Gordiana , voy. Idanha.
Gordien, empereur, Gordian ,
I, 245 § 43 et 348 a.
Gordube , voy. Cordoue.
Gorze (Lorraine annexée),
Corse , abbaye fondée par
Chrodegang, I, 264 § 86.
Got , voy. Gog.
Goudris , voy. le suivant.
Gouri le Porc, Goudris , Gour-
ris, 542; plaide contre Rcnart
5091-5210.
Gourris, voy. le précédent.
Graal (Le Livre du), Grael , II,
235 a.
Grâce, personnifiée, disserta¬
tion sur la G., 29877-29988.
Gracien , voy. Gratien.
Grael , voy. Graal.
Gramaticus (le flun), voy.
Granique.
Grammaire, un des sept arts,
34179-34194.
Grandmont (ordre de), sa fon¬
dation I, 281 § 120.
Granicus , voy. le suivant.
Granique, fleuve d'Asie Mi¬
neure, Gramaticus , Granicus ,
12020, 17358.
Grans Gloses sur le Psaultier
de Pierre Lombard, 1, 284
§ «33.
Gratien, empereur, Gracien , I,
258 § 59-60 et 35o.
Gratien [camaldule de Bolo¬
gne], Gracien , compile le
Décret, I, 281 § 122.
Grèce (la), Gresse, prend part
à la guerre de Troie, 2567-
2636; pays de toute noblesse,
19467-19532; 3917, 1986751,
233 § 1 1, 252 S 34, 262 § 82,
26 6 §92, 271 § 99, 33 1, 364;
voy. Atiiis, Alexandre,
Brèce, CRiTiNuset Dardanus,
Philippe de Macédoine, Sa¬
turne et son fils Titus; —
les Grecs, Gregois , Grcsois ,
Grieulx , 5343, 535 1, 8562,
8393, 8708, 8743, 12974.
19635, 23282, 30891 ; I, 270
§ 98, 278 § 1 14, 36oa, 36 1 a,
362.
Grégoire le Grand (saint),
pape, son règne, I, 36 1 déli¬
vre Trajan des peines de
l'enfer, I, 242-3 § 32 ; écrit les
Homélies de Job, I, 258 § 70;
I, 270 § 99, et 33 1 ; 29001,
3a337.
Grégoire II (saint), pape, I,
262-3 § 82.
Grégoire III, pape, I, 263 §82.
Grégoire [IV], pape, fixe la
date de la Toussaint en Alle¬
magne et en France, I, 268 §
95 ; son règne, I, 362.
Grégoire [V], pape, son règne,
I, 363.
Grégoire [VI]. Jean Gratien,
pape, I, 278 § 1 1 3 ; son règne,
1, 281 § 120 et 363 a .
Grégoire [Vil] pape, aupara¬
vant Hildebrand, sa lutte
contre l'empereur, I, 281 §
12 1 ; son règne, I, 363 a- 364.
Grégoire [VIII], pape, son
règne, !, 363.
Grégoire [IX], pape, aupara¬
vant [Ugolin] évéque d’Ostie,
assiste aux funérailles de
saint Dominique, I, 287 §
141 ; fait prêcher la croisade.
I, 288 § 143 ; son règne, I,
365 a.
Grégoire X, pape, tient un con¬
cile à Lyon, I, 289 § 146; I,
290 § 148.
Grégoire de Nazianze (saint),
saint Grégoire Na^ian^ene,
K 252 §54.
Grégoire (saint) de Ravcnnc ?.
I, 25i § 52.
Grégoire (saint), évéque de
Sens, Grigoire , I, 202 § 24.
Gregois , voy. Grèce.
Grenade, ville d’Espagne, I,
354a.
Gresois , voy. Grèce.
Gresse , voy. Grèce.
Grieulx , voy. Grèce.
Grifon (le comte), [de la lignée
des traîtres], son histoire, I,
319-320.
Grigoire , voy. Grégoire.
Grigoire (saint) Grisogonc , voy.
Chrysogonb (saint).
Grillon (le), voy. Frobbrt.
Grimbert, Grinbert le Texcon ,
cousin Renar s, 536, 4661 ; va
assigner Renart devant la
court de Noble, 4667-4856 ;
5536 ; parle au Lion en faveur
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
TABLE ALPHABÉTIQUE DES NOMS PROPRES
325
de Renan, 5543-5727; con¬
sole Renart d'avoir été puni
par Droin, I, 3i8a-32i ; con¬
seille la prudence à Briche-
mer, 30067-30102.
Grimoald, fils de Pépin d’Hé-
risial, Grimoars, son histoire,
II, 23o-a3o a.
Grimoars , voy. le précédent.
Grinbert , voy. Grimbert.
Gripine , voy. Cologne.
Gr isogone t Grissogonus , voy.
Ciirysogone (saint).
Gros (le), surnom d’un fils de
Louis le Germanique, voy.
Charles.
Guadalajara (Nouv. Castille),
Gode far, I, 354 a.
Guenelon , Guennelon , voy.
Ganelon.
Gui d'Arezzo, Guy A r et in, son
œuvre musicale, I, 276g ni.
Gui [de Dampierre], comte de
Flandre, dénonce son hom¬
mage à Philippe le Bel, I,
290-1 § i5o.
Gui [Foulquois], voy. Clément
IV.
[Guibert], antipape, sa lutte
contre Pascal II, 1,281 § 1 23.
Guibert, archevêque de Ra-
venne, Gilbert , est fait pape
par l'empereur Henri IV,
sous le nom de Clément III,
I, 281 § m.
Guichard, second abbé de Pon-
tigny, sa mort, I, 364 a.
[Guichard], évêque de Troyes,
auparavant moine, puisprieur
de Saint-Ayoul et abbé de
Moutier-Ia-Celle, son histoire,
30939-31088; II, 205.
Guichart (Robert), voy. Robert
Guiscard.
Guichie, voy. Ibiza.
Guilain (saint), voy. Giiisi.ain
(saint).
Guillame , voy. Guillaume.
Guillame historiographe, voy.
Guillaume de Malmcsbury.
Guillame le Pestillent , voy.
Guillaume II d’Angleterre.
Guillaume II, roi d’Angleterre,
Guillame le Pestillent , sa
bêtise, I, 281-2 § 123.
Guillaume Brûlé, chanoine de
Troyes, originaire de Maraye,
est assassiné par son clerc,
38683-38757 ; I, 3 18 a.
Guillaume (saint), abbé de
Chaalis, Guillame , devient
archevêque de Bourges, I,
286 §137 ; sa canonisation,
I, 287 § 141.
[Guillaume X de Guyenne],
comte de Poitiers, père d’AIié-
nor, I, 284 § i32.
[Guillaume I*r] de Hainaut, I,
296 § i63.
Guillaume [de Hollande], em¬
pereur, I, 356.
[Guillaume V], comte de Ju-
liers, mène la guerre contre
Philippe le Bel, 23 1 1 5-6.
Guillaume de Malmbsbury,
Guillame historiographe , I,
275§ io5, 278 §114; raconte
l’histoire de la femme morte
enlevée par les démons dans
une église, 278-9 § 1 1 6 ;
raconte l'histoire de deux
vieilles qui à Rome chan¬
geaient leurs hôtes en ani¬
maux, 279 § 1 17.
0
Guillaume [Longue-Epée], fils
de Robert de Normandie, I,
270 § 99.
Guillaume [le Conquérant],
duc de Normandie, Guillame,
bat le roi Harold I, 280 § 1 19.
Guillaume de Nogarbt, cheva¬
lier de Prouvence , fait prison¬
nier Boniface VIII à Avi¬
gnon (?), s’empare de ses tré¬
sors, mais doit s'enfuir, I,
292 § 1 5 1 •
Guillaume de Saint - Amour,
condamné par le pape, I, 289
§ »44-
[Guillaume], archevêque de
Sens, va chercher en Angle¬
terre Louis d’Outremer, l,
271 § io3.
Guimaraens (Portugal', 117-
marana , I, 354 a.
Guimart, neveu du roi de Hon¬
grie, est fait prisonnier par
Elior devant Rocheflour ,
1 883 1- 1 885 1 .
Guimer (Frère), nom de moine,
32441.
Guy, voy. Gui.
Gymnosophistes [considérés
comme un] peuple de l’Inde,
Genofosistes , 14189.
Gyon, voy. Gihon.
Hadrien, empereur romain,
Helius Adrian, Adrianus,
son règne, I, 243-244 § 33-
37 et 348.
Hainaut, comté, Henaut, I,
296 § 1 63 ; comtes : Beau-
douin V, Guillaume l*r; voy.
Jean [de Beaumont].
Hanris , voy. Henri II de Ba¬
vière.
Harnois (les) (?), peuple faisant
partie de l’empire d’Alexan¬
dre, 17391.
Harold, roi d’Angleterre, Her -
lot, Arode , battu et tué par
Guillaume le Conquérant, I,
271 l 99 et 280 § 119.
Hastuphe , voy. Astolphe.
Hatis , voy. Athis.
Haymes, voy. Edmond, comte
de Kent.
Hebes de Charenton , voy. Her¬
bert de C.
Hebrean ( victoire $ur) [l’au¬
teur a ainsi traduit inventor
ebrietatis , qu’on lit dans
YHistoria de praeliis] ,
14767.
Hector, fils de Priam, Ector,
Estor, n’écoute pas les con¬
seils d’Andromaque, 3 1 323-
3 1340; sa mort, 3924-3935;
Alexandre pleure sur sa tom¬
be, 12962-13026; 3841,
8365, 19669; I, 256 § 59 et
329 a.
Hécube, femme de Priam, Ecu-
ba , Hecuba . ses malheurs,
23271-23283, 30877-30892;
3787, 8563.
Hkgésippe, Egigisope, converti
des Juifs, compose un livre
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITYOF MICHIGAN
326
sur la destruction de Jéru¬
salem, I, 245 § 38.
Hélène, femme de Ménélas,
Helaine , son histoire, 2567-
2636; 3827, 3921, 19519,
19671-4; ses malheurs,
23284-23293; 30198, 30887,
33537.
Hélène (sainte), mère de Cons¬
tantin, Helaine , I, 249 § 49;
I, 25 1 § 5o et 52 \ fille au roi
de Bretagne , I, 349 a .
Hélinand, chroniqueur, Heli-
nant, raconte une anecdote
sur Trajan, I, 243 g 32.
Helius Adrian , v^y. Hadrien.
Heltus Pertinaulx , voy. Pfr-
tinax.
#
Helye, voy. Elie.
Hémart, de Provins, épicier, re¬
venant de la foire de Bray, en
1 3î2, reste pendu à un arbre
par son chaperon, 38921-
38964.
Henaut, voy. Hainaut.
Hénoch, patriarche, Enoch ,
7872-7876.
Henri l#r de Saxe, empereur,
son règne, I, 271 § ioi-io3 ;
I, 356.
Henri 11 de Bavière, empe¬
reur, Hanris, son règne, I,
275 g 108 et 355 a; anec¬
dote du prêtre corrigeant
1 enfant de chœur, I, 275 §
109; I, 276 § in ; I, 278 g
1 1 5.
Henri 111, empereur, son rè¬
gne, I, 276-7 gg ii3-ii4, L
356; I, 279 § 1 18, 363 a.
Henri IV, empereur, Herry ,
son règne, I, 2S0 § 118-119;
sa lutte contre Grégoire VII,
I, 281 § 1 2 1 ; I, 281 § 122 ;
meurt à Liège, son carac¬
tère, 1, 283 § 126-7.
Henri V, empereur, son règne,
I, 283 § 127-129 et 364.
Henri VI, empereur, son règne,
I, 286 § 1 36 et 356; I, 287 §
140; couronné par Clément
III, I, 365.
Henri VII de Luxembourg,
RENART LE CONTREFAIT
empereur, son élection, sa
mort, I, 293 § 1 53 ; I, 295 §
1 58.
Henri [II Plantagenet], duc
de Normandie, roi d’Angle¬
terre, épouse Aliénor de
Guyenne, I, 284 g 1 3 2- 1 33 ;
I, 285 § 1 33 ; couronne Phi¬
lippe Auguste, I, 285 § 134;
fait tuer Thomas Becket, I,
365.
[Henri III de Bar], mari d’A-
liénor d’Angleterre, dévaste
la Champagne, I, 291 §
1 5o.
Henri Ier, roi de France, son
règne, I, 276 § 112, I, 288
§ 142.
[Henri Lk Lion] duc de Saxe,
père d Othon IV7, I, 284 §
1 32 .
Henri de Sully, archevêque
de Bourges, sa mort, I, 286
§ >37.
Héraclkonas, empereur, Eta-
clone, I, 261 g 76.
Hkraci.ius, empereur, Evacle ,
son règne, I, 258-200 §§71-
76 et 33 1 ; II, 221 a.
Héraclius (?), empereur, Eva¬
dé, , père de Berthe ï aux
grands pieds, I, 264 § 88.
Héraclius-Constantin, empe¬
reur, Constentin , I, 258 § 71 ;
son règne, I, 260-1, §§ 76-77.
Herbert de Charenton, Hebes
de Charenton , berrichon, ses
déprédations contre les
églises sont punies^par Phi¬
lippe Auguste, 1, 285 § 134.
Hercule, demi-dieu, Erculès ,
Hevculès , Hevculem, détruit
Troie et tue Laomédon,
3910-5, 8556-8, 19635-19650;
tue Amphion et Laomédon,
8665-86/0; ses exploits dans
l’Inde, i5254-i5266; i5735-8;
14761, 14800, 18372.
Hercule, fils d’Alexandre et
de Roxanc, H erculès, 17791,
30908-30912.
Hercule, étoile, Herculès ,
10177, 10191, 25ioo.
Héribert, archevêque de Co¬
logne, I, 275 § 108.
Héribert, comte de Verman-
dois, Hubert , s’empare de
Charles le Simple, I, 271
§ 102.
Hérivaux, abbaye d'Augustins
près Luzarches (Seine-et-
Oise), Hevivaulx, fondée par
Maurice de Sully, I, 286 § 1 37.
Herlot , voy. Harold.
Hermenie , Hermeniens , voy.
Arménie.
Hevmeves , voy. Hermières.
Hermès Trismégiste, Hermès
Tevmergistès , cité par saint
Augustin, I, 23 1 § 8-9.
Hermières, abbaye de Prémon-
trés, près Crécy (Seine-et-
Marne), Hermeres , fondée
par Maurice de Sully, I, 286
§ *3 7.
Hérodk le Grand, fils d’Anti-
pater, est fait roi de Judée,
Erode , 1, 227 §§ 1-2 ; ordonne
le massacre des Innocents.
7770-7**23 et I, 236 § i5; I,
238 § 19.
Hkrode [Antipas], fils d’Hérode
le Grand, tétrarque de Judée,
Erode , fait mourir saint
Jean-Baptiste, 56 1 3*5710 et
I, 237 § 17; épouse Héro-
diade, vient à Rome, est exilé
à Lyon, I, 238-9 §§ *9-20 et
I, 344 a.
Hkrode Agrippa, neveu du pré¬
cédent, son histoire, I, 238-ç
§§ 19-20, 239-240 § 23; 1,345.
Hérodiade, Herodias , Erodias ,
obtient la mort de saint Jean-
Baptiste, 56 1 3-57 10; sœur
d’Hérode Agrippa, I, 238 §
19; ses intrigues, elle accom¬
pagne Hérode à Lyon, I, 239
§ 20 et 344 a.
Herry , voy. Henri IV, empe¬
reur.
Hersan, la famé Constan ,
paysanne, 11, 21 3 a .
Hersent, la Louve, femme
d'isengrin, Hcrsems , trompe
Isengrin, I, 3io-3 12 ; accusée
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
TABLE ALPHABÉTIQUE DES NOMS PROPRES
de tromper Isengrin, se dé¬
fend, 3692-3740; 543, 8o3,
3167, 3232, 33o5, 3682, 3690,
4794» 4968; !» 3o5 ; 25832,
27919, 27923, 27958, 28004,
28014.
Hbrviz, loorain , tire de l’eau
le corps de saint Loup, I,
352.
HésioNB, 611e de) Laomédon,
Exiona , est enlevée par Her¬
cule, 3918, 19647-9.
Hesmerie, voy. Ismérie.
Heures de Notre-Dame, leur
récitation est prescrite par
Urbain II, I, 282 § 126.
Hilaire (saint), pape, saint
Ylaire , Clarus , son règne, I,
36o; I, 256 §63.
Hilaire (saint), évêque de Poi¬
tiers, saint Ylaire , I, 25 1
§*<•
Hilarion (saint), Ylarion , lia -
rion, I, 25i § 5 1 ; sa mort, I,
252 § 52,
Hildan, voy. Hilduin.
Hildbbkrt (saint), évêque de
Meaux, (appelé par Vincent
de Beauvais Hildeuntus et
par l’auteur] saint Hylden-
nice , I, 25g § 72.
Hildebr and, Hildebron, devenu
pape sous le nom de Gré¬
goire VII, voy. ce mot.
Hildric , voy. Childéric III.
Hilduin, abbé de Saint-Denis,
archichapelain du saint pa¬
lais, Hildan , I, 268 § g5.
Hippocrate, médecin, Ypocras ,
5oo6, ^3389.
Hippolytb (saint), Ypolite , son
martyre, I, 246 §§ 42 et 44.
Hircain , voy. Hyrcan.
Hivene , voy. Irène.
Histoire ecclésiastique d*Eu-
sèbe, Eclesiatique histore
d'Eusebe , I, 232 § 10.
Histoires scolastiques de Pierre
le Mangeur, I. 284 §* 1 3 3.
Homélies de Job, œuvre de
saint Grégoire le Grand, I,
258 § 70.
Homère, poète grec, maistre
Orner , 5oi2, 19419; /e sage
Orner , conseiller d’Alexandre,
12 119, i3g57; héritier d'A¬
lexandre 17155-8.
Hongrie, le roi de H. vient au
secours d’Antipater contre
Élior, 18543-19186; les Hon¬
grois, Hongres , ibid. ; voy.
0
Elisabeth de H., le Maître
de H.
Honoré , Honore f, voy. Hono-
rius.
Honorius [I*r], pape, Honore j,
son règne, I, 36 1.
Honorius [II], pape, Honoré ,
son règne, I, 364.
Honorims [III], pape, Honore f,
son règne, I, 365 a.
Honorius, empereur Honoré ,
I, a56 §§62-3 et 35o a.
Honte, personnifiée, fille de
Raison, 24340-24360.
Horace, poète latin, Orace , sa
mort, 1, 228 § 4 î 58 1 5 ; I, 3 1 2
a , 24831, 24871, 29028,
32338.
Hore, voy. Malaga.
Hormisdas, pape, Ormida , son
règne, I, 36o.
Hospitaliers, ordre de Saint-
Jean-de-Jérusalem, Ospita-
Hers , Opiteliers, I, 287 § 141 ;
héritent des biens des Tem¬
pliers, I, 293 § 1 3a ; 32845;
satire contre les H., II, 201.
Hubert , conte de Vermendois ,
voy. Héribert.
Hubert (Prêtre) le Milan, Hum¬
bert, reçoit la confession de
Renart qui finit par le cro¬
quer, 33883-3902 1 ; II, 217 a.
Hue , voy. Hugues.
Hue le Grant , voy. Hugues
de Vermandois.
Huesca (Aragon), Osqua , ville
entourée de 190 tours, I,
334 a.
Hugues de Saint-Victor, Hu¬
gues de Paris , ses œuvres,
sa mort, I, 283 § 128.
Hugues (saint), abbé de Cluny,
fils du seigneur de Scmur,
son abbatiat, I, 280 § 118.
327
Hugues le Despencier [le
vieux], sa mort, I, 297 § 1 63.
Hugues le Despencier [le
0
jeune], conseiller d'Edouard
II, sonsupplice,I,296-7§ 1 63.
Hugues de Fleury, historien,
Hugues de Flory , I, 2 52 § 52.
Hugues de MAcon, abbé de
Pontigny, puis évêque
d’Auxerre, Hue , I, 283, §
128 ; I, 284 § 1 3 1 .
Hugues, roi d'Italie, I, 355 a .
Hugues le Grand, comte de
Paris, Hue , sa vie, I, 271-2,
§ io3.
HucuEsCAPET,duc des Français,
Hue Cappet , conte de Paris ,
I, 272 § io3; roi de France,
§ 104; 273 § io5, 274 § 107,
276 § 1 12, 283 § 127 et 288
§ 142.
Hugues de Paris, voy. Hugues
de Saint-Victor.
Hugues de Saint-Victor, Hu¬
gues de Paris , I, 283 § 128.
Hugues [comte de Vermandois],
Hue le Grant , part pour la
croisade, I, 282 § 126.
Huiters , voy. Uter.
Humbert (Prêtre), voy. Hubert.
Humblesse, personnifiée, 37747.
Humilité, personnifiée, 29895.
Hutin (le roi), voy. Louis X le
Hutin.
Hyaumont , voy. Aimon.
Hyèrks (les îles), Hyerre , ab¬
baye fondée par Maurice de
Sully, I, 286 § 137.
Hyüin (saint), pape, Eugenius ,
son règne, I, 357.
Hyldennice (saint), voy. Hil-
DEBERT.
Hypocrisie, personnifiée, Ypo-
crisie , 34425.
Hyrcan, fils de Simon Macha-
bée, aïeul de Mariamme,
Hircain , Jehan Urcanus ,
9196; I, 227 §§ 1-2.
Hyrcanie, pays au sud de la
mer Caspienne, Orcanie , est
conquise par Alexandre,
13471-13482; 9409, 174** ;
Dorcanes , i6563.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITYOF MICHIGAN
328
Hyrene , voy. Irène.
Hyspannia , voy. Espagne.
Ibiza, île Baléare, Guichie , I,
354 <1.
Icare, fils de Dédale, Y car us,
son histoire, 29231-29330.
Icarus, fils de Nemrod, I, 333.
Idanha (Portugal), autrefois la
Guardia, Godiana , I, 354 a .
Idumée, région située au sud-
est de la Palestine, Ydumée ,
1, 237 § 2.
Ignace (saint), Ygnace, sa mort,
I, 342 §3 1.
Igoines , voy. Ingombr.
///ion, voy. Troie.
Inde (P), Tm/e, exploits d’Her-
* cule, 14298-14312; campa¬
gnes d'Alexandre, 13629-
14252, 14926-16136; 8043,
12923, 14887, 1 6522, 17121,
17349, 17369, 17377, 17939,
18594, 19311 ; I, 340 § 25,
255 8 56, 33 1 a et 345 a;
Yndc la Grant , 12841, 1 363 1 ,
13675, 14183, 15730, 15795;
Inde Vaperte , i3Ô45; Indes
moyennes , 17390; Inde a Me-
das , 13647; but* a Persas,
13648; les Indiens, Yndlens ,
17129, 18327,18809,19303-5.
I, 240 § 25; II, 216; Indoys ,
8026, 15876.
Ingeburge, reine de France,
Engebourc , est répudiée, I,
2865 1 36.
Ingombr, premier enfant de Clo-
viset deClotilde, Igoine , mort
jeune, II, 223.
Ingratitude , personnifiée ,
34433.
Innobedience , voy. Inobédience.
Innocent (saint), pape, Inocent ,
son règne, I, 359 a; I, 35oa.
Innocent II, pape, Innoncent ,
Inocens , son histoire, I, 284
88 129-130 et 364 a.
Innocent [NI], pape, ywocewj,
I, 23i § 9-10 ; confondu avec
Innocent II, combat l'hérésie
des Albigeois, I, 286-7 § *38;
couronne Otton IV, I, 287
RENART l-E CONTREFAIT
§ 1 38 ; 1, 356 ;son règne, I, 365.
Innocent IV, pape, appelé au¬
paravant Sinibalde [de Fies-
que], Sennebault, son règne,
I, 288 § 143; canonise saint
Pierre martyr, I, 289 § 143;
son règne, I, 365 a .
Innocent V, pape, auparavant
Pierre de Tarentaise , Frère
Prêcheur, son règne, I, 290
§ 148-
Innocents (les saints), 7823 ; I,
236 § 1 5 et 237 § 18.
Innoncent , voy. Innocent.
Inobédience, personnifiée, In¬
nobedience, 35383-33390.
Inocent , voy. Innocent.
Introduction d'astronomie, œu¬
vre d’Albumasar, I, 23o § 8.
Iolas, fils d’Antipater, Eoly Jo-
nas , 16893*5 : emprisonne
Alexandre, 16923-16974; hé¬
ritier d'Alexandre, 17119-
1 7 1 20 ; 17343,18319, 18786.
Ire, personnifiée, dissertation
sur l’I., 35283-35399; 33542;
35719-33734; 35863.
Irène, mère de Constantin V,
Hirene , Hyrene , Yrene, I,
I, 2 3o §8, 264 § 88, 265 § 92,
266 § g3.
Irène, tille deSpiridion, Hirine ,
I, 25o§ 5o.
Irlande, île, I, 261 § 76, 266
§92, 87 §140.
Isaac, patriarche, Isaacq , Ysaac ,
8029, 8394, 8401, 19337,
33o47, 37177-
Isabelle d’Aragon, femme de
Philippe le Hardi, Ysabel , I,
2898 144; a un fils § 145; sa
mort S 146.
[Isabelle] de France, femme
d’Edouard II d’Angleterre,
vient négocier la paix en
France, I, 296 § 161 ; sa lutte
contre Édouard II, I, 296-7 S
1 63 ; 3io2o.
Isaïe, prophète, Ysaie , I, 23 1 §
9; 23538, 25392.
Isengrin, le Loup, Issengrin ,
Isengrin , Ysengrin , sa haine
contre Renart, 5i5-528 ;est
querellé par Hersent, 789-
ioo5; son aventure avec Bar¬
bue, 1 oo6-3 1 85 et I, 3o3 ; vient
à la cour de Noble se plaindre
de Renart, 3260-3690; sur¬
prend Renart en train de le
tromper avec Hersent, I, 3 10-
3 12; sort Renart du puits et
y demeure lui-même, 27883-
28328; Isengrin, Renart et le
cheval, II, 241-243; trouble
le sermon de- Renart aux oi¬
seaux, le poursuit mais le
laisse échapper d’un four,
II, 246-246 a; 3234; I, 322;
26187,26296, 27121, 39439.
Isidore de Séville, Ysidoire ,
Ysidore , 53o9, 5791 ; I, 229
§ 5 et 281 §122 128490, 32345.
Isisdès, Ysidès(X 41045,
4io5i .
Israël, fils d'Agar, Ysmael ,
8385.
Ismérie, mère de sainte Élisa¬
beth, Hesmerie , I, 237 § 17.
Isope le sage , voy. Ésope.
Israël (peuple d’), 15717;
23 1 § 9 ; 36889, 39601 , 39308,
39551, 39615.
Issengrin , voy. Isengrin.
Issoudun (Indre), Ysodun , I,
295 § x 58.
Italie (P), Itallye , Ytalie , Ytal -
lie, fondée par Italus, 3905 et
I, 333 ; est civilisée par Sa¬
turne, 19889-19944; règne de
ses successeurs et histoire
romaine, 19945-22210; est
dévastée par les Sarrasins, I,
362; 17117, 17160; I, 253
§ $4» 257 J? 66-68, 263 8 86,
36 5 88 90-91, 266 §92, 268
§ 961 27l § >0*» 272 § io3
276 § 1 17, 281 § 122, 287
§ 141, 35o a , 355. — Les Ita¬
liens, Ytaliens , iio5i, 19931.
Italus, fondateur de l'Italie,
Ytalus , 3903, 3906; I, 333.
Ithier, moine de Saint-Martin-
de-Tours, fonde l’abbaye Saint-
Paul de Cormery, Ytier , 1,266
§ 92*
Isengrin, voy. Isengrin.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
TABLE
Jabel, fils de Lamech et d’Ada,
Jubael, 7883-7.
Jaca (Aragon) , Joqua , 1 ,
354 a.
Jacob, patriarche, est repré¬
senté sur la tente de Renart,
3937-4138; vient en Égypte,
sa mort, 36865-36873; 8o3o,
8401, 19337; I, 227 § 1;
36902, 37373.
Jacob, fils de Mathan et père
de Joseph, I, 228 § 5.
Jacobins , Jacopins , voy. Frères
Prêcheurs.
Jacques le Majeur (saint), apô¬
tre, saint Jacques le Grand ,
5i8i, 9141, I, 237 § 17; sa
mort, I, 239 § 23, 240 § 25,
345 et 345 a; ordonne à
Charlemagne de délivrer son
tombeau, I, 352 a-353,3j3gb-
37432 ; — saint Jaque le mar-
tir , 1, 3o3 a; saint Jacques
le Preudom , 24759.
Jacques le Mineur (saint), apô¬
tre, I, 237 § 17; sa mort, I,
240 § 25 et 345 a.
Jacques I", roi d’Aragon, donne
à Isabelle Carcassonne, le
Bigorre, Barcelone et la Ca¬
talogne, I, 289 § 144.
[Jacques de Basoches), évêque
dcSoissons, sacre Louis IX, I,
288 § 143.
Jacques des Normands, sa mis¬
sion auprès de Philippe le
Bel, I, 291 § 1 5 1 .
Jacques du Port, voy .Jean XXII.
Jacques de Saint-Pol, échappe
aux matines brugeoises, I,
291 § i5o.
[Jacques de Vitry], évêque de
Ptolémaïs, Jaques Espaulart ,
I, 317.
Jadduah, grand prêtre de Jéru¬
salem, Jandin , Jandus , reçoit
la visite d’Alexandre, 11411-
1 1 585 .
Jadin, ville des Juifs, est visitée
par Alexandre, ii322-ii324,
11369, H399-
Jan , voy. Jean.
J andin, Jandus , voy. Jadduah.
ALPHABÉTIQUE DES NOMS PROPRES
Janes, ville fondée par Janus,
19706.
Jangou (sain*), voy. Gbn-
goul.
Janus, fondateur de Thèbes,
3865.
Janus, fuit Troie détruite et
fonde Janes 19703-19710; I,
333 a.
Janus, fils de Titus, roi d'Italie,
*9949' i995o.
Japhet, fils de Noé, 8047.
Jaque le mar tir [saint), \ oy .Jac¬
ques le Majeur.
Jaques Espaulart, voy. Jacques
de Vitry.
Jared, patriarche, Jareth , est
donné comme fils de Mathu-
salem, 7869.
Jasaine , voy. Aboul Hassan.
Jason, Ja^on, détruit Troie,
3914; conquiert la Toison
d'or, 4120-4138 ;8Ô70, 14276;
détruit Troie et conquiert la
Toison, 14279-14285; 19637.
Jean-Baptiste (saint), saint-
Jehan Baptiste, Jan , jaï/ij
Jehans li Bautistres , sa mort,
5614-5710 et I, 238 8 19; sa
conception, I, 228 { 5; I,
2Î2 5 10; baptise le Christ,
I, 23S-7 8 1 7 ; 1. 256 § 6> ;
son chef est porté à Saint-
Jean d’Angely, I, 263-4 § 86 ;
I, 345 et 366 a, 36632.
»
Jean l’Evangéliste (saint),
sainct Jan VEuvangeliste ,
saint Jehan VEvangeliste ,
saint Jehan rapostre, son his¬
toire, 7092-7265 ; son mar¬
tyre et son exil, I, 242 § 3o;
sa mort, I, 242 § 3 1 ; 7089, I,
228 § 5, 347 a, 353 a , 356 a,
366 a.
Jean (saint), martyr, saint
Jehan , son martyre sous le
règne de Julien, I, 25i § 52.
Jean [I#r] (saint), pape, son rè¬
gne, I, 36o a.
Jean [II], pape, son règne, I,
36o a.
Jean [III], pape, son règne, I,
36 1 .
329
Jean [V], pape. Geo , son règne,
I, 36 1 a.
Jean [VI], pape, son règne, I,
36 1 a, 362.
Jean [VII], pape, son règne, I,
362.
Jean [VIII], pape, son règne, I,
362; I, 270 § 99.
Jean [IX], pape, son règne, I,
362 fl.
Jean [X], archevêque de Ra-
venne, puis pape, son règne,
1, 362 a.
Jean [XI], pape, fils de Sergius
III (?), son règne, I, 362 fl.
Jean [XII], i3i* (?) pape,
sa déposition, I, 272, § io3 ;
I, 355 fl.
Jean [XIII], pape, son règne,
1,363.
Jean [XIV], pape, son règne, I,
363.
Jean [XV], pape durant 3 mois,
I, 363.
Jean [XVI], pape, son règne,
1, 363.
Jean [XVII], pape, son règne,
I, 363.
Jean [XVIII], pape, son règne,
I, 363.
Jean XXI, pape, Espagnol, I,
290 § 148.
Jean XXII, pape, auparavant
Jacques du Port , cardinal ,
qui avoit esté evesque d'Avi¬
gnon, son élection, I, 293 §
154; condamne l’opinion de
Jean dePouilly surles ordres
mendiants, I, 294 § 157 ; an¬
nule le mariage de Charles
IV le Bel, I. 295 § 1 58; ex¬
communie l’empereur Louis
de Bavière, Galéas Visconti,
condamne les Spirituels, I,
292-6 § 160.
Jean, pape, successeur d’Ale¬
xandre II, voy. Grégoire VII.
Jean, empereur, voy. Jovien.
Jean [d’Auxois], évêque élu de
Troyes, meurt à Rome,
31069-31079.
Jean [de Beaumont], frère de
Guillaume l#r de Hainaut, va
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
33o
RENART LE CONTREFAIT
combattre Edouard II d'An¬
gleterre, I, 296 § 1 63.
Jean [de Brienne], roi de Jéru¬
salem, I, 287 § 141.
Jean Chollet, cardinal, prêche
la croisade contre Pierre
d’Aragon, I, 290 § 148.
Jean Chrysostome (saint), saint
Jehan Bouche d'Or , sa vie,
I, 256 § 60.
Jean de Cotery , voy. Thierri,
évêque de Metz.
Jean Duboys, I, 194, note et
297, note.
Jean Gaétan, voy. Nicolas III.
Jean [Gratien], pape sous le
nom de Grégoire VI, voy. ce
mot.
Jean de La Coste, bourgeois
deTroyes, clerc de Lesmont,
changeur, est mis en prison
pour dettes, en i3io, 33774-
33804.
[Jean) de Marigny, évêque de
Beauvais, I, 292 § i5a.
Jean de Nanteuil, évêque de
Troyes, Jehan de Nantoeult
30988-9; retire la cure de
l'Épine à un prêtre concu-
binaire, 33548-33624.
Jean de Nevelb [fils de Guil¬
laume de Crèvecœur], Jehan
de Neelle, échappe aux Fla¬
mands, I, 296 § 161 .
Jean de Paris (frère), I, 229 § 6
et 23o § 8.
Jean de Pouilly, maistre en
Divinité , conteste vainement
le droit de confesser accordé
aux ordres mendiants, I, 294
§ i37.
[Jean V de Roucy] comte de
Brainc, accompagne Edouard
de Bar à la croisade, 3 1348.
Jean Sans Terre, roi d’Angle¬
terre, 1, 286 § 1 37 ; fait don de
son royaume à lEglise, 1, 287
§ 140; battu par Louis de
France, § 141.
Jean Scot Érigés*:, rEscot , I,
266 § 92.
Jean Urcanus , voy. Hyrcan.
Jeanne de Champagne, reine de
France, femme de Ph. le Bel,
Jhenne% protectrice de Gui- 1
chard de Troyes, 3 1000-
31024.
Jeanne d'Evreux, troisième
femme de Charles IV le Bel,
I, 293 § 1 58.
[Jeanne] fille d'Aliénor de
Guyenne, femme de [Ray¬
mond VI] de Toulouse, I«
284 § l32.
[Jeanne de Poitiers] fille de
[Raimond VI] de Toulouse,
épouse Alphonse, frère de
saint Louis, I, 284 § c 32 ; sa
mort, I, 289 § 146.
Jehan , voy. Jean.
Jérémie, Jheremie , prophète,
ses os sont à Alexandrie,
11200-11216; I, 2 3 1 § 9; in¬
vente la grammaire, 34 1 37-
34160.
Jérôme (saint), Gerosme , saint
Jherome , Jherosme , I, 228 §
4. 229 § 5, 23g § 21, 252-3 §
54, 348 a, 357 a ; 24927;
Jherominus l'Ancien , 25043.
Jérusalem, Jherusalam , Jheru -
salent , sa fondation, 7705-
7712; venue d’Alexandre à J.,
1 141 1 - 1 1 583 ; sa destruction
I, 240 § 25, 241 § 28, 242 §
29; est rebâtie, I, 244 § 35;
est prise par les Sarrazins, I,
258 § 71 ; est prise par les
croisés, I, 283 § 126; est re¬
prise par Saladin, I, 286 §
1 33 ; 2322, 12007, *7*31,
20309; 236 § ,3» 24° § 24»
245 § 38, 249 §49, 25 1 § 5o,
260 § 73, 263 § 85, 274 § io3-
6, 282 § 124, 285 § 1 33, 345
a, 347, 365, 27657, 32653;
*11, 216; — le Temple, un
ange défend à David de le
construire, 4253-4278, 8836-
8871 ; sa construction, his¬
toire de l'arbre de la Croix,
77 1 3-7845; 11434, 11549; I,
228 §4 et 237 § 18 ;— leSaint-
Sépulcrc, miracle des lampes,
I, 283 § 126 i I, 258 S 71 ;
3a65 1 ; — voy. David, Salo¬
mon, Roboam, Godefroi de
Bouillon, Baudouin, Jean de
Brienne, Charles d’Anjou,
roi de J. (?), I, 263 § 85; —
(église dite), voy. Rome.
Jessé, de la lignée de David,
8762, 23932.
Jésus, fils d’Ananias, prédit la
destruction de Jérusalem, 1,
240 § 25.
Jésus-Christ, Jhesu Crist , sa
conception, I, 228-9 § 3 ; na¬
tivité, I, 229 § 5; prophéties
sur la nativité, I, *3o-5 §§ 7-
1 3 ; adoration des mages, I,
236 § 1 5 ; son baptême, sa
prédication, I, 236-7 § !7î
sa passion, I, 237 § 18; son
image est maltraitée par des
Juifs de Syrie, I, 264 § 88;
des reliques de la Passion
sont portées à Saint-Denis,
I, 270 § 98 ; l’hostie san¬
glante, I, 285 § 1 35 ; aérolithe
portant son image, I, 288 §
143; apparait à saint Ed¬
mond, I, 288 § 143 ; 2395,
4288, 7761, 7769, 20679,
20688 ; I, 227 § 1, 236 § 16,
240 § 25, 241 § 28, 242 §
3o, 244 { 35, 245 § 43, 247
l 44. 348 § 47. 349 § 49. 3&o
§ 5o, 252 §§ 52 et 54, 22243,
359 §§ 73-74. 36i § 77, 262 §
80, 272 § io3, 273 8 104,
377 § 11 3, 294 § 1 54, 346 a;
34289; — Crist, 9226, 1 1477;
1, 242 § 32, 265 § 92 ; —
Jhesus, 926, 8802 ; — le Cru¬
cifié, I, 249 § 49 ; — le Fil ;
de Dieu, 4884, 7698 ; I, 228
§ 5, 2 3o § 8, 245 S 43, 249 §
5o, 25 1 § 5i et 52; 29916;
Xostre Seigneur, I, 2 36 §
17, 240 § 24, 242 § 3o, 244
8 35, 245 § 42, 247 §§ 44 et
47, 252 § 54, 253 § 55, 255
§8 57-58, 259 5 73, 265 8 9°.
268 § 97, 285 8 1 33, 287 8
1 38 ; Sauveeur, I, 35a.
Jksus, fils de Sirach, Jhesus
Sirac, Jhesus Siraj, 3o83,
22523, 24867, 27567, 28234,
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
TABLE ALPHABÉTIQUE DES NOMS PROPRES
33 1
28258, 28263, 28967, 32344,
32533.
Jevalle , voy. Orléans.
Jhenne , voy. Jeanne de Cham¬
pagne.
Jheremie , voy. Jérémie.
Jherome, Jherominus f Ancien ,
Jherosme , voy. Jérôme.
Jherusalam , Jherusalem, voy.
Jérusalem.
Jhesus , voy. Jésus.
Joab le Morial [fils de Sarvia],
sewejc/ui/de David, 4234.
Joachim de Flore, l'abbé Joa¬
chin, ses prophéties, I, 285-6
§ 1 35.
Joachin , voy. Joakim.
Joakim, roi de Judée, Joachin ,
2o36o.
Joe, voy. Jupiter.
Jonas9 voy. Iolas.
Joqua, voy. Jaca.
Jordain , voy. Jourdain.
Jorges ( sain\ ), voy. Georges.
Josaphat (saint), Josaphat, est
converti par Barlaam, I, 255
8 56.
Joseph, fils de Jacob, son his¬
toire, 3937-4118, 36865-
36889; 8o3o, 8406, 12986.
Joseph, époux de la sainte
Vierge, Josepf , 1, 228 § 5 et
236 § i5.
Joseph, Josephus , /* plus souve¬
rain historiographe des Juifs,
I, 232 § 10, 241 § 28, 346,
347.
Joseph Iscanus, poète du com¬
mencement du xiii* s., Es -
tunius , 32344.
Jourdain, fleuve, Jordain , I,
247 § 44 et 345; 32759,32777.
Jourdain de l’Isle, Jourdain
de Lille , grant baron de Gas -
congne , 739; est pendu, I,
295 § 1 58 ; 23233-23240 ;
30923.
[Jourdain de Saxe], maître gé¬
néral des Frères Prêcheurs,
mort en Terre Sainte, I, 288
§ «43.
Jovikn, empereur, Jehan , son
règne, I, 252 §§ 53-4 et 35o.
Jovis, voy. Jupiter.
Josaphat, voy. Josaphat.
Jofimas, voy. Zozime, moine.
Jubael, voy. Jabbl.
Jural, fils de Lamech et d’Ada
(nommé à tort :) Amons, 7888-
7890.
Juda (royaume de), 8763, 1,
227, g 1.
Judas, aposloile des Juis% !, 32g.
Judas, apôtre, sa mort. 33485-
355o5; 22247,1, 329, 24486,
24493.
Judas, voy. Cyriaque (saint).
Judr (saint), apôtre, I, 237 § 17
et 346.
Jude ?, I, 285 § 1 35 .
Judée, région de la Palestine,
11415, 1 1 586, 12007, 20314,
2o32i, 2o36i, 21623 ; 1,227,
§ 1 et 2, 233-4 § 11» 236 § 17,
238 § 19, 239 § 20 et 23, 241
§ 27, 245 § 42, 249 8 49. 256
§ 61, 344 at 345, 346; II, 216.
Judichy voy. la suivante.
Judith, fille de Charles le
Chauve, Judichy enlevée par
Baudouin de Flandre, I, 269
2 98-
Juge (le Grant)y voy. Dieu.
Jugement [dernier] (le), 7909-
10, 34746.
Juifs (les), Juis, reçoivent la
visite d’Alexandre, 11319-
11 585; sont chassés de
France, I, 285 g 1 35 ; cruci¬
fient un chrétien à Brie et
sont massacrés, I, 286 § 1 36 ;
maltraités par les Pastou¬
reaux, I, 289 § 144; chassés
de France en i3o6, I, 2928
i5a; sont bannis en i32o,
27669-27688 ; massacrés en
1 320, I, 294 § 1 55 ; mas¬
sacrés en i3ai, II, 207-207
a ; un enfant juif converti est
mis dans un four, I, 35 1 ;
histoire de l’enfant juif qui
invente l’usure, 37067*37120
et II, 212 ; 4490, 7293, 7755,
8031,8179, 8388,8391,9189,
9200, 11220, 2o3 2 1 , 20675,
20689; I, 227 §§ 1-2, 232 §§
10-1 1, 235 § 14, 236 § 17,
237 § 18, 238 § 20, 23g § 23,
241 § 28, 242 § 29, 244 § 36,
245 §§ 38 et 42, 249 g 49, 252
§ 54; 22247 ;I, 25g §74, 264
§ 88, 283 8 126, 329, 345,
346 a; 30844-8, 3 1 552 ,
34284, 34267, 34813, 39443,
39504, 39617; II, 21 5, 216.
Juler , voy. Julikrs.
Jules (saint), pope, (et non]
Lucinus. son règne, I, 35g.
Jules César, voy. César.
Julian, voy. Julien.
Juliane, voy. Julienne.
Julia, fille de César, 20541,
22081.
Julien (saint), son martyre, I,
249 8 48 et 345 a; 25261.
Julien (saint), serviteur de Si¬
mon le lépreux, I, 240 8 24
et 343 a.
Julien (saint) (?), enseveli par le
pape Félix II, 1, 35o.
Julien l’Apostat, empereur,
Julian , son règne, circons¬
tances merveilleuses de sa
mort, I, 25 1 -2 8§ 5 1-54 ; 269
S 97 et 35o.
Julienne (sainte), sainte Ju¬
liane, I, 248 8 47-
Julibrs (Prusse rhénane), Ju-
lery comte : Guillaume V.
J ulite (sainte), mère de saint
Cyr, I, 245 S 42.
»
Julius, fils d'Enée et de Latine,
20472-3, I, 334 a.
Juli^y voy. César.
Jumeaulx (les), voy. Gémeaux.
Jument (la), voy. Fauve.
Junon, déess e,Juno, 38o3,38i4.
Jupiter, dieu, son histoire,
institutions établies par lui,
19542-19614; 14093, 14831,
19878; 1,24684^; 35oi2 ;
— Joéy 14725 ; JoviSy dieu du
chie f y 14749-50, 14801 ; le
temple Jovif a Rome , 22108.
Jupiter, planète, I, 232-33 $§
10-11, 234 §§ 1 2- 1 3, 235 § 1 3;
25099 ; Jovis, 10187.
Justice ecclésiastique, 37697-
37720.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITYOF MICHIGAN
332
Justin, empereur, Justinus , I,
257 § 68 et 35o 0-35 1.
Justine (sainte), son histoire, I,
248 §47-
Justinianus , voy. le suivant.
Justinien, empereur, Justinia¬
nus, Justinius, 8612; I, 257
5 69 et 35 1 ; 25044.
Justinien II, empereur, son
règne, I, 262-3 §§ 8o-83.
Justinius , voy. Justinien.
Justinus , voy. Justin.
Juvénal, poète latin, Juve¬
naulx, 28479, 2874** 32349.
Juvenaulx , voy. le précédent.
Juvenaulx (les), voy. Gé¬
meaux.
v°y- Calahorra.
Kaire , voy. Carie.
Kalaterva , voj'. Calatrava.
Karcesa , voy. Luiserne.
Kares, voy. Carus.
Karrionem , voy. Carrion.
Kartago , voy. Carthagène.
Katheline , voy. Catilina.
Katheline , Katherine (sainte),
voy. Catherine.
Kbu, sénéchal du roi Artur,
Qwenjc /e seneschaux, sa mé¬
disance, 28893-28944.
Khan (la terre du grand), pays
de l’Inde, la terre du grant
Coing, 17132.
Klatens, corr. : Klateus, voy.
Calatayud.
Laboureur (le) renseigne Re-
nart sur son état, II, 198-199.
Lfl firoce ( Pierre de), voy.
Pierre de La Brosse.
Lachésis, une des Parques,
1 6 1 00 .
Lâcheté, personnifiée, 3538 1-2.
Lagny (Seine-et-Mame), La/-
gnr, I, 261 § 76; 33790.
Laigny, voy. le précédent.
Laïus, roi de Thèbes, Laiius,
3868.
Lamauclus, voy. Lemovix.
Lambert (saint), évêque de
Maestricht, son martyre, I,
262 § 82.
RENART LE CONTREFAIT
Lambch, fils de Mathusalem,
Lameth, sa descendance,
7878-7913.
Lamecum , voy. le suivant.
Lamego (Portugal, prov. de
Beira), Lamecum , I, 354 a-
Lammas, Lanmas, ville de
l'Inde, conquise par Ale¬
xandre, 14186-7.
Lancastre (Angleterre), Len-
clastre, comte et non duc :
Thomas.
Lancelot [du Lac], son com¬
bat avec Méléagant est peint
sur la tente de Renart, 4424-
4438; I, 339 a.
Lande gras, voy. Otton IV.
Landon, pape, son règne, I,
362 a .
Landrif, voy. Landry.
Landry, nom d’homme, 29758.
Landry (saint), 868.
Landry, amant de Frédégonde,
Landri j le comte, II, 227 a.
Lanfranc (saint), prieur du
Bec, abbé de Caen, arche¬
vêque de Cantorbéry, Leuf-
frant, guérit un possédé, I,
280 § 1 19.
Langres (Haute-Marne), Len-
gres, évêque : Geoffroi.
Languedoc, province française,
I, 294? 1 56.
Lanmas, voy. Lammas.
Laomédon, père de Priam, roi
de Troie, tué par Achille,
3914-5, 8556-856o, 8665-
8670, 14285-14295, 19628-
19630.
Laon (Aisne), I, 271 § io3,
24952.
Larciiant (Seine-et -Marne), 1,
248 § 47-
Latin, roi d'Italie, crée la lan¬
gue latine, 19727-19796; est
_ *
vaincu par Enée, est tué,
1 9797**982 5; 20471-2; 1,334.
Latin, fils d’Enée, roi du La¬
tium, 19835-19836.
Latine, fille de Latin, femme
d'Enée, 19813-19820.
Laudalus ( terre a), corr. terre
Alandalus , voy. Andalousie.
Laurent (saint), apparaît à
Henri III qui avait rebâti
son église, I, 277 S 1 1 3.
Laurent (saint), archidiacre de
saint Sixte, son martyre, I,
246 § 44-
Laustic (Le Lai du), II, 233-
235 a .
Ledlen, voy. Lydie.
Légende dorée (la), I, 262 §81.
Léger (saint), évêque d'Autun,
saint Legier, I, 257 § 66 ;
son martyre, I, 262 § 79, II,
23o.
Légion Thebée, voy. Thébaine
(Légion).
Lemovix, fondateur de Limo¬
ges, Lamauclus , 8637-8660,
Lenclastre,v oy. Lancastre.
Lendit, foire de Saint-Denis, I,
267 § 94, 1, 2705 98.
Lbnteté, personnifiée, 35339.
Lengr es, voy. Langres.
Léo, voy. Léon.
Léon, pape, succède à Sergius(?j,
I, 36i0.
Léon (saint), pape, Léo, né en
Toscane, son règne, I, 35g 0;
I, 35o a.
Léon [II], pape, Lion, confirme
à Pépin d'Héristal le titre de
roi, I, 352.
Léon [III], pape# Lyon, son
règne, I, 266 8 g3 ; I, 267
8 94-
Léon [IV], pape, son règne, I,
362.
Léon [VI], pape, son règne, I,
362 fl.
Léon [VII], pape, son règne, I,
362 fl-363.
Léon [VIII], pape, Lyon, sa
nomination, I, 272 § io3 ; son
règne, I, 363.
Leon [IX], pape, Allemand, son
règne, 1, 363 fl.
Léon 1er, empereur, I, 257 §8 63-
6 et 35o a.
Léon III, empereur de Byzance,
I, 263 S§ 84-85.
Léon [IV], empereur, Lyon ,
son règne; I, 265 § 91-2.
Leon, voy. Léonnatos.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
TABLE ALPHABETIQUE DES NOMS PROPRES
333
Léon (Espagne), Legio , I,
354 a.
Léonard (saint), saint Lienart ,
I, 35o a , 25870, 28197,
29760.
Léonce, empereur, son règne,
I, 262 §§ 81-82.
Léonnatos, Leon, est tué dans
la défaite des Phrygiens,
venus pour secourir Antipa-
ter contre Athènes, 17500-
17520.
Lkpidus (Marcus Æmilius) père
du suivant, Marcus Lupidi -
nus, 20719.
Lkpidus (Marcus Æmilius),
Marcus Lepidus , ouvre le
testament de César, 22047-
22058.
Lépreux (les), meseaux, mas¬
sacrés en 1 320, 30840-3 ; mas¬
sacrés en i32i. I, 294 $ 1 56.
Lerida (Catalogne), Leride , I,
354 a.
Lesmont (Aube, canton de
Brienne), Limons , 33775.
Lbu (saint), 1441,9141, 26474.
Leu (saint), évéque de Sens, I,
258571.
LEu(saint), évêque de Troyes, I,
247 §44; évangélise la Bre¬
tagne, I, 257 § 66; sa mort,
I, 352 [aucune des vies pu¬
bliées dans les AA. SS. (Juil¬
let, t. VII, p. 5i-82) ne ra¬
content sa mort de la même
façon qu’elle est narrée ici].
Leuffrant, voy. Lanfrant.
Liée, voy. Lybie.
« Liber regulae pastoralis »,
Pastoral , œuvre de saint
Grégoire, I, 270 § 99.
Libère, pape, Liberius, devient
arien, I, 25 1 § 5i ; son rè¬
gne, I, 359.
Libie, voy. Lybie.
Licanor, Lycanor , à la mort
d'Alexandre à la Perse,
17405-17410; aide Elior à
venger le mort d’Alex., 17824-
19186.
Licie, voy. Lycie.
Lide, Lidiens , voy. Lydie.
Lidoink, roi, est fait prisonnier
18609-18650.
Liefart (saint), voy. Liphard.
Liège (Belgique), le Liege , I,
283 § 126; Saint-Lambert, II,
23o a .
Lienart (saint), voy. Léonard.
Lienclin, neveu de Danclin,
i8o5o.
Ligni, voy. Lin (saint).
Ligurgus, voy. Lycurgue.
Lille (Nord), se rend à Phi¬
lippe le Bel, I, 291 g i5o.
Lille, voy. Jourdain de l’Isle.
Limaçon (le), voy. Tardif.
Limoges (Haute-Vienne), sa
fondation, 8659.
Limons, voy. Lesmont.
Lin (saint), pape, Ligni , Linus,
I, 346, 356 a.
Lion (le), voy. Noble.
Lion (le), signe du Zodiaque,
I, 234 §§ 1 2- 1 3.
Lion, pape, voy. Léon II.
Lion, voy. Lyon.
Liphard, compagnon de saint
Léonard, saint Liefart , I,
35o a.
Liscion, roi de Thiphanie,
héritier d’Alexandre, 17110.
Lisias, Lissias, voy. Lysias.
Lissie, voy. Lycie.
Livre (signe du), voy. Balance.
Livre de l'Enffance Jhesucrist ,
apocryphe, I, 228 § 4.
Loctaire , voy. Lothairb.
Logique, un des sept arts,
34195-34202.
Loi (la), personnifiée, 24885.
Loire, fleuve, 25495.
Lombart, voy. Antoine.
Lombardie, Lombardye , Lon -
bardie , 9210, 9214, 17118,
19976, 21639, 21798; I, 257
§ 67, 282 § 126, 36o, 366 a ;
II, 220; rois : Tiiéodoric, Dé-
sier; — les Lombards sont
chassés de France, 27737-
27742; 40832; II, 229.
Londres, capitale de l’Angle¬
terre, 17399; accueille favo¬
rablement Isabelle de France,
I, 296 § 1 63.
Lombardie , voy. le précédé n
Looraigne , Looraine, voy. le
suivant.
Lorraine, Looraigne, Looraine,
I, 268-9 §§ 96-97» 282 J 126 ;
II, 222, 222 a, 223 ; -- les
Lorrains, I, 271 § 102 ; roi :
Bissin; voy. Herviz.
Losbrin, héritier d’Alexandre,
17141-2.
Lotaire, voy. Clotaire I".
Loth, fils d’Aran, 8371; sa
fuite de Sodome et la méta¬
morphose de sa femme en
statue, 33o33-33i56.
Lothaire, I, 261 § 76, voy.
Clotairb III.
Lothairb, fils de Louis le Dé¬
bonnaire, Loctaire, partage
l’empire de Charlemagne,
I, 278 § 96-97; I, 355 a.
Lothaire II, empereur, son
histoire, I, 268 § 97.
Lothaire [II] de Saxe, empe¬
reur, auparavant Lucam, son
règne, I, 283 g 129 et 284 g
x 3 1 .
Lothairb, roi de France, son
règne, I, 272^ io3-4 et 356.
Lothairb, roi d’Italie, Loctaire ,
I, 355 a.
Louis lb Débonnaire, empe¬
reur, Loÿs, rois de Saint
Denis, son règne, I, 268
§§95-96;ï» 335.
Louis [IV], empereur, excom¬
munié par Jean XXII, .
295 § 160.
Louis d’Évreux, I, 295 2 1 58.
Louis le Bègue, roi de France,
Loys le Baube, 1, 270 § 98; II,
271 g 102.
Louis [III], fils de Louis le
Bègue, roi de France, I,
270 § 99.
Louis [IV, d’Outremer], Loÿs ,
I, 271 § 102; son règne,
271-2 § io3 ; I, 356.
Louis [V] roi de France, Loÿs ,
I, 272 §§ 104-105.
Louis [VI le Gros], roi de
France, Loÿs , couronné à
Orléans, I, 283 5 127; ac-
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
334
RENART LE CONTREFAIT
cueille Innocent II, I, 284 g
129; 288 § 142.
Louis [VII] le Débonnaire,
roi de France, couronné à
Reims,!, 284 § 129; épouse
Alice de Champagne, § 1 3o ;
son règne, § 1 32- 1 33 ; fait
couronner Philippe II et
meurt, !, 285 § 134; I, 288
§ *42.
Louis [VIII], roi de France,
Loÿs, 265 1 ; sa naissance, I,
364 a\ entrevue de Vaucou-
leurs avec Frédéric II, 287
§ 140 ; bat Jean Sans Terre
en Anjou, J 1 5 1 ; est cou¬
ronné à Reims, I, 287 §141;
croisade des Albigeois, I,
288 § 142.
Louis IX, roi de France, son
règne, I, 288-9 §§ 143-145 ;
sa canonisation, son éléva¬
tion, I, 291 § v 5o ; I, 293 §
154; sa première croisade,
I, 363 a ; refuse de rendre
les fiefs que le comte de
Champagne lui avait donnés
engage, 37993.37995.
Louis X [le Hutin], roi de
France, Loÿs , 2902 ; est fiancé
•
à la sœur d’Edouard Ier
d’Angleterre, I, 291 § i5o;
I, 293 § 154; son règne, I,
293 g 1 54 ; sa mort § 1 35 ;
campagne deFlandre, 23120-
9; permet les guerres entre
seigneurs, mais fixe le prix
du sang d’une façon si désa¬
vantageuse pour les nobles
que ceux-ci refusent d’ac¬
cepter le marché, 38273-
383o5.
Louis [le Germanique], Loÿs,
son histoire, I, 268 § 95,
269-270 §§ 97-99 ; 271 g 100.
Louis [III], fils de Louis le
Germanique, Loÿs , I, 269 §
98.
Louis [IV], roi de Germanie,
I, 271 § 101.
[Louis de Nevers], comte de
Flandre, est tenu en prison
par les Flamands, 1,296 § 161.
Louis ?, Loÿs , à la mort d’Ale¬
xandre reçoit en partage la
Grande-Bretagne, 17399-
17402.
Louis, fils de Louis le Débon¬
naire, roi de France ^?), I,
355 a.
Louis, fils de Lothaire, Loÿs,
est associé par son père à l'em¬
pire, se fait moine et meurt,
1,268597.
Louis, fils aîné de saint Louis,
sa mort, I, 289 § 144.
Louis, fils aîné de Philippe le
Hardi, roy Loÿs, meurt
en 1276, 1,2905 147.
Loup (le), voy. Isengrin.
Loy (la), voy. Loi.
Loÿs, voy. Louis.
Luc (saint), Lucas l'ewange-
liste , 2o656, I, 228 5 5; sa
mort, I, 240 § 25 et 346.
Lucain, poète latin, Lucan ,
4673, 4714, 5335, I, 3o6,
32340.
Lucam , voy. Lothaire II, em¬
pereur.
Lucan, voy. Lucain.
Lucas , voy. Luc.
Luce (saint), pape, Lucius , I,
349; son règne, I, 358.
Luce (sainte), \oy. Lucie.
Luce Pison , voy. Pison.
Luce Sila , voy. Sylla.
Lucerna Fan/osa, voy. Luiserne.
Lucie (sainte), sainte Luce,
son corps est porté à Metz, I,
372 § io3 ; I, 349 a.
Lucien, pape, confondu avec
saint Félix l*r, I, 349.
Lucifer, ange déchu, 6421,
6424, 34385.
Lucinus , voy. Jules, pape.
Lucius , voy. Luce (saint).
Lucius [II], pape, son règne, I,
364 a.
[Lucius] roi de Bretagne, est
baptisé par un envoyé de
saint Elcuthère, I, 357 a-
Lucius Sila , voy. Sylla.
Lucrèce, Romaine, Lucrcsse ,
est outragée parTarquin, se
tue, 2o335-2o348 ; 337i5.
Lucum , voy. Lugo.
Lud, fils de Sem, Ludmy ,
8o5i.
Ludmy , voy. le précédent.
Ludbert , archevêque de
Mayence, Lumpart , I, 269
§97-
Lugo (Galice), Lucum, I, 354 a.
Luisernb, deschansons degeste,
Lucarne Vantosa que dici •
tur Karcesa , que est in valle
viridi, I, 354 <*•
Lumpart, voy. Ludbert.
Lune (la), satellite de la Terre,
I, 223 § 10, 234-235 §5 11-
1 3, 25ioi, 34924-34964,
34970, 34975, 34984, 35o5o;
ses vertus, 35o88 - 35 1 06 ;
35567; sa grandeur, 35599-
356o4, 356i 5-35627.
Lu pi d inus (Marcus), voy. Le-
pidus, père.
Luxembourg , Luxembourc ,
comte : Henri VII, empereur
Luxure , personnifiée, 2998,
36438, 36469-36644.
Lybib, région voisine de
l’Égypte, Libie, Libe, 9698,
12492.
Lycanor, voy. Licanor.
Liras, région de l’Asie Mi¬
neure, Licie, Lissie , 171 «3 ;
évêque : voy. Méthodius.
Lycurgue, Ligurgus , donne
des lois à ceux de Troie
8597.
Lydie, contrée d'Asie Mineure,
Lide, 17329; — les Lydiens,
Ledien , Lidiens, 2534, 10937,
15693 ; voy. roi : Xirxés.
Lynardus, héritier d’Alexandre
17117-8.
Lynus , voy. Tite-Livb.
Lyon (le roi), voy. Noble.
Lyon , voy. Léon.
Lyon (Rhône), Lion, concile de
I245, I, 288 S 143; concile
de 1274, I, 289 §*146; con¬
clave tenu chez les Frères
Prêcheurs, I, 293 § * ^4 î
237 § 18, 239 § 20, 243 §38,
344 a.
Lysias, seigneur de la cour de
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
TABLE ALPHABÉTIQUE DES NOMS PROPRES
Macédoine, Lisias, Lissias
est tué par Alexandre pour
avoir pris parti pour Cléo¬
pâtre contre Olympias,
10589-10674.
Lysimaqub, Thinacus , à la
mort d’Alexandre reçoit la
Thrace, 17335-5.
Macairb, les deux Machaires ,
l'un évéque, l'autre abbé, I,
25i § 5i.
Macédoine, royaume, Mace -
done, Macidoine , 9295-6,
9483, 9485, 9788, 10695,
12286, 12491, 17415, 17556,
1 77 1 7> *77=9. >949'. '9939.
*994* ; — les Macédoniens ,
Macedonois , Macidonlen ,
10935, 1 1 337, 11448, u5i3,
12525, 13779, *5874, 17087»
17163, 17272, 17741, 17783;
II, 2i5 a .
Machaire , voy. Macairb.
Machomeus,voy . Marcomir.
Macidonlen , voy. Macédoine.
Mâcon (Saône-et-Loire), 3/jj-
con, voy. Hugues db M.
Macrin, empereur, Macer Ma-
crins, M acres, son règne, I,
245 § 42 et 348.
Macrobé (Simon), voy. Simon
Machabék.
Macrobb, grammairien latin,
4843, 5879.
Madelaine, voy. Marie-Made¬
leine.
Madère (la terre), les prédéces¬
seurs de Darius y ont mis
leurs trésors, 12807.
Madrid, capitale de l'Espagne,
Medrita , I, 354 a •
Madrie, pays à l’extrémité de
l’Inde, est conquis par Ale¬
xandre, 15723, 15740; — les
Madnens, 15724.
Madifaubardis, passage franchi
par Alexandre, en revenant
des Colonnesd’Hercule, 15498.
Maestricht (Hollande), Utrec,
I, 262 § 82.
Magdalaine , voy. Marie-Made-
LEINB.
Magog, diable. Magot , 1 3584 3.
Mahaut, nom de femme, Me-
hault , 26907.
[Mahaut] fille d’Aliénor de
Guyenne, femme d’[Henri le
Lion], duc de Saxe, I, 284
§ i32.
Mahomet Mahommet , Mahon -
met , Mathonmeques , prince
des Sarradins, I, 23o § 8, 233
§ 11 ; sa mort, I, 245 § 37;
son histoire, I, 259-2605 74;
nommé au baptême Mathé,
I, 260 § 75, I, 35 1 a.
Mahon ?, pays conquis Ale¬
xandre, 11999.
Malence , voy. Mayence.
Mainfroi , voy. Ermenfride,
Mainfroy , Mainffroy , voy.
Manfrf.d.
Mainmorte, 37307-37386, 37926-
37972.
Maionque , voy. Majorque.
Maistre (le), voy. Aristote; —
(plur.), voy. Auteur (!').
Maître de Hongrie (le), chef
de la croisade des Pastou¬
reaux, 1, 2895 144.
Majorque (île de), Baléare,
Maiorique , I, 354 *•
Malades (Mont des), dans
l'Inde, région traversée par
Alexandre, 14182.
Malaga (Espagne), Hore, Ma-
langue (corr. Malangue ora),
L 354*.
Malangue , voy. le précédent.
Male Peur, personnifiée, 34427.
Malpansant (maître), Maupan -
9
sant , trompe Erius, I, 3o8 a-
309.
[Malulfusj, évéque de Senlis,
enterre Chilpéric, II, 228.
Malvais (le), voy. Ennemi (P).
Mammea (Julia), Mammée, mère
d’Alexandre Sévère, I, 245
§42.
Man (île de), dans le canal
Saint-Georges, Men, 11403.
Manassé, roi de Juda, Ma -
nassès, 2o3i3.
[Manche] (la), mer de Breta¬
gne, I, 268-9 § 97.
335
Manès, hérésiarque, I, 247
§45.
Manfred, Mainfroy, Mainf¬
froy, fils de Frédéric II (?),
est battu par Charles d’An¬
jou, 2815-2820, I, 289 § 145
et 290 § 148; 23240-7.
Mangeur (le), voy. [Pierre]
LE M.
Mangne (saint), voy. Saint-
Magne.
Mangonnois (les), peuple,
17393.
Manicèes, voy. le suivant.
Manichéens, hérétiques, Mani-
cies, I, 247 § 45.
Mans (Le) (Sarthe), I, 262 $ 78 ;
le comté est annexé à la cou¬
ronne, I, 289 § 141 ; est
donné à Ch. de Valois, I,
390 § 149.
Mantes (Scine-et-Oise),A/e>ire,
histoire de deux clercs dont
l’un après sa mort revient
voir son ami, I, 282 g 125.
Mantoue (Lombardie), Man-
tua, I, 227 § 3.
Mantua , voy. le précédent.
Manué, père de Samson, Ma¬
nuel, annonciation merveil¬
leuse de la naissance de son
fils, 39441-39494.
Manuel, voy. le précédent.
Maqueda (prov. de Tolède?),
I, 334 a.
Maradeq (frère), voy. Eupiiro-
sink (sainte).
Marage, voy. le suivant.
Maraye-en-Othe (Aube, canton
d’Aix - en - Othe), Marage,
38685.
Marc l’évangéliste (saint), I,
33g § 21 ; [appelé à tort :]
Mathej, son martyre, I, 346.
Marc (saint), pape, Marcus,
son règne, I, 358 a.
Marc Aurèle, empereur, Mar¬
cus, Marques, son règne, F.
345 §§ 38-39 « 348.
Marcel (saint), brigand, sa
conversion et sa mort, a 5981-
36176. Le Mont Laçois, situé
près de la route qui mène de
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
336
Chàtillon - sur-Seinc â Po-
thières s'appelle maintenant
montagne Saint-Marcel, sans
doute en souvenir de ce
saint. Cf. sur le Mont Laçois
Girart de Roussillon , trad.
Paul Meyer, p. xxx et J. Bé-
dier, Les légendes épiques ,
t. II (1908), p. 58-6 x .
Marcel (saint), sains Mar -
ci aux, ressuscite 6 morts, I,
345 a .
Marcel (saint), pape, saint
M archet , sa mort, I, 248
§ 47 et 349.
Marcelien , voy. Marcellin
(saint).
Marcellin (saint), pape, Mar-
cellen, son règne, I, 358 a,
I, 349.
Marchand de cendres (exemple
du), dont le valet brûle le
cheval pour en faire des
cendres, 27327-27346.
Marche, province française,
comte : Charles IV le Bel.
Marche l, voy. Marcel (saint),
pape.
Marchlen , voy. Marcibn.
Marchomenes , voy. Marcomir.
Marcialis , voy. Martial.
Marciaux ( sains ), voy. Mar¬
cel (saint), I, 345 a .
Marcibn, empereur, Marchien ,
Valantin Martin, I, 237 §§64-
65 et 35o a.
Marcomir, roi des Francs, 3/<x-
chomeus , Marchomenes, Mar-
comis , I, 256 § 5g, II, 221 et
221 a.
Marcus , dieu des bras , [« deus
ebrietatis »], voy. Bacchus.
Marcus, voy. Marc.
Marcus , ao325, voy. Ascus
Marcius.
Marcus , 21787, voy. Cicéron.
A/arcus Crassus, voy. Crassus.
Marcus Lepidus , voy. Lepi-
dus.
Marcus Lupidinus , voy. Lepi¬
dus, père.
Marcus Tulius, voy. Cicéron.
Mardissansardis, peuple de
RENART LE CONTREFAIT
l'Inde, sont battus par
Alexandre, 15499-15540.
Margny , voy. Marigny.
Marguerite d’Anjou, femme de
Charles de Valois, I, 290
§ '49-
(Marguerite de Brabant] et
non Marie , femme d'Henri
Vil, empereur, I, 295 § 1 58.
Marguerite de France, sœur
de Philippe le Bel, épouse
Édouard Ier d’Angleterre, I,
291 § i5o.
Marguerite de Navarre,
femme de Louis le Hutin,
accusée d’adultère, meurt en
prison, I, 293 § 154.
Marguerite de Provence, reine
de France, est couronnée à
Sens, I, 288 § 143; sa mort,
I, 289 g 144.
Marguet, nom de chien, 30740.
Mariamme, arrière-petite fille
d’Hyrcan, femme d’Hérode
le Grand, Marienne , I, 227
§ *•
Marie, la sainte Vierge, sa
naissance, I, 228 § 4; la Con¬
ception, I, 228-9 § 4; sauve
le clerc Théophile, I, 2578
68; 4885, 7342, 733o, 7810,
20190; I, 2278*, 23o§8, a3 1
89, 234 S 11. 235 8 >3, 237 §
17,2508 5o, 262 §92522244,
23917; Sostre Dame , I, 228
§ 5, 237 8§ 17-*8» 258 § 71 ;
25291, 32725, 32727 ; II, 228;
Rojrne du ciel , I, 25 1 S 32.
Marie, sœur de la Vierge,
[femme d’Alphée], 1,237 § *7-
Marie, sœur de la Vierge,
[femme de Zébédée],I, 237
§ «7-
*
Marie l’Egytienne (sainte);
Marie VEgipcienne , son his¬
toire, I, 246-7 § 44, 255 §
57; 32603-32817; 11,208-7.
Marie (sainte) martyre, sous
le règne d'Hadrien, I, 244
§ 33; — [Elle est portée au
Martyrologe à la date du i#r
novembre].
Marie , empereis de Romme ,
voy. Marguerite de Brabant.
Marie de Brabant, épouse Phi¬
lippe III le Hardi, 1,289-290
8 «47-
Marie [de Luxembourg], fille
de l’empereur Henri VII,
épouse Charles IV le Bel,
meurt en couches, I, 295 § 1 58.
Marie-Madeleine (sainte), Ma¬
rie Madaleine , Marie Mag-
dalene , Madelaine , Magda -
laine, son corps est transféré
à Vézelay, I, 261 8 83; I, 287
8 i38et 345 a; 32593-32601.
Marienne, voy. Mariamme.
Marigny (Calvados), Margny,
voy. Enguerran, Philippe,
Jean de M.
Marin, pape, Martinien, son
règne, I, 362 <2.
Marin, prevost de Rome, voy.
Marius.
Marine (sainte), son histoire, I,
255 8 36.
Marius, Marin, prevost de Ro¬
me, 21750.
Maro, voy. Virgile.
Marque, voy. Marc Aurèle.
Marque Brute, voy. Brutus.
Mars, dieu du cœur, 14751-8.
Mars, planète, 1, 232-3 §8 io-i 1 ;
35oi2.
Mars (Chief de), voy. Florence.
Marseille (Bouches-du-Rhône),
Marsseilles, I, 289 § 145.
Marsille, roi des Sarrasins,
Marsille , I, 353 a .
Marsseilles, voy . Marseille.
Marthe (sainte), I, 345 a .
Martial, poète latin, Marcia¬
lis, 32169, 32337.
Martin (saint), pape, son règne,
I, 36 1 a.
Martin [IV], pape, appelé au¬
paravant Syrmon, 1,290 § 148.
Martin (saint), évéque de
Tours, 25ii, I, ibi 8 5i;sa
vie, I, 253-4 § 35; 256 S 61 ;
son corps est rapporté à
Tours, 271 8 100; I, 35o ;
29715.
Martin ( Valantin), voy. Mar-
cien.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
TABLE ALPHABÉTIQUE DES NOMS PROPRES
Martine, seconde femme d'Hé-
raclius, empoisonne Héra-
clius-Constantin, I, 260-261
§ 76; I, 35 1 .
Martinien , voy. Marin, pape.
Mascon, voy. Maçon.
Masonienne f voy. Amazones.
Mathan, Mathain , fils d’Éléa-
zar, de la descendance de
David, I, 228 § 5.
Mathé, voy. Mahomet.
Mathé (saint), voy. Mathieu.
Math eu , viconte de Melan , voy.
Mattko Visconti.
Mathe f, martyrisé à Alexan¬
drie, voy. Marc (saint), l'évan¬
géliste.
Mathias (saint), apôtre, 3/a-
thias Juif, est décapité, I, 346.
Mathieu (saint), apôtre, saint
Mathé , sa mort, I, 240 § 25
et 346; 2999, 5 157.
Mathonmeques , voy. Mahomet.
Mathurin de Larchant (saint),
I, 248 g 47.
Mathusalem, patriarche, Ma -
thussalè , 7856-7878, 79 1 3 . —
11 est confondu avec Mala-
léel.
Matteo [Visconti], Matlieu ,
viconte de Melan , I, 296
S 160.
Mauger, archevêque de Rouen,
Maugier , déposé par Guil¬
laume le Conquérant, 1, 280-1
§ H9-
Maupansant, voy. Malpansant.
Maupertuis, château de Renart,
f, 3 «6.
Maur (saint), saint A/or, son
corps est porté à l'abbaye des
Fossés, I, 269 § 97.
Maures (terre des), terre des
Mors , I, 355.
Maurice (saint), sain/ Morice ,
1. a47 §47-
Maurice, empereur, Maur in, I,
257 § 70 et 35 1 .
[Maurice] Bourdin, [évêque de
Braga], Bourdin , antipape es¬
pagnol, I, 283 § 128.
Maurice [de Sully], évêque de
Paris, Morise , bâtit Notre-
T. II.
Dame, I, 285 § 1 33 ; ses fon¬
dations, sa mort, 1, 286 § 137.
Maurille (saint), évêque d'An¬
gers, I, 256 § 60.
Maurin , voy. Maurice, empe¬
reur.
Mauritanie, région d'Afrique,
Moretaigne , 2 1 208.
Mauxime , voy. Maximin (saint).
Maxbnck, est battu par Cons¬
tantin, I, 249 § 49.
Maxens (saint), voy. Maxime
(saint).
Maxime (saint), écrivain chré¬
tien, saint Maxens , 323x3.
Maximien (saint), Mauxime ,
I, 345 a.
Maximien [Herculius], associé
à l'empire par Dioclétien, I,
247-» !§§ 47-48 et 349.
Maximien , 1,348 a, voy. Maxi¬
min, empereur.
Maximin, empereur, Maxi¬
mien , I, 246 § 43 et 348 a.
Mayence (Prusse rhénane),
Malence , I, 263 § 86, 269
§97. »77 § * « 3 î arche-
vêque : Ludbert.
Me ardus , voy. Néarque.
Meaux ( Seine- et -Marne ),
Me aulx, I, 258-9 § 72«
Mede , 17323, voy. Mkdik.
Médke, est représentée sur la
tente de Renart, 4119-4138;
14281.
Medicus , voy. Médib.
Médie, région de l'Asie, Mide,
Midy , 9405, 17 109, 17323-4;
— /es Medlens , 5337, 5395,
10937, 17126; Medicus ,
1 2019.
Medina-Cei.i (Vieille Castille),
Medinacelin, urbs exersa ,
I, 334 a.
Medrita , voy. Madrid.
Mehault, voy. Mahaut.
Melan , voy. Milan.
Mkléagant, Menelagant , son
combat avec Lancelot est re¬
présenté sur la tente de Re¬
nan, 4425-4436.
Meleün , voy. Melun.
Melide , voy. Melilla.
337
MBLiLLA(Maroc),3/e/ide, 1,354a.
Mellan, voy. Milan.
Mellin , Mellot , voy. Merlin.
Melor , voy. Candas.
Melun ( Se ine-et- Marne), 3/e-
leün , II, 223.
Mkmiers (saint), sains Mimui,
est décollé près deTroyes,
I, 352.
J/ew, voy. Man.
Menader , voy. Ménandre.
Ménandre, Menader, à la mort
d'Alexandre reçoit la Lydie
et la petite Phrygie, 17329-
i733o.
Mendiants (ordres), opposition
à eux faite à Paris, I, 289
8 * 44 ; quelques religieux sont
condamnés au 2* concile de
Lyon, 5 146 ; 25498.
Menelagant , voy. Mkléa¬
gant.
Ménklas, Menelaûs , Mene-
laux , roi de Lacédémone,
x58i, 2594, 2298, 3837,
19674, 30178.
Meneque, voy. M inorque.
Ménestrels, diatribe contre les
M., 36043-36098, 36ix5-
36 168.
Mente , voy. Mantes.
Mer Morte, mer d'Enffer ,
8197.
Mer Rouge, la Rouge Mer ,
85i8, 15579, 15798, 1 6 1 38 ;
Alexandre fait une plongée
dans cette mer, 16269-16388 ;
19304, II, 245 a.
Merchiade , Merchiadès , voy.
Miltiade.
Merchus Curius , voy. Curtiuh.
Mercure, soldat chrétien, après
sa mort tue l'empereur Ju¬
lien, I,*25i-2 § 52.
Mercure, Mercurius , dieu du
pis, 8664; 14759-14764;
14799, I, 23a § 10.
Mercure, planète, Mercurie ,
I, 232-3 § 10, 234 § § 1 1-1 3,
235 8 1 3, 25ioi, 34978,
35566.
Merida (Estrémadure), Emeri-
ta, I, 334 a.
22
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
338
Merlin, l'enchanteur, Mellin,
Mellot, I, a36 § 63 ; enrichit
un vilain qui ne lui en sait
nul gré, I, 3 x 5-3 1 6 ; sa nais¬
sance, 1, 35o a.
Méromme, donne des lois aux
#
Egyptiens, 83g5.
Meronien , voy. Mérovingiens.
Meronné , voy. Mérovkb.
Mérovée, roi des Francs,
Meronné, Moronnê , son rè¬
gne, II, 222.
Mf.rovke, fils de Chilpéric et
d’Audovère, Meronné , II,
223 a; accusé de comploter
avec Brunehaut est envoyé à
la mort, II, 227.
Mérovingiens, Meronien, nom
jadis donné aux Français, II,
222.
Mes , voy. Metz.
Mésopotamie, région de l'Asie,
Mesopothame , 9407.
Mkssaï.inf, est condamnée à
mort par Claude, I, 239
§*3.
Messie (le), Messias , I, 239
S 74-
Mktellls Cimbkr, Cimber
Tullius , le premier des
meurtriers se précipite sur
César, 22o3o-5.
Méthode le Mar tire, voy. le
suivait.
Mktiiodius, évêque de Patara
en Lycic, auteur d'un traité sur
la Résurrection, Methodore ,
raconte le voyage de Seth au
Paradis terrestre, 7376-7584,
7587-7590; Méthode le Mar-
tire , I, 229-230 §§ 5-7, cité
également dans Barlaam et
Josaphat , éd. Zoten.bc rg et
Paul Meyer, p. 33 1.
Methodore , évêque de Lycie,
voy. le précédent.
Metz (Lorraine), Mès, Me;, 1,
264 § 86, 272 § io3, II, 223
a\ évêques: Arnoul (saint).
ClIRODEGANG, TllIKRRI.
Meuse, fleuve, I, 268 § 96.
Me\, voy. Metz.
Miciuult, nom d’homme, 943.
RENART LE CONTREFAIT
Michel, nom d’homme, Mi-
chiel , 29739.
Michiel , voy. Michel.
Midy , 9403, voy. Médie.
Mie liant, voy. Milan.
Milagro (Navarre), Miracula ,
I, 354 a.
Milan (le), voy. Hubert.
Milan en Lombardie, Melan ,
Me liant, Miel tant, Millau ,
!, 248, §47, a5a-3§54, 276 g
112; est détruit par Frédé¬
ric I#r, 1, 285 § 1 33; I, 289
§ 143 et 363 a ; — vicomte :
Matteo Visconti.
Mile, nom d’homme, 26766.
Milet , voy. Milles.
Millan , voy. Milan.
Milles (saint), Milet , saint
! Millet, 2961, 3353i.
Millet ( saint t , voy. Milles.
Mii.tiade (saint', pape, Mer-
chiade , Merchiadès , son rè¬
gne, 1, 338 *2; I, 349 a.
M immalin, voy. Momble.
Mimui (saint), voy. Mkmikrs.
Mindonia , voy. Mondonedo.
Minerbe, miracle survenu au
siège de ce château, I, 287
§ i3y.
Minerve, déesse, 32257.
Minorque, lie, .Vendue, 1,3540.
Miracula , voy. Milagro.
Mirre, voy. Myre.
Mitilaine, voy. Mytilènk.
Moineau (le), voy. Droïn.
Moines : moisnes blancs ou cis¬
terciens, 32467; II, 227;
moisnes gris ou Frères Mi¬
neurs (voy. ce mot), 32417 ;
moisnes noirs ou bénédictins,
attaques contre eux, 3241 3-
32483 ; 27795, 28048 ; II,
206 a et 227.
Moïse, Moÿse , Moisse , Mois-
sès , est représenté sur la
tente de Renart faisant sor¬
tir les Juifs d’Égypte, 4438-
449° î sauvé des eaux, 841 1-
853o; les plaies d’Egypte,
II, 2440-245 a ; 8577; 8590,
8594, 8648, 8743, 9094,
11446, 11465, 14631; I, 23o
§ 8, 233 § 11 ; 27480, 27511,
32349, 36891, 36899, 37207,
39545.
Moïse, Moyse , juif baptisé
sous le nom de Pierre-
Alphonse, voy. ce mot.
Moisnes blancs, — gris, —
noirs, voy. Moines.
Moisse , Moissès , voy. Moïse.
Molemme , voy. Molesme.
Molesmb (Côte-d’Or), abbaye
bénédictine, Molenme , Mo-
loismes , Saint- Molemme, sa
fondation, I, 366o;I, 282
§§ 125-126.
Moloismes , voy. Molesme.
Momble (saint), abbé de Saint-
Benolt-sur-Loire, M immalin ,
I,36i §78.
MoNBRANc-sur-Loire, ville des
chansons de geste, fait partie
de l’empire d’Alexandre,
I7i53.
Mondonedo (Galice), Mindonia ,
I. 334 o.
Monffort , voy. Montfort.
Monlt Cassine , voy. Mont-Cas-
SIN.
Monnaies, abaissement de leur
valeur en i3io et en i33o,
28333-28348; mauvaises vn.
en 1337-1 33g, 40973-4 ; bon¬
nes m. en 1342, 38654-
38662.
Monotiiélitbs, hérétiques, I.
261 §77.
Monpaillart , Monpellier , voy.
Montpellier.
Mons-en-Puelle (Nord), A/ons
en Peu lie, 23109.
Mont-Cassin, Monlt Cassine,
reglise saint Benoit, I, 261
§ 78, I, 263 §86; est détruit
par les Sarrasins, I, 362.
Montargis (Loiret), Marie de
Luxembourg est enterrée
chez les Dominicaines, I,
295 § 1 58.
Montfort, Monffort , comtes
(?) : Simon.
Montirr-la - Celle, abbaye
située aux portes de Troycs,
Moustier la Selle , est res-
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITYOF MICHIGAN
TABLE ALPHABÉTIQUE DES NOMS PROPRES
33g
tauréc par l'abbé Guichard,
3°949*3o984.
Montigny -[l'Allier] (Aisne),
tombe de saint Edmond, I,
288 § 143.
Montpellier (Hérault), Mon-
pellier , I, 3oj ; MonpaiUart ,
fait partie de l’empire
d'Alexandre, 17396.
Montpbnsier (Puy-de-Dôme),
Montpensser , I, 288 § 142.
Mor (saint), voy. Maur.
Moretaigne , voy. Mauritanie.
Morial (le), voy. Joab.
Morice , voy. Maurice.
Morise , voy. Maurice de Sul-
TY .
Moronné, voy. Mérovée.
Mors (les), voy. Maures.
[Mortara], près Novarre, Ami
et Amile y sont enterrés dans
les églises Saint-Eusèbe et
Saint-Pierre, I, 265 §90.
Mortemer , voy. Morthomikr.
Morthomier (Cher, orr. de
Bourges), Mortemer , I, 289
S 144-
Moustier la Selle , voy. Mon-
tibr-la-Celle.
Mouton (le), voy. Bblin.
Mouton (signe du), voy. Bélier.
Moÿse , voy. Moïse.
[Mucia] fille de Cn. Pompée,
est séduite par César, 21751.
Myre (Lycie), Mine, I, 281
§ 122.
Mytilénb, ile, Mit Haine , est
ravagée par César, 20657-
20670.
Nabuciiodonosor, roi de Baby-
lone, Nabugodonosor , méta¬
morphosé en bête, 2637-
2643.
Nachor [fils de Sarug], Nector ,
8365.
Nachor, fils de Tharé, Nector ,
837o.
Naines, duc Naimon , conseille
à Charlemagne l'expédition
d'Espagne, I, 353.
Najera (Vieille Castille), Bage-
ras (corr. Nageras), I, 354
Nantoeul [Jehan de), voy. Jean
de Nanteujl.
Naples (Campanie), I, 227-8
§ 3; Virgile y installe des
conduites qui mènent le vin
grec à Rome, 29372-6.
Narbonne (Aude), Nerbonne,
détruite vers 460, I, 33o a ;
1, 247 S 46 et 290 S 148. —
Voy. Aimbri de N.
Natanebu, voy. Nectankbo.
Nations (le dit des), 1, 366-367.
Nativité de Nostre Seigneur, I,
237 s 17.
Nature, personnifiée, son por¬
trait, 23973-24066; ses con¬
seils à Renart, 24321-24448;
le débat de N. et de Raison,
39154-39222 ; — 246-7, 817,
821, 861, 863, 959, 963,
1 1 oo, 1 446, 1 708-9, 1 720,
1724, 3148, 3245, 3248,
3273, 4889, 5220, 6018,
6021-3, 6060, 6o65, 6067,
6069, 607 1 , 6o83, 6086, 609 1 -
2, 6096, 6107, 6n5, 6121,
6129, 61 33-5, 61 38-9, 6146-
7, 6179, 6221, 625i, 6254,
6259, 6268,6278,6283,6288-
9, 6307, 6322, 6324, 6365,
6371, 6401, 6408, 6526, 653 1-
2, 6547, 656 1 , 6565, 663o,
6920, 6928-9, 6901, 6939,
6944, 6946-7, 8618, 9D47,
9634, 10947, 11 142, 14556,
14593, 14692, 14754. 16751,
16736, 22725, 22727, 22862,
23741, 23961, 23967, 24242,
24257, 24475, 24331,’ 24563,
24785, 24787, 24886, 24890,
24892, 24895, 22117, 253 1 1 ,
23379, 2538i, 25440, 22696
27093, 27378, 27391, 27397,
27402-3, 30027, 3oo3g, 30048,
33o78, 333 16, 35257, 37326,
37960-1, 39060, 39i33,
39i35, 39145, 39701, 4io3i.
Natures des choses, œuvre de
Pline, f, 242 § 32.
Navarre, terre des Navarrois ,
I, 355 et 366 a ; — reine :
Marguerite.
Nazareth (Judée), I, 228 § 5.
Na\ian^ene ( saint Grégoire),
voy. Grégoire de Nazianze.
Nkarque, Meardus , à la mort
d'Alexandre reçoit la Lycie
et la Pamphylie, 171 13-4.
Nebrot, voy. Nkxrod.
Nectanbbo, roi d'Egypte, Nata-
nebus , Netanebon, Netanebus ,
son histoire, 9328-10260;
10693, 1 1233, 1 1245.
Nector , voy. Nachor.
Neelle (Jehan de), voy. Jean de
Nevelk.
Nemrod [roi fabuleux], Nebrot ,
Nembroth , Nembrot , Nem -
roth , Nonbroth, construit la
tour de Babel, 3893-3905,
8o63-8i52 ; sa mort, 8201-7;
8574, 8584 ; I. 333.
Néoptoléme, Nethalamus , fait
la guerre à Eumène, 17537-
17605.
Nerbonne, voy. Narbonne.
Néron, empereur romain, Noi -
ron, fait ouvrir le ventre de
sa mère, 19455-19466; son
histoire, 282 3-2863, I, 240-1
S§ 25-26 et 345 j- 346; 2o683 ;
I, 347 a et 348 a.
Nerva, empereur romain,
Nerve , son règne, I, 242 §§ 3 1-
3a et 347 a.
Netanebon, Netanebus, voy.
Nectanbbo.
Nethalamus , voy. Néoptoléme.
Nkustrie, fraction occidentale
de la France, Neustre , I, 270
i 99-
Nicaise (saint), archevêque de
Reims, saint Nicaisse, h
339 a .
Nicée en Bithynie, Nichée, con¬
cile, I, 2 5o § 5o, 25 1 § 5 1 ,
338 a.
Nicéb, dans le Caucase indien,
Nisse , est conquise par Ale¬
xandre, 14181.
Nichée, voy. Nicéb en Bithynie.
Nicolas [Ier], pape, son règne,
I, 362.
Nicolas [II], pape, originaire
[de Bourgogne et non] de
Bourges, son règne, I, 363 a .
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
340
Nicolas III, pape, auparavant
Jean Gaétan, retire à Charles
d'Anjou la Sicile, I, 290
§ «4»-
[Nicolas Bocasin], voy. Be¬
noit XI.
Nicolas Ciiolet, grand procu¬
reur du roi en Champagne,
Nicolas Cholès , 38o6i -38o82.
Nicolas, roi de Grèce, vaincu
par Alexandre, 10423-10518;
10367; — («erre)* 17*69.
Nicolas (saint), évêque de
Myre, I, a5o § 5o; son corps
est porté à Bari, 1,281 § 122;
II, 1980.
Nicombdb, roi de Bithynie, se¬
court César, 20697-20702.
Nicomede , I, 248 § 47, voy.
Nicomédib.
Nicomédib, de Bithynie, Nico -
mede , I, 248 § 47.
Nil, fleuve du Paradis, Nilus ,
cil de Babiloine , 3779.
Nîmes (Ardèche), Nymes , 17396,
26759.
Ninius, voy. Ninus.
Ninus, roi des Assyriens, A7-
niuSy son histoire, 821 1-8363,
19319-19383; fonde la che¬
valerie, 36985-37004; 19390,
19393, 19395, 19477.
Aï*, voy. Nysa.
Nisse , voy. Nicée dans le Cau¬
case indien.
Nisunia , corr. Visunia , voy.
Vizeu.
Noble le Lion, tient sa cour,
3253-5537; mande Renart de¬
vant lui, I, 322; 435, 619,
687, 752, 554o, 5543, 5555,
556i, 5718, 5728, 5943, 5g56,
5967, 5989, 6140, 6367, 636g;
I, 321 a , 325 a , 3z8, 352 at
367 a \ le roi Lyon , 419, 556.
Nobles (les), désavantage de
leur situation, 38223-38522.
Nom, patriarche, son histoire,
7914-8058; 8160, 8367, 8645,
i3a55, 14193, i5825, 15829,
15935, 19251, 19253, 19259,
19263, 19263, 19779, 19782;
I, 235 § 1 3 ; 29544.
RENART LE CONTREFAIT
Noirmendie , voy. Normandie.
Noiron , voy. Néron.
Nonbroth , voy. Nbmrod.
Nonnette (fabliau de la), 28773-
28812.
Normandie, province fran¬
çaise, Noirmendie , Normen-
die, 21447, I» 27°“* § 99Î
276 § 1 1 2, 280 § 119, 280
$ 1 19; conquise par Philippe-
Auguste, I, 286 § 137; I, 287
5 141; ducs : Rollon, Ri¬
chard !•% II, III, Robert I#r,
Guillaume II, Robert II,
Henri [Il Plantagenet].
Normands, Normans , leurs in¬
vasions, I, 268 § 95-96 et 269
§97; reçoivent la Normandie,
I» 270 § 99; I, 271 § 100, I,
272 S io3, I, 281 5 121 ; ren¬
dent Évreux à Philippe Au¬
guste, I, 286 § 137.
Norvège, royaume, Norvée ,
1 1405.
Nostre Dame , voy. Marie.
Nostre Seigneur , voy. Jésus-
Ciirist.
Noyon (Aisne), I, 260 § 75 et
264 8 69; son évêché est sé¬
paré de celui de Tournai, I,
284 § 1 3 1.
Nucerinus (P. J Cittius), Pubi-
nus , est en Mauritanie lors de
la conjuration de Catilina,
21208.
Numa Pompilius, successeur de
Romulus, Nunan Populus , I,
334 a.
Numérien, empereur romain, I,
247 §§ 46-7.
Nunan Populus , voy. Numa
POMPILIUS.
Nymes , voy. Nîmes.
Nysa, ville de Haute Asie, Nis ,
est conquise par Alexandre,
14187-8.
Obert de Sens ( maistre ), voy.
Eudes de Sens.
Obitum, héritier d’Alexandre,
17107-8.
Obstantes, héritier d'Alexan¬
dre, 17391-2.
Occident, Occidans , 9390,
9873, 20106, I, 249 § 48, 233
§ 34, 255 § 56, 2461 1 .
Occudite, voy. Eurydice.
Octès, héritier d'Alexandre,
17124.
Oc t lie, voy. Otton.
Octhevlen , voy. Auguste.
Octianus (?), évêque, est brûlé
par le feu du ciel à Carthage
pour avoir médit de la sainte
Trinité, I, 257 § 67.
Octon, un des successeurs
d’Alexandre, Aucton, 17133 ;
chapelain d’Alexandre, hé¬
rite de la ville de Sincolin,
17143-6; s'empare du Palati-
nat et de la Bavière, 17403-
4; secourt Élior, 17963.
Octovlen , voy. Auguste.
Octudite , voy. Eurydice.
Odille, voy. Odilon.
Odilon (saint), abbé de Cluny,
Odille , son abbatiat, I, 274
§ *06.
Odoire, voy. Édouard, roi d’An¬
gleterre.
Odon (saint), premier abbé de
Cluny, I, 271 § 101.
[Œdipe], son histoire, 3870-
3892.
Ogip.r [le Danois], Oigier , tue
Ami et Amile, fait la guerre
à Charlemagne, I, 264-5 S 90,
I, 3oo.
[Ogive], femme de Charles le
Simple, s'enfuit en Angle¬
terre, I, 271 § 102.
Oigier, v oy. Ogier.
Oiseusb (Dame), l'Oisiveté per¬
sonnifiée, dame Oyseu^e, 3g,
126, 405, 414.
Olbanie , voy. Albanie.
Olimpiadès , Olimpiadis , voy.
Olympias.
Olinpius (?), évêque, est brûle
par le feu du ciel à Carthage,
pour avoir médit de la sainte-
Trinité, I, 257 § 67. — Un
évêque de ce nom était venu
pfès d’un siècle plus tôt à
Carthage pour apaiser le
schistn: des Donatistes.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
TABLE ALPHABÉTIQUE DES NOMS PROPRES
Olivet, voy. Oliviers (mont
des).
Olivier, pair de Charlemagne,
meurt à Roncevaux, I, 267
§ 94; i, 3 00.
Oliviers (mont des), près Jéru¬
salem, la montaigne d'OIivet ,
I, 258 § 71.
Olmbdo (prov. de Valladolid),
Ulmas , I, 354 a.
Olympus, femme de Philippe
de Macédoine, Olimpiadès ,
Olimpiadis , conçoit Alexan¬
dre de Nectanebo, 9499-
10006 ; Alexandre la réconci¬
lie avec Philippe, io5x3-
10686; fait périr Eurydice,
17701-17778; sa mort 17779-
17823 et 30913-30920; 9299,
io522, 10752, 10774, 10840,
11654, i333o, 1 343 1 # 16450,
1 83 1 1, 2041 3.
Omelies de Job, voy. Homélies.
Orner , voy. Homère.
Opiteliers , voy. Hospitaliers.
Orace , voy. Horace.
Oran (Algérie), Goran , cité de
Barbai •»>, I, 354 a .
Orange (Vaucluse), Orenge ,
peste en O., I, 258 § 72.
Orcanie , voy. Hyrcanie.
Orenge, voy . Orange.
Orense (Galice), Aurelianas, I,
354 6.
Oreste (la niepee), voy. Ores-
TILLA.
Orestilla, femme de Catilina,
la niepee Oreste, 21012-6.
Orfèvres, satire de leur métier,
26471-26534.
Orgueil, personnifié, Orguel,
Orgueuil , 2995, 3009; I, 3 1 3
a ; 2568o, 27626, 27847»
27851, 27854; dissertation
sur l’O., 34381-34534; 34595,
34602, 34656, 34758, 36195.
Oriancender , voy. Asandros.
Oriant , voy. Orient.
Oridassem, voy. Oxydraques.
Orient, Oriant, 6790, 7488,
9589, 9872, 13484, i58o6,
19373 ; I, 227 § 2, 229 § 6,
23i § 10, 233 $ 1 o- 1 1, 249
§48, 255 § 56, 286 § 1 35 ;
2461 1 .
Origène, grant docteur en
sainte Eglise , sa vie, I, 245
§ 4»-
Orisius, voy. Orose.
Orléans, Orllens sur Loire,
appelé auparavant Jevalle ,
I, 246 § 44; fondation de
Sainte-Croix, I, 25o-i §5o;
268 § 95, 283 § 127; l'hostie
sanglante, 1, 285 § 1 35 ; I,
289 g 144; II, 222; l'abbé de
Saint-Marc fonde Fleury-sur-
Loire, II, 229 a.
Ormida , voy. Hormisdas.
Oroise, voy. Orose.
Orose (Paul), historien, Ori¬
sius, Oroise , 19239, 19243,
20102; I, 232 5 10 et 270
8 99-
OssBTTB, ville de Syrie, 1 1 275.
Osma (Vieille Castille), Oxoine
en Espaigne , I, 354 a\ évé-
que : Diego de Acbbes.
Ospide la fors (oppidum forte),
ce n'est pas un nom de ville
mais une apposition accollée
au nom de Tortosb.
Ospitaliers, voy. Hospitaliers.
Osqua , voy. Huesca.
Ostie (prov. de Rome), Os-
tienne , Ostun , depuis le
temps du pape saint Marc,
l'évéque d’O. sacre celui de
Rome, I, 338 a; évêques:
Ugolin (voy. Grégoire IX),
Nicolas Bocasin.
Ostun, voy. Autun et Ostie.
Ote , voy. Othe (forêt d').
Othe (forêt d'), dans le dép.
de l'Aube, Ote , 24757.
Othe , voy. Othon et Otton.
Otiion, empereur romain,
Othe , I, 241 § 27.
Othon, chevalier bourguignon,
applique le droit de forma¬
tage, 37560*37690.
Othon, voy. Otton.
Othun, voy. Autun.
Otifals, peuple de l'Inde, Co-
fldès , sont pourchassés par
Alexandre, 1427 1-4.
341
Otton Ier, empereur, Octhe ,
Othe, son règne, I, 271-2
g io3, 355 <i-356.
Otton II, empereur, Othe%
Othon, I, 272 § 104, 355 a-
336.
Otton III, empereur, Othe,
son règne, I, 272-3 §§ 104-5,
355 a, 356; élève de Gerbert,
I, 273 § io5; 1,275 §§ 107-108.
Otton IV de Saxe, empereur,
Othe, son couronnement, est
excommunié, I, 287 §§ i3g-
140; battu à Bouvines S *4* »
I, 2848 2 32 ; nommé Lande -
grans , I, 356.
Otton de Saxe, père d'Henri
l'Oiseleur, Othe , I, 271 S 10 1.
Oubriamon, ville conquise par
Alexandre, 15541-15576.
Oultrecuidance, personnifiée,
344*7-
Ours (!’) voy. Brun.
Oursin, voy. Ursin.
Ovantum, voy. Oviedo.
Ovide, poète latin, Ovide le
sage, Ovide Naaqon, sa nais¬
sance, I, 227 § 1 ; sa prophé¬
tie sur le Christ, auteur de
« De Vetula » ou de la « Con-
versacion de sa vye », I, 23a
§ 10; sa mort I, a36 S «7;
5829; I, 234 8 iï* 235 8 1 3,
a36 § i5; 3a342.
Oviedo (Asturies), Ovantum , I,
354 a .
Oxoine en Espaigne , voy.
Osma.
Oxydraques, Oridassem, peuple
vaincu par Alexandre, 14443-
14462.
Oyseuqe (Dame), voy. Oiseuse.
Padron (el), port de Galice,
Yria, I, 354 a.
Pa fonce, voy. Parfonck.
Païens, peuple, prennent part
au siège de Rochefiour,
188 10, 19081.
Paladé, dieu de la magie,
14740- 14749; voy. Pâli. as.
Palage , voy. Pelage.
Palancia, voy. Palencia.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITYOF MICHIGAN
342
Palargiens (terre des), région
d'Espagne, I, 355.
Patas, voy. Pallas.
Palencia (Vieille Castille), Pa-
lancia , I, 354
Pallas, déesse, Palas , 3819;
voy. Paladé.
Palombe, prêtre et magicien,
Palumbe , réduit à l’impuis¬
sance la Vénus d’Ille, I, 279-
280 § 1 17.
Pamanos, pays des Parapamisa-
des (?), est conquis par
Alexandre, 14343-4.
Pampelunb (Navarre), Panpe-
lune , I, 354-354 a.
Pamphanie , voy. Pamphylie.
Pamphile (saint), sainte Pen-
phile , 29672.
Pamphile ou l’Art d’être aimé,
[a été pris pour un auteur],
Panphille , 32! 58, 32336.
Pamphylie, région de l’Asie
Mineure, Pamphanie , Pan-
phanie , 12497, 17114.
Panpelune , voy. Pampelunb.
Pjnphanie, voy. Pamphylie.
Panphille , voy. Pamphile.
Pantinus, 365g.
Paphnuce (saint), I, 25o
§ 5o.
Paphlagonie, région au nord
de l'Asie Mineure, Pelagenie ,
12356.
Papoménon, héritier d’Alexan¬
dre, 17375-8.
Pâques, fête, Pasque , I, 244
§ 35, 261 § 77; — fleuries,
Pasques floryes , le dimanche
des Rameaux, 1, 268 § g5.
Paradis (le), 1679; 2790, 3074,
3777, 6043, 6264-5, 6416,
6429, 6504, 7349, 7490, 73 1 3,
7316, 7529, 9132, 9143,
14830, 16016, I, 242 § 3o,
235 § 58, 259 § 74, 261 § 77,
268 § 97, 272 g 104; anges
chassés du P., 22923-22944.
Paradis , place de Rome de¬
vant Saint-Pierre, I, 36 1 a.
Paradis terrestre, 6674, 6702,
6722,6744, 7487; sa descrip*
tion, 7491-7546; voyage de
RENART LE CONTREFAIT
Seth au P., 7587-7688; 7951,
19292-3; I, 229 §6.
Parapamisades, voy. Pamanos.
Pardelle, voy. Capoue.
Paresse, personnifiée, 35335-8.
Parfonce, père de sainte Eu-
phrosine, Pafonce, I, 255-6
§ 58.
Paris, fils de Priam, son his¬
toire, 2567-2636, 3799-3842;
3787, 8565, 12973, 19671.
Paris, en France, le comte
Ferrand y est amené, 2769-
2784; Notre-Dame est bâtie
et la rue Neuve-Notre-Dame
percée, I, 285 § 1 33 ; est pavé
par Philippe Auguste, I, 285
§ 1 35 ; fondation de Saint-
Jacques, I, 287 § 1 38 ; les
remparts de Philippe Au¬
guste, 1, 287 g 140; Marie de
Brabant est couronnée à la
Sainte-Chapelle, I,2go§ 147;
le cœur de Philippe III est
porté aux Frères-Prêcheurs,
I, 290 § 148; deux ponts
s’écroulent en 1296, Philippe
d'Artois est enterré aux
Frères-Prêcheurs, I, 291
§g 1 5o-i 5i ; supplice des Tem¬
pliers, I, 292 § i5a ; TUni-
versité est troublée par les
doctrines de Jean de Pouilly,
I, 294 § 157; deux ponts
s'écroulent en i325, I, 296
§ 162 ; le cœur de Charles IV
le Bel est porté aux Frères
Prêcheurs, I, 297 g 164; sup¬
plice de Pierre Rcmi, ibid.
et I, 3o8 a; le Grand Pont
s’écroule, 23007-8, 23017-8,
23o85 ; supplice de Jourdain
de l’Isle, 23239-23240; Clo¬
vis est enterré à Sainte-Gene¬
viève, auparavant nommée
Saint Pol et Saint Pere, II,
224; Chilpéric est enterré à
Saint-Vincent appelé depuis
[Saint-Germain-des-Prés et
non] Sainte-Geneviève, II,
228; 2681, 2719; I, 242 g 3o,
258 § 74, 260 § 73, 266 g 92,
284 g 129, 288-9 §§
291 § i5i, 293-4 § 1 34, 353 ;
26362, 28o5i, 3io33, 37993;
II, 226, 227 a, 228, 229;
comtes : Robert, Hugues le
Grand; évêques : Pierre
Lombard, Maurice de Sully,
Eudes de Sully, Etienne
Tempier; abbaye de Saint-
Victor, I, 283 g 128.
Parménion, Parmenon , sei¬
gneur arménien, veut faire
empoisonner Alexandre, qui
le fait décapiter,! 2563-1 2640.
PARTHÉNOPé, ancien nom de
Naples, Partenope , I, 227 § 3.
Pascal [II], pape, Pasqualus,
sa lutte contre Guibert anti¬
pape, I, 281 g 123; est dit
Grec, son règne, I, 364.
Pasclence , voy. Patience.
Pasqualus , voy. Pascal.
Pasque , voy. Pâques.
Pasquerès , temps pascal. I,
237 § '7-
Pastoral de Saint Grégoire ,
voy. Liber regulae pastoralis.
Pastoureaux (les), Pastou-
riaulx , leur croisade de 1 25 1 ,
1, 289 g 144; leur croisade de
1 320, I, 294 g 1 55.
Pathmos , voy. Patmos.
Patience, personnifiée. Pas -
cïence , 29899-29900.
Patmos, île du groupe des Spo
rades, Pathmos , I, 242 g 3o.
Paul (saint), apôtre, saint Po,
saint Pol, Saule , sa conver¬
sion, 3 1 5 1 5-3 1 525, 32567-
32592; est emmené à Myti-
lène, 20669-20693; sa mort,
I, 240 § 25; I, 237 g 18. 249
§ 49> 266 § 93> s97 § i64. 343.
Paul (saint), ermite, Polt I,
24û § 44-
Paul (saint), martyr sous le
règne de Julien, saint Poly I,
23i g 52; est inscrit au Mar¬
tyrologe au 26 juin.
Paul le Simple (saint), saint
Pol le Simple , son histoire,
I, 25i § 5 1 .
Paul (!•'], pape, Paulus , son
règne, I, 36s.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITYOF MICHIGAN
TABLE ALPHABÉTIQUE DES NOMS PROPRES
Paulus , voy. Paul I#r, pape.
Pausains (roi), voy. Pausanias.
Pausanias, roi Pausains , veut
s'emparer de la Macédoine
pour Darius, sa mort, toySo-
10890.
Pauvreté, personnifiée, Povre -
té% invectives de Renart con¬
tre la P., 333 1 3-33382 ; Re¬
nart la rencontre sous les
traits d'une vieille femme,
33383-33868; 33873.
Pavie, ville de Lombardie, I,
a63 § 86 et 283 8 128 ; roi :
DÉ S 1ER.
Pécheurs (exemple des trois),
36i8-3672.
Pkchine (sainte), [sancta Pe-
cinna, honorée à Saint-Quen¬
tin], 26639.
Psdjus (Quintus), petit neveu
de César, 22072.
Pélagb, pape, Palage , son
règne, I, 36o a- 36 1.
Pelage [II], pape, Palage , son
règne, I, 36 t.
Pelé, le Rat, 53o, 53*,
Pèlerin (saint), évôquc d’Au¬
xerre, son martyre, 1,2448 33.
Pelignef, voy. Salmonk.
Pellagenie, voy. Paphlagonie.
Pelletiers (les), roueries de leur
métier, 26851-26926.
Penphile (sainte), voy. Pamphile
(saint).
Pentecôte, fête, Pentecoustc ,
417, 3253.
Pentheon (le), voy. Rome.
Pépin d’Aquitaine, fils de Char¬
lemagne, I, 265 § 91.
Pépin le Bref, roi de France,
son règne, I, 263-264 §§ 85-
89 et 352, II, 23o j-23i ; I,
256 § 59, 260 § 75, 263 § 82.
Pépin [d’Héristal], Pépin, prince
de France , Pépin roi , 20760,
1, 262 §§ 80-82 et 35 1 a , 11,
23o-2 3o a.
Pépin, fils de Charlemagne, roi
d’Italie, I, 265 891, 266 § 93,
I, 355.
Pépin, fils de Louis le Débon¬
naire, roi d’Italie, I, 355 a.
Pepon , voy. Poppon.
Percehaie, fils de Renart, Per¬
che Haye, 28443 ; va à la
chasse avec R., sa mort,
29663-29870.
Perces (terre aus ), [tel lus Par-
dum du Pseudo-Turpin] est
conquise par Charlemagne
lorsde l’expédition d’Espagne,
I, 355.
Perche Haye, voy. Percehaie.
Pbrdiccas, Predicas, héritier
d’Alexandre, 17159-17166;
17415; est blessé au siège Je
la ciré de Cappadoce, attaque
Antigone, 1 762 1 - 1 7556 ; sa
guerre contre Ptolémée, sa
mort, 17606-17618; 17713,
17963.
Perdrix (la) dans la tonnelle,
II, 200-201.
Pere (Dieu le), Pere du moud.
Pere premerain, Pere tout
puissant, vrai Pere, voy.
Dieu.
Pere (saint), voy. Pierre.
Périlleux, Prilleux (Val), voy.
Val P.
Peroclitès, Praxitèle ?, 483.
Péronnk (Somme), 1,271 § 102.
Perre (saint), voy. Pierre.
Persans (les), voy. Perse.
Perse, poète latin,/Veséj,32 34 1 .
Perse, royaume d’Asie, 9334,
9336,9355,9379,9403, 10689,
10704, 10708, 11233, 11 528,
1 1 355, 12488, i25io, 12726,
13273, 1 3335, 13464-6, 13778,
1 3837, 14887, 1 3233, i633tj,
17172, 17403, 17706, 17828;
I, 2 3o § 8, 233 § 11, 239 8 20,
247 8 43, 2 3 1 § 52, 258 8 7 1
et 346 ; II, 2 1 3 a ; les Perses ,
Persans, Persides, Perslcns,
5821, 8641, 935i, 9453, 9500,
1 1 338, 11447, 1*700, 11910,
12066, 12460, 12484, i25o8,
12811, 12940, 13299, 1 3747,
13749, i3782, 14331 ; s’em¬
parent de Jérusalem sous
Codrus, I, 258 § 71; rois :
Cyrus, Artaxerxés, Darius,
Codrus.
343
Persépolis, capitale de la Per¬
se, Persicolin , Persincolin
Sincolin , description du pa¬
lais, 13249-13275; 12704,
12901, 17143-6.
Perses (les), voy. Perse.
Persicolin, voy. Persépolis.
Persides , Persiens , voy. Perse.
Persincolin , voy. Persépolis.
Pkrtinax, empereur, Elie, He-
lius Pertinaulx, son règne,
I, 243 § 40 et 348.
Pestillent ( Guillaume le), voy.
Guillaume II d’Angleterre.
Petrus, voy. Plectrude.
Peur (dame), 23945, 23954,
23962, 23965, 23967, 23973;
scs conseils à Renart 24121-
24334; 24236, 24244, 2433i,
2447b, 24477, a44»3, 24490,
24493, 24501, 24576.
Phanie, fille de Crésus, 2347.
Pharameûs, donne des lois aux
Grecs, 8392.
Phar amond, roi des Francs, fils
de Marcomir, Faramont, son
règne, 11, 221 a.
Pharaon, roi d'Égypte, histoire
de la fuite des Juifs, 4438-
4490; 11,244 *-*45 84*7»
8420, 8451, 83o3, 36890,
36894, 369i5, 37209.
Pharaon (saint), voy. Faron.
Phare (sainte), voy. Farb.
Phares, fils de Pitus, roi d’Ita¬
lie, I, 334.
Pharisiens, secte judaïque, I,
233 § 14.
Piiébus, dieu, 2539.
Phelippe, voy. Philippe.
Philbert, voy. Fulbert.
Philicambris , voy. Sysicambis.
Philipater, à la mort d’Ale¬
xandre devient roi des Hé¬
breux, 17320-2.
Philippe (saint), apôtre, saint
Philippe , Phelippe , est déca¬
pité, 1, 240 § 23 et 343 a.
Philippe, empereur romain, sa
conversion, I, 246 § 43.
Philippe II, empereur de By¬
zance, I, 263 § 83.
Philippe, médecin, Phlipe , soi-
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
344
gne Alexandre malade,
12541-12640.
Philippe, Phelipe , Philipe , à
la mort d’Alexandre devient
roi de Sicile, 17317-9; 17328.
[Philippe d’Alsace], comte de
Flandre, meurt à Acre, I,
286 g 1 26.
Philippe, tils de l'empereur
Henri IV (?), règne 44 ans en
Angleterre, Philipe, I, 280
§ 118.
Philippe d'Artois, sa mort, 1,
291 § i5o.
Philippe d’Aunoy, accusé d’a-
dultère avec Blanche de
Bourgogne, est supplicié, I,
293 g 154.
Philippe I#r, roi de France,
Philipe , est excommunié, I,
282 g 126; est enterré à
Saint-Benoît sur-Loire, I, 283
g 127; I, 288 § 14a.
Philippe [Auguste], roi de
France, Philipe le Grant ,
265 1, 2750, sa naissance, I,
284 J i3o et 285 g 1 33 ; 1,
284 §g 1 32-1 33; est cou¬
ronne à Reims, I, 285 § 134;
son règne, I, 285-6 § 1 35 ;
287 g 139-141, 288 g 142 et
364 a .
Philippe [III le Hardi], roi de
France, épouse Isabelle d’A¬
ragon, I, 289 § 144; est fait
chevalier, g 145 ; est couronné
g 146; épouse Marie de Bra¬
bant, g 147; meurt à Nar¬
bonne, I, 290 g 148; refuse
de rendre des fiefs donnés en
gage par le comte de Cham¬
pagne, 37997-38018.
Philippe [IV] le Bf.l, roi
de France, Phelipe , Phlipe,
2869, 2875, 2907; sa nais¬
sance, I, 289 § 145; guerre en
Gascogne, I, 290g 149; guer¬
res de Flandre, I, 290-1
g 1 5 1 et 292 § 1 5 1 ; lutte avec
la papauté, I, 291-2 § 1 5 1 ;
1, 292 g 1)2, 23106-23119;
fait ses 3 fils chevaliers et se
croise, mais ne part pas, I,
RENART LE CONTREFAIT
293 § 1 53 ; sa mort, § 154;
3ioo3, 38076 ; II, 217.
Philippe V le Long, roi de
France, auparavant comte de
Poitiers, réunit le conclave à
Lyon, 1, 293 § 1 54 ; son règne,
I, 293-4 § 1 55 ; sa mort, I,
294 §§ i57-i 58.
Philippe [VI] de Valois, roi de
de France, son couronne¬
ment, I, 297 § 164; guerre
de Flandre, 23i3o-23i5o;
38074.
Philippe, fils aîné de Louis le
Gros, Philipe , sa mort acci¬
dentelle, I, 284 g 129.
Philippe, roi de Macédoine,
Phelipe , Phlipe , son histoire,
9291-10422, io52i; renvoie
Olympias, sa femme, io5a3-
10686; 1071 1, 10714, 10754;
guerre contre les Perses, sa
mort, 10770-10927; 1 1 653,
1 1 655, 1 1751, 12491, 17103,
2041 1, 20437.
[Philippe] de Marigny, évêque
de Cambrai puis archevêque
de Sens, I, 292 g 1 52 ; tient
en prison Guichard deTroyes,
31042-6.
Philistins (les), Philistlens ,
*9777-
Philon le Juif, Philo, écrit un
livre surréglised'Alexandrie,
I, 239 § 21.
Philorcame , voy. Amphipolis.
Philosophe (/e), voy. Aristote.
Phii.otas, général d’Alexandre,
Fillotès , Pilotes , Philote ,
10425, 13958, 14054; héritier
d’Alexandre, 1 71 55-8; 17967,
#
18045; aide Elior à venger
la mort d’Alexandre, i8a55-
19186.
Phison , voy. Pithon.
Phlipe , voy. Philippe.
Phocas, empereur, Soque , son
règne, I, 35 1.
Phrataphbrne, Fractaferus , à
la mort d’Alexandre reçoit
l’Hyrcanie et une partie de
l'Arménie, 1741 1-4.
Phrygib, région de l’Asie Mi¬
neure, Frise, 17325 ; — (la
petite), 1 733 1 ; les Phrygiens,
Frislens , 17506; voy. Bé-
dryces.
Picardie, province française, I,
366 a, 27634.
Pierre (saint), apôtre, Pere ,
Perre, 9141, 20844, 2o85o ;
I, a3g §§ 31 et 33, 340 S 24.
348 § 47, 349 § 49, 363 § 85 ;
son chef est envoyé à Char¬
lemagne, I, 266 g 93 ; 1, 343
et 356 a\ 25264, 28445,
32489 ; — (le domaine de',
I, 263 §86; -(le siège de),
I, 265 g 90.
Pierre Martyr (saint), Frère
Prêcheur, sa canonisation,
I, 289 g 143.
Pierre Alphonse, Pierre Al-
phons , nom chrétien du Juif
Moïse, son livre contre les
erreurs des Juifs, 1, 283 g 1 26;
27539, 28298, 28747, 32143,
32343.
Pierre III, roi d’Aragon, mari
de Constance de Sicile, veut
s’emparer de la Sicile, lutte
contre Philippe le Hardi, I,
290 g 148.
Pierre d’Auvergne (saint), évê¬
que de Clermont, son his¬
toire, I, 261 g 77.
Pierre de Chalons (saint), voy.
Saint-Pierre de Chalons.
Pierre de Clairvaux (saint),
un mot de lui, I, 285 g 1 35.
Pierre Damascene , Pierre Da¬
mas* e, voy. Pierre Damien.
Pierre Damien, Pierre Damas¬
cene, Pierre Damasse , I, 260
g 75 et 278 g 1 1 5.
Pierre Flotte, lit l’appel de
Philippe le Bel contre Boni-
face VIII, I, 291 g 1 5 1 .
Pierre de La Brosse, Pierre
de La Broce , ses complots,
sa mort, I, 290 g 147.
Pierre de Léon, Pierre Lion,
voy. Anaclet.
Pierre Lombard, évêque de
Paris, Pierre le Lombart ,
set œuvres, I, 284 g i33.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
TABLE ALPHABÉTIQUE DES NOMS PROPRES
[Pierre] i.e Mangeur, I, 229
3 5, a3 1 § 9, a36 §§ 14 et
17, 237 § 18; identifié à
Pierre Lombard, If 284
8 1 33.
Pierre de Murrone, voy. Cé-
LESTIN V.
Pierre, Provençal, demeurant
à Troycs, subit la vengeance
d'un Lombard, Antoine,
30246-30327.
Pierre le prophète, empri¬
sonné au château Saint-Ange
avec Jean XIII, I, 363.
Pierre Remi, prevost , trésorier
et maistre du royalme de
France , son histoire, 2921-
2944, 23228-23232, 23456-
23474; sa fortune, I, 295
§ 169; son supplice, I, 297
S 164; 236o6-8, 27209,
27733, 30925.
Pierre de Tarbntaise, voy.
Innocent V.
Pignabiau,voy. Pinabel.
Pignalion , voy. Pygmalion.
Pilate, procureur de Tibère
en Judée, Pon\ Pilate , I,
2368 17; son histoire,!, 237-8
8 18, 241 8 28, II, 202 <i-2o3 ;
s'enfuit à Lyon, I, 344 a.
Pinabel, de la lignée des traî¬
tres, Pignabiau, I, 3 19.
Pinaire , voy. Pinarius.
Pinarius (Lucius), petit neveu
de César, Pinaire , neveu et
héritier de César, 22070-4.
Pinte (dame), la Poule, 546;
explique le songe de Chan-
tecler, 3 1301-31479.
Pirni, voy. Pyrénées .
Pirrus , voy. Pyrrhus.
Pisr (Toscane), Pisse, I, 364 a,
365.
Pison (Cn. Calpurnius), Pisso ,
est en Espagne au moment
de la conjuration de Catilina,
21207.
Pison (L. Calpurnius), Luce
Pison , beau-père de César,
22055.
Pisse, voy. Pisb.
Pisso, voy. Pison (Cn. Calpur¬
nius) ; — devient l’ennemi
de César, 20857-20880.
Pistoia, ville de Toscane, Pis-
tore, 21402, 21408.
Pistore , voy. Pistoia.
Pitagoras , voy. Pythagore.
Pithon, Phison, à la mort
d’Alexandre reçoit [la Médie
et non) la Babylonie, 1 7 1 36,
17416.
Pitié, femme de Bonne Foi,
3773i.
Pitus, fils de Saturne, roi d'Ita¬
lie, I, 334.
Plaideur (histoire du), qui
donne une vache au bailli,
33910-35954.
Planètes (les sept), 34885-
3528o.
Platon, philosophe grec, 5oi3,
5905, 9223, 23394, 25200,
29249, 32339.
Plbctrudb, femme de Pépin
d'Héristal, Petrus , II, 23o.
Pline, auteur des « Nature»
des Choses », Plinius , plaide
auprès de Trajan cn faveur
des Chrétiens, I, 242 S 32 ;
32343.
Po ( saint ), voy. Paul.
Poète (le), Poeste , 28470.
Poissons (les), signe du Zodia¬
que, I, 23488 !2-l3.
Poissy (Seine-et-Oise), abbaye
fondée par Philippe le Bel
en l'honneur de saint Louis,
I, 293 8 154; les viscères de
Charles IV le Bel sont dépo¬
sés aux nonnains, I, 297
8 *64.
Poitevins, voy. Poitou.
Poitiers (Vienne), I, 25 1 8 5i;
le comté est annexé à la cou¬
ronne, I, 287 8 141; I, 392
§ 1 53 ; les portes de Saint-
Hilaire sont portées à Paris
par Dagobert, II, 229 ; comte :
[Guillaume X de Guyenne]
Philippe V le Long ; évôque :
Gilbert de la Porée.
Poitou, province française, I,
284 | i3o, 288 8 *42; les
Poitevins sont battus par
345
Philippe Auguste, I, 287
§ 141 ; comte : Eudes.
Pot, voy. Paul.
Polibus, voy. Polybe.
Policarpe (saint), voy. Poly-
carpe.
Polipeton , voy. Polysperchon.
Politaine, deux villes y sont
détruites par la foudre, du
temps d'Alexandre, I, 529.
Polixene , voy. Polyxénb.
Polybe, historien grec, Poli-
bus, 3 880.
Polycarpe (saint), Policarpe ,
I, 244 § 35 et 348.
Polysperchon. Polipeton, en¬
voyé par Antigone au se¬
cours de Néoptolème, meurt
aux côtés de celui-ci (?),
17599-17605.
Polyxène, fille d'Hécube, Po¬
lixene, sa mort, 30882-7.
Pompée (Cneius], 9197, 20998;
est battu par César, 21 568-
2i588, 2i8i3, 221 1 1 ; — la
fille a la femme Pompée
[Mucia], est séduite par Cé¬
sar, 21751.
Ponce (saint), convertit l'em¬
pereur Philippe, I, 246 8 43.
Ponces ly Aigles, voy. Pon-
tius Aquila.
Poncien, Poncii, voy. Pontien.
Pont-a-Marcq (Nord), le pont
de Rames, Ferrand, comte
de Flandre, y est fait prison-
• nier, I, 287 § 141.
Ponthibu, province française,
Pontieu, est annexé à la cou¬
ronne, I, 287 8 141-
Pontien (saint), pape, Poncien,
Poncii, Pontinus, I, 348,
348 a ; son règne, I, 358.
Pontiere, voy. Pothiêres.
Pontieu, voy. Ponthibu.
Pontigny (Yonne), fondation de
l'abbaye, I, 283 § 128 et 364,
I, 364 a»
Pontinus , voy. Pontien.
Pontius Aquila, sénateur ro¬
main, Ponces ly Aigles, re¬
fuse de se lever devant Cé¬
sar. 21893-21920.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITYOF MICHIGAN
346
Ponj Pilate y voy. Pilate.
Poppon, évêque de Schleswig,
Pepon, convertit les Danois,
I, 272 § io3.
Populus ( Nunan ), voy. Numa
Pompilius.
Porc (le), voy. Bauçant et
Gouri.
Porchat le Furet, Petit Por-
chas , Petit Porcha f ti Fui¬
rons, li Foirons , 541 ; I, 3oo.
Porphirias, Porphilias, Pour -
philiaSy ProphiliaSy histoire
de P. et d'Athis, 1486-2052,
2i3o, 2 1 3 1 •
Porphyre, philosophe grec,
Prophire , I, 246 § 43.
Porron , Porrus , voy. Porus.
Portugal, Portingal , 11399,
11999; (erre <iwj Galles , I,
353.
Porus, roi de l'Inde, Porron,
Porrus , 1 2844, 1 3042 ; guerre
contre Alexandre, sa mort,
13629-14252; 14463, ibilg,
15241, 17372; est fait pri¬
sonnier, I, 33 1.
Postinus, roi du Latium,
19831-2.
Postumia, femme de Servus
Sulpicius, Poj/Mma, /a _/î//e
prince , est séduite par
César, 21747-8.
Potanclen , Potenclen , voy. Po-
TENTIF.N.
Potentirn (saint), Potancien,
saint Potencien, son aposto¬
lat, I, 343 ; sa conversion, I,
240 §24.
Potiiières (Côte-d'Or, canton
de Châtillon-sur-Seine), Pow-
tiàrey 25992-3.
Fouille, région de l’Italie,
Puille, Pulle , 1 636 1 , 20723,
21369, 27* § 99; histoire
de la statue indiquant un
trésor, I, 276 § 112; I, 282
§ 126; est donnée à Charles
d'Anjou, I, 289?$ 143 ; comte:
Raimond.
Poule (la), voy. Pinte.
Pourceau (le), voy. B\uç\nt
et Gouri.
RENART LE CONTREFAIT
PourphiliaSy voy. Porphirias.
Pourveance , personnifiée ,
23728, 238g3.
Povretéy voy. Pauvreté.
Praiel. voy. Raoul de Presles.
Prandragon , voy. Uter.
PredicaSy voy. Perdiccas.
Premonstré (ordre de), sa fon¬
dation, I, 283 8 128 et 364.
Prescherresses, voy. Domini¬
caines.
PresèSy voy. Perse.
Présomption, personnifiée, Pre-
sumpeion , 34417.
Prêt sur gage, 37721-37750.
Prêtre Humbert , voy. Hubert.
Prévôtés, leur vénalité, 38019-
38082.
Priam, roi de Troie, Priant ,
son histoire, 2568-2636;
3785, 3909,3915,3918,8360,
8364, 8669, 12973, 14291,
14296, 19634, 19649-19674;
1, 256 S 39» ^272, II,
221 .
Priam, descendant d'Hector,
roi des Francs, Prian, son
règne, I, 256 8 59.
Priant , voy. Priam.
Pr indus , pape, voy. Sixtk III.
Probus, empereur romain, Pro-
be, son règne, I, 247 §§ 43-6.
Prophète (le), prophette , 3o37,
23837, 32189.
Prophilias , voy. Porphirias.
PorphirCy voy. Porphyre.
Proserpine, Proserpina , déesse
de l’adultère, 14727-14739.
P rotais (saint), jamf Prothais ,
I, 256 § 60 et 349.
Prouvence , Prouvenceauy voy.
Provence.
ProuvinSy voy. Provins.
Provence, province française,
Prouvence , 15893, 17393*, I,
262 8 82, 263 8 85, 268 8 96,
282 § 126, 292 § 1 5 1 ; 11, 2 23;
— Protivenceau, Provençal,
voy. Pierre.
Provins, en Champagne, Proi/-
vws, auparavant Apremont ,
33790; sa fondation, 37449-
3753o; Saint-Ayoul, 5<2irtf
Ayeul, 30947 ; voy. Hémart
de P.
Prudence, poète latin, I, 256
§ 61.
Psautier, le livre des Psaumes,
Psaultier , Saultier , 8799,
8894, 9100, 23770, 2386o,
23882, 24083, 24109, 24520,
24524, 25775, 32238, 34791,
33784; voy. David.
Ptolémée, géographe et astro¬
nome, Tholemer , Tholomè ,
Tholomée , 476, 5o 1 « ; I, 229-
23o 8 6, 232 § 10, 233 8 * *;
23391, 25o8i, 35574, 36214,
3623o.
Ptolémée [le Lagide], roi d'ɬ
gypte, Tholomè, Toloné , 1 4054;
joue le personnage d'Alexan¬
dre auprès de Candace, 1 5064-
1 535o, 1 5837, 17057, 17099,
1 7260, 1 73 1 3 ; sa guerre con¬
tre Perdiccas, 17606-17618,
17962, 17983, i8oo3; promet
à Élior de l'aider contre
les meurtriers d’Alexandre,
18037-19186; I, 23 1 8 9-
PubinuSy voy. Nuckrinus.
Publius Clodius, amant [de
Pompéia et non] de Cossutia,
PutecratuSy 20332-4.
Puille, Pulle , voy. Pouille.
Putecratus, voy. Publius Ci.o-
dius.
Pute Paye, fils de Renart,
28444.
Pygmalion, sculpteur antique,
Pignalion , 480.
Pyrénées, montagnes, Pimé , I,
252 §54.
Pyrrhus, fils d'Achille, P irrus ,
fait décapiter Hélène, 23292.
Pythagorb mathématicien
grec, Pitagoras , I, 233 8 *4-
Quambrai, voy. Cambrai.
Quantin (saint), voy. Quentin.
Quantorbier , voy. Cantorbéry.
Quarice?, à la limite de l'Inde,
17130.
Quartaige, voy. Carthage.
Quatheline (sainte), voy. Ca¬
therine.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
TABLE ALPHABÉTIQUE DES NOMS PROPRES
Quaym, voy. Caïn.
Quentin (saint), saint Quantin ,
son histoire, I, 248 § 47; F,
349 a.
Queux , voy. Kbu.
Quint denier (le), droit de
vente, 38385*7.
Quint ilien , empereur, voy.
Quintille.
Quintilifn, maistre de rhétori¬
que , vient à Rome avecGalba,
I, 241 § 26.
Quintillb, empereur romain,
Quintitien , I, 246 § 44.
Quintus Pboius, voy. Pbdius.
Quintus [Curius], confie à sa
maîtresse Fulvia le secret de
la conjuration de Catilina,
21270-21365.
Quiriasque (saint), voy. Cyria-
que.
Raban Maur, Rabanes , vient à
la cour de Charlemagne, I,
266 § 92.
Rabanes , voy. Raban Maur.
Rachbl, femme de Jacob,
36875-8.
« Rachines », œuvre d Avi¬
cenne, I, 23o s 8.
Radulphe , duc de Bourgogne .
voy. Raoul ; voy. aussi Ro¬
dolphe, duc de Souabe.
Rahous , voy. Raoul.
Raimbaut, voy. Rantgaire.
Raimond, comte de Pouille et
de Calabre, part pour la croi¬
sade, I, 282 § 126.
Raimond, comte de Saint Gilles,
Ray mont, part pour la croi¬
sade, I, 282 § 126.
[Raimond VI], comte de Tou¬
louse, I, 284 § 1 32 .
Rainchevaulx , voy. Ronce-
vaux.
Rains , voy. Reims.
Raison (Dame), Raisson , Ray-
son, Resson , 718, 719, 721,
73a, 743, 74.S, 748, 779, 866,
1220, 1258, 1289, 1296, i3oo,
i3o5, 2986, 5171,6073,6083,
6o85, 61 17, 61 19,6125, 6129,
6i33, 6194, 6222, 6364-5,
6372, 6534-5, 6542-3, 6548-
655o,6555, 6564, 6566, 6568,
16755, 18280, i865o, 19045,
21637, F, 3 1 2 a, 3 1 3 a, 363,
367 a, 22460, 22554, 2*571,
22624-5, 22627, 23335,23659,
23671, 23677, 2368o, 24227,
24327, 24340, 24351, 24363,
*4^76' 7» 24384» 24390, 2441 4-
6, 24418, 24421; ses conseils
à Renart 24449-24642; 24649,
255i2, 2568i, 25925, 25941,
25945, 27030, 27388-9, 27398-
9, 27554-5, 27557, 27563,
27565, 27592, 27608, 27611,
27646, 27648, 27651, 27660,
27669, 27672, 27705, 27719,
27742, 27773, 27830, 27878,
28642,28754, 29192-3,30044,
3o854, 32358, 33446, 33460,
33483, 33494. 33570, 33647,
338i8-9, 33824, 33826, 33832,
33835, 33838, 3384o, 33842,
33865, 345o8, 37o3i,37252-3,
37259, 37289, 37295, 37326,
37329, 37390, 37393, 37591,
37657 , 37671, 37674, 37683,
37687, 37701, 37761, 37802,
37898, 37910, 37916, 37924,
37939, 37969, 38044-3, 38 1 16,
38124; débat de R. et de
Nature, 39154-39222; 39243,
11, 201 a, 202 a , 216,
245 a .
Raisson, voy. Raison.
Rames (le pont de), voy. Pont-
à-Marcq.
Ramis, peuple vaincu par Ale¬
xandre, 14319-14323.
Rantgaire, Raimbaut, assas¬
sine Grimoald, II, 23o a .
Raoul (saint), archevêque de
Bourges, F, 268 § 96.
Raoul, duc de Bourgogne, roi
de Franc e, Radulplie, Rahous,
son règne, I, 271 §§ 102-103
et 336
Raoul de Presles [secrétaire
de Philippe le Bel], juris¬
consulte, maistre Raoul de
Praiel, 2469.
Rasis, voy. Ràzi (Al).
Rat (le), voy. Pelé.
Rat (le) de ville et le rat des
champs, II, 239-241.
Ravenne, en Italie, Ravenes,
I, 25 1 § 52, 273 § io5, 283,
S 128; archevêque : Gerbbrt,
Guibert, Jean X;voy. Gré¬
goire (saint).
Raymont, voy. Raimond.
Rayson , voy. Raison.
Ràzi (Al), médecin arabe, Rasis ,
25o8o.
Rechuluch, voy. Bertui.f.
Regnard, Regnart, voy . Rbnart.
Régnier, nom d’homme, 29677.
Réguliers, voy. Chanoines R.
Reims, en Champagne, Rains,
fondé par Remus, 2oo5a-
2oo65; 20220, F, 267 § 93, 273
8 io5; concile tenu par Inno¬
cent II, I. 284 8 *29; I, 285
8 1 34, 287 8 «4* ; 288 8 u3,
289 § 146; II, 223 a; — Saint-
Remi, I, 272 § io3 et 336 ;
archevêques: Nicaisb (saint),
Remi (saint), Arnoul, Ger-
BKRT •
[Reinold von Dassel], archevê¬
que de Cologne, emmène à
Cologne les corps des trois
rois Mages, 1, 285, 8 >33.
Remi (saint), évêque de Reims,
I, 257 §§ 66-68, 261 8 76» 287
§ 142; sa naissance, I, 35o a;
I, 36o et 36o a ; 23455; 11,
223 a.
Remi d'Auxerre, théologien, 1,
271 § 100.
Remi db Coirr, canoniste, frere
Remis de Courtis, 2471.
Remis de Courtis (frere), voy.
Remi be Coire.
Remus, frère de Romulus, est
tué par son frère, 5585-659y;
sa naissance, sa jeunesse,
vient en Gaule, fonde Reims,
19953-20065; revient à Rome,
est tué par son frère, 20217-
20268.
Remy, voy. Remi.
Renart le Goupil, Regnard,
Regnart, vole l’oie du convers,
2180-2212; ses amours avec
Hersent, 323i-3234 et I, 3io-
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
348
3 12 ; accusé par Isengrin à la
cour du Lion, 3385-5537 ; pré¬
sente sa défense, 5734-5950;
sa méchanceté, I, 3oi-2; son
aventure avec Droin, 1, 3o6-
321; est accusé d'avoir mangé
les petits de Tiécelin, I, 322;
envoie Tibert chez un prêtre
qui le rosse, 1, 324-325; sa
rencontre avec le Vilain,
22643-23348 ; son pèlerinage,
23350-29662 ; comment il ap¬
prend la chasse à Percehaie,
29663-29870; son aventure
avec Brichemer, 3oo 1 7-30344;
autre aventure avec Brun,
3o345-3o73o; est pris et battu
par le Vilain, 3073 1-3 1088;
est joué parChantec!er,3 1 089-
3328t; sa rencontre avec
Dame Pauvreté, 3i28a-33868;
sa confession à Prêtre Hubert,
33869-39021; interroge le La¬
boureur sur son état, H, 198-
199; le R., le Loup et la Ju¬
ment, II, 241-243; prêche
aux oiseaux, II, 243-246 a;
son aventure avec Tibert et
les lévriers, II, 247-250; — le
contrefait, 104 et suiv., 382.
Renoirib, personnifiée, 34431.
Renommée, personnifiée, 18257,
20l5l,
Réolb (La) (Gironde), La
Riolle , est prise par Charles
de Valois, I, 295 § i5g.
Repentance, Repentir , person¬
nifiée, 24493, 24499, 35401,
33417, 35441, 35455, 35462,
33478, 3548i, 35486, 35497.
355o5.
Repentis (ordre aulx), 3i5ii.
Resson , voy. Raison.
Rhka Silvia, mère de Romu-
lus et Remus, [nommée à
tort :] Amenie , 19953-19968.
Rhétorique, un des sept arts,
34203-34214.
Rhin, fleuve, Rin, les Francs
habitaient les bords du R.,
I, 25a § 54; on appelait le R.
la Dyone , I, 257 § 64* I, 268
§ 96; II. 220 a, 221. 222 a.
RENART LE CONTREFAIT
Rhodes, île, Riode , Rodes ,
1 1587, 16562.
Rhône, fleuve, Rone , I, 288
§ 143, 289 § 146.
Richard [Cœur de Lion], roi
d’Angleterre, son voyage en
Terre Sainte, I, 286 § 1 33 ; sa
mort, § 137.
Richard, duc de Bourgogne,
Richart , I, 271, § 102.
Richard 1«p [sans Peur], duc de
Normandie, . Richart, 1, 270
§ 99-
Richard II le Bon, duc de Nor¬
mandie, Richart , I, 270 § 99;
son aventure avec le sacris¬
tain de l'abbaye de Fécamp,
I, 276 § 1 10.
Richard III, duc de Normandie,
1, 270 §99.
Rient (évêque de), voy. Contu-
meliosus.
Rin , voy. Rhin.
Riode , voy. Rhodes.
Riolle (La), voy. Réolb (La).
Riquier (saint), 27623.
Riviére-de-Corps (Aube, cant.
de Troyes), la riviere de Cors ,
I, 352.
Robert, nom d'homme, 533 ; —
3i2i, voy. Robert de Mo-
LBSME.
Robert, prêtre, histoire des
danseurs maudits, J, 275
§ to8.
Robert [d'Arbrissbl] , fonde
Tordre de Prémontré, I, 283
§ 128.
Robert, comte d’Artois, frère
de saint Louis, part pour la
croisade, 1, 289 § 143.
[ Robert ] comte d’Artois, est
battu à Courtrai, I, 292 § 1 5 1 .
Robert [II], comte de Flan¬
dre, part pour la croisade,
I, 282 § 126.
Robert [le Pieux] , roi de
France, élève de Gerbert, I,
273 § io5 ; son règne, I, 273
§ 107 ; sa piété, I, 276 $ 112;
I, 288 § 142.
Robert Guiscard, Robert Gui -
chartf conquiert In Sicile, l,
271 § 99; histoire du trésor
découvert en Pouille, I, 276
§ 1 1 2.
Robert de Molesme , 3 1 2 1 ;
fonde Cîtcaux, I, 282 § 126
et 363 a.
Robert de Normandie, nom
chrétien de Rollon, I, 270899.
Robert 1er, duc de Normandie,
confondu avec Robert Guis¬
card, I, 271 § 99.
Robert [II Courte Heuse], duc
de Normandie, Robert conte
de Normandie , part pour la
croisade, I, 282 § 126.
Robert, comte de Paris, battu
et tué à Soissons, I, 271 §§ 102-
io3.
Roboam, Roboan , fils de Salo¬
mon, 2521, 5049; son his¬
toire, 5059-5076, 9183-9192.
Rocheflour, château d’Anti-
pater, Rocheffort , est assiégé
par Élior, 18386-19186.
Rodes , voy. Rhodes.
Rodez (Aveyron), Rodés , appa¬
rition de nombreux loups
dans le diocèse, I, 285 g 1 33.
Rodioine, royaume de Candas,
I7i35.
Rodolphe, duc de Souabe, et
non Radulphe , duc de Bour¬
gogne, est fait empereur par
Grégoire VII, I, 281 8 1*1.
Roen , voy. Rouen.
Roger, évêque de Beauvais,
Rogier , reçoit le comté de
Beauvais en échange de San-
cerre, I, 275 8 *09.
Rots (les Trois), I, 236 § i5,
237 8 17; leurs corps sont
portés de Milan à Cologne, I,
285 g 1 33.
Roland, un des douze pairs,
Rolant , Rolland , meurt à
Roncevaux, I, 267 g 94 ; I,
3oo et 353.
Rollon, Rollo le Danois , Rollo ,
duc des Normans , est baptisé
sous le nom de Robert, I,
270-1 g 99; L 286 § 137.
Romain, pape, Romanus , son
règne, I, 362 a.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITYOF MICHIGAN
TABLE ALPHABÉTIQUE DES NOMS PROPRES
349
Romanus,\ oy. Romain, pape.
Rome, Romme , sa fondation, I,
334; son histoire, 20069-
22212 ; succession des papes,
I, 356 a-366 ; Virgile y place
un miroir merveilleux, 29391-
29400; affluence des pèlerins
en i3oo, I, 291 g i5o; est
abandonnée par Clément V,
I, 292 § 1 52 ; 1489, 1494,
1783, 1796-7, 1837, 1891,
1967, 2484, 2847, 4148, 5573,
8600,8644,9198,9206, 1 io53,
11057, 12007, i3oio, i3oî4,
i3oi6, i3o23, 16571, 19514,
19884, 19888, 19890;!, 226-7
§ 3, 228 § 5, 2 3o § 8, 2 3 1 § 10,
236 §§ 16-17, 238’9 S8 19-20,
23g S 23, 240 §§ 24-23, 263
§ 90, 266 §§ 92-93, 267 §§ 93-
94, 268 § 96, 272 § io3, 273
§ 104, 275 § 107, 278 § n5,
279-280 § 1 1 7, 284 § 1 29, 285
§ 1 33, 288 § 143, 290 § 148,
292 § 1 5 1 , 3144, 329, 345 4,
346, 348 4, 349 4, 35 1 4;
23243, 25768, 26180, 26190,
26262, 26342, 27137, 27317,
29?74» 29459, 29599, 29621,
29639, 30493, 31047, 3i793,
32266, 32859, 33654, 33656,
33663, 33705, 33717, 33734,
34298; II, 198, 208, 220, 221
4 ; le Capitole, Capitoile , Ca-
pitoire , 11 061, 21802, 21894;
1, 232 § 10; Champ de Mars,
Champ Martin , 22078, la sta¬
tue enchantée dont Gerbert
trouve le secret, I, 273 § io5;
château Saint-Ange, I, 363;
colonne Trajane, I, 347 4;
cour de Rome, 19789; église
nommée Jérusalem où Ro-
mulus avait fondé l’Assise ou
refuge des voleurs, 1, 274
§ 106; Palaix Majottr , fondé
pa r Romulus, 20 1 65-8, 2 1 5 1 6;
Palais de la Paix, bâti par
Romulus, s'écroule à la nais¬
sance du Christ, 20169-
20216; le Panthéon, Pen -
theon , construit par Domi-
tien, I, 242 § 3o; Saint-Pierre,
I, 242 § 3o, 31079, ll> 208 ;
• Donus aménage devant Saint-
P. la place dite Paradis, I,
36 1 4; moutier de Saint -
Saulveur , fondé par Cons¬
tantin, I, 249 § 49; le Sauve -
ment de R., édifice construit
par Virgile, I, 228 § 3 ; le Sé¬
nat, complote contre César,
21870-22074 ; I, 228 § 3, 2 3 1
§ 10, 237 § 18, 23g § 23, 242
§§ 3o-3i, 241 § 33; 33671;
temple Jovif, 22108; temple
Veneris , 2 1 5 1 8, 2 1 87 1 , 22 1 o5;
— les Romains : Rommains ,
Rommlens , Roumains, Rou¬
mains, 4199, 42o5, 85g8,
8636, 9202, 20365, 2o533,
21369, 21 373, 21392, 21404,
31409, 31463; 1, 337 §3; 338
§ 5, 33 1 § 9, 337 § 18, 339
§ 30, 340 § 35, 357 § 65, 363
S 86, 366 § 93, 367 § 93, 368
S 95, 373 § io3. 383 § 128 ;
33733 ; II, 230 a, 231 a, 223,
222 4.
Romme , Rommains , voy. Romk.
Rommknie, i655g, 17159, 22431,
26758; — (drap de), 3774;
voy. Rouménie.
Rommlens , voy. Rome.
Romulus, fondateur de Rome,
tue Remus, 5573-56o8; 85g8-
9; i3oio; sa naissance, sa
jeunesse, fonde Rome, tue
Remus, son règne, 19953-
2o3io; 22176, I, 23o§ 8, 23 1
§9, 274 § io5 et 334.
Roncbvaux (Navarre), Rainche-
vaulx en Espagne , Roncevaus ,
I» 267 §94» 353 4, 355.
Rone , voy. Rhône.
Roumains, voy. Rome.
Ronnel , voy. Roonel.
Roonel, le chien, Ronnel ,
Roonniaus, aide Droïn à se
venger de Renart, I, 3i3-
32 1.
Rosane, voy. Roxane.
Rosas (Catalogne), Rotes , I,
354 4.
Rotes, voy. Rosas.
Rouen, en Normandie, Roen, I,
272 § io3 ; archevêque : Mau-
ger .
Roumains , voy. Rome.
Roumanie, autre nom de By-
sance, I, 25o § 49, voy. Rom-
MÉNIE .
Rouvel, fils de Renart, II, 202
et 204.
Roxane, Rosane, fille de Da¬
rius, femme d'Alexandre,
12733, 13217, 13429, 13437,
13445, 16975, 17021, 17062,
1 7083, 1 7 1 7 ? ; tenue en prison
par Cassandre, 17789-17823;
scs malheurs, 233i7-2333o,
30898-30907.
Roy celestre , de glore , de na¬
ture, le grant, le souverain ,
le treshault Roy , voy. Dieu.
Roÿne du ciel , voy. Marie, la
sainte Vierge.
Rufin [d'Aquilée], Ruffin, I,
25o § 5o.
Rufin [d'Éphèse] , médecin,
Ruffin, 23391.
Saba, ville d'Arabie, 8492.
Sabbage , voy. Subbagre.
Sabbat, jour de repos des Juifs,
I» 235 § 14.
Sabinien, pape , Fabien , son
règne, I, 36 1 et 35 1 .
Sabres , voy. Samnium.
Sachet, membre d’une con¬
frérie de Pénitence, en ital.
« saccone »,le concile de Lyon
en 1274 prend des mesures
contre eux, I, 289 § 146.
Sadoch, fils d’Azor, de la des¬
cendance de David, I, 228 § 5.
Saducéens (les), parti juif op¬
posé aux Pharisiens, S4<fn-
cées , I, 235 § 14.
Sagittaire, signe du Zodiaque,
Sagitaire , I, 234 §§ 1 2-1 3-
Saine, voy. Seine.
Saint- Ayeul, voy. Provins.
Saint-Beneoit , église , voy.
Mont-Cassin.
Saint-Benoit-sur-Loirb (Loi¬
ret), Champ flori, Flory, Saint
Benoit sus Loire, les corps de
saint Benoit et de sainte Sco-
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
35o
lastiquc y sont portés, I, 261-
2 § 78 ; séjour de Gerbert, 1,
273 § io5; Ph. Ier y est en¬
terré, I, 283 § 127 ; fondation
de l’abbaye, II, 229 a; ab¬
bés: Momble (saint) ; Théo-
DULFi;voy. Hugues de Fleu¬
ry.
Saint-Cornille, voy. Compïè¬
gne.
Saint-Denis en France, 1, 244
§ 33; sa dédicace, 1, i5g§y3;
I, 264 § 88; rebâti par Char¬
lemagne, I, 267 § 94 ; le Len-
dit, I, 267 § 94, I, 268 § g5 ;
reçoit de Charles le Chauve
des reliques de la Passion, I,
270 § 98; I, 272 § io3, 287
§ 141, 288 § 142, 289 § 143,
290 § 148, 293 §§ 1 34-1 33,
294 § 1*7, 297 § ,64# 333 ;
les bienfaits de Dagobert, II,
229 a ; II, 23o.
Saint-Étienne, voy. Sens.
Saint-Eusèbb (église), voy.
Mortara.
Saint-Gilles (Gard), comte :
Raimond.
Saint-Jacques de Compostelle
en Galice, Conpostella , I,
334 a, 23834, 26280.
Saint-Jean d’Angély (Charcnte-
Inf.), Saint Jehan, basilique
fondée par Pépin, I, 264
§86.
Saint-Jean, moutier près Jéru¬
salem, 32768.
Saint-Lambert, voy. Liège.
Saînt-Magnk, église de Kôlbig
devant laquelle dansaieut les
danseurs maudits, saint Man¬
gue le martir , I, 273 § 108.
Saint-Martin , abbaye fondée
parGuillaume le Conquérant
près Séez (Orne), I, 280 § 1 19.
Saint-Martin, voy. Tours.
Saint-Mathé, église renouvelée
par Grégoire IV, I, 362.
Saint-Maur-des-Fossés (Seine),
abbaye des Fossés , fondée par
saint Colomban, le corps de
saint Maur y est porté, I, 269
§ 97-
RENART LE CONTREFAIT
Saint-Maximin en Provence,
Saint Maximien , I, 263 § 83.
Saint Molemme , voy. Molesmk.
Saint-Omer (Pas-de-Calais), I,
263 § 90, 38304.
Saint-Pierre (église), voy. Mor¬
tara.
Saint-Pierre de Ciialons ou
Saint-Pierre au Mont, abbaye
bénédictine, 686.
Saint Po et Saint Pore , 11, 224,
voy. Paris.
Saint-Pol [abbaye), voy. Cor-
mery.
Saint-Quentin (Aisne), 26761 ;
prieur : Yves de Beauvais.
Saint-Sardos-la-Bastidk, près
Sarlat, I, 293 § i3g.
Saint-Sépulcre, voy. Jérusa¬
lem.
Saint Sevestrc, voy. Soracte.
Saint-Suaire \\c), guérit Vcs-
pasicn, I, 346 a .
Saint-Victor de Paris, saint
Vtltor , I, 283 § 128.
Saint-Vincent de Paris, II, 228.
Saint Vittor , voy. Saint-Victor.
Sainte-Croix, voy. Orléans.
Sainte-Geneviève, II, 224, voy.
Paris (nom faussement donné
àSaint-Gcrinain-dcs-Prés, II,
228).
Sainte Terre, voy . Terre S.
Saladin, émir, Salhadin, s’em¬
pare de Jérusalem, I, 286
§ 1 33.
Salamanque (prov. de Léon),
Salamanche , I, 334 a.
Salemon, voy. Salomon.
Salluste, historien latin, Sa-
luste , 3044, 3491, 20961,
21047, 21260, 23400.
Salmonk, ville du pays des Pc-
ligniens, Peligne\, lieu de
naissance d'Ovide, I, 227 g 1.
Salomon, roi d’Israôl, Salemon,
son histoire, 4218-4324; son
tombeau est pillé par Hérode,
I, 227 § 2; sa justice, 8903-
9183 ; étant enfant conseille
un vilain qui veut marier sa
fille à un chevalier, 3o583-
I 30672; 129, 1376, 1434, 1437,
1480,2073, 2106, 3o3i, 3o6ç,
3i 1 3, 3i32, 5479, 7718, 8788,
8807, 8870, 8880-1, 19951,
23199, 23388, 23433, 27809,
28231, 28272, 28461, 28699,
28733, 28762, 28948, 28962,
31390, 321 1 3, 32i63, 32243,
32335, 32536.
Salusce, voy. Xativa.
Saluste, voy. Salluste.
Samadour, roi, Klior requiert
son aide contre Antipaier,
i8o3i-6.
Samistanc, voy. Sémiramis.
Samnium, région de l'Italie cen¬
trale, Sabres , I, 36o a .
Samson, juge d'Israël, Sanson,
son histoire, 39433*39984.
Sancerre (Cher), Senceire,
passe aux comtes de Chain-
pagne, I, 27? § 109.
Sanlif, voy. Sknlis.
Sanson, voy. Samson.
Sanson, médecin, 5007.
Santa Eulalia de Gallego,
Sancta Eulalia, I, 334 a-
Santa Maria Arrifana, près de
Porto , metropolis civitas
Sancte Marie, I, 354
San\, voy. Sens.
Sapient, aide de ses conseils
Élior, 18659-18698.
Saragosse (Aragon), César Au¬
guste, Sarragoce ,Sarragocia ,
I, 248 § 47, 333 a, 354 a.
Sarah, femme de Loth, est
changée en sel, 33o33-33i56;
33177, 33196.
Sardaigne, Ile, Sardaine , Sar-
denne, saint Pontien y est
relégué, I, 358; I, 36o.
Sarradins, voy. Sarrasins
Sarragoce , Sarragocia, voy.
Saragosse.
Sarrasins, Arabes, Sarradins ,
Sarrasins, Sarredins , s'em¬
parent de Constantinople,
envahissent l’Espagne et la
France, I, 263 § 184; les S.
Wandres dévastent le pays de
Sens, I, 352; sont battus par
Charlemagne en Espagne, I,
352 d-354; reprennent Acre,
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
TABLE ALPHABÉTIQUE DÈS NOMS PROPRES
I, 290 § 148 ; dévastent l’Ita¬
lie, I, 362; donnent du poi¬
son aux Juifs pour faire périr
les Chrétiens, II, 207 a; 2816,
83go, 8352, 17409, 1742» ; I»
233 § 11, 237 § 66, 258 § 71,
259-260 § 74, 260 § 75, 267
! 94. 276 § 1 12, 282 § 124,
283 § 126, 293 § 1 53, 347,
35 1 a, 365 a; 23242, 27637,
39502; II, 23o a; — (terre
aux) est conquise par Char¬
lemagne lors de l'expédition
d'Espagne, I, 355.
Satrape, Strape, Estrape , ville
d’Asie Mineure [en réalité
c'est le mot * satrape » que
l'auteur a pris pour un nom
de lieu], 1 1912, 1 1941, 12202,
122(3, 12353,(5235 ; — (ha¬
bitants de), Strapiens, i33oo,
II, 2(3 a.
Saturin ( saint ), voy. Saturnin.
Saturne, planète, I, 232-3 §§ 10-
I >t 2 34 §§ I 2*1 3, 35012.
5ATURNK, Saturnus , fils de Cc-
lus, roi de Grèce, son histoire,
19536-19544; est châtié par
Jupiter, s’enfuit en Italie et en
devient roi, 19875-19944 ;
19946, 1, 23o § 8, 333 a.
Saturnin (saint), sains Saturin ,
I, 242 § 3o, 345 a , 347 a, 356
a.
Saturnus , voy. Saturne.
Sait , voy. Saûl.
Saül, roi d'Israël, Saü, 33 96,
34o3, 8767, 8772.
Saule, voy. Paul (saint), apôtre.
Saultier , voy. Psautier.
Sauveeur , voy. Jésus Christ.
Savary de Crirl (Maistre)? ju¬
risconsulte oucanoniste, 2470.
Savenlen (saint), voy. Savinien.
Savinien (saint), saint Save¬
nlen de Troies , son martyre,
1, 247 § 44; 345, 346.
Saxb, Saxoine, Xaxoine, I, 256
§ 59; est conquise par Char¬
lemagne, I, 265 § 90, 271 §
101, 273 § 108; — les Sa¬
xons, Saxoins, I, 265 § 90 et
281 § I2i ; Saynes , Sigebert
leur fait la guerre, II, 225
a; pays de la reine Batilde
IV, 229 a; dues : Lothaire
II, [Henri le Lion].
Saxoine , Saxoins , voy. Saxb.
Sayne, voy. Seine.
Saynes (les). Saxons, voy. Saxe.
Sceürkté personnifiée, 24219,
24223, 24231 ; ses conseils à
Renart, 24235-24320.
Scolastique (sainte), son corps
est transféré au Mans, I, 261-
2 §7»-
Scorpion, signe du Zodiaque,
Escorpion , I, 234 §§ 1 2- 1 3.
Sébastien (saint), son martyre,
I, 248 § 47 ; son corps est
porté à Soissons, I, 268 § q3 ;
1, 349.
Sebile% Sebille, voy. Séville.
Sebille, voy. Sibylle.
Seboïm, Seboÿ , ville de la Pen-
tapole détruite par le feu du
ciel, 8193.
Sebraii, dieu du froment,
,4779",479°-
Sec il le, voy. Sicile.
Secont , voy. Skcundus.
Secundus, philosophe néo-py¬
thagoricien, Secont % son aven¬
ture avec sa mère, I, 242
S 34; Sexte, prophète de la
sexte Pitagoras, I, 235 § 14;
cf. Die Philosophie des Xeo-
pythagoreers Secundus ... von
Dr Johannes Bechmann. —
Berlin, Mayer und Müller,
1888. In-8\
Segobia, voy . Ségovie.
Ségor, ville de la Pcntapole,
détruite par le feu du ciel,
8192, 33040.
Ségovie (Castille), Segobiaquem
est magna, I, 354 <*•
Segunchia , voy. Siguknza.
Seigneur (le), voy. Dieu.
Seine, fleuve, Saine , Sayne ,
gèle en 1 3a5, I, 296 § 162; I,
270 § 99; 23oo6, 32267,
35834, 38697, 39040; II, 222
et 223.
Seissons, voy. Soissons.
Sella, seconde femme de La-
35 1
mech [nommée à tort :j Ga -
blan, 7891-4.
Sem, fils de Noé, 8041, 8049,
8o65-6, I, 235 § i3; 29544.
Semion (saint), voy. Siméon.
Sémiramis, Samistane, épouse
Ninus, 19327-19330.
Semur (Côte-d’Or), I, 280 § 1 18.
Sencerre, voy. Sancbrrb.
Sénèque, philosophe, Senecque,
son supplice, 2833-2846 ;
1475, 3049, 5l6*i 52°4i 3739,
577°> 5797, I, 240 § 25,
22474, 23395, 23509, 23548,
24836, 24849, 24864, 24875,
24933, 25o83, 25408, 25422,
25438, 27559, 28293, 28497,
28524, 28540, 286o5, 28871,
29013, 32160, 32178, 32269,
32335, 4io55.
Sknlis (Oise), Sanli{, évêque :
Malulfus.
Sennebault , voy. Innocent IV.
Sens (Yonne), Sanq, séjour qu’y
fit Alexandre III, I, 364 a;
I, 25 2 § 54, 288 § 143, 317,
352, 364 a ; II, 23o a; église
Saint-Étienne, histoire de ses
cloches, I, 258 § 71; Sainte-
Colombe, I, 271, § io3 et
364 a; archevêques : Loup
(saint), Guillaume, Daïmbbrt,
Gilles Cornu, Philippe de
Marigny ; voy. Obert de S. et
Eudes de S.
Sentences (les) de Pierre Lom¬
bard, I, 284 § 1 33.
Seopages?, région d’Asie Mi¬
neure, 9410.
Septentrion, Septemtrion, 9873
19470, 19316.
Septime Sévère, empereur ro¬
main, Severe , son règne, I.
243 §§41-43-
Sepulvrda (Vieille Castille),
Sepumilega , I, 354 <*•
Séraphin, dieu de Perse, 95 1 3 ,
9522; apparaît à Alexandre,
J 535 1 - 1 5397 ; dieu de Tho-
posin, 1 1 100, 11123.
Seraptin, voy. Soracte.
Serfs (les), n’ont pas le droit
d’hériter, 37927-37972 ; in-
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
352
justice de leur sort, 38o83-
38222; voy. Servage.
Sergius, pape, Sirgi , Sirgius ,
son règne, I, 36 1 a; I, 335
a; I, 262 § 80.
Sbrgius [11], pape, Sirginus ,
son règne, I, 362.
Sergius [III], pape, son règne,
ï, 362 a.
Sergius [IV], pape, Sirgius ,
son règne, I, 363.
Serotin, chrétien, se trouve à
Rome du temps de saint
Pierre, 1, 345 a.
Sersès , voy. Xerxès.
Servage, son origine à l’épo¬
que de Charlemagne, 37387-
37559; voy. Serfs.
Servilia, mère de Marcus Bru-
tus, Cervilia , maîtresse de
César, 21757-21763.
Sbrvius Tullius, roi des Ro¬
mains, Tulius , 2o323-5,
2o33 1 .
Sesaire , voy. César.
Sessille , voy. Sicile.
Skth, fils d’Adam, sa descen¬
dance, son voyage au Paradis
terrestre, 7565-7688: suite
de sa descendance, 7846-
8062.
Severe , voy. Septime Sévère.
S e ver in t pape, I, 36o j, voy.
Silvère.
Séverin, pape, son règne, I,
36 1 a,
Sevestre , voy. Silvestre.
Séville (Espagne), Sebile, Se¬
bille, Espalle , Yspalide ,
12496, I, 259 § 72; I, 354 a.
Sexte , prophète de la sexte Pi -
tagoras , voy. Secundus.
Seqile (sainte), voy. Cécile.
Sebille, voy. Sicile.
Sibylle (la reine), Sebille , Si-
bille, sa prophétie, 7738-
7799; 2o3o8, 2o3i5.
Sibylle (la) de Cume, Sebille ,
sa prophétie, I, 23 1-2 § 10 et
235 § i3.
Sibylle d*Érythrée,5eèi7/e d'E-
ritrée , I, 2 3o § 8.
Sibyrtios, Cibuttes , à la mort
RENÀRT LE CONTREFAIT
d’Alexandre reçoit l’Aracho-
s\e (Arragonnois) et la Géd ro¬
sie ( Dracionois ), 17379-
17380.
0
Sicambre, ville fondée par Enée,
II, 220-221 ; Cycambre , I,
2S6 § 59.
Sicile, île, Cecile , Cecille , 5e-
cf//e, Sessille , Sebille, est
donnée à Charles d’Anjou, I,
289 § 145 ; il la défend contre
le roi d'Aragon, I, 290 § 148;
4142, 1 i 3io, 12356, 12495,
17317, 20725, 2i 368, 2i6a3;
I, 257 § 68, 263 § 85, 271
§99, 329, 35 1 , 36 1 a \ 34299;
voy. Frédéric II, Constance,
Charles d'Anjou.
Sidoine , voy. Sidon.
Sidon, ville des Phéniciens,
Sidoine et probablement
Chires , est conquise par
Alexandre, 11217-8 et 11 387-
11397.
Sienne (Toscane), I, 358.
Sigebert, frère de Chilpéric,
roi de Metz, Childebert , II,
225 a; est assassiné par des
émissaires de Frédégonde,
II, 226-227.
Sigebert, fils du roi Dagobert,
Sigibbert , I, 260 § 75.
Sigebert [de Gembloux], chro¬
niqueur, Sigisbert, Sigilbert ,
I, 266 § 93 et 270 §98.
Sigilbert , voy. Sigebert, fils du
roi Dagobert.
Sigilbert , Sigisbert , voy. Sige¬
bert de Gembloux.
Signaque , voy. Symmaque.
Signes du Zodiaque (les douze),
36246.
Signoime , voy. Sunon.
Siguenza (Nouv. Castille), Se -
gunchia, I, 354
Silvère, pape, Severin , son
règne, I, 36o <1.
Silvestre (saint), pape, son
règne, I, 358 a ; I, 249 § 49
et 349 a.
Silvestre II, pape, aupara¬
vant Gerbert, archevêque de
Reims, puis de Ravenne, sa
science de la magie, I, 273-4
§ io5; 1, 356 et 363.
Silvestre [III], pape, Sevestre ,
Cevestre , sacré par Benoît
IX, I, 278 § 1 15 ; I, 363 a.
Simacus , voy. Symmaque.
Siméon [stylite] (saint), saint
Semion , mort vers 460, I,
35o a.
Simon (saint), apôtre, saint Sy -
mon , I, 237 § 17 et 346.
Simon le Lépreux, Symon lé¬
preux, I, 240 § 24 et 345 a .
Simon Machabéb, grand prêtre
des Juifs, Simon Macrobè ,
9194.
Simon de Montfort, Symon
conte de Montfort , est tué à
Toulouse, I,287§ *4*-
Simon, comte de Montfort, est
tué par les Anglais, I, 289
§ *44-
Simplice (saint), pape, Simpli -
dus p Suplicinus, son règne, I ,
36o ; fait une Constitution
sur la tenue des clercs, I,
257 §65.
Sinagogue, voy. Synagogue.
Sincolin , voy. Pkrsépolis.
Sinplicius, voy. Simplice.
Sirac ( Jhesus ), Siraj , voy. Jé¬
sus, fils de Sirach.
Siracuse , voy. Syracuse.
Siraspidiclens, Siraspidiens ,
voy. Argyraspides.
5ire (sJiVtf), voy. Cyr.
Sirgi, Sirginus , Sirgius , voy.
Sergius.
Siricus, voy. Sirice.
Siricb (saint), pape, Siricus ,
son règne, I, 35g.
Sir8ès, voy . Xerxès.
5iry, voy. Syrie.
Sisinnius, pape, Sisinus , son
règne, I, 362.
Sisinus, voy. Sisinnius.
Sistans, héritier d’Alexandre,
17389-17390.
Sistus, voy. Sixte.
Sixième denier, droit de vente,
38120.
Sixte (saint), pape, Sistus, son
règne, I, 357 et 358; son
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
T A3 LE ALPHABÉTIQUE DES NOMS PROPRES
353
martyre, I, 246 $ 44i U 348.
Sixte [III] (saint), pape, [et
non] Princius , son règne, I,
359 a.
Smaragdus, Maradeq , nom de
religion de sainte Euphro-
sink, voy. ce mot.
Socher , voy. Sotkr.
Socrate, philosophe, Socratès ,
io332, 13958 ; I, 3î8; 32173,
3x336.
Sodome, ville de la Pentapole,
détruite par le feu du ciel,
8192, 33040-1, 33089.
Soissons (Aisne), Seissons , I,
248 § 47, 264 § 88 ; bataille,
I, 271 § 102 ; II, 224 a ; —
Saint-Médard, et non Saint-
Marc, reçoit le corps de saint
Sébastien, I, 268 § 94; dédié
par Innocent II, I, 283 § 129 ;
Clotaire y est enterré, II, 224:
évêque : Jacques de Baso¬
ches ; Soissonnois (vin de),
3674r .
Soleil (le), astre, Solaux , Sol -
taux, ses vertus, 35107-35224;
ses dimensions, 35627-35700;
I, 229 § 6, 23o § 8, 231-234
§§ 1 1 - 1 3 ; 34935 , 34948,
34952, 34970, 34979-35009,
35o5o, 35553 -7 , 35625 ,
36370;— (arbre du), est con¬
sulté par Alexandre, 15981-
16118; 16410; — (château
du), est visité par Alexandre,
15789-161 18 ; 16527.
Sophie (sainte), est martyrisée
avec ses trois filles, I, 244
§35.
Soque , voy. Phocas.
Soracte (Mont), au Nord de
Rome, montaigne Serap-
tin , montaigne de Suripte ,
saint Silvcstrc s’y cache, I,
249 § 49 \ Carloman y fonde
l’abbaye de Saint-Sevestrc, I,
263 § 86.
Sorante , corr. : Sorance , voy.
Sorence.
Sorencb, château de la famille
des traîtres, Sorante , Grifon
s’y réfugie, I, 3 19 a.
T. II.
Sotkr (saint), pape, Socher ,
de Canpaigne nef, son règne,
I, 357 a.
Souplice (saint), voy. Sulpicb
le Débonnaire.
Spiridion, évêque de Chypre,
Spiridium , s’acquittait de
son ministère en gardant des
chèvres, assiste au concile de
Nicée, I, 25o § 5o.
[Spirituels (les)], leurs théories
sont condamnées par Jean
XXII, I, 296 § 160.
Stella , voy. Estella.
Strape, Strapiens, voy. Sa¬
trape.
Subbacre, Sabbage , château
du pays des Madriens dans
l’Inde, est visité par Ale¬
xandre, x 571 3-i 5756.
Suède, royaume, Suece , Suese ,
11401, * >999-
Sulpicb [le Débonnaire] (saint),
évêque de Bourges, saint
Souplice , confesseur de saint
Austregisile, I, 258 § 72.
Sunon, chef franc, Signoime
II, 221.
Suplicinus , voy. Simplick.
Sur , voy. Tyr.
Surie , Suriens , voy. Syrie.
Suripte (montaigne de ), voy.
Soracte.
Sylla (L. Cornélius), Luce ou
Lucius Sila, 20542-20624,
20709, 20995.
Symeon , voy. Eumène.
Symmaqub, pape, Signaque , Si -
macus, son règne, I, 36o ; I,
2 57 §§66-67.
Symon , voy. Simon.
Symon , voy. Martin IV.
Synagogue (la), Sinagogue , I,
264 § 88.
Syracuse (Sicile), Siracuse , I,
272 § io3.
Syrie, contrée d’Asie, Sire , Si-
ry , Surie, est conquise par
Alexandre, 1 1 255 - 11278;
9406, 9409» xi 387, 12355,
12494, 16362; 1, 237 § 18,
264 § 88, 362 ; Syriens, Su-
riens , 8209, 1 1257.
Sysicambis, mère de Darius,
Philicanbris , est donnée
comme la femme d’Artaxer-
xès, 10701 et 10706; est pri¬
sonnière d’Alexandre, 12739-
12742; sa lettre à Darius,
12863-12892; ses malheurs,
23297-23304, 30893-7.
Table Ronde du roi Artur, I,
256 §63.
Tables (Loi des xij), 8602.
Tacite, empereurromain, Tar-
citus , 1, 247 § 45 et 349.
Tagant, ville où est le temple
Apolinée , Alexandre y sacri¬
fie, 1 1 o3 5- x 1044.
Tailles (les), 37137-37192.
Talamanca (Castille), Tala -
mancha , I, 354 a»
Talamon, voy. Chalmana.
Tala ver a, que est frutifera
(prov. de Tolède), I, 354 a.
Tallant, ville conquise par
Alexandre, 11398. •
Talmud, livre sacré des Juifs,
Thalamus , 7295-7301.
Tancrède, de Sicile, T an grès ,
part pour la croisade, I, 282
§ 126.
Tangres , voy. Tancrèdk.
Tarazona (Aragon), Terracon-
ne, 1, 354 a.
Tar citus, voy. Tacite.
Tardif le Limaçon, Tardif li
Limaçons, I, 3oo.
Tardif li Limaçons, voy. Tar¬
dif.
Tarés, voy. Tiiaré.
Tarquin le Superbe, Tavqui-
nius, roi de Rome, son his¬
toire, 20330-20404; 2 2 1 83 ;
33703-33740.
Tarragone (Catalogne), Terra -
gone , I, 354 a .
Tarse, ville de Cilicie, Ale¬
xandre après l’avoir conquise
y tombe malade, 12373-
12640.
Tarse, 17333, voy. Thrace
(la).
Taureau (le), voy. Bruneau.
Taureau (le), signe du Zodia-
23
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
354
que, Thoreaul , thorel , I, 229
§ 6 et 234 §§ 1 2- 1 3.
Tauris, ville de Perse, Thoris ,
i3463.
Taverniers, ce qu'ils sont le
plus souvent, 26927-26980.
Taxile, Transsilles, à la mort
d’Alexandre reçoit les rives
de l’Indus, 17365-17374.
Tblesphore (saint), pape, The-
ferus , Thelefore , son règne,
1, 357; prescrit l’observance
du carême, I, 244 § 35.
Templiers (les), fondation de
leur ordre, I, 364; sa sup¬
pression, 2964-2990 et I,
292-3 § 1 52 ; 386, 725 ; I, 287
S 141; 27593-27606, 27665,
37033.
Tendresse, Tenresche , person¬
nifiée, 35339-35346.
Tkrbnce, poète latin, 3234i .
1 erraconne, voy. Tarazona.
7 erragone, voy. Tarragone.
Terre de Promission , voy.
Terre Sainte.
Terre Sainte, Sainte Terre ,
Terre de Promisson , subsi¬
des de T. S., ï, 289 § 146 ;
I, 282 § 126, 284 § i32, 286
§ 135,288 § 143, 289 §§ 143-
144, 293 § 1 53 ; II, 207 a.
Tertule, voy. Tbrtullien.
Tertullibn, Père de l’Église,
Tertule , I, 245 § 41.
Testament (Vieil), 5057,8622;
I, a35 § i3 et 259 § 74;
37324; — nouvel, I, 235 S *3
et 25g § 74.
Tctragrammaton, nom forme
de quatre lettres, le nom de
Jéhovah , Thetragramaton ,
II479-
Téxcon (le), voy. Grimbert.
Thalamus , voy. Talmud.
Thalestris, reine de Fémcnic,
Talistrida , vient saluer Ale¬
xandre, 14063-14164.
Tharé, fils de Nachor, Tarés ,
8365, 8368.
Thébainb (Légion), Légion The -
bée, I, 247-8 §47.
Thebbs, ville de Grèce, sa des¬
RENART LE CONTREFAIT
truction, 3865-3892; 865o.
Thebes , I, 36o, voy. Tivoli.
The fer us, Thelefore , voy. Té-
lespiiork.
Tiikodkbald, fils de Childebcrt,
Thcodebaus , son règne, II,
224.
Théodebert, fils de Chilpéric
et d’Audovère, Chodebert, II,
225 a \ sa mort, II, 227 a.
Theodcsius , voy. Théodosk le
jeune.
Theodoph, voy. Théodulfe.
Théodore, nom d'homme, I,
a55 § 56.
Théodore [I«f], pape, Tlieodo-
ric , Gresois , son règne, I,
36 1 a .
Théodore [II], pape, Thcodo -
rie, son règne, I, 362
Théodoric, roi des Lombards,
Theodosius , roy de fou/e Y/a-
lie et de Lombardie , Thcodo -
rien, I, 257 §67; est con¬
damné comme hérétique par
l'empereur Justin, I, 257 §
68 et 35o a.
Théodoric , voy. Théodore.
Théodoric , I, 262 § 79-80, voy.
Thierri III.
Tlieodorien , voy. Théodoric,
roi des Lombards.
Theodorus , I, 257 § 64, voy.
Thierri.
Théodosk, empereur romain,
Théodosien , Thodosius , 1,
246 § 43, 256 §§ 60-62, 35o ;
sa lutte contre les Francs,
II, 221 a.
Théodose le jeune, empereur,
Theodcsius , Theodossus , I,
256 §63; fils [d’Arcadius et
non] de Valentinien, I, 35o
a.
Théodose III, empereur de By¬
zance, I, 263 § 83.
Théodosien , voy. Tiiéodose.
Theodosius , roy de toute Yta-
lic et de Lombardie , voy.
Théodoric.
Theodossus , voy. Théodose le
jeune.
Théodulfe, Theodoph , pre¬
mier aèèé de Flory et puis
evesque d'Orléans , I, 268 §
95.
Théophile, clerc sicilien, Théo-
philus , est sauvé par la
Vierge, I, 257 § 68 et 35 1.
Théophile, patriarche d’An¬
tioche, I, 267 § 74.
Thetragramaton , voy. Tétra-
grammaton.
Tiiibaud (saint), sains Thie -
èawj, I, 244 § 35 et 348.
Tiiibaud (saint), ermite, saint
Thibault rHermite , I, 279
§ 1 1 5.
Tiiibaud [III], comte de Blois,
Thibault , est fait prisonnier
par Geoffroi Martel, I, 282
§ 124.
Tiiibaud [V], comte de Blois,
sénéchal de France, frère
d’Adèle de Champagne, I,
284 § 1 32 ; meurt à Acre, I,
286 § 1 36.
Tiiibaud, comte de Champa¬
gne, Thibaut , ses vertus, I,
284 § 1 3o ; sa mort, I, 364 a .
[Thibaud V le jeune), comte
de Champagne, engage des
fiefs à saint Louis qui ne
veut plus les rendre, 37973-
38OI8.
Thiberc, \oy . Tibère.
Thibere , I, 262 § 82, voy. Ab*
simare Tibère.
Tliiberius , voy. Tibère IL
Thiebaus {sains), voy. Thibaud
(saint).
Thiburce , voy. Tiburce.
Thiebert , voy. Tibert.
Thiecelin , voy. Tiécblin.
Thierri, roi des Francs,
Theodorus , I, 257 §64; II,
224.
Thierri III, roi de France,
Théodoric , I, 262 §§ 79-80;
II, 230.
[Thierri], évêque de Metz, [ap¬
pelé par suite d’une mau¬
vaise lecture :] de/wn de Co-
fery, transporte d’Italie à
Metz des corps saints, I, 272
§ io3.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
TABLE ALPHABÉTIQUE DES NOMS PROPRES 35b
Thierry % 11219, voy. Tyr.
Thiesselin , voy. Tiècelin.
Thimer l’Ane , Varchevesque
dampt Thimer , 538 ; est ren¬
contré par Renart, partant
en pèlerinage, 25787-26259.
Thimotée , voy. Timothée.
Thimotée, grant faiseur de
cronicqueSy I, 232 § 10.
Thinacus , voy. Lysimaque.
Tiiiphanie, royaume faisant
partie de l'empire d'Alexan¬
dre, 171 10.
Th ire t Thires , voy. Tyr.
Thirus, roi de Babylonc, au
temps de Ninus, 1931 3-8;
i9363.
Tiiirus, serpent, 3521-3667.
Thobb, 41008.
Thobie , voy. Tobib.
Thodosius, voy. Théodose.
Tlioison , voy. Toison.
Tholemer , 7 ïiolomé, Tholomée ,
voy. Ptolémée.
Thomas (saint;, apôire, sainct
Thonmas , 11 76; son martyr,
I, 240 § 25 et 345 a ; scs re-
•
liques sont portées à Edesse,
1, 245 § 42.
Thomas de Cantorbéry (saint),
sa vie et sa mort, 1, 284-5
§ 1 33 et 364 a.
[Thomas] de Lancastre, di/c de
Lenclastre, est décapité, I,
295 § 1 58.
Thonmas, voy. Thomas.
Thoposin, contrée d'Afrique,
11088-9.
Thoreauly Thorel , voy. Tau¬
reau.
Thoringe , voy. Th u rince.
ThoriSy voy. Tauris.
Thoulouse, voy. Toulouse.
Thracb, région de l’Europe
orientale, Tarse , 17333.
Thuhecayn , fils de Latnech,
voy. Tubalcaïn.
ThuUy Thulle, voy. Cicéron.
Thunes, voy. Tunis.
Thuringe, région d’Allemagne,
Thoringe , I, 268 § 95.
Thybre , voy. Tibre.
#
Thyphaine , voy. Epiphanie.
Tibère, empereur romain, 77t«-
èere, son histoire, I, 236
§§‘16-17 ; 237 § 18; 238 §§ 19-
20.
Tibère II, empereur, Thibc-
rius , I, 257 § 70 et 33 1.
Tibère, neveu de l’empereur
Tibère, Thibere , 1, 238 § 19.
Tibert, le Chat, Tliiebert , vient
assigner Renart devant la
cour du Lion, 4491-4653; sa
mésaventure avec le prêtre,
I, 323-325 et II, 219-220;
son sermon, 39985-40012;
sa rencontre avec la Ti¬
gresse, 40013-40894; son
aventure avec Renart et les
lévriers, II, 247-230; 529,
334, 32G7, 3321, 3745, 3752,
3761, 4788, 4939, 4941 ; II.
240 a- 241.
Tibre (le), Hcuve, Thybre y Ty-
brey 19967; 20075 ; I, 226 § 1
et 23 1 § 10.
Tiburce (saint), Thiburcc , son
martyre, I, 348 a.
Tiècelin, le Corbeau, Tiersc -
/ni, Thiecelin , Tliiesseliny 53g;
accuse Renart d’avoir tué ses
petits, I, 322; sa rencontre
avec R. qui mange ses petits,
27094-27424; remontre à Bri-
chemer les inconvénients de
la gaité, 3oi6o-3o344; veut
se parer de plumes emprun¬
tées pour paraître à la cour
de l’Aigle, 41061-41 i5o.
Tigre ï la), voy. Tigresse.
Tigre (le), dcuve,77gr/j, i23oo,
12932, 12956, I, 349; rieuve
du Paradis, 3778.
Tigresse (la), la Tigret recher¬
che en vain pour s en nourrir
une femme honnête puis
un homme vertueux, 40013-
40894.
T i gris t voy. Tigre (le).
Timothée, compagnon de saint
Athanase, Thimotèey I, 25 1
§3i.
0
Tiphainey voy. Epiphanie.
Tite-Live, historien latin, Titus
Livus , LynuSy l'ystoriogra-
phe, 20157-20162; sa mort,
Ii 236 § 17.
Titony voy. Titus, empereur.
Titus, fils de Saturne, roi d’Ita-
lie, 19945-9-
Titus, fils aîné de Vcspasien,
empereur romain, Tytus, Ti -
tony I, 240 § 25, I, 241 § 28;
son règne, I, 241-2 §§ 2g-3o;
I, 346 *1*347.
Titus LivuSy voy. Titb Live.
Tivoli (prov. de Rome), ThebeSy
I, 36o.
Tobie [de la tribu deNephthali],
Thobie y 28562, 28565.
Tocaigne, voy. Toscane.
Toison d'or (la), Thoisont Toi¬
son d'or, sa conquête, 14279-
14284; 19638.
Toison, voy. Toison.
Tolède (Vieille Castille), Tole-
tunty I, 354 a.
Tor (le), voy. Bruneau le Tau¬
reau.
Torpiny voy. Turpin.
Tortose (Catalogne), Tortous-
set I, 354 a .
Toscane, région de l’Italie, 7o -
caigyify Tosquannet Tusquey
2t388, I, 264 § 86, I, 359 a-
36o; duc : Désier.
Toul (Meurthe-et-Moselle), I,
268 § 95.
Toulouse (Htc-Garonne), Thon -
louse , son siège, I, 287§ 141;
comte : [Raimond VI] ; le Tou¬
lousain, II, 224.
Tournai (Hainaut), multitude
de couleuvres en io5g, I, 280,
§118; l’évêché est séparé de
celui de Noyon, I, 284 § 1 3 1 ;
confondu avec Courtrai, I,
29 2 § 1 5 1 ; Chilpéric y est
assiégé, II, 226 a.
Tours (Indre-et-Loire), histoire
de saint Martin, 1, 253-4 § 35 ;
271 § 100; est conquis par
Geoffroi Martel, 1,282 §124;
le comté est annexé à la cou¬
ronne, I, 287 § 141 ; II, 224;
— Saint-Martin, est détruit
en punition de la mauvaise
vie des moines, I, 266 § 92;
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
356
RENART LE CONTREFAIT
Ebérulf s'y réfugie après
avoir tué Chilpéric, II, 229.
Toussaint, fête, Toussains , sa
date, I, 268 § 95.
Tout acroit, fils de Renart,
28444.
Tout Poissant (le), voy. Dieu.
Trajan, empereur romain,
7 raye , Traÿnus , son règne,
1,242-243 §§32-35, 347 jet 348.
Transigora, ville portant le
nom de son fondateur, est
conquise par Alexandre,
12125-12147; [est appelée
« Trasagora princeps civitatis
Lacee », dans l'éd. de 1473
(Cologne) de 1* « Historia de
praeliis »].
TranssUles , voy. Taxile.
Traye , Traÿnus , voy. Trajan.
Trêves (Prusse rhén.), Trieves ,
17403; II, 222 a; arche¬
vêque : Bbrtulp.
Trieves , voy. Trêves.
Trinité (la sainte), 1, 257 §67 ;
35494; 36379.
Trohus le Grand, fils de Criti-
nus, Troyus , fonde Troie,
adoube les premiers cheva¬
liers, 3908-9, 835o-836o,855o-
8558, 19611-4, 19621-19630.
Troie la Grant, la guerre de T.,
2567-2636 ; la guerre deT. est
représentée sur la tente de
Rcnart, 3785-385o; le cheval
de T., 5295-33oi et 32254-
32260; histoire de T., 8357-
60, 8353-8565, 87078712,
8739-8744, i3oo6-i3oi4,
14285-14295, 1961 1-19728;
2oo33-8; est visitée par Ale¬
xandre, 12957-13005; 3906,
8676, ,10762, 13699, *5269,
20094, 20735, 20759; I, 240
S 23, 256 § 39, 257 § 66, 334,
346; 22430, 23273, 30878,
36629, 37732; II, 220; Tl lion,
19624, Ylion, 3795; — les
Troyens, Troiens , Troÿiens ,
8026, 8743, 19710, 20477;
II, 2i5 a et 221.
Troiens, voy. Troie.
Troies , voy. Troybs.
TroTlus, fils de Priam, Troÿ-
lus , 3843, 8565.
Troius, essaie en vain de rete-
nir Enée à Carthage, il meurt,
3863-4.
Troiÿens , voy. Troie.
Troyes, en Champagne, Troies,
Troye, pays de l’auteur, 3i ;
est dévastée par les Vandales,
I, 352; Charles le Chauve y
fonde Saint-Loup, I, 355 a;
une tempête renverse Saint-
Pierre en 1218, 23oio-3; ven¬
geance du Lombard Antoine,
30246-30327; Jean de La
Coste y est mis en prison,
33774-33804; assassinat de
Guillaume Brûlé, 38683-
38757; aventures d’un autre
Brûlé, 38758-38885; 73o2,
I. 247 § 44, 289 § i45, 346,
365 a\ 249D2; II, 23o a; —
église Saint-Pierre, I, 332 et
23oi 3; Saint Urbain, I, 365 a;
-- le pont de la Sale, 38696;
— évêques : Loup (saint),
Jean de Nanteuil, Guichard;
évêque clu : Jean d’Auxois.
Troÿlus , voy. Troïlus.
Troyus, voy. Trohus.
Truxillo (Estrémadure), Tul -
gel , I, 334 a .
Tubalcaïn, fils de Lamech et de
Sella, Thubecaÿn, 7893-7902.
Tuda , voy. Tuy.
Tudela (Navarre), Tutela , I,
354 j.
Tulgel , voy. Truxillo.
Tulius , 2o3 1 1 -8 et I, 334 <*> voy.
Tullus Hostilius.
Tulius , 2o323-5, voy. Servius
Tullius.
Tulle, voy. Cicéron.
Tullus Hostilius, roi des Ro¬
mains, Tulius, 2o3ii-8 et I,
334 a.
Tunis, en Afrique, Thunes,
mort de saint Louis, I, 289,
§ *45.
Turcs (les), Turquien , Tur -
quois, 8026, 8352, 10936,
11447» »»449« »7409 i ^ 2 >7
§ 64 et 358 a.
Turpin, archevêque de Reims,
Torpin , I, 267 §§ 93*4; est
prévenu par une vision de la
défaite de Roncevaux, 1, 333
a .
Turquatus, apôtre de l'Es¬
pagne, Saint Turquin , I,
354 a .
Turquien, voy . Turcs.
Turquin , voy. Turquatus.
Tur quois, voy. Turcs.
Tusque, voy. Toscane.
Tutela , voy. Tudela.
Tuteurs, comment ils s'acquit¬
tent de leurs fonctions,
38467-38488.
Tuy, évêché de Galice, Tuda, I,
354 j.
Tybre, voy. Tibre.
Tyr, ville des Phéniciens, Sur ,
11279, 1 1 3o6 ; Thierry ,
1 1 2 1 9 ; Thire, 1 1 998 ; Thire ,
11393.
Tytus, voy. Titus, empereur.
Ubbda (prov. de Jaen), Ubede ,
I, 334 a.
Uceda (Andalousie), Ejecta, I,
354 a.
Ulmas , voy. Olmbdo.
Ulpien, jurisconsulte, Vulpian ,
Wulpian, consul, I, 245
§42.
Uracia , voy. Arcos.
Urbain (saint), pape,.], 348;
son règne, I, 357 j- 358; fait
voir à un clerc les joies du
Paradis, 32885-32929.
Urbain [II], pape, tient un
concile à Clermont, 1, 282
§ 126; son règne, I, 364.
Urbain [III], pape, son règne,
I, 365.
Urbain IV, pape, originaire de
Troyes, donne la Sicile à
Charlesd’Anjou, I, 289 § 143;
son règne, I, 365 a.
Urcanus (Jehan), voy. Hyr-
can.
Urcellum, voy. Urgel.
Urcin, voy. Ursin.
Urgel (Catalogne), Urcellum,
I, 354 a.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
TABLE ALPHABETIQUE DES NOMS PROPRES
l fiiiiy Urye . eonnestable de Da¬
vid , mari de Bcthsabéc.
4269, 8771 1). 8823.
L’rsin (saint , saint Oursin,
saint U rein, I. 240 § 24 et
.>43 a.
Urv t\ voy. Ukik.
I; sua rt . rédige son obituaire. 1,
2Ô7 $ 04.
I 'sur k, dissertation sur 1*11.,
3507106040; est inventée
par un entant juif. 37057-
37 1 20.
L'ter-Pendr agmn, roi de Bre¬
tagne, Iluitcrs et Prandra-
i:on, I, 35o a.
Utrec, voy. Makstriciit.
\'jjÿ ( sains , voy.VAST.
Vaine Gloire. personnifiée,
34423.
Y ai. nus Escoi.ikrs, abbaye près
de Chaumont (llic-Marncj. sa
fondation en 1217. K 365 j;
32464.
Vai. Périlleux, val Prillcux,
est visité par Alexandre,
1 5420-1 5456.
Wilans. voy. Vai.kns.
Valantin . voy. Vxlentisïkn.
•
\'alantin Martin, voy. Marcikn.
Valantinicn , voy. \' u.kntinikn.
Vai.kns, associe à l’empire par
Valentinien, Wilans. l 'aient,
I, 252 § 54, 255 § 56, 35o.
Valentinien, empereur, Valan¬
tin, son règne, L 2 52 § 54.
2 55 § 56, 35o; 1, 256 § 59;
est obligé d'affranchir les
Francs, II, 220-22 1 .
Valentinien [Il et non III,
Valantinien, II,35o.
Valentinien III , empereur,
l alcntinitis. I. 35o a.
Valentinius , voy. Vai.knti-
NIES III.
Yalkre 'saint). I. 2 5o § 72.
Vai.krk. procureur de Tibère en
Judée, I, 2 36 ^ 1 7.
Vai.krk Maxime, historien. I,
236 S 1 5.
Val kr ils saint 1, Walerien .
est martyrisé, I, 348 4i.
Y a lk ri es, empereur, I, 246
S 44 et 340.
Vallis ) nndis, voy. Yikrzo. i
Valois, province française,
comtes: Ciixrlks, Philippe.
Valragon, voy. Waratos.
Vandales, peuple germanique,
Yandres, W'andres , 1. 352 :
II, 23m a.
Vandkuvre, château. près
Troyes, sa fondation, I. 352
et II, 23o a.
Vandrcs , voy. Vandales.
Vanité, personnifiée. 345cj5.
Vespasien, Vaspassien. voy.
Vkspasikn.
; Vast (saint;, sains Yaa;. I,
36o.
Vaucki.lks j Nord. arr. de Cam¬
brai . Faticelle^. abbaye. I,
262 § 80.
Yai coi leurs, en Lorraine,
Vaucoiilour , entrevue entre
Frédéric II et Louis de
France, I, 287 § 140; entre¬
vue entre Ph. le Bel et l'em¬
pereur, I, 291 § i5o.
Vendôme (Loir-et-Cher), l'hos¬
tie sanglante, I, 285 § 1 35.
Vkni riKNsflcs Veniciens. I, 271
Veneris temple], voy. Rome.
Venus, dieu sic) de la luxure,
! 3823 ; 14791-14794; la statue
de Venus gardant au doigt
un anneau, I, 279-280 §117;
— temple de,, voy. Rome.
Venus, planète, I, 2 .>2-3 §$ 10,
2 33 § 11, 2>4 § 1 2-1 3, 25 101,
34978. 35566.
Verdun (Meurthe-et-Moselle).
I, 262 S 8.» : traité entre les
fils de Louis le Débonnaire,
1, 268 § 96.
Vkrm \ndois, province française,
Yermendois , 1. 271 § 102;
annexé à la couronne, I, 287
§ 141 ; comtes : Héribert,
Hugues.
Véronique •. sainte), Veronne ,
présente le Saint-Suaire il
Vcspasien. I, 346*7.
l Yernnnc, vov. Véronique.
Verseau, signe du Zodiaque,
Aquaire, 1, 234 §§ 12-1 3.
Yerselayy voy. Vézklay.
Vertus (les) et les vices, œuvre
de Prudence, I, 2 56 §61.
Vkspasikn, empereur, Vaspa-
sien , Vaspassien . détruit Jéru¬
salem. I, 240 § 25: son règne,
L 241 £§ 27-29; est guéri de¬
là lèpre par le Saint-Suaire,
L 346-7.
Vksta, déesse. Veste, I, 247
§ 46.
Vezelay Yonne), Verselav, I,
263 § 83.
Vianne . voy. Vienne.
Victor (saint1, pape, son règne,
I. 357 a.
Victor [II], pape, son règne, I,
.M)3 a.
Victor [III). pape, son règne,
I, 364.
[Victor IV], antipape, 1, 283
S !•>.>.
Victorien, rhéteur, Victoria»!
1, 23 1 g 3i.
« Vie liai des Pères », 1, 2 5o
§ 5o et 2 52 S 5 4 .
Vieillesse Dame;, Vie U esse,
36493.
\'iellessc le livre de) de Cicé¬
ron. 24297.
Vienne sur le Rhône. Vianne ,
vin de V., 36741.
Vierge \la sainte), voy. Marie.
Vierge, signe du Zodiaque, 1,
2 3 I § 8, 2l>2 § IO, 23q §§ I I
1 3, 233 § i3.
Vierges les onze mille), leur
martyre, I, 33o a.
Vikm/.o (Léon , Vallis Viridis ,
I, 334 a.
Vigile ; saint), évêque d*.\u-
xerre, saint Vieille , est tué
par Wa raton, I, 262 § 79.
Vilain (histoire du;, qui marie
sa fille à un chevalier, 30349-
30672 ; hist. du V. qui a mal
équilibre le faix de son âne et
ne veut pas ccoutcr le conseil
d'un pauvre homme, 3 1 6 1 7-
31723: imprécations contre le
V., IL 2 oc».
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
358
RENART LE CONTREFAIT
Vilenie, personnifiée, 34429.
Vincennks, près Paris, le bois
est clos par Philippe Auguste,
1, 285 § 1 35.
Vincent (saint). Saint V incitent .
son martyre, I, 248 § 47.
Vircès?, artiste de l'antiquité,
483.
Virgile, poète latin, Virgille,
4797»4**38, Soi 5, 332.5, 19587-
19390 ; meurt à Brindisi, I,
227-8 § 3 ; ses prédictions
sur la naissance du Christ, I,
2 3o § 8; ses inventions mer¬
veilleuses, son aventure dans
la corbeille et sa vengeance,
29331-29334; sa mort, 29535-
29650; 3235 1 ; sa connais¬
sance de l'astronomie, 34289-
34308; Fauteur a fait de lui
un autre personnage sous le
nom de Maro . dont il conte
la mort, I, 227 § 3.
Virgine , voy. la suivante.
Virginia, vierge romaine, ITr-
gine, fut persécutée par Ap-
pius Claudius, 20429-20432.
V ikginius, père de Virginia, Eu -
genius , 20430.
V 1 t ELi.ius, empereur romain,
Vitelle , I, 241 § 27.
Vizku (Portugal, prov. de Bei-
ra), ( Visunia et non] Sisunia ,
I, 334 a .
V oi.usiEN, empereur romain, |
Yoluclen, I, 246 $ 44.
Vulpian . voy. Ulpien.
Walericn , voy. Yai.ériek.
Wandres , voy. Vandales.
Wanorili.k (saint), tonde les
abbayes de Fécamp et de
Vaucelles, 1, 262 § 80.
Waraton, maire du palais,
Valragon , seneschal du roy
de France , tue saint Vigile,
1, 262 § 79.
| Wili.ibbrt, archevêque de Co-
l logne, Boillebant , 1, 269 § 97.
j Wimarana , voy. Guimarakns.
Wulpian, voy. Ui.pien.
I
Xativa (prov. de Valence), Nfl-
| /«sire , I, 33q j.
Xaxoine , voy. Saxe.
Xercès . écrivain, 32342.
Xkrxès, roi de Perse, Sirsès,
Xircès , mal conseillé, fait
une guerre ^malheureuse aux
Grecs, 3337-5402; 13778,
13782.
Xkrxès, roi des I.vdiens. Sersès,
est vaincu par Alexandre,
13687-15712.
Xircès , voy. Xkrxès.
Ycartis , voy. Icare.
Ydumèe , voy. Idlmée.
Vgmice, voy. Ignace.
Y l aire (saint), voy. Hilaire.
Ylarion , voy. Hilarion.
Ylion, voy. Troie.
y//es (cen.v d’)?, 27739-27771.
Yiidc, Yndfens, voy. Inde.
Ynocens, voy. Innocent.
Ypocras , voy. Hippocrate.
Ypocrisie, voy . Hypocrisie.
Ypolite , voy. Hippolytk.
Yrene , voy. Irène.
Vriii, voy. Padron (cl).
Ysaac, voy. Isaac.
Ysabcl.voy . Isabelle d'Aragon.
j Y saie, voy. Isaïe.
Ysengrin, voy . Isengrin.
Ysidès, voy. Isisdès.
Ysidoire , Ysidore , voy. Isidore.
Ysmael , voy. Ismael.
Ysodun, voy . Issoudun.
Yspalide , voy. Séville.
Ytalie , Y t allie, voy. Italie.
Ytallens , voy. Italie.
Ytalus , voy. Itai.us.
Ytier , voy. Itiiikr.
Yves de Beauvais, prévôt de
Saint-Quentin, puis évoque
de Chartres, compile le Dé¬
cret, I, 281 § 122.
Zahulon, démon, 6807.
Zacharie, pape, Zaquarie . I.
263 §§ 85-86 et 33 1.
Zacharie (patriarche de Jéru-
1 salcm], saint Aqtiarie. est ra¬
mené en Palestine par liera -
clius, I, 260 § 73.
1 Zamora (?) «prov. de I.éon .
Altamota , I, 334 n.
Zaquarie . voy. Zacharie.
Zébédék, époux de Marie. 1.
I 353 a.
Z ef crus , voy. Zépiiirin.
• Zenon, empereur, Zeno. L 237
; §§ 66-7 et 36o a.
Zépiiirin (saint), pape, Zefcrus .
; Zepherin , I, 348: son régne.
; 1, 357
Zeuxis, peintre grec, 483.
Zozi.mk (saint), pape, Zosimus .
son règne. I, 339 j.
i Zozixk, moine, Jofimas , Z071-
mfls, visite dans le désert
sainte Marie FEgyptiennc, I,
24r>-7 § 44; K 235 S 37;
I 32803-32814.
Digitized by
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
%iu
i
ERRATA
Page 21, v. 24373, lire : Oui s’entr'ayment
et... ;
— 22, v. 24332-3, ponctuez :
Qui tant est noble, cointc et tiêrc.
(^ui oncquez jour mourir ne vault,
— 29, v. 23212, lire : De praticque ne...
— 3o, v. 25323, lire : laideur.
— 3i, lire : vers i543o au lieu de 21430.
— 35, v. 23771, ponctuer :
Quant Rcnurt voit, taire restneut.
— 73, v. 29618, corr. : vaute. :
— 79, v. 3oo83, corr. : liesse. j
— 92, v. 31299, corr. : esveilla.
— lit, v. 332 1 1 , corr. : « Entier querois,
or l’as ! *».
— 112, corr. : 33z3o au lieu de 3Si3o.
— 1 13, v. 33363, lire : trestous. !
— 1 14, v. 33437, lire : bien a droit.
— 124, v. 34402. corr. : trestous; v. 3441 3,
lire : Desloiauté.
— 123. v. 345o3, lire : Arrogance.
— 1 3o, v. 34033, lire : Soleil ; 3497*’
lire : Astronomie.
— 1.34, v. 35409, lire : vieng a chief.
— 1 39, v. 35908, lire : Avarice.
— 140, v. 36002, lire : autretel.
— 141, v. 36040, lire un point à la lin du
vers.
_ 1 _j(j, v. 36846, corr. : rainsscaulx.
— 1 35 Titre courant, lire septième Branche.
— 1 5o, v. 3787X, lire : mestier.
— 173, v. 3o232, lire: quanqu’ilz. . .
— 184, v. 401 36, lire : a chief.
— 186, v. 4o33q, corr. : voeul a Dieu
deprier.
— 197, 2e col., 9* vers avant la fin. lire :
fuir.
— 201, i'« col., vers 4. ponctuer :
Gon or a plus petit landont.
vers 6, ponctuer :
Ht s'a si folcmant ouvert ?j.
— 206, 3 1617-3 1758, lire : la rédaction
H a...
— 216, 2e col., 2r vers avant la lin, corr. :
les estoires.
— 229, P" col., vers S et 9. ponctuer :
A un sien neveu preu et saige.
Childcbcrt ansique non ot.
— 23o, 2r col., vers 4, lire : et sus se t’a-
visse ; vers 20, corr. : tresgrans.
— 240, 2e col., vers 20, lire : adestrant.
— 243, 1 rr col . , vers 10, lire : Es leus...
— 248, i" col., vers 3, lire : clervoiant;
3" vers avant la fin, ponctuer :
J'ai dans agucs, clerc vehue.
— 249, tr* col., vers 16, lire : puïr.
— 272,. manque le mot : Esture, 37471.
— Ghatii.lon suppléer : sur-Sf.inf..
— Landegras, corr. Landegrans.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
Digitized by
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
TABLE DES MATIÈRES
DU TOME II
Troisième Branche . i
Quatrième Branche . 1 1
Cinquième Branche . 75
Sixième Branche . 87
Septième Branche . 119
Huitième Branche . 173
Notes et variantes . 195
Glossaire . 25 1
Table alphabétique des noms propres et des principales matières . 297
Errata . 359
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
LE PU Y -EN -VELA Y. — IMPRIMERIE PEYR1LLKR, ROUCIION ET GAMON.
Digitized by Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
Digitized by
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
Digitized by
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
Digitized by
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN
Digitized by
Google
Original from
UNIVERSITY OF MICHIGAN